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“Les Sept mercenaires”, dernier western classique

Des hommes au grand cœur

“Les Sept mercenaires”, dernier western classique
Yul Brynner et Steve McQueen, Les Sept Mercenaires (1960). © RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA Numéro de reportage: 51409328_000011

Les Sept mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges (1960) n’est-il pas le dernier western de facture traditionnelle?


Ce film reprend la trame narrative du chef-d’œuvre Les Sept samouraïs tourné par Akira Kurosawa en 1955. Le film du cinéaste japonais contait la lutte d’un village de paysans pauvres, aidé par sept guerriers aguerris, des samouraïs, hantés par leur désir de mourir pour se racheter de leur conduite passée, contre une horde de bandits malfaisants.

Humaniste et mélancolique

La version de John Sturges transpose ce récit très oriental dans un Far West magnifié par les superbes paysages mexicains, secs et solaires, filmés en cinémascope par l’excellent chef-opérateur Charles Lang Jr.. Les sept mercenaires sont recrutés par trois paysans mexicains dont le village est sans cesse rançonné par une bande de hors-la-loi menée par un chef cruel. Si le film, parfois décrié, semble dans l’esprit de nombreux critiques et de cinéphiles moins inspiré que son modèle, il a néanmoins reçu un accueil public considérable et selon moi justifié (sept millions d’entrées rien qu’en France à sa sortie en 1961). II s’avère de fait un très beau remake où le choix de la justice, le sens du devoir et de l’honneur donnent aux parcours de ces sept hommes (qui payent cher leurs choix) une grande force humaniste teintée de mélancolie.

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Ce western crépusculaire se laisse voir et revoir avec un immense plaisir, car c’est un film dont il faut souligner la beauté, l’élégance et l’efficacité de la mise en scène de John Sturges, cinéaste qui signa les superbes Fort Bravo (Escape from Fort Bravo 1953), son chef-d’œuvre, Un homme est passé (Bad Day at Black Rock 1954), Règlements de comptes à OK Corral (Gunfight at the O.K. Corral 1957) et Le Dernier train de Gun Hill (Last Train from Gun Hill 1958), entre autres.

Les mercenaires fraternels

La force et l’émotion de l’œuvre sont dues au talent émérite des huit grands acteurs qui interprètent les rôles principaux. Pour les sept personnages des mercenaires : Yul Brynner (Chris Adams, le chef de la bande, beau, viril, droit et déterminé, notre photo), Steve McQueen (Vin, malicieux et élégant, est résolu et ironique), James Coburn (Britt, sec et dur, est le champion du lancer de couteaux), Charles Bronson (Bernardo O’Reilly, émouvant et drôle est un métis courageux et tendre), Robert Vaughn (Lee, un vétéran nerveux, est hanté par son passé et le Mal), Brad Dexter (Harry Luck, un gangster sympathique, est un peu trop cupide mais très serviable), Horst Buchholz (Chico, un jeune mexicain fougueux et généreux, est un admirateur des héros de l’Ouest américain) et dans le rôle du chef des bandits mexicains, Eli Wallach (Calvera, sans morale, est un homme pervers, brutal et sans pitié).

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Portés par la musique superbe, ample, poignante et triste d’Elmer Bernstein (voir notre vidéo plus bas), les sept mercenaires au grand cœur, des hommes solides, vaillants, courageux et volontaires vont payer de leur vie pour certains ou de la solitude du héros incompris leurs choix et comportements très humains et fraternels.

Les Sept Mercenaires est une histoire éternelle et mythique sur la révolte d’une poignée d’hommes déterminés contre l’injustice et la tyrannie des mauvais. Sept hommes aux caractères très différents qui se comportent en héros face au danger, foncent et sauvent des hommes, des femmes et des enfants au péril de leur vie. Aux derniers vivants, il reste honneur et rédemption.

Un des derniers westerns classiques

Film emblématique, il reste l’un des meilleurs westerns du cinéma qui annonce, par les caractères, comportements et démarches de ses acteurs, l’utilisation de la musique et sa sur-mise en scène des situations classiques du western, la fin du genre et la naissance du western-spaghetti. Ainsi Eli Wallach jouera dans Le Bon, la brute et le truand, Charles Bronson sera l’homme à harmonica dans Il était une fois dans l’ouest et James Coburn, le révolutionnaire irlandais de Il était une fois la révolution, tous signés Sergio Leone.

Les Sept mercenaires, vraisemblablement le chant du cygne du western classique de Hollywood… que Clint Eastwood revisitera plus tard, demeure un magnifique sur-western mélancolique.

Les Sept mercenaires un film de John Sturges – États-Unis – 1960 – 2h08
Interprétation: Yul Brynner, Steve McQueen, James Coburn, Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter, Horst Buchholz, Eli Wallach…

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est directeur de cinéma.

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