Où trouve-t-on encore des « cathos de gauche » aujourd’hui ?

Ils ne se revendiquent plus, en tout cas ouvertement, « cathos de gauche », mais après tout c’est ce que certains voulaient dans les années 1960-1970 : se dissoudre pour devenir le « levain dans la pâte » de la société. Ils restent assez fortement présents dans les grandes associations caritatives, y compris non confessionnelles (Restos du cœur), mais aussi dans l’altermondialisme. On les trouve également parmi les élus locaux (comme maires ou dans les conseils municipaux), et dans tout le secteur associatif de « services » (aide aux personnes, solidarités). On observe sans doute une certaine « tentation de société civile », plus que d’engagement politique. Enfin, dans l’Église même, ils supportent mal tout ce qui leur semble un recul par rapport au concile Vatican II et, en ce sens, ils peuvent être très critiques envers Benoît XVI.

Depuis quelques années, face à la montée du communautarisme musulman, on a l’impression que les catholiques s’expriment comme une « majorité opprimée » soucieuse de préserver l’identité culturelle et morale d’une France historiquement chrétienne. Observez-vous une « communautarisation », voire une droitisation des « cathos » ?

En effet, cette « droitisation » existe, mais je ne vois pas de « communautarisation ».

Jean-Louis Schlegel et Denis Pelletier : À la gauche du Christ. Les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours, Seuil, 2012.

*Photo : European Parliament.

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Gil Mihaely
est historien et directeur de la publication de Causeur.Né en Israël en 1965, Gil Mihaely a fait des études d’histoire et de Philosophie à l’Université de Tel-Aviv. Docteur de l’EHESS où il a soutenu en 2004 une thèse d’histoire, il vit en France depuis 1999. En 2007 il a créé, avec Élisabeth Lévy ...