La présidence Trump a été un choc salutaire pour le monde


Vulgaire ? Certes ! Mal préparé ? Probable ! Immature ? Peut-être ! Mais tout bilan honnête du mandat de Donald Trump devrait prendre en compte les lièvres que l’homme à la mèche orange a eu l’audace de soulever, comme le jeu trouble de la Chine ou les dangers d’une immigration mal contrôlée. Sans oublier qu’il a permis aux républicains de renouer avec les couches populaires.

Dans le livre des morts égyptien, les bonnes et mauvaises actions du défunt étaient pesées par les 42 juges du tribunal d’Osiris chargés de rendre un verdict sur le sort ultime réservé à son âme. Aujourd’hui, le bilan du président Trump est jugé par le tribunal des médias, dont les arbitres sont plus nombreux et plus intraitables que les dieux de l’autre monde. Beaucoup dressent la liste des réussites et des échecs de sa présidence, en se hâtant de trouver la deuxième colonne plus longue. D’autres se scandalisent que l’on puisse envisager que Trump ait un bilan, le réduisant à un symptôme d’une pathologie de la démocratie. Tous sont d’accord sur le fait qu’il laissera une empreinte indélébile sur la vie politique aux États-Unis et même au-delà. Mais laquelle ?

Un mur prolongé de 300 kilomètres au Sud

Ceux qui le condamnent sont outrés par sa vulgarité, sa pétulance, et l’absence apparente d’un surmoi capable de restreindre ses bas instincts de mâle égoïste, de Blanc xénophobe, de richard obsédé par le fric. Pourtant, c’est précisément là que réside l’apport positif de Trump : il a osé parler ouvertement de certains sujets, à la fois gênants et brûlants, que les autres, avant lui, n’évoquaient qu’à mots couverts. C’est tout le contraire de son prédécesseur, Barack Obama, plus élégant, plus intellectuel, plus « Ivy League ». Obama était parfaitement conscient de l’importance de ces problématiques, mais adoptait une approche infiniment plus discrète, de sorte que, non seulement la plupart des Américains ne voyaient pas ce qu’il avait accompli, mais en plus ils ne savaient guère qu’il s’occupait de ces questions. Trump a promis une Grande Muraille séparant les États-Unis des nations du Sud et des hordes de migrants. Certes, il n’a prolongé les structures existantes que de quelque 300 kilomètres. Peu importe : en incitant ses supporters à scander« build the wall », il a légitimé les préoccupations d’un grand nombre de gens ordinaires. C’est ainsi qu’il a donné une légitimité et une voix à la colère des cols bleus. Ses adversaires, qui dénigrent cette exaspération populaire en la qualifiant de populiste, auraient préféré qu’elle reste refoulée, au risque de la voir un jour exploser de manière d’autant plus dévastatrice qu’elle aura été si longtemps contenue. À cet ég

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Novembre 2020 – Causeur #84

Article extrait du Magazine Causeur

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