Home Politique Les cathos versaillais se convertissent en masse au zemmourisme


Les cathos versaillais se convertissent en masse au zemmourisme

Zemmour, le futur candidat de la Manif pour tous?

Les cathos versaillais se convertissent en masse au zemmourisme
Versailles, 19 octobre 2021 © Michel Euler/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22616883_000018

Zemmour était mardi à Versailles en opération séduction de la droite catho tradi


Le “non encore candidat” à la présidentielle Éric Zemmour était mardi 19 octobre au Palais des Congrès de Versailles, pour présenter son dernier best-seller La France n’a pas dit son dernier mot. Le prétexte pour un grand rassemblement de ses (é)lecteurs. 1 500 personnes ont payé entre 20 (étudiants, chômeurs) et 60 euros (bienfaiteurs) pour assister à cette intervention de l’écrivain actuellement le plus médiatisé de France. Les Éveilleurs d’Espérance, l’association à l’origine de cette soirée, ne sont même pas surpris : l’ex-journaliste politique n’a jamais de mal à susciter l’engouement des Versaillais. Il est d’ailleurs déjà monté à trois reprises sur la scène des Éveilleurs. Mais cette fois-ci, la soirée a surtout des airs de meeting.

Zemmour, l’espoir des conservateurs

Les applaudissements à tout rompre qui accueillent l’ancien journaliste sont révélateurs du public : des auditeurs de tous les âges, trois abbés en soutane, des militants de « Génération Zemmour », des journalistes de droite (comme Geoffroy Lejeune, directeur de Valeurs Actuelles), ou encore des politiques conservateurs, tels que Jean-Frédéric Poisson ou Laurence Trochu. L’échange entre Benoît Sévillia, avocat et coprésident des Éveilleurs et Eric Zemmour a porté sur plusieurs des thèmes privilégiés du polémiste et de ce public : l’éducation, l’Europe, les LGBT, la souveraineté, l’énergie et l’immigration. Autant de sujets qui méritent des “remises en question” et des “refaçonnages”.

A lire aussi: Zemmour salue le peuple corse, “mauvais élève de la modernité”

Versailles est le lieu idéal pour évoquer les problématiques classiques de la droite traditionnelle : les “racines chrétiennes gréco-romaines de la France” ou les raisons de l’échec de la Manif pour Tous : “si les manifestants ont perdu, c’est qu’ils étaient pacifiques et qu’ils n’ont rien cassé, et donc le pouvoir n’a pas eu peur et n’a pas cédé”. Réflexion largement ovationnée.

Gagner la droite, l’objectif de Zemmour

L’auteur du Destin français est fidèle à lui-même : rêvant d’“une France unie”, il prône “l’union des bourgeois et des classes populaires” pour contrer notre “déclin croissant”.

Éric Zemmour déteste ceux qui sont divisés alors qu’ils ont un même objectif en tête : “Il faut allier la sociologie de la Manif pour Tous et la sociologie des gilets jaunes”. Mais il prêche à des convertis.

Les affiches brandies, les slogans “Zemmour Président” ou encore “vive le Z” résument l’espoir qui s’est emparé du public. Le “Z” serait le seul capable d’unir la droite et de matérialiser ses valeurs : une France souverainiste et non européiste, qui accepte de “regarder son histoire en face”. Il évoque ainsi de nombreuses fois le “fléau de la culpabilité” qui empêche la France de marcher sereine vers son avenir.

A lire aussi: Face à Zemmour, des effets de manche bien connus

“Le sujet qui rassemble, c’est la question au sens large identitaire et l’immigration”

En mentionnant à plusieurs reprises “l’invasion migratoire” et “l’islamisation” de la société française, Zemmour s’inquiète de “la fin de la civilisation occidentale et surtout française”. Evoquant les questions identitaires, il ne manque pas de lancer une critique acerbe sur la créolisation, ce “concept à la noix” proféré par Jean-Luc Mélenchon. Par ailleurs, il se présente de nouveau en rival du patron de la France Insoumise, en démontrant “la nécessité de retrouver la souveraineté énergétique”, dénonçant aussi les projets écologistes d’Emmanuel Macron : si la France sacrifie sa filière nucléaire au profit des énergies renouvelables, elle s’engage sur la voie de “la tiers-mondisation”. Finalement, tel est le maître-mot de la soirée : comment rendre à la France sa grandeur perdue et sa puissance en Occident.

Mais nous le savons : pas encore de campagne officielle pour le journaliste ! Il prend une fois encore un malin plaisir à éluder certaines questions précises de son interlocuteur, comme “Vous attellerez-vous vous-même à changer les choses ?”, ou tout simplement “Êtes-vous candidat ?”. Dans la salle pourtant, les 1500 participants des Éveilleurs espèrent bien qu’Eric Zemmour n’en restera pas là.


Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Previous article Augustin Trapenard, les raisins de la tiédeur
Next article La Cosa Nostra des idées
Etudiante en Histoire à la Sorbonne, et étudiante à l'ILDJ.

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Le système de commentaires sur Causeur.fr évolue : nous vous invitons à créer ci-dessous un nouveau compte Disqus si vous n'en avez pas encore.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération