La Turquie expansionniste d’Erdogan se montre de plus en plus menaçante vis-à-vis de la Grèce, mère de l’Occident. Elle demeure pourtant isolée diplomatiquement. C’est notre absence de courage qui lui donne des ailes.


La Turquie est la question internationale du moment. Et plus précisément, le problème. Celui de la Grèce, mais au-delà, celui de la région, celui de l’Occident, celui de l’Orient, et singulièrement celui de la France.

Je n’aurai pas la prétention, pour une fois, d’en faire le tour. Notez, je pourrais tout à fait me le permettre puisque vous n’y comprenez sans doute rien non plus, de sorte que le culot, la seule chose que j’aie en abondance, me permettrait de raconter n’importe quoi en espérant m’en sortir indemne. Je pourrais d’ailleurs citer des gens qui y arrivent très bien, et tous les jours…

Cette Europe qui se prétend unie regarde ailleurs. Elle qui a martyrisé l’économie grecque pour la faire plier à ses normes se refuse à l’assister quand la mort menace !

Non, je ne sais que ce que tout le monde sait : la question chypriote que chacun se garde bien de considérer, l’exploration gazière en Méditerranée et ses enjeux, l’agressivité planétaire de l’islam, la fragilité économique de la Turquie, sa puissance militaire, le nationalisme exacerbé des Turcs, le rêve ottoman de celui qui voudrait être leur Calife, porteur de cet islam hégémonique qui veut soumettre tous les peuples de la planète à la loi coranique.

Héritage grec et romain

Mais il y a plus fondamental, à tous les sens du terme.

Il y a 2500 ans ce mois-ci, Léonidas se dressait avec les siens face aux barbares, et aux portes brûlantes de la Grèce, mourait pour que vivent Sparte et la gloire hellénique, que sa beauté et sa pensée demeurent jusqu’à continuer, en ce siècle, d’enchanter nos cœurs et de forger nos âmes.

Si la France est l’héritière de Rome, celle-ci est fille d’Athènes, et nous devons à nos illustres aïeules une part de nous-même, l’autre nous venant d’un homme à moitié nu, chargé des péchés du Monde, qui lui aussi se sacrifia pour que soient épargnées nos âmes. Et même si, Dieu merci, je suis athée, je l’en aime pour cela.

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Longtemps les Grecs incarnèrent la civilisation occidentale, jusqu’à tomber face aux Ottomans. Leurs soldats portent traditionnellement la fustanelle, que l’on pourrait trouver un peu ridicule avec ses innombrables plis. Il y en a 400, autant que d’années d’occupation par l’Ottoman, avant qu’une guerre de neuf ans n’en libère la source de notre civilisation il n’y a pas deux siècles de cela. Chacun des plis de cette jupe immaculée est aux yeux d’un grec d’un rouge sang, celui versé par ses aïeux. Aucun Grec ne pardonne, aucun Grec ne peut imaginer voir revenir le Turc sur son sol. On sait qu’un hellène peut mourir aux Thermopyles si la défense de sa patrie l’exige, et si l’armée turque se vante d’être nombreuse, les Perses étaient innombrables. Léonidas pourtant les terrifia, et Thémistocle les terrassa.

L’Europe occidentale endormie ne sait plus trop ce que veut dire se battre pour survivre. Soixante-dix ans de paix, et le consumérisme comme seul horizon, nous font regarder le conflit naissant entre Grèce et Turquie du même œil morne que celui qui nous fait considérer tout ce qui n’est pas notre minuscule n

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