Dans la bataille culturelle, les conservateurs remportent bataille sur bataille face aux progressistes. La gauche ne fait plus l’opinion. Hier soir, Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle. Celui qui plaisantait encore, il y a quelques jours, sur des patronymes juifs est actuellement le mieux placé à gauche, selon les sondeurs. Notre chroniqueur voit dans cette déchéance de la gauche une aubaine pour la droite.
La gauche n’a plus rien à dire. Quand elle parle, elle crache des pierres : elle veut des têtes, des censures, des interdits. En vain. Ainsi, les « progressistes » n’ont pu empêcher la publication du rapport parlementaire sur l’audiovisuel public, rédigé par le député UDR Charles Alloncle. Le document, sauvé de justesse sous la pression des réseaux sociaux, sera mis en ligne mardi par l’Assemblée nationale. Boualem Sansal, pour sa part, sortira le 2 juin chez Grasset son « livre de guerre » (« La Légende ») contre l’islam et la dictature algérienne, en dépit des insultes des bouffeurs de curés ralliés à Allah. Le Canon Français continue d’organiser des banquets populaires malgré les entraves de l’extrême gauche qui déteste le terroir et ses chansons. Le vide intellectuel est tel qu’à Nantes, la maire socialiste Johanna Rolland a lancé le 22 avril l’opération « Plante ton slip » : chacun est invité à enfouir sous terre ses sous-vêtements pour tester la vitalité de la biodiversité ; les caleçons exhumés seront exposés en septembre.
A lire ensuite: 2027 : Ne demandez surtout pas le programme
Fossoyeurs
A Saint-Ouen, aux portes de Paris, les gauches s’affrontent autour de Master Poulet, fast-food 100% halal. Le maire PS de la ville, Karim Bouamrane, s’oppose à ce projet, défendu par LFI au nom de la « nouvelle France » musulmane. Le 26 avril, sur TikTok, le chercheur pro-islam Pascal Boniface a même comparé le blocus de Donald Trump dans le détroit d’Ormuz à celui de Bouamrane contre Master Poulet ! Constat navré de l’illustrateur (de gauche) Xavier Gorce, le 27 avril sur X : « Nous arrivons à ce point de bascule inimaginable où les gens épris des valeurs de gauche (libertés, émancipation, mérite, progrès, rationalité, science, universalisme, pluralisme, laïcité, républicanisme, démocratie représentative…) sont de droite. Bravo les fossoyeurs ».
@pascalboniface_
Montebourg « orphelin » politique !
La déchéance du camp du Bien, toutes chapelles confondues, n’est certes pas une découverte. La gauche, qui a perdu son monopole culturel, ne fait plus l’opinion.
A lire aussi, Garance Dulac: Pourquoi je vote LFI
Néanmoins ses donneurs de leçons, qui se disent héritiers des Lumières, refusent d’admettre leurs échecs.
L’effondrement des finances publiques, de l’école laïque, de la cohésion nationale sont pourtant des désastres nés de belles idées fausses sur l’égalitarisme, la société ouverte, l’universalisme militant. Selon deux sondages récents (Ifop), 57% des Français jugent trop élevée la part des impôts sur le travail ; 60% estiment que la France connait une « transformation démographique profonde » due au remplacement de la population française par une population non européenne, majoritairement africaine. La droite est l’aubaine pour les défenseurs de la liberté d’expression et de la démocratie. C’est Nicolas Dupont-Aignan, avocat des procédures référendaires, qui réclame[1] une « opération mains propres, tant à l’égard du monde politique que des conflits d’intérêts qui gangrènent les milieux économiques, notamment pharmaceutiques ». Le libéralisme commence à être enfin perçu, y compris au RN, comme l’antidote aux idéologies totalitaires et antisémites. Ceux qui se disent « orphelins » de la sociale-démocratie, comme Arnaud Montebourg, parlent avec les mots de la droite patriote et souverainiste. La logique voudrait qu’ils la rejoignent. En annonçant sa candidature à la présidentielle, hier soir sur TF1, Jean-Luc Mélenchon a achevé de rendre la gauche répulsive.
[1] 2027, La liberté ou la mort, Fayard




