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Politis contre Céline Pina: quand le gauchisme est un sexisme

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Politis a trente ans mais n’a vraiment plus toutes ses dents ! Se situant à la gauche de la gauche, il a accompagné et nourri tous les gauchismes successifs. Avec frénésie. Et force vociférations contre les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire.

Le gauchisme étant devenu la maladie sénile du communisme, le journal fondé par Bernard Langlois a également été placé en soins palliatifs. Le prolétariat, possible et souhaité avenir de l’humanité, ayant déserté la scène, Politis s’est rabattu sur « le prolétariat d’origine étrangère » cher à Alain Badiou.

Il est allé sillonner les banlieues islamisées. C’est d’elles et d’elles seules avec leur religion proclamée religion des pauvres que ce journal espère le salut.

« Pina jouit »

Et c’est pourquoi il combat avec le zèle fanatique d’un Torquemada les islamophobes qu’il promet au bûcher. Sa dernière cible : Céline Pina. Cette militante républicaine, droite et courageuse, a pris la tête d’un combat contre la tenue à l’université Lyon-2 d’un colloque prétendument scientifique, consacré à l’islamophobie. Et elle a eu gain de cause en faisant annuler une réunion qui aurait été à sa place dans une mosquée salafiste.

A lire aussi: Le colloque sur « l’islamophobie » de l’université Lyon-2 n’aura pas lieu

Céline Pina s’en est à juste titre félicité. Politis ne pouvait laisser passer une telle offense. Et le journal a publié un article d’une grande violence pour la démolir. Ce qui est somme toute banal. Ce qui l’était moins, c’était le titre « Pina jouit » ! Oui « Pina jouit » !

Un directeur de la rédaction, celui de Politis, a signé ce texte. Un correcteur l’a corrigé. Un maquettiste l’a mis en page. Des journalistes l’ont vu. Et rien.

Le journal a remarqué que Céline Pina avait relevé la présence d’un fiché S parmi les « intellectuels » conviés au colloque de Lyon-2. Et il s’en gausse en indiquant que les pouvoirs publics fichent n’importe qui et n’importe comment. Avec Politis on a du Sartre, comme le disait Desproges de Minute : les mains sales et la nausée.

Wanted, Marine Le Pen a disparu

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Invitée de L’Emission politique, Marine Le Pen n’a pas semblé plus assurée hier soir que lors de son débat raté de la présidentielle


Marine Le Pen était l’invitée de L’Emission politique, hier soir. Elle était attendue puisque c’était sa première grande émission depuis le fameux débat du second tour de l’élection présidentielle. Mais plus encore, la première après le départ de son stratège Florian Philippot. C’est d’abord sur l’euro, point d’achoppement avec ce dernier, qu’elle a été interrogée par François Lenglet. C’est peu dire qu’elle n’a pas été plus convaincante que face à Emmanuel Macron.

L’euro, monnaie gênante et trébuchante

Cette fois, ce n’est pas la distinction entre monnaie unique et monnaie commune, insuffisamment maîtrisée, qui l’a fait trébucher, mais le nouveau calendrier du FN, faisant de la souveraineté monétaire un aboutissement et non plus un préalable, laissant même entendre qu’une sortie de l’euro n’était plus obligatoire si on arrivait à réformer la gestion de la monnaie. Marine Le Pen favorable à la perspective de « l’euro sympa », c’était effectivement nouveau, mais on n’y croyait guère, pas davantage qu’elle-même à ce moment-là, d’ailleurs. Marine Le Pen sait très bien, pour l’avoir dit elle-même pendant deux campagnes présidentielles, que la monnaie est d’abord un outil politique et que sa gestion constitue une arme pour faire plier ceux qui refusent de rentrer dans le rang. Qu’on en parle aux Grecs qui ont été menacés par Mario Draghi de voir leurs banques privées de liquidités au plus fort de la crise de 2015.

La présidente du FN a malgré tout lâché les véritables raisons de sa volte-face : les sondages et le marketing électoral, qu’elle a pourtant fustigés en fin d’émission, comme pour mieux se convaincre qu’elle n’y avait pas cédé elle-même.

Tout est à refaire

C’est ensuite Laurence Parisot qui est venu lui porter la contradiction sur le sujet du féminisme. C’est à ce moment-là que Marine Le Pen a été la plus à l’aise. Divine surprise pour la présidente du FN que cette invitée mystère : une ancienne présidente du Medef. Elle a ainsi pu développer la défense des petits et des sans-grades, au féminin. Un peu d’oxygène dans l’émission avant d’être confrontée à Gérald Darmanin qui lui a donné davantage de fil à retordre sur les questions fiscales.

Marine Le Pen ne semble pas avoir retrouvé la confiance et la sûreté qui étaient sa marque de fabrique il y a encore quelques mois. Le débat face à Emmanuel Macron pèse toujours et elle en est convenue elle-même, hier soir. Sa crédibilité en a souffert, en souffre toujours. Elle en paraît d’autant plus consciente que ce débat a été le point de départ du processus qui l’a amenée à se séparer de celui qui fut son stratège depuis 2009, pour se retrouver aujourd’hui isolée idéologiquement dans le parti qu’elle préside, et qui l’amène à dire et faire le contraire de ce qu’elle disait et faisait jusqu’au 3 mai dernier, sur les questions économiques.

Concurrents, un mot qui commence bien mal

Il ne sera pas facile de remonter la pente dans ces conditions, d’autant que Laurent Wauquiez vient aujourd’hui lui faire de la concurrence sur les questions identitaires, et que Florian Philippot développe sa petite entreprise, qu’on aurait tort de mésestimer. Invité la veille chez Zemmour et Naulleau, il a fait preuve d’une efficacité d’autant plus grande qu’il est, au contraire de son ex-candidate, en total accord avec lui-même. S’il continue d’être considéré comme un bon client dans les médias audiovisuels, son nouveau parti pourrait se développer plus vite qu’on ne l’aurait cru. D’autant plus que la prochaine échéance électorale est européenne… Les divorces sont surprenants. C’est parfois celui dont on croit qu’il va souffrir le plus qui, contre toute attente, se libère, laissant l’autre bien plus malheureux que prévu.

Retrouvez David Desgouilles sur son blog, Antidote

Le bruit de la douche

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Les Rien-pensants

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Merkel: achtung, la droite revient!


Outre l’opposition résolue des populistes de l’AfD, entrés en force au Bundestag, Merkel devra composer avec un Parti libéral devenu très eurosceptique. Ce n’est pas seulement la chancelière qui sort affaiblie du scrutin, c’est l’Europe idyllique du couple franco-allemand.


Recul de la CDU/CSU, débâcle du SPD, entrée en force de l’AfD (droite populiste et anti-immigration) au Bundestag, et renaissance des libéraux du FDP en version nationaliste et eurosceptique : telles sont les principales conséquences du scrutin législatif du 24 septembre en Allemagne. C’est une secousse, mettons, de force 5,5 sur l’échelle de Richter qui enregistre les effets de la tectonique politique chez notre voisin d’outre-Rhin : sans provoquer une crise de régime dramatique, elle ébranle sérieusement le système en place depuis l’unification du pays en 1991.

La merkelomania qui sévissait en Europe et même au-delà de notre continent parmi les élites politiques et médiatiques avait fini par imposer l’idée que la chancelière allait, une fois encore, recevoir de son peuple un mandat sans équivoque, un dernier paquet-cadeau électoral entouré d’une faveur faite de reconnaissance et d’affection pour « Mutti », la mère d’une nation prospère et apaisée.

A droite, à gauche, à droite…

Les observateurs un peu plus au fait des réalités pouvaient cependant constater que l’action d’Angela Merkel au cours de la dernière législature n’avait pas fait que des heureux : ses palinodies au moment de la crise de l’euro, en 2008-2009 – d’abord on essaie de pousser les Grecs dehors, puis on consent à les garder tout en les étranglant avec constance –, a créé un ressentiment chez les partisans d’un ordo-libéralisme sans concession, nombreux et puissants à droite et dans les cercles dirigeants de l’économie. Le FDP, devenu gardien sourcilleux des règles budgétaires de l’UE et de la zone euro, et partisan de l’expulsion des contrevenants, s’est refait une santé et réintègre le Parlement.

L’attitude tout aussi versatile de Merkel dans la crise migratoire de 2015 – frontières grandes ouvertes aux réfugiés, puis arrêt brusque de la Willkommenkultur (« bienvenue aux migrants » !) devant la montée de la protestation populaire incarnée par le mouvement Pegida – a laissé des traces et s’est traduite par la montée en flèche de l’AfD lors des dernières élections régionales, particulièrement à l’est du pays.

La question sociale, celle des travailleurs pauvres oubliés de la nouvelle donne instaurée par les réformes Schröder de la dernière décennie, n’a pas réussi à s’imposer dans le débat public à l’occasion de ces élections : d’après les sondages, 78 % des Allemands se considèrent « satisfaits de leur situation économique personnelle » ! Dur, dur pour une gauche sociale-démocrate en porte-à-faux, partie prenante de la coalition au pouvoir, mais qui a fait campagne avec Martin Schulz pour plus de justice sociale, et se trouve soumise à la surenchère gauchiste de Die Linke et des Verts. La crise du SPD, qui a choisi le retour à l’opposition après sa défaite historique du 24 septembre, ne fait que commencer : l’affrontement entre les partisans d’une « corbynisation » du parti, qui rêvent du virage gauchiste du Labour britannique, et ceux de la poursuite de la ligne modérée et réaliste de l’actuelle direction est programmé pour les prochains mois, avec le spectre d’une marginalisation à la grecque, ou à la française, du plus ancien parti social-démocrate d’Europe, voire du monde !

La Jamaïque de gouvernement

En attendant, il faut bien que la première puissance économique de l’UE se dote d’un gouvernement, et le verdict des urnes ne permet qu’une seule possibilité : en route pour la Jamaïque ! C’est ainsi que l’on nomme, outre-Rhin, la coalition rassemblant la CDU/CSU (les noirs), le FDP (les jaunes) et les écologistes (les verts). Pile la couleur du drapeau de la patrie de Bob Marley et d’Usain Bolt.

Nulle autre configuration n’est possible, car le SPD se retire, et Die Linke comme l’AfD sont encore jugés incompatibles avec une coalition à l’échelle fédérale, car sentant encore trop le soufre, stalinien pour les premiers, fascistoïde pour les seconds, même si leur reductio ad Hitlerum ne convient pas pour définir leur vraie nature politique.

La coalition jamaïcaine n’est pour l’instant aux manettes que dans le land de Sarre, l’un des plus petits et moins peuplés de la RFA, pour contrer l’influence locale, à gauche, des héritiers d’Oskar Lafontaine, premier frondeur anti-Schroeder et cofondateur de Die Linke avec les ex-communistes est-allemands. Son expérience, plutôt positive, ne préjuge en rien du succès d’une telle alliance à Berlin.

Pour durer, elle doit tenir compte du message électoral qui lui a été adressé

Les négociations entre les trois partis concernés seront longues et conflictuelles, car entre les Verts et le FDP existe un fossé idéologique aussi large que la vallée du Rhin dans son cours inférieur. Le FDP nouveau, qui se veut le parti de la grande entreprise, a très mal digéré le virage antinucléaire de Merkel. Il est partisan d’un deal avec Poutine, lui abandonnant la Crimée en échange de garanties d’approvisionnement énergétique pour l’Allemagne. Surtout, son jeune leader, Christian Lindner rejette fermement les propositions de Macron d’une organisation politique de la zone euro et de mise en place d’un budget d’investissement européen sous le contrôle d’un « ministre des Finances » responsable devant les instances européennes. Les Verts sont aux antipodes de ces positions et devront manger une bonne partie de leur chapeau de paille s’ils veulent s’asseoir à la table gouvernementale pour pousser quelques-unes de leurs obsessions écolo-gaucho. Lindner peut en effet compter sur le soutien de la CSU, la branche bavaroise de la démocratie chrétienne qui met au débit d’Angela Merkel le piètre résultat du parti en Bavière, où il descend, pour la première fois depuis 1945, en dessous de la barre des 50 %, ce qui augure mal du maintien de sa majorité absolue à Munich lors des élections régionales de l’an prochain.

Avec tout cela, Angela est dans la seringue. Pour durer, elle doit tenir compte du message électoral qui lui a été adressé sans détour : on ne te hait point et on ne voit, pour l’instant, personne d’autre pour te remplacer, mais finis les zigzags, la triangulation et autres lubies politiques postmodernes. On veut de l’Allemagne d’abord, de la solide défense de nos intérêts nationaux sans céder aux utopies des voisins (suivez mon regard vers l’Élysée), Habermas et le postnational, ce n’est pas notre verre de bière. On commence à spéculer, à Berlin, sur un scénario qui verrait Merkel conduire cahin-caha une coalition jamaïcaine pendant deux ans, avant de se retirer et provoquer de nouvelles élections avec un nouveau leader de la CDU/CSU, une sorte de Wauquiez germanique capable de ramener vers le parti le million d’électeurs qui l’ont quitté pour l’AfD. Dans l’Olympe de notre Jupiter national, ce n’est vraiment pas ce que l’on souhaitait. Le franco-allemand attendra.

Formation professionnelle: chômage de masse, solution de masse!

Jamais le chômage n’a été aussi élevé en France notamment. Les causes sont multiples. Mais tous les experts s’accordent sur un point : il n’y a pas d’adéquation entre l’offre et la demande sur le marché du travail. Des chômeurs cherchent, les entreprises cherchent. Et comme au théâtre, ils ne se rencontrent pas ! Pourquoi ?

Poser cette question c’est évoquer le problème de la formation professionnelle ! Et là aussi, les acteurs ne se rencontrent pas ! Les chômeurs font semblant de se former dans des secteurs qui ne les intéressent pas. Des stages ne trouvent pas preneurs. Et le nombre de demandes de formation augmente !

Les avantages du mix-pédagogique

On évoque des chiffres qui donnent le vertige : 600 000 personnes à former dit-on ! Donc pour une moyenne de 10 personnes par session, il faudrait créer 60 000 classes de formation avec chacune d’elles des milliers d’heures d’enseignement et… des formateurs ! Où trouver les locaux ? Les animateurs ? Les structures administratives et financières ? Tout cela est utopique.

Chômage de masse, solution de masse ! La solution existe en effet : c’est le mix-pédagogique qui intègre la formation à distance. Expliquons-nous : la seule méthode de masse doit intégrer l’enseignement à distance ouvert qui a le vent en poupe à travers le monde.

La formation des demandeurs d’emplois ne peut se défausser en organisant de manière non pensée des séminaires de quelques jours, voire quelques semaines. Cette formation représente souvent un recyclage, une refondation pédagogique impossible à assurer en présentiel exclusif. Seule la formation ouverte à distance peut relever ce défi.

Mais cette clé de voûte doit s’accompagner de compléments pédagogiques comme des regroupements en présentiel, des e-conférences, des forums, des relations permanentes en ligne avec les formateurs. C’est cela le mix-pédagogique qui permet de relier la solution de masse avec le suivi personnalisé de chaque formé.

La formation, l’école en moins

C’est cette solution de la contradiction pédagogique (entre formation de masse et suivi personnalisé) qui donne des résultats extraordinaires. Oui, formation de masse et suivi personnalisé sont conciliables grâce à ce mix-pédagogique. De surcroît, cette méthode satisfait beaucoup les formés, adultes pour la presque totalité des demandeurs de formation, sur le plan pédagogique (la formation à distance est un bras séculier qui balaye tout un pays, voire le monde) et sur le plan psychologique : les formés ne souhaitent pas « retourner à l’école » dont ils gardent souvent un mauvais souvenir ! Sans compter le temps et les coûts que représentent les déplacements.

« Chômage de masse, solution de masse » : la formation à distance répond positivement avec, de surcroît, la qualité et la souplesse des prestations. Le schéma « classe-professeurs-candidats » ne doit plus être la réponse unique et exclusive pour les demandeurs de formation trop souvent désignés comme « demandeurs d’emplois ». La formation professionnelle précède l’emploi.

Le schéma de la pédagogie en présentielle doit s’intégrer dans un projet plus vaste de formation ouverte à distance. Toutes les parties concernées (Etat, marché du travail, entreprises, candidats) sont toutes ensemble, gagnantes !

 

L’Algérie, ce pays gouverné par un « mort »

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Le président algérien n’est plus apte à diriger son pays: pour l’écrivain Karim Akouche, l’Algérie est, de fait, une nécrocratie. Lettre ouverte à Abdelaziz Bouteflika.


Allô ! Vous êtes encore là, M. Bouteflika ? Vous m’entendez ? Vous n’êtes pas sourd ? Vous respirez ? Vous êtes vivant ? Vous arrivez à remuer vos doigts ? Vous parlez ? Vous lisez les journaux ? Vous suivez l’actualité ? Vous mangez des dattes ? Vous buvez du lait caillé ? Vos méninges fonctionnent-elles ? Je vois défiler à l’écran toujours les mêmes et vieilles images. Dites-nous la vérité : faites-vous partie du monde d’ici ou êtes-vous depuis longtemps ailleurs ? Vous êtes insaisissable. Vous êtes un président-spectre. Vous avez le don de brouiller les pistes, de désavouer les prédictions des croque-morts. Vous êtes un peu fantôme, un peu épouvantail. Comment dirigez-vous les affaires du pays puisque vous ne rencontrez ni vos ministres ni le peuple ? Avez-vous une feuille de route ? Un programme ? Un plan d’investissement ? Ou un plan de sortie de crise maintenant que les couffins de l’État se vident, que le dinar ne vaut pas un pet de vache, que la planche à billets est mise en route ?

« Faites un geste ! »

Allô ! Dites quelque chose, M. Abdelaziz ! Il est si long votre mutisme qu’il alimente les soupçons. Chacun y va de sa satire. Êtes-vous un revenant ou un moribond qui refuse de partir ? Qui êtes-vous pour le Système ? Une roue de secours ou un radeau à la dérive ? Faites un geste ! Prévenez les garde-chiourmes. Égrenez un chapelet, récitez un verset, ébauchez un rictus, exécutez un bras d’honneur. Allez-y, ne vous gênez pas : insultez une énième fois la populace !

A lire aussi: L’Algérie schizophrène de l’écrivain Karim Akouche

Êtes-vous immortel, M. Bouteflika ? Un président à vie ? Un Duvalier arabe aux yeux verts, un Mugabe en djellaba, un peu comme le patriarche de Márquez, sans âge ni morphologie précise, faisant paître ses vaches dans un palais présidentiel traversé de multiples tempêtes ?

De vieux politiques meurent, d’autres plus jeunes arrivent, mais vous, indéboulonnable, vous êtes toujours là. Fidèle au poste. Depuis 55 ans, vous et votre clan, vous vous moquez des laissés-pour-compte. Vous en sucez la moelle. Vous en buvez le pétrole. Vous n’en êtes-vous pas assez repus ? Lâchez le squelette et laissez-en leur part aux pauvres.

« Votre haine des Kabyles vous survivra »

Vous ne gouvernez pas, vous bricolez des projets. Vous ne goudronnez pas les routes, vous en colmatez les nids-de-poule. Vous ne faites pas rêver les jeunes, vous les poussez au désespoir. Plus d’un milliard d’euros injectés dans la construction de la grande mosquée d’Alger. Rien pour l’Université, rien pour la Santé, rien pour l’Art, rien pour les Loisirs. Mais beaucoup pour la gabegie, l’armée, les orgies et la paresse. Beaucoup pour la barbe, beaucoup pour la matraque, beaucoup pour le rapiéçage et le folklore.

Que restera-t-il de votre règne quand vous ne serez plus de ce monde ? Un nuage de cendre, une clôture de barbelés, un nid de scorpions, des postillons, des pieds encrottés, des mains maculées de sang ? Votre haine des Kabyles vous survivra : « Je suis venu dégonfler votre ballon de baudruche ! » Votre brutalité contre les Mozabites, votre amnistie des terroristes et votre hologramme de petit Machiavel en fauteuil roulant habiteront longtemps les mémoires.

L’Algérie, une nécrocratie

Allô ! Vous êtes encore là, M. Bouteflika ? Toujours entouré de vos ouailles ? De votre frère, de votre horde de laquais et de majordomes ? Tous accrochés au trône, comme des puces à une bourrique en agonie !

Allô ! Que faites-vous de vos jours et nuits, M. Bouteflika ? Vous êtes-vous regardé dans la glace ? Vous n’êtes qu’un bout de chef, un roitelet en fin de règne. De grâce, ne mourez pas au trône ! Les vautours ont soif, les sangliers ont faim, les sauterelles sont en chaleur. Sortez par la porte ou la lucarne ou la cheminée car demain, si vous êtes encore là, vous risquerez de couler dans l’oued fangeux de l’histoire.

Vous avez fait de l’Algérie un amuse-galerie. Une république couscoussière. Une ratatouille explosive. Un mélange de stalinisme et de libéralisme sauvage, le tout cuit dans les lois d’Allah.

Bravo, M. Bouteflika ! Vous avez excellé dans l’absurde. Vous avez battu Kafka et Beckett. Vous avez fait de l’Algérie une nécrocratie, un étrange pays gouverné par un « mort ».

La religion de ma mère

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Comprendre l’islamisme (pour mieux le combattre) avec Taguieff

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Le philosophe Pierre-André Taguieff signe un ouvrage majeur pour nous sauver d’un XXIe siècle qui s’annonce très dangereux


Disons-le d’emblée : le nouveau livre de Pierre-André Taguieff L’islamisme et nous : penser l’ennemi imprévu (CNRS éditions, 2017) est un ouvrage majeur pour nous sauver, en tant que nation et civilisation, d’un XXIe siècle qui s’annonce très dangereux.

Une biopsie de l’islamisme

Bien sûr, l’islamisme n’est pas le seul grave danger qui menace l’existence et la liberté de notre nation, et il faut mentionner encore : 2) le mondialisme, l’abaissement de la démocratie et la ploutocratisation, 3) la surpopulation et les flux migratoires, 4) la pollution et l’épuisement des ressources. Mais comment ne pas voir les corrélations entre ces quatre périls planétaires ? Et surtout comment ne pas s’alarmer désormais d’une lancinante menace criminelle, insupportable, que nos stupides dirigeants successifs ont passivement laissé s’installer dans nos rues, nos écoles nos promenades, nos lieux de spectacle, de transport ou de culte ?

Le philosophe, à la fois révulsé, calme et profond, effectue une biopsie scientifique et sans faiblesse du phénomène islamiste. Il fallait d’ailleurs tout ce travail, très accompli, pour ne pas risquer d’être dénoncé par les inquisiteurs islamo-gauchistes qui ont érigé l’islamophobie, hors de toute qualification pénale sérieuse, en une sorte de crime religieux de type blasphématoire. Plus de 600 notes et citations précises transforment l’impeccable enquête de Taguieff en un réquisitoire implacable. L’œuvre est intellectuellement si riche que l’on peinerait à la résumer. Néanmoins quelques acquis s’en dégagent. Si vrais et si denses que bien peu de médias à ce jour se sont risqués à les relater avec exactitude, d’autant que le style riche, précis, et la démonstration scientifique découragent par avance toute critique bâclée.

Islam et islamisme

L’islamisme n’est absolument pas étranger à l’islam; il en est encore aujourd’hui une conséquence, quoique quelques penseurs musulmans, courageux mais isolés, proposent de le séparer du corpus religieux principal. Le passage d’un islam quiétiste (et laïco-compatible) à l’islamisme est imperceptible, et justifié par les sectateurs au moyen d’arguments textuels qui, pour si archaïques qu’ils puissent paraître à des esprits non musulmans (80% de l’humanité), ne sont malheureusement guère réfutables sur le plan du dogme religieux traditionnel, verrouillé.

Quant au passage de l’islamisme ordinaire à l’islamisme criminel, il s’effectue là aussi d’une façon indécelable, et assez logique au plan du raisonnement interne de la religion et de sa geste historique… Les textes anciens et la tradition (sahis, sunna), la littérature des Frères musulmans, le wahhabisme politique et d’État, les appels tant au jihad et au meurtre des juifs et des chrétiens par les organisations islamistes contemporaines qu’à la prise de pouvoir sur les pays européens, tout ceci qui a été écrit et publié par les islamistes, est patiemment analysé, décrit et résumé rigoureusement par Taguieff. L’islam, s’il n’est contenu ni par la raison humaine, ni par un cadre politique nécessairement strict, est par nature guerrier et s’affirme ostensiblement comme tel. Et donc, quels que soient les moyens envisagés et mis en œuvre, l’islamisme se donne vocation à prendre le pouvoir non seulement dans ses contrées d’origine mais encore dans tous les pays du monde. L’ennemi juif et chrétien – ou leurs complices régnants – est censé persécuter les musulmans. Cette victimisation, assénée et mise en scène, justifierait donc une légitime riposte contre l’Occident en général, la France colonisatrice en particulier.

Une lecture racialiste du choc des civilisations

L’islamisme fait une lecture historique et racialiste du choc des civilisations en s’inspirant des analyses de Samuel Huntington tout en les trahissant. Les idéologues islamistes intègrent cette vision de la guerre inter-civilisationnelle comme un fait acquis dont ils tirent toutes les conséquences.

Or face à ce phénomène d’assassinats de civils innocents dans des pays en paix, et de génocide des minorités du champ d’opérations, on constate un véritable déni (au sens psychanalytique du terme) par l’Occident, notamment dans sa « basse intelligentsia », comme l’appelle Régis Debray, qui refuse de façon la plus butée d’en reconnaître la dimension religieuse.

Les centaines de civils assassinés en Europe (près d’un millier) et les milliers de blessés nous obligent, désormais, à observer comment nous réagissons ou devrions réagir contre ceux qui revendiquent être nos ennemis.

« Tuer le Blanc »

Après avoir étudié « l’ennemi imprévu », Taguieff analyse longuement, de façon très pénétrante, nos réactions face à cet ennemi imprévu. Il recense plusieurs types de réactions, qui vont du déni à la complicité revendiquée et arborée. Il y a d’abord, en France, écumant de haine hystérique, le prétendu « Parti des indigènes de la République » qui ne se démarque pas franchement de l’islamisme et qui lui-même ne condamne pas les appels au crime du Manuel de Manchester et de sa logique très proche du nazisme. Outre la défense de la Palestine (qui aurait pu être justifiée autrement), le PIR clame que « la république est une religion islamophobe »! Sans réaction du président de la République. Toujours parmi ces détenteurs dénaturés de la nationalité française, s’élabore une agressivité anti-Blancs, les « Blancs » étant ravalés au rang d’ethnie concurrente, en perte de vitesse, sur un territoire banalisé, ouvert, sur lequel ils n’ont guère plus de légitimité. Le vocabulaire est sans équivoque : « abattre un Européen », « tuer le Blanc », « la haine raciale n’est-ce pas un sentiment blanc ? ». Indulgence ou éloge du  meurtre, ou simple exacerbation de la haine raciale lorsque, en toute impunité, le Bondy Blog reprend un texte de rappeur qui accuse la France de crimes ?

Des psys-à-tout-faire

Ces boutefeux non seulement vivent dans l’impunité mais encore s’attirent la bienveillance de « sous-chiens » (sic) authentiques : soit de simples bobos (« basse intelligentsia ») au cerveau détérioré par 40 ans de lecture non critique de Libé ou du Monde, pratiquant avec dévotion les rituels de la secte de la pensée unique ; soit, pire, des islamo-gauchistes, ou islamo-fascistes, fous de haine qui fantasment de conduire la nation à la guerre civile en affirmant qu’elle a commencé et qu’ils sont attaqués. Cette maladie intellectuelle se décline en divers sous-types : le sous-type branché-médias qui croit chic-parisien d’inviter des ennemis de l’Occident et des libertés, mêmes habiles comme Ramadan, à parler à des millions de téléspectateurs ; le sous-type anti-islamophobe (ou islamophile) qui, pour bien montrer qu’il est anti-extrême droite, valide de ce fait tout ce qui est lié à l’islam (la prétendue « religion des pauvres »), et même, en cas de crimes, s’efforce d’écarter sans examen, ou de minimiser, la motivation religieuse. En général, ces piliers de plateaux télés (par copinages de toutes natures), paresseux, arrogants et incultes ne connaissent rien à l’islam pour avoir été incapables de l’étudier. On y trouve aussi des psys-à-tout-faire pour qui la riposte adéquate à l’engagement de jeunes des cités aux côtés des génocidaires du Moyen-Orient est le séjour tous frais payés en pension de dé-radicalisation (le Château de Pontourny…).

