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Marche blanche contre l’antisémitisme: pourquoi le Crif avait raison

Le Pen et Mélenchon n'étaient effectivement pas les bienvenus

Marche blanche contre l’antisémitisme: pourquoi le Crif avait raison
Marche blanche en hommage à Mireille Knoll. Francis Kalifat, président du Crif, entouré du porte-parole du gouvernement et du ministre de l'Intérieur. Sipa. Numéro de reportage : AP22183595_000010.

Il faut être d’une singulière mauvaise foi pour faire porter au Crif la responsabilité des incidents survenus au cours de la marche blanche en hommage à Mireille Knoll. Son président, Francis Kalifat avait déclaré avant cette marche que la présence de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon n’y était pas souhaitée. Le Crif n’a jamais prétendu interdire quoi que ce soit. Il était prévisible que des incidents se produiraient avec la présence de ces deux personnes et ils ont bien eu lieu. Le propos de Kalifat était donc fondé dans sa prévision et son anticipation. S’il ne l’avait pas dit, de quelle turpitude aurait-il été accusé : de collaboration, de tolérance pour les extrêmes : l’une qui est allée danser la valse avec d’anciens nostalgiques nazis et l’autre pour sa haine très progressiste d’Israël. Fallait-il composer avec ces gens-là ? Serait-ce par esprit sectaire que ces deux-là n’étaient pas souhaités ou par souci de prévention de désordres prévisibles ?

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L’alibi antisioniste…

C’est la haine obsessionnelle d’Israël, c’est l’alibi antisioniste qui a donné à l’antisémitisme ses lettres de noblesse. Cette « forme renouvelée de l’antisémitisme », pour reprendre les mots du président de la République, n’est que la reformulation d’une constante. Elle permet de rendre acceptable sinon vertueuse le déni d’une légitimité : celle de l’affirmation nationale du peuple juif. Que cette incapacité à penser la complexité de cette question soit le fait de personnes de bonne foi de gauche et de droite ne change rien au résultat. Que d’autres à droite de la droite fassent mine d’oublier que l’antisémitisme traditionnel de certains d’entre eux cohabitait avec la haine d’Israël ne change rien non plus au résultat. Que le Quai d’Orsay fasse semblant de ne pas être au courant de sa complaisance passée à l’égard des formes les plus extrémistes du mouvement palestinien ne change rien à l’affaire. Que le moraliste en chef de Libération, Laurent Joffrin soit aussi oublieux de certains de ses éditoriaux compassionnels pour angelots turcs du Mavi Marmara, pour la sainteté de Stéphane Hessel ne change rien non plus au résultat.

…rend le fond de l’air irrespirable

C’est bien l’amalgame de ces composantes diverses qui a permis à l’air du temps de devenir irrespirable pour les Juifs. C’est cet ensemble de vecteurs qui rend possible la situation ubuesque actuelle qui convoque au tribunal un historien coupable d’avoir énoncé une vérité connue de tous : l’antisémitisme est une constante dans la plupart des mentalités arabo-musulmanes. La haine d’Israël est l’explication magique de l’enfermement intellectuel et psychique de ces sociétés. Que les plaignants s’affublent du faux-nez de l’antiracisme pour accuser Georges Bensoussan de racisme anti-arabe et d’islamophobie, ne change rien non plus au résultat, ils ont ajouté leur part à la pollution culturelle présente.

Ce bilan est un désastre. Que certains estiment reconstruire leur virginité en se défaussant sur le Crif de leur propre aveuglement ou de ce qu’ils ont eux-mêmes contribué à construire relève de l’imposture.

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Jacques Tarnero est essayiste et auteur des documentaires "Autopsie d'un mensonge : le négationnisme" (2001) et "Décryptage" (2003).

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