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Principes républicains: plutôt un voile qu’une crèche?

Oui, une assesseure voilée est un immense problème!

Principes républicains: plutôt un voile qu’une crèche?
Jordan Bardella vote à Saint-Denis, 20 juin 2021 D.R.

Mercredi, les députés et le gouvernement se sont écharpés au sujet d’une assesseure de bureau de vote voilée et des drapeaux étrangers brandis dans les mairies lors des cérémonies de mariage.


Certains n’y voient qu’une tempête dans un verre d’eau. D’autres savent l’importance des symboles et refusent de rester passifs quand un étendard ennemi est planté au cœur de nos institutions.

Mercredi, les députés et le gouvernement se sont écharpés au sujet d’une assesseure de bureau de vote voilée, et des drapeaux étrangers de plus en plus souvent brandis dans nos mairies lors de certains mariages. Je ne reviendrai pas sur la signification du voile islamique, l’ayant déjà analysée en détail dans un article récent, je veux me concentrer sur ce que révèlent les réactions de nos élus.

Le voile est adhésion à une idéologie hostile

D’abord, faire du hijab une question de laïcité est un non-sens. Le vrai problème du voile n’est pas qu’il soit religieux, mais qu’il est l’exhibition d’une adhésion militante à une idéologie sexiste, sectaire, et radicalement hostile à notre civilisation.

A ceux qui prétendraient que je généralise à outrance, que j’accuse toutes les femmes voilées d’être sexistes, sectaires et ennemies, je rappelle que la signification d’un symbole ne dépend pas des intentions de la personne qui le porte. Il est (heureusement) interdit de se promener dans la rue en arborant une croix gammée, et personne ne se demande si celui qui voudrait en porter une est un immonde néo-nazi, ou un hindou pour qui il s’agit seulement d’une svastika. Je ne spécule donc pas sur les convictions intimes de telle ou telle femme voilée, je constate la signification générale du voile, « atteinte à la dignité humaine dans sa composante féminine » pour citer Ghaleb Bencheikh.

A lire aussi, Ghaleb Bencheikh: « Il faut en finir avec les balivernes débitées par des imams incultes »

Pensez aux affiches électorales : si j’ai un t-shirt « votez Machin », il est probable que je ne partage pas la totalité des convictions de Machin, que je n’approuve pas la totalité de son programme. Il n’empêche : je contribue à affirmer ses idées, à le porter au pouvoir, et donc à mettre en œuvre son projet politique dans son entièreté, y compris les points que je désapprouve. De même, il est fort possible qu’une femme voilée n’approuve pas la totalité des prescriptions du Coran, elle porte néanmoins l’étendard d’un projet de société dans lequel les femmes n’ont pas les même droits civiques que les hommes, qui refuse la liberté de conscience en criminalisant l’apostasie (ce qui est le cas dans la quasi-totalité des pays musulmans, et fait l’unanimité des quatre madhhabs sunnites), et exhibe son refus radical de la civilisation européenne et de la culture française.

Entrisme et conquête

Mais ce n’est pas un problème religieux : que des assesseurs de bureaux de vote portent donc la croix, la kippa, une robe de moine bouddhiste ou le symbole du Tao, qu’importe ! Et si vous me dites que le bouddhisme n’appartient pas non plus à notre civilisation, je répondrai qu’il y a deux différences majeures : les élèves de Shakyamuni n’ont pas pour projet d’instaurer une théocratie totalitaire, et leurs valeurs fondamentales sont parfaitement compatibles avec celles de l’Europe (je parle bien ici des valeurs profondes de l’Europe, pas des modes superficielles du consumérisme matérialiste et du « progressisme » relativiste). S’ouvrir aux disciples de Bouddha, Lao Tseu ou Confucius, ou aux fidèles d’Amaterasu, n’est donc absolument pas la même chose que de s’ouvrir aux séides d’Al Ghazâlî.

Il est tout aussi absurde de parler de « séparatisme », et c’est un élément très intéressant de la situation. Une femme voilée qui tient un bureau de vote n’est pas à l’écart du fonctionnement des institutions, elle s’y insère tout en manifestant le rejet de leurs sous-bassements philosophiques et culturels. Ce n’est pas du séparatisme mais de l’entrisme, un signe d’islamisation de la société dans son ensemble. Le gouvernement en est encore à craindre la constitution d’enclaves, alors que nos ennemis en sont déjà au stade suivant : la conquête.

Une énième affaire ?

Et c’est bien ainsi qu’il faut relier cette énième « affaire du voile » au débat sur les drapeaux étrangers lors des mariages. Une mairie est le cœur de notre vie civique, le lieu de la démocratie au plus proche des citoyens. Y arborer un drapeau étranger, souvent d’un pays ouvertement hostile à la France (Algérie, Turquie….) n’est pas un signe de séparatisme mais d’impérialisme, dont la symbolique est limpide : exhiber fièrement son étendard dans un territoire que l’on est en train de conquérir. C’est encore plus flagrant avec les insupportables cortèges de ces mariages dits « communautaires », en fait systématiquement musulmans : avec des voitures les plus tape-à-l’œil possible, en faisant un maximum de bruit, bloquer la circulation pour s’emparer de l’espace public en faisant bien sentir aux autres leur impuissance, et y défiler en brandissant les drapeaux de pays étrangers auxquels on s’identifie contre la France – car vous n’y verrez jamais le drapeau français, que l’on ne vienne pas nous sortir une fable sur la richesse de la double nationalité.

