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Quand « Blast : Le souffle de l’info » souffle sur les braises

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Le site d’extrême gauche, dont un « street reporter » était présent à la manif anti-police samedi dernier, a été accusé de manipulation des images.


« Blast : Le souffle de l’info » est un média en ligne qui existe depuis moins de trois ans mais qui s’est rapidement imposé dans le paysage médiatique, en raison d’une forte présence sur internet avec une chaîne YouTube dépassant les 850 000 abonnés. Bien que fondé par Denis Robert, ancien de Libération, la journaliste star du média est indéniablement Salomé Saqué. Spécialiste des questions économiques, à 28 ans, celle qui a publié Sois jeune et tais-toi (Payot), son premier ouvrage en mars dernier, a déjà été l’objet de plusieurs portraits très élogieux dans la presse mainstream comme Le Monde, Libération ou Télérama[1].

L’autre figure du média, bien que légèrement moins connue que la première, est Paloma Moritz. Spécialiste des questions écologiques, elle participe régulièrement à l’émission « C ce soir » sur France 5, où elle avait notamment, le 18 avril dernier, reproché à Hugo Clément d’avoir accepté l’invitation de Valeurs Actuelles pour débattre avec Jordan Bardella. La journaliste de Blast avait alors déclaré que « le RN n’est pas un parti comme un autre, c’est un parti raciste, xénophobe et anti-démocratique ».

Tout le gratin gauchiste convié sur YouTube

Plus généralement, la ligne éditoriale de Blast est celle d’une gauche anticapitaliste, écologiste, antiraciste et écoféministe. Proche des propositions des Économistes Atterrés, le média Blast est un mélange entre Le Monde Diplomatique et Reporterre. La quasi-totalité des invités reçus sur leur chaîne sont issus de la gauche radicale. Pêle-mêle, on peut citer François Bégaudeau, Nicolas Framont, Alain Damasio, Bernard Friot, Geoffroy de Lagasnerie, Fatima Ouassak ou encore Edwy Plenel.

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Une polémique est récemment venue entacher le média et l’honnêteté de ses journalistes. En effet, le samedi 23 septembre, des manifestations contre les « violences policières » se déroulaient dans de nombreuses villes dont la capitale. À la suite de la mort de Nahel, tué par un tir de policier lors d’un contrôle routier fin juin à Nanterre, des dizaines d’organisations de gauche comme LFI, EELV, la CGT ou encore le Syndicat de la Magistrature ont appelé à marcher « contre le racisme systémique, les violences policières et pour les libertés publiques ». Selon les organisateurs, 80 000 personnes ont défilé dans toute la France, dont 15 000 à Paris. De son côté, le ministère de l’Intérieur a décompté seulement 31 000 personnes en tout dont 9 000 dans la capitale.

Mounia, la mère de Nahel, était présente à Paris. Elle a pris la parole, réclamant « une marche au calme s’il vous plaît. Pour ne pas les influencer, la police, à nous mettre des coups, à nous frapper, à nous faire une misère. Restons dans la paix s’il vous plaît. Continuez à marcher tranquille ». Il faut croire que son appel au calme n’a pas vraiment été entendu, car des manifestants-casseurs encagoulés ont violemment attaqué une voiture de police qui circulait boulevard de Clichy vers 16h30.

Le choc des images

Les images, notamment relayées par TF1 ou Le Parisien, montrent une voiture de police prise pour cible par une horde de manifestants violents. Alors que le véhicule essuie des tirs de projectiles et des coups de barre de fer et qu’il se retrouve bloqué par une voiture devant lui, l’empêchant de fuir, un policier décide alors de sortir du véhicule, arme à la main, et de mettre en joue les manifestants pour les contraindre à reculer. Ces derniers s’exécutent et le policier regagne son véhicule.

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Seulement, c’est une vidéo beaucoup plus courte, et par conséquent amputée d’une grande partie du réel, que Blast a choisi de mettre en ligne. Dans cette vidéo de 55 secondes, accompagnée de la légende « Un policier sort son arme en pleine manifestation !», l’action ne débute pas avec la violence des manifestants, mais avec le policier qui sort son arme. Mise en ligne quelques minutes après l’attaque et visionnée 4,5 millions de fois, la vidéo a rapidement été considérée comme un cas d’école de propagande et de désinformation anti-police. Blast a été accusé d’avoir délibérément décontextualisé la scène, d’avoir volontairement omis les secondes qui précédaient pour faire accroire qu’un policier aurait dégainé sans cause apparente. L’occasion, comme le font si régulièrement de nombreux médias, de faire passer nos forces de l’ordre pour des cow-boys à la gâchette facile…

Si ce policier n’avait pas sorti son arme, la violence des manifestants se serait-elle arrêtée ? Il est permis d’en douter, d’autant que cette scène du 23 septembre n’est pas sans rappeler celle du 18 mai 2016. En marge de manifestations contre la loi Travail, Antonin Bernanos, antifa et arrière-petit-fils de l’écrivain catholique, s’attaquait à une voiture de police quai de Valmy. Après avoir détruit le pare-brise arrière du véhicule avec un plot, c’est à coups de barre de fer que son groupe frappait la voiture. Le policier au volant avait alors décidé de sortir et de faire face, à mains nues, à ses agresseurs. Résultat : une pluie de coups pour le policier. La présence seule d’un policier sur la chaussée n’est donc pas dissuasive. Qui nous dit que si ce policier n’avait pas sorti son arme samedi dernier, lui et ses collègues, n’auraient pas terminé brûlés vifs dans leur voiture comme les policiers de Viry-Châtillon le 8 octobre 2016 ou, plus récemment, comme ce policier, embrasé par un cocktail Molotov le 1er mai dernier lors d’une manifestation contre la réforme des retraites ?

Un communiqué aussi embarrassant qu’embarrassé

Dès le lendemain, le 24 septembre, Blast a dû se fendre d’un communiqué pour donner sa version des faits. Le média se défend d’avoir « manipulé une vidéo pour en cacher le contexte » et prétend que le journaliste sur le terrain, qui a rapporté ces images, n’était pas présent au début de l’action et n’a donc pas pu filmer la scène dans son entièreté. Il a donc commencé à filmer quand le policier a dégainé. « La vidéo concernée n’a été ni montée, ni coupée. Notre street reporter a publié ce qu’il a filmé, comme il a pu le filmer, au moment où il l’a filmé » ajoutent nos confrères en guise d’explications. Après avoir dénoncé « l’extrême droite » et la « fachosphère », Blast affirme, au sujet de sa vidéo controversée : « Qu’elle déplaise aux forces réactionnaires de ce pays n’est pas notre affaire ».

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Réactionnaires ? C’est vrai, nous l’assumons, nous sommes peut-être nostalgiques d’un temps où les journalistes faisaient consciencieusement leur travail, appliquant à la lettre la Charte des devoirs professionnels des journalistes français de 1918 qui stipule : « Le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une information de qualité ». Situer dans son contexte ! Oui mais voilà, la charte mentionne également que le journalisme « demande du temps et des moyens, quel que soit le support ». Difficile d’avoir du temps quand on veut, à tout prix, être les premiers à diffuser une information. Vérifier une information « demande du temps » et, pour certains, faire le buzz n’attend pas.

« Le magazine Causeur, qui va toujours plus loin dans l’indécence et le sexisme », voilà ce qu’écrivait Salomé Saqué, le 26 septembre sur Twitter, à propos du dessin de Marsault dans le dernier numéro de Causeur (n’hésitez pas à vous le procurer si ce n’est pas encore fait, il est généralement bien planqué par les libraires). Est-il plus grave qu’un dessinateur humoristique soit indécent et sexiste dans, ce qui reste, des caricatures, ou qu’un journaliste professionnel fasse l’impasse sur une partie du réel pour donner une image biaisée de ce dernier et ainsi faire avancer son agenda idéologique ?


[1] Salomé Saqué, une météorite à la télévision (lemonde.fr) ; Salomé Saqué, la force intranquille – Libération (liberation.fr) ; Salomé Saqué, 26 ans, une journaliste avec du peps dedans (telerama.fr)

«Cruella Braverman», la ministre britannique qui pense que la Convention de Genève sur les réfugiés n’est plus adaptée à l’époque

La ministre de l’Intérieur britannique, Suella Braverman, a défrayé la chronique cette semaine, lors d’un discours donné à Washington DC sur l’immigration, qu’elle a qualifiée de « défi existentiel » pour l’Occident.


« La migration illégale et incontrôlée » constitue « un défi existentiel pour les institutions politiques et culturelles de l’Occident ». Cette vérité archi-simple, que la plupart de nos politiques ne veulent pas reconnaître et qu’ils ont même peur d’évoquer, est sortie de la bouche de la ministre de l’Intérieur britannique Suella Braverman, cette semaine. Ses propos francs ont provoqué l’ire de bon nombre de ses opposants en Grande-Bretagne, ainsi que d’artistes, surtout lorsqu’elle a remis en cause la Convention relative au statut des réfugiés – en accord avec son gouvernement.

Haro sur les traités et le multiculturalisme

Dans un discours donné le mardi 26 septembre, au think tank conservateur, American Entreprise Institute, à Washington DC, elle a enchaîné en exprimant une autre vérité qui devrait aller de soi : le « dogme du multiculturalisme » est un échec car il « n’oblige nullement les nouveaux arrivants à s’intégrer » et « il permet à des gens de venir s’installer dans notre société et d’y vivre une vie parallèle ». La conclusion qu’elle en a tirée est que les démocraties occidentales devraient remettre en cause et réviser les traités internationaux qui empêchent les nations de maîtriser leurs frontières : « Les politiques et les leaders d’opinion sont dans l’obligation de demander si la Convention relative au statut des réfugiés, et la façon dont elle a été interprétée au fil du temps par les tribunaux, est adaptée à notre époque moderne. Ou si elle a besoin d’être réformée ».

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Le bon sens même ? Avec une prévisibilité totale, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), des ONG diverses et variées, et même le chanteur, Sir Elton John, se sont immédiatement jetés sur les propos de la ministre pour les condamner. Le HCR a nié que la Convention ait le moindre besoin d’être réformée ou même modifiée, tout en soulignant « le principe de partage des responsabilités » – autrement dit, le principe selon lequel chaque pays est obligé de traiter comme un réfugié toute personne sur son sol qui se prétend persécutée dans son propre pays.

« Cruella Braverman »

C’est le nouveau surnom très original donné cette année à la ministre britannique, en référence à la méchante des 101 Dalmatiens. Effectivement, Suella Braverman n’a jamais mâché ses mots sur la question migratoire. Et cette fois-ci, en affirmant qu’il ne suffit pas d’être gay ou femme pour obtenir le droit d’asile au Royaume-Uni, elle ne s’est pas fait beaucoup d’amis, bien au contraire. La chaîne Tiktok Screenshot, qui promeut les droits des femmes et des LGBTIQIA+ a dénoncé les propos « scandaleux » de Mme Braverman. La députée travailliste Yvette Cooper, ministre de l’Intérieur du cabinet fantôme du Labour, a dénoncé des propos « profondément clivants […] indignes de sa fonction », accusant Mme Braverman « d’avoir tellement perdu le contrôle de la politique de droit d’asile chaotique du Parti conservateur, qu’elle s’en prend aux personnes LGBT, dont elle fait des bouc-émissaires. » Même cette dialectique-là n’a pas semblé fonctionner dans l’espace médiatique britannique, ce qui est bien une nouveauté.

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Mais il faut noter que le Parti travailliste est de moins en moins opposé aux conservateurs sur le sujet migratoire, à défaut de pouvoir avancer des propositions crédibles sur le sujet, lequel fait partie des trois premières priorités des Britanniques aujourd’hui. Pour autant, les conservateurs sont en panne de crédibilité eux-aussi : leurs promesses d’arrêter l’immigration après le Brexit est un échec et leurs vociférations publiques contre les migrants illégaux ont rarement été suivies d’accomplissements concrets jusqu’à maintenant. Le projet très contesté d’envoi des migrants au Rwanda, entamé par Boris Johnson en avril 2022, en est le principal exemple.

Dérives d’interprétation

La Convention relative au statut des réfugiés, signée en 1951 et entrée en vigueur en 1954, avait pour objectif de résoudre les grandes difficultés qui ont suivi la fin de la Seconde guerre mondiale en 1945, fin qui a vu de très nombreuses personnes déjà déplacées ou désormais obligées de se mettre sur les routes. En 1967, le Protocole relatif au statut des réfugiés, adopté par la majorité des signataires de la Convention, a mis fin à toute restriction géographique et temporelle, en généralisant le système et les obligations qu’il imposait aux nations. L’obligation centrale permet à une personne se trouvant dans un pays étranger de faire valoir son droit d’asile si elle craint d’être « persécutée » en retournant dans son pays d’origine.

L’argument de Mme Braverman est le suivant : la jurisprudence des tribunaux a introduit petit à petit une dérive dans l’interprétation de cette obligation. Le critère fondamental pour prétendre au statut de réfugié est devenu moins la persécution que le fait d’être l’objet d’une forme de discrimination. Selon la ministre, être homosexuel ou une femme dans certains pays entraîne une discrimination mais ne suffit pas pour définir le statut de réfugié.

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Certes, le choix de ces exemples était peut-être imprudent et, nous l’avons vu, Braverman fut très critiquée. Cette dernière a alors tenté de se défendre par la suite en affirmant qu’elle parlait de migrants qui se prétendaient homosexuels pour avoir le statut de réfugié. Mais le principe n’est pas faux : selon la nouvelle interprétation de la Convention, on pourrait transférer en Europe ou Amérique du Nord une grand partie de la population de nombreux pays dans le monde. Mais où pose-t-on donc les limites ? Et, selon une objection justifiée qui est fréquemment soulevée, comment distinguer entre ceux qui fuient la persécution et ceux qui cherchent une vie meilleure sur le plan économique ?

Surtout, la ministre a raison de nous rappeler que tout pays voulant maîtriser ses propres frontières doit maîtriser les instances internationales qui, par un tropisme congénital, se considèrent comme les ennemies des frontières. Pour dompter ces institutions, il faut que les nations s’unissent (quelle ironie !) pour identifier l’obstacle et le surmonter.

Comparer la France à l’Iran, la tribune honteuse signée par Annie Ernaux

Notre chroniqueuse est tombée sur une tribune, sur le Club de Mediapart, qu’elle a trouvé honteuse et choquante car elle récupère le combat des femmes iraniennes pour le dépouiller de son sens et le remplacer par un salmigondis indigeste en novlangue militante progressiste qui dénonce l’ « islamophobie » supposée de la France.


Pendant qu’en Iran, les femmes se font violenter, violer et tuer par la théocratie iranienne car elles rejettent violemment le voile, un outil sexiste qui symbolise leur condition d’inférieure et l’impureté de leur corps, en France, quelques petites bourgeoises ultra-privilégiées froncent le nez.

Femme, Vie, Liberté !

Ces femmes Iraniennes, qui affirment que la liberté et les droits des femmes sont incompatibles avec le port du voile, ridiculisent une gauche néo-féministe qui fait de l’islam son nouvel horizon, des musulmans ses nouveaux opprimés et de la « liberté de porter le voile » un combat pour l’émancipation. Toutes ces postures sont ridiculisées par le courage et la force des Iraniennes qui désignent clairement le voile comme le symbole de leur oppression et montrent à la face du monde à quel point ce signe est sexiste et porteur de violences à l’égard des femmes.

Mais, nos petites bourgeoises parisiennes n’en ont cure. Pour Annie Ernaux, Assa Traoré, Adèle Haenel, Judith Butler mais aussi le Planning familial ou les Soulèvements de la terre, s’opposer au port du voile, c’est être islamophobe ! Alors, les militantes ont décidé de faire taire les Iraniennes, de nier leurs revendications et de les remplacer par les leurs. C’est ainsi que les voix autoproclamées du bien, du bon et du juste ont rédigé une tribune où le ridicule le dispute à la mauvaise maîtrise du français et à la phraséologie indigeste. En gros, il s’agit de faire un parallèle entre l’Iran et la France pour expliquer que les deux Etats répriment de la même manière les révolutions anticapitalistes qui s’y déroulent.

Un texte écrit avec les pieds

Oui, parce que non contente d’être écrite avec les pieds, on suppose que fort peu de neurones ont été sollicités pour une aussi mauvaise production.

Commençons donc par l’évacuation du cœur du combat des Iraniennes : leur refus du voile. « Au fil des mois et face à une répression sanguinaire, l’insurrection n’a cessé de se transformer. (…) Les organisations syndicales ont réclamé dans un communiqué unitaire historique des conditions de travail décentes, la fin des politiques écocides, de l’armement nucléaire, de la privatisation des espaces naturels; mais aussi l’égalité politique pour les femmes, les minorités ethniques, nationales et les LGBTQIA+. » Ouf ! le mot « voile » est évacué et la question de la femme ramenée au niveau d’un combat subalterne. Séquence déni parfaitement réussie.

Mais au cas où de vilains réactionnaires n’aient pas compris le message, nos grandes consciences progressistes vont le marteler. Je cite toujours les auteurs de la tribune : « La question n’est pas de porter ou non le voile. On ne le répètera jamais assez dans le contexte islamophobe français : c’est aux femmes de le décider pour elles-mêmes. Ce qui est en jeu dans le voile obligatoire en Iran, c’est le contrôle et l’assujettissement de tous les corps par l’État, dans l’objectif, pour une minorité, de s’accaparer les ressources. »

À partir de là, la rédactrice a dû retrouver de quoi fumer en aspirant sa moquette, car sa plume s’exalte, s’échauffe. Le mauvais lyrisme y gagne ce que la maitrise du français y perd. Il est d’ailleurs désolant qu’une écrivaine à qui a été donné le prix Nobel de littérature signe d’aussi mauvais textes… Mais jugez plutôt : « La République Islamique gouverne à travers un apartheid de genre et un racisme d’État. Elle ne tient que par le déploiement effréné d’un maintien de l’ordre ciselé selon les coordonnées raciales des populations à mettre au pas. » Vous n’avez rien compris à la dernière phrase ? C’est normal, elle ne veut rien dire. Après ce chef-d’œuvre abscons vient le cœur du propos : virer les Iraniennes-prétextes pour faire le procès de la France : « Toutes ces techniques infusent l’économie coloniale globale. Les vies ne se valent pas : cette réalité a été rappelée en France en juin 2023 par le meurtre de Nahel et la répression sanglante des mouvements de révolte qui ont suivis. » Je traduis : la France c’est comme l’Iran, en pire. Ici, on exécute les gens dans la rue. « Les pouvoirs occidentaux n’ont eu alors à la bouche qu’admiration pour le « courage des femmes iraniennes, tout en déroulant le tapis rouge à un féminisme libéral, islamophobe, et transphobe, qui prenait bien soin de séparer la lutte pour les droits des femmes de celles contre l’ensemble des oppressions contestées par les soulèvements révolutionnaires en Iran. » Pour ces enfants gâtés, l’égalité – qui est pourtant à la base de notre contrat social – et la question du droit des femmes ne sont pas de vrais problèmes. Refuser l’égalité au nom de la couleur de peau est une horreur. La refuser au nom du sexe, ça se discute si c’est l’islam qui l’exige. Bref la démocratie, l’égalité, rien de tout cela n’est réel.

Aucune différence entre une dictature islamique et une république laïque : « Car ce à quoi nous avons à faire ici comme là-bas, ce sont, sous des modalités différentes, des appareils d’États aux mains de franges radicalisées de la bourgeoisie, dont les discours, religieux ou laïcs, recouvrent de plus en plus mal un projet similaire et concurrent de captation des richesses et d’exploitation de tout ce qui est vivant. »

Allez, un dernier passage pour la route ?

« Il ne nous est jamais apparu aussi clairement que les discours sécuritaires, dont nous abreuvent quotidiennement les médias possédés par une oligarchie réactionnaire, désignent en réalité la sécurité des pelouses de golfs. Sécurité pour le capital jusqu’à ce que le monde crève. » Même Mediapart a trouvé le texte intellectuellement indigent, et l’a mis sur son blog et pas dans le journal.

Cette histoire peut sembler anecdotique, mais elle ne l’est pas

Notre collectif de dindes en faveur de Noël ne représente pas grand-chose, et, même si Annie Ernaux est prix Nobel, cela n’a pas tant marqué les Français. Elle n’est pas Camus et la France a été globalement indifférente à cet honneur qu’elle n’a guère compris.

Donc, cette tribune aurait pu n’être que ridicule, mais elle résonne avec une petite musique qui s’élève. Celle du « french bashing » et, surtout, celle qui fait passer la liberté religieuse avant tout. Or, il n’y a pas de liberté au sein de l’islamisme. La religion justifie le refus de l’égalité, à raison du sexe, de la pratique religieuse. Elle est incompatible avec une société politique fondée sur l’égalité. Il y a peu, à propos de l’interdiction du hijab par la France pour les JO de 2024, la porte-parole du haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a dit : « De manière générale, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme estime que personne ne devrait imposer à une femme ce qu’elle doit porter ou non. » Or, Si Marta Hurtado a sorti grandes orgues et violons, ce n’est pas pour défendre la liberté et l’égalité des femmes iraniennes, c’est pour tenir la main de leurs bourreaux et les aider à mieux les ensevelir sous le hijab. En effet, si l’ONU se laisse pousser le courage, ce n’est pas pour s’en prendre aux mollahs, mais pour attaquer la France. Notre crime : avoir interdit aux athlètes françaises de porter le voile islamique aux Jeux Olympiques en France.

Pour cela, la porte-parole du Haut-Commissariat reprend les éléments de langage des islamistes canal Frères musulmans ou des auteurs de la tribune de Mediapart et présente donc un asservissement réel comme une liberté : celle de s’habiller comme on le veut. Sauf qu’un uniforme/symbole comme le voile n’est pas un vêtement, c’est une marque de soumission et un message univoque adressé à l’extérieur. Avec le voile, il n’est pas question du choix vestimentaire des femmes mais bel et bien de mise en avant du refus de l’égalité à raison du sexe.

Fin de vie: l’embarras du choix

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Que faire de nos vieux ? C’est assurément une des questions qui taraudent le plus le président de la République et le gouvernement français. D’un côté, nos dirigeants ont ruiné le pays pour sauver nos aînés au moment de l’épidémie de COVID, n’hésitant pas à les maltraiter pour leur propre bien, et d’un autre côté, ils nous jouent régulièrement ce petit air si touchant de l’euthanasie et du suicide assisté au nom de la dignité humaine.


On comprend leur embarras : les vieux, ça coûte très cher au pays, mais ça vote en masse et bien ! L’idéal serait donc d’obtenir leur consentement à un départ anticipé en drapant ce dernier dans la toge de l’éthique collective et de la morale individuelle. On vous chouchoute tant que vous êtes en forme et raisonnables politiquement, et en échange vous n’insistez pas trop quand une maladie grave vous atteint. Enfin, une maladie grave ou une dépression, ou quand ça ne va pas trop, quoi…

Schizophrénie

C’est généralement cette schizophrénie hésitant entre l’idolâtrie de la vie (Olivier Rey) et la gestion bureaucratique et administrative de la mort qui tient lieu de débat lorsqu’on aborde la question du grand âge et de la maladie, les deux ne se confondant d’ailleurs pas. Une vision pour l’essentiel technique des choses, où la question du sens n’est guère soulevée.

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Avant de poser la question de la bonne mort (euthanasie), il serait pourtant bon de poser celle de la vie bonne et du bonheur (eudémonisme). Mais est-ce seulement possible dans une société dont le programme politique est l’hédonisme, c’est-à-dire le plaisir et l’absence de souffrance ? Un hédonisme consumériste qui reste en grande partie le projet de société de nos dirigeants, malgré leur conversion soudaine à la sobriété pour de douteuses raisons écologiques et géopolitiques. Et quand il ne s’agit pas d’hédonisme, c’est son exact contraire qui prévaut, notamment au sein des jeunes générations pour qui posséder une voiture, prendre l’avion, chercher de bons rendements agricoles ou faire des enfants sont autant de péchés capitaux. Entre consommation destructrice et mortification vertueuse, demeure-t-il une voie où puissent s’articuler réalisation personnelle et sens de la communauté ? Une voie qui ne ressemble pas à un suicide collectif pour sauver une humanité qui n’en demande pas tant ?

Cancel culture

Dans ce contexte, les vieux posent problème. Pas seulement parce qu’ils sont improductifs, mais aussi parce qu’ils gardent la mémoire et les réflexes d’autres époques où l’on pensait et se comportait différemment. L’effacement docile auquel on les invite (et auquel beaucoup semblent être prêts à céder) n’est ni plus ni moins qu’une annulation en bonne et due forme, un procès et une condamnation qui ne disent pas leur nom, et surtout le préalable à une table rase dont personne ne parle ouvertement et qui pourtant avance ses pions tous les jours par le biais de l’intelligence artificielle et du transhumanisme. Les vieux et leurs idées rances, leur argent liquide, leur maladresse vis-à-vis des outils numériques et leur goût pour le contact humain, font obstacle à la marche du nouveau monde. Il serait bon qu’ils disparaissent, qu’ils laissent la place, de leur plein gré, de leur propre mouvement.

Les pensions de retraites seront revalorisées de 5,2 % le 1er janvier 2024

Ce qui surprend un peu dans cette situation, c’est la facilité avec laquelle les personnes âgées et malades ont intégré cette vision portée sur elles. À l’heure des Prides en tout sens, il est certain qu’on ne verra pas nos aînés défiler dans les rues à l’occasion d’une Old Pride. On se demande même pourquoi le gouvernement vient d’annoncer la revalorisation de leur pension de retraite, de toute façon ils ne voteront jamais massivement pour Marine Le Pen ni pour Jean-Luc Mélenchon. Les vieux sont dociles, obéissants, civiques. Quand sera accompli le travail de propagande consistant à établir de manière définitive que tous les malheurs du monde sont dus au comportement égoïste, raciste et écocidaire des générations actuellement à la retraite, nul doute que par sens du devoir, ces dernières tireront leur révérence d’elles-mêmes. Peut-être lors de cérémonies de suicides citoyens, qui sait…

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À moins que…

À moins que des individus arrivés au bout du chemin que la société (ou leur santé) leur prescrit décident de se révolter et, n’ayant plus rien à perdre, se lancent dans des actions spectaculaires pour secouer le cocotier de la moraline contemporaine. On imagine assez bien un Jean-Paul Brighelli troquer sa plume et son clavier contre un cocktail Molotov ou une carabine à l’annonce d’un cancer incurable, faisant ainsi évoluer son combat contre l’effondrement ambiant par d’autres moyens. C’est d’ailleurs ce qu’a dû imaginer le gouvernement en lançant sa grande campagne de collecte d’armes clandestines à la fin de l’année dernière. On ne sait jamais, des fois que les caves vieux se rebiffent…

Une bonne mort

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Crise de nerfs au camp du bien

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Trois personnages de gauche en quête de hauteur


Le progressisme contemporain, c’est peut-être Montaigne qui en parle le mieux. Tania de Montaigne bien sûr, cette ancienne animatrice de Canal Plus, devenue romancière, dont le dernier livre, Sensibilités (Grasset), brocarde l’autocensure en train de s’imposer dans le milieu de l’édition au motif de “ne pas blesser” les minorités… et donc de les infantiliser. « Il y a un kidnapping du spectaculaire aux dépens de la pensée », déplorait-elle, lucide, hier dans Libération, alors qu’on l’interrogeait sur la gauche française.

Et la Palme du ridicule est attribuée à…

Reste à savoir qui sont les kidpappeurs d’intelligence. À La France insoumise, il ne faut pas chercher longtemps pour les trouver. Prenez Sophia Chirikou par exemple. Le 21 septembre, sur Facebook, la députée LFI nous a fait une crise d’ado en comparant carrément Fabien Roussel au pro-nazi Jacques Doriot ! Une agit-prop de niveau collège aussitôt relayée sur les réseaux sociaux par son comparse Jean Luc-Mélenchon. Tout cela pour punir le secrétaire national du PCF d’avoir osé, quelques jours plus tôt sur France Info, critiquer un slogan, non moins puéril, de l’extrême gauche factieuse: “tout le monde déteste la police”. 

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Et puis le kidnapping de l’intelligence a continué le jour de ladite manifestation, samedi dernier. Cette fois, c’est Sandrine Rousseau qui a agi seule, sur Twitter/X, en accusant un agent des forces de l’ordre, qui patrouillait non loin du cortège, de comportement « inadmissible ». Qu’avait donc fait le policier pour mériter un tel courroux ? Juste son métier. Afin de calmer un black bloc qui tentait de défoncer sa voiture de service à coup de barre de fer, le gardien de la paix a dégainé son arme, avec sang-froid et sans tirer bien sûr. Un geste parfaitement justifié et maîtrisé, comme en attestent les diverses vidéos des “street reporters” qui ont vite tourné en boucle sur la toile. Cela n’empêchera pas la députée de réitérer le lendemain sur LCI ses cris d’orfraie.

« Travail famille patrie » contre goulag macroniste

Dernier kidnapping de l’intelligence en date, pas plus tard qu’avant-hier. Dans un tweet effarouché, Olivier Véran a accusé le député RN Jocelyn Dessigny de cacher « sous le vernis, le rance », comprenez la phallocratie, le repli sur soi, le pétainisme. Le malheureux élu mariniste avait pourtant rappelé une évidence: « Si elles le souhaitent », venait-il de déclarer à l’Assemblée nationale, « il vaut mieux que les mères au foyer “s’occupent de leurs enfants“ », plutôt que de faire des heures obligatoires afin d’avoir droit au RSA. Sans doute l’expression “mère au foyer” aura-t-elle suffi à déclencher chez le porte-parole du gouvernement ce réflexe pavlovien classique qui fait voir à certains la bête immonde là où il n’y a que du bon sens.

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On n’a certes pas attendu 2023 pour assister à gauche à un festival de la bêtise et de l’outrance. N’oublions pas que l’an dernier à la même période, Mme Obono lançait « mangez vos morts » à « ceux qui instrumentalisent la lutte des femmes en Iran »… Reconnaissons cependant que nous avons en cette rentrée un cru exceptionnel ! Comment expliquer que le camp du bien soit devenu à ce point une caricature de lui-même ?

Tentons une hypothèse: Marine Le Pen n’a jamais été aussi lisse, aussi calme, aussi silencieuse. Alors que l’actualité lui offrirait chaque jour l’occasion de s’époumoner, par exemple sur l’abaya, Lampedusa ou le non-lieu dans l’affaire Adama Traoré, pas la moindre petite phrase, pas un mot plus haut que l’autre, aucune récupération. Bref plus rien pour mettre en branle une gauche dont la seule raison d’exister est de faire barrage aux dérapages. Tels des acteurs de Hollywood privés de contrats par la grève des scénaristes, les ténors de la bien-pensance n’ont dès lors d’autre choix que de faire leurs échauffements de voix sur de vieilles partitions. Or, si le timbre porte toujours autant, le spectacle, lui, est devenu un théâtre de l’absurde.

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Elisabeth Lévy : « Ne pas travailler est un choix parfaitement respectable, mais qui a un prix »

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Le migrant, citoyen du monde

La charité radicale du pape est également théologiquement irresponsable, avancent certains.


Le problème migratoire restera le grand combat du pontificat du pape François. Lors de son voyage de décembre 2021, à Nicosie, le pape appelait de ses vœux, devant les migrants,  « une humanité sans murs de séparation avec, non plus des étrangers, mais seulement des citoyens ». Et le pape de ramener, derechef, dans son avion, 50 citoyens du monde. Au bout des cinq voyages qui ont suivi (Lampedusa, Grèce, Lesbos, Égypte, Maroc) jusqu’à celui de Marseille, le message papal n’a pas changé sur l’accueil inconditionnel de l’étranger. Pourquoi ce message, inspiré, apparemment, par une charité radicale, a-t-il paru à beaucoup irresponsable ? Pour une raison théologique. 

Le Vieux continent mal en point

À la différence du pape Benoît XVI qui, mettant ses pas dans la Tradition, voyait, dans l’Europe, la brebis féconde de l’Évangile devenue inféconde, grasse devenue maigre, mal en point qu’il fallait remettre sur ses pattes, mais infiniment riche de son passé et de sa filiation, le pape François, faisant fi de l’Histoire, voit dans l’Europe une « vieille femme stérile » dont on ne peut plus rien attendre. L’Europe, pour lui, c’est fini, et le christianisme doit prendre un départ, à frais nouveaux, dans un nouveau monde régénéré par les migrations. C’est ainsi que le Migrant, comme en témoigne le monument de la place Saint-Pierre, devient la figure christique d’une nouvelle Église. Dès lors, est-ce exagéré de percevoir dans la pensée bergoglienne une filiation avec la pensée de Joachim de Flore, père spirituel de François d’Assise, et auteur d’un livre dont la théorie des âges, très inspirante, a fait florès à travers les siècles jusqu’à nous ?

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Ce moine calabrais du XIIème siècle, prophète pour les uns (Dante), hérétique pour d’autres, pensait que l’histoire de l’Église correspondait à une structure ternaire de la Trinité. Après le temps du Père et de sa loi dure, venait le temps du Fils plus tempérée. Puis le temps de l’Église : l’Église spirituelle, enivrant les cœurs d’amour, où la liberté remplaçait la loi, et qui voyait la réconciliation entre Orient et Occident, Juifs et chrétiens. C’est ainsi que, par l’entremise d’une partie du mouvement franciscain qui se croyait « la nouvelle Vraie Église spirituelle » opposée à la papauté mondaine, l’idée de l’ère nouvelle d’un « Évangile éternel » provoqua des débats théologiques considérables : une division ternaire de l’Histoire n’existant pas puisque c’est toute l’Histoire qui est le temps du Dieu trinitaire. « L’hérésie »  de Joachim de Flore prit fin, l’ordre de Flore disparut au XVIème siècle, mais pas son influence que l’on retrouva partout : chez Luther, Hegel, Michelet, Sand, Eliot, Huysmans, Bloy, Mircea Eliade. Et nul doute qu’à notre époque on ne trouve, dans l’Église, des traces nombreuses d’une gnose florienne. Sans la transcendance du Père, l’Église devient une ONG où la figure du Christ, devenue périphérique, s’efface devant celle du migrant. L’Esprit, porté par l’air du temps, se dissout dans l’horizontalité : égalitarisme, démocratisation, vivre ensemble, œcuménisme sans transcendance qui absorbe la Révélation.

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Vision miséricordieuse coupée des réalités

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » avait dit aussi le pape à Nicosie. Cette phrase ne veut pas dire grand-chose. Car il n’y a pas de civilisations sans murs ni frontières qui protègent et délimitent un espace de liberté. Sans murs ni frontières prospèrent violence et injustice— dont témoignent les réseaux de passeurs mafieux. Sans frontières l’Europe se déchire. Sans frontières les pays perdent leur âme. Dans son appel inconditionnel à l’accueil des migrants, le pape ne distingue pas la dignité imprescriptible de la personne, de la prise en considération du bien commun. Sa vision « miséricordieuse » coupée des réalités fait le jeu du mondialisme. « Que les blessés de la vie trouvent un port sûr dans votre regard, un encouragement dans votre étreinte, une caresse dans vos mains capables d’essuyer les larmes » a-t-il dit face à la mer. Ce propos sentimental a-t-il mis la larme à l’œil de la Bonne Mère ? Qui n’est pour une Méditerranée fraternelle ? Sauf qu’il ne s’agit pas, dans le phénomène migratoire qui touche la France et l’Europe, d’un « croisement tendre de regards dont la Bonne Mère serait la protagoniste », mais de prévenir un tsunami. Le droit à migrer est une chimère qui mène au chaos. D’autant plus que le pape François ne prend jamais en compte la religion des nouveaux arrivants, ce qui est préoccupant.

Un Pape qui parle comme Mélenchon…

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La visite du Pape à Marseille nous a rappelé que politique et religion ont rarement fait bon ménage. La charité ne revient pas à s’oublier soi-même. Tout homme sauve son prochain en grande détresse, oui. Mais il ne l’installe pas pour autant ad vitam æternam chez lui, au risque d’y perdre sa maison et de mettre sa famille en danger.


La visite du Pape François à Marseille a d’abord suscité l’ire de l’extrême-gauche française, trop heureuse de pouvoir tirer sur Emmanuel Macron après que ce dernier a annoncé sa volonté de participer à une messe donnée par le Souverain pontife. Tous les anticléricaux, le plus souvent de posture, y sont allés de leurs commentaires outrés sur cette grave rupture entre l’État français et sa sacro-sainte laïcité de combat. Pourtant, on pouvait se douter que les jugements se raviseraient bien vite, tant le Pape François est aligné avec les positions les plus radicales de la gauche sans-frontiériste en matière de politique migratoire – et pas seulement, du reste.

L’immigration est une chance pour la France, c’est bien connu

Habité, fanatique et hémiplégique, François n’a pas eu de mots trop durs pour le pays qui l’accueillait et ses habitants. Profitant de l’appel d’air que lui offrait le récent débarquement de milliers de migrants sur la petite île italienne de Lampedusa, le Pape a multiplié les admonestations et les injonctions à l’endroit de ces Européens égoïstes qu’il méprise. Ainsi a-t-il affirmé que « des nationalismes archaïques et belliqueux veulent faire disparaître les rêves de la communauté des nations ». Il fallait évidemment entendre par là les nationalismes européens et non les impérialismes post-soviétiques ou sud-américains qu’il n’ose en revanche jamais publiquement tancer.

Le « nationalisme français », François lui a demandé de ne pas considérer ceux qui se « réfugient chez lui » comme un fardeau à porter mais comme une chance. Une chance pour notre ruralité d’ailleurs, puisqu’il a affirmé dans l’avion qui le ramenait au Vatican que « certains petits villages sont vides, n’y subsistant qu’une vingtaine d’anciens » et qu’il fallait « qu’ils fassent des efforts pour accueillir des migrants qui représentent de la main d’œuvre ». Que n’y avons-nous point pensé avant ! Biblique : des hommes dans la force de l’âge qui ont tout fait pour échapper à la vie agraire chez eux rêvent de s’enfermer dans des petits villages sans activité économique…

À Rome, fais comme les Romains

Estimant « marquer l’histoire » par son discours, le Pape n’a pas eu une once de considération pour l’Europe, ni même de bon sens élémentaire. Cet humanisme chrétien absolu qu’il prône est contraire à l’harmonie, reproduisant les ingrédients qui ont conduit au fameux épisode biblique de la Tour de Babel. Le Pape a le droit d’exprimer une opinion politique, il ne lui est toutefois pas interdit de réfléchir. Pis encore, ne se contentant pas de la question migratoire, François s’est directement attaqué aux politiques d’intégration françaises : « Le modèle d’assimilation français ne tient pas compte des différences et reste rigide dans ses paradigmes, fait prévaloir l’idée sur la réalité et compromet l’avenir en augmentant la distance et la ghettoïsation, provoquant hostilité et intolérance ».

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S’il y a du vrai sur l’assimilation, qui ne saurait être une politique massive mais bien une démarche individuelle de l’immigré qui en fait le choix, on se demande bien comment le Pape se permet une telle sortie. Fallait-il lui envoyer un Guillaume de Nogaret pour l’enfermer à double tour à Avignon après l’avoir soufflé ? Benoît XVI, son prédécesseur, n’avait pas reproché aux Européens leur manque d’humanité, ni sous-entendu que ces derniers laissaient les migrants se noyer en Mer méditerranée – ce qui est un mensonge patenté. Il avait, tout au contraire, indiqué que si toute personne détient « le droit à immigrer », les États n’en ont pas moins de leur côté « le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières ». Il ajoutait même, à rebours de notre théologien de la libération, que les immigrés ont « le devoir de s’intégrer dans le pays d’accueil, en respectant ses lois et l’identité nationale ».

Rendre à César ce qui est à César

L’Autrichien était moins populaire auprès des non-catholiques que ne l’est l’Argentin, mais il avait le mérite d’être un véritable humaniste et non un révolutionnaire. Contrairement à toute l’extrême gauche française, qui de Houria Bouteldja en passant par Cédric Herrou a manifesté sa joie, je ne vais pas me lancer ici dans une exégèse sophistiquée de l’Évangile ou du Dogme pour dire qui de François ou d’autres ont raison, ni même ergoter sur l’infaillibilité papale. Cet épisode rappellera justement à ceux qui en doutaient que politique et religion ont rarement fait bon ménage, surtout sous nos latitudes hexagonales. Le Pape a d’ailleurs une dent contre les Français, tous les Français, qu’il assimile soit à des jouisseurs post-modernes déchristianisés, soit, quand ils sont encore catholiques pratiquants, à des traditionnalistes plus attachés à la lettre qu’à l’esprit du christianisme dont il croit être le plus parfait représentant, saint déjà auréolé. Son discours est dangereux car il encourage les Africains à migrer mais aussi à nous haïr.

Sous le modeste perce donc l’immodestie. Sous l’humaniste, un fond d’inhumanité. Car, qui peut aujourd’hui en conscience estimer que les grandes migrations du temps sont une chance pour l’Europe ou l’Afrique ? Qui peut considérer que la démographie sahélienne est un atout pour l’humanité ? Croissez et multipliez ? Certes, mais pas inconsciemment. Au fond, la pensée papale est nihiliste. Il fait des civilisations et des nations des variables d’ajustement du projet de Cité de Dieu augustinienne, comme si le salut des âmes valait bien le sacrifice des lents et patients travaux des hommes. Son inspirateur n’est autre que Carlos Maria Martini, jésuite italien, cardinal et archevêque de Milan mort en 2012. Un millénariste aveuglé par l’eschatologie testamentaire pour qui l’immigration était « une opportunité historique pour l’avenir de l’Europe… un grand appel de la Providence pour un nouveau mode de vie ». Les habitants de la Porte de la Chapelle se réjouissent sûrement de cette « providence », ainsi que le contribuable français…

Comme si souffrir et porter le « fardeau » était obligatoire. La charité ne revient pourtant pas à s’oublier soi-même. Tout homme sauvera son prochain en grande détresse. Il ne l’installera pas pour autant ad vitam aeternam chez lui, au risque d’y perdre sa maison et de mettre sa famille en danger. Si le Pape a donc tout loisir de rappeler aux catholiques leurs devoirs de chrétiens, les Français se passeront de ses conseils.

Costumez-vous!

À force de « casser les codes », la Fashion week ne distingue plus le vrai du faux.


La New York Fashion Week, où des mannequins défilent dans des tenues extravagantes, fut le témoin d’une perturbation comique début septembre, lorsqu’un individu torse-nu, revêtu d’une cape de plastique transparent, d’un bonnet de douche rose, d’un short de bain et de baskets blanches, a défilé sous les applaudissements nourris du public. Simplement, ce mannequin presque parfait n’était pas prévu à l’affiche.

2.6 millions de vues sur Instagram

À la fin de son défilé sur le podium, il est violemment agrippé par un vigile et éjecté de la scène sous les regards surpris des spectateurs, qui paraissent pourtant apprécier sa tenue.

Mais qui est donc cet imposteur sympathique ? Eh bien, il s’agit d’un jeune youtubeur américain, Fred Beyer, véritable farceur, qui poste des vidéos de lui provoquant des situations gênantes.

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Ce dernier a donc décidé de s’infiltrer dans le Fashion Week de New York pour faire le buzz : « Vous suivez un groupe et vous y êtes » s’est-il vanté dans une interview. Malgré les doutes de deux créateurs du défilé, Fred réussit à s’introduire sur le podium, en promettant à une vigile du défilé « que si elle fermait les yeux, je lui donnerais mon numéro, et nous avons maintenant un rendez-vous prévu ce lundi ». Le tour était joué et le succès assuré : la vidéo de son défilé a fait 2.6 millions de vues sur Instagram.

Plus c’est gros…

De telles scènes sont fréquentes lors de ces défilés de mode. En mars 2022 par exemple, la youtubeuse anglaise Ellie Mary s’introduisait sans difficultés sur le podium de la Fashion Week de Londres revêtue d’un sac-poubelle noir en guise de robe. C’est dire l’absence d’une quelconque recherche de beauté dans ces évènements : plus c’est gros, plus ça passe. Fin août, la Fashion Week de Copenhague, au Danemark, se félicitait d’exposer des vêtements en matière recyclée : qu’ils soient difformes ou bas de gamme, peu importe : il faut casser les codes pour être dans « l’ère du temps ». C’est la vérité que Fred Beyer a de nouveau démontrée cette année.

Samuel Fitoussi à France Inter: fallait pas l’inviter…

Samuel Fitoussi publie Woke Fiction, comment l’idéologie change nos films et nos séries, Éditions du Cherche Midi. Il était invité à débattre par la bande d’amazones de Maia Mazaurette, l’après-midi sur France inter. Le wokisme de « Jusqu’ici tout va bien » va nous faire regretter le gauchisme de Charline Vanhoenacker, déprogrammé de la station.


Léa Salamé profite de toutes les occasions pour proclamer que France Inter n’est pas de gauche. Recevant Samuel Fitoussi pour la parution de son livre Woke Fiction, des journalistes de la station ont proclamé, elles, que le wokisme n’existe pas – avec des arguments tellement lourdingues, qu’à la fin il a bien fallu nous rendre à l’évidence : non seulement France Inter est bien de gauche, mais de plus elle baigne totalement dans l’idéologie woke…

On se dit qu’on a tout dit chez Causeur sur la radio publique. Qu’on ne veut pas en rajouter. Alors, on s’éloigne des rivages de la radio france-intérienne pour naviguer sur internet à la recherche d’un nouveau butin, une ânerie, une imbécillité, une crétinerie politico-médiatique de belle taille comme notre époque sait en concocter. Sur les réseaux sociaux et les sites d’actualité, on cabote gentiment entre les extravagances de Dame Rousseau et les outrances des députés de LFI sans s’arrêter, ces poissons-là sont trop prévisibles et excessifs, ils perdent chaque jour de leur valeur marchande et polémique. On s’apprête à jeter l’ancre et à se reposer un peu lorsque soudain on tombe par hasard sur LA perle rare. De la bêtise pure et nacrée de sombre idéologie et de méchanceté niaiseuse, extraite, non pas d’une huître, mais d’un trio de crustacés radiophoniques…


Nous reconnaissons immédiatement l’endroit où nous avons déniché ce trésor, cette bêtise au carré, cette sournoiserie au cube, cet éclatant manque de subtilité et d’intelligence ! Malgré nous, malgré notre remarque liminaire, notre flânerie sur la toile nous a irrémédiablement ramenés au port d’attache du wokisme, dans le berceau du progressisme et de la gauche médiatique intolérante, nous avons nommé la station de radio… France Inter.

Dévotion woke

Lors de l’émission “Jusqu’ici tout va bien”, Marie Misset, Maïa Mazaurette et Marine Baousson ont reçu, baïonnette au fusil, le journaliste Samuel Fitoussi pour son dernier livre traitant de l’idéologie woke dans les films et les séries (1). Chacune à leur tour, ces dames vont lâcher ce qu’elles croient être du venin mais se rapproche plutôt du crachouillis. Le livre ne leur a pas plu, c’est évident et sans surprise. Mais, pour défendre leurs points de vue, ces journalistes radiofrancisées dans l’âme et confites en dévotion woke, vont se livrer à un incroyable exercice de lancer d’enclumes verbales, d’indigentes philippiques reposant sur une argumentation souffreteuse et, disons-le carrément, complètement à l’ouest.

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Premier « argument », celui de Mme Misset : le wokisme dans le cinéma français ça n’existe pas. La preuve : le premier producteur de films et de séries, c’est Canal +, propriété de Vincent Bolloré qu’on ne peut pas accuser de wokisme. Mme Misset semble ignorer que Canal + a pour obligation contractuelle, depuis sa création, de subventionner le cinéma français. Vincent Bolloré débourse par conséquent chaque année des centaines de millions d’euros pour que soient réalisés des films sur lesquels il n’a aucun pouvoir – mais qui sont souvent, en revanche, aidés également par le CNC qui a, lui, la possibilité de financer les films qui correspondent le plus à son idéologie progressiste, immigrationniste ou woke. Ces films sont si wokes et si politiquement corrects, qu’ils font le plus souvent des bides retentissants. À ce propos, la Cour des comptes a récemment rendu un rapport concernant l’utilisation de l’argent public par le CNC. Trop d’aides et, surtout, trop d’aides à « trop de films ne rencontrant pas leur public », a élégamment conclu Pierre Moscovici. Un tiers des films français réunit moins de 20 000 spectateurs et seulement 2% des productions soutenues par l’avance sur recettes du CNC sont rentabilisées en salle – la propagande est à ce prix !

Après que Samuel Fitoussi a rappelé la décision de la direction des Oscars de ne sélectionner que des films respectant des critères « inclusifs » de représentation identitaire (ethnique, raciale, LGBtiste, de genre, etc.), Mme Mazaurette va remporter haut la main la Palme d’or de l’argumentation la plus sotte. Remercions la technique moderne permettant d’entendre et de voir ce genre de phénomènes. Car Mme Mazaurette, visible donc sur YouTube, est synchrone : ses mimiques et ses grimaces de petite fille contrariée par tant de méchanceté réac sont à la hauteur des âneries stratosphériques qu’elle crachote : « Mais en fait y’ a plein de lois qui régissent le cinéma en général, pourquoi est-ce que celles-là elles vous dérangent en particulier… parce qu’il y a aussi des horaires qu’il faut respecter, il y a aussi un classement, ça a toujours existé depuis très longtemps, qu’est-ce qui vous dérange dans l’inclusivité ? [Samuel Fitoussi tente de répondre et est immédiatement interrompu] Et vous trouvez ça pas génial, de se dire “ça va être super, je vais voir un film et il va y avoir des gens de toutes les couleurs qui ressemblent à plein de gens, de nouvelles histoires qui vont me donner de l’empathie pour des gens dans les bottes desquelles j’ai parfois du mal à me mettre” ? » Et le SIC d’or est attribué à Maïa Mazaurette – laquelle ferait mieux de continuer de s’occuper de son sujet de prédilection, à savoir les fluctuations de la fesse, sujet qui dispense de posséder des capacités intellectuelles supérieures, ou même moyennes, et qui permet à n’importe quel journaliste avec le QI d’une moule de faire son trou dans les médias.

Cassez les codes avec France inter

Samuel Fitoussi ayant osé glisser, dans la longue liste de mots composant la novlangue qui structure les discours militants woke, celui d’intersectionnalité, l’humoriste (souvent involontaire) de l’émission, Mme Baousson, en appelle à la science : « C’est une notion, l’intersectionnalité, c’est pas du militantisme, c’est un outil scientifique. » Mme Misset, tenant vraisemblablement à ce que sa comparse ne soit pas la seule à dire des inepties, ajoute que oui, peut-être que le wokisme existe dans les films, mais que c’est « en réaction à un monde hétéronormatif, en réaction à une production cinématographique qui pendant des décennies a été principalement blanche. » On comprend mieux pourquoi ces dames n’ont guère apprécié le livre de Samuel Fitoussi : elles ont gobé entièrement l’idéologie woke, leur façon de penser le monde est woke, leur vocabulaire est woke, l’idée qu’elles se font des relations entre les hommes et les femmes, les Blancs et les « racisés », les maigres et les gros, les hétéros et les homos, est woke – elles respirent le wokisme, elles transpirent le wokisme, elles sont ce qu’elles dénoncent en parlant du travail de Fitoussi, une caricature du wokisme.

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Pour finir de s’en persuader, il suffit de prendre connaissance de quelques sujets de l’émission quotidienne qu’elles co-animent et des personnalités invitées pour débattre de ces sujets : Immigration, avec Constance Rivière, co-auteur (avec Pap Ndiaye) du très racialiste Rapport sur la diversité à l’Opéra et successeur (de Pap Ndiaye) à la direction du Musée national de l’histoire de l’immigration – Écologie, avec Cédric Villani, membre du mouvement Écologie Démocratie Solidarité qui, pour protester contre un projet d’autoroute, n’a pas hésité à faire « la grimpette sur un arbre en face du ministère de la Transition écologique » – Écologie, encore, avec le philosophe Dominique Bourg, président de la fondation Nicolas-Hulot jusqu’en 2018, adepte de la « décroissance économique » et auteur d’un « journal éco-philosophique pour mieux cerner les contours d’une société écologique impensable en dehors d’une bascule de civilisation » – Écologie, toujours, avec le cinéaste Just Philippot pour son dernier film, “Acide”, décrivant « des précipitations corrosives générées par l’émission de polluants et s’abattant sur Terre comme l’apocalypse », et ayant reçu le prix Ecoprod récompensant les films « produits de manière écoresponsable » – Sexisme, avec Rose Lamy qui est « connue pour son analyse du discours sexiste dans les médias » et qui « casse le mythe du bon père de famille » dans son dernier livre en affirmant que « tous les hommes bénéficient d’un système ou d’une ambiance ou d’un climat qui tolèrent ou excusent les violences sexistes ». – Écologie (on n’en sort pas), avec le philosophe Gaspard Koenig et deux étudiants en agronomie « éco-anxieux » – Grossophobie, avec Aline Thomas qui « nous initie au terme de “grossophobie intériorisée ” » – Etc. Rappelons que cette propagande permanente de la bonne gauche écolo-woke est financée avec notre argent.

Il faut féliciter Samuel Fitoussi d’avoir su développer les arguments de son livre en conservant un calme olympien face à ces furies wokes. L’auteur de ces lignes appréciait déjà l’intelligence et l’ironie des chroniques de ce jeune journaliste dans Le Figaro. Après avoir vu et écouté cette émission dans laquelle ce dernier fut bien le seul à briller, il s’est naturellement précipité pour commander son essai sur le wokisme dans le cinéma. Car il affectionne tout particulièrement les ouvrages participant activement à une des plus grandes causes de notre époque, celle de… l’anti-wokisme. 

(1) Samuel Fitoussi, Woke Fiction, comment l’idéologie change nos films et nos séries, Éditions du Cherche Midi.

Voile: a-t-on le droit de dire «merde» au Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU?

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Laïcité. La ministre des Sports a confirmé que les athlètes qui représenteront les couleurs de la France à Paris 2024 ne pourront pas concourir voilées. Malgré l’article 50 du CIO tout à fait explicite quant à l’interdiction formelle de manifester un soutien religieux sur un site olympique, le voile islamique est présenté par beaucoup de pays et de militants comme un accoutrement culturel et pas comme un signe distinctif cultuel… Selon Céline Pina, la position de l’ONU sur la question du hijab promeut bien l’asservissement des femmes au nom de la religion.


« De manière générale, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme estime que personne ne devrait imposer à une femme ce qu’elle doit porter ou non », a déclaré la porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Marta Hurtado, en réponse à une question lors du point de presse régulier de l’ONU à Genève. Si vous pensez que le Haut-commissariat aux droits de l’homme fait cette sortie en soutien aux courageuses Iraniennes qui se font tuer, violenter et violer parce qu’elles refusent de porter cet objet d’oppression qu’est le voile, vous avez tout faux ! Si Marta Hurtado a sorti grandes orgues et violons, ce n’est pas pour défendre la liberté et l’égalité des femmes, c’est pour tenir la main de leurs bourreaux et les aider à mieux les ensevelir sous le hijab. En effet, si l’ONU se laisse pousser le courage, ce n’est pas pour s’en prendre aux mollahs, mais pour attaquer la France. Notre crime : avoir interdit aux athlètes françaises de porter le voile islamique aux Jeux Olympiques en France.


Le haut-commissariat aux droits de l’homme reprend les éléments de langage des islamistes

Pour cela, la porte-parole du Haut-Commissariat reprend les éléments de langage des islamistes canal Frères musulmans et présente donc un asservissement réel comme une liberté : celle de s’habiller comme on le veut. Sauf qu’un uniforme/symbole comme le voile n’est pas un vêtement, c’est une marque de soumission et un message univoque adressé à l’extérieur.

Une femme peut avoir des raisons différentes de se voiler. La plupart du temps, conditionnement, obscurantisme et oppression sont à la base de ce soi-disant libre choix.

Mais quelles que soient ses motivations, le message que la femme envoie à l’extérieur est celui de son impureté (son corps est une provocation, elle est réduite à un sexe sur pattes) et de son statut d’inférieure.

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La multiplication des voiles est un marqueur de l’emprise islamiste et n’augure jamais rien de bon pour la liberté des femmes. Autre élément de réflexion : un vêtement ça se change, on peut un jour sortir en short, un jour en robe, le lendemain en jupe. Essayez donc de porter le voile quand cela vous chante, un jour sur deux, deux fois par semaine… Vous allez vite faire la différence entre une marque d’appartenance et de soumission à une idéologie religieuse et le port d’un simple vêtement.

Refuser l’égalité aux femmes au nom de la liberté religieuse

Avec le voile, il n’est pas question du choix vestimentaire des femmes mais bel et bien de mise en avant du refus de l’égalité à raison du sexe. Le voile est un manifeste sexiste. Il refuse que l’égalité puisse être à la base d’un contrat social. Sexisme et racisme partagent la même logique et lorsque l’on accepte l’un, on finit à terme par accepter l’autre. Or si la Seconde guerre mondiale a basculé dans la barbarie et le crime contre l’humanité, c’est bien parce qu’elle refusait de reconnaitre que les êtres humains avaient en partage la même dignité. Aujourd’hui l’ONU affirme donc que l’on peut refuser l’égalité aux femmes si on le fait au nom de la liberté religieuse.

La position de la Haut-commissaire est donc soit stupide, soit entachée d’inculture, soit cynique. Le cumul des trois n’étant pas incompatible pour une institution qui a nommé en 2015 l’ambassadeur de l’Arabie saoudite à la tête du panel du Conseil des droits de l’homme (chargé de nommer les experts destinés à instruire les atteintes constatées aux droits de l’homme dans le monde). Cette année-là, en plus du statut d’éternelles mineures dévolu aux femmes qui est la base de sa vision du monde, l’état wahhabite avait décapité ou pendu au moins 80 personnes.

Enfin et surtout, l’instance internationale montre qu’en cas de conflit de valeur, elle choisit toujours le camp du plus fort, ici celui de l’oppresseur. Dans le cas qui nous occupe où il y a une tension entre l’égalité (et la liberté) des femmes et la « liberté » religieuse, elle choisit de ne pas défendre les droits attachés à la liberté individuelle pour renforcer les théocraties et la violence dogmatique. Or, porter le voile n’est pas le marqueur de l’exercice d’une liberté. C’est le renoncement au libre arbitre pour la soumission à l’orthopraxie, une conduite conforme au rite. Alors que les droits de l’homme sont là pour garantir un socle minimal de droits aux individus, le Haut-commissariat, en faisant passer la liberté religieuse avant la liberté et l’égalité des femmes, trahit sa mission. Le pire est qu’il se met ainsi au service de l’asservissement en invoquant la liberté.

Quand l’ONU finit par cautionner l’oppression

L’ONU est décidément un « machin » de plus en plus contestable et ridicule quand elle se mêle d’édification morale alors qu’elle n’a ni les moyens, ni l’intelligence nécessaire pour tenir lieu de repère dans un monde en décomposition. Elle est ivre d’elle-même et s’exalte de ses principes mais elle les piétine souvent par pure bêtise et médiocrité.

Le discours sur la liberté religieuse, qui masque en fait le soutien porté à une seule religion, est étrange tant le statut de la femme dans les pays où règne l’islam est incompatible avec la notion d’égalité entre les êtres humains. Mais cela n’interpelle pas l’ONU qui se moque éperdument qu’au nom de leur infériorité et de leur impureté intrinsèques, les femmes sous le joug islamiste puissent être vendues petites filles à des hommes âgées, n’aient pas le droit de sortir sans être accompagnées d’un homme, de faire des études ou d’exercer un métier. Dans le meilleur des cas, sous le joug islamique, les femmes voient leur parole être estimée à la moitié de celle d’un homme, comme leur part d’héritage. Mais joug islamiste ou islamique, la femme ne jouit pas des mêmes droits ni libertés que les hommes et cela à raison de son sexe. La culture musulmane est sexiste et ce sexisme se traduit dans la loi. C’est là qu’il y a conflit de valeur et incompatibilité entre la culture française et la culture musulmane. On peut penser que toutes les cultures se valent et qu’elles ont toutes leurs logiques, on peut penser aussi que des cultures qui reconnaissent l’égalité en droit et le traduisent dans leur contrat social sont plus épanouissantes que celles qui traitent une partie de leur population en inférieure. On peut penser aussi que certains musulmans viennent chercher en France ces libertés, cette égalité et ce libre arbitre qui n’est pas au cœur de leur société politique et viennent aussi chercher chez nous une autre façon de concevoir la citoyenneté et la place du religieux.

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Chez nous, l’accès à la citoyenneté se fait par la reconnaissance de l’égalité en droit. Cette notion n’existe pas, encore aujourd’hui, dans la société politique musulmane. Le voile est le symbole de ce refus de l’égalité et de la fierté qu’ont certaines cultures à mépriser les femmes et à ériger le sexisme en norme cultuelle et culturelle. Ce sont ces sociétés-là qui sont aussi souvent les plus racistes. Ce qui est logique : quand on refuse l’égalité à raison du sexe, pourquoi s’arrêter là ? En général on la refuse aussi à raison de la religion (ainsi dans les pays musulmans, les pratiquants d’autres religions doivent payer un tribut pour vivre dans une terre où l’islam est religion d’état, on appelle cela la dhimmisation).

Quand l’ONU défend le refus d’accorder l’égalité aux femmes

On est là en présence de faits matériels, connus, renseignés. Dans un cas flagrant où la dignité humaine est niée. Le voile est un outil sexiste, il n’a pas à être défendu au nom des droits de l’homme, sinon autant défendre le port des chaînes et l’esclavage au nom du droit des Etats à améliorer leur situation économique.

Ce qui est choquant, c’est que l’ONU est née en réaction à la deuxième guerre mondiale, en réaction aussi à l’horreur de la Shoah et des camps de concentration. Elle est une tentative d’empêcher qu’à nouveau on conteste aux êtres humains le fait d’être égaux en droit, que ce soit au nom du sexe, de la couleur de peau, du statut social, de la pratique religieuse ou de son absence… Là est le cœur de la légitimité de l’ONU et du haut-commissariat aux droits de l’homme.

Et on arrive à cette situation ridicule où une démocratie comme la France, attachée à l’égalité des êtres humains, devrait donc rendre des comptes car une religion réclame de pouvoir traiter les femmes en inférieures sur son propre sol ?

L’ONU se prend les pieds dans le tapis de son incohérence

Et l’histoire devient franchement ubuesque quand la pauvre porte-parole du Haut-commissariat en arrive à dire tout et son contraire dans cette conférence de presse.

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Ainsi elle rappelle que la Convention pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes fait obligation à toutes les parties – dans ce cas la France – de prendre « toutes les mesures appropriées nécessaires pour modifier tout modèle social ou culturel fondé sur l’idée d’infériorité ou de supériorité de l’un ou l’autre sexe ». Or c’est justement ce que fait la France en interdisant le hijab ! Elle est un des rares Etats à faire preuve de courage et de justesse en la matière, et l’ONU devrait plutôt la féliciter.

Mais, quand on a été capable de mettre des dirigeants aux mains dégoulinantes de sang à la tête d’une instance onusienne liée aux droits de l’homme, pourquoi ne pas prendre aussi la défense du sexisme et de l’asservissement de la femme… Surtout quand ceux qui promeuvent cette logique ont les poches qui débordent de billets et savent convertir l’opulence en influence. C’est ainsi que la France, qui défend l’égalité et la liberté des femmes est condamnée par l’ONU qui préfère, elle, défendre le droit de les traiter en impures et en inférieures en les voilant. Amis de la liberté et de l’égalité, choisissez votre camp !

Silence coupable

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Quand « Blast : Le souffle de l’info » souffle sur les braises

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Paris, 23 septembre 2023 © Fiora GARENZI/SIPA

Le site d’extrême gauche, dont un « street reporter » était présent à la manif anti-police samedi dernier, a été accusé de manipulation des images.


« Blast : Le souffle de l’info » est un média en ligne qui existe depuis moins de trois ans mais qui s’est rapidement imposé dans le paysage médiatique, en raison d’une forte présence sur internet avec une chaîne YouTube dépassant les 850 000 abonnés. Bien que fondé par Denis Robert, ancien de Libération, la journaliste star du média est indéniablement Salomé Saqué. Spécialiste des questions économiques, à 28 ans, celle qui a publié Sois jeune et tais-toi (Payot), son premier ouvrage en mars dernier, a déjà été l’objet de plusieurs portraits très élogieux dans la presse mainstream comme Le Monde, Libération ou Télérama[1].

