Quel sera le rôle de Boris Johnson, le fougueux Premier ministre de Sa Majesté, à l’heure du Brexit? Petite mythologie du Royaume séparé mais pas encore désuni.


La scène se passe au sein de l’Union européenne, c’est-à-dire nulle part.
Dans la nuit du 31 décembre 2020, le Brexit est tombé sur le Royaume-Uni comme une hache. Et alors ?… Les Anglais sont plus forts quand ils se battent seuls. Contre le pape, Hitler ou Gandhi – ce « fakir », disait Chuchill. À Azincourt, Dunkerque ou Twickenham ! Contre toute l’Europe, si nécessaire. Against the odds, contre vents et marées.
C’est leur histoire.
L’Angleterre est une contrée humide et sauvage qu’habitent des guerriers, des commerçants, des jardiniers – splendides dans l’adversité, impassibles dans la défaite, féroces dans la rébellion. La bière y est plus noire et plus amère, l’herbe plus verte, les dimanches plus tristes, mais leurs cimetières de campagne (et leurs pubs) sont les plus gais du monde.
L’Angleterre est une île – la possibilité d’une île ! Car une nation, les Anglais le savent, c’est d’abord un espace mental – une idée avant d’être un peuple. De Gaulle le savait, le maréchal Göring et Jacques Delors l’ont appris à leurs dépens : l’Angleterre s’oppose, l’Angleterre résiste.
God save the Queen… Grrr !
L’Angleterre est une fiction, l’Europe aussi ; la seule différence, c’est que les Anglais croient à leur destin. Sans preuves, malgré les preuves, contre les preuves. On les soupçonne d’entendre une aberrante chanson douce dans les grelots d’un no deal que « les 27 » agitent avec effroi et de caresser encore leur vieux rêve impérial. Ne sont-ils pas les inventeurs du parapluie, du chemin de fer et de l’Habeas corpus ?
Quand les Français disent oui, les Anglais disent non.
Une si longue histoire depuis les hordes de Pictes, férus de guérilla sylvestre et collectionneurs de crânes, qui repoussèrent les légions romaines en l’an 43. Depuis Robin des Bois et Ivanhoé qui n’ont jamais existé. Depuis Cromwell, plus fou que Lénine, et Wellington qui ne quittait pas son châle et son ombrelle à cheval. Jusqu’à Churchill, un bouledogue, et Mme Thatcher, un oursin. Deux belles figures d’obstinés. Les gens de Bruxelles n’ont-ils pas lu cela dans les livres ?
Car les Anglais sont à la fois romantiques et matter-of-fact. Et ils ont toujours su comment transformer une île déserte en île au trésor, quoique privés de leur tasse de thé (et de la lecture du Times), en se souvenant de

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Janvier 2021 – Causeur #86

Article extrait du Magazine Causeur

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