Une tribune de Jordan Bardella, député européen RN


De quelle « islamophobie » parle-t-on ? Dans les années 1970, la France comptait une centaine de mosquées sur son territoire. Aujourd’hui, elle en compte près de 2400. Elle voit l’intégralité de ses abattoirs libellés « halal » sur la seule région Île-de-France, ainsi que des commerces communautaires s’imposer comme une norme dans des centaines de quartiers. Enfin, en 2018, les actes anti-musulmans étaient au plus bas depuis 2010, selon le Ministère de l’Intérieur.

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« L’islamophobie tue » arboraient fièrement en banderole des manifestants à l’avant du cortège ce dimanche 10 novembre. Alors que nous nous apprêtons à commémorer le quatrième anniversaire des attentats de novembre 2015, il est essentiel de rappeler que c’est bel et bien l’islamisme dans toute sa cruauté qui a tué 263 Français depuis 2012. C’est d’ailleurs l’islamisme qui tue y compris des musulmans: le maréchal des logis-chef Imad Ibn Ziaten, le gardien de la paix Ahmed Merabet, et d’autres, en ont payé le prix.

Le procès en « islamophobie », historiquement instauré par les Frères musulmans et mis en œuvre par une partie de la gauche, n’a que pour seule finalité de prohiber toute critique de l’islam et, soyons clairs, la remise en cause de l’influence croissante de l’islam politique au sein de la société française. Derrière les accusations en « islamophobie » de la part des militants du CCIF, cheval de Troie de l’islamisme en France, il n’y a non pas la volonté de protéger la liberté pour les citoyens de confession musulmane de croire, mais bien celle de combattre toute entrave à la manifestation de l’islam en tant qu’ordre social. Une lecture entre les lignes de la tribune publiée dans Libération est de ce point de vue éloquente, puisque ses rédacteurs qualifient de lois « liberticides » les textes de 2004 et de 2010 interdisant respectivement le port du voile à l’école et celui du voile intégral. Prêcheurs de haine, imams radicaux ou simples militants du CCIF partagent le même objectif: la soumission de la France et la sécession en France. 

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Oui, la France demeurera le pays des Lumières, de la satire, de Voltaire et de Charlie. En 2005, le Haut Conseil à l’intégration a rappelé unanimement qu’au sein de la République « la critique de la religion, comme de toutes les convictions, est libre. Elle est constitutionnellement garantie et fait partie de la liberté d’opinion et d’expression ». « Elle ne saurait être assimilée au racisme et à la xénophobie », précise l’instance.

La crainte pour le peuple français de voir céder la République face à des revendications archaïques, contraires à toutes les conquêtes sociales de son Histoire, remettant en cause la liberté d’expression et l’égalité entre les hommes et les femmes, est légitime, et même salutaire. La laïcité et la liberté d’expression sont le creuset de notre société et tous ceux qui, par intérêts électoralistes, se complaisent avec ces factieux sont complices de leur délitement. Aujourd’hui, une certaine gauche a officiellement renié la France et ses valeurs, pour tenter d’assurer sa survie électorale.

L’islamisme prospère sur les faiblesses des gouvernements qui se sont succédé. La peur de « dire » a entraîné le perte du courage de « faire ». La peur de se voir reprocher de « pointer du doigt », de stigmatiser telle ou telle partie de la population et, en d’autres termes, d’être taxé d’ « islamophobe », a paralysé les pouvoirs publics au détriment malheureux d’une République laïque, une et indivisible…

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