Le refus de la gratuité du masque pour les élèves déclenche une polémique…


« L’État ne fournira pas de masques aux élèves » nous annonce Le Monde. C’est ce qui est ressorti du conseil de Défense de ce mardi 25 août. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir demandé au gouvernement, sur les bancs de gauche comme sur ceux de la droite d’éviter de confondre comme Blanquer, un outil sanitaire et une fourniture scolaire.

Le masque qui devait se négocier aux alentours de 5 centimes d’euros en janvier est monté à 0,95 euros, et encore le gouvernement a dû se faire un ulcère à l’estomac en fixant cette somme maximale. C’est la loi de l’offre et de la demande, paraît-il, ce truc formidable qui est la base du marché, ce marché qui ne marche que s’il n’y a pas de guerres, d’épidémies, de troubles sociaux, d’évènements climatiques, bref qui ne marche pas souvent.

Comparaison n’est pas raison ?

À moins que l’État soit là pour socialiser les pertes et privatiser les profits. Par exemple, l’État ne fournit pas de masques aux élèves mais il fournit 7 milliards d’euros à Air France et 5 à Renault pour les aider à licencier. De beaux esprits expliqueront sans doute qu’il faut comparer ce qui est comparable.

Justement, c’est comparable.

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Écoutons, toujours rapportée par Le Monde, l’étrange argumentation, typiquement néo-libérale, de ce gouvernement pour justifier sa pingrerie potentiellement mortifère: « ll faut revenir à la notion de prise de responsabilité individuelle, défend un ministre qui a participé au conseil de défense. On ne paie pas des préservatifs à tout le monde, alors que le sida tue lui aussi ! Ce n’est pas à l’État de prendre en charge cette dépense, d’autant plus que la situation est amenée à durer. »

 « Le masque, c’est comme le préservatif »

La responsabilité individuelle consiste donc, si je comprends bien, pour une famille modeste à faire des arbitrages budgétaires pour protéger ses mômes dans le cadre d’une scolarité qui est, rappelons-le, obligatoire. Parce qu’il n’y a qu’un ministre macroniste pour comparer la responsabilité qui consiste à mettre un masque à l’école à la responsabilité qui consiste à enfiler un préservatif, je ne sais pas, moi, dans une back-room.

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En revanche, les patrons d’Air France qui s’auto-rémunèrent comme des morts de faim et arrosent leurs actionnaires, pour eux, pas de responsabilité individuelle mais un gigantesque assistanat payé avec vos impôts qui par ailleurs ne serviront pas à payer les masques de vos enfants… Vous suivez ?

Le cancer de l’assistanat des grands patrons

On vous dit toujours que l’assistanat c’est un cancer, mais apparemment c’est un cancer pour les allocataires de minima sociaux, mais pas pour ces champions de la responsabilité individuelle que sont les grands patrons. On rappellera dans le même temps que les PME, elles, auront le droit en tout et pour tout à trois milliards, ce qui montre bien qu’il y a, comme toujours, une vraie lutte des classes au sein du patronat, entre celui qui tente de ne pas fermer son usine de cinquante salariés et celui qui repasse déjà son parachute doré avant de sauter de l’avion (d’Air France).

Mais puisque l’État ne fournira pas de masques à la rentrée, on pourrait imaginer de ne pas fournir d’élèves à l’État. Ni de profs d’ailleurs. Ni d’impôts non plus, tiens, histoire qu’il ne puisse plus payer sa police, l’État, et qu’il n’y ait plus rien entre lui et nous. Qu’on finisse le travail des gilets Jaunes et qu’on s’explique un peu.

Avec des masques.

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