50% de jeunes musulmans en rupture de ban

Alors, nous demande Taguieff, par l’effet de quelle faiblesse intellectuelle ne faisons-nous rien face au projet ouvertement proclamé de nous détruire ou de nous dominer ? Et d’ailleurs que faire alors qu’en  France, selon l’Ifop, 28% des musulmans adhèrent à une conception de l’islam inconciliable avec la République et que 50% des jeunes musulmans se considèrent comme sécessionnistes ?  À ces interrogations Taguieff répond qu’il faut « penser cet ennemi imprévu », ce qu’il fait de façon profonde et forte, en nous proposant 17 idées énergiques résumant sa position philosophique dont nous tenterons une synthèse : l’islamisme n’est pas étranger à l’islam (même si tout musulman n’est pas islamiste), mais le trouble vient du fait que tous – musulmans et islamistes – se fondent sur les mêmes textes. Toutes les formes d’islamisme ont pour but central de contraindre toutes les nations à obéir à l’ordre islamique, dans lequel les non musulmans seront inférieurs, les femmes séparées et inférieures, ce dont leur voile est la symbolisation. Le but ultime est l’instauration du califat universel, par tous les moyens y compris le jihad et l’assassinat aveugle. Les islamistes prétendent qu’ils ne font que se défendre contre un ennemi occidental, juif, blanc, chrétien, « croisé » (sic), colonialiste et mécréant. Impur et inférieur. Le rejet de l’islamisme, de son projet totalitaire criminel, n’est pas de l’islamophobie (cet artefact idéologique) mais de la légitime défense. En réalité, si l’Occident résiste aussi mal, c’est parce qu’il lui manque l’intelligence du phénomène islamiste et qu’il se laisse impressionner et intimider. Il faut rétablir la liberté pour les musulmans et les non musulmans de parler de l’islam comme de toutes les religions.

Quatre leçons sur la société

Nous nous permettrons, en outre, de suggérer quatre réflexions et suggestions personnelles.

– Les termes crus du Coran ou des traditions et exégèses – les « sahis » compilant des hadîths – qui sont contraires aux valeurs françaises doivent être édulcorés par un consistoire à créer, et les versions ayant des effets d’incitation violente, interdites.

– Le projet et les actes de Daech, d’Al-Qaïda et de leurs succursales, doivent être juridiquement déclarés génocidaires, comme cela s’infère d’ailleurs aisément de la loi française, issue de Nuremberg ; or notre code pénal punit de la réclusion criminelle à perpétuité le génocide : propagande, participation ou complicité.

– Les bi-nationaux qui trahissent la France doivent être déchus de la nationalité française.

– Au nom de la démocratie (comme en Suisse), des principes des Nations Unies sur les droits des peuples, et du principe sociologique de précaution, la population française doit être consultée sur la poursuite ou l’interruption des flux immigratoires massifs.

Les trois valeurs qui font l’essence de l’Occident, notre chair morale collective et consensuelle, et qui seules peuvent conduire l’humanité vers son salut et vers la paix sont :

– la Vérité, rendue accessible par les libertés, notamment celles de la spiritualité, de la connaissance, de la raison, du système politique,

– la Liberté, tant comme moyen que comme but suprême, spirituel, intellectuel et politique,  via les chemins de la vérité et du courage,

– l’Amour, fut-ce par ses formes laïques de l’Égalité, de la  Fraternité, de la Justice, de la solidarité et de la tolérance.

Des valeurs de remplacement

Les islamistes veulent éliminer ces valeurs et remplacer :

– la Vérité – et la liberté de la chercher – par un document intangible rédigé par un prophète chef de guerre du VIIe siècle, et les gloses tardives de ce document,

– la Liberté par la soumission des hommes à leur vision de leur dieu, et celle des non islamistes à la charia, avec ses statuts d’infériorité juridique (mécréants, femmes, esclaves),

– l’Amour et la paix par la haine, la guerre, l’assassinat, le génocide.

Pierre-André Taguieff, L’islamisme et nous : penser l’ennemi imprévu, CNRS éditions, 2017.

L'Islamisme et nous. Penser l'ennemi imprévu

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Danielle Darrieux, au revoir Mademoiselle

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La comédienne Danielle Darrieux est décédée à l’âge de 100 ans. Elle était née en 1917.


Quand une actrice part, l’éloge automatique me donne la nausée. L’impression d’une deuxième mort en service commandé. Il y a quelque chose d’impersonnel et de sordide à dérouler la carrière de Danielle Darrieux, à agréger des époques de cinéma si différentes, à mélanger Guitry et Autant-Lara, à sauter à cloche-pied de Decoin à Chabrol, à faire la courte échelle à Jacques Demy, à ânonner, en somme, une fiche Wikipédia avec les maladresses d’usage. Résumer Darrieux à quelques bornes chronologiques, un joli minois et une longévité à rendre jaloux l’hypocondriaque Drucker ne rendra jamais compte de sa virtuosité gamine, celle d’un temps à jamais perdu.

Le spectacle comme défouloir

Être née en 1917 vous donnait, de facto, une allure, une profondeur et un caractère, autant de qualités que la mollesse de notre époque rejette avec force. Il faut avoir beaucoup fréquenté les femmes de la classe 1917 pour savoir de quel bois et surtout de quel métal, elles étaient faites. Bourgeoises en apparence, avec cette élégance apprêtée que le contrat social imposait alors, indépendantes et amoureuses éperdues, tentant de se frayer un chemin chaotique dans un siècle piégeux. Des rêves d’absolu dans un cadre contenu. Un sens inné de la survie et puis, en creusant à peine, une gouaille crâneuse, la tragi-comédie érigée en philosophie. Le spectacle comme défouloir. N’y touchez pas sinon je vous pique !

Ma grand-mère était née en 1917 et a eu une espérance de vie presque aussi hors norme que celle de Danielle Darrieux. Quoi de comparable entre une star de cinéma et une négociante en vins inconnue du public ? Quelque chose d’inexplicable dans le ton, la fraîcheur d’esprit, un côté bravache, le goût du paraître sans la vulgarité des gestes, toujours le mot pour amuser, taquiner, ce sourire enjôleur auquel les hommes furent incapables de résister et puis, la formule assassine quand le temps se couvrait. Un don pour rembarrer les emmerdeurs et tous les salisseurs du quotidien. En somme, l’esprit révolutionnaire de 1917 en jupon.

Les femmes de 1917

Darrieux, c’était ça, une voix perchée, la fausse légèreté car personne ne s’y trompait vraiment sur ses gouffres intérieurs et ce côté bélier indomptable dans un corps tellement désirable. Avec un mystère insondable en bandoulière pour couronner le tout. Les femmes de 1917 en avaient trop vu, trop soupé pour se laisser amadouer par les sirènes de la modernité. Elles restaient impénétrables et tenaient la baraque, coûte que coûte. Les féministes actuelles devraient en prendre de la graine.

Voilà pourquoi, lorsque j’ai appris le décès de Danielle Darrieux ce midi, j’ai tout de suite eu une pensée pour ma grand-mère, figure légendaire de mes tendres années. Puis, immédiatement, une image est venue percuter ma mémoire, celle de l’accident de Porfirio Rubirosa au volant de sa Ferrari dans le Bois de Boulogne au milieu des années 1960. Improbable fin de vie pour le diplomate dominicain, jadis mari exotique de l’actrice.

Au son muet du douze cylindres italien, son rôle dans Marie-Octobre de Julien Duvivier m’a ramené à sa filmographie. Peut-être pas son meilleur film quoique sa seule présence, en robe de soirée, au milieu de tant de mes idoles, m’a réchauffé le cœur, un instant. Cette femme savait s’imposer. En plus, ce soir-là, mes héros de pellicule étaient tous en garde à vue : Lino, Meurisse, Blier, Frankeur, Roquevert, Dalban, Reggiani et même ce garnement d’Ivernel. Je revois, non sans picotement dans la gorge, son visage lisse et cette résistance désespérée.

Quand une actrice disparaît, notre cerveau peine à raisonner. Il explose sous l’émotion et les films se brouillent. Darrieux m’est apparue au côté du Cavaleur (Jean Rochefort) dans cette belle propriété en friche où justement les souvenirs de la Libération refaisaient surface à la suite d’un concerto. La caméra poudrée de Philippe de Broca tenait la chandelle. Un magnifique halo de nostalgie la ceignait dans cette fin des années 1970.

La gorge nouée

Que les cinéphiles me pardonnent, quoique les puristes m’ont toujours agacé avec leurs manies de puceaux, j’ai aussi repensé instinctivement à Danielle dans L’Homme à la Buick de Gilles Grangier, une comédie de 1968 avec l’impalpable Fernandel. Ceux qui connaissent mon addiction automobile, s’attendent sûrement à ce que je leur fasse le panégyrique du break américain comme l’expression ultime du style. Qu’ils se rassurent, dans cette histoire policière gentillette se déroulant dans le port de Honfleur, la voiture est illusoire. Ce qui m’a toujours marqué, séduit et anéanti aussi, c’est le jeu tout en variations simples de Mademoiselle Darrieux, quand la bécasse notable laisse poindre l’étendue de son désarroi, avec une rare économie, juste une phrase en suspens, la gorge nouée. Peu d’actrices sont aptes à saisir ces moments de grâce.

Marie-Octobre

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L’écriture inclusive pour les malcomprenant·e·s sexistes comme vous et moi

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L’écriture inclusive, c’est l’écriture pour tous. D’après un sondage, 75% des Français seraient pour. Mais seulement 12% seraient capables de dire ce que c’est… Tentative d’explication.


L’écriture inclusive est à la mode. J’essaie de m’y mettre, avec bien du mal. Il faut dire que je traîne un lourd handicap, séduite que j’étais par les raisonnements de l’Académie française. Elle prétend que genre grammatical et genre naturel sont disjoints, et qu’il existe en français un genre marqué et un genre non marqué ayant valeur extensive[tooltips content=’Voir http://www.academie-francaise.fr/actualites/feminisation-des-titres-et-des-fonctions On peut souligner que l’Académie ne parle pas de « neutre », mais de « genre non marqué » ou « extensif ». Comme on le verra plus loin, l’Académie ne précise pas dans ce bref texte que le genre marqué peut, plus rarement il est vrai, avoir valeur extensive.’]1[/tooltips]. J’en étais encore là lorsque j’ai publié mon affreux poisson d’avril 2017 imprégné de malveillance et nourri par ces arguments ringards. Maintenant que j’ai pris de bonnes résolutions pour la rentrée, je fais des exercices de rééducation. Mais il y a encore des choses que je n’arrive pas à faire ou que je ne comprends pas. Voici, par exemple, deux difficultés.

1. Je ne sais pas expliquer à un petit garçon qui vient d’entrer en CE1 comment on doit prononcer une séquence écrite ainsi :

« Les instituteur·rice·s conseillent à leurs nouveau·elle·x·s élèves d’être travailleur·euse·s »

J’espère que c’est correct : je tente d’appliquer les recommandations du manuel qui fournit la formule de composition des mots avec le « point milieu » et où on trouve également des listes de transcriptions[tooltips content=’Manuel d’écriture inclusive de l’agence Mots clés, dont la promotion figure sur le site officiel du Secrétariat d’Etat en chargede l’égalité entre les femmes et les hommes : http://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/initiative/manuel-decriture-inclusive/‘]2[/tooltips]. C’est ainsi que, tentée d’abord d’écrire « nouveaux·elles », j’ai renoncé et observé plus scrupuleusement la règle indiquée page 7 du Manuel, ce qui donne dans mon application de malcomprenante : «  nouveau·elle·x·s ». Inutile de préciser que, d’ordinaire excellente dactylo en écriture « normale » (oops, pardon, en écriture macho), j’ai mis pas mal de temps à taper la séquence. J’excepte bien sûr le temps passé à trouver le code pour obtenir le « point milieu » : on nous rassure, les claviers vont bientôt remédier à ce défaut. N’empêche que même avec cette touche supplémentaire, il va falloir acquérir d’autres automatismes de frappe.

A lire aussi: L’écriture inclusive, la nouvelle fabrique des crétin·e·s

Revenons à notre séquence. Une partie se déchiffre en lecture alphabétique (en voyant ce qui est écrit, on sait quels sons on doit émettre) mais une autre partie ne peut pas se lire ainsi. En effet, dès qu’un terme contient un ou plusieurs « points milieu », il faut repérer les lettres à déplacer pour les coller à un radical commun qu’il faut isoler mentalement, puis ajouter les éventuelles marques du pluriel qui sont à coller aux mots déjà obtenus, toutes opérations d’autant plus difficiles qu’elles ne se présentent pas séquentiellement. Il n’y a plus de principe homogène de lecture.

A certains moments il faut dire ce qu’on voit, à d’autres il faut dire ce qui n’est pas écrit et recourir à une interprétation qui transcende la littéralité. Mais quelle interprétation ? Faut-il dire « les instituteurs et les institutrices » ou mettre en facteur l’article et se lancer dans un shortcharabia du genre « les instituteurs-trices » ou « les instituteurs-institutrices » ? Fort heureusement, je trouve en ligne un charitable article de Slate qui suggère des solutions pour me sortir de la « crétinerie » :

Qui s’habitue pendant quelques (sic)[tooltips content=’

On voit ici que les signataires – j’écris « signataires », stratégie d’évitement, parce que je ne sais pas s’il faut écrire « l’auteur et l’auteure » ou « l’auteur et l’autrice » ou « les auteur·e·s » ou « les auteur·rice·s » – ont aussi des problèmes avec le nombre et pas seulement avec le genre.

‘]3[/tooltips] temps à la lecture de tweets et d’articles en écriture inclusive en arrive tout naturellement à deux types de comportement. Premièrement, le cerveau transforme cette notation en un terme neutre: si nous lisons « les chanteur·euse·s», nous comprenons immédiatement qu’il s’agit des hommes et des femmes qui chantent. Et hop, passage au mot suivant, comme dans la méthode globale. Deuxièmement, s’il nous faut désormais lire un texte inclusif à voix haute, on prendra la peine de développer en disant «les chanteurs et les chanteuses», ce qui est moins lourd à l’écrit.

Sortir de la crétinerie, c’est une gymnastique : « hop » passer au mot suivant « comme dans la méthode globale », autrement dit zapper. Au diable la mécanique, vive la « compréhension » immédiate ! Ou alors à haute voix, c’est « développer » une séquence qui n’est pas écrite et qu’on va chercher où ?… mais dans sa « culture », dans ses « prérequis » ! Que voilà une bonne idée pour une école « inclusive » qui ne recourt à aucun présupposé, et qui pourfend les « implicites » générateurs de discrimination !

