Professeur d’histoire à Yale, Jay Winter est spécialiste de la démographie historique et de l’immigration : concentrant son travail sur la première Guerre mondiale et ses impacts sur le XXe siècle, il a participé au lancement du mémorial de Péronne. Il dirige la série La première Guerre Mondiale, dont le premier volume, Combats, a été publié en octobre 2013 par Fayard et Cambridge history.

Propos recueillis par Jérôme Leroy et Gil Mihaely

Causeur. Les morts de la Révolution, de l’Empire ou de 1870 n’ont jamais eu droit à des  monuments commémoratifs. Pourquoi commence-t-on soudain, en 1918, à honorer la mémoire des soldats morts, tous grades confondus ?   

Jay Winter. La guerre de 1870 est la véritable ligne de partage des eaux, le début d’une industrialisation de la guerre, en rupture avec les conflits du XIXe siècle. La Grande Guerre a, en quelque sorte, démocratisé la mort de masse. Et démocratisé le souvenir par la même occasion.

 

*Photo : Fayolle/SIPA. 00536789_000011. 

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