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Des suspicions de racisme sur le Ballon d’Or

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Entre la sortie du beaujolais nouveau et l’élection de Miss France, la cérémonie du Ballon d’Or fait partie des petits rituels de la fin d’automne. Chaque année, à Paris, le monde du football arbore ses costumes les plus criards pour décerner le titre du meilleur joueur du monde, étrange entreprise individualiste dans un sport à première vue collectif…


Après une période (2010-2015) durant laquelle les sélectionneurs et les capitaines des sélections prirent aussi part au vote, le prestigieux prix du Ballon d’Or est de nouveau décerné par les journalistes, électeurs issus de tous les pays du monde. À mesure qu’il s’est internationalisé (au départ, c’était une récompense européenne), le trophée fait l’objet depuis quelques années d’accusations de racisme à l’égard des joueurs africains.

On retrouve les premières traces de ces polémiques en 2005, avec l’attaquant camerounais Samuel Eto’o, qui s’était élevé contre sa dixième place, estimant mériter beaucoup mieux. Le joueur, qui se distinguera dans sa carrière autant par son jeu que par son boulard surdimensionné, déclara ainsi : « Je ne suis pas parmi les trois premiers, pourtant j’ai autant de mérites ou plus que certains… Depuis que je suis au Barça, qui a fait mieux que moi ? Ce que ne tolèrent pas les Français, c’est qu’un Africain triomphe sans être passé par chez eux. S’ils ne sont pas contents, qu’ils aillent voir leur mère (…). Ceux qui ne croyaient pas en moi me lèchent le cul aujourd’hui pour une interview ». Cette allusion aux Français tient au fait que le Ballon d’Or a été créé par France Football en 1956 ; Samuel Eto’o exagérait sans doute l’importance du journal français dans le vote final. En réalité, toutes les nations européennes de football étaient représentées par un journaliste électeur et la part française ne pesait qu’1/52ème des voix. Passé brièvement durant son adolescence par les centres de formation du Havre et du Paris Saint-Germain mais n’ayant pas pu s’y installer puisque sans-papier, Samuel Eto’o semble avoir gardé une rancœur tenace contre la France. 

Gilles Verdez antiraciste de plateaux TV

Une quinzaine d’années plus tard, ces polémiques refont surface. À peine plus feutré que l’ancien attaquant du FC Barcelone, Gilles Verdez, jadis chroniqueur dans l’émission On refait le match d’Eugène Saccomano, s’était emporté à son tour, en décembre 2019 [1]: « Si Messi, joueur extraordinaire au demeurant, est Ballon d’Or, ce Ballon d’Or mythique, cette récompense adulée, perd toute crédibilité. On peut aussi lui donner à vie, mais le joueur de l’année est Sadio Mané [international sénégalais qui avait gagné cette année-là la Ligue des Champions]. Visiblement sa couleur dérange. Je suis révolté ». Habib Beye, ancien international sénégalais, avait précisé à son tour [2] : « Mais en même temps, je vais vous dire, on va repartir sur ce qu’on a déjà dit. Peut-être que les gens verront ça comme de la victimisation : il est Africain, et c’est pour ça qu’il est quatrième. Vous pouvez le tourner dans tous les sens, c’est pour ça qu’il est quatrième »

Après deux ans d’absence (France Football avait annulé le Ballon d’Or en 2020 à cause du Covid), le trophée a fait son retour cette année, avec son nouveau lot de débats. Des voix se sont élevées contre le nouveau trophée remporté par Leo Messi. Patrice Evra, ancien capitaine de l’équipe de France, parle de « corruption ». Le titre de meilleur gardien de l’année – décerné à l’Italien Gianluigi Donnarumma, champion d’Europe avec sa sélection, plutôt qu’au Sénégalais Edouard Mendy, vainqueur de la Ligue des Champions avec Chelsea – fait aussi débat. Habib Beye est une nouvelle fois monté au filet pour défendre son compatriote. Pourtant, le portier transalpin a été élu meilleur joueur du dernier Euro et s’il pouvait y avoir match entre les deux hommes, la remise du titre au gardien du PSG n’a rien de scandaleux.

Plusieurs joueurs de couleur ont en réalité déjà remporté le prix

« [Mendy] est Africain et Sénégalais, et sa sélection ne rayonne pas comme l’Italie peut rayonner aujourd’hui en aura médiatique, dans tout ce que ça représente [3] » précise Beye. Il est vrai qu’appartenir à une grande nation qui brille dans les grandes compétitions internationales n’a jamais été un handicap pour décrocher le Ballon d’Or ; même si en 1995, l’attaquant libérien George Weah avait fini premier au classement devant le Finlandais Jari Litmanen, troisième. Car ceux qui veulent voir du racisme dans l’attribution du Ballon d’Or se gardent bien de rappeler que le trophée a été remis une fois à un joueur africain, en 1995 donc, l’année même où France Football étendait le prix aux joueurs non-européens. En remontant un peu dans le temps, on peut également citer l’international portugais né au Mozambique, Eusebio, lauréat en 1965. Et d’autres joueurs de couleur l’ont emporté, comme le Néerlandais Ruud Gullit et les Brésiliens Ronaldo, Rivaldo et Ronaldinho.

En réalité, jusqu’en 1995, le Ballon d’Or était à ses origines un titre européen ; c’est la raison pour laquelle ni Pelé ni Diego Maradona ne l’ont remporté. Les règles du Ballon d’Or ont évolué en faveur d’un élargissement toujours plus grand ; en 2007, les journalistes des autres continents ont fait leur apparition dans le jury. Ainsi, on peut consulter chaque année, début décembre, dans les colonnes de France Football, les choix des journalistes de la Corée du Nord, du Bhoutan et de la Somalie. Une autre chose que ne soulignent jamais Habib Beye, Gilles Verdez et consort : les pays africains participent eux-mêmes au vote, et avec 48 électeurs sur 170, ils représentent plus d’un quart du scrutin ! Et leurs suffrages sont allés cette année en priorité vers le Polonais Lewandowski, l’Argentin Messi et l’Italien Jorginho. Le paradoxe, c’est qu’il existe toujours un Ballon d’Or africain (remporté en 2019 par Sadio Mané) mais il n’existe plus de Ballon d’Or européen.

Nos belles âmes oublient surtout qu’il n’y a qu’un seul lauréat par an, et qu’un paquet de grands joueurs sont passés à côté : l’Espagnol Raul, le gardien de but Gianluigi Buffon, les défenseurs Paolo Maldini et Roberto Carlos, l’ancien bleu Thierry Henry, sans compter l’attaquant hongrois Ferenc Puskas, star des années 1950-1960. Ces absences dans le palmarès sont ni plus ni moins injustes que celles de Samuel Eto’o, Didier Drogba ou Sadio Mané. En 2020, le prix n’a pas été décerné, et le monde a continué de tourner – plus ou moins rond.


[1] https://www.90min.com/fr/posts/6509144-ballon-d-or-gilles-verdez-incendie-sur-twitter-apres-son-commentaire-polemique

[2] https://www.footmercato.net/a5645620165011133168-ballon-dor-2019-habib-beye-sinsurge-contre-le-classement-de-sadio-mane

[3] https://www.football365.fr/ballon-dor-donnarumma-mendy-furieux-beye-denonce-une-hypocrisie-10002052.html#item=1

Olivier Amiel: un premier roman orwellien

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Avec Les petites souris, l’auteur a écrit le 1984 de la woke culture, fondé sur des découvertes scientifiques bien réelles. Il interroge la nature même du roman dans une vertigineuse mise en abyme fictionnelle…


Un écrivain, coupable d’avoir encouru l’ire féministe pour un roman à succès, essaie de se racheter en tricotant sur mesure pour les censeurs l’histoire d’un couple de lesbiennes, dont la passion éclot en prison.

On n’est pas loin de 1984, dans Les petites souris d’Olivier Amiel. On a vérifié auprès du Professeur Google. Le ministère de la wiki-vérité corrobore que toutes les recherches et les découvertes dévoilées dans le roman appartiennent au réel. Quid des applications qui en seront tirées ? La « confabulation thérapeutique » est aussi invraisemblable que l’hélicoptère de Léonard de Vinci ou le sous-marin de Jules Verne l’ont été à leur époque, sauf qu’ils ont fini par voir le jour.

Au générique des Petites souris, les scoops scientifiques ne sont pas les seules stars : leurs inventeurs, les savants qu’on croirait nominés pour le Nobel de la fiction existent tous pour de vrai : Joe Z. Tsien et ses souris élevées en laboratoire, apprennent plus vite et retiennent mieux que leurs congénères nées en liberté. Susumu Tonegawa, qui croit savoir pourquoi les souris de Tsien sont des surdouées, a découvert que les souvenirs sont formés et récupérés grâce à des ensembles de cellules modifiables et  reprogrammables. Quant aux accusations néoféministes suivies de menaces de mort sociale, elles ne sont pas une extrapolation de l’auteur, mais la réalité quotidienne d’une société malade d’ennui.

Plus faux que nature

Au centre du roman dans le roman, ce couple de lesbiennes qui se sont connues en prison.

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Elles sont, au choix, les avatars ou bien les réincarnations, ou encore tout simplement les véritables protagonistes d’amours pénitentiaires, qui ont vraiment existé, comme les souris Doogie. Les autres personnages ont tous l’air plus faux que nature, mais ils sont authentiques, à défaut d’être tous vivants : il y a Sam Sarpong, mannequin aussi célèbre pour sa mort – il a sauté du pont des suicides à Los Angeles – que pour ses défilés et ses films, Neil Patrick Harris, acteur connu pour son statut d’homo à la ville, ou Viki Odintcova, une mannequin russe qui s’est fait photographier au-dessus du vide depuis la terrasse d’un gratte-ciel de 300 mètres à  Dubaï…

Personnalités multiples

Une fois mordu par Les petites souris d’Amiel, on ressort sonné de l’expérience. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est inventé? Dans cette succession de mises en abyme, quel auteur s’adresse à quel public ?

À défaut de convictions innées, le lecteur peut revendiquer des certitudes acquises : l’auteur a des personnalités multiples, les personnages ne sont pas ce qu’ils disent être, ni ce qu’ils croient être et, last but not least, si tout n’est pas dans tout, le rien recèle des surprises.

Les petites souris d’Olivier Amiel (éditions Les Presses littéraires, 118 pages, 11€)

Les petites souris

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«Aline», vrai-faux biopic

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Quand Valérie Lemercier s’empare de la légende Céline Dion


Ceux qui ignorent la sortie en salle, le 10 novembre dernier, du film Aline, le vrai faux biopic de Céline Dion, réalisé par Valérie Lemercier, doivent vivre sur Mars. Autant affirmer d’emblée que c’est très réussi.

Trouvailles narratives

L’exercice du biopic est très périlleux, le spectateur a toujours en tête la vie du personnage, et les acteurs sont souvent tentés par l’imitation, jusqu’au grotesque dans le cas de Marion Cotillard, qui a massacré Piaf.

Lemercier déjoue tous les pièges avec une grande intelligence. En y mettant beaucoup de sincérité, on sent une véritable affection pour le personnage, et elle a d’ailleurs affirmé que Céline a toujours fait partie de sa vie. Par ailleurs, il y a d’excellentes trouvailles narratives, comme la réalité augmentée, le mélange des petits arrangements avec la vérité avec quelques images d’archives, et la structure qui rappelle celle des contes de fées. Les acteurs sont tous exceptionnels, Valérie Lemercier réussit l’exploit d’être à la fois sobre et tourbillonnante de drôlerie. La mayonnaise a superbement pris.

Une mythologie à la Piaf

C’est l’histoire d’une petite fille, la dernière de quatorze enfants, celle que l’on n’attendait plus, qui a une voix surnaturelle. Avec l’aide de bonnes fées et de l’amour sans failles de sa famille, elle deviendra une star internationale de la chanson.

Elle n’est pas très jolie ? Qu’à cela ne tienne, ça s’arrange. Elle ne parle pas anglais ? Ca s’apprend. L’essentiel c’est la voix

Cette histoire est contée sans ironie aucune, la chaleur qui émane de cette famille, au milieu des paysages enneigés du Québec, transperce l’écran. On voit la famille s’agrandir gaiement jusqu’à compter quatorze enfants. Lorsqu’arrive la dernière, sa mère décide de l’appeler Aline, à cause de la chanson de Christophe. Dans la réalité, ce fut Céline à cause de la chanson d’Hughes Aufrey. Ce procédé crée à la fois une distanciation et une proximité. Nous sommes d’ailleurs peut-être plus proches de ces vrais/faux personnages, que nous le sommes des originaux quand le biopic colle complètement à la réalité.

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Nous entrons de plein pied dans l’archétype à la Piaf, dans la mythologie de la petite chanteuse sortie de nulle part et qui atteint le firmament. La trajectoire n’est semée que de peu d’embûches, sa voix la dépasse et la guide : « comment une si grande voix peut-elle sortir d’un si petit corps » ? dira Guy-Claude, le personnage de René Angelil, son impresario, qui deviendra monsieur Céline Dion. Elle n’est pas très jolie ? Qu’à cela ne tienne, ça s’arrange. Elle ne parle pas anglais ? Ca s’apprend. L’essentiel c’est la voix.

Le premier cachet de Cendrillon

Tel le Petit Poucet et ses petits cailloux, la réalisatrice sème pendant tout son film des objets symboliques qui ne cesseront de rappeler à la star sa vie d’avant : des porte-bonheurs, une pièce de quelques centimes que son père lui offrit pour sa première audition, des réflexes de « pauvres » (ex : Céline/Aline pique partout où elle va des sachets de sucre, même au faîte de sa gloire à Las Vegas, son sac en est rempli)… Telle Cendrillon, elle s’achètera des escarpins dorés avec son premier cachet et plus tard, collectionnera les chaussures.

Le récit est focalisé sur son histoire d’amour avec Guy-Claude, empêchée au début par la trop grande différence d’âge, mais ce qu’Aline veut, elle l’aura. Nous sommes là en pleine comédie romantique, Guy-Claude / René fait sa demande en mariage avec une bague cachée dans une glace au chocolat, et à la fin, lorsque celui-ci souffre d’un cancer, Aline / Céline lui fait des signes complices et enfantins, alors qu’elle chante sur scène et qu’il la suit devant sa télé. Nous avons envie d’y croire, à cette idylle, car cela est sacrément rafraîchissant à notre époque où même les histoires d’amour sont politiques…

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La performance de Valérie Lemercier vaut à elle seule le déplacement. Elle joue Aline tout au long de sa vie, même enfant. Dans ma grande naïveté, j’étais interloquée au début : comment diable fait-elle pour avoir le corps d’une gamine de dix ans ? Chacun se souvient de son personnage de petite fille dans une parodie de l’Ecole des fans de Jacques Martin… Il s’agit bien sûr dans le film d’effets spéciaux que je serais bien en peine d’expliquer ici. Reste que c’est du grand Valérie Lemercier. Dans « Aline », nulle parodie, mais une émotion subtile mêlée de beaucoup d’humour. C’est aussi une des grandes forces du film. Comme dans tous les contes de fées, il y a des obstacles. Aline perd à un moment son pouvoir magique, sa voix. Obligée de se taire pendant des mois, elle s’aperçoit finalement qu’elle n’aime plus parler. Comme si sa voix ne devait exister que par le chant…

Aline en salle depuis le 11 novembre.

Le dérèglement démographique des fonctionnaires

Contrairement à une idée reçue, les grands centres urbains ne sont pas forcément plus fournis en fonctionnaires…


Où trouve-t-on le plus de fonctionnaires ? Au soleil, pardi ! Présidée par l’ancien magistrat de la Cour des comptes François Ecalle, l’association Fipeco (Finances publiques et économie) vient de publier son rapport sur la répartition des fonctionnaires en 2019. Sans surprise, les DOM et la Corse sont les mieux lotis. Hors DOM et Île-de-France, la région PACA est la plus prisée. Mais il y a plus surprenant : contrairement à une idée bien ancrée, les départements ruraux, loin d’être systématiquement défavorisés, sont mieux pourvus en emplois publics que ceux de la région parisienne. En mettant de côté les DOM et Paris, les taux d’administration les plus importants se trouvent dans la Haute-Vienne et la Vienne. Au niveau de la fonction publique d’État, en considérant la Guyane hors catégorie, la Haute-Garonne et l’Ille-et-Vilaine raflent la mise.

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En se penchant sur la fonction publique hospitalière, on découvre que la Haute-Vienne, l’Allier, le Territoire de Belfort ont un taux de fonctionnaires par nombre d’habitants un peu plus élevé que Paris. Et que, d’une façon générale, les taux les plus élevés d’administration hospitalière se trouvent à la campagne, notamment dans la « diagonale du vide ». Ainsi, la Creuse, avec un taux de 27,9 pour 1 000 habitants, dépasse la capitale (25,3 pour 1 000 habitants). « Depuis 2011, le taux d’administration a augmenté dans les zones moins denses et a diminué dans les zones plus denses », rappelle François Ecalle en s’appuyant sur une étude de l’Insee.

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Qui sont les grands perdants ? La Seine-et-Marne, l’Essonne, les Yvelines et la Seine-Saint-Denis, dont les taux d’administration hospitalière oscillent entre 9 et 10. Et François Ecalle de pointer « la lenteur de l’adaptation hospitalière aux évolutions démographiques ». Pour lutter contre le dérèglement démographique, va-t-il falloir embaucher plus de fonctionnaires en banlieue parisienne ?

Insultez, insultez, il en restera toujours quelque chose

Il y a des mots qui volent très bas.


Depuis mardi, Zemmour a cessé d’être un polémiste pour se transformer en un homme politique. Il était temps qu’il se déclare car le plaisir avait assez duré.

Le candidat Zemmour est désormais critiquable, condamnable si l’on veut. Il a des qualités (quelques-unes) et des défauts (forts nombreux). Est-il nécessaire de rappeler ici ses tentatives de réhabiliter Pétain et Vichy, que je trouve lamentables ?

La vidéo qui a officialisé sa candidature n’échappe pas à ces critiques. Elle est lugubre et mortifère. Comme il l’est lui-même lorsqu’il s’essaye à une posture gaullienne.

Il y a toutefois dedans de belles envolées quand il s’adresse aux Français pour leur dire « vous ne reconnaissez plus votre pays, la France de De Gaulle, de Gavroche, de Cosette, de Gabin, de Bardot »…

Même si ça date un peu, le style et la passion sont au rendez-vous. De cette France-là, Zemmour et les Français n’ont pas fait leur deuil. Le problème est que quand le nouveau candidat à la présidentielle sonne le tocsin, c’est le glas qu’on entend. Il s’est fait accompagner par les notes de la 7ème de Beethoven : la marche funèbre de Chopin eut été plus adaptée.

Posons donc comme principe que Zemmour est un décliniste, un passéiste et qu’il a endossé la tenue d’un croque-mort. On devrait pouvoir s’arrêter là. Tel n’est pas le cas de Boris Vallaud, député PS, directeur de campagne d’Anne Hidalgo et surtout connu pour être l’époux de Najat Vallaud-Belkacem.