2. Comment fait-on dans l’autre sens ?

Je veux dire : comment fait-on avec les mots de genre marqué (dit improprement féminin) qui peuvent désigner des personnes de sexe masculin ? J’ai beau scruter les listes du Manuel, je ne les y trouve pas[tooltips content=’Je ne les trouve pas dans les listes. Car pour le nom personne, il est utilisé par le Manuel sans état d’âme au genre marqué (dit féminin) pour désigner aussi bien des femmes que des hommes. On y donne même en exemple la dénomination québecoise des Droits de la personne humaine : à moins d’être « malcomprenant·e » ou androphobe maniaque, on n’en déduit pas que seules les femmes ont des droits. Mais on en conclut que les signataires du Manuel, malgré leurs déclarations, souscrivent bien au concept degenre extensif proposé par l’Académie. Ils le réservent au seul genre marqué, mais ça ce n’est pas du sexisme, c’est seulement un juste retour des choses.’]4[/tooltips].

Je complique ma vie de malcomprenante en imaginant ce petit exercice pervers : transposer en écriture inclusive et gender-correcte le texte suivant.

« Les nouvelles recrues (de nombreuses personnes ont été admises), se sont bien vite adaptées. Celles qui ont été postées comme sentinelles n’ont rencontré aucune difficulté, même si les estafettes ont eu un peu de mal à remplir leur fonction. Mais une vigie prénommée Victor a été la dupe d’une mauvaise plaisanterie faite par une fripouille. L’enquête a réussi à identifier cette dernière – un garçon peu recommandable – et la victime a été réconfortée : Victor est à présent la vedette du régiment, décidément c’est une star. »

Faut-il opter pour la manière forte en inventant une forme « masculine » à affubler aux substantifs « recrue », « personne »[tooltips content=’Il faut distinguer le substantif et le pronom « personne ». Au sujet du pronom, le Dictionnaire d’orthographe de Jouette précise que, « étant indéterminé, il est accordé au masculin (je préfère dire : genre non marqué) singulier mais que « si le mot ne peut désigner qu’une femme, l’accord se fait au féminin ». Ainsi on écrira « Personne n’est assez prudent » et « Personne n’était plus belle que Cléopâtre ». Et le Dictionnaired’ajouter : « Alors qu’une reine dira : Personne n’est plus puissant que moi (les rois étant englobés dans la comparaison). »’]5[/tooltips], « sentinelle », « vigie », « estafette », « dupe », « fripouille », « victime », « vedette », « star » ? Ou bien faut-il les laisser tels quels en admettant qu’ils deviennent épicènes et ne faire varier que l’article ? En tout état de cause, on peut craindre que leur enlever la marque dite (improprement) du féminin, et dire « le victime », « le personne », etc., serait une « invisibilisation ».

Retrouvez Catherine Kintzler sur son blog Mezetulle

C'est le français qu'on assassine

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Les JO sont le contraire des droits de l’homme

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Le Comité international olympique (CIO), par le biais de la Charte olympique, est capable d’introduire, sinon d’incruster, la terrible idéologie de la compétition, au nom du bonheur d’être ensemble, de la citoyenneté partagée, de la santé, de l’éducation, de la culture, etc. Le « but de l’olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique soucieuse de préserver la dignité humaine » ; et encore : « l’esprit olympique exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play ». « La pratique du sport, nous dit la Charte olympique, est un droit de l’homme ». Rien que cela !

Le mythe du surhomme à l’état pur

Une compétition sportive, les JO, qui passe pour naturelle et à laquelle personne ne s’oppose. Une compétition sportive dont même les opposants parmi les plus sincères ne cessent de louer les vertus. « Ce qui est magnifique dans les JO, estime par exemple la conseillère de Paris France insoumise Danielle Simonnet, c’est que vous découvrez plein de femmes et d’hommes qui sont extrêmement impressionnants dans leur grand courage, leurs prouesses et leur dépassement de soi ». Or, c’est précisément cette idéologie du « dépassement de soi » située au cœur du sport de compétition et de l’Olympisme qui ne va pas de soi. Des sportifs « impressionnants », des « prouesses »… Il faut avoir un peu de recul face au sport-spectacle qui, aujourd’hui, dépend tout d’abord d’un dopage massif et permanent de ses pratiquants (y compris dans le sport dit amateur). Mais surtout, il faut l’affirmer et le redire, le sport de compétition ne ressortit en rien du jeu ou de l’activité ludique qui font appel à la liberté de se mouvoir quand on veut et où l’on veut, à la gratuité, à la non-discrimination entre les sexes, à l’accueil de corps différents, à l’indifférence quant aux résultats, au refus de la performance, du record et de la prouesse, au rapport libre, organique et plastique avec une nature non artificialisée.

A lire aussi: Jeux olympiques: plus vite, plus haut, plus cher!

Le sport de compétition est, à l’inverse, la perversion systématique, l’inversion efficace et pratique du jeu et de l’esprit ludique, leur dégénérescence, leur métamorphose par le biais d’un temps mesuré (le chronomètre) et dans un espace toujours circonscrit (la piste, le stade, la piscine…). Avec la compétition, il s’agit de la transformation radicale de la fluidité essentielle du temps et de l’infinité finie de l’espace à travers la mesure des corps réduits à une série de chiffres dont l’apothéose est le record. Autrement dit, le sport de compétition renvoie à une abstraction qui n’en est pas moins – pour beaucoup d’individus encore – fascinante. Elle correspond en effet au mythe jamais assouvi du surhomme lui-même – le champion – lié à l’immense problème de surmonter l’angoisse actuelle vis-à-vis du corps occidental : l’amour-haine du corps au croisement de l’exaltation du travail et de la faiblesse de la chair, un objet de désir et la part inférieure de l’homme, le lieu de la cruauté voire de la morbidité et celui de la jouissance.

L’impérialisme, stade suprême de l’olympisme

Pour en revenir aux JO et contrairement à ce que leur nom indique, ils n’appartiennent pas au domaine du jeu puisqu’ils ne font jamais appel à une quelconque liberté d’organisation entre les individus (y compris celle d’arrêter de jouer), ne mélangent ni les sexes ni les âges et ne s’intéressent qu’aux vainqueurs. Le jeu, a contrario, méconnaît le dopage, l’entraînement démentiel, la professionnalisation, la victoire à n’importe quel prix (triche comprise). En outre, les JO ont fait disparaître les jeux traditionnels (les très nombreux jeux, par exemple, inventés par les Indiens aux États-Unis) au seul profit de sports dits modernes dont la compétition entre individus et l’implacable rivalité entre les nations est le seul moteur.

Il n’y a pas une seule épreuve des JO qui ne soit une compétition entre athlètes ou entre équipes. La compétition est le seul cadre organisationnel et le seul dispositif à partir duquel les JO, et plus généralement toute organisation sportive se mettent matériellement en œuvre et se déroulent selon leur propre logique. La compétition sportive signifie l’organisation maîtrisée, institutionnalisée et ritualisée de la confrontation par le biais de l’aménagement spatial et temporel de la lutte entre les individus ou entre les équipes. Dans cette logique compétitive universelle, seuls comptent les résultats à travers leur comparaison universalisée. La compétition elle-même induit ainsi une logique irréversible : s’entraîner durant des années pour pouvoir y participer après une succession d’épreuves de sélection, s’y maintenir coûte que coûte et quel qu’en soit le prix, et surtout en sortir le vainqueur.

L’essentiel c’est d’éliminer

Le sport de compétition, celui des JO, est à l’exact opposé des droits de l’homme. Derrière les sourires, de moins en moins flagrants ou purs, ce sont surtout les rictus de douleur qui apparaissent sur des visages grimaçants, des corps tordus par la souffrance, exténués par l’effort prolongé. On sait que les entraînements en Chine sont de longues séances de mise aux normes des corps d’enfants placés dans de véritables camps sportifs. Derrière les embrassades de fin de course, ce n’est de fait que la compétition la plus sauvage entre les individus qui s’exprime. Une compétition qui n’admet aucune empathie, aucune solidarité, aucun apitoiement vis-à-vis de l’autre. Malgré les sourires et la « bonne humeur » générale, l’amitié n’existe dans aucune course, aucune épreuve sportive, aucune discipline ; elle y est même proscrite. Le fair-play est lui aussi une pure illusion dès lors que la compétition n’engage qu’à tromper le concurrent (et le public) par le biais du dopage et de toutes sortes de tricheries.

Où est la courtoisie, la loyauté, la droiture dans l’acte sportif compétitif ? Que peut être l’« amitié entre les peuples » dont on nous rebat les oreilles pendant les brefs quinze jours d’une compétition olympique ? Franchement, il y a de quoi sourire. À l’intérieur du Village olympique, parqués dans leurs chambres (filles et garçons séparés, cela va de soi), les sportifs passent le plus clair de leur temps à consulter leurs mails ou à jouer à des jeux-vidéos. Hors de leurs chambres, ils s’entraînent…

Le sport barbare: Critique d'un fléau mondial

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Smart stadium: Le stade numérique du spectacle sportif

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Le football, une peste émotionnelle: La barbarie des stades

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Eric Zemmour vs Omar Sy : la défaite de la pensée

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Eric Zemmour, Omar Sy et Harvey Weinstein sont dans un bateau. Devinez qui tombe à l’eau… Autopsie d’une polémique nulle et non avenue.


En 2014, le réalisateur Abel Ferrara sortait Welcome To New York, film ambitieux et polémique censé narrer la déchéance de Dominique Strauss-Kahn, projetant les néons rouges des clubs de strip-tease sur ces quelques jours qui ont transformé un président de la République en puissance, ivre de sa position de directeur général du Fonds monétaire international, en satyre habitué des soirées échangistes les plus glauques, sinon en criminel accusé du viol d’une femme de ménage devenue le symbole des violences faites aux femmes.

Joué par Depardieu, le personnage de Dominique Strauss-Kahn, rebaptisé Devereaux pour éviter les procès, montrait un homme dévoré par ses turpitudes, accro à la luxure, libidineux, boulimique de stupre, avide d’argent, grognant comme un goret affamé réclamant le sein maternel, sorte de pornocrate pipi-caca dont les jours heureux s’écoulaient à la manière du Salo ou les 120 journées de Sodome.

Les scandales sexuels révèlent les tensions identitaires

Dans un monde de dominants, les relations adultérines se limitent parfois au simple échange de liquide séminal, consommation rapide de femmes interchangeables pour se décharger d’un trop plein de testostérone. Qui, d’ailleurs, pourrait se refuser à ces grands enfants-rois habitués à être servis, révérés et admirés ? Néanmoins, la boulimie sexuelle des Dominique Strauss-Kahn et des Harvey Weinstein ne sauraient en faire des coupables, sans qu’ils n’aient le droit de se défendre. Car nous sommes passés d’un excès à un autre. Autrefois, les femmes étaient forcément tentatrices, jamais victimes d’agressions. Aujourd’hui, il suffit de « balancer un porc » anonymement sur les réseaux sociaux pour qu’une vie soit brisée.

Ces scandales sexuels agissent comme de puissants révélateurs des tensions à l’œuvre au sein de nos sociétés. Ainsi, les révélations multiples qui ont visé Harvey Weinstein ont eu des répercussions beaucoup plus larges, générant des débats et des commentaires, souvent outranciers. D’un Didier Lestrade dénonçant d’hypothétiques solidarités communautaires « sionistes » (avant d’effacer son tweet), à d’autres fustigeant la cabale antisémite que subirait Harvey Weinstein, les réactions n’ont pas toujours fait preuve de mesure, se déportant sur un terrain ethno-culturel tristement habituel.

L’image contient peut-être : 2 personnes, texte

Pourtant, rien de bien mystérieux dans une affaire au schéma très classique, vieux comme le monde, opposant celles qui couchent pour réussir à ceux qui réussissent pour coucher. Si les agressions sexuelles sont prouvées, Harvey Weinstein sera condamné. Fin de l’histoire ? Non, le « porc » doit être montré en place publique, exhibé pour l’exemple, et, avec lui, le système patriarcal qui l’a engendré.

Sy criminalise Zemmour

Les habitués des polémiques se sont donc baignés avec entrain dans ce capharnaüm médiatique. Eric Zemmour a notamment profité de l’occasion pour répondre à l’acteur Omar Sy, qui vient d’annuler sa tournée de promotion pour le remake de Knock : « Ici-même Omar Sy a demandé qu’on ne m’invite plus et m’a traité de criminel. Je veux simplement lui signaler qu’un criminel, c’est quelqu’un qui a commis un crime. Je sais bien que de Trappes à Hollywood il n’a pas eu le temps de maîtriser la langue française. Je pourrais l’attaquer en justice pour diffamation. Entre parenthèse, des criminels, il en a côtoyé si j’en crois les médias puisqu’il était très ami avec Monsieur Weinstein. »

De quoi transformer un sujet minuscule qui n’intéresse personne, la pensée de « la personnalité préférée des Français » étant aussi indigente qu’attendu, en un débat de société tenant en haleine le cercle de la raison déraisonnante, toutes tendances confondues.

…qui le nazifie

Il est dommage qu’Eric Zemmour, qui avait bien commencé en remettant à sa place Omar Sy et son épouse hystérique sur les réseaux sociaux, n’ait pas su se retenir d’en rajouter une couche. Soucieux de ne pas être assimilée aux lyncheurs de « porcs », il a ainsi affirmé « Moi, vous savez, dès que je vois une meute, je me méfie. Et là, c’est vraiment des méthodes étonnantes de délation. C’est-à-dire, pendant la guerre, on aurait dit de libérer la parole aussi. ‘Dénonce ton juif’, ça aurait été parfait. […] C’est de la délation, point barre, c’est tout ce que c’est. » Pourquoi atteindre si promptement le point Godwin quand on en subit aussi régulièrement les conséquences ? Oui, le hashtag « Balance ton porc » est une idiotie, une de plus dans un monde où l’hystérie est la norme. Hystérie d’une société du spectacle où Eric Zemmour joue le rôle d’épouvantail avec bonheur.


Politis contre Céline Pina: quand le gauchisme est un sexisme

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Capture d'écran du site de Politis

Politis a trente ans mais n’a vraiment plus toutes ses dents ! Se situant à la gauche de la gauche, il a accompagné et nourri tous les gauchismes successifs. Avec frénésie. Et force vociférations contre les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire.

Le gauchisme étant devenu la maladie sénile du communisme, le journal fondé par Bernard Langlois a également été placé en soins palliatifs. Le prolétariat, possible et souhaité avenir de l’humanité, ayant déserté la scène, Politis s’est rabattu sur « le prolétariat d’origine étrangère » cher à Alain Badiou.

Il est allé sillonner les banlieues islamisées. C’est d’elles et d’elles seules avec leur religion proclamée religion des pauvres que ce journal espère le salut.

« Pina jouit »

Et c’est pourquoi il combat avec le zèle fanatique d’un Torquemada les islamophobes qu’il promet au bûcher. Sa dernière cible : Céline Pina. Cette militante républicaine, droite et courageuse, a pris la tête d’un combat contre la tenue à l’université Lyon-2 d’un colloque prétendument scientifique, consacré à l’islamophobie. Et elle a eu gain de cause en faisant annuler une réunion qui aurait été à sa place dans une mosquée salafiste.

A lire aussi: Le colloque sur « l’islamophobie » de l’université Lyon-2 n’aura pas lieu

Céline Pina s’en est à juste titre félicité. Politis ne pouvait laisser passer une telle offense. Et le journal a publié un article d’une grande violence pour la démolir. Ce qui est somme toute banal. Ce qui l’était moins, c’était le titre « Pina jouit » ! Oui « Pina jouit » !

Un directeur de la rédaction, celui de Politis, a signé ce texte. Un correcteur l’a corrigé. Un maquettiste l’a mis en page. Des journalistes l’ont vu. Et rien.

Le journal a remarqué que Céline Pina avait relevé la présence d’un fiché S parmi les « intellectuels » conviés au colloque de Lyon-2. Et il s’en gausse en indiquant que les pouvoirs publics fichent n’importe qui et n’importe comment. Avec Politis on a du Sartre, comme le disait Desproges de Minute : les mains sales et la nausée.

Wanted, Marine Le Pen a disparu

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Marine Le Pen, invitée de L'Emission politique, octobre 2017. SIPA. 00828329_000021

Invitée de L’Emission politique, Marine Le Pen n’a pas semblé plus assurée hier soir que lors de son débat raté de la présidentielle


Marine Le Pen était l’invitée de L’Emission politique, hier soir. Elle était attendue puisque c’était sa première grande émission depuis le fameux débat du second tour de l’élection présidentielle. Mais plus encore, la première après le départ de son stratège Florian Philippot. C’est d’abord sur l’euro, point d’achoppement avec ce dernier, qu’elle a été interrogée par François Lenglet. C’est peu dire qu’elle n’a pas été plus convaincante que face à Emmanuel Macron.

L’euro, monnaie gênante et trébuchante

Cette fois, ce n’est pas la distinction entre monnaie unique et monnaie commune, insuffisamment maîtrisée, qui l’a fait trébucher, mais le nouveau calendrier du FN, faisant de la souveraineté monétaire un aboutissement et non plus un préalable, laissant même entendre qu’une sortie de l’euro n’était plus obligatoire si on arrivait à réformer la gestion de la monnaie. Marine Le Pen favorable à la perspective de « l’euro sympa », c’était effectivement nouveau, mais on n’y croyait guère, pas davantage qu’elle-même à ce moment-là, d’ailleurs. Marine Le Pen sait très bien, pour l’avoir dit elle-même pendant deux campagnes présidentielles, que la monnaie est d’abord un outil politique et que sa gestion constitue une arme pour faire plier ceux qui refusent de rentrer dans le rang. Qu’on en parle aux Grecs qui ont été menacés par Mario Draghi de voir leurs banques privées de liquidités au plus fort de la crise de 2015.

La présidente du FN a malgré tout lâché les véritables raisons de sa volte-face : les sondages et le marketing électoral, qu’elle a pourtant fustigés en fin d’émission, comme pour mieux se convaincre qu’elle n’y avait pas cédé elle-même.

Tout est à refaire

C’est ensuite Laurence Parisot qui est venu lui porter la contradiction sur le sujet du féminisme. C’est à ce moment-là que Marine Le Pen a été la plus à l’aise. Divine surprise pour la présidente du FN que cette invitée mystère : une ancienne présidente du Medef. Elle a ainsi pu développer la défense des petits et des sans-grades, au féminin. Un peu d’oxygène dans l’émission avant d’être confrontée à Gérald Darmanin qui lui a donné davantage de fil à retordre sur les questions fiscales.

Marine Le Pen ne semble pas avoir retrouvé la confiance et la sûreté qui étaient sa marque de fabrique il y a encore quelques mois. Le débat face à Emmanuel Macron pèse toujours et elle en est convenue elle-même, hier soir. Sa crédibilité en a souffert, en souffre toujours. Elle en paraît d’autant plus consciente que ce débat a été le point de départ du processus qui l’a amenée à se séparer de celui qui fut son stratège depuis 2009, pour se retrouver aujourd’hui isolée idéologiquement dans le parti qu’elle préside, et qui l’amène à dire et faire le contraire de ce qu’elle disait et faisait jusqu’au 3 mai dernier, sur les questions économiques.

Concurrents, un mot qui commence bien mal

Il ne sera pas facile de remonter la pente dans ces conditions, d’autant que Laurent Wauquiez vient aujourd’hui lui faire de la concurrence sur les questions identitaires, et que Florian Philippot développe sa petite entreprise, qu’on aurait tort de mésestimer. Invité la veille chez Zemmour et Naulleau, il a fait preuve d’une efficacité d’autant plus grande qu’il est, au contraire de son ex-candidate, en total accord avec lui-même. S’il continue d’être considéré comme un bon client dans les médias audiovisuels, son nouveau parti pourrait se développer plus vite qu’on ne l’aurait cru. D’autant plus que la prochaine échéance électorale est européenne… Les divorces sont surprenants. C’est parfois celui dont on croit qu’il va souffrir le plus qui, contre toute attente, se libère, laissant l’autre bien plus malheureux que prévu.

Retrouvez David Desgouilles sur son blog, Antidote

Le bruit de la douche

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Dérapage

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Les Rien-pensants

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Merkel: achtung, la droite revient!

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Angela Merkel, octobre 2017. SIPA. 00828393_000001


Outre l’opposition résolue des populistes de l’AfD, entrés en force au Bundestag, Merkel devra composer avec un Parti libéral devenu très eurosceptique. Ce n’est pas seulement la chancelière qui sort affaiblie du scrutin, c’est l’Europe idyllique du couple franco-allemand.


Recul de la CDU/CSU, débâcle du SPD, entrée en force de l’AfD (droite populiste et anti-immigration) au Bundestag, et renaissance des libéraux du FDP en version nationaliste et eurosceptique : telles sont les principales conséquences du scrutin législatif du 24 septembre en Allemagne. C’est une secousse, mettons, de force 5,5 sur l’échelle de Richter qui enregistre les effets de la tectonique politique chez notre voisin d’outre-Rhin : sans provoquer une crise de régime dramatique, elle ébranle sérieusement le système en place depuis l’unification du pays en 1991.

La merkelomania qui sévissait en Europe et même au-delà de notre continent parmi les élites politiques et médiatiques avait fini par imposer l’idée que la chancelière allait, une fois encore, recevoir de son peuple un mandat sans équivoque, un dernier paquet-cadeau électoral entouré d’une faveur faite de reconnaissance et d’affection pour « Mutti », la mère d’une nation prospère et apaisée.

A droite, à gauche, à droite…

Les observateurs un peu plus au fait des réalités pouvaient cependant constater que l’action d’Angela Merkel au cours de la dernière législature n’avait pas fait que des heureux : ses palinodies au moment de la crise de l’euro, en 2008-2009 – d’abord on essaie de pousser les Grecs dehors, puis on consent à les garder tout en les étranglant avec constance –, a créé un ressentiment chez les partisans d’un ordo-libéralisme sans concession, nombreux et puissants à droite et dans les cercles dirigeants de l’économie. Le FDP, devenu gardien sourcilleux des règles budgétaires de l’UE et de la zone euro, et partisan de l’expulsion des contrevenants, s’est refait une santé et réintègre le Parlement.

L’attitude tout aussi versatile de Merkel dans la crise migratoire de 2015 – frontières grandes ouvertes aux réfugiés, puis arrêt brusque de la Willkommenkultur (« bienvenue aux migrants » !) devant la montée de la protestation populaire incarnée par le mouvement Pegida – a laissé des traces et s’est traduite par la montée en flèche de l’AfD lors des dernières élections régionales, particulièrement à l’est du pays.

La question sociale, celle des travailleurs pauvres oubliés de la nouvelle donne instaurée par les réformes Schröder de la dernière décennie, n’a pas réussi à s’imposer dans le débat public à l’occasion de ces élections : d’après les sondages, 78 % des Allemands se considèrent « satisfaits de leur situation économique personnelle » ! Dur, dur pour une gauche sociale-démocrate en porte-à-faux, partie prenante de la coalition au pouvoir, mais qui a fait campagne avec Martin Schulz pour plus de justice sociale, et se trouve soumise à la surenchère gauchiste de Die Linke et des Verts. La crise du SPD, qui a choisi le retour à l’opposition après sa défaite historique du 24 septembre, ne fait que commencer : l’affrontement entre les partisans d’une « corbynisation » du parti, qui rêvent du virage gauchiste du Labour britannique, et ceux de la poursuite de la ligne modérée et réaliste de l’actuelle direction est programmé pour les prochains mois, avec le spectre d’une marginalisation à la grecque, ou à la française, du plus ancien parti social-démocrate d’Europe, voire du monde !

La Jamaïque de gouvernement

En attendant, il faut bien que la première puissance économique de l’UE se dote d’un gouvernement, et le verdict des urnes ne permet qu’une seule possibilité : en route pour la Jamaïque ! C’est ainsi que l’on nomme, outre-Rhin, la coalition rassemblant la CDU/CSU (les noirs), le FDP (les jaunes) et les écologistes (les verts). Pile la couleur du drapeau de la patrie de Bob Marley et d’Usain Bolt.

Nulle autre configuration n’est possible, car le SPD se retire, et Die Linke comme l’AfD sont encore jugés incompatibles avec une coalition à l’échelle fédérale, car sentant encore trop le soufre, stalinien pour les premiers, fascistoïde pour les seconds, même si leur reductio ad Hitlerum ne convient pas pour définir leur vraie nature politique.

La coalition jamaïcaine n’est pour l’instant aux manettes que dans le land de Sarre, l’un des plus petits et moins peuplés de la RFA, pour contrer l’influence locale, à gauche, des héritiers d’Oskar Lafontaine, premier frondeur anti-Schroeder et cofondateur de Die Linke avec les ex-communistes est-allemands. Son expérience, plutôt positive, ne préjuge en rien du succès d’une telle alliance à Berlin.

Pour durer, elle doit tenir compte du message électoral qui lui a été adressé

Les négociations entre les trois partis concernés seront longues et conflictuelles, car entre les Verts et le FDP existe un fossé idéologique aussi large que la vallée du Rhin dans son cours inférieur. Le FDP nouveau, qui se veut le parti de la grande entreprise, a très mal digéré le virage antinucléaire de Merkel. Il est partisan d’un deal avec Poutine, lui abandonnant la Crimée en échange de garanties d’approvisionnement énergétique pour l’Allemagne. Surtout, son jeune leader, Christian Lindner rejette fermement les propositions de Macron d’une organisation politique de la zone euro et de mise en place d’un budget d’investissement européen sous le contrôle d’un « ministre des Finances » responsable devant les instances européennes. Les Verts sont aux antipodes de ces positions et devront manger une bonne partie de leur chapeau de paille s’ils veulent s’asseoir à la table gouvernementale pour pousser quelques-unes de leurs obsessions écolo-gaucho. Lindner peut en effet compter sur le soutien de la CSU, la branche bavaroise de la démocratie chrétienne qui met au débit d’Angela Merkel le piètre résultat du parti en Bavière, où il descend, pour la première fois depuis 1945, en dessous de la barre des 50 %, ce qui augure mal du maintien de sa majorité absolue à Munich lors des élections régionales de l’an prochain.

Avec tout cela, Angela est dans la seringue. Pour durer, elle doit tenir compte du message électoral qui lui a été adressé sans détour : on ne te hait point et on ne voit, pour l’instant, personne d’autre pour te remplacer, mais finis les zigzags, la triangulation et autres lubies politiques postmodernes. On veut de l’Allemagne d’abord, de la solide défense de nos intérêts nationaux sans céder aux utopies des voisins (suivez mon regard vers l’Élysée), Habermas et le postnational, ce n’est pas notre verre de bière. On commence à spéculer, à Berlin, sur un scénario qui verrait Merkel conduire cahin-caha une coalition jamaïcaine pendant deux ans, avant de se retirer et provoquer de nouvelles élections avec un nouveau leader de la CDU/CSU, une sorte de Wauquiez germanique capable de ramener vers le parti le million d’électeurs qui l’ont quitté pour l’AfD. Dans l’Olympe de notre Jupiter national, ce n’est vraiment pas ce que l’on souhaitait. Le franco-allemand attendra.

Formation professionnelle: chômage de masse, solution de masse!

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Jamais le chômage n’a été aussi élevé en France notamment. Les causes sont multiples. Mais tous les experts s’accordent sur un point : il n’y a pas d’adéquation entre l’offre et la demande sur le marché du travail. Des chômeurs cherchent, les entreprises cherchent. Et comme au théâtre, ils ne se rencontrent pas ! Pourquoi ?

Poser cette question c’est évoquer le problème de la formation professionnelle ! Et là aussi, les acteurs ne se rencontrent pas ! Les chômeurs font semblant de se former dans des secteurs qui ne les intéressent pas. Des stages ne trouvent pas preneurs. Et le nombre de demandes de formation augmente !

Les avantages du mix-pédagogique

On évoque des chiffres qui donnent le vertige : 600 000 personnes à former dit-on ! Donc pour une moyenne de 10 personnes par session, il faudrait créer 60 000 classes de formation avec chacune d’elles des milliers d’heures d’enseignement et… des formateurs ! Où trouver les locaux ? Les animateurs ? Les structures administratives et financières ? Tout cela est utopique.

Chômage de masse, solution de masse ! La solution existe en effet : c’est le mix-pédagogique qui intègre la formation à distance. Expliquons-nous : la seule méthode de masse doit intégrer l’enseignement à distance ouvert qui a le vent en poupe à travers le monde.

