Les restaurateurs, les hôteliers et cafetiers sont les grands sacrifiés du plan de déconfinement d’Emmanuel Macron 


Le 16 mars dernier, c’est avec stupeur que nous avons appris que pour la première fois de son histoire, la France allait devoir respecter à l’échelle nationale des règles de confinement afin de protéger ses citoyens d’un virus en provenance d’Asie : le Covid-19. Dès le lendemain, les restaurants, les hôtels, les bars et les cafés ont alors dû fermer boutique, plongeant leurs gérants, leurs employés et leurs clients dans un désespoir profond que la durée interminable de cette mise en quarantaine forcée n’a fait que décupler au fur et à mesure du temps. 

Notre identité nationale bouleversée

Adieu petit café du matin dans notre petite brasserie de quartier préférée au sein de laquelle on aime discuter de la pluie et du beau temps. Adieu petit restaurant du samedi soir qui a vu défiler depuis tant d’années nos anniversaires entre amis, nos petits coups d’un soir et autres évènements familiaux qui ont illuminé la maisonnée. Adieu petit bar sympathique à côté du bureau qui autour d’un bon verre de vin a su éponger nos petits tracas du boulot.

Lundi 13 avril, en annonçant la réouverture des établissements scolaires et pas celle des restaurants, des hôtels et des cafés, Emmanuel Macron n’a pas fait que susciter encore un peu plus de désespoir chez les professionnels du secteur…

Avec la fermeture de tous ces établissements, c’est bien notre vie quotidienne dans sa dimension la plus intime qui a été totalement bouleversée. C’est bien notre manière de vivre, partie intégrante de notre culture et de notre identité, qui a pour un temps été complètement décimée. 

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Cette catastrophe qui a été très mal vécue par certains clients réguliers s’est transformée en une véritable tragédie pour les gérants et leurs employés. En effet, même s’il est compliqué de donner des chiffres précis, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), principale organisation patronale française du secteur de l’hôtellerie-restauration, estime la perte des hôtels, des restaurants et des cafés à six milliards d’euros depuis le début du confinement, soit 65% du chiffre d’affaires produit par l’ensemble du secteur du tourisme. Beaucoup de restaurateurs, d’hôteliers et de gérants de bistrot se retrouvent effectivement aujourd’hui avec des trésoreries cadavériques et ne savent absolument pas comment ils vont faire pour payer leurs fournisseurs, avancer les salaires de leurs employés en attendant que le chômage partiel leur soit remboursé et payer les charges, même si le gouvernement a annoncé qu’elles allaient être reportées voire en partie annulées. 

Un secteur en apnée

Au-delà de l’aide accordée par l’État qui a pu en soulager plus d’un, la plupart de ces établissements connaissent des difficultés dans leurs relations avec les banques, les bailleurs et les assureurs qui, en cette période compliquée, ne jouent assurément pas le jeu. En effet, il apparaît complexe pour beaucoup d’entre eux d’accéder aux prêts garantis par l’État, de demander un report pour payer leurs loyers ou encore pour se faire indemniser. D’après l’UMIH, alors que 60% des chefs d’entreprises ont fait valoir la garantie perte d’exploitation auprès de leur assureur, près de 98% des demandes ont été refusées. Autant dire que pour beaucoup de restaurateurs, d’hôteliers ou encore de cafetiers, c’est un véritable parcours du combattant pour tenter de sortir la tête de l’eau.

C’est bien pour cela qu’il apparaît aujourd’hui vital de rouvrir rapidement l’ensemble de ces établissements afin qu’ils puissent à terme réussir à s’en sortir. Alors que près de neuf établissements sur 10 sont aujourd’hui fermés, alors que le secteur de l’hôtellerie et de la restauration perd entre 150 millions et 200 millions d’euros de chiffre d’affaires par jour, il est inenvisageable de poursuivre ce que l’on pourrait assimiler à une destruction en règle de tout un pan de notre économie. 

Lundi 13 avril, en annonçant la réouverture des établissements scolaires et pas celle des restaurants, des hôtels et des cafés, Emmanuel Macron n’a pas fait que susciter encore un peu plus de désespoir chez les professionnels du secteur, il a surtout provoqué l’indignation de beaucoup de Français qui ne comprennent pas que l’on puisse rouvrir les salles de classe où s’entassent des dizaines d’élèves sans l’envisager pour les bars, les hôtels, les cafés ou encore les salles de restaurant. Il ne s’agit évidemment pas de faire comme si le Covid-19 avait disparu mais de permettre aux hôteliers, aux restaurateurs et aux cafetiers de relancer leur activité en l’adaptant à la situation sanitaire afin de protéger aussi bien les employés que les clients. 

Pendant ce temps, c’est Uber eats et Deliveroo qui régalent!

Aujourd’hui, seuls les restaurateurs qui sont spécialisés ou qui se sont lancés dans la vente à emporter ou la vente en livraison et seuls les hôtels qui accueillent des personnes en hébergement d’urgence, des routiers ou encore des soignants réussissent tant faire se peut à tirer difficilement leur épingle du jeu, ce qui est absolument catastrophique ! Il est effectivement temps de comprendre que l’aspect économique de la crise que nous vivons est d’un certain point de vue aussi important que son aspect sanitaire. 

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En effet, à force de céder aux diktats des médecins et autres conseillers scientifiques, on en oublie que derrière les choix qui sont actuellement faits, il y a des femmes et des hommes qui sont en train de perdre le travail et l’investissement de toute une vie. Seule la réouverture de leur établissement peut encore les sauver. Par conséquent, Emmanuel Macron doit le plus rapidement possible revenir à la raison et décréter dès le 11 mai la possibilité pour les restaurateurs, les hôteliers et les cafetiers de rouvrir. Il en va de l’avenir de ces chefs d’entreprise et de leurs employés, il en va de l’avenir économique de la France.

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