Comme il était las de rester dans l’ombre de l’ancienne ministre de l’Education nationale, il a décidé de frapper un grand coup afin que les projecteurs le mettent en pleine lumière. « Zemmour est un pou qui se dresse sur la tête d’un géant en mimant l’appel du général de Gaulle », a-t-il déclaré. Un pou !!

Dans le registre de nos dégoûts, le pou occupe une place de choix avec les répugnants cafards et cancrelats. Les poux ont les tue, on les extermine : il y a des produits pour cela.

Animaliser ses adversaires est une spécialité des régimes totalitaires. Staline traitait ses ennemis de chacals et de hyènes. Hitler qualifiait les Juifs de rats pour rendre acceptable la Solution Finale. Car que faire avec les rats porteurs de la peste, sinon les condamner à disparaître ? Un jour après la Libération, Darquier de Pellepoix, ancien commissaire général aux questions juives fut interviewé. Il déclara : « A Auschwitz, on n’a gazé que les poux » ! Il est vrai que c’était avec du Zyclon B. Mais je n’irais bien sûr pas comparer Boris Vallaud avec Darquier de Pellepoix…


Ps : Darmanin a qualifié la vidéo de Zemmour d' »ignoble ». La campagne électorale s’annonce riche et prometteuse. Mais comme, contrairement à Boris Vallaud, le ministre de l’Intérieur est un modéré, il n’a pas qualifié Zemmour de pou !

François Cérésa, toujours aussi vert!

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Ce grand escogriffe fait toujours parler de lui. D’habitude, on entend, chaque mois, son nom prononcé par Pascal Praud (président de son fan-club) à l’antenne de CNews. À chaque arrivage de la revue Service Littéraire, le journaliste télé se délecte de la prose vacharde et carnassière de François Cérésa, fondateur du seul mensuel irrévérencieux consacré aux livres, vendu en France libre et écrit par des non-alignés. 

A lire aussi, du même auteur: Pascal Praud: élu phénomène télé de l’année

Cet écrivain-là ne respecte donc rien, ni les limitations de vitesse, ni la bienséance malsaine du milieu des lettres. Il écrit haut et droit, dru et nostalgique, cherchant à faire rire les copains et à blesser les salisseurs de mémoire, embarquant avec lui, les anars et les amoureux du style « Grand siècle ». Il est l’un des derniers journalistes, pourfendeur de la connerie ambiante, réac au cœur tendre, à foncer, sabre au clair, dans la mélasse et à y perdre souvent des plumes. 

Une forte tête

Notre société policée, celle de la langue morte et de la moraline en tube, a horreur des fortes têtes qui mettent le doigt sur nos faiblesses et nos renoncements. C’est un fait établi, nous avons renoncé collectivement aux romans portés par un style jouissif pour nous laisser envahir, peu à peu, par une littérature du « mini-moi » boursouflé. Cérésa s’attaque aux fausses valeurs de notre temps, avec une hargne salutaire, sans jamais oublier, d’amuser son public par l’utilisation de l’argot et du bon mot taquin, de la phrase bien balancée et de la pique sauvage. Ce type-là se permet tout. Sa geste flamboyante et désespérée devrait être enseignée dans les écoles de journalisme. On y gagnerait en qualité et en lucidité. Ce moraliste a fait ses classes chez Boudard et Nucéra, il a aussi appris à écrire sur les fortifs, du côté de Simonin. Mais le classer parmi les argotiques et les bistrotiers serait une grave erreur d’analyse. Ce vaillant hussard, longtemps établi au Nouvel Observateur, fait le pont entre la littérature populiste et les princes du stylo-plume, entre Fallet et Morand, entre A.D.G et Giono, entre Villon et Aragon. 

A lire ensuite: L’abc d’A.D.G.

De son ancien maître, Maurice Druon, il aura hérité de cette posture d’aristocrate bougon qui manque tant à nos écrivains souffreteux et de cette mauvaise foi délicieusement française qui anime les dîners en ville. Cérésa, l’esprit en alerte, la vanne prête à être dégainée, possède également la générosité des mammas italiennes qui mettent trop de plats sur la table pendant les fêtes de fin d’année. Chez lui, le trop-plein est un signe de vitalité intellectuelle et de connivence. Il n’a pas la prétention des ascétiques qui dévitalisent les mots. Cérésa déborde, inventeur de formules pétaradantes, il cherche perpétuellement à faire jaillir sa prose par la farce ou la force du trait. Cette silhouette familière de la rive gauche, les femmes se retournent quand elles l’aperçoivent sur le boulevard Saint-Germain, qu’il porte une redingote ou un blouson d’aviateur, fait son petit effet. Le bonhomme fut, entre autres, mannequin durant sa jeunesse ! C’est autrement plus fortiche qu’une banale agrégation en poche. 

Un talent protéiforme

Il suffit de se balader à ses côtés pour constater son légendaire magnétisme. Chantre des Trente Glorieuses et de l’œuvre hugolienne, Cérésa a beaucoup écrit depuis les années 1980 dans tous les registres : le roman historique, le polar traquenard, le sentimentalisme écorché, la piété filiale, les amitiés sur le zinc, les souvenirs de vacances, la tortore ou sa chère Bourgogne. Jeudi dernier, sous la Coupole, l’Académie française a salué, ce talent que l’on qualifierait aujourd’hui de protéiforme, en lui décernant le Grand Prix Michel Déon qui s’attache à honorer « le style et la liberté d’esprit ». Esprit et liberté, deux mots qui vont si bien ensemble et qui lui collent à la peau. Gloire à lui et longue vie littéraire ! 

D.R.

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de croiser cette plume ferrailleuse, je vous conseille de vous abonner à Service Littéraire et de lire cet énergumène, notamment le merveilleux Mon ami, cet inconnu (Pierre-Guillaume de Roux) ou Poupe (Éditions du Rocher). Cérésa excelle dans les outrances, mais il se révèle un auteur parfaitement délicat dans l’exploration des failles intimes.

Dernier livre paru « À un détail près » de François Cérésa – Écriture

Mon ami, cet inconnu

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Poupe

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Un bon début

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Premier film d’une cinéaste géorgienne, une tragédie oppressante, hantée par le crime


“Au commencement” – c’est le titre de ce premier long métrage, réalisé par une extraordinaire cinéaste géorgienne âgée de 36 ans, Dea Kulumbegashvili. Et à la fin ? Rien ne se sera passé comme on pouvait s’y attendre. 

Un film très soigné

Format carré de l’écran, plans fixes indéfiniment étirés, plastique rigoureuse organisant cadrages et entrées dans le champ de l’objectif avec une impeccable précision, voilà qui est assez rare dans le cinéma contemporain pour être souligné d’emblée. Formellement, le film est, d’un bout à l’autre, un objet pictural très soigneusement tenu. Jusque dans le plan final, étrange et magnifique. 

Wild Bunch

L’action (si l’on peut dire) se passe dans une campagne cernée par les montagnes caucasiennes, au bord de l’Azerbaïdjan. Yana, blonde et belle quadragénaire, partage avec son mari et leur jeune fils adolescent l’austère morale des Témoins de Jéhovah, petite communauté rurale marginalisée par la confession chrétienne orthodoxe, majoritaire dans le pays. Au milieu d’un office, incendiée par des extrémistes (le déroulement ne nous apprendra rien ni sur leurs raisons, ni sur leur identité), la maison chaulée de blanc qui, au milieu de la plaine, sert de modeste lieu de culte disparaît dans les flammes. Le mari de Yana est tenté de porter plainte mais la police lui laisse entendre qu’il ferait mieux de s’abstenir. Contre l’avis de sa femme, il part aussitôt en voyage chercher des soutiens pour reconstruire l’édifice. Restée seule, Yana reçoit alors la visite d’un jeune inspecteur de police, personnage retors, libidinal et glaçant. Terrifiant, leur sobre échange verbal est filmé comme une opération –  au scalpel (n’en disons pas plus). Contre toute attente, le type s’en va. Mais Yana se sait sous sa menace. De fait, un peu plus tard, l’homme surgit et la viole au bord d’un ruisseau. Séquence stupéfiante, car filmée à grande distance, en plan fixe, sans cri, sans musique, avec pour fond sonore le seul vacarme continu de l’eau qui roule, torrent imperturbable, au cœur d’un paysage riant. À son retour, l’époux tombe sur l’enregistrement du dialogue pervers intenté par le futur violeur pour humilier sa proie. Devant son époux interdit, elle s’effondre, dévastée par la honte. On comprend au passage que Yana a dû renoncer à sa carrière d’actrice pour suivre celui-ci, corps et âme, dans son projet missionnaire. Comment survivre à l’humiliation irrémissible ? Victime expiatoire, Yana se punira… en tuant son enfant. 

Tragédie absolue

Ainsi le châtiment du viol s’abat-il sur deux innocents. Impuissance devant la disgrâce conjugale, devant la sujétion au désir, impuissance devant l’abjection masculine, impuissance devant l’oppression de l’État :  la tragédie absolue. On est loin du moralisme neuneu sur le « féminicide ». 

À Paris, le film ne passe que dans une seule salle : le cinéma du Panthéon, dans le cinquième arrondissement. Autant dire qu’il n’y a pas de temps à perdre pour s’y risquer…. 

Au commencement. Film de Dea Kulumbegashvili. Géorgie/ France, couleur, 2020. Durée : 2h05          

Valérie Pécresse, à vous de protéger les Français!

