Napoléon Bonaparte est-il un « bloc », comme le disait Clémenceau à propos de la Révolution ? Ou bien y a-t-il un bon Bonaparte républicain qui aurait « dérapé »[1. Comme François Furet le disait de la Révolution française.] pour devenir le méchant Napoléon, despote népotique responsable de millions de morts et de guerres incessantes à travers l’Europe ? Physiquement au moins, la thèse des deux personnages se tient : le maigre général Bonaparte aux cheveux longs et aux joues creuses céda la place à un Napoléon Ier bedonnant.

Dans Bonaparte, premier tome de sa biographie monumentale, Patrice Gueniffey approfondit cette vision des « deux hommes en un » en analysant la transformation du jeune hobereau corse en héros français, incarnation parfaite de la Grande Nation en armes.

Autant prévenir les amateurs de scoops et de séisme historiographique : ils seront déçus. L’Empereur n’était ni juif, ni homo, ni le fils naturel de Louis XV – et rien n’indique qu’il fut une femme !

Patrice Gueniffey, Bonaparte, Gallimard, 2013

*Photo: FRILET/SIPA 00557799_000005

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