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Saint-Denis, nécropole électorale d’une certaine France?

Le billet sarcastique de Dominique Labarrière


Saint-Denis, nécropole électorale d’une certaine France?
Le nouveau maire de Saint-Denis (93) d'extrème gauche Bally Bagayoko, Paris, 17 mars 2026 © Stephane Lemouton/SIPA

Parce qu’une journaliste de BFMTV avait cru entendre dans la bouche de Bally Bagayoko « la ville des Noirs », alors qu’il avait dit « c’est la ville des rois morts et du peuple vivant » (Jean Marcenac), et parce qu’il affirme qu’à la différence des autres Lfistes, il n’aime pas le mot « racisé » pour se définir, nous sommes désormais priés de croire que le nouveau maire de Saint-Denis (93) n’a pas mené une campagne communautariste et qu’aucun électeur n’a voté pour lui en raison de sa couleur de peau.


Dès le premier tour des élections municipales, la ville de Saint-Denis — deuxième cité la plus peuplée d’Île-de-France avec ses 150 000 habitants — a élu maire un citoyen issu de l’immigration, Bally Bagayoko. Élection incontestable, d’ailleurs non contestée.

Victoire manifeste pour La France insoumise (LFI), dont le nouvel élu est un membre éminent. Victoire aussi, mais au goût beaucoup plus amer en l’occurrence, pour ceux qui, avant tout le monde, évoquaient la perspective d’un « grand remplacement » et qui, de ce fait, se voyaient accusés de délirer. De toute évidence, l’élection de Saint-Denis leur donne a posteriori raison.

En fait, conspués, ils l’étaient jusqu’à ce que le gourou Jean-Luc Mélenchon ne les rejoigne sur ce terrain, évoquant — je cite — « la nouvelle France, la France bigarrée, celle du grand remplacement ». Donc, puisque M. Mélenchon lui-même nous le dit, nous l’enseigne, inclinons-nous bien bas et admettons que l’élection de M. Bagayoko n’est qu’un des tout premiers épisodes du « grand remplacement » dans sa dimension politique et électorale. Un premier pas vers la métamorphose de la France que, autre éminente membre de LFI, Mme Obono appelait implicitement de ses vœux lorsque, à la Fête de l’Humanité, où elle trônait en invitée vedette, elle tint à faire savoir qu’elle ne voyait dans cette assemblée qu’une intolérable domination de la gauche blanche au détriment de la gauche non blanche. En clair, l’Insoumise « racisée » déplorait, à mots à peine couverts, que le pays, la France, soit encore aujourd’hui, malgré tous les efforts de nos prétendues élites politiques depuis cinquante ou soixante ans, majoritairement un « pays de race blanche », comme le constatait le général de Gaulle avec bon sens. Qu’elle se rassure, Madame Obono: son affaire est en bonne marche. Encore un peu de patience, juste un peu.

Il est clair que, pour M. Mélenchon, Saint-Denis représente le laboratoire de la tambouille électorale qu’il entend concocter pour les présidentielles de 2027. Lors de celles de 2022, il lui manquait 600 000 voix pour accéder au second tour. Ces 600 000 voix, il compte bien aller les harponner du côté de l’électorat qui a porté, ce dernier dimanche, M. Bagayoko à la mairie d’une ville d’une telle importance.

M. Bagayoko qui, si l’on regarde les choses d’un peu près, se trouve, qu’il le veuille ou non, pris en otage par son propre parti et son grand maître Mélenchon. Car il ne viendrait à l’esprit d’aucun vrai démocrate, d’aucun esprit français, pétri de tolérance et de sens civique, de contester a priori que le nouvel élu puisse se révéler un bon maire pour sa ville, ses concitoyens, pour la France. Donc tout procès d’intention à son encontre ne saurait être justifié. Pire, il serait à condamner, puisque chez nous, et depuis des lustres, nous sommes régis par le noble principe selon lequel nul ne peut être inquiété pour ses opinions, sa race, ses origines, etc.

Or, ce sont bien ces principes admirables qui se trouvent bafoués par la clique LFI qui, très ouvertement, avant même le scrutin, plaidait et militait pour l’instauration chez nous d’une forme de jurisprudence électorale dont le résultat — positivement antidémocratique — serait que, désormais, à Saint-Denis — et bientôt ailleurs — nul individu non racisé ne pourrait être propulsé à la tête de la cité. M. Delogu — la tête pensante de LFI — le proclamait à Saint-Denis même : la prise en compte de ce qu’est « le réel peuple de France » implique l’accession à la mairie d’un candidat « racisé ».

Le pire est que, disant cela, on n’exagère qu’à peine, on ne caricature qu’à la marge, tant il paraît évident que, à l’avenir, bien audacieux et bien téméraire serait le non-racisé qui s’aventurerait à rêver d’alternance. Il y a un bien grand risque, en effet, que l’affaire ne soit verrouillée à double ou triple tour, et pour longtemps. L’élection d’un Blanc, à l’avenir, à Saint-Denis ne pourrait être perçue que — nullement comme un épisode de la vie démocratique — mais bel et bien comme le résultat d’un horrible complot fasciste, à combattre, à annihiler par tous les moyens, légaux ou moins légaux. Nous en sommes là.

En France, une mairie interdite aux Blancs: le rêve à peine voilé de la mélenchonie. Une régression culturelle et civilisationnelle terrifiante. Mais, à la vérité, la sanction éminemment prévisible d’une immigration incontrôlée, cette immigration qui aboutit, en une génération ou deux, à une modification substantielle et radicale du corps électoral. Saint-Denis, en cela, fait figure de cas d’école. Que le sommeil éternel de nos rois, inhumés en sa basilique, n’en soit pas troublé est bien tout ce qui reste à espérer…

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Ex-prof de philo, auteur, conférencier, chroniqueur. Dernière parution : « Je suis Solognot mais je me soigne » éditions Héliopoles, 2025

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