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La présidente de la région Ile-de-France a remporté le second tour du Congrès LR face à Eric Ciotti, par 60,95% des voix contre 39,05%. L’analyse de Philippe Bilger.


C’est parce que je ne hais personne dans la classe politique mais que j’ai des convictions qui m’ont toujours porté vers une conception authentique de la droite – à la fois humaniste et vigoureuse – que je me sens légitime à évoquer la brillante victoire de Valérie Pécresse (60,95 %) contre Eric Ciotti (39,05 %) au second tour de l’élection LR.

Je note qu’une multitude d’hommages sont rendus à Christian Jacob et avec la parfaite réussite du Congrès ils sont justifiés, notamment avec cette sincère et solidaire entente, qui n’est pas qu’artificielle, entre les cinq candidats. Ils ont offert aux Français des joutes de qualité et permis aux militants, en définitive, un choix éclairé. Je continue cependant à regretter que Christian Jacob ait stérilisé trop longtemps l’opposition de son parti à Emmanuel Macron en nous faisant attendre indéfiniment son ami François Baroin qui n’avait pas l’intention de venir…

LR n’est pas mort !

Pour ma part je n’ai jamais cru, contre tous les oiseaux de mauvais augure, à la mort complaisamment et régulièrement annoncée de LR. Entre le macronisme moins enrichi que gangrené par des transfuges et une droite extrême dont le constat lucide n’aurait aucune chance de s’inscrire dans une politique qui est d’abord l’art du possible, il y avait une place centrale pour eux.

Non plus une droite oscillant au gré de la tactique et une gauche sortie quand il convenait, non plus la dénonciation d’un jour puis la rétractation le lendemain, non plus l’abandon trop longtemps du régalien puis la précipitation cynique, sur le tard, de rattraper la France perdue et blessée, non plus un manque de considération des citoyens à peine masqué par des affectations de proximité et de familiarité, non plus une solitude narcissique fière de n’avoir personne à sa hauteur. Non plus un président à sa propre écoute pour une France plus fracturée que jamais.

Mais une droite républicaine – ce qui signifie prête à tout mettre en œuvre pour la défense de la France, de son identité et pour protéger les Français, en se souciant moins de la pureté abstraite des principes nationaux et européens que de l’efficacité revendiquée et concrète des armes – qu’un État de droit rénové mettra à notre disposition. Le « en même temps » nous servira pour la pensée individuelle, mais ne nous guidera pas pour l’action puisque cette simultanéité la rendrait impossible. Là où régnait le flou, l’obscur, l’incertain et l’indécis, la fuite du présent pour la ruse de demain, l’oubli des devoirs pour garantir la réélection, la dépréciation de la France pour plaire à ses adversaires, un culte mémoriel frénétique pour se lover dans un passé reposant, la droite d’aujourd’hui qui a continué à faire un sans-faute proposera sa clarté, sa netteté, sa résolution, le respect de ses engagements. Elle sait qu’elle ne peut plus se permettre de trahir mais qu’elle est condamnée à tenir, à réaliser et à faire remonter notre pays dans l’estime qu’il a de lui-même.

Le courage de dire et la volonté de faire

Quelle belle équipe de France en effet. Valérie Pécresse, « le courage de dire et la volonté de faire ». Eric Ciotti, une ligne courageuse, sincère et constante, une droite qui en effet, selon sa juste intuition, rend inutile l’extrême droite. Michel Barnier à l’allure présidentielle mais sans doute pas assez préoccupé de démontrer le caractère irremplaçable de son apport. Xavier Bertrand le valeureux, qui a commis dès le début des erreurs de tactique mais qui a eu le rôle capital de persuader toute la droite que la victoire était possible, qu’elle était même nécessaire et qu’Emmanuel Macron ne pourrait pas s’en tirer à bon compte avec sa mansuétude régalienne qui a abîmé la France. Philippe Juvin, candidat de témoignage si on veut, mais alors de quelle qualité ! Vif, surprenant, sans démagogie, brossant le tableau effrayant d’un monde hospitalier laissé tel quel depuis le début de la pandémie.

Michel Barnier, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Eric Ciotti et Xavier Bertrand dans les studios de LCI, Boulogne-Billancourt, 8 novembre 2021 © BERTRAND GUAY-POOL/SIPA Numéro de reportage : 01047598_000015

Sur tous les thèmes qui ont agité l’opinion publique et échauffé les débats démocratiques – la sécurité, la Justice, la santé, le social, l’immigration, le communautarisme, le retour de la France dans des cités d’où elle avait été chassée à cause de voyous nourris au  trafic de drogue et saccageant le quotidien d’une majorité d’honnêtes gens, la France ne se reconnaissant plus elle-même et à laquelle on intime l’ordre de se faire remplacer par le concept de République – les LR ont les solutions à la fois les plus efficaces et les plus dignes. Déjà on constatera à quel point notre nation ira mieux quand on autorisera nos forces de l’ordre à user sans crainte ni reproche de la plénitude des droits et des attributions que la loi leur donne, sans s’arrêter à mi-chemin par peur que la lâcheté des pouvoirs ne les soutienne plus.

Cette victoire éclatante de Valérie Pécresse, cette réussite collective rendront, je l’espère, vains les jeux d’appareils, les hésitations troublantes d’un Nicolas Sarkozy prêt, parce qu’il s’estimerait irremplaçable, à jouer plutôt Macron que sa famille. Ce serait une honte.

Rien n’est gagné mais tout à coup une espérance s’est levée. 2022 pourrait n’être pas une année morte. 

Libres propos d'un inclassable

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Faites condamner l’accusé!

Le dernier film d’Yvan Attal prend le risque de s’attaquer à un sujet devenu brûlant depuis le mouvement #MeToo: le viol…


Yvan Attal est courageux. Être un homme et vouloir évoquer en cette période le thème du viol présumé relève soit de l’inconscience, soit en effet du courage. On créditera volontiers Attal de cette seconde vertu. Pour autant, le pari est-il tenable précisément en ces temps déraisonnables quant à la sérénité des débats ? Le propos principal du film Les Choses humaines appliqué à deux jeunes adultes tient en peu de mots : est-il coupable ? Était-elle consentante ?

Partant de là, le cinéaste tente le pari du film de procès, c’est-à-dire de l’équilibre permanent entre les deux « thèses » en présence. Louable intention, mais qui finit par lasser à force d’équilibrisme précisément, et même à décevoir fortement quand, par la dernière image que l’on se gardera bien de décrire ici, Attal finit par « choisir son camp ». Mais est-ce vraiment le sien ou celui de l’air du temps contre lequel il est dangereux d’aller ?

A lire aussi : «Le Dernier Duel»: le Moyen-Age revu et sévèrement corrigé par MeToo

Reste un casting épatant, Pierre Arditi en tête dans le rôle impossible du « vieux con » comme diraient nos radicales-féministes, à moins qu’il soit juste un père aimant, c’est-à-dire profondément humain…

Les choses humaines

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Mazette, Mazaurette !

Avec son blase tout mignon et ses faux airs d’Elsa Zylberstein, Maïa Mazaurette s’occupe de la rubrique sexe dans l’émission « Quotidien ». Déclinée en une « spéciale enfants » le mercredi, sa pastille faussement disruptive est diffusée sur une des antennes du groupe TF1… lequel n’a jamais caché que vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola était sa principale vocation. Quand une question de téléspectateur lui déplaît, elle nous fait penser à une effrayante Ménie Grégoire post-Metoo.


« Quotidien », l’émission la plus woke du paysage audiovisuel, propose désormais une rubrique sexe. C’est Maïa Mazaurette qui s’en charge. Elle est du genre à soutenir avec le plus grand sérieux que le sexe est « politique ». Pas très apprêtée, capable de débarquer sur le plateau avec un sweat « métro boulot vibro », Mazaurette adhère à toutes les thèses à la noix sur la déconstruction du « genre ». Persuadée qu’il faut « désacraliser la pénétration », elle s’est réjouie dernièrement des résultats d’un sondage qui révélait que pour atteindre l’orgasme, 63 % des femmes préféraient les sextoys à un homme.

A lire aussi: Remplacez votre réveil-matin par un woke-matin: écoutez France Inter!

Le même jour, une téléspectatrice de 31 ans nommée Lily a été recadrée par la chroniqueuse pour avoir osé la question suivante : « J’ai une admiration pour les hommes efféminés, maquillés, habillés comme des femmes, androgynes… Est-ce que ça peut remettre en cause mon hétérosexualité, ou pas du tout ? » Mazaurette n’a pas hésité à remettre l’impertinente à sa place : « Ta question part du principe qu’il n’existe qu’une seule manière d’être un homme, un vrai, avec des muscles, des poils, une grosse mâchoire et des épaules larges comme un porte-avions. Ce modèle, c’est celui des deux décennies passées ! » a-t-elle d’abord pesté. Rappelant qu’il y a eu aussi le modèle grec avec un tout petit pénis ou le modèle Louis XIV avec talons et perruque, elle a ensuite présenté son collègue, le journaliste Paul Gasnier, aux « traits fins comme de la porcelaine », puis a révélé que le cuisinier de l’émission, Juan, n’avait pas de poils sur le pubis.

A lire aussi, de Martin Pimentel: La droite et France Inter: syndrome de Stockholm?

Enfin, la militante de la fluidité des genres a conclu : « L’homme générique n’existe pas, cela n’a en réalité rien à voir avec la féminité, c’est une variation génétique standard. » Elle en veut pour preuves le jeune acteur Timothée Chalamet ou le chanteur à robes Harry Styles : ne bouleversent-ils pas les codes ? En nous vantant ses hommes déconstruits, Maïa Mazaurette est une effrayante Ménie Grégoire post-Metoo. Reste à savoir quand la nouvelle révolution sexuelle accouchera de la Terreur.

Des suspicions de racisme sur le Ballon d’Or

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L'Italien Gianluigi Donnarumma et l'Argentin Lionel Messi, Parc des Princes, 1 décembre 2021 © J.E.E/SIPA Numéro de reportage : 01051220_000006

Entre la sortie du beaujolais nouveau et l’élection de Miss France, la cérémonie du Ballon d’Or fait partie des petits rituels de la fin d’automne. Chaque année, à Paris, le monde du football arbore ses costumes les plus criards pour décerner le titre du meilleur joueur du monde, étrange entreprise individualiste dans un sport à première vue collectif…


Après une période (2010-2015) durant laquelle les sélectionneurs et les capitaines des sélections prirent aussi part au vote, le prestigieux prix du Ballon d’Or est de nouveau décerné par les journalistes, électeurs issus de tous les pays du monde. À mesure qu’il s’est internationalisé (au départ, c’était une récompense européenne), le trophée fait l’objet depuis quelques années d’accusations de racisme à l’égard des joueurs africains.

On retrouve les premières traces de ces polémiques en 2005, avec l’attaquant camerounais Samuel Eto’o, qui s’était élevé contre sa dixième place, estimant mériter beaucoup mieux. Le joueur, qui se distinguera dans sa carrière autant par son jeu que par son boulard surdimensionné, déclara ainsi : « Je ne suis pas parmi les trois premiers, pourtant j’ai autant de mérites ou plus que certains… Depuis que je suis au Barça, qui a fait mieux que moi ? Ce que ne tolèrent pas les Français, c’est qu’un Africain triomphe sans être passé par chez eux. S’ils ne sont pas contents, qu’ils aillent voir leur mère (…). Ceux qui ne croyaient pas en moi me lèchent le cul aujourd’hui pour une interview ». Cette allusion aux Français tient au fait que le Ballon d’Or a été créé par France Football en 1956 ; Samuel Eto’o exagérait sans doute l’importance du journal français dans le vote final. En réalité, toutes les nations européennes de football étaient représentées par un journaliste électeur et la part française ne pesait qu’1/52ème des voix. Passé brièvement durant son adolescence par les centres de formation du Havre et du Paris Saint-Germain mais n’ayant pas pu s’y installer puisque sans-papier, Samuel Eto’o semble avoir gardé une rancœur tenace contre la France. 

Gilles Verdez antiraciste de plateaux TV

Une quinzaine d’années plus tard, ces polémiques refont surface. À peine plus feutré que l’ancien attaquant du FC Barcelone, Gilles Verdez, jadis chroniqueur dans l’émission On refait le match d’Eugène Saccomano, s’était emporté à son tour, en décembre 2019 [1]: « Si Messi, joueur extraordinaire au demeurant, est Ballon d’Or, ce Ballon d’Or mythique, cette récompense adulée, perd toute crédibilité. On peut aussi lui donner à vie, mais le joueur de l’année est Sadio Mané [international sénégalais qui avait gagné cette année-là la Ligue des Champions]. Visiblement sa couleur dérange. Je suis révolté ». Habib Beye, ancien international sénégalais, avait précisé à son tour [2] : « Mais en même temps, je vais vous dire, on va repartir sur ce qu’on a déjà dit. Peut-être que les gens verront ça comme de la victimisation : il est Africain, et c’est pour ça qu’il est quatrième. Vous pouvez le tourner dans tous les sens, c’est pour ça qu’il est quatrième »

Après deux ans d’absence (France Football avait annulé le Ballon d’Or en 2020 à cause du Covid), le trophée a fait son retour cette année, avec son nouveau lot de débats. Des voix se sont élevées contre le nouveau trophée remporté par Leo Messi. Patrice Evra, ancien capitaine de l’équipe de France, parle de « corruption ». Le titre de meilleur gardien de l’année – décerné à l’Italien Gianluigi Donnarumma, champion d’Europe avec sa sélection, plutôt qu’au Sénégalais Edouard Mendy, vainqueur de la Ligue des Champions avec Chelsea – fait aussi débat. Habib Beye est une nouvelle fois monté au filet pour défendre son compatriote. Pourtant, le portier transalpin a été élu meilleur joueur du dernier Euro et s’il pouvait y avoir match entre les deux hommes, la remise du titre au gardien du PSG n’a rien de scandaleux.

Plusieurs joueurs de couleur ont en réalité déjà remporté le prix

« [Mendy] est Africain et Sénégalais, et sa sélection ne rayonne pas comme l’Italie peut rayonner aujourd’hui en aura médiatique, dans tout ce que ça représente [3] » précise Beye. Il est vrai qu’appartenir à une grande nation qui brille dans les grandes compétitions internationales n’a jamais été un handicap pour décrocher le Ballon d’Or ; même si en 1995, l’attaquant libérien George Weah avait fini premier au classement devant le Finlandais Jari Litmanen, troisième. Car ceux qui veulent voir du racisme dans l’attribution du Ballon d’Or se gardent bien de rappeler que le trophée a été remis une fois à un joueur africain, en 1995 donc, l’année même où France Football étendait le prix aux joueurs non-européens. En remontant un peu dans le temps, on peut également citer l’international portugais né au Mozambique, Eusebio, lauréat en 1965. Et d’autres joueurs de couleur l’ont emporté, comme le Néerlandais Ruud Gullit et les Brésiliens Ronaldo, Rivaldo et Ronaldinho.

En réalité, jusqu’en 1995, le Ballon d’Or était à ses origines un titre européen ; c’est la raison pour laquelle ni Pelé ni Diego Maradona ne l’ont remporté. Les règles du Ballon d’Or ont évolué en faveur d’un élargissement toujours plus grand ; en 2007, les journalistes des autres continents ont fait leur apparition dans le jury. Ainsi, on peut consulter chaque année, début décembre, dans les colonnes de France Football, les choix des journalistes de la Corée du Nord, du Bhoutan et de la Somalie. Une autre chose que ne soulignent jamais Habib Beye, Gilles Verdez et consort : les pays africains participent eux-mêmes au vote, et avec 48 électeurs sur 170, ils représentent plus d’un quart du scrutin ! Et leurs suffrages sont allés cette année en priorité vers le Polonais Lewandowski, l’Argentin Messi et l’Italien Jorginho. Le paradoxe, c’est qu’il existe toujours un Ballon d’Or africain (remporté en 2019 par Sadio Mané) mais il n’existe plus de Ballon d’Or européen.

Nos belles âmes oublient surtout qu’il n’y a qu’un seul lauréat par an, et qu’un paquet de grands joueurs sont passés à côté : l’Espagnol Raul, le gardien de but Gianluigi Buffon, les défenseurs Paolo Maldini et Roberto Carlos, l’ancien bleu Thierry Henry, sans compter l’attaquant hongrois Ferenc Puskas, star des années 1950-1960. Ces absences dans le palmarès sont ni plus ni moins injustes que celles de Samuel Eto’o, Didier Drogba ou Sadio Mané. En 2020, le prix n’a pas été décerné, et le monde a continué de tourner – plus ou moins rond.


[1] https://www.90min.com/fr/posts/6509144-ballon-d-or-gilles-verdez-incendie-sur-twitter-apres-son-commentaire-polemique

[2] https://www.footmercato.net/a5645620165011133168-ballon-dor-2019-habib-beye-sinsurge-contre-le-classement-de-sadio-mane

[3] https://www.football365.fr/ballon-dor-donnarumma-mendy-furieux-beye-denonce-une-hypocrisie-10002052.html#item=1

Olivier Amiel: un premier roman orwellien

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olivier amiel perpignan gitans
Olivier Amiel

Avec Les petites souris, l’auteur a écrit le 1984 de la woke culture, fondé sur des découvertes scientifiques bien réelles. Il interroge la nature même du roman dans une vertigineuse mise en abyme fictionnelle…


Un écrivain, coupable d’avoir encouru l’ire féministe pour un roman à succès, essaie de se racheter en tricotant sur mesure pour les censeurs l’histoire d’un couple de lesbiennes, dont la passion éclot en prison.

On n’est pas loin de 1984, dans Les petites souris d’Olivier Amiel. On a vérifié auprès du Professeur Google. Le ministère de la wiki-vérité corrobore que toutes les recherches et les découvertes dévoilées dans le roman appartiennent au réel. Quid des applications qui en seront tirées ? La « confabulation thérapeutique » est aussi invraisemblable que l’hélicoptère de Léonard de Vinci ou le sous-marin de Jules Verne l’ont été à leur époque, sauf qu’ils ont fini par voir le jour.

Au générique des Petites souris, les scoops scientifiques ne sont pas les seules stars : leurs inventeurs, les savants qu’on croirait nominés pour le Nobel de la fiction existent tous pour de vrai : Joe Z. Tsien et ses souris élevées en laboratoire, apprennent plus vite et retiennent mieux que leurs congénères nées en liberté. Susumu Tonegawa, qui croit savoir pourquoi les souris de Tsien sont des surdouées, a découvert que les souvenirs sont formés et récupérés grâce à des ensembles de cellules modifiables et  reprogrammables. Quant aux accusations néoféministes suivies de menaces de mort sociale, elles ne sont pas une extrapolation de l’auteur, mais la réalité quotidienne d’une société malade d’ennui.

Plus faux que nature

Au centre du roman dans le roman, ce couple de lesbiennes qui se sont connues en prison.

