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Parents ou candidats, vous n’avez rien à craindre du bac!

Les correcteurs non complaisants ne sont plus maîtres de leur note finale

Parents ou candidats, vous n’avez rien à craindre du bac!
Des élèves se penchent sur une épreuve du baccalauréat au lycée Louis Feuillade de Lunel, dans le sud de la France, le 11 mai 2022 © Alain ROBERT/SIPA

La presse s’inquiète du déroulement de l’épreuve de philo, aujourd’hui mercredi. Aucune raison de s’alarmer, pourtant. Quel que soit votre niveau, le logiciel Santorin, par lequel transitent les copies numérisées avant d’être corrigées, répare les graves injustices auxquelles se risqueraient les enseignants…


L’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie s’inquiète : « Dans plusieurs académies, des collègues correcteurs de l’épreuve de spécialité HGGSP constatent que leurs notes ont été modifiées et remontées (jusqu’à trois points) sans que les jurys de délibération ne se soient réunis. L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie et ses antennes académiques, partout sur le territoire, reçoivent des témoignages de plus en plus nombreux et concordants, notamment dans les académies franciliennes où les corrections des copies dématérialisées s’effectuent via le logiciel Santorin. »

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Le bac ne vaut plus rien

En clair, si la note mise par le correcteur tombe en dessous de la moyenne académique souhaitée (et calculée en fonction d’une réussite globale décidée a priori de 98%), l’algorithme corrigera de lui-même cette injustice flagrante. Vous êtes nul, on vous met 4 ? Vous avez 10… D’autant que depuis plusieurs années des circulaires interdisent pratiquement toute note inférieure à 8.

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Il n’est pas nécessaire d’être informaticien ou statisticien pour comprendre qu’un taux de 98% de réussite en aval suppose en amont une large majorité de notes supérieures à la moyenne. Ladite moyenne tourne désormais autour de 14 — on n’a jamais vu autant de mentions TB au bac que depuis dix ans. Sachez-le : ça ne vaut rien.

Le mot « ludique » ? trop compliqué pour nos pauvres bacheliers !

Il en sera de même en philo. La correction des enseignants est un écran de fumée — y compris pour eux. Leurs notes sont réévaluées en temps réel — au nez et à la barbe des correcteurs. D’autant que les sujets sont parfois d’un élitisme insoutenable. « Le jeu est-il toujours ludique ? » demandait-on hier aux élèves de Bac Pro. Et la presse de s’inquiéter de ce « ludique » qui en a déconcerté plus d’un. C’est sûr que dans un monde où l’on ne dit plus « joueur », mais « gamer »…

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Voilà des années que je suggère la suppression pure et simple du Bac et son remplacement par un Certificat de Fin d’Etudes octroyé à tous — puis ParcoursSup réglera la répartition dans le Supérieur. De toute façon, plus de 40% des orientations sont décidées avant le Bac, considéré comme une formalité (coûteuse, cependant). On ne sauvera pas le Bac en revenant à des pratiques antédiluviennes — disons il y a quarante ans. Et on ne sauvera pas le système, comme le propose ce démagogue (en mot qui finit bien, en ce qui le concerne) de Mélenchon, en supprimant ParcoursSup et en laissant n’importe quel cancre s’engouffrer dans n’importe quelle filière. Le grand n’importe quoi a de beaux jours devant lui.

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Normalien et agrégé de lettres, Jean-Paul Brighelli a parcouru l'essentiel du paysage éducatif français, du collège à l'université. Il anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.

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