L’autre figure du média, bien que légèrement moins connue que la première, est Paloma Moritz. Spécialiste des questions écologiques, elle participe régulièrement à l’émission « C ce soir » sur France 5, où elle avait notamment, le 18 avril dernier, reproché à Hugo Clément d’avoir accepté l’invitation de Valeurs Actuelles pour débattre avec Jordan Bardella. La journaliste de Blast avait alors déclaré que « le RN n’est pas un parti comme un autre, c’est un parti raciste, xénophobe et anti-démocratique ».

Tout le gratin gauchiste convié sur YouTube

Plus généralement, la ligne éditoriale de Blast est celle d’une gauche anticapitaliste, écologiste, antiraciste et écoféministe. Proche des propositions des Économistes Atterrés, le média Blast est un mélange entre Le Monde Diplomatique et Reporterre. La quasi-totalité des invités reçus sur leur chaîne sont issus de la gauche radicale. Pêle-mêle, on peut citer François Bégaudeau, Nicolas Framont, Alain Damasio, Bernard Friot, Geoffroy de Lagasnerie, Fatima Ouassak ou encore Edwy Plenel.

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Une polémique est récemment venue entacher le média et l’honnêteté de ses journalistes. En effet, le samedi 23 septembre, des manifestations contre les « violences policières » se déroulaient dans de nombreuses villes dont la capitale. À la suite de la mort de Nahel, tué par un tir de policier lors d’un contrôle routier fin juin à Nanterre, des dizaines d’organisations de gauche comme LFI, EELV, la CGT ou encore le Syndicat de la Magistrature ont appelé à marcher « contre le racisme systémique, les violences policières et pour les libertés publiques ». Selon les organisateurs, 80 000 personnes ont défilé dans toute la France, dont 15 000 à Paris. De son côté, le ministère de l’Intérieur a décompté seulement 31 000 personnes en tout dont 9 000 dans la capitale.

Mounia, la mère de Nahel, était présente à Paris. Elle a pris la parole, réclamant « une marche au calme s’il vous plaît. Pour ne pas les influencer, la police, à nous mettre des coups, à nous frapper, à nous faire une misère. Restons dans la paix s’il vous plaît. Continuez à marcher tranquille ». Il faut croire que son appel au calme n’a pas vraiment été entendu, car des manifestants-casseurs encagoulés ont violemment attaqué une voiture de police qui circulait boulevard de Clichy vers 16h30.

Le choc des images

Les images, notamment relayées par TF1 ou Le Parisien, montrent une voiture de police prise pour cible par une horde de manifestants violents. Alors que le véhicule essuie des tirs de projectiles et des coups de barre de fer et qu’il se retrouve bloqué par une voiture devant lui, l’empêchant de fuir, un policier décide alors de sortir du véhicule, arme à la main, et de mettre en joue les manifestants pour les contraindre à reculer. Ces derniers s’exécutent et le policier regagne son véhicule.

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Seulement, c’est une vidéo beaucoup plus courte, et par conséquent amputée d’une grande partie du réel, que Blast a choisi de mettre en ligne. Dans cette vidéo de 55 secondes, accompagnée de la légende « Un policier sort son arme en pleine manifestation !», l’action ne débute pas avec la violence des manifestants, mais avec le policier qui sort son arme. Mise en ligne quelques minutes après l’attaque et visionnée 4,5 millions de fois, la vidéo a rapidement été considérée comme un cas d’école de propagande et de désinformation anti-police. Blast a été accusé d’avoir délibérément décontextualisé la scène, d’avoir volontairement omis les secondes qui précédaient pour faire accroire qu’un policier aurait dégainé sans cause apparente. L’occasion, comme le font si régulièrement de nombreux médias, de faire passer nos forces de l’ordre pour des cow-boys à la gâchette facile…

Si ce policier n’avait pas sorti son arme, la violence des manifestants se serait-elle arrêtée ? Il est permis d’en douter, d’autant que cette scène du 23 septembre n’est pas sans rappeler celle du 18 mai 2016. En marge de manifestations contre la loi Travail, Antonin Bernanos, antifa et arrière-petit-fils de l’écrivain catholique, s’attaquait à une voiture de police quai de Valmy. Après avoir détruit le pare-brise arrière du véhicule avec un plot, c’est à coups de barre de fer que son groupe frappait la voiture. Le policier au volant avait alors décidé de sortir et de faire face, à mains nues, à ses agresseurs. Résultat : une pluie de coups pour le policier. La présence seule d’un policier sur la chaussée n’est donc pas dissuasive. Qui nous dit que si ce policier n’avait pas sorti son arme samedi dernier, lui et ses collègues, n’auraient pas terminé brûlés vifs dans leur voiture comme les policiers de Viry-Châtillon le 8 octobre 2016 ou, plus récemment, comme ce policier, embrasé par un cocktail Molotov le 1er mai dernier lors d’une manifestation contre la réforme des retraites ?

Un communiqué aussi embarrassant qu’embarrassé

Dès le lendemain, le 24 septembre, Blast a dû se fendre d’un communiqué pour donner sa version des faits. Le média se défend d’avoir « manipulé une vidéo pour en cacher le contexte » et prétend que le journaliste sur le terrain, qui a rapporté ces images, n’était pas présent au début de l’action et n’a donc pas pu filmer la scène dans son entièreté. Il a donc commencé à filmer quand le policier a dégainé. « La vidéo concernée n’a été ni montée, ni coupée. Notre street reporter a publié ce qu’il a filmé, comme il a pu le filmer, au moment où il l’a filmé » ajoutent nos confrères en guise d’explications. Après avoir dénoncé « l’extrême droite » et la « fachosphère », Blast affirme, au sujet de sa vidéo controversée : « Qu’elle déplaise aux forces réactionnaires de ce pays n’est pas notre affaire ».

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Réactionnaires ? C’est vrai, nous l’assumons, nous sommes peut-être nostalgiques d’un temps où les journalistes faisaient consciencieusement leur travail, appliquant à la lettre la Charte des devoirs professionnels des journalistes français de 1918 qui stipule : « Le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une information de qualité ». Situer dans son contexte ! Oui mais voilà, la charte mentionne également que le journalisme « demande du temps et des moyens, quel que soit le support ». Difficile d’avoir du temps quand on veut, à tout prix, être les premiers à diffuser une information. Vérifier une information « demande du temps » et, pour certains, faire le buzz n’attend pas.

« Le magazine Causeur, qui va toujours plus loin dans l’indécence et le sexisme », voilà ce qu’écrivait Salomé Saqué, le 26 septembre sur Twitter, à propos du dessin de Marsault dans le dernier numéro de Causeur (n’hésitez pas à vous le procurer si ce n’est pas encore fait, il est généralement bien planqué par les libraires). Est-il plus grave qu’un dessinateur humoristique soit indécent et sexiste dans, ce qui reste, des caricatures, ou qu’un journaliste professionnel fasse l’impasse sur une partie du réel pour donner une image biaisée de ce dernier et ainsi faire avancer son agenda idéologique ?


[1] Salomé Saqué, une météorite à la télévision (lemonde.fr) ; Salomé Saqué, la force intranquille – Libération (liberation.fr) ; Salomé Saqué, 26 ans, une journaliste avec du peps dedans (telerama.fr)

«Cruella Braverman», la ministre britannique qui pense que la Convention de Genève sur les réfugiés n’est plus adaptée à l’époque

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Suella Braverman devant les membres de l'American Enterprise Institute, Washington DC, mardi 26 septembre 2023. © Kevin Wolf/AP/SIPA

La ministre de l’Intérieur britannique, Suella Braverman, a défrayé la chronique cette semaine, lors d’un discours donné à Washington DC sur l’immigration, qu’elle a qualifiée de « défi existentiel » pour l’Occident.


« La migration illégale et incontrôlée » constitue « un défi existentiel pour les institutions politiques et culturelles de l’Occident ». Cette vérité archi-simple, que la plupart de nos politiques ne veulent pas reconnaître et qu’ils ont même peur d’évoquer, est sortie de la bouche de la ministre de l’Intérieur britannique Suella Braverman, cette semaine. Ses propos francs ont provoqué l’ire de bon nombre de ses opposants en Grande-Bretagne, ainsi que d’artistes, surtout lorsqu’elle a remis en cause la Convention relative au statut des réfugiés – en accord avec son gouvernement.

Haro sur les traités et le multiculturalisme

Dans un discours donné le mardi 26 septembre, au think tank conservateur, American Entreprise Institute, à Washington DC, elle a enchaîné en exprimant une autre vérité qui devrait aller de soi : le « dogme du multiculturalisme » est un échec car il « n’oblige nullement les nouveaux arrivants à s’intégrer » et « il permet à des gens de venir s’installer dans notre société et d’y vivre une vie parallèle ». La conclusion qu’elle en a tirée est que les démocraties occidentales devraient remettre en cause et réviser les traités internationaux qui empêchent les nations de maîtriser leurs frontières : « Les politiques et les leaders d’opinion sont dans l’obligation de demander si la Convention relative au statut des réfugiés, et la façon dont elle a été interprétée au fil du temps par les tribunaux, est adaptée à notre époque moderne. Ou si elle a besoin d’être réformée ».

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Le bon sens même ? Avec une prévisibilité totale, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), des ONG diverses et variées, et même le chanteur, Sir Elton John, se sont immédiatement jetés sur les propos de la ministre pour les condamner. Le HCR a nié que la Convention ait le moindre besoin d’être réformée ou même modifiée, tout en soulignant « le principe de partage des responsabilités » – autrement dit, le principe selon lequel chaque pays est obligé de traiter comme un réfugié toute personne sur son sol qui se prétend persécutée dans son propre pays.

« Cruella Braverman »

C’est le nouveau surnom très original donné cette année à la ministre britannique, en référence à la méchante des 101 Dalmatiens. Effectivement, Suella Braverman n’a jamais mâché ses mots sur la question migratoire. Et cette fois-ci, en affirmant qu’il ne suffit pas d’être gay ou femme pour obtenir le droit d’asile au Royaume-Uni, elle ne s’est pas fait beaucoup d’amis, bien au contraire. La chaîne Tiktok Screenshot, qui promeut les droits des femmes et des LGBTIQIA+ a dénoncé les propos « scandaleux » de Mme Braverman. La députée travailliste Yvette Cooper, ministre de l’Intérieur du cabinet fantôme du Labour, a dénoncé des propos « profondément clivants […] indignes de sa fonction », accusant Mme Braverman « d’avoir tellement perdu le contrôle de la politique de droit d’asile chaotique du Parti conservateur, qu’elle s’en prend aux personnes LGBT, dont elle fait des bouc-émissaires. » Même cette dialectique-là n’a pas semblé fonctionner dans l’espace médiatique britannique, ce qui est bien une nouveauté.

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Mais il faut noter que le Parti travailliste est de moins en moins opposé aux conservateurs sur le sujet migratoire, à défaut de pouvoir avancer des propositions crédibles sur le sujet, lequel fait partie des trois premières priorités des Britanniques aujourd’hui. Pour autant, les conservateurs sont en panne de crédibilité eux-aussi : leurs promesses d’arrêter l’immigration après le Brexit est un échec et leurs vociférations publiques contre les migrants illégaux ont rarement été suivies d’accomplissements concrets jusqu’à maintenant. Le projet très contesté d’envoi des migrants au Rwanda, entamé par Boris Johnson en avril 2022, en est le principal exemple.

Dérives d’interprétation

La Convention relative au statut des réfugiés, signée en 1951 et entrée en vigueur en 1954, avait pour objectif de résoudre les grandes difficultés qui ont suivi la fin de la Seconde guerre mondiale en 1945, fin qui a vu de très nombreuses personnes déjà déplacées ou désormais obligées de se mettre sur les routes. En 1967, le Protocole relatif au statut des réfugiés, adopté par la majorité des signataires de la Convention, a mis fin à toute restriction géographique et temporelle, en généralisant le système et les obligations qu’il imposait aux nations. L’obligation centrale permet à une personne se trouvant dans un pays étranger de faire valoir son droit d’asile si elle craint d’être « persécutée » en retournant dans son pays d’origine.

L’argument de Mme Braverman est le suivant : la jurisprudence des tribunaux a introduit petit à petit une dérive dans l’interprétation de cette obligation. Le critère fondamental pour prétendre au statut de réfugié est devenu moins la persécution que le fait d’être l’objet d’une forme de discrimination. Selon la ministre, être homosexuel ou une femme dans certains pays entraîne une discrimination mais ne suffit pas pour définir le statut de réfugié.

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Certes, le choix de ces exemples était peut-être imprudent et, nous l’avons vu, Braverman fut très critiquée. Cette dernière a alors tenté de se défendre par la suite en affirmant qu’elle parlait de migrants qui se prétendaient homosexuels pour avoir le statut de réfugié. Mais le principe n’est pas faux : selon la nouvelle interprétation de la Convention, on pourrait transférer en Europe ou Amérique du Nord une grand partie de la population de nombreux pays dans le monde. Mais où pose-t-on donc les limites ? Et, selon une objection justifiée qui est fréquemment soulevée, comment distinguer entre ceux qui fuient la persécution et ceux qui cherchent une vie meilleure sur le plan économique ?

Surtout, la ministre a raison de nous rappeler que tout pays voulant maîtriser ses propres frontières doit maîtriser les instances internationales qui, par un tropisme congénital, se considèrent comme les ennemies des frontières. Pour dompter ces institutions, il faut que les nations s’unissent (quelle ironie !) pour identifier l’obstacle et le surmonter.

Comparer la France à l’Iran, la tribune honteuse signée par Annie Ernaux

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Annie Ernaux © Hannah Assouline

Notre chroniqueuse est tombée sur une tribune, sur le Club de Mediapart, qu’elle a trouvé honteuse et choquante car elle récupère le combat des femmes iraniennes pour le dépouiller de son sens et le remplacer par un salmigondis indigeste en novlangue militante progressiste qui dénonce l’ « islamophobie » supposée de la France.


Pendant qu’en Iran, les femmes se font violenter, violer et tuer par la théocratie iranienne car elles rejettent violemment le voile, un outil sexiste qui symbolise leur condition d’inférieure et l’impureté de leur corps, en France, quelques petites bourgeoises ultra-privilégiées froncent le nez.

Femme, Vie, Liberté !

Ces femmes Iraniennes, qui affirment que la liberté et les droits des femmes sont incompatibles avec le port du voile, ridiculisent une gauche néo-féministe qui fait de l’islam son nouvel horizon, des musulmans ses nouveaux opprimés et de la « liberté de porter le voile » un combat pour l’émancipation. Toutes ces postures sont ridiculisées par le courage et la force des Iraniennes qui désignent clairement le voile comme le symbole de leur oppression et montrent à la face du monde à quel point ce signe est sexiste et porteur de violences à l’égard des femmes.

Mais, nos petites bourgeoises parisiennes n’en ont cure. Pour Annie Ernaux, Assa Traoré, Adèle Haenel, Judith Butler mais aussi le Planning familial ou les Soulèvements de la terre, s’opposer au port du voile, c’est être islamophobe ! Alors, les militantes ont décidé de faire taire les Iraniennes, de nier leurs revendications et de les remplacer par les leurs. C’est ainsi que les voix autoproclamées du bien, du bon et du juste ont rédigé une tribune où le ridicule le dispute à la mauvaise maîtrise du français et à la phraséologie indigeste. En gros, il s’agit de faire un parallèle entre l’Iran et la France pour expliquer que les deux Etats répriment de la même manière les révolutions anticapitalistes qui s’y déroulent.

Un texte écrit avec les pieds

Oui, parce que non contente d’être écrite avec les pieds, on suppose que fort peu de neurones ont été sollicités pour une aussi mauvaise production.

Commençons donc par l’évacuation du cœur du combat des Iraniennes : leur refus du voile. « Au fil des mois et face à une répression sanguinaire, l’insurrection n’a cessé de se transformer. (…) Les organisations syndicales ont réclamé dans un communiqué unitaire historique des conditions de travail décentes, la fin des politiques écocides, de l’armement nucléaire, de la privatisation des espaces naturels; mais aussi l’égalité politique pour les femmes, les minorités ethniques, nationales et les LGBTQIA+. » Ouf ! le mot « voile » est évacué et la question de la femme ramenée au niveau d’un combat subalterne. Séquence déni parfaitement réussie.