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Elles sont, au choix, les avatars ou bien les réincarnations, ou encore tout simplement les véritables protagonistes d’amours pénitentiaires, qui ont vraiment existé, comme les souris Doogie. Les autres personnages ont tous l’air plus faux que nature, mais ils sont authentiques, à défaut d’être tous vivants : il y a Sam Sarpong, mannequin aussi célèbre pour sa mort – il a sauté du pont des suicides à Los Angeles – que pour ses défilés et ses films, Neil Patrick Harris, acteur connu pour son statut d’homo à la ville, ou Viki Odintcova, une mannequin russe qui s’est fait photographier au-dessus du vide depuis la terrasse d’un gratte-ciel de 300 mètres à  Dubaï…

Personnalités multiples

Une fois mordu par Les petites souris d’Amiel, on ressort sonné de l’expérience. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est inventé? Dans cette succession de mises en abyme, quel auteur s’adresse à quel public ?

À défaut de convictions innées, le lecteur peut revendiquer des certitudes acquises : l’auteur a des personnalités multiples, les personnages ne sont pas ce qu’ils disent être, ni ce qu’ils croient être et, last but not least, si tout n’est pas dans tout, le rien recèle des surprises.

Les petites souris d’Olivier Amiel (éditions Les Presses littéraires, 118 pages, 11€)

Les petites souris

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«Aline», vrai-faux biopic

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Valérie Lemercier dans "Aline", film de 2021 © Jean-Marie Leroy / Rectangle Productions, Gaumont.

Quand Valérie Lemercier s’empare de la légende Céline Dion


Ceux qui ignorent la sortie en salle, le 10 novembre dernier, du film Aline, le vrai faux biopic de Céline Dion, réalisé par Valérie Lemercier, doivent vivre sur Mars. Autant affirmer d’emblée que c’est très réussi.

Trouvailles narratives

L’exercice du biopic est très périlleux, le spectateur a toujours en tête la vie du personnage, et les acteurs sont souvent tentés par l’imitation, jusqu’au grotesque dans le cas de Marion Cotillard, qui a massacré Piaf.

Lemercier déjoue tous les pièges avec une grande intelligence. En y mettant beaucoup de sincérité, on sent une véritable affection pour le personnage, et elle a d’ailleurs affirmé que Céline a toujours fait partie de sa vie. Par ailleurs, il y a d’excellentes trouvailles narratives, comme la réalité augmentée, le mélange des petits arrangements avec la vérité avec quelques images d’archives, et la structure qui rappelle celle des contes de fées. Les acteurs sont tous exceptionnels, Valérie Lemercier réussit l’exploit d’être à la fois sobre et tourbillonnante de drôlerie. La mayonnaise a superbement pris.

Une mythologie à la Piaf

C’est l’histoire d’une petite fille, la dernière de quatorze enfants, celle que l’on n’attendait plus, qui a une voix surnaturelle. Avec l’aide de bonnes fées et de l’amour sans failles de sa famille, elle deviendra une star internationale de la chanson.

Elle n’est pas très jolie ? Qu’à cela ne tienne, ça s’arrange. Elle ne parle pas anglais ? Ca s’apprend. L’essentiel c’est la voix

Cette histoire est contée sans ironie aucune, la chaleur qui émane de cette famille, au milieu des paysages enneigés du Québec, transperce l’écran. On voit la famille s’agrandir gaiement jusqu’à compter quatorze enfants. Lorsqu’arrive la dernière, sa mère décide de l’appeler Aline, à cause de la chanson de Christophe. Dans la réalité, ce fut Céline à cause de la chanson d’Hughes Aufrey. Ce procédé crée à la fois une distanciation et une proximité. Nous sommes d’ailleurs peut-être plus proches de ces vrais/faux personnages, que nous le sommes des originaux quand le biopic colle complètement à la réalité.

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Nous entrons de plein pied dans l’archétype à la Piaf, dans la mythologie de la petite chanteuse sortie de nulle part et qui atteint le firmament. La trajectoire n’est semée que de peu d’embûches, sa voix la dépasse et la guide : « comment une si grande voix peut-elle sortir d’un si petit corps » ? dira Guy-Claude, le personnage de René Angelil, son impresario, qui deviendra monsieur Céline Dion. Elle n’est pas très jolie ? Qu’à cela ne tienne, ça s’arrange. Elle ne parle pas anglais ? Ca s’apprend. L’essentiel c’est la voix.

Le premier cachet de Cendrillon

Tel le Petit Poucet et ses petits cailloux, la réalisatrice sème pendant tout son film des objets symboliques qui ne cesseront de rappeler à la star sa vie d’avant : des porte-bonheurs, une pièce de quelques centimes que son père lui offrit pour sa première audition, des réflexes de « pauvres » (ex : Céline/Aline pique partout où elle va des sachets de sucre, même au faîte de sa gloire à Las Vegas, son sac en est rempli)… Telle Cendrillon, elle s’achètera des escarpins dorés avec son premier cachet et plus tard, collectionnera les chaussures.

Le récit est focalisé sur son histoire d’amour avec Guy-Claude, empêchée au début par la trop grande différence d’âge, mais ce qu’Aline veut, elle l’aura. Nous sommes là en pleine comédie romantique, Guy-Claude / René fait sa demande en mariage avec une bague cachée dans une glace au chocolat, et à la fin, lorsque celui-ci souffre d’un cancer, Aline / Céline lui fait des signes complices et enfantins, alors qu’elle chante sur scène et qu’il la suit devant sa télé. Nous avons envie d’y croire, à cette idylle, car cela est sacrément rafraîchissant à notre époque où même les histoires d’amour sont politiques…

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La performance de Valérie Lemercier vaut à elle seule le déplacement. Elle joue Aline tout au long de sa vie, même enfant. Dans ma grande naïveté, j’étais interloquée au début : comment diable fait-elle pour avoir le corps d’une gamine de dix ans ? Chacun se souvient de son personnage de petite fille dans une parodie de l’Ecole des fans de Jacques Martin… Il s’agit bien sûr dans le film d’effets spéciaux que je serais bien en peine d’expliquer ici. Reste que c’est du grand Valérie Lemercier. Dans « Aline », nulle parodie, mais une émotion subtile mêlée de beaucoup d’humour. C’est aussi une des grandes forces du film. Comme dans tous les contes de fées, il y a des obstacles. Aline perd à un moment son pouvoir magique, sa voix. Obligée de se taire pendant des mois, elle s’aperçoit finalement qu’elle n’aime plus parler. Comme si sa voix ne devait exister que par le chant…

Aline en salle depuis le 11 novembre.

Le dérèglement démographique des fonctionnaires

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D.R.

Contrairement à une idée reçue, les grands centres urbains ne sont pas forcément plus fournis en fonctionnaires…


Où trouve-t-on le plus de fonctionnaires ? Au soleil, pardi ! Présidée par l’ancien magistrat de la Cour des comptes François Ecalle, l’association Fipeco (Finances publiques et économie) vient de publier son rapport sur la répartition des fonctionnaires en 2019. Sans surprise, les DOM et la Corse sont les mieux lotis. Hors DOM et Île-de-France, la région PACA est la plus prisée. Mais il y a plus surprenant : contrairement à une idée bien ancrée, les départements ruraux, loin d’être systématiquement défavorisés, sont mieux pourvus en emplois publics que ceux de la région parisienne. En mettant de côté les DOM et Paris, les taux d’administration les plus importants se trouvent dans la Haute-Vienne et la Vienne. Au niveau de la fonction publique d’État, en considérant la Guyane hors catégorie, la Haute-Garonne et l’Ille-et-Vilaine raflent la mise.

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En se penchant sur la fonction publique hospitalière, on découvre que la Haute-Vienne, l’Allier, le Territoire de Belfort ont un taux de fonctionnaires par nombre d’habitants un peu plus élevé que Paris. Et que, d’une façon générale, les taux les plus élevés d’administration hospitalière se trouvent à la campagne, notamment dans la « diagonale du vide ». Ainsi, la Creuse, avec un taux de 27,9 pour 1 000 habitants, dépasse la capitale (25,3 pour 1 000 habitants). « Depuis 2011, le taux d’administration a augmenté dans les zones moins denses et a diminué dans les zones plus denses », rappelle François Ecalle en s’appuyant sur une étude de l’Insee.

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Qui sont les grands perdants ? La Seine-et-Marne, l’Essonne, les Yvelines et la Seine-Saint-Denis, dont les taux d’administration hospitalière oscillent entre 9 et 10. Et François Ecalle de pointer « la lenteur de l’adaptation hospitalière aux évolutions démographiques ». Pour lutter contre le dérèglement démographique, va-t-il falloir embaucher plus de fonctionnaires en banlieue parisienne ?

Insultez, insultez, il en restera toujours quelque chose

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Le socialiste Boris Vallaud, image d'archive © ISA HARSIN/SIPA Numéro de reportage: 00966429_000013

Il y a des mots qui volent très bas.


Depuis mardi, Zemmour a cessé d’être un polémiste pour se transformer en un homme politique. Il était temps qu’il se déclare car le plaisir avait assez duré.

Le candidat Zemmour est désormais critiquable, condamnable si l’on veut. Il a des qualités (quelques-unes) et des défauts (forts nombreux). Est-il nécessaire de rappeler ici ses tentatives de réhabiliter Pétain et Vichy, que je trouve lamentables ?

La vidéo qui a officialisé sa candidature n’échappe pas à ces critiques. Elle est lugubre et mortifère. Comme il l’est lui-même lorsqu’il s’essaye à une posture gaullienne.

