Alors ça y est, ils l’ont fait. Cette fois, ils ont mis le paquet. Ils ont dégagé Donald Trump, enfin. Ils peuvent recommencer à mondialiser, à faire de la trottinette, travailler sur les utérus artificiels, se moquer des classes populaires qui, décidément, ne veulent pas admettre qu’elles doivent disparaître.


Trump n’avait jamais été leur Président. Quatre années durant, ils ont mené une guérilla intellectuelle, morale, publicitaire, juridique permanente. Ils avaient avec eux presque tous les médias, Wall Street, les universités, Hollywood, la Silicon Valley, presque tous les juges, les instituts de sondage, les GAFAM ; pourtant, ils ont failli perdre, une seconde fois. Sans la Covid-19, on les aurait vu pleurer, encore. Ils vont réécrire l’histoire ; ils le font déjà, prétendant que c’était écrit, que le Progrès devait l’emporter contre l’obscurantisme, le racisme, l’inculture, la facilité. Voyez comme ils sont contents, à New York, Paris, Berlin, Londres ; Dark Vador est tombé ; dans tout l’Empire, ils festoient, avec de la bière sans alcool. En plus, rendez-vous compte, le vice-président est une femme, et noire en plus ! C’est « historique ». Communiez, habitants du « monde libre » ! Dites merci à l’Amérique qui, une fois de plus, nous montre le chemin vers la Lumière, la Vérité. De la propagande ? Quelle propagande ? Des fraudes ? Quelles fraudes ? Si vous doutez, c’est que vous êtes de très mauvais perdants ; et si vous insistez, c’est que vous êtes des complotistes. Mais ils vont s’occuper de vous, ne vous inquiétez pas. C’est l’heure de la revanche.

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N’ayez pas peur!

En être réduit à soutenir Donald Trump… C’est le génie des progressistes : ils sont tellement insupportables que, pour les arrêter, ne serait-ce que les contenir, on en vient à espérer la victoire d’un magnat de la finance, un type dont la vulgarité ferait passer Patrick Sébastien pour la baronne Staffe. En 2016, il les avait bien eus, d’abord en remportant les primaires du Parti républicain, ensuite en battant Hillary, ses compétences, son mépris de classe, ses conférences à plusieurs centaines de milliers de dollars, et son regard de loutre sous coke. Un seul débat, disaient-ils alors, révélerait la supercherie. Les « deplorables » retourneraient jouer du banjo dans leurs caravanes miteuses du Wisconsin. Souvenez-vous de leur effroi, de leurs larmes, à l’instar de celles de notre Laurence Haïm, quand, sur la carte de l’immense Amérique, le rouge avait fini par dominer le bleu. Sur le plateau de Quotidien, ils pleuraient aussi. Ils ne voulaient pas y croire. Comme en 2005, chez nous. Comme le soir du Brexit. Ils ont compris, depuis : c’est à cause des fake news. On veut faire « peur » aux gens. Alors qu’il n’y a aucune raison, n’est-ce pas. Tout va très bien. Il faut vraiment n’avoir que trois neurones pour penser le contraire. Vous ne voyez pas ce que vous voyez, vous n’entendez pas ce que vous entendez. Arrêtez donc de croire que vous avez une culture, une nation, un pays ; reprenez-vous et venez, allez, venez partici

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