Mais au cas où de vilains réactionnaires n’aient pas compris le message, nos grandes consciences progressistes vont le marteler. Je cite toujours les auteurs de la tribune : « La question n’est pas de porter ou non le voile. On ne le répètera jamais assez dans le contexte islamophobe français : c’est aux femmes de le décider pour elles-mêmes. Ce qui est en jeu dans le voile obligatoire en Iran, c’est le contrôle et l’assujettissement de tous les corps par l’État, dans l’objectif, pour une minorité, de s’accaparer les ressources. »

À partir de là, la rédactrice a dû retrouver de quoi fumer en aspirant sa moquette, car sa plume s’exalte, s’échauffe. Le mauvais lyrisme y gagne ce que la maitrise du français y perd. Il est d’ailleurs désolant qu’une écrivaine à qui a été donné le prix Nobel de littérature signe d’aussi mauvais textes… Mais jugez plutôt : « La République Islamique gouverne à travers un apartheid de genre et un racisme d’État. Elle ne tient que par le déploiement effréné d’un maintien de l’ordre ciselé selon les coordonnées raciales des populations à mettre au pas. » Vous n’avez rien compris à la dernière phrase ? C’est normal, elle ne veut rien dire. Après ce chef-d’œuvre abscons vient le cœur du propos : virer les Iraniennes-prétextes pour faire le procès de la France : « Toutes ces techniques infusent l’économie coloniale globale. Les vies ne se valent pas : cette réalité a été rappelée en France en juin 2023 par le meurtre de Nahel et la répression sanglante des mouvements de révolte qui ont suivis. » Je traduis : la France c’est comme l’Iran, en pire. Ici, on exécute les gens dans la rue. « Les pouvoirs occidentaux n’ont eu alors à la bouche qu’admiration pour le « courage des femmes iraniennes, tout en déroulant le tapis rouge à un féminisme libéral, islamophobe, et transphobe, qui prenait bien soin de séparer la lutte pour les droits des femmes de celles contre l’ensemble des oppressions contestées par les soulèvements révolutionnaires en Iran. » Pour ces enfants gâtés, l’égalité – qui est pourtant à la base de notre contrat social – et la question du droit des femmes ne sont pas de vrais problèmes. Refuser l’égalité au nom de la couleur de peau est une horreur. La refuser au nom du sexe, ça se discute si c’est l’islam qui l’exige. Bref la démocratie, l’égalité, rien de tout cela n’est réel.

Aucune différence entre une dictature islamique et une république laïque : « Car ce à quoi nous avons à faire ici comme là-bas, ce sont, sous des modalités différentes, des appareils d’États aux mains de franges radicalisées de la bourgeoisie, dont les discours, religieux ou laïcs, recouvrent de plus en plus mal un projet similaire et concurrent de captation des richesses et d’exploitation de tout ce qui est vivant. »

Allez, un dernier passage pour la route ?

« Il ne nous est jamais apparu aussi clairement que les discours sécuritaires, dont nous abreuvent quotidiennement les médias possédés par une oligarchie réactionnaire, désignent en réalité la sécurité des pelouses de golfs. Sécurité pour le capital jusqu’à ce que le monde crève. » Même Mediapart a trouvé le texte intellectuellement indigent, et l’a mis sur son blog et pas dans le journal.

Cette histoire peut sembler anecdotique, mais elle ne l’est pas

Notre collectif de dindes en faveur de Noël ne représente pas grand-chose, et, même si Annie Ernaux est prix Nobel, cela n’a pas tant marqué les Français. Elle n’est pas Camus et la France a été globalement indifférente à cet honneur qu’elle n’a guère compris.

Donc, cette tribune aurait pu n’être que ridicule, mais elle résonne avec une petite musique qui s’élève. Celle du « french bashing » et, surtout, celle qui fait passer la liberté religieuse avant tout. Or, il n’y a pas de liberté au sein de l’islamisme. La religion justifie le refus de l’égalité, à raison du sexe, de la pratique religieuse. Elle est incompatible avec une société politique fondée sur l’égalité. Il y a peu, à propos de l’interdiction du hijab par la France pour les JO de 2024, la porte-parole du haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a dit : « De manière générale, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme estime que personne ne devrait imposer à une femme ce qu’elle doit porter ou non. » Or, Si Marta Hurtado a sorti grandes orgues et violons, ce n’est pas pour défendre la liberté et l’égalité des femmes iraniennes, c’est pour tenir la main de leurs bourreaux et les aider à mieux les ensevelir sous le hijab. En effet, si l’ONU se laisse pousser le courage, ce n’est pas pour s’en prendre aux mollahs, mais pour attaquer la France. Notre crime : avoir interdit aux athlètes françaises de porter le voile islamique aux Jeux Olympiques en France.

Pour cela, la porte-parole du Haut-Commissariat reprend les éléments de langage des islamistes canal Frères musulmans ou des auteurs de la tribune de Mediapart et présente donc un asservissement réel comme une liberté : celle de s’habiller comme on le veut. Sauf qu’un uniforme/symbole comme le voile n’est pas un vêtement, c’est une marque de soumission et un message univoque adressé à l’extérieur. Avec le voile, il n’est pas question du choix vestimentaire des femmes mais bel et bien de mise en avant du refus de l’égalité à raison du sexe.

Fin de vie: l’embarras du choix

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De gauche à droite, Brigitte Macron, Line Renaud et Emmanuel Macron, 2 septembre 2022 © LUDOVIC MARIN-POOL/SIPA

Que faire de nos vieux ? C’est assurément une des questions qui taraudent le plus le président de la République et le gouvernement français. D’un côté, nos dirigeants ont ruiné le pays pour sauver nos aînés au moment de l’épidémie de COVID, n’hésitant pas à les maltraiter pour leur propre bien, et d’un autre côté, ils nous jouent régulièrement ce petit air si touchant de l’euthanasie et du suicide assisté au nom de la dignité humaine.


On comprend leur embarras : les vieux, ça coûte très cher au pays, mais ça vote en masse et bien ! L’idéal serait donc d’obtenir leur consentement à un départ anticipé en drapant ce dernier dans la toge de l’éthique collective et de la morale individuelle. On vous chouchoute tant que vous êtes en forme et raisonnables politiquement, et en échange vous n’insistez pas trop quand une maladie grave vous atteint. Enfin, une maladie grave ou une dépression, ou quand ça ne va pas trop, quoi…

Schizophrénie

C’est généralement cette schizophrénie hésitant entre l’idolâtrie de la vie (Olivier Rey) et la gestion bureaucratique et administrative de la mort qui tient lieu de débat lorsqu’on aborde la question du grand âge et de la maladie, les deux ne se confondant d’ailleurs pas. Une vision pour l’essentiel technique des choses, où la question du sens n’est guère soulevée.

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Avant de poser la question de la bonne mort (euthanasie), il serait pourtant bon de poser celle de la vie bonne et du bonheur (eudémonisme). Mais est-ce seulement possible dans une société dont le programme politique est l’hédonisme, c’est-à-dire le plaisir et l’absence de souffrance ? Un hédonisme consumériste qui reste en grande partie le projet de société de nos dirigeants, malgré leur conversion soudaine à la sobriété pour de douteuses raisons écologiques et géopolitiques. Et quand il ne s’agit pas d’hédonisme, c’est son exact contraire qui prévaut, notamment au sein des jeunes générations pour qui posséder une voiture, prendre l’avion, chercher de bons rendements agricoles ou faire des enfants sont autant de péchés capitaux. Entre consommation destructrice et mortification vertueuse, demeure-t-il une voie où puissent s’articuler réalisation personnelle et sens de la communauté ? Une voie qui ne ressemble pas à un suicide collectif pour sauver une humanité qui n’en demande pas tant ?

Cancel culture

Dans ce contexte, les vieux posent problème. Pas seulement parce qu’ils sont improductifs, mais aussi parce qu’ils gardent la mémoire et les réflexes d’autres époques où l’on pensait et se comportait différemment. L’effacement docile auquel on les invite (et auquel beaucoup semblent être prêts à céder) n’est ni plus ni moins qu’une annulation en bonne et due forme, un procès et une condamnation qui ne disent pas leur nom, et surtout le préalable à une table rase dont personne ne parle ouvertement et qui pourtant avance ses pions tous les jours par le biais de l’intelligence artificielle et du transhumanisme. Les vieux et leurs idées rances, leur argent liquide, leur maladresse vis-à-vis des outils numériques et leur goût pour le contact humain, font obstacle à la marche du nouveau monde. Il serait bon qu’ils disparaissent, qu’ils laissent la place, de leur plein gré, de leur propre mouvement.

Les pensions de retraites seront revalorisées de 5,2 % le 1er janvier 2024

Ce qui surprend un peu dans cette situation, c’est la facilité avec laquelle les personnes âgées et malades ont intégré cette vision portée sur elles. À l’heure des Prides en tout sens, il est certain qu’on ne verra pas nos aînés défiler dans les rues à l’occasion d’une Old Pride. On se demande même pourquoi le gouvernement vient d’annoncer la revalorisation de leur pension de retraite, de toute façon ils ne voteront jamais massivement pour Marine Le Pen ni pour Jean-Luc Mélenchon. Les vieux sont dociles, obéissants, civiques. Quand sera accompli le travail de propagande consistant à établir de manière définitive que tous les malheurs du monde sont dus au comportement égoïste, raciste et écocidaire des générations actuellement à la retraite, nul doute que par sens du devoir, ces dernières tireront leur révérence d’elles-mêmes. Peut-être lors de cérémonies de suicides citoyens, qui sait…

A lire aussi: Ne pas laisser la question de l’inceste entre les mains des moralistes

À moins que…

À moins que des individus arrivés au bout du chemin que la société (ou leur santé) leur prescrit décident de se révolter et, n’ayant plus rien à perdre, se lancent dans des actions spectaculaires pour secouer le cocotier de la moraline contemporaine. On imagine assez bien un Jean-Paul Brighelli troquer sa plume et son clavier contre un cocktail Molotov ou une carabine à l’annonce d’un cancer incurable, faisant ainsi évoluer son combat contre l’effondrement ambiant par d’autres moyens. C’est d’ailleurs ce qu’a dû imaginer le gouvernement en lançant sa grande campagne de collecte d’armes clandestines à la fin de l’année dernière. On ne sait jamais, des fois que les caves vieux se rebiffent…

Une bonne mort

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Crise de nerfs au camp du bien

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Jocelyn Dessigny, député RN de la 5ᵉ circonscription de l'Aisne. D.R.

Trois personnages de gauche en quête de hauteur


Le progressisme contemporain, c’est peut-être Montaigne qui en parle le mieux. Tania de Montaigne bien sûr, cette ancienne animatrice de Canal Plus, devenue romancière, dont le dernier livre, Sensibilités (Grasset), brocarde l’autocensure en train de s’imposer dans le milieu de l’édition au motif de “ne pas blesser” les minorités… et donc de les infantiliser. « Il y a un kidnapping du spectaculaire aux dépens de la pensée », déplorait-elle, lucide, hier dans Libération, alors qu’on l’interrogeait sur la gauche française.

Et la Palme du ridicule est attribuée à…

Reste à savoir qui sont les kidpappeurs d’intelligence. À La France insoumise, il ne faut pas chercher longtemps pour les trouver. Prenez Sophia Chirikou par exemple. Le 21 septembre, sur Facebook, la députée LFI nous a fait une crise d’ado en comparant carrément Fabien Roussel au pro-nazi Jacques Doriot ! Une agit-prop de niveau collège aussitôt relayée sur les réseaux sociaux par son comparse Jean Luc-Mélenchon. Tout cela pour punir le secrétaire national du PCF d’avoir osé, quelques jours plus tôt sur France Info, critiquer un slogan, non moins puéril, de l’extrême gauche factieuse: “tout le monde déteste la police”. 

À lire aussi, Elisabeth Lévy: A gauche, la défaite en chantant

Et puis le kidnapping de l’intelligence a continué le jour de ladite manifestation, samedi dernier. Cette fois, c’est Sandrine Rousseau qui a agi seule, sur Twitter/X, en accusant un agent des forces de l’ordre, qui patrouillait non loin du cortège, de comportement « inadmissible ». Qu’avait donc fait le policier pour mériter un tel courroux ? Juste son métier. Afin de calmer un black bloc qui tentait de défoncer sa voiture de service à coup de barre de fer, le gardien de la paix a dégainé son arme, avec sang-froid et sans tirer bien sûr. Un geste parfaitement justifié et maîtrisé, comme en attestent les diverses vidéos des “street reporters” qui ont vite tourné en boucle sur la toile. Cela n’empêchera pas la députée de réitérer le lendemain sur LCI ses cris d’orfraie.

« Travail famille patrie » contre goulag macroniste

Dernier kidnapping de l’intelligence en date, pas plus tard qu’avant-hier. Dans un tweet effarouché, Olivier Véran a accusé le député RN Jocelyn Dessigny de cacher « sous le vernis, le rance », comprenez la phallocratie, le repli sur soi, le pétainisme. Le malheureux élu mariniste avait pourtant rappelé une évidence: « Si elles le souhaitent », venait-il de déclarer à l’Assemblée nationale, « il vaut mieux que les mères au foyer “s’occupent de leurs enfants“ », plutôt que de faire des heures obligatoires afin d’avoir droit au RSA. Sans doute l’expression “mère au foyer” aura-t-elle suffi à déclencher chez le porte-parole du gouvernement ce réflexe pavlovien classique qui fait voir à certains la bête immonde là où il n’y a que du bon sens.

À lire ensuite, Ivan Rioufol: L’humain, cet encombrant qui irrite la pensée «progressiste»

On n’a certes pas attendu 2023 pour assister à gauche à un festival de la bêtise et de l’outrance. N’oublions pas que l’an dernier à la même période, Mme Obono lançait « mangez vos morts » à « ceux qui instrumentalisent la lutte des femmes en Iran »… Reconnaissons cependant que nous avons en cette rentrée un cru exceptionnel ! Comment expliquer que le camp du bien soit devenu à ce point une caricature de lui-même ?

Tentons une hypothèse: Marine Le Pen n’a jamais été aussi lisse, aussi calme, aussi silencieuse. Alors que l’actualité lui offrirait chaque jour l’occasion de s’époumoner, par exemple sur l’abaya, Lampedusa ou le non-lieu dans l’affaire Adama Traoré, pas la moindre petite phrase, pas un mot plus haut que l’autre, aucune récupération. Bref plus rien pour mettre en branle une gauche dont la seule raison d’exister est de faire barrage aux dérapages. Tels des acteurs de Hollywood privés de contrats par la grève des scénaristes, les ténors de la bien-pensance n’ont dès lors d’autre choix que de faire leurs échauffements de voix sur de vieilles partitions. Or, si le timbre porte toujours autant, le spectacle, lui, est devenu un théâtre de l’absurde.

Sensibilités: Roman

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Elisabeth Lévy : « Ne pas travailler est un choix parfaitement respectable, mais qui a un prix »

Retrouvez notre directrice de la rédaction dans la matinale de Sud Radio du lundi au jeudi, à partir de 8h10

Le migrant, citoyen du monde

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Marseille, 23 septembre 2023 © Grzegorz Galazka/SIPA

La charité radicale du pape est également théologiquement irresponsable, avancent certains.


Le problème migratoire restera le grand combat du pontificat du pape François. Lors de son voyage de décembre 2021, à Nicosie, le pape appelait de ses vœux, devant les migrants,  « une humanité sans murs de séparation avec, non plus des étrangers, mais seulement des citoyens ». Et le pape de ramener, derechef, dans son avion, 50 citoyens du monde. Au bout des cinq voyages qui ont suivi (Lampedusa, Grèce, Lesbos, Égypte, Maroc) jusqu’à celui de Marseille, le message papal n’a pas changé sur l’accueil inconditionnel de l’étranger. Pourquoi ce message, inspiré, apparemment, par une charité radicale, a-t-il paru à beaucoup irresponsable ? Pour une raison théologique. 

