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Primaire, Guillaume Peltier: ça secoue chez les LR!

Il faut un coup de force chez Les Républicains

Primaire, Guillaume Peltier: ça secoue chez les LR!
Xavier Bertrand, candidat aux élections régionales et président sortant, remporte la victoire dans les Hauts-de-France, Saint-Quentin (Aisne), 27 juin 2021 © Sarah ALCALAY/SIPA Numéro de reportage : 01025713_000004

Les élections régionales et départementales ont prouvé que Les Républicains étaient toujours présents dans le paysage politique. Alors que Christian Jacob retire à Guillaume Peltier son statut de numéro 2 du parti parce que ce dernier se dit prêt à travailler avec Robert Ménard, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau et Hervé Morin réclament dans Le Figaro une primaire ouverte de la droite et du centre. Quel candidat le parti présentera-t-il à l’élection présidentielle?


On en est au point où Europe Ecologie Les Verts nous donne des leçons de démocratie avec l’organisation d’une primaire ! À LR, depuis trop longtemps, on atermoie. Parce que le président Christian Jacob a un ami, François Baroin, et qu’à cause de lui espéré vainement, l’opposition du parti a été durablement ralentie, même stérilisée. D’ailleurs, on ne sait toujours pas pourquoi on avait qualifié ce dernier de “candidat naturel”.

François Baroin à Paris, juin 2017. SIPA. 00809465_000014

Des sondages pour faire de la politique ?

Le comité stratégique non statutaire, dont le président Jacob a nommé la vingtaine de membres, s’est couvert de ridicule en proposant deux enquêtes d’opinion, sous le contrôle de Pascal Perrineau, pour dessiner le profil de qui serait le meilleur candidat, et le plus populaire. Pourquoi faire simple quand faire compliqué permet de gagner la course de lenteur à laquelle Christian Jacob et ses proches se sont adonnés! Qui sont d’ailleurs les membres de ce comité stratégique évidemment beaucoup plus malléable, plus facile à réunir et offrant moins de contradiction que le bureau politique ?

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Si certains LR, dont le sénateur Bruno Retailleau, n’ont cessé de ruer dans les brancards face à la défaite programmée de la droite à cause de cette tactique dilatoire, ces lucides n’étaient pas autant suivis qu’il aurait fallu. Même si un soupçon général pesait sur les coulisses et des basses manœuvres paraissant vouloir offrir la droite à Emmanuel Macron (en tout cas jusqu’au résultat des régionales qui a démontré l’inanité d’une telle trahison). Le président n’a rien à voir avec cette droite républicaine contrairement à ce qu’a prétendu Gérald Darmanin qui a bien connu celle-ci et continue de pactiser avec le macronisme !

La droite n’est pas morte

Le bilan des élections régionales et départementales n’a pas montré la renaissance de la droite – elle n’était pas morte – mais sa réussite puisque partout où elle a travaillé et dirigé, elle a fait preuve d’efficacité et a été confirmée par les électeurs, aussi peu nombreux qu’ils aient été à voter. Christian Jacob a eu bien tort de s’arroger ces succès puisqu’ils relevaient de personnalités incontestables et ne démontraient en rien l’inutilité de la primaire. Celle-ci, si on n’avait pas scandaleusement traîné, aurait pu être mise sur pied rapidement après ces élections.

Toujours est-il qu’avec cette heureuse surabondance de candidats (confirmés ou non) dans la famille de la droite largement entendue – Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Michel Barnier, Bruno Retailleau, Philippe Juvin, David Lisnard -, il n’est plus concevable d’attendre le mois de novembre pour enfin mettre ses fers au feu et son champion en lice. Il y a des signes importants qui ne trompent pas depuis la victoire aux élections régionales. Christian Jacob a de plus en plus de mal à justifier son absurde processus. Il est lui-même contesté lors des bureaux politiques, et on finit par en avoir assez du non, mais si énigmatique, de François Baroin.

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Alors que des élus comme des ténors des Républicains s’abstiennent de se ranger trop rapidement derrière un candidat tant que le casting n’est pas encore connu, des personnalités d’influence comme les sénateurs Pierre Charon et Roger Karoutchi ont, au contraire, enfin exigé et favorisé une accélération du processus de désignation. Le premier a publié dans Le Figaro un article réclamant une modification de cette ligne trop lente et le second, à la suite, a rédigé une motion signée par 92 sénateurs formulant la même demande et qui a été transmise au président Jacob : en substance, “la droite veut son candidat, et vite !”. Ce qui montre que, si les aberrations peuvent avoir du bon par certains côtés, il ne faut pas en abuser. Le président du Sénat Gérard Larcher, à sa manière inimitable – matoise mais claire – n’a jamais pourfendu la primaire.

Victorieuse, Valérie Pécresse prononce son allocution à l’issue du second tour des élections régionales, Paris, 27 juin 2021 © Jacques Witt/SIPA Numéro de reportage : 01025718_000004

Faut-il une primaire ?

Dernière réaction, celle de Jean Leonetti, ancien ministre, qu’on qualifie de “sage” à LR et dont l’avis compte. Son intervention dans le JDD, aussi modérée et équilibrée qu’elle soit, apparaît clairement comme un soutien à l’organisation d’une primaire et donc une argumentation pour son utilité. Il faut “départager” selon des règles strictes, définies, avec un code de bonne conduite. On préviendra ainsi les rares inconvénients d’une primaire au profit de ses immenses avantages. En rappelant cette évidence que la dernière primaire de la droite et du centre a été une réussite exemplaire et sans équivoque même si ses suites, pour plusieurs raisons, ont été décevantes. Jean Leonetti n’omet pas la situation de Xavier Bertrand et j’apprécie qu’il respecte son choix mais pointe toutefois l’impossibilité d’avoir deux candidats de la droite dans la même joute présidentielle, en soulignant les conséquences qu’il faudra en tirer.

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On est presque sorti de la nasse mortifère des enquêtes d’opinion et de ce mois de novembre si lointain. Je voudrais suggérer d’aller plus loin. Il faut que le pouvoir change de main à LR. Il convient que les brillants gagnants des régionales s’accordent d’abord puis avec tous ceux que la primaire mobilisera. Je plaide pour un coup de force contre un appareil qui à l’évidence ne s’est pas assigné pour vocation exclusive de faire gagner la droite. Je plaide pour la consécration des quelques-uns qui dans la prochaine année auront le destin de la droite entre leurs mains et au creux de leurs légitimes ambitions. Ils sont tous trop intelligents pour ne pas comprendre que, au-delà de la primaire, si l’un veut faire bande et domination à part, il se perdra et perdra tous les autres. Et nous avec tous.

Ma confiance ira plus vers Valérie, Xavier, Laurent, Bruno, David, Philippe et Michel qu’au président Jacob et au comité stratégique (si mal nommé) avec ses étranges chemins de dérivation et de fuite.


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Magistrat honoraire, président de l'Institut de la parole, chroniqueur à CNews et à Sud Radio.

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