Il y a toutefois dedans de belles envolées quand il s’adresse aux Français pour leur dire « vous ne reconnaissez plus votre pays, la France de De Gaulle, de Gavroche, de Cosette, de Gabin, de Bardot »…

Même si ça date un peu, le style et la passion sont au rendez-vous. De cette France-là, Zemmour et les Français n’ont pas fait leur deuil. Le problème est que quand le nouveau candidat à la présidentielle sonne le tocsin, c’est le glas qu’on entend. Il s’est fait accompagner par les notes de la 7ème de Beethoven : la marche funèbre de Chopin eut été plus adaptée.

Posons donc comme principe que Zemmour est un décliniste, un passéiste et qu’il a endossé la tenue d’un croque-mort. On devrait pouvoir s’arrêter là. Tel n’est pas le cas de Boris Vallaud, député PS, directeur de campagne d’Anne Hidalgo et surtout connu pour être l’époux de Najat Vallaud-Belkacem.

Comme il était las de rester dans l’ombre de l’ancienne ministre de l’Education nationale, il a décidé de frapper un grand coup afin que les projecteurs le mettent en pleine lumière. « Zemmour est un pou qui se dresse sur la tête d’un géant en mimant l’appel du général de Gaulle », a-t-il déclaré. Un pou !!

Dans le registre de nos dégoûts, le pou occupe une place de choix avec les répugnants cafards et cancrelats. Les poux ont les tue, on les extermine : il y a des produits pour cela.

Animaliser ses adversaires est une spécialité des régimes totalitaires. Staline traitait ses ennemis de chacals et de hyènes. Hitler qualifiait les Juifs de rats pour rendre acceptable la Solution Finale. Car que faire avec les rats porteurs de la peste, sinon les condamner à disparaître ? Un jour après la Libération, Darquier de Pellepoix, ancien commissaire général aux questions juives fut interviewé. Il déclara : « A Auschwitz, on n’a gazé que les poux » ! Il est vrai que c’était avec du Zyclon B. Mais je n’irais bien sûr pas comparer Boris Vallaud avec Darquier de Pellepoix…


Ps : Darmanin a qualifié la vidéo de Zemmour d' »ignoble ». La campagne électorale s’annonce riche et prometteuse. Mais comme, contrairement à Boris Vallaud, le ministre de l’Intérieur est un modéré, il n’a pas qualifié Zemmour de pou !

François Cérésa, toujours aussi vert!

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L'écrivain François Césésa photographié en 2011 © ANDERSEN ULF/SIPA Numéro de reportage : 10000964_000002

Ce grand escogriffe fait toujours parler de lui. D’habitude, on entend, chaque mois, son nom prononcé par Pascal Praud (président de son fan-club) à l’antenne de CNews. À chaque arrivage de la revue Service Littéraire, le journaliste télé se délecte de la prose vacharde et carnassière de François Cérésa, fondateur du seul mensuel irrévérencieux consacré aux livres, vendu en France libre et écrit par des non-alignés. 

A lire aussi, du même auteur: Pascal Praud: élu phénomène télé de l’année

Cet écrivain-là ne respecte donc rien, ni les limitations de vitesse, ni la bienséance malsaine du milieu des lettres. Il écrit haut et droit, dru et nostalgique, cherchant à faire rire les copains et à blesser les salisseurs de mémoire, embarquant avec lui, les anars et les amoureux du style « Grand siècle ». Il est l’un des derniers journalistes, pourfendeur de la connerie ambiante, réac au cœur tendre, à foncer, sabre au clair, dans la mélasse et à y perdre souvent des plumes. 

Une forte tête

Notre société policée, celle de la langue morte et de la moraline en tube, a horreur des fortes têtes qui mettent le doigt sur nos faiblesses et nos renoncements. C’est un fait établi, nous avons renoncé collectivement aux romans portés par un style jouissif pour nous laisser envahir, peu à peu, par une littérature du « mini-moi » boursouflé. Cérésa s’attaque aux fausses valeurs de notre temps, avec une hargne salutaire, sans jamais oublier, d’amuser son public par l’utilisation de l’argot et du bon mot taquin, de la phrase bien balancée et de la pique sauvage. Ce type-là se permet tout. Sa geste flamboyante et désespérée devrait être enseignée dans les écoles de journalisme. On y gagnerait en qualité et en lucidité. Ce moraliste a fait ses classes chez Boudard et Nucéra, il a aussi appris à écrire sur les fortifs, du côté de Simonin. Mais le classer parmi les argotiques et les bistrotiers serait une grave erreur d’analyse. Ce vaillant hussard, longtemps établi au Nouvel Observateur, fait le pont entre la littérature populiste et les princes du stylo-plume, entre Fallet et Morand, entre A.D.G et Giono, entre Villon et Aragon. 

A lire ensuite: L’abc d’A.D.G.

De son ancien maître, Maurice Druon, il aura hérité de cette posture d’aristocrate bougon qui manque tant à nos écrivains souffreteux et de cette mauvaise foi délicieusement française qui anime les dîners en ville. Cérésa, l’esprit en alerte, la vanne prête à être dégainée, possède également la générosité des mammas italiennes qui mettent trop de plats sur la table pendant les fêtes de fin d’année. Chez lui, le trop-plein est un signe de vitalité intellectuelle et de connivence. Il n’a pas la prétention des ascétiques qui dévitalisent les mots. Cérésa déborde, inventeur de formules pétaradantes, il cherche perpétuellement à faire jaillir sa prose par la farce ou la force du trait. Cette silhouette familière de la rive gauche, les femmes se retournent quand elles l’aperçoivent sur le boulevard Saint-Germain, qu’il porte une redingote ou un blouson d’aviateur, fait son petit effet. Le bonhomme fut, entre autres, mannequin durant sa jeunesse ! C’est autrement plus fortiche qu’une banale agrégation en poche. 

Un talent protéiforme

Il suffit de se balader à ses côtés pour constater son légendaire magnétisme. Chantre des Trente Glorieuses et de l’œuvre hugolienne, Cérésa a beaucoup écrit depuis les années 1980 dans tous les registres : le roman historique, le polar traquenard, le sentimentalisme écorché, la piété filiale, les amitiés sur le zinc, les souvenirs de vacances, la tortore ou sa chère Bourgogne. Jeudi dernier, sous la Coupole, l’Académie française a salué, ce talent que l’on qualifierait aujourd’hui de protéiforme, en lui décernant le Grand Prix Michel Déon qui s’attache à honorer « le style et la liberté d’esprit ». Esprit et liberté, deux mots qui vont si bien ensemble et qui lui collent à la peau. Gloire à lui et longue vie littéraire ! 

D.R.

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de croiser cette plume ferrailleuse, je vous conseille de vous abonner à Service Littéraire et de lire cet énergumène, notamment le merveilleux Mon ami, cet inconnu (Pierre-Guillaume de Roux) ou Poupe (Éditions du Rocher). Cérésa excelle dans les outrances, mais il se révèle un auteur parfaitement délicat dans l’exploration des failles intimes.

Dernier livre paru « À un détail près » de François Cérésa – Écriture

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Un bon début

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© Wild Bunch

Premier film d’une cinéaste géorgienne, une tragédie oppressante, hantée par le crime


“Au commencement” – c’est le titre de ce premier long métrage, réalisé par une extraordinaire cinéaste géorgienne âgée de 36 ans, Dea Kulumbegashvili. Et à la fin ? Rien ne se sera passé comme on pouvait s’y attendre. 

Un film très soigné

Format carré de l’écran, plans fixes indéfiniment étirés, plastique rigoureuse organisant cadrages et entrées dans le champ de l’objectif avec une impeccable précision, voilà qui est assez rare dans le cinéma contemporain pour être souligné d’emblée. Formellement, le film est, d’un bout à l’autre, un objet pictural très soigneusement tenu. Jusque dans le plan final, étrange et magnifique. 

Wild Bunch

L’action (si l’on peut dire) se passe dans une campagne cernée par les montagnes caucasiennes, au bord de l’Azerbaïdjan. Yana, blonde et belle quadragénaire, partage avec son mari et leur jeune fils adolescent l’austère morale des Témoins de Jéhovah, petite communauté rurale marginalisée par la confession chrétienne orthodoxe, majoritaire dans le pays. Au milieu d’un office, incendiée par des extrémistes (le déroulement ne nous apprendra rien ni sur leurs raisons, ni sur leur identité), la maison chaulée de blanc qui, au milieu de la plaine, sert de modeste lieu de culte disparaît dans les flammes. Le mari de Yana est tenté de porter plainte mais la police lui laisse entendre qu’il ferait mieux de s’abstenir. Contre l’avis de sa femme, il part aussitôt en voyage chercher des soutiens pour reconstruire l’édifice. Restée seule, Yana reçoit alors la visite d’un jeune inspecteur de police, personnage retors, libidinal et glaçant. Terrifiant, leur sobre échange verbal est filmé comme une opération –  au scalpel (n’en disons pas plus). Contre toute attente, le type s’en va. Mais Yana se sait sous sa menace. De fait, un peu plus tard, l’homme surgit et la viole au bord d’un ruisseau. Séquence stupéfiante, car filmée à grande distance, en plan fixe, sans cri, sans musique, avec pour fond sonore le seul vacarme continu de l’eau qui roule, torrent imperturbable, au cœur d’un paysage riant. À son retour, l’époux tombe sur l’enregistrement du dialogue pervers intenté par le futur violeur pour humilier sa proie. Devant son époux interdit, elle s’effondre, dévastée par la honte. On comprend au passage que Yana a dû renoncer à sa carrière d’actrice pour suivre celui-ci, corps et âme, dans son projet missionnaire. Comment survivre à l’humiliation irrémissible ? Victime expiatoire, Yana se punira… en tuant son enfant. 