Le Vieux continent mal en point

À la différence du pape Benoît XVI qui, mettant ses pas dans la Tradition, voyait, dans l’Europe, la brebis féconde de l’Évangile devenue inféconde, grasse devenue maigre, mal en point qu’il fallait remettre sur ses pattes, mais infiniment riche de son passé et de sa filiation, le pape François, faisant fi de l’Histoire, voit dans l’Europe une « vieille femme stérile » dont on ne peut plus rien attendre. L’Europe, pour lui, c’est fini, et le christianisme doit prendre un départ, à frais nouveaux, dans un nouveau monde régénéré par les migrations. C’est ainsi que le Migrant, comme en témoigne le monument de la place Saint-Pierre, devient la figure christique d’une nouvelle Église. Dès lors, est-ce exagéré de percevoir dans la pensée bergoglienne une filiation avec la pensée de Joachim de Flore, père spirituel de François d’Assise, et auteur d’un livre dont la théorie des âges, très inspirante, a fait florès à travers les siècles jusqu’à nous ?

A lire aussi, Gabriel Robin: Un Pape qui parle comme Mélenchon…

Ce moine calabrais du XIIème siècle, prophète pour les uns (Dante), hérétique pour d’autres, pensait que l’histoire de l’Église correspondait à une structure ternaire de la Trinité. Après le temps du Père et de sa loi dure, venait le temps du Fils plus tempérée. Puis le temps de l’Église : l’Église spirituelle, enivrant les cœurs d’amour, où la liberté remplaçait la loi, et qui voyait la réconciliation entre Orient et Occident, Juifs et chrétiens. C’est ainsi que, par l’entremise d’une partie du mouvement franciscain qui se croyait « la nouvelle Vraie Église spirituelle » opposée à la papauté mondaine, l’idée de l’ère nouvelle d’un « Évangile éternel » provoqua des débats théologiques considérables : une division ternaire de l’Histoire n’existant pas puisque c’est toute l’Histoire qui est le temps du Dieu trinitaire. « L’hérésie »  de Joachim de Flore prit fin, l’ordre de Flore disparut au XVIème siècle, mais pas son influence que l’on retrouva partout : chez Luther, Hegel, Michelet, Sand, Eliot, Huysmans, Bloy, Mircea Eliade. Et nul doute qu’à notre époque on ne trouve, dans l’Église, des traces nombreuses d’une gnose florienne. Sans la transcendance du Père, l’Église devient une ONG où la figure du Christ, devenue périphérique, s’efface devant celle du migrant. L’Esprit, porté par l’air du temps, se dissout dans l’horizontalité : égalitarisme, démocratisation, vivre ensemble, œcuménisme sans transcendance qui absorbe la Révélation.

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Vision miséricordieuse coupée des réalités

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » avait dit aussi le pape à Nicosie. Cette phrase ne veut pas dire grand-chose. Car il n’y a pas de civilisations sans murs ni frontières qui protègent et délimitent un espace de liberté. Sans murs ni frontières prospèrent violence et injustice— dont témoignent les réseaux de passeurs mafieux. Sans frontières l’Europe se déchire. Sans frontières les pays perdent leur âme. Dans son appel inconditionnel à l’accueil des migrants, le pape ne distingue pas la dignité imprescriptible de la personne, de la prise en considération du bien commun. Sa vision « miséricordieuse » coupée des réalités fait le jeu du mondialisme. « Que les blessés de la vie trouvent un port sûr dans votre regard, un encouragement dans votre étreinte, une caresse dans vos mains capables d’essuyer les larmes » a-t-il dit face à la mer. Ce propos sentimental a-t-il mis la larme à l’œil de la Bonne Mère ? Qui n’est pour une Méditerranée fraternelle ? Sauf qu’il ne s’agit pas, dans le phénomène migratoire qui touche la France et l’Europe, d’un « croisement tendre de regards dont la Bonne Mère serait la protagoniste », mais de prévenir un tsunami. Le droit à migrer est une chimère qui mène au chaos. D’autant plus que le pape François ne prend jamais en compte la religion des nouveaux arrivants, ce qui est préoccupant.

Un Pape qui parle comme Mélenchon…

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Marseille, 23 septembre 2023 © Alain Robert /Jacques wit/SIPA

La visite du Pape à Marseille nous a rappelé que politique et religion ont rarement fait bon ménage. La charité ne revient pas à s’oublier soi-même. Tout homme sauve son prochain en grande détresse, oui. Mais il ne l’installe pas pour autant ad vitam æternam chez lui, au risque d’y perdre sa maison et de mettre sa famille en danger.


La visite du Pape François à Marseille a d’abord suscité l’ire de l’extrême-gauche française, trop heureuse de pouvoir tirer sur Emmanuel Macron après que ce dernier a annoncé sa volonté de participer à une messe donnée par le Souverain pontife. Tous les anticléricaux, le plus souvent de posture, y sont allés de leurs commentaires outrés sur cette grave rupture entre l’État français et sa sacro-sainte laïcité de combat. Pourtant, on pouvait se douter que les jugements se raviseraient bien vite, tant le Pape François est aligné avec les positions les plus radicales de la gauche sans-frontiériste en matière de politique migratoire – et pas seulement, du reste.

L’immigration est une chance pour la France, c’est bien connu

Habité, fanatique et hémiplégique, François n’a pas eu de mots trop durs pour le pays qui l’accueillait et ses habitants. Profitant de l’appel d’air que lui offrait le récent débarquement de milliers de migrants sur la petite île italienne de Lampedusa, le Pape a multiplié les admonestations et les injonctions à l’endroit de ces Européens égoïstes qu’il méprise. Ainsi a-t-il affirmé que « des nationalismes archaïques et belliqueux veulent faire disparaître les rêves de la communauté des nations ». Il fallait évidemment entendre par là les nationalismes européens et non les impérialismes post-soviétiques ou sud-américains qu’il n’ose en revanche jamais publiquement tancer.

Le « nationalisme français », François lui a demandé de ne pas considérer ceux qui se « réfugient chez lui » comme un fardeau à porter mais comme une chance. Une chance pour notre ruralité d’ailleurs, puisqu’il a affirmé dans l’avion qui le ramenait au Vatican que « certains petits villages sont vides, n’y subsistant qu’une vingtaine d’anciens » et qu’il fallait « qu’ils fassent des efforts pour accueillir des migrants qui représentent de la main d’œuvre ». Que n’y avons-nous point pensé avant ! Biblique : des hommes dans la force de l’âge qui ont tout fait pour échapper à la vie agraire chez eux rêvent de s’enfermer dans des petits villages sans activité économique…

À Rome, fais comme les Romains

Estimant « marquer l’histoire » par son discours, le Pape n’a pas eu une once de considération pour l’Europe, ni même de bon sens élémentaire. Cet humanisme chrétien absolu qu’il prône est contraire à l’harmonie, reproduisant les ingrédients qui ont conduit au fameux épisode biblique de la Tour de Babel. Le Pape a le droit d’exprimer une opinion politique, il ne lui est toutefois pas interdit de réfléchir. Pis encore, ne se contentant pas de la question migratoire, François s’est directement attaqué aux politiques d’intégration françaises : « Le modèle d’assimilation français ne tient pas compte des différences et reste rigide dans ses paradigmes, fait prévaloir l’idée sur la réalité et compromet l’avenir en augmentant la distance et la ghettoïsation, provoquant hostilité et intolérance ».

A lire aussi: Une solution simple et consensuelle: les migrants au Vatican

S’il y a du vrai sur l’assimilation, qui ne saurait être une politique massive mais bien une démarche individuelle de l’immigré qui en fait le choix, on se demande bien comment le Pape se permet une telle sortie. Fallait-il lui envoyer un Guillaume de Nogaret pour l’enfermer à double tour à Avignon après l’avoir soufflé ? Benoît XVI, son prédécesseur, n’avait pas reproché aux Européens leur manque d’humanité, ni sous-entendu que ces derniers laissaient les migrants se noyer en Mer méditerranée – ce qui est un mensonge patenté. Il avait, tout au contraire, indiqué que si toute personne détient « le droit à immigrer », les États n’en ont pas moins de leur côté « le droit de réglementer les flux migratoires et de défendre leurs frontières ». Il ajoutait même, à rebours de notre théologien de la libération, que les immigrés ont « le devoir de s’intégrer dans le pays d’accueil, en respectant ses lois et l’identité nationale ».

Rendre à César ce qui est à César

L’Autrichien était moins populaire auprès des non-catholiques que ne l’est l’Argentin, mais il avait le mérite d’être un véritable humaniste et non un révolutionnaire. Contrairement à toute l’extrême gauche française, qui de Houria Bouteldja en passant par Cédric Herrou a manifesté sa joie, je ne vais pas me lancer ici dans une exégèse sophistiquée de l’Évangile ou du Dogme pour dire qui de François ou d’autres ont raison, ni même ergoter sur l’infaillibilité papale. Cet épisode rappellera justement à ceux qui en doutaient que politique et religion ont rarement fait bon ménage, surtout sous nos latitudes hexagonales. Le Pape a d’ailleurs une dent contre les Français, tous les Français, qu’il assimile soit à des jouisseurs post-modernes déchristianisés, soit, quand ils sont encore catholiques pratiquants, à des traditionnalistes plus attachés à la lettre qu’à l’esprit du christianisme dont il croit être le plus parfait représentant, saint déjà auréolé. Son discours est dangereux car il encourage les Africains à migrer mais aussi à nous haïr.

Sous le modeste perce donc l’immodestie. Sous l’humaniste, un fond d’inhumanité. Car, qui peut aujourd’hui en conscience estimer que les grandes migrations du temps sont une chance pour l’Europe ou l’Afrique ? Qui peut considérer que la démographie sahélienne est un atout pour l’humanité ? Croissez et multipliez ? Certes, mais pas inconsciemment. Au fond, la pensée papale est nihiliste. Il fait des civilisations et des nations des variables d’ajustement du projet de Cité de Dieu augustinienne, comme si le salut des âmes valait bien le sacrifice des lents et patients travaux des hommes. Son inspirateur n’est autre que Carlos Maria Martini, jésuite italien, cardinal et archevêque de Milan mort en 2012. Un millénariste aveuglé par l’eschatologie testamentaire pour qui l’immigration était « une opportunité historique pour l’avenir de l’Europe… un grand appel de la Providence pour un nouveau mode de vie ». Les habitants de la Porte de la Chapelle se réjouissent sûrement de cette « providence », ainsi que le contribuable français…

Comme si souffrir et porter le « fardeau » était obligatoire. La charité ne revient pourtant pas à s’oublier soi-même. Tout homme sauvera son prochain en grande détresse. Il ne l’installera pas pour autant ad vitam aeternam chez lui, au risque d’y perdre sa maison et de mettre sa famille en danger. Si le Pape a donc tout loisir de rappeler aux catholiques leurs devoirs de chrétiens, les Français se passeront de ses conseils.

Costumez-vous!

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Le farceur Fred Beyer s'introduit avec un costume en sac-poubelle lors de la Fashion week de New-York et est poussé hors de la scène par un vigile. DR.

À force de « casser les codes », la Fashion week ne distingue plus le vrai du faux.


La New York Fashion Week, où des mannequins défilent dans des tenues extravagantes, fut le témoin d’une perturbation comique début septembre, lorsqu’un individu torse-nu, revêtu d’une cape de plastique transparent, d’un bonnet de douche rose, d’un short de bain et de baskets blanches, a défilé sous les applaudissements nourris du public. Simplement, ce mannequin presque parfait n’était pas prévu à l’affiche.

2.6 millions de vues sur Instagram

À la fin de son défilé sur le podium, il est violemment agrippé par un vigile et éjecté de la scène sous les regards surpris des spectateurs, qui paraissent pourtant apprécier sa tenue.

Mais qui est donc cet imposteur sympathique ? Eh bien, il s’agit d’un jeune youtubeur américain, Fred Beyer, véritable farceur, qui poste des vidéos de lui provoquant des situations gênantes.

A lire aussi: Trahi par le bruit

Ce dernier a donc décidé de s’infiltrer dans le Fashion Week de New York pour faire le buzz : « Vous suivez un groupe et vous y êtes » s’est-il vanté dans une interview. Malgré les doutes de deux créateurs du défilé, Fred réussit à s’introduire sur le podium, en promettant à une vigile du défilé « que si elle fermait les yeux, je lui donnerais mon numéro, et nous avons maintenant un rendez-vous prévu ce lundi ». Le tour était joué et le succès assuré : la vidéo de son défilé a fait 2.6 millions de vues sur Instagram.

Plus c’est gros…

De telles scènes sont fréquentes lors de ces défilés de mode. En mars 2022 par exemple, la youtubeuse anglaise Ellie Mary s’introduisait sans difficultés sur le podium de la Fashion Week de Londres revêtue d’un sac-poubelle noir en guise de robe. C’est dire l’absence d’une quelconque recherche de beauté dans ces évènements : plus c’est gros, plus ça passe. Fin août, la Fashion Week de Copenhague, au Danemark, se félicitait d’exposer des vêtements en matière recyclée : qu’ils soient difformes ou bas de gamme, peu importe : il faut casser les codes pour être dans « l’ère du temps ». C’est la vérité que Fred Beyer a de nouveau démontrée cette année.

Samuel Fitoussi à France Inter: fallait pas l’inviter…

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L'essayiste Samuel Fitoussi. Image : DR.

Samuel Fitoussi publie Woke Fiction, comment l’idéologie change nos films et nos séries, Éditions du Cherche Midi. Il était invité à débattre par la bande d’amazones de Maia Mazaurette, l’après-midi sur France inter. Le wokisme de « Jusqu’ici tout va bien » va nous faire regretter le gauchisme de Charline Vanhoenacker, déprogrammé de la station.


Léa Salamé profite de toutes les occasions pour proclamer que France Inter n’est pas de gauche. Recevant Samuel Fitoussi pour la parution de son livre Woke Fiction, des journalistes de la station ont proclamé, elles, que le wokisme n’existe pas – avec des arguments tellement lourdingues, qu’à la fin il a bien fallu nous rendre à l’évidence : non seulement France Inter est bien de gauche, mais de plus elle baigne totalement dans l’idéologie woke…

On se dit qu’on a tout dit chez Causeur sur la radio publique. Qu’on ne veut pas en rajouter. Alors, on s’éloigne des rivages de la radio france-intérienne pour naviguer sur internet à la recherche d’un nouveau butin, une ânerie, une imbécillité, une crétinerie politico-médiatique de belle taille comme notre époque sait en concocter. Sur les réseaux sociaux et les sites d’actualité, on cabote gentiment entre les extravagances de Dame Rousseau et les outrances des députés de LFI sans s’arrêter, ces poissons-là sont trop prévisibles et excessifs, ils perdent chaque jour de leur valeur marchande et polémique. On s’apprête à jeter l’ancre et à se reposer un peu lorsque soudain on tombe par hasard sur LA perle rare. De la bêtise pure et nacrée de sombre idéologie et de méchanceté niaiseuse, extraite, non pas d’une huître, mais d’un trio de crustacés radiophoniques…


Nous reconnaissons immédiatement l’endroit où nous avons déniché ce trésor, cette bêtise au carré, cette sournoiserie au cube, cet éclatant manque de subtilité et d’intelligence ! Malgré nous, malgré notre remarque liminaire, notre flânerie sur la toile nous a irrémédiablement ramenés au port d’attache du wokisme, dans le berceau du progressisme et de la gauche médiatique intolérante, nous avons nommé la station de radio… France Inter.

Dévotion woke

Lors de l’émission “Jusqu’ici tout va bien”, Marie Misset, Maïa Mazaurette et Marine Baousson ont reçu, baïonnette au fusil, le journaliste Samuel Fitoussi pour son dernier livre traitant de l’idéologie woke dans les films et les séries (1). Chacune à leur tour, ces dames vont lâcher ce qu’elles croient être du venin mais se rapproche plutôt du crachouillis. Le livre ne leur a pas plu, c’est évident et sans surprise. Mais, pour défendre leurs points de vue, ces journalistes radiofrancisées dans l’âme et confites en dévotion woke, vont se livrer à un incroyable exercice de lancer d’enclumes verbales, d’indigentes philippiques reposant sur une argumentation souffreteuse et, disons-le carrément, complètement à l’ouest.

A lire aussi: Médine, l’islamisme à peine voilé

Premier « argument », celui de Mme Misset : le wokisme dans le cinéma français ça n’existe pas. La preuve : le premier producteur de films et de séries, c’est Canal +, propriété de Vincent Bolloré qu’on ne peut pas accuser de wokisme. Mme Misset semble ignorer que Canal + a pour obligation contractuelle, depuis sa création, de subventionner le cinéma français. Vincent Bolloré débourse par conséquent chaque année des centaines de millions d’euros pour que soient réalisés des films sur lesquels il n’a aucun pouvoir – mais qui sont souvent, en revanche, aidés également par le CNC qui a, lui, la possibilité de financer les films qui correspondent le plus à son idéologie progressiste, immigrationniste ou woke. Ces films sont si wokes et si politiquement corrects, qu’ils font le plus souvent des bides retentissants. À ce propos, la Cour des comptes a récemment rendu un rapport concernant l’utilisation de l’argent public par le CNC. Trop d’aides et, surtout, trop d’aides à « trop de films ne rencontrant pas leur public », a élégamment conclu Pierre Moscovici. Un tiers des films français réunit moins de 20 000 spectateurs et seulement 2% des productions soutenues par l’avance sur recettes du CNC sont rentabilisées en salle – la propagande est à ce prix !

Après que Samuel Fitoussi a rappelé la décision de la direction des Oscars de ne sélectionner que des films respectant des critères « inclusifs » de représentation identitaire (ethnique, raciale, LGBtiste, de genre, etc.), Mme Mazaurette va remporter haut la main la Palme d’or de l’argumentation la plus sotte. Remercions la technique moderne permettant d’entendre et de voir ce genre de phénomènes. Car Mme Mazaurette, visible donc sur YouTube, est synchrone : ses mimiques et ses grimaces de petite fille contrariée par tant de méchanceté réac sont à la hauteur des âneries stratosphériques qu’elle crachote : « Mais en fait y’ a plein de lois qui régissent le cinéma en général, pourquoi est-ce que celles-là elles vous dérangent en particulier… parce qu’il y a aussi des horaires qu’il faut respecter, il y a aussi un classement, ça a toujours existé depuis très longtemps, qu’est-ce qui vous dérange dans l’inclusivité ? [Samuel Fitoussi tente de répondre et est immédiatement interrompu] Et vous trouvez ça pas génial, de se dire “ça va être super, je vais voir un film et il va y avoir des gens de toutes les couleurs qui ressemblent à plein de gens, de nouvelles histoires qui vont me donner de l’empathie pour des gens dans les bottes desquelles j’ai parfois du mal à me mettre” ? » Et le SIC d’or est attribué à Maïa Mazaurette – laquelle ferait mieux de continuer de s’occuper de son sujet de prédilection, à savoir les fluctuations de la fesse, sujet qui dispense de posséder des capacités intellectuelles supérieures, ou même moyennes, et qui permet à n’importe quel journaliste avec le QI d’une moule de faire son trou dans les médias.

Cassez les codes avec France inter

Samuel Fitoussi ayant osé glisser, dans la longue liste de mots composant la novlangue qui structure les discours militants woke, celui d’intersectionnalité, l’humoriste (souvent involontaire) de l’émission, Mme Baousson, en appelle à la science : « C’est une notion, l’intersectionnalité, c’est pas du militantisme, c’est un outil scientifique. » Mme Misset, tenant vraisemblablement à ce que sa comparse ne soit pas la seule à dire des inepties, ajoute que oui, peut-être que le wokisme existe dans les films, mais que c’est « en réaction à un monde hétéronormatif, en réaction à une production cinématographique qui pendant des décennies a été principalement blanche. » On comprend mieux pourquoi ces dames n’ont guère apprécié le livre de Samuel Fitoussi : elles ont gobé entièrement l’idéologie woke, leur façon de penser le monde est woke, leur vocabulaire est woke, l’idée qu’elles se font des relations entre les hommes et les femmes, les Blancs et les « racisés », les maigres et les gros, les hétéros et les homos, est woke – elles respirent le wokisme, elles transpirent le wokisme, elles sont ce qu’elles dénoncent en parlant du travail de Fitoussi, une caricature du wokisme.

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Pour finir de s’en persuader, il suffit de prendre connaissance de quelques sujets de l’émission quotidienne qu’elles co-animent et des personnalités invitées pour débattre de ces sujets : Immigration, avec Constance Rivière, co-auteur (avec Pap Ndiaye) du très racialiste Rapport sur la diversité à l’Opéra et successeur (de Pap Ndiaye) à la direction du Musée national de l’histoire de l’immigration – Écologie, avec Cédric Villani, membre du mouvement Écologie Démocratie Solidarité qui, pour protester contre un projet d’autoroute, n’a pas hésité à faire « la grimpette sur un arbre en face du ministère de la Transition écologique » – Écologie, encore, avec le philosophe Dominique Bourg, président de la fondation Nicolas-Hulot jusqu’en 2018, adepte de la « décroissance économique » et auteur d’un « journal éco-philosophique pour mieux cerner les contours d’une société écologique impensable en dehors d’une bascule de civilisation » – Écologie, toujours, avec le cinéaste Just Philippot pour son dernier film, “Acide”, décrivant « des précipitations corrosives générées par l’émission de polluants et s’abattant sur Terre comme l’apocalypse », et ayant reçu le prix Ecoprod récompensant les films « produits de manière écoresponsable » – Sexisme, avec Rose Lamy qui est « connue pour son analyse du discours sexiste dans les médias » et qui « casse le mythe du bon père de famille » dans son dernier livre en affirmant que « tous les hommes bénéficient d’un système ou d’une ambiance ou d’un climat qui tolèrent ou excusent les violences sexistes ». – Écologie (on n’en sort pas), avec le philosophe Gaspard Koenig et deux étudiants en agronomie « éco-anxieux » – Grossophobie, avec Aline Thomas qui « nous initie au terme de “grossophobie intériorisée ” » – Etc. Rappelons que cette propagande permanente de la bonne gauche écolo-woke est financée avec notre argent.

Il faut féliciter Samuel Fitoussi d’avoir su développer les arguments de son livre en conservant un calme olympien face à ces furies wokes. L’auteur de ces lignes appréciait déjà l’intelligence et l’ironie des chroniques de ce jeune journaliste dans Le Figaro. Après avoir vu et écouté cette émission dans laquelle ce dernier fut bien le seul à briller, il s’est naturellement précipité pour commander son essai sur le wokisme dans le cinéma. Car il affectionne tout particulièrement les ouvrages participant activement à une des plus grandes causes de notre époque, celle de… l’anti-wokisme. 

(1) Samuel Fitoussi, Woke Fiction, comment l’idéologie change nos films et nos séries, Éditions du Cherche Midi.

Voile: a-t-on le droit de dire «merde» au Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU?

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La championne américaine d'escrime Ibtihaj Muhammad n'apparait jamais sans son voile islamiste. Rio, 4 août 2016 © Andrew Medichini/AP/SIPA

Laïcité. La ministre des Sports a confirmé que les athlètes qui représenteront les couleurs de la France à Paris 2024 ne pourront pas concourir voilées. Malgré l’article 50 du CIO tout à fait explicite quant à l’interdiction formelle de manifester un soutien religieux sur un site olympique, le voile islamique est présenté par beaucoup de pays et de militants comme un accoutrement culturel et pas comme un signe distinctif cultuel… Selon Céline Pina, la position de l’ONU sur la question du hijab promeut bien l’asservissement des femmes au nom de la religion.


« De manière générale, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme estime que personne ne devrait imposer à une femme ce qu’elle doit porter ou non », a déclaré la porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Marta Hurtado, en réponse à une question lors du point de presse régulier de l’ONU à Genève. Si vous pensez que le Haut-commissariat aux droits de l’homme fait cette sortie en soutien aux courageuses Iraniennes qui se font tuer, violenter et violer parce qu’elles refusent de porter cet objet d’oppression qu’est le voile, vous avez tout faux ! Si Marta Hurtado a sorti grandes orgues et violons, ce n’est pas pour défendre la liberté et l’égalité des femmes, c’est pour tenir la main de leurs bourreaux et les aider à mieux les ensevelir sous le hijab. En effet, si l’ONU se laisse pousser le courage, ce n’est pas pour s’en prendre aux mollahs, mais pour attaquer la France. Notre crime : avoir interdit aux athlètes françaises de porter le voile islamique aux Jeux Olympiques en France.


Le haut-commissariat aux droits de l’homme reprend les éléments de langage des islamistes

Pour cela, la porte-parole du Haut-Commissariat reprend les éléments de langage des islamistes canal Frères musulmans et présente donc un asservissement réel comme une liberté : celle de s’habiller comme on le veut. Sauf qu’un uniforme/symbole comme le voile n’est pas un vêtement, c’est une marque de soumission et un message univoque adressé à l’extérieur.

Une femme peut avoir des raisons différentes de se voiler. La plupart du temps, conditionnement, obscurantisme et oppression sont à la base de ce soi-disant libre choix.

Mais quelles que soient ses motivations, le message que la femme envoie à l’extérieur est celui de son impureté (son corps est une provocation, elle est réduite à un sexe sur pattes) et de son statut d’inférieure.

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La multiplication des voiles est un marqueur de l’emprise islamiste et n’augure jamais rien de bon pour la liberté des femmes. Autre élément de réflexion : un vêtement ça se change, on peut un jour sortir en short, un jour en robe, le lendemain en jupe. Essayez donc de porter le voile quand cela vous chante, un jour sur deux, deux fois par semaine… Vous allez vite faire la différence entre une marque d’appartenance et de soumission à une idéologie religieuse et le port d’un simple vêtement.

Refuser l’égalité aux femmes au nom de la liberté religieuse

Avec le voile, il n’est pas question du choix vestimentaire des femmes mais bel et bien de mise en avant du refus de l’égalité à raison du sexe. Le voile est un manifeste sexiste. Il refuse que l’égalité puisse être à la base d’un contrat social. Sexisme et racisme partagent la même logique et lorsque l’on accepte l’un, on finit à terme par accepter l’autre. Or si la Seconde guerre mondiale a basculé dans la barbarie et le crime contre l’humanité, c’est bien parce qu’elle refusait de reconnaitre que les êtres humains avaient en partage la même dignité. Aujourd’hui l’ONU affirme donc que l’on peut refuser l’égalité aux femmes si on le fait au nom de la liberté religieuse.

La position de la Haut-commissaire est donc soit stupide, soit entachée d’inculture, soit cynique. Le cumul des trois n’étant pas incompatible pour une institution qui a nommé en 2015 l’ambassadeur de l’Arabie saoudite à la tête du panel du Conseil des droits de l’homme (chargé de nommer les experts destinés à instruire les atteintes constatées aux droits de l’homme dans le monde). Cette année-là, en plus du statut d’éternelles mineures dévolu aux femmes qui est la base de sa vision du monde, l’état wahhabite avait décapité ou pendu au moins 80 personnes.

Enfin et surtout, l’instance internationale montre qu’en cas de conflit de valeur, elle choisit toujours le camp du plus fort, ici celui de l’oppresseur. Dans le cas qui nous occupe où il y a une tension entre l’égalité (et la liberté) des femmes et la « liberté » religieuse, elle choisit de ne pas défendre les droits attachés à la liberté individuelle pour renforcer les théocraties et la violence dogmatique. Or, porter le voile n’est pas le marqueur de l’exercice d’une liberté. C’est le renoncement au libre arbitre pour la soumission à l’orthopraxie, une conduite conforme au rite. Alors que les droits de l’homme sont là pour garantir un socle minimal de droits aux individus, le Haut-commissariat, en faisant passer la liberté religieuse avant la liberté et l’égalité des femmes, trahit sa mission. Le pire est qu’il se met ainsi au service de l’asservissement en invoquant la liberté.

Quand l’ONU finit par cautionner l’oppression

L’ONU est décidément un « machin » de plus en plus contestable et ridicule quand elle se mêle d’édification morale alors qu’elle n’a ni les moyens, ni l’intelligence nécessaire pour tenir lieu de repère dans un monde en décomposition. Elle est ivre d’elle-même et s’exalte de ses principes mais elle les piétine souvent par pure bêtise et médiocrité.

Le discours sur la liberté religieuse, qui masque en fait le soutien porté à une seule religion, est étrange tant le statut de la femme dans les pays où règne l’islam est incompatible avec la notion d’égalité entre les êtres humains. Mais cela n’interpelle pas l’ONU qui se moque éperdument qu’au nom de leur infériorité et de leur impureté intrinsèques, les femmes sous le joug islamiste puissent être vendues petites filles à des hommes âgées, n’aient pas le droit de sortir sans être accompagnées d’un homme, de faire des études ou d’exercer un métier. Dans le meilleur des cas, sous le joug islamique, les femmes voient leur parole être estimée à la moitié de celle d’un homme, comme leur part d’héritage. Mais joug islamiste ou islamique, la femme ne jouit pas des mêmes droits ni libertés que les hommes et cela à raison de son sexe. La culture musulmane est sexiste et ce sexisme se traduit dans la loi. C’est là qu’il y a conflit de valeur et incompatibilité entre la culture française et la culture musulmane. On peut penser que toutes les cultures se valent et qu’elles ont toutes leurs logiques, on peut penser aussi que des cultures qui reconnaissent l’égalité en droit et le traduisent dans leur contrat social sont plus épanouissantes que celles qui traitent une partie de leur population en inférieure. On peut penser aussi que certains musulmans viennent chercher en France ces libertés, cette égalité et ce libre arbitre qui n’est pas au cœur de leur société politique et viennent aussi chercher chez nous une autre façon de concevoir la citoyenneté et la place du religieux.

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Chez nous, l’accès à la citoyenneté se fait par la reconnaissance de l’égalité en droit. Cette notion n’existe pas, encore aujourd’hui, dans la société politique musulmane. Le voile est le symbole de ce refus de l’égalité et de la fierté qu’ont certaines cultures à mépriser les femmes et à ériger le sexisme en norme cultuelle et culturelle. Ce sont ces sociétés-là qui sont aussi souvent les plus racistes. Ce qui est logique : quand on refuse l’égalité à raison du sexe, pourquoi s’arrêter là ? En général on la refuse aussi à raison de la religion (ainsi dans les pays musulmans, les pratiquants d’autres religions doivent payer un tribut pour vivre dans une terre où l’islam est religion d’état, on appelle cela la dhimmisation).

Quand l’ONU défend le refus d’accorder l’égalité aux femmes

On est là en présence de faits matériels, connus, renseignés. Dans un cas flagrant où la dignité humaine est niée. Le voile est un outil sexiste, il n’a pas à être défendu au nom des droits de l’homme, sinon autant défendre le port des chaînes et l’esclavage au nom du droit des Etats à améliorer leur situation économique.

Ce qui est choquant, c’est que l’ONU est née en réaction à la deuxième guerre mondiale, en réaction aussi à l’horreur de la Shoah et des camps de concentration. Elle est une tentative d’empêcher qu’à nouveau on conteste aux êtres humains le fait d’être égaux en droit, que ce soit au nom du sexe, de la couleur de peau, du statut social, de la pratique religieuse ou de son absence… Là est le cœur de la légitimité de l’ONU et du haut-commissariat aux droits de l’homme.

Et on arrive à cette situation ridicule où une démocratie comme la France, attachée à l’égalité des êtres humains, devrait donc rendre des comptes car une religion réclame de pouvoir traiter les femmes en inférieures sur son propre sol ?

L’ONU se prend les pieds dans le tapis de son incohérence

Et l’histoire devient franchement ubuesque quand la pauvre porte-parole du Haut-commissariat en arrive à dire tout et son contraire dans cette conférence de presse.

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Ainsi elle rappelle que la Convention pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes fait obligation à toutes les parties – dans ce cas la France – de prendre « toutes les mesures appropriées nécessaires pour modifier tout modèle social ou culturel fondé sur l’idée d’infériorité ou de supériorité de l’un ou l’autre sexe ». Or c’est justement ce que fait la France en interdisant le hijab ! Elle est un des rares Etats à faire preuve de courage et de justesse en la matière, et l’ONU devrait plutôt la féliciter.

Mais, quand on a été capable de mettre des dirigeants aux mains dégoulinantes de sang à la tête d’une instance onusienne liée aux droits de l’homme, pourquoi ne pas prendre aussi la défense du sexisme et de l’asservissement de la femme… Surtout quand ceux qui promeuvent cette logique ont les poches qui débordent de billets et savent convertir l’opulence en influence. C’est ainsi que la France, qui défend l’égalité et la liberté des femmes est condamnée par l’ONU qui préfère, elle, défendre le droit de les traiter en impures et en inférieures en les voilant. Amis de la liberté et de l’égalité, choisissez votre camp !

Silence coupable

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