photo : Bruno Deniel-Laurent

« Comment ça, c’est difficile de devenir musulman ? » Le docteur Abdul Coyaume, intellectuel du mouvement Tabligh au Cambodge, m’observe avec suspicion. Je viens de faire remarquer à l’honorable docteur que toute conversion, quelle que soit la religion que l’on embrasse, est un processus délicat qui peut créer des déchirements à l’intérieur de sa propre famille. Mais pour Abdul Coyaume, ça ne peut pas être le cas lors d’une conversion à l’islam : « Le Coran est la parole de Dieu, et personne ne peut refuser la Vérité quand elle s’offre à lui ! Pourquoi, alors, ce serait difficile pour un bouddhiste de devenir musulman ? » Nous n’irons pas plus loin. Le discours du docteur Abdul Coyaume est à l’image de celui de tous les prosélytes : c’est un enivrant mélange de naïveté et de rudesse, de moralisme et de séduction. En flattant ma foi catholique tout en célébrant la révélation coranique, il m’a un peu fait penser aux syllogismes de Si Hamza Boubakeur (le père de Dalil) qui, dans un de ses livres, invitait les chrétiens au dialogue, mais en posant comme condition audit dialogue l’abandon par ceux-ci du dogme de l’incarnation !

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Bruno Deniel-Laurent
collabore régulièrement à la Revue des Deux Mondes, Marianne, collabore régulièrement à la Revue des Deux Mondes, Marianne, Grand Seigneur et est co-fondateur de feu la rue littéraire Cancer !. Il est l'auteur en 2014 chez Max Milo d'un essai sur l'eugénisme, Éloge des phénomènes et d'un roman publié à La Table ronde, L'Idiot ...
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