Home Culture Maxime Real Del Sarte, un sculpteur français


Maxime Real Del Sarte, un sculpteur français

Maxime Real Del Sarte, un sculpteur français

monument-morts-guerre

Les célébrations du centenaire de la grande guerre ont commencé, et chaque village se tourne vers son monument aux morts. On ne les voit plus, à peine lit-on parfois au détour d’une promenade au Pays basque ou en Provence les noms des soldats alignés sur plusieurs rangées…C’est oublier que certains sont aussi des œuvres militantes témoignant des passions de leurs auteurs.

Monarchiste fanatique et antidreyfusard, Maxime Real Del Sarte marqua profondément l’extrême droite française du début du siècle. Il fonda les camelots du roi en 1908 – bras violent de l’action française – et fut emprisonné 10 mois la même année après l’affaire Thalamas (manifestation d’étudiants de l’Action française emmenée par les camelots en réaction à un débat sur Jeanne d’Arc à l’Université de Paris). Engagé en 1914, il perdit à Verdun un frère et son bras gauche, et revint avec un patriotisme plus vibrant encore. Ses œuvres à la mémoire des morts de la Grande Guerre sont visibles dans de nombreuses villes et villages, Montpellier, Paris, Guéthary… En tout, plus de 38 monuments aux morts et 16 commémorations militaires, dont la sculpture monumentale en mémoire des armées de Champagne, dans le département de la Marne, inaugurée en 1924. Son infirmité ne l’empêcha pas d’honorer les commandes que lui fit l’Etat français. On lui doit notamment la statue du maréchal Joffre sur l’esplanade des Invalides à Paris et le monument commémoratif de Pierre de Serbie et d’Alexandre de Yougoslavie, dans le 16ème arrondissement de Paris. Ardent catholique, il fit de Jeanne d’Arc le symbole de son attachement patriotique et royaliste. Il s’en disait « l’eternel serviteur » et couvrit la France de représentation exaltée de la sainte. Il en sculpta plus d’une quarantaine. Ami proche de Charles Maurras, il militera pour obtenir la libération de l’écrivain  auprès du Président Auriol en 1952, et donna ses traits à plusieurs personnages, notamment à l’un des deux poilus sculptés aux pieds de la colonne du monument à la Victoire de Rouen. Si le style académique du sculpteur dénote avec le modernisme des années 30 (on pense à Man Ray ou à Modigliani), on est frappé par l’inspiration et l’extrême sensualité de certaines de ses œuvres. La magnifique  Pietà républicaine de Sare, au pays basque, dont il existe plusieurs répliques, en est un excellent exemple.

*Photo: JAUBERT/SIPA. 00669637_000057.


Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Previous article Karl Kraus, François Nourissier et Brigitte Bardot : mes haïkus visuels
Next article Après la mort, la mémoire démocratisée

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Le système de commentaires sur Causeur.fr évolue : nous vous invitons à créer ci-dessous un nouveau compte Disqus si vous n'en avez pas encore.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération