Petit cours de culture générale à l’intention des médicastres, des énarques et autres décideurs émasculés de la maison France…


Certaines décisions récentes m’ont fait comprendre que la bêtise magistrale de nos gouvernants ne procède pas d’une mauvaise intention, mais d’une abyssale inculture. Ne reculant devant aucune dépense pédagogique, j’ai donc décidé d’opérer un retour sur les fondamentaux. La suppression récente de l’épreuve de culture générale à l’entrée de Sciences-Po ne doit pas faire illusion : cela fait beau temps que les dirigeants qui sortent de ces filières à cooptation interne ont divorcé de la culture la plus basique. Mais rien n’est perdu.

Ô vous qui orchestrez le destin de la France, répétez après moi…

Comme on dit vulgairement : Άνθρωπος φύσει πολιτικών ζώον, l’homme est par nature un animal politique (Aristote, Politique, I, 2). Encore faut-il expliquer « politique ». Dérivé de πόλις, la ville, l’adjectif implique avant tout le côté grégaire de l’individu — et sa tendance à se rapprocher de ses semblables. Non pas au sens humain, mais au sens le plus endogamique.

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Appartenant au même champ sémantique, la notion d’ἐκκλησία ne désigne pas à l’origine l’Eglise, mais l’Assemblée du peuple — à une époque où « populisme » n’était pas tout à fait une insulte. L’animal politique se réunit et se côtoie, échange des idées, participe à la discussion, et en vient enfin au vote. Ce faisant, elle use de tous les moyens pour séduire l’autre : le discours, mais aussi les expressions de visage, les mouvements du corps, le sourire, la grimace, l’arsenal complet des mimiques.

Comme vous interdisez tout rassemblement de plus de six personnes, et toute sortie passée 20 heures, pas de risque d’orgie, oh non ! [Les jeunes] ne mourront pas du Covid: ils mourront d’ennui, de frustration, et de vieillissement précoce!

Quand la Cité s’est christianisée, on a logiquement baptisé « église » le lieu où l’ensemble du peuple chrétien se réunissait. C’est si vrai que dans nos campagnes, dans le moindre village (vous savez, ces endroits hirsutes et inhospitaliers où les coqs chantent et les vaches paissent), la taille de l’église donne à tout coup une indication précieuse sur le nombre d’habitants de la commune à l’époque de la construction.

Et voici que vous avez décidé de supprimer l’essentiel de la conversation — cet art français de la guerre mouchetée. Vous imposez un masque : peut-être vous croyez-vous à Venise au XVIIIe siècle, quand le Carnaval durait six mois ? Vous imposez aux croyants de ne pas être plus de trente dans les cathédrales de Chartres, de Rouen ou de Reims. Par souci de préservation de la laïcité, sans doute…

Anéantissement scolaire d’une génération

Mieux : vous coupez le lien être parents et grands-parents, et jetez sur les enfants un regard soupçonneux. De toute façon, en huit mois vous avez anéanti scolairement une génération qui, je vous l’accorde, n’était pas bien brillante, grâce aux pratiques pédadémagogiques qui grâce à vous ont noyauté le système éducatif, mais qui pouvait peut-être se relever, avec un ministre intelligent et des profs talentueux — deux co

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