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Nantes: la gauche panique

Le « front antifasciste » de la gauche est une blague, sa compromission avec les lfistes bien réelle


Nantes: la gauche panique
© Sebastien Salom-Gomis/SIPA

A Nantes, l’accord de la honte entre la maire PS et LFI se retourne contre Johanna Rolland, maire de la ville et N°2 du PS.


Au premier tour du 15 mars, Johanna Rolland est arrivée en tête avec 35% des voix, talonnée de près par Foulques Chombart de Lauwe avec près de 34 %. Un coup de tonnerre pour Nantes, bastion PS depuis 1989, transformé en QG antifa depuis Notre-Dame-des-Landes, qui en dit long sur le ras-le-bol de ses habitants. William Aucant, candidat LFI, obtenait 11% des suffrages, se positionnant en faiseur de roi. La semaine de campagne du 2eme tour qui s’achève a été marquée par la panique d’une majorité municipale à bout de souffle.

Dès le mardi 17 mars, Johanna Rolland déposait sa nouvelle liste pour le second tour, accordant dix places aux candidats de LFI. Une « fusion démocratique », dit-elle. Un pacte avec le diable, répondirent ses alliés démocrates. Car Johanna Rolland avait pourtant déclaré maintes fois qu’elle ne s’allierait jamais avec LFI. Foulques Chombart de Lauwe le martèle sans détour : « Madame Rolland avait promis pour le premier tour qu’elle ne s’allierait pas avec LFI, encore une fois elle rompt ses promesses, c’est un scandale démocratique. » Pour le candidat de la droite et du centre, Johanna Rolland « a décidé de s’allier avec un parti qui incarne le pire extrémisme français aujourd’hui, c’est-à-dire l’antisémitisme éhonté, la haine antipolice, la violence en politique. » Des mots forts, clairs, qui résonnent bien au-delà des rives de la Loire, jusqu’à Toulouse et celles de la Garonne.

Explosion de la gauche

L’onde de choc fut immédiate dans le camp socialiste lui-même. Bassem Asseh, le premier adjoint de Johanna Rolland, a claqué la porte après l’annonce de cet accord avec LFI. Il a quitté la liste, tout comme les membres du PRG ou de Place Publique. Le silence pesant de l’ancien maire, Jean-Marc Ayrault, figure tutélaire de la gauche nantaise, en dit long sur son embarras. Le silence d’un homme qui sait ce que cette alliance de la honte représente pour l’héritage qu’il a bâti durant des décennies.

A relire, Ivan Rioufol: Que vaut la parole d’un socialiste?

Le coup du « front antifasciste » contre le candidat de la droite et le centre

Le candidat LFI William Aucant avait appelé dès le soir du premier tour à « faire barrage » à l’extrême droite et à constituer un « front antifasciste ». La formule est grotesque. Face aux Insoumis se trouve non pas une liste d’extrémistes, mais un rassemblement de la droite républicaine et du centre (LR, Renaissance, Nouvelle Energie, Horizons, MoDem) conduit par un homme modéré, dont le parcours est une leçon de sérieux et d’engagement au service de l’intérêt général.

Foulques Chombart a en effet réuni autour de lui une grande partie des forces du centre, sa numéro deux n’étant autre que Sarah El Haïry, figure du parti de François Bayrou, ancienne ministre et actuelle haut-commissaire à l’Enfance. Tenter de la faire passer pour une « extrémiste » auprès des Nantais en dit long sur le niveau de panique de Johanna Rolland et ses alliés antisémites… Quant à Foulques Chombart lui-même, il a longtemps œuvré à l’Agence française de développement, consacrant sa carrière à des missions d’intérêt général, bien loin des caricatures que ses adversaires tentent de lui coller. Un homme de terrain, méthodique, qui a surpris tout le monde en remportant la primaire LR locale avant de rassembler un arc allant bien au-delà de son camp naturel.

Nantes est tenu par la gauche depuis 1989. Trente-sept années de pouvoir socialiste ininterrompu. Pour quel bilan ? La ville qui trônait jadis sur le podium des « communes où il fait bon vivre » a dégringolé au fond du classement. Malgré l’insécurité qui règne à Nantes, Johanna Rolland refuse d’armer la police municipale et d’investir dans les caméras de surveillance. La dette est en forte hausse (+56% par habitant à l’échelle métropolitaine), la pression fiscale est élevée, et la ville compte un record de défaillances d’entreprises. La ville de Nantes est sale, dégradée, la politique anti-bagnole et les travaux sans fins pénalisent le commerce, et l’actualité récente a montré le coût de l’inaction face aux inondations récurrentes du périphérique. Sur le plan politique, Johanna Rolland coche toutes les cases du bingo pseudo-progressiste: drapeau palestinien au fronton de la mairie, soutien à des associations antiflic, communautarisme à gogo, et wokisme culturel à temps plein. Le prix de l’immobilier est à la baisse, et les commerçants du centre-ville aux abois. Dans les milieux économiques, l’inquiétude est palpable. Les chefs d’entreprise nantais, d’ordinaire discrets, confient publiquement et par centaines leurs craintes face à la perspective de voir LFI peser sur les décisions municipales. Globalement, le fiasco est tel que de nombreux Nantais fuient la ville pour s’installer à Angers, ville nettement plus sûre. Le maire d’Angers, Guillaume Béchu, surfe d’ailleurs sur le déclin de Nantes pour sa propre campagne électorale : « Il y a un choix simple entre ceux qui veulent qu’Angers reste Angers avec moi, et ceux à gauche qui veulent qu’Angers devienne Nantes ».

A quelques heures du scrutin qui pourrait libérer Nantes de la gauche radicale, l’ambiance est tendue. Le « front antifasciste », terrifié par la perspective de la défaite, fait ce qu’il sait faire de mieux: pratiquer l’intimidation physique et verbale. Le QG de campagne du candidat de la droite et du centre a été vandalisé. Ses militants, victimes de menaces par un groupe d’antifas, ont dû se résoudre à appeler la police… Les Nantais, habitués au saccage régulier de la ville par la gauche radicale, pousseront-ils le masochisme jusqu’à donner les clés de la mairie à l’union du chaos formée par Johanna Rolland et ses alliés LFI ? Réponse dimanche.




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Romancier, journaliste, conseiller politique, createur de l'Université du Futur

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