*Propos recueillis à Amsterdam par Paulina Dalmayer

En décembre 2010, l’ex-commissaire européen Frits Bolkestein, connu en France pour avoir été à l’origine de la directive sur la libéralisation des services, invitait les juifs « reconnaissables » à quitter les Pays-Bas. Dans l’interview accordée à Causeur, il revient sur ses propos, qui ont suscité une vive polémique, et dresse le bilan du multiculturalisme.

Paulina Dalmayer. Vous voilà engagé dans le combat contre l’« islamisation de l’Europe ». D’ultralibéral, êtes-vous devenu un populiste d’extrême droite ?
Frits Bolkestein. Où ai-je parlé d’« islamisation de l’Europe » ? Je n’ai jamais dit cela. Au contraire, j’ai écrit que le seul défi, pour le monde occidental, venait du monde occidental.

En tout cas, vous dénoncez une emprise de plus en plus importante de la culture arabo- musulmane sur la culture européenne…
Non. Je me suis opposé au multiculturalisme, mais cela ne veut pas forcément dire que je m’oppose à l’islam. Il est vrai que lorsque j’ai lancé ce débat, en septembre 1991, je me suis fait traiter de « raciste » et autres noms d’oiseau. Mais depuis 2000, date à laquelle l’universitaire Paul Scheffer a publié dans NRC Handelsblad un article intitulé « La tragédie multiculturelle », qui a fait couler beaucoup d’encre, le débat est plus ouvert. Beaucoup de gens rejettent le multiculturalisme, tout simplement parce qu’il est difficile de nier les problèmes qu’il a engendrés. Pour autant, je répète que je ne crois pas à l’« islamisation de l’Europe ».

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Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.
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