En ne défendant ni Roman Polanski face à la meute néoféministe ni nos libraires face à Amazon, la Ministre de la Culture déçoit.


On se souvient que dans 1984, le Ministère de la Vérité (« Miniver » en novlangue) s’occupe de la Propagande, et celui de l’Amour est chargé de la torture. Nous n’en sommes pas loin : au Ministère de la Culture on nous a installé Roselyne Bachelot. Dans la novlangue du macronisme comme dans celle inventée par Orwell, les mots signifient à peu près le contraire de ce qu’ils disent. 

J’avoue que j’ai eu autrefois un préjugé favorable pour Bachelot, dont les tailleurs flamboyants contrastaient avec le sérieux tristounet des sarkozystes. Une pharmacienne au ministère de la Santé, pourquoi pas ? J’aurais dû me méfier, on y a bien installé depuis un médecin qui passe son temps à inquiéter les gens bien portant, qui sont probablement des malades qui s’ignorent, comme dit Knock, et à désespérer les vieux…

Puis elle a révélé sa nature profonde, en devenant l’une de ces créatures médiatiques interchangeables avec lesquelles on fait de jolies couvertures pour les hebdos-télé. Avoir participé aux Grosses têtes a laissé des traces. C’était une femme souriante et apparemment consciente de ses limites, un bon point pour un ministre auquel ses laquais murmurent chaque matin « Monseigneur est beau » — comme Montand dans la Folie des grandeurs — et qui finissent ordinairement par le croire. Elle est devenue une caricature. 

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Ça a débuté comme ça : si elle avait été ministre de la Culture le 28 février dernier, lorsque J’accuse a été récompensé (fort justement) par l’Académie de l’entre-soi cinématographique, « je me serais levée et je serais partie », comme Adèle Haenel, pour protester contre l’attribution d’une énième récompense majeure au plus grand réalisateur français.

Qu’un ministre, qui par fonction doit rester au-dessus de la mêlée, prenne modèle sur les comportements hystériques d’un quarteron de starlettes nulles et d’acteurs à la ramasse désireux de se faire un peu de publicité sur le dos d’un génie, voilà qui nous donne une idée de la dégringolade de la fonction, depuis Malraux. Qu’un ministre se rapetisse à son être de femme, et qu’une femme se ramène à sa fonction ovarienne et déclare sa solidarité avec quelques imbéciles du même sexe me sidère. Mais je ne devrais pas m’étonner, après tout, juste après

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