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Police: critiques partout, soutien nulle part

La police, jamais victime mais toujours présumée coupable!

Police: critiques partout, soutien nulle part
Un rassemblement a été organisé à Paris le samedi 11 juin pour rendre hommage à Rayana et plus largement aux " victimes de tirs policiers" © Arnaud Andrieu/SIPA

Les policiers sont de plus en plus souvent confrontés à des refus d’obtempérer ou à des délits de fuite qui les mettent en danger. Face aux déclarations de Mélenchon et à la complaisance des médias pour ceux qui enfreignent la loi, nos policiers se retrouvent esseulés…


Il ne faut rien de moins que le délire haineux de Jean-Luc Mélenchon contre la police qui, selon lui, tue, pour nous rendre indulgents à l’égard des faiblesses présidentielles et ministérielles dans la lutte contre l’insécurité, l’impressionnante augmentation des violences et la sous-estimation chronique et politicienne de l’état d’ensauvagement du pays. Il n’y a vraiment pas de quoi rire comme croit pouvoir le faire Libération qui, pour se moquer de l’opposition à Jean-Luc Mélenchon, se demande “s’il mange des enfants” alors que ce quotidien n’a rien trouvé à redire à l’absurdité, elle bien réelle, d’une police tueuse.

Heureusement la vérité et le bon sens finissent à la longue par se frayer un passage dans le maquis des outrances, des partialités et des ignorances, dans cet anarchisme banal des Français qui s’abandonnent à une hostilité à l’encontre des forces de l’ordre sauf quand ils ont besoin d’elles. C’est cette démagogie qui doit d’abord être reprochée à Jean-Luc Mélenchon, celui-ci par clientélisme flattant ce réflexe si peu républicain.

L’usage des armes n’est pas la norme

Il faut pourtant rendre grâce – je n’en abuse pas – à un autre quotidien, Le Parisien, qui a eu l’honnêteté de faire état des statistiques en matière de refus d’obtempérer et de ses conséquences parfois dramatiques. Le constat est édifiant et devrait clore le débat s’il était mené par tous avec bonne foi. L’article 122-5 du Code pénal sur la légitime défense de soi-même ou d’autrui a été complété en 2017 par l’article 435-1 du Code de la sécurité intérieure prévoyant les modalités d’immobilisation, par les policiers, d’un conducteur ayant refusé d’obtempérer. Alors que cette disposition avait été très critiquée par certains qui la jugeaient trop permissive, elle a au contraire révélé son utilité.

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27 556 refus ont été recensés en 2021. Dans ces situations à risques, l’usage des armes par la police seulement à 157 reprises sur les 14 256 dont cette dernière a pâti. Pour la gendarmerie, à 44 reprises sur les 13 500 subis. Sans minimiser les conséquences de ces comportements si peu civiques et à tout coup commis par des personnes que leur passé ou la réalité présente de leur condition incitaient à fuir, on doit se féliciter du très faible nombre de morts que la légitime défense de la police a causées, ce qui montre à quel point les procès partisans qui accompagnent systématiquement les drames sont choquants. À entendre certains – notamment sur Twitter – il faudrait que les fonctionnaires de police se laissent tuer pour respecter l’État de droit !

Alors que le refus d’obtempérer, s’il est transgressif, n’engendre en lui-même aucune conséquence irréversible, il dégénère dès lors qu’il est suivi, la voiture étant considérée comme une arme, par les violences volontaires ou pire la tentative d’homicide perpétrées par le fuyard. Aussi entendre que le refus d’obtempérer tue est une absurdité provocatrice de plus.

Les policiers frappés d’une présomption de culpabilité

On a le devoir de s’interroger, comme l’a fait remarquablement Jean-Eric Schoettl, sur cette perversion qui fait que “les forces de l’ordre sont jugées plus sévèrement que les ennemis de la société“.

Outre cette trop habituelle dérision à l’encontre du policier ou du gendarme, je vois, dans cette dérive dégradant la démocratie, des motifs tenant à un faible soutien par les pouvoirs de la police nécessairement et souvent engagée dans des actions graves, à une complaisance obscure pour les fauteurs de troubles, à une compréhension excessive de certains médias à l’égard des transgresseurs, enfin à cette constante que j’ai relevée dans l’ensemble de la sphère régalienne (policière et judiciaire) d’un complotisme qui fait préférer une version fausse et dissidente à un récit incontestable mais que son caractère officiel induit en suspicion par principe. Le nombre de semeurs de mensonges qui sur les réseaux sociaux avec aplomb assènent des billevesées choquantes contre des vérités sans doute trop évidentes !

La police qui exerce un beau métier, assumant des missions si difficiles avec le risque, face aux voyous de plus en plus armés et violents, sans la moindre peur ni retenue, de blessures ou de mourir, est en effet, dans la plupart des circonstances, victime alors qu’elle a l’usage de la force légitime – mais je trouve infiniment sain que pour les rares violences illégitimes que tel ou tel fonctionnaire a indiscutablement commises, une juridiction soit saisie et statue.

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Elle est victime mais toujours présumée coupable. C’est au paroxysme des manifestations des Gilets jaunes que le poison a été instillé dans notre vision républicaine : la mise en parallèle des actions légitimes de la police et des résistances et violences scandaleuses de ceux qui s’en prenaient à elle.

Qu’on ne croie pas que cette injustice foncière est sans effet sur les policiers et leur psychologie. Douloureux au quotidien de vivre cet écartèlement entre l’honneur d’un métier qui nous protège et sa stigmatisation constante et, de la part de certains politiques, délirante.

26 psychologues ont été recrutés pour renforcer les équipes de soutien psychologique. Le service de soutien psychologique opérationnel de la police a enregistré 9 980 sollicitations au cours de l’année 2021. On comprendra alors pourquoi ma considération s’attache à la police et pas à ceux qui refusent d’obtempérer ou qui, pire, blessent ou tuent du “flic”.

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Magistrat honoraire, président de l'Institut de la parole, chroniqueur à CNews et à Sud Radio.

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