Le RN s’implante dans 70 petites villes de la France profonde, mais échoue à gagner Toulon et Nîmes, faute d’union des droites. Éric Ciotti s’empare de Nice. À l’exception de Nantes, la stratégie d’alliances honteuses des socialistes avec les LFistes échoue un peu partout. Mais la gauche bobo conserve Paris, Lyon et Marseille. Les écologistes perdent Bordeaux, Strasbourg, Poitiers et Besançon. LFI gagne les communes islamisées de Roubaix, Vénissieux et Creil. Notre chroniqueur analyse la carte électorale et ce «progressisme» diversitaire, qui pourrait mettre des bâtons dans les roues de la présidentielle d’une France qui penche pourtant nettement à droite.
La photographie des municipales confirme une donnée démographique essentielle pour l’avenir: le basculement sociologique des villes ouvertes promeut la gauche et l’extrême gauche immigrationistes. Le Parti socialiste s’est durablement installé à Paris, Marseille ou Nantes, dont la maire s’est alliée à LFI. La France Insoumise a gagné Roubaix et Vénissieux en plus de Saint-Denis. Autant de territoires d’où les populations autochtones ont été réduites sous l’effet d’un peuplement extérieur soutenu par un universalisme militant.
Nouvelle France
En 2012, l’électorat musulman, acquis à la gauche, avait donné à François Hollande le million de voix pour battre Nicolas Sarkozy. En 2027, la « nouvelle France », théorisée par Jean-Luc Mélenchon mais défendue aussi par le « progressisme » diversitaire, pèsera plus encore lors de la présidentielle. La France des Oubliés, celle de la périphérie et de la ruralité (60% de la population), saura-t-elle se faire entendre dans cette confrontation civilisationnelle à venir ? Les bons résultats du RN dans 70 communes de la nation profonde font comprendre que le parti sait plutôt bien s’adresser à cette population, souvent désabusée voire démoralisée par l’indifférence portée à son sort par les « élites ». Cependant, la forte abstention du second tour (43%) rappelle l’étendue de la crise démocratique et le dégoût que suscite la politique et ses acteurs pour la plupart des citoyens. Leur dégagisme, qu’ils expriment dans les sondages en rejetant le système, ne s’adresse pas seulement aux dirigeants qui ne les regardent plus. Il désigne aussi ceux qui entendent prendre leur place.
On recherche: union des droites
La résistance au déracinement de la nation a pris le maquis. Les deux France – celle des métropoles, celle des périphéries – vont structurer les enjeux politiques de ces prochains mois. Or si la gauche et l’extrême gauche ont choisi leur même camp électoraliste, la droite ne sait toujours pas parler d’une seule voix aux Français inquiets pour leur survie future. Ceux-ci sont prêts à en finir avec un régime qui les méprise. Hier soir, Bruno Retailleau, patron des LR, a promis de « renverser la table » et d’« assumer une rupture radicale », tout en dénonçant les « démagogues » du RN. Or ce manichéisme, qui a poussé LR à maintenir ses candidats à Nîmes ou à Marseille, a fait perdre ces deux villes qui étaient potentiellement gagnables par le RN. A l’inverse, la nette victoire d’Éric Ciotti à Nice, allié au RN, démontre l’efficacité d’une droite unie. François Fillon puis David Lisnard, qui se sont fait tour à tour photographier avec Ciotti, l’ont suggéré à leur manière. Nicolas Sarkozy a lui-même déjeuné avec Jordan Bardella en février.
Selon l’IFOP, l’union des droites serait réclamée par 82% des LR et 88% des RN. Mais ce lundi matin, sur RTL, Valérie Pécresse (LR) n’en démordait pas : « La droite et le centre doivent s’allier face au chaos des extrêmes ». Elle compte même demander à Retailleau de « clarifier » sa position, jugée ambiguë dans son refus de soutenir Christian Estrosi dans ses salamalecs communautaristes à Nice. « J’ai une bonne expérience des campagnes ratées », a ajouté Pécresse dans un lapsus… Qui veut encore de cette droite qui aime perdre ?
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