La formation des demandeurs d’emplois ne peut se défausser en organisant de manière non pensée des séminaires de quelques jours, voire quelques semaines. Cette formation représente souvent un recyclage, une refondation pédagogique impossible à assurer en présentiel exclusif. Seule la formation ouverte à distance peut relever ce défi.

Mais cette clé de voûte doit s’accompagner de compléments pédagogiques comme des regroupements en présentiel, des e-conférences, des forums, des relations permanentes en ligne avec les formateurs. C’est cela le mix-pédagogique qui permet de relier la solution de masse avec le suivi personnalisé de chaque formé.

La formation, l’école en moins

C’est cette solution de la contradiction pédagogique (entre formation de masse et suivi personnalisé) qui donne des résultats extraordinaires. Oui, formation de masse et suivi personnalisé sont conciliables grâce à ce mix-pédagogique. De surcroît, cette méthode satisfait beaucoup les formés, adultes pour la presque totalité des demandeurs de formation, sur le plan pédagogique (la formation à distance est un bras séculier qui balaye tout un pays, voire le monde) et sur le plan psychologique : les formés ne souhaitent pas « retourner à l’école » dont ils gardent souvent un mauvais souvenir ! Sans compter le temps et les coûts que représentent les déplacements.

« Chômage de masse, solution de masse » : la formation à distance répond positivement avec, de surcroît, la qualité et la souplesse des prestations. Le schéma « classe-professeurs-candidats » ne doit plus être la réponse unique et exclusive pour les demandeurs de formation trop souvent désignés comme « demandeurs d’emplois ». La formation professionnelle précède l’emploi.

Le schéma de la pédagogie en présentielle doit s’intégrer dans un projet plus vaste de formation ouverte à distance. Toutes les parties concernées (Etat, marché du travail, entreprises, candidats) sont toutes ensemble, gagnantes !

 

L’Algérie, ce pays gouverné par un « mort »

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Abdelaziz Bouteflika, mai 2015. SIPA. AP21761463_000001

Le président algérien n’est plus apte à diriger son pays: pour l’écrivain Karim Akouche, l’Algérie est, de fait, une nécrocratie. Lettre ouverte à Abdelaziz Bouteflika.


Allô ! Vous êtes encore là, M. Bouteflika ? Vous m’entendez ? Vous n’êtes pas sourd ? Vous respirez ? Vous êtes vivant ? Vous arrivez à remuer vos doigts ? Vous parlez ? Vous lisez les journaux ? Vous suivez l’actualité ? Vous mangez des dattes ? Vous buvez du lait caillé ? Vos méninges fonctionnent-elles ? Je vois défiler à l’écran toujours les mêmes et vieilles images. Dites-nous la vérité : faites-vous partie du monde d’ici ou êtes-vous depuis longtemps ailleurs ? Vous êtes insaisissable. Vous êtes un président-spectre. Vous avez le don de brouiller les pistes, de désavouer les prédictions des croque-morts. Vous êtes un peu fantôme, un peu épouvantail. Comment dirigez-vous les affaires du pays puisque vous ne rencontrez ni vos ministres ni le peuple ? Avez-vous une feuille de route ? Un programme ? Un plan d’investissement ? Ou un plan de sortie de crise maintenant que les couffins de l’État se vident, que le dinar ne vaut pas un pet de vache, que la planche à billets est mise en route ?

« Faites un geste ! »

Allô ! Dites quelque chose, M. Abdelaziz ! Il est si long votre mutisme qu’il alimente les soupçons. Chacun y va de sa satire. Êtes-vous un revenant ou un moribond qui refuse de partir ? Qui êtes-vous pour le Système ? Une roue de secours ou un radeau à la dérive ? Faites un geste ! Prévenez les garde-chiourmes. Égrenez un chapelet, récitez un verset, ébauchez un rictus, exécutez un bras d’honneur. Allez-y, ne vous gênez pas : insultez une énième fois la populace !

A lire aussi: L’Algérie schizophrène de l’écrivain Karim Akouche

Êtes-vous immortel, M. Bouteflika ? Un président à vie ? Un Duvalier arabe aux yeux verts, un Mugabe en djellaba, un peu comme le patriarche de Márquez, sans âge ni morphologie précise, faisant paître ses vaches dans un palais présidentiel traversé de multiples tempêtes ?

De vieux politiques meurent, d’autres plus jeunes arrivent, mais vous, indéboulonnable, vous êtes toujours là. Fidèle au poste. Depuis 55 ans, vous et votre clan, vous vous moquez des laissés-pour-compte. Vous en sucez la moelle. Vous en buvez le pétrole. Vous n’en êtes-vous pas assez repus ? Lâchez le squelette et laissez-en leur part aux pauvres.

« Votre haine des Kabyles vous survivra »

Vous ne gouvernez pas, vous bricolez des projets. Vous ne goudronnez pas les routes, vous en colmatez les nids-de-poule. Vous ne faites pas rêver les jeunes, vous les poussez au désespoir. Plus d’un milliard d’euros injectés dans la construction de la grande mosquée d’Alger. Rien pour l’Université, rien pour la Santé, rien pour l’Art, rien pour les Loisirs. Mais beaucoup pour la gabegie, l’armée, les orgies et la paresse. Beaucoup pour la barbe, beaucoup pour la matraque, beaucoup pour le rapiéçage et le folklore.

Que restera-t-il de votre règne quand vous ne serez plus de ce monde ? Un nuage de cendre, une clôture de barbelés, un nid de scorpions, des postillons, des pieds encrottés, des mains maculées de sang ? Votre haine des Kabyles vous survivra : « Je suis venu dégonfler votre ballon de baudruche ! » Votre brutalité contre les Mozabites, votre amnistie des terroristes et votre hologramme de petit Machiavel en fauteuil roulant habiteront longtemps les mémoires.

L’Algérie, une nécrocratie

Allô ! Vous êtes encore là, M. Bouteflika ? Toujours entouré de vos ouailles ? De votre frère, de votre horde de laquais et de majordomes ? Tous accrochés au trône, comme des puces à une bourrique en agonie !

Allô ! Que faites-vous de vos jours et nuits, M. Bouteflika ? Vous êtes-vous regardé dans la glace ? Vous n’êtes qu’un bout de chef, un roitelet en fin de règne. De grâce, ne mourez pas au trône ! Les vautours ont soif, les sangliers ont faim, les sauterelles sont en chaleur. Sortez par la porte ou la lucarne ou la cheminée car demain, si vous êtes encore là, vous risquerez de couler dans l’oued fangeux de l’histoire.

Vous avez fait de l’Algérie un amuse-galerie. Une république couscoussière. Une ratatouille explosive. Un mélange de stalinisme et de libéralisme sauvage, le tout cuit dans les lois d’Allah.

Bravo, M. Bouteflika ! Vous avez excellé dans l’absurde. Vous avez battu Kafka et Beckett. Vous avez fait de l’Algérie une nécrocratie, un étrange pays gouverné par un « mort ».

La religion de ma mère

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Comprendre l’islamisme (pour mieux le combattre) avec Taguieff

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Pierre-André Taguieff en 2007 © Sipa.

Le philosophe Pierre-André Taguieff signe un ouvrage majeur pour nous sauver d’un XXIe siècle qui s’annonce très dangereux


Disons-le d’emblée : le nouveau livre de Pierre-André Taguieff L’islamisme et nous : penser l’ennemi imprévu (CNRS éditions, 2017) est un ouvrage majeur pour nous sauver, en tant que nation et civilisation, d’un XXIe siècle qui s’annonce très dangereux.

Une biopsie de l’islamisme

Bien sûr, l’islamisme n’est pas le seul grave danger qui menace l’existence et la liberté de notre nation, et il faut mentionner encore : 2) le mondialisme, l’abaissement de la démocratie et la ploutocratisation, 3) la surpopulation et les flux migratoires, 4) la pollution et l’épuisement des ressources. Mais comment ne pas voir les corrélations entre ces quatre périls planétaires ? Et surtout comment ne pas s’alarmer désormais d’une lancinante menace criminelle, insupportable, que nos stupides dirigeants successifs ont passivement laissé s’installer dans nos rues, nos écoles nos promenades, nos lieux de spectacle, de transport ou de culte ?

Le philosophe, à la fois révulsé, calme et profond, effectue une biopsie scientifique et sans faiblesse du phénomène islamiste. Il fallait d’ailleurs tout ce travail, très accompli, pour ne pas risquer d’être dénoncé par les inquisiteurs islamo-gauchistes qui ont érigé l’islamophobie, hors de toute qualification pénale sérieuse, en une sorte de crime religieux de type blasphématoire. Plus de 600 notes et citations précises transforment l’impeccable enquête de Taguieff en un réquisitoire implacable. L’œuvre est intellectuellement si riche que l’on peinerait à la résumer. Néanmoins quelques acquis s’en dégagent. Si vrais et si denses que bien peu de médias à ce jour se sont risqués à les relater avec exactitude, d’autant que le style riche, précis, et la démonstration scientifique découragent par avance toute critique bâclée.

Islam et islamisme

L’islamisme n’est absolument pas étranger à l’islam; il en est encore aujourd’hui une conséquence, quoique quelques penseurs musulmans, courageux mais isolés, proposent de le séparer du corpus religieux principal. Le passage d’un islam quiétiste (et laïco-compatible) à l’islamisme est imperceptible, et justifié par les sectateurs au moyen d’arguments textuels qui, pour si archaïques qu’ils puissent paraître à des esprits non musulmans (80% de l’humanité), ne sont malheureusement guère réfutables sur le plan du dogme religieux traditionnel, verrouillé.

Quant au passage de l’islamisme ordinaire à l’islamisme criminel, il s’effectue là aussi d’une façon indécelable, et assez logique au plan du raisonnement interne de la religion et de sa geste historique… Les textes anciens et la tradition (sahis, sunna), la littérature des Frères musulmans, le wahhabisme politique et d’État, les appels tant au jihad et au meurtre des juifs et des chrétiens par les organisations islamistes contemporaines qu’à la prise de pouvoir sur les pays européens, tout ceci qui a été écrit et publié par les islamistes, est patiemment analysé, décrit et résumé rigoureusement par Taguieff. L’islam, s’il n’est contenu ni par la raison humaine, ni par un cadre politique nécessairement strict, est par nature guerrier et s’affirme ostensiblement comme tel. Et donc, quels que soient les moyens envisagés et mis en œuvre, l’islamisme se donne vocation à prendre le pouvoir non seulement dans ses contrées d’origine mais encore dans tous les pays du monde. L’ennemi juif et chrétien – ou leurs complices régnants – est censé persécuter les musulmans. Cette victimisation, assénée et mise en scène, justifierait donc une légitime riposte contre l’Occident en général, la France colonisatrice en particulier.

Une lecture racialiste du choc des civilisations

L’islamisme fait une lecture historique et racialiste du choc des civilisations en s’inspirant des analyses de Samuel Huntington tout en les trahissant. Les idéologues islamistes intègrent cette vision de la guerre inter-civilisationnelle comme un fait acquis dont ils tirent toutes les conséquences.

Or face à ce phénomène d’assassinats de civils innocents dans des pays en paix, et de génocide des minorités du champ d’opérations, on constate un véritable déni (au sens psychanalytique du terme) par l’Occident, notamment dans sa « basse intelligentsia », comme l’appelle Régis Debray, qui refuse de façon la plus butée d’en reconnaître la dimension religieuse.

Les centaines de civils assassinés en Europe (près d’un millier) et les milliers de blessés nous obligent, désormais, à observer comment nous réagissons ou devrions réagir contre ceux qui revendiquent être nos ennemis.

« Tuer le Blanc »

Après avoir étudié « l’ennemi imprévu », Taguieff analyse longuement, de façon très pénétrante, nos réactions face à cet ennemi imprévu. Il recense plusieurs types de réactions, qui vont du déni à la complicité revendiquée et arborée. Il y a d’abord, en France, écumant de haine hystérique, le prétendu « Parti des indigènes de la République » qui ne se démarque pas franchement de l’islamisme et qui lui-même ne condamne pas les appels au crime du Manuel de Manchester et de sa logique très proche du nazisme. Outre la défense de la Palestine (qui aurait pu être justifiée autrement), le PIR clame que « la république est une religion islamophobe »! Sans réaction du président de la République. Toujours parmi ces détenteurs dénaturés de la nationalité française, s’élabore une agressivité anti-Blancs, les « Blancs » étant ravalés au rang d’ethnie concurrente, en perte de vitesse, sur un territoire banalisé, ouvert, sur lequel ils n’ont guère plus de légitimité. Le vocabulaire est sans équivoque : « abattre un Européen », « tuer le Blanc », « la haine raciale n’est-ce pas un sentiment blanc ? ». Indulgence ou éloge du  meurtre, ou simple exacerbation de la haine raciale lorsque, en toute impunité, le Bondy Blog reprend un texte de rappeur qui accuse la France de crimes ?

Des psys-à-tout-faire

Ces boutefeux non seulement vivent dans l’impunité mais encore s’attirent la bienveillance de « sous-chiens » (sic) authentiques : soit de simples bobos (« basse intelligentsia ») au cerveau détérioré par 40 ans de lecture non critique de Libé ou du Monde, pratiquant avec dévotion les rituels de la secte de la pensée unique ; soit, pire, des islamo-gauchistes, ou islamo-fascistes, fous de haine qui fantasment de conduire la nation à la guerre civile en affirmant qu’elle a commencé et qu’ils sont attaqués. Cette maladie intellectuelle se décline en divers sous-types : le sous-type branché-médias qui croit chic-parisien d’inviter des ennemis de l’Occident et des libertés, mêmes habiles comme Ramadan, à parler à des millions de téléspectateurs ; le sous-type anti-islamophobe (ou islamophile) qui, pour bien montrer qu’il est anti-extrême droite, valide de ce fait tout ce qui est lié à l’islam (la prétendue « religion des pauvres »), et même, en cas de crimes, s’efforce d’écarter sans examen, ou de minimiser, la motivation religieuse. En général, ces piliers de plateaux télés (par copinages de toutes natures), paresseux, arrogants et incultes ne connaissent rien à l’islam pour avoir été incapables de l’étudier. On y trouve aussi des psys-à-tout-faire pour qui la riposte adéquate à l’engagement de jeunes des cités aux côtés des génocidaires du Moyen-Orient est le séjour tous frais payés en pension de dé-radicalisation (le Château de Pontourny…).

50% de jeunes musulmans en rupture de ban

Alors, nous demande Taguieff, par l’effet de quelle faiblesse intellectuelle ne faisons-nous rien face au projet ouvertement proclamé de nous détruire ou de nous dominer ? Et d’ailleurs que faire alors qu’en  France, selon l’Ifop, 28% des musulmans adhèrent à une conception de l’islam inconciliable avec la République et que 50% des jeunes musulmans se considèrent comme sécessionnistes ?  À ces interrogations Taguieff répond qu’il faut « penser cet ennemi imprévu », ce qu’il fait de façon profonde et forte, en nous proposant 17 idées énergiques résumant sa position philosophique dont nous tenterons une synthèse : l’islamisme n’est pas étranger à l’islam (même si tout musulman n’est pas islamiste), mais le trouble vient du fait que tous – musulmans et islamistes – se fondent sur les mêmes textes. Toutes les formes d’islamisme ont pour but central de contraindre toutes les nations à obéir à l’ordre islamique, dans lequel les non musulmans seront inférieurs, les femmes séparées et inférieures, ce dont leur voile est la symbolisation. Le but ultime est l’instauration du califat universel, par tous les moyens y compris le jihad et l’assassinat aveugle. Les islamistes prétendent qu’ils ne font que se défendre contre un ennemi occidental, juif, blanc, chrétien, « croisé » (sic), colonialiste et mécréant. Impur et inférieur. Le rejet de l’islamisme, de son projet totalitaire criminel, n’est pas de l’islamophobie (cet artefact idéologique) mais de la légitime défense. En réalité, si l’Occident résiste aussi mal, c’est parce qu’il lui manque l’intelligence du phénomène islamiste et qu’il se laisse impressionner et intimider. Il faut rétablir la liberté pour les musulmans et les non musulmans de parler de l’islam comme de toutes les religions.

Quatre leçons sur la société

Nous nous permettrons, en outre, de suggérer quatre réflexions et suggestions personnelles.

– Les termes crus du Coran ou des traditions et exégèses – les « sahis » compilant des hadîths – qui sont contraires aux valeurs françaises doivent être édulcorés par un consistoire à créer, et les versions ayant des effets d’incitation violente, interdites.

– Le projet et les actes de Daech, d’Al-Qaïda et de leurs succursales, doivent être juridiquement déclarés génocidaires, comme cela s’infère d’ailleurs aisément de la loi française, issue de Nuremberg ; or notre code pénal punit de la réclusion criminelle à perpétuité le génocide : propagande, participation ou complicité.

– Les bi-nationaux qui trahissent la France doivent être déchus de la nationalité française.

– Au nom de la démocratie (comme en Suisse), des principes des Nations Unies sur les droits des peuples, et du principe sociologique de précaution, la population française doit être consultée sur la poursuite ou l’interruption des flux immigratoires massifs.

Les trois valeurs qui font l’essence de l’Occident, notre chair morale collective et consensuelle, et qui seules peuvent conduire l’humanité vers son salut et vers la paix sont :

– la Vérité, rendue accessible par les libertés, notamment celles de la spiritualité, de la connaissance, de la raison, du système politique,

– la Liberté, tant comme moyen que comme but suprême, spirituel, intellectuel et politique,  via les chemins de la vérité et du courage,

– l’Amour, fut-ce par ses formes laïques de l’Égalité, de la  Fraternité, de la Justice, de la solidarité et de la tolérance.

Des valeurs de remplacement

Les islamistes veulent éliminer ces valeurs et remplacer :

– la Vérité – et la liberté de la chercher – par un document intangible rédigé par un prophète chef de guerre du VIIe siècle, et les gloses tardives de ce document,

– la Liberté par la soumission des hommes à leur vision de leur dieu, et celle des non islamistes à la charia, avec ses statuts d’infériorité juridique (mécréants, femmes, esclaves),

– l’Amour et la paix par la haine, la guerre, l’assassinat, le génocide.

Pierre-André Taguieff, L’islamisme et nous : penser l’ennemi imprévu, CNRS éditions, 2017.

L'Islamisme et nous. Penser l'ennemi imprévu

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Danielle Darrieux, au revoir Mademoiselle

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Danielle Darrieux en 1948. SIPA. 00183109_000001

La comédienne Danielle Darrieux est décédée à l’âge de 100 ans. Elle était née en 1917.


Quand une actrice part, l’éloge automatique me donne la nausée. L’impression d’une deuxième mort en service commandé. Il y a quelque chose d’impersonnel et de sordide à dérouler la carrière de Danielle Darrieux, à agréger des époques de cinéma si différentes, à mélanger Guitry et Autant-Lara, à sauter à cloche-pied de Decoin à Chabrol, à faire la courte échelle à Jacques Demy, à ânonner, en somme, une fiche Wikipédia avec les maladresses d’usage. Résumer Darrieux à quelques bornes chronologiques, un joli minois et une longévité à rendre jaloux l’hypocondriaque Drucker ne rendra jamais compte de sa virtuosité gamine, celle d’un temps à jamais perdu.

Le spectacle comme défouloir

Être née en 1917 vous donnait, de facto, une allure, une profondeur et un caractère, autant de qualités que la mollesse de notre époque rejette avec force. Il faut avoir beaucoup fréquenté les femmes de la classe 1917 pour savoir de quel bois et surtout de quel métal, elles étaient faites. Bourgeoises en apparence, avec cette élégance apprêtée que le contrat social imposait alors, indépendantes et amoureuses éperdues, tentant de se frayer un chemin chaotique dans un siècle piégeux. Des rêves d’absolu dans un cadre contenu. Un sens inné de la survie et puis, en creusant à peine, une gouaille crâneuse, la tragi-comédie érigée en philosophie. Le spectacle comme défouloir. N’y touchez pas sinon je vous pique !

Ma grand-mère était née en 1917 et a eu une espérance de vie presque aussi hors norme que celle de Danielle Darrieux. Quoi de comparable entre une star de cinéma et une négociante en vins inconnue du public ? Quelque chose d’inexplicable dans le ton, la fraîcheur d’esprit, un côté bravache, le goût du paraître sans la vulgarité des gestes, toujours le mot pour amuser, taquiner, ce sourire enjôleur auquel les hommes furent incapables de résister et puis, la formule assassine quand le temps se couvrait. Un don pour rembarrer les emmerdeurs et tous les salisseurs du quotidien. En somme, l’esprit révolutionnaire de 1917 en jupon.

Les femmes de 1917

Darrieux, c’était ça, une voix perchée, la fausse légèreté car personne ne s’y trompait vraiment sur ses gouffres intérieurs et ce côté bélier indomptable dans un corps tellement désirable. Avec un mystère insondable en bandoulière pour couronner le tout. Les femmes de 1917 en avaient trop vu, trop soupé pour se laisser amadouer par les sirènes de la modernité. Elles restaient impénétrables et tenaient la baraque, coûte que coûte. Les féministes actuelles devraient en prendre de la graine.

Voilà pourquoi, lorsque j’ai appris le décès de Danielle Darrieux ce midi, j’ai tout de suite eu une pensée pour ma grand-mère, figure légendaire de mes tendres années. Puis, immédiatement, une image est venue percuter ma mémoire, celle de l’accident de Porfirio Rubirosa au volant de sa Ferrari dans le Bois de Boulogne au milieu des années 1960. Improbable fin de vie pour le diplomate dominicain, jadis mari exotique de l’actrice.

Au son muet du douze cylindres italien, son rôle dans Marie-Octobre de Julien Duvivier m’a ramené à sa filmographie. Peut-être pas son meilleur film quoique sa seule présence, en robe de soirée, au milieu de tant de mes idoles, m’a réchauffé le cœur, un instant. Cette femme savait s’imposer. En plus, ce soir-là, mes héros de pellicule étaient tous en garde à vue : Lino, Meurisse, Blier, Frankeur, Roquevert, Dalban, Reggiani et même ce garnement d’Ivernel. Je revois, non sans picotement dans la gorge, son visage lisse et cette résistance désespérée.

Quand une actrice disparaît, notre cerveau peine à raisonner. Il explose sous l’émotion et les films se brouillent. Darrieux m’est apparue au côté du Cavaleur (Jean Rochefort) dans cette belle propriété en friche où justement les souvenirs de la Libération refaisaient surface à la suite d’un concerto. La caméra poudrée de Philippe de Broca tenait la chandelle. Un magnifique halo de nostalgie la ceignait dans cette fin des années 1970.

La gorge nouée

Que les cinéphiles me pardonnent, quoique les puristes m’ont toujours agacé avec leurs manies de puceaux, j’ai aussi repensé instinctivement à Danielle dans L’Homme à la Buick de Gilles Grangier, une comédie de 1968 avec l’impalpable Fernandel. Ceux qui connaissent mon addiction automobile, s’attendent sûrement à ce que je leur fasse le panégyrique du break américain comme l’expression ultime du style. Qu’ils se rassurent, dans cette histoire policière gentillette se déroulant dans le port de Honfleur, la voiture est illusoire. Ce qui m’a toujours marqué, séduit et anéanti aussi, c’est le jeu tout en variations simples de Mademoiselle Darrieux, quand la bécasse notable laisse poindre l’étendue de son désarroi, avec une rare économie, juste une phrase en suspens, la gorge nouée. Peu d’actrices sont aptes à saisir ces moments de grâce.

Marie-Octobre

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L’écriture inclusive pour les malcomprenant·e·s sexistes comme vous et moi

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Capture d'écran du site: ecriture-inclusive.fr

L’écriture inclusive, c’est l’écriture pour tous. D’après un sondage, 75% des Français seraient pour. Mais seulement 12% seraient capables de dire ce que c’est… Tentative d’explication.


L’écriture inclusive est à la mode. J’essaie de m’y mettre, avec bien du mal. Il faut dire que je traîne un lourd handicap, séduite que j’étais par les raisonnements de l’Académie française. Elle prétend que genre grammatical et genre naturel sont disjoints, et qu’il existe en français un genre marqué et un genre non marqué ayant valeur extensive[tooltips content=’Voir http://www.academie-francaise.fr/actualites/feminisation-des-titres-et-des-fonctions On peut souligner que l’Académie ne parle pas de « neutre », mais de « genre non marqué » ou « extensif ». Comme on le verra plus loin, l’Académie ne précise pas dans ce bref texte que le genre marqué peut, plus rarement il est vrai, avoir valeur extensive.’]1[/tooltips]. J’en étais encore là lorsque j’ai publié mon affreux poisson d’avril 2017 imprégné de malveillance et nourri par ces arguments ringards. Maintenant que j’ai pris de bonnes résolutions pour la rentrée, je fais des exercices de rééducation. Mais il y a encore des choses que je n’arrive pas à faire ou que je ne comprends pas. Voici, par exemple, deux difficultés.

1. Je ne sais pas expliquer à un petit garçon qui vient d’entrer en CE1 comment on doit prononcer une séquence écrite ainsi :

« Les instituteur·rice·s conseillent à leurs nouveau·elle·x·s élèves d’être travailleur·euse·s »

J’espère que c’est correct : je tente d’appliquer les recommandations du manuel qui fournit la formule de composition des mots avec le « point milieu » et où on trouve également des listes de transcriptions[tooltips content=’Manuel d’écriture inclusive de l’agence Mots clés, dont la promotion figure sur le site officiel du Secrétariat d’Etat en chargede l’égalité entre les femmes et les hommes : http://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/initiative/manuel-decriture-inclusive/‘]2[/tooltips]. C’est ainsi que, tentée d’abord d’écrire « nouveaux·elles », j’ai renoncé et observé plus scrupuleusement la règle indiquée page 7 du Manuel, ce qui donne dans mon application de malcomprenante : «  nouveau·elle·x·s ». Inutile de préciser que, d’ordinaire excellente dactylo en écriture « normale » (oops, pardon, en écriture macho), j’ai mis pas mal de temps à taper la séquence. J’excepte bien sûr le temps passé à trouver le code pour obtenir le « point milieu » : on nous rassure, les claviers vont bientôt remédier à ce défaut. N’empêche que même avec cette touche supplémentaire, il va falloir acquérir d’autres automatismes de frappe.

A lire aussi: L’écriture inclusive, la nouvelle fabrique des crétin·e·s

Revenons à notre séquence. Une partie se déchiffre en lecture alphabétique (en voyant ce qui est écrit, on sait quels sons on doit émettre) mais une autre partie ne peut pas se lire ainsi. En effet, dès qu’un terme contient un ou plusieurs « points milieu », il faut repérer les lettres à déplacer pour les coller à un radical commun qu’il faut isoler mentalement, puis ajouter les éventuelles marques du pluriel qui sont à coller aux mots déjà obtenus, toutes opérations d’autant plus difficiles qu’elles ne se présentent pas séquentiellement. Il n’y a plus de principe homogène de lecture.

A certains moments il faut dire ce qu’on voit, à d’autres il faut dire ce qui n’est pas écrit et recourir à une interprétation qui transcende la littéralité. Mais quelle interprétation ? Faut-il dire « les instituteurs et les institutrices » ou mettre en facteur l’article et se lancer dans un shortcharabia du genre « les instituteurs-trices » ou « les instituteurs-institutrices » ? Fort heureusement, je trouve en ligne un charitable article de Slate qui suggère des solutions pour me sortir de la « crétinerie » :

Qui s’habitue pendant quelques (sic)[tooltips content=’

On voit ici que les signataires – j’écris « signataires », stratégie d’évitement, parce que je ne sais pas s’il faut écrire « l’auteur et l’auteure » ou « l’auteur et l’autrice » ou « les auteur·e·s » ou « les auteur·rice·s » – ont aussi des problèmes avec le nombre et pas seulement avec le genre.

‘]3[/tooltips] temps à la lecture de tweets et d’articles en écriture inclusive en arrive tout naturellement à deux types de comportement. Premièrement, le cerveau transforme cette notation en un terme neutre: si nous lisons « les chanteur·euse·s», nous comprenons immédiatement qu’il s’agit des hommes et des femmes qui chantent. Et hop, passage au mot suivant, comme dans la méthode globale. Deuxièmement, s’il nous faut désormais lire un texte inclusif à voix haute, on prendra la peine de développer en disant «les chanteurs et les chanteuses», ce qui est moins lourd à l’écrit.

Sortir de la crétinerie, c’est une gymnastique : « hop » passer au mot suivant « comme dans la méthode globale », autrement dit zapper. Au diable la mécanique, vive la « compréhension » immédiate ! Ou alors à haute voix, c’est « développer » une séquence qui n’est pas écrite et qu’on va chercher où ?… mais dans sa « culture », dans ses « prérequis » ! Que voilà une bonne idée pour une école « inclusive » qui ne recourt à aucun présupposé, et qui pourfend les « implicites » générateurs de discrimination !

2. Comment fait-on dans l’autre sens ?

Je veux dire : comment fait-on avec les mots de genre marqué (dit improprement féminin) qui peuvent désigner des personnes de sexe masculin ? J’ai beau scruter les listes du Manuel, je ne les y trouve pas[tooltips content=’Je ne les trouve pas dans les listes. Car pour le nom personne, il est utilisé par le Manuel sans état d’âme au genre marqué (dit féminin) pour désigner aussi bien des femmes que des hommes. On y donne même en exemple la dénomination québecoise des Droits de la personne humaine : à moins d’être « malcomprenant·e » ou androphobe maniaque, on n’en déduit pas que seules les femmes ont des droits. Mais on en conclut que les signataires du Manuel, malgré leurs déclarations, souscrivent bien au concept degenre extensif proposé par l’Académie. Ils le réservent au seul genre marqué, mais ça ce n’est pas du sexisme, c’est seulement un juste retour des choses.’]4[/tooltips].

Je complique ma vie de malcomprenante en imaginant ce petit exercice pervers : transposer en écriture inclusive et gender-correcte le texte suivant.

« Les nouvelles recrues (de nombreuses personnes ont été admises), se sont bien vite adaptées. Celles qui ont été postées comme sentinelles n’ont rencontré aucune difficulté, même si les estafettes ont eu un peu de mal à remplir leur fonction. Mais une vigie prénommée Victor a été la dupe d’une mauvaise plaisanterie faite par une fripouille. L’enquête a réussi à identifier cette dernière – un garçon peu recommandable – et la victime a été réconfortée : Victor est à présent la vedette du régiment, décidément c’est une star. »

Faut-il opter pour la manière forte en inventant une forme « masculine » à affubler aux substantifs « recrue », « personne »[tooltips content=’Il faut distinguer le substantif et le pronom « personne ». Au sujet du pronom, le Dictionnaire d’orthographe de Jouette précise que, « étant indéterminé, il est accordé au masculin (je préfère dire : genre non marqué) singulier mais que « si le mot ne peut désigner qu’une femme, l’accord se fait au féminin ». Ainsi on écrira « Personne n’est assez prudent » et « Personne n’était plus belle que Cléopâtre ». Et le Dictionnaired’ajouter : « Alors qu’une reine dira : Personne n’est plus puissant que moi (les rois étant englobés dans la comparaison). »’]5[/tooltips], « sentinelle », « vigie », « estafette », « dupe », « fripouille », « victime », « vedette », « star » ? Ou bien faut-il les laisser tels quels en admettant qu’ils deviennent épicènes et ne faire varier que l’article ? En tout état de cause, on peut craindre que leur enlever la marque dite (improprement) du féminin, et dire « le victime », « le personne », etc., serait une « invisibilisation ».

Retrouvez Catherine Kintzler sur son blog Mezetulle

C'est le français qu'on assassine

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Les JO sont le contraire des droits de l’homme

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La nageuse Ai Shibata aux JO d'Athènes 2004. SIPA. 00497123_000009

Le Comité international olympique (CIO), par le biais de la Charte olympique, est capable d’introduire, sinon d’incruster, la terrible idéologie de la compétition, au nom du bonheur d’être ensemble, de la citoyenneté partagée, de la santé, de l’éducation, de la culture, etc. Le « but de l’olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique soucieuse de préserver la dignité humaine » ; et encore : « l’esprit olympique exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play ». « La pratique du sport, nous dit la Charte olympique, est un droit de l’homme ». Rien que cela !

Le mythe du surhomme à l’état pur

Une compétition sportive, les JO, qui passe pour naturelle et à laquelle personne ne s’oppose. Une compétition sportive dont même les opposants parmi les plus sincères ne cessent de louer les vertus. « Ce qui est magnifique dans les JO, estime par exemple la conseillère de Paris France insoumise Danielle Simonnet, c’est que vous découvrez plein de femmes et d’hommes qui sont extrêmement impressionnants dans leur grand courage, leurs prouesses et leur dépassement de soi ». Or, c’est précisément cette idéologie du « dépassement de soi » située au cœur du sport de compétition et de l’Olympisme qui ne va pas de soi. Des sportifs « impressionnants », des « prouesses »… Il faut avoir un peu de recul face au sport-spectacle qui, aujourd’hui, dépend tout d’abord d’un dopage massif et permanent de ses pratiquants (y compris dans le sport dit amateur). Mais surtout, il faut l’affirmer et le redire, le sport de compétition ne ressortit en rien du jeu ou de l’activité ludique qui font appel à la liberté de se mouvoir quand on veut et où l’on veut, à la gratuité, à la non-discrimination entre les sexes, à l’accueil de corps différents, à l’indifférence quant aux résultats, au refus de la performance, du record et de la prouesse, au rapport libre, organique et plastique avec une nature non artificialisée.

A lire aussi: Jeux olympiques: plus vite, plus haut, plus cher!

Le sport de compétition est, à l’inverse, la perversion systématique, l’inversion efficace et pratique du jeu et de l’esprit ludique, leur dégénérescence, leur métamorphose par le biais d’un temps mesuré (le chronomètre) et dans un espace toujours circonscrit (la piste, le stade, la piscine…). Avec la compétition, il s’agit de la transformation radicale de la fluidité essentielle du temps et de l’infinité finie de l’espace à travers la mesure des corps réduits à une série de chiffres dont l’apothéose est le record. Autrement dit, le sport de compétition renvoie à une abstraction qui n’en est pas moins – pour beaucoup d’individus encore – fascinante. Elle correspond en effet au mythe jamais assouvi du surhomme lui-même – le champion – lié à l’immense problème de surmonter l’angoisse actuelle vis-à-vis du corps occidental : l’amour-haine du corps au croisement de l’exaltation du travail et de la faiblesse de la chair, un objet de désir et la part inférieure de l’homme, le lieu de la cruauté voire de la morbidité et celui de la jouissance.

L’impérialisme, stade suprême de l’olympisme

Pour en revenir aux JO et contrairement à ce que leur nom indique, ils n’appartiennent pas au domaine du jeu puisqu’ils ne font jamais appel à une quelconque liberté d’organisation entre les individus (y compris celle d’arrêter de jouer), ne mélangent ni les sexes ni les âges et ne s’intéressent qu’aux vainqueurs. Le jeu, a contrario, méconnaît le dopage, l’entraînement démentiel, la professionnalisation, la victoire à n’importe quel prix (triche comprise). En outre, les JO ont fait disparaître les jeux traditionnels (les très nombreux jeux, par exemple, inventés par les Indiens aux États-Unis) au seul profit de sports dits modernes dont la compétition entre individus et l’implacable rivalité entre les nations est le seul moteur.

Il n’y a pas une seule épreuve des JO qui ne soit une compétition entre athlètes ou entre équipes. La compétition est le seul cadre organisationnel et le seul dispositif à partir duquel les JO, et plus généralement toute organisation sportive se mettent matériellement en œuvre et se déroulent selon leur propre logique. La compétition sportive signifie l’organisation maîtrisée, institutionnalisée et ritualisée de la confrontation par le biais de l’aménagement spatial et temporel de la lutte entre les individus ou entre les équipes. Dans cette logique compétitive universelle, seuls comptent les résultats à travers leur comparaison universalisée. La compétition elle-même induit ainsi une logique irréversible : s’entraîner durant des années pour pouvoir y participer après une succession d’épreuves de sélection, s’y maintenir coûte que coûte et quel qu’en soit le prix, et surtout en sortir le vainqueur.

L’essentiel c’est d’éliminer

Le sport de compétition, celui des JO, est à l’exact opposé des droits de l’homme. Derrière les sourires, de moins en moins flagrants ou purs, ce sont surtout les rictus de douleur qui apparaissent sur des visages grimaçants, des corps tordus par la souffrance, exténués par l’effort prolongé. On sait que les entraînements en Chine sont de longues séances de mise aux normes des corps d’enfants placés dans de véritables camps sportifs. Derrière les embrassades de fin de course, ce n’est de fait que la compétition la plus sauvage entre les individus qui s’exprime. Une compétition qui n’admet aucune empathie, aucune solidarité, aucun apitoiement vis-à-vis de l’autre. Malgré les sourires et la « bonne humeur » générale, l’amitié n’existe dans aucune course, aucune épreuve sportive, aucune discipline ; elle y est même proscrite. Le fair-play est lui aussi une pure illusion dès lors que la compétition n’engage qu’à tromper le concurrent (et le public) par le biais du dopage et de toutes sortes de tricheries.

Où est la courtoisie, la loyauté, la droiture dans l’acte sportif compétitif ? Que peut être l’« amitié entre les peuples » dont on nous rebat les oreilles pendant les brefs quinze jours d’une compétition olympique ? Franchement, il y a de quoi sourire. À l’intérieur du Village olympique, parqués dans leurs chambres (filles et garçons séparés, cela va de soi), les sportifs passent le plus clair de leur temps à consulter leurs mails ou à jouer à des jeux-vidéos. Hors de leurs chambres, ils s’entraînent…

Le sport barbare: Critique d'un fléau mondial

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Eric Zemmour vs Omar Sy : la défaite de la pensée

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zemmour omar sy weinstein
Eric Zemmour et Omar Sy. Sipa. Numéro de reportage : 00700535_000005 et Numéro de reportage : AP21201820_000009.

Eric Zemmour, Omar Sy et Harvey Weinstein sont dans un bateau. Devinez qui tombe à l’eau… Autopsie d’une polémique nulle et non avenue.


En 2014, le réalisateur Abel Ferrara sortait Welcome To New York, film ambitieux et polémique censé narrer la déchéance de Dominique Strauss-Kahn, projetant les néons rouges des clubs de strip-tease sur ces quelques jours qui ont transformé un président de la République en puissance, ivre de sa position de directeur général du Fonds monétaire international, en satyre habitué des soirées échangistes les plus glauques, sinon en criminel accusé du viol d’une femme de ménage devenue le symbole des violences faites aux femmes.

Joué par Depardieu, le personnage de Dominique Strauss-Kahn, rebaptisé Devereaux pour éviter les procès, montrait un homme dévoré par ses turpitudes, accro à la luxure, libidineux, boulimique de stupre, avide d’argent, grognant comme un goret affamé réclamant le sein maternel, sorte de pornocrate pipi-caca dont les jours heureux s’écoulaient à la manière du Salo ou les 120 journées de Sodome.

Les scandales sexuels révèlent les tensions identitaires

Dans un monde de dominants, les relations adultérines se limitent parfois au simple échange de liquide séminal, consommation rapide de femmes interchangeables pour se décharger d’un trop plein de testostérone. Qui, d’ailleurs, pourrait se refuser à ces grands enfants-rois habitués à être servis, révérés et admirés ? Néanmoins, la boulimie sexuelle des Dominique Strauss-Kahn et des Harvey Weinstein ne sauraient en faire des coupables, sans qu’ils n’aient le droit de se défendre. Car nous sommes passés d’un excès à un autre. Autrefois, les femmes étaient forcément tentatrices, jamais victimes d’agressions. Aujourd’hui, il suffit de « balancer un porc » anonymement sur les réseaux sociaux pour qu’une vie soit brisée.

Ces scandales sexuels agissent comme de puissants révélateurs des tensions à l’œuvre au sein de nos sociétés. Ainsi, les révélations multiples qui ont visé Harvey Weinstein ont eu des répercussions beaucoup plus larges, générant des débats et des commentaires, souvent outranciers. D’un Didier Lestrade dénonçant d’hypothétiques solidarités communautaires « sionistes » (avant d’effacer son tweet), à d’autres fustigeant la cabale antisémite que subirait Harvey Weinstein, les réactions n’ont pas toujours fait preuve de mesure, se déportant sur un terrain ethno-culturel tristement habituel.

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Pourtant, rien de bien mystérieux dans une affaire au schéma très classique, vieux comme le monde, opposant celles qui couchent pour réussir à ceux qui réussissent pour coucher. Si les agressions sexuelles sont prouvées, Harvey Weinstein sera condamné. Fin de l’histoire ? Non, le « porc » doit être montré en place publique, exhibé pour l’exemple, et, avec lui, le système patriarcal qui l’a engendré.

Sy criminalise Zemmour

Les habitués des polémiques se sont donc baignés avec entrain dans ce capharnaüm médiatique. Eric Zemmour a notamment profité de l’occasion pour répondre à l’acteur Omar Sy, qui vient d’annuler sa tournée de promotion pour le remake de Knock : « Ici-même Omar Sy a demandé qu’on ne m’invite plus et m’a traité de criminel. Je veux simplement lui signaler qu’un criminel, c’est quelqu’un qui a commis un crime. Je sais bien que de Trappes à Hollywood il n’a pas eu le temps de maîtriser la langue française. Je pourrais l’attaquer en justice pour diffamation. Entre parenthèse, des criminels, il en a côtoyé si j’en crois les médias puisqu’il était très ami avec Monsieur Weinstein. »

De quoi transformer un sujet minuscule qui n’intéresse personne, la pensée de « la personnalité préférée des Français » étant aussi indigente qu’attendu, en un débat de société tenant en haleine le cercle de la raison déraisonnante, toutes tendances confondues.

…qui le nazifie

Il est dommage qu’Eric Zemmour, qui avait bien commencé en remettant à sa place Omar Sy et son épouse hystérique sur les réseaux sociaux, n’ait pas su se retenir d’en rajouter une couche. Soucieux de ne pas être assimilée aux lyncheurs de « porcs », il a ainsi affirmé « Moi, vous savez, dès que je vois une meute, je me méfie. Et là, c’est vraiment des méthodes étonnantes de délation. C’est-à-dire, pendant la guerre, on aurait dit de libérer la parole aussi. ‘Dénonce ton juif’, ça aurait été parfait. […] C’est de la délation, point barre, c’est tout ce que c’est. » Pourquoi atteindre si promptement le point Godwin quand on en subit aussi régulièrement les conséquences ? Oui, le hashtag « Balance ton porc » est une idiotie, une de plus dans un monde où l’hystérie est la norme. Hystérie d’une société du spectacle où Eric Zemmour joue le rôle d’épouvantail avec bonheur.