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Notons enfin l’hypocrisie du gouvernement, si révélatrice de la vraie nature du macronisme. Ah, qu’elle était émouvante, Marlène Schiappa, avec sa belle histoire d’une maman qui met ses enfants au lit sans se douter que son admirable dévouement à la République lui vaut d’être attaquée par l’hydre fasciste à cause de l’innocent symbole de sa foi paisible et tolérante. Fumisterie !

Islamo-écologisme

Mme Rachida Kabbouri est peut-être une maman dévouée, je l’ignore et je m’en moque, elle est aussi une élue (EELV, sans surprise) et ne peut donc ignorer la signification politique du voile, la manière dont en le portant elle contribue à le banaliser – je rappelle que c’est le projet islamiste : banaliser l’islam pour le normaliser, puis l’exalter et l’imposer comme norme – ni le fait qu’en le portant ainsi elle crache au visage des milliers de femmes qui se battent pour le droit de l’enlever. D’ailleurs : existe-t-il un seul autre symbole au monde dont des dictatures imposent le port à la moitié de la population sous peine de prison ? Non. Sinistre unicité de l’islam, une fois de plus.

Rachia Kabbouri, conseillère municipale à Vitry-sur-Seine portant le voile islamique. D.R.

Soulignons l’incohérence des propos de Mme Kabbouri, qui affirme que son voile n’est qu’« un bout de tissu sur ma tête » mais se refuse à l’enlever pour remplir au mieux son rôle de citoyenne et d’élue. Si ce n’est qu’un bout de tissu, elle peut l’enlever. Si elle ne peut pas l’enlever, c’est que c’est tout autre chose qu’un bout de tissu. Que l’on n’évoque pas ici la « pudeur » : ce serait cautionner le discours résolument islamiste qui traite « d’impudiques » les femmes non voilées. Et que dire d’Eric Dupond-Moretti ? A une députée qui parle de drapeaux étrangers brandis dans des mairies, il répond danses folkloriques et manifestations de joie. Mais « en même temps », comment attendre de l’honnêteté intellectuelle de la part d’Acquitator, un homme qui s’est dit fier de défendre Abdelkader Merah, un Garde des Sceaux applaudi par les détenus et hué par les policiers ?

Refus revendiqué de l’assimilation

Alors de quoi s’agit-il ? Certainement pas de laïcité ni de séparatisme, mais de la différence absolument cruciale entre l’intégration et l’assimilation. Oui, une assesseure voilée est intégrée, d’autant plus qu’elle est aussi une élue, et il n’est donc pas surprenant que les partisans de l’intégration la défendent aux côtés des alliés et idiots utiles des islamistes. Mais elle n’est pas assimilée, elle est au contraire l’expression du refus radical de l’assimilation. Et c’est ça, le sujet.

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L’intégration n’est que le respect des lois – y compris de manière temporaire le temps de parvenir à les modifier à son profit. L’assimilation est l’adhésion sincère à un art de vivre, une culture, une civilisation. Sans nier ses racines, mais en décidant de s’enraciner résolument là où l’on a choisi de vivre. L’assimilation, c’est ce dont parle Marc Bloch quand il écrit au sujet de la France « j’ai bu aux sources de sa culture, j’ai fait mien son passé » et qu’il ajoute qu’il fut « nourri de son héritage spirituel et de son histoire ». L’intégration est la voie royale vers le multiculturalisme, le communautarisme, et donc la destruction de la souveraineté populaire citoyenne au profit de nouvelles féodalités. L’assimilation est la ligne de crête exigeante permettant de préserver notre culture et le droit à l’autodétermination du peuple français sans sombrer dans le racisme. L’intégration est vouée à l’échec : l’islam ne se contentera jamais de moins que de la conquête totale et de l’islamisation, il l’a suffisamment prouvé depuis 14 siècles. L’assimilation imposera une très grande fermeté, de l’État et de toute la société, mais nous laisse une chance.

L’enjeu, c’est notre civilisation et tout ce qu’elle porte d’universel. Et rien ne l’illustre mieux que l’attitude en apparence paradoxale, mais en réalité parfaitement cohérente, de tous ceux – en particulier à gauche – qui ne voient aucun inconvénient à ce qu’on brandisse des drapeaux étrangers dans une mairie ni à ce qu’une assesseure de vote y soit voilée, mais poussent des cris d’orfraie à la seule idée qu’on puisse y installer une crèche de Noël. Ceux-là ne défendent ni la laïcité ni la République, que l’on peut difficilement croire menacées par des santons de Provence : ceux-là, comme les islamistes, utilisent la lettre de la loi pour en saper l’esprit, rejettent tout ce qui a fait de notre pays autre chose qu’un territoire sans âme, et s’opposent à la France.

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Haut fonctionnaire, polytechnicien. Sécurité, anti-terrorisme, sciences des religions. Disciple de Plutarque.

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