Mais le temple de la démocratie américaine a été profané…


Les images qui nous sont arrivées des États-Unis sont sidérantes. Avant de se pencher sur les faits et leur signification, une chose est évidente : le temple de la démocratie américaine a été profané. Plutôt qu’à une prise de pouvoir, nous avons assisté à des scènes de désacralisation. Les personnes qui ont envahi le Sénat et la Chambre des représentants n’ont pas fait de discours ni de déclaration. Ils n’avaient ni communiqué ni plan. Ils étaient ivres de rage et ils se sont soulagés. Mettre ses bottes sur le bureau de Nancy Pelosi est un geste dont le sens est anthropologique. Ce n’est pas une étape dans un projet politique. Et c’est là que se trouve le vrai problème : hier à Washington il y avait de la colère, de la violence, mais il n’y avait pas de rationalité, il n’y avait de plan. Et surtout il n’y avait pas de limite.  

La drôle d’entrée en campagne de Trump pour 2024

Donald Trump espérait sans doute changer la donne. Soit il pense toujours se maintenir au pouvoir soit – ce qui est plus probable – il est déjà en campagne pour 2024. 

Le président Donald Trump en campagne pour sa réélection, le 26 octobre 2020 à Martinsburg en Pennsylvanie © SAUL LOEB / AFP
Le président Donald Trump en campagne pour sa réélection, le 26 octobre 2020 à Martinsburg en Pennsylvanie © SAUL LOEB / AFP

Pour se maintenir au pouvoir, il lui fallait le soutien d’une véritable force fédérale – l’armée – et peut-être des forces locales capables de prendre le contrôle des institutions. Mais Trump n’a pas ce genre de soutiens. On peut supposer qu’il a essayé de les obtenir et que ces tentatives et appels infructueux sont la cause de la tribune des anciens ministres de la Défense. Quoi qu’il en soit, en toute probabilité, le 7 janvier en fin de matinée Trump savait que l’armée, la police, le FBI et le service de protection n’allaient pas bouger. Mais il a tellement l’habitude de changer la donne avec ses transgressions ahurissantes – rappelons qu’il a été le premier surpris par son élection en 2016 – qu’il a appelé ses supporters à se manifester au Capitole. 

En 2016 Trump n’espérait pas tant d’une campagne qui l’avait grisé et lui promettait même en cas de défaite une célébrité encore plus lucrative. On peut donc supposer qu’hier matin à Washington, Trump jouait encore avec le feu, cherchait les limites pour les dépasser et voir ce que cela donne.  Jusqu’à preuve du contraire, il n’y avait pas un véritable plan de putsch. Mais on peut aussi supposer que la possibilité d’un coup d’État voire d’un simple massacre n’a pas fait reculer le présid

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