Les autorités religieuses de divers bords s’appuient sur l’interdiction du négationnisme pour exiger l’interdiction équivalente du blasphème, ou de l’offense au sacré.
L’excellente philosophe Chantal Delsol avance délicatement un pion dans cette direction, en écrivant un article intitulé « Le sacré des autres doit être respecté », dans lequel elle pose une question faussement ouverte : « Comment expliquer aux salafistes qu’il leur faut, au nom de la démocratie, supporter un discours outrageant sur le Prophète, pendant que d’autres discours sont considérés comme des délits d’opinion ? »J’aurais préféré qu’elle parle de liberté de conscience plutôt que de démocratie ; qu’elle formule sa question en remplaçant « le Prophète » par « leur Prophète », et qu’elle dise clairement : pouvons-nous nous payer la tête de Mahomet et interdire aux autres de dire que la Shoah n’a pas eu lieu ?
Puisqu’elle ne saurait pas comment le leur expliquer et qu’elle a fait preuve de bienveillance envers Causeur, je me propose d’essayer de l’aider modestement.

  • *Photo : Regina Martínez.
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