J’ai connu des ministres moins réactifs. La nouvelle était tombée dimanche soir, et dès le lundi matin, Jean-Michel Blanquer gazouillait :

Une réaction suscitée par la tenue prochaine, les 18 et 19 décembre à Saint-Denis, d’un stage de formation syndicale organisé par le syndicat SUD-Education 93 sur le thème « Au croisement des oppressions: où en est-on de l’antiracisme à l’école ? » Un beau thème qui se décline en : « Qu’est-ce qu’un-e élève racisé-e ? » et « Les inégalités ethno-raciales à l’école » et en un certain nombre d’ « ateliers » dont deux au moins portent cette mention sur la brochure d’appel publiée sur le site national du syndicat : « Atelier en non-mixité raciale ».

L’un sur « Pratiques de classes : outils pour déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe » — un sujet qui exige le huis-clos entre « racisées », qui se définissent, comme chacun sait, comme héritiers des anciens colonisés, ce qui exclut les Juifs, qui ne sont pas du tout, comme chacun sait, victimes de préjugés raciaux. Parlez-en à Ilan et Sarah Halimi. Ah, mais ils ont succombé à la juste vengeance d’anciens héritiers des colonisés — bien fait pour eux.

T’es blanc, t’es raciste, t’es pas blanc, t’es racisé

Il faut dire que les Ashkénazes sont blancs, ce qui fait d’eux les justes cibles de Houria Bouteldja, des Indigènes du PIR et des amis d’Edwy Plenel (quant aux Séfarades, qui appartiennent au même cadre ethnique que les musulmans du Maghreb et du Machrek, leur sort n’est pas clair…). D’ailleurs, Pierre Tevanian, qui est l’un des plus purs représentants de cet ethno-gauchisme compagnon de route des extrémismes les plus répugnants, animera un autre atelier sur « le racisme et les privilèges dans l’Education nationale ». C’est ce qu’on t’a appris à l’ENS, petit Pierre ? Gare au loup !

L’autre atelier « réservé » de cette passionnante démonstration de connerie humaine traitera de la « vie professionnelle pour les enseignant.e.s racisé.e.s » — avec l’intervention d’une certaine Wiam Berhouma, « professeure » d’anglais dans un collège du 93.

En parallèle, les enseignant.e.s blanc.hes (voilà que ça me prend, moi aussi) se réuniront ailleurs pour « interroger [leurs] représentations et [leurs] postures dominantes ».
Non, je ne gloserai pas le mot posture. Mais je leur suggère d’interroger le racisme anti-blanc qui s’exprime en ce moment — sauf que d’après certains experts, c’est une notion qui ne peut exister.

On est bien content. T’es blanc, t’es raciste, t’es pas blanc, t’es racisé. C’est bien pratique.

Tout y est, y compris l’écriture inclusive (c’est bien le moins, quand on tient une réunion qui exclut tout ce qui ‘est pas soi) et la finale « marseillaise » des noms de métiers féminisées de force — Bonjour, madame la professeureu… ».

Ne nous en étonnons pas. A la fin du printemps dernier devait se tenir à Paris une fête quelque peu racialisée elle aussi :

qui se déclinait elle aussi :

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Après le communautarisme, on en revient à la ségrégation à l’américaine, période Sud profond. De jolis petits segments bien parallèle — ça aide au dialogue.
Je présume que les organisateurs trieront le bon grain de l’ivraie, et examineront les ongles des participants. C’est sur la couleur des lunules que les Sud-Africains période Apartheid distinguaient les « encore noirs » de ceux qui avaient, comme on disait élégamment, « passé la ligne »… Mais qui se doutait que SUD, qui se prend pour un syndicat d’extrême-gauche, réservait des places aux émules de Pieter Willem Botha ?

Nos militants syndicaux seront épaulés, en cette mi-décembre, par deux merveilleux représentants de l’esprit d’ouverture, de sentiment républicain et de laïcité triomphante, Marwan Muhammad, ancien directeur du CCIF, et…

>> Lisez la suite de l’article sur le blog de Jean-Paul Brighelli

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