Laurent Wauquiez est candidat à la présidence du parti Les Républicains et serait le favori trois mois avant l’élection en décembre. Selon les medias, il incarnerait une ligne dure, plus proche de celle du FN que de celle des centristes. Le ralliement de Virginie Calmels, premier adjoint d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, n’y changera rien. Pour les médias, le « en même temps » est une marque déposée par Emmanuel Macron et qui ne peut donc pas être utilisée par d’autres.

En savoir plus?

En fait vous n’en saurez pas beaucoup plus d’ici décembre. C’est le discours officiel, la pensée unique qui vous sera imposée. Il est vrai que Valérie Pécresse, Alain Juppé et les «  constructifs » qui se réunissent à Trouville alimentent une tel discours et annoncent clairement leur départ des Républicains en cas de victoire de Laurent Wauquiez, considéré comme le « fossoyeur de la droite » par Thierry Solère. Pas Nicolas Sarkozy. Ses lieutenants et au premier chef Brice Hortefeux ont pris nettement position pour soutenir Laurent Wauquiez.

François Fillon et NKM ne se sont pas prononcés. C’est sage, il n’y a pas d’urgence. NKM avait lors de sa campagne législative perdue adopté la bonne méthode à l’égard d’Emmanuel Macron en distinguant les points d’accord, les points nécessitant une inflexion et un approfondissement, les désaccords représentant une ligne rouge.

Vague jeuniste et dégagiste

Les Républicains n’échapperont pas à la vague jeuniste et dégagiste instaurée par Emmanuel Macron et son mouvement En Marche. Il appartiendrait aux jeunes militants adhérents républicains de choisir la ligne à adopter. A partir de quel âge et jusqu’à quel âge ? A droite comme à gauche, parmi les pro-Macron comme chez les opposants, le ridicule ne tue plus. Mais il contribue à démobiliser.

Laurent Wauquiez, dans son discours de dimanche près du Puy-en-Velay, a redit qu’il voulait rassembler. Pas original, mais indispensable. Il faut préciser comment réconcilier l’humanisme bonne conscience généreux, surtout avec l’argent des autres, et les revendications d’une France qui souffre, qui se sent dépassée et abandonnée, en termes de sécurité, de services publics, de cadre de vie. Evidemment sur le plan économique et social, des finances publiques, mais surtout sur des thèmes sociétaux tels que l’identité, l’immigration, la lutte contre le terrorisme, l’éducation et la culture.

La droite a déçu

Il  a reconnu que la droite a non seulement perdu mais a aussi déçu. Il a rappelé que «  l’instrumentalisation des affaires de François Fillon nous a tués. » Il a opposé ses valeurs de constance et de fidélité, du gaullisme social à la duplicité d’Emmanuel Macron, son «  vide », considérant que « son seul projet, c’est lui. » Selon Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon ne pourra jamais incarner l’opposition , la gauche s’est ralliée à En marche et, point essentiel, les ex-sympathisants du FN ont compris que ce parti ne sera jamais qu’une impasse, Marine Le Pen incarnant – à tort ou à raison – la haine et l’incompétence.

Deux droites irréconciliables?

Il a eu le courage de s’en prendre aux commentateurs qui considèrent « que vous ne devriez pas être là, qu’il n’y a plus de droite, plus de place pour l’enthousiasme, l’énergie et l’espoir à droite ». Et puis enfin à tout ce qui discrédite la politique française : la trahison, l’absence de morale, les « gens qui se vendent pour des places ».

« Je veux qu’ils sachent que nous ne céderons plus… Nous avons le devoir de dire la vérité. Ceux qui veulent nous diaboliser sont ceux  qui ne veulent pas faire face à ces vérités. Plaire à tous est la maladie de la politique moderne. »

Il y a donc deux droites en France : la droite d’en haut, la droite des « barons et des baronnes » et la droite d’en bas, la droite populaire diront les uns, populiste jugeront les autres.

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