Tragédie absolue

Ainsi le châtiment du viol s’abat-il sur deux innocents. Impuissance devant la disgrâce conjugale, devant la sujétion au désir, impuissance devant l’abjection masculine, impuissance devant l’oppression de l’État :  la tragédie absolue. On est loin du moralisme neuneu sur le « féminicide ». 

À Paris, le film ne passe que dans une seule salle : le cinéma du Panthéon, dans le cinquième arrondissement. Autant dire qu’il n’y a pas de temps à perdre pour s’y risquer…. 

Au commencement. Film de Dea Kulumbegashvili. Géorgie/ France, couleur, 2020. Durée : 2h05          

Valérie Pécresse, à vous de protéger les Français!

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Eric Ciotti congratule Valérie Pécresse, Paris, 4 décembre 2021 © Rafael Yaghobzadeh/AP/SIPA AP22631573_000011

La présidente de la région Ile-de-France a remporté le second tour du Congrès LR face à Eric Ciotti, par 60,95% des voix contre 39,05%. L’analyse de Philippe Bilger.


C’est parce que je ne hais personne dans la classe politique mais que j’ai des convictions qui m’ont toujours porté vers une conception authentique de la droite – à la fois humaniste et vigoureuse – que je me sens légitime à évoquer la brillante victoire de Valérie Pécresse (60,95 %) contre Eric Ciotti (39,05 %) au second tour de l’élection LR.

Je note qu’une multitude d’hommages sont rendus à Christian Jacob et avec la parfaite réussite du Congrès ils sont justifiés, notamment avec cette sincère et solidaire entente, qui n’est pas qu’artificielle, entre les cinq candidats. Ils ont offert aux Français des joutes de qualité et permis aux militants, en définitive, un choix éclairé. Je continue cependant à regretter que Christian Jacob ait stérilisé trop longtemps l’opposition de son parti à Emmanuel Macron en nous faisant attendre indéfiniment son ami François Baroin qui n’avait pas l’intention de venir…

LR n’est pas mort !

Pour ma part je n’ai jamais cru, contre tous les oiseaux de mauvais augure, à la mort complaisamment et régulièrement annoncée de LR. Entre le macronisme moins enrichi que gangrené par des transfuges et une droite extrême dont le constat lucide n’aurait aucune chance de s’inscrire dans une politique qui est d’abord l’art du possible, il y avait une place centrale pour eux.

Non plus une droite oscillant au gré de la tactique et une gauche sortie quand il convenait, non plus la dénonciation d’un jour puis la rétractation le lendemain, non plus l’abandon trop longtemps du régalien puis la précipitation cynique, sur le tard, de rattraper la France perdue et blessée, non plus un manque de considération des citoyens à peine masqué par des affectations de proximité et de familiarité, non plus une solitude narcissique fière de n’avoir personne à sa hauteur. Non plus un président à sa propre écoute pour une France plus fracturée que jamais.

Mais une droite républicaine – ce qui signifie prête à tout mettre en œuvre pour la défense de la France, de son identité et pour protéger les Français, en se souciant moins de la pureté abstraite des principes nationaux et européens que de l’efficacité revendiquée et concrète des armes – qu’un État de droit rénové mettra à notre disposition. Le « en même temps » nous servira pour la pensée individuelle, mais ne nous guidera pas pour l’action puisque cette simultanéité la rendrait impossible. Là où régnait le flou, l’obscur, l’incertain et l’indécis, la fuite du présent pour la ruse de demain, l’oubli des devoirs pour garantir la réélection, la dépréciation de la France pour plaire à ses adversaires, un culte mémoriel frénétique pour se lover dans un passé reposant, la droite d’aujourd’hui qui a continué à faire un sans-faute proposera sa clarté, sa netteté, sa résolution, le respect de ses engagements. Elle sait qu’elle ne peut plus se permettre de trahir mais qu’elle est condamnée à tenir, à réaliser et à faire remonter notre pays dans l’estime qu’il a de lui-même.

Le courage de dire et la volonté de faire

Quelle belle équipe de France en effet. Valérie Pécresse, « le courage de dire et la volonté de faire ». Eric Ciotti, une ligne courageuse, sincère et constante, une droite qui en effet, selon sa juste intuition, rend inutile l’extrême droite. Michel Barnier à l’allure présidentielle mais sans doute pas assez préoccupé de démontrer le caractère irremplaçable de son apport. Xavier Bertrand le valeureux, qui a commis dès le début des erreurs de tactique mais qui a eu le rôle capital de persuader toute la droite que la victoire était possible, qu’elle était même nécessaire et qu’Emmanuel Macron ne pourrait pas s’en tirer à bon compte avec sa mansuétude régalienne qui a abîmé la France. Philippe Juvin, candidat de témoignage si on veut, mais alors de quelle qualité ! Vif, surprenant, sans démagogie, brossant le tableau effrayant d’un monde hospitalier laissé tel quel depuis le début de la pandémie.

Michel Barnier, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Eric Ciotti et Xavier Bertrand dans les studios de LCI, Boulogne-Billancourt, 8 novembre 2021 © BERTRAND GUAY-POOL/SIPA Numéro de reportage : 01047598_000015

Sur tous les thèmes qui ont agité l’opinion publique et échauffé les débats démocratiques – la sécurité, la Justice, la santé, le social, l’immigration, le communautarisme, le retour de la France dans des cités d’où elle avait été chassée à cause de voyous nourris au  trafic de drogue et saccageant le quotidien d’une majorité d’honnêtes gens, la France ne se reconnaissant plus elle-même et à laquelle on intime l’ordre de se faire remplacer par le concept de République – les LR ont les solutions à la fois les plus efficaces et les plus dignes. Déjà on constatera à quel point notre nation ira mieux quand on autorisera nos forces de l’ordre à user sans crainte ni reproche de la plénitude des droits et des attributions que la loi leur donne, sans s’arrêter à mi-chemin par peur que la lâcheté des pouvoirs ne les soutienne plus.

Cette victoire éclatante de Valérie Pécresse, cette réussite collective rendront, je l’espère, vains les jeux d’appareils, les hésitations troublantes d’un Nicolas Sarkozy prêt, parce qu’il s’estimerait irremplaçable, à jouer plutôt Macron que sa famille. Ce serait une honte.

Rien n’est gagné mais tout à coup une espérance s’est levée. 2022 pourrait n’être pas une année morte. 

Libres propos d'un inclassable

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Faites condamner l’accusé!

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© Curiosa Films / Gaumont

Le dernier film d’Yvan Attal prend le risque de s’attaquer à un sujet devenu brûlant depuis le mouvement #MeToo: le viol…


Yvan Attal est courageux. Être un homme et vouloir évoquer en cette période le thème du viol présumé relève soit de l’inconscience, soit en effet du courage. On créditera volontiers Attal de cette seconde vertu. Pour autant, le pari est-il tenable précisément en ces temps déraisonnables quant à la sérénité des débats ? Le propos principal du film Les Choses humaines appliqué à deux jeunes adultes tient en peu de mots : est-il coupable ? Était-elle consentante ?

Partant de là, le cinéaste tente le pari du film de procès, c’est-à-dire de l’équilibre permanent entre les deux « thèses » en présence. Louable intention, mais qui finit par lasser à force d’équilibrisme précisément, et même à décevoir fortement quand, par la dernière image que l’on se gardera bien de décrire ici, Attal finit par « choisir son camp ». Mais est-ce vraiment le sien ou celui de l’air du temps contre lequel il est dangereux d’aller ?

A lire aussi : «Le Dernier Duel»: le Moyen-Age revu et sévèrement corrigé par MeToo

Reste un casting épatant, Pierre Arditi en tête dans le rôle impossible du « vieux con » comme diraient nos radicales-féministes, à moins qu’il soit juste un père aimant, c’est-à-dire profondément humain…

Les choses humaines

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Mazette, Mazaurette !

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Maïa Mazaurette. D.R.

Avec son blase tout mignon et ses faux airs d’Elsa Zylberstein, Maïa Mazaurette s’occupe de la rubrique sexe dans l’émission « Quotidien ». Déclinée en une « spéciale enfants » le mercredi, sa pastille faussement disruptive est diffusée sur une des antennes du groupe TF1… lequel n’a jamais caché que vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola était sa principale vocation. Quand une question de téléspectateur lui déplaît, elle nous fait penser à une effrayante Ménie Grégoire post-Metoo.


« Quotidien », l’émission la plus woke du paysage audiovisuel, propose désormais une rubrique sexe. C’est Maïa Mazaurette qui s’en charge. Elle est du genre à soutenir avec le plus grand sérieux que le sexe est « politique ». Pas très apprêtée, capable de débarquer sur le plateau avec un sweat « métro boulot vibro », Mazaurette adhère à toutes les thèses à la noix sur la déconstruction du « genre ». Persuadée qu’il faut « désacraliser la pénétration », elle s’est réjouie dernièrement des résultats d’un sondage qui révélait que pour atteindre l’orgasme, 63 % des femmes préféraient les sextoys à un homme.

A lire aussi: Remplacez votre réveil-matin par un woke-matin: écoutez France Inter!

Le même jour, une téléspectatrice de 31 ans nommée Lily a été recadrée par la chroniqueuse pour avoir osé la question suivante : « J’ai une admiration pour les hommes efféminés, maquillés, habillés comme des femmes, androgynes… Est-ce que ça peut remettre en cause mon hétérosexualité, ou pas du tout ? » Mazaurette n’a pas hésité à remettre l’impertinente à sa place : « Ta question part du principe qu’il n’existe qu’une seule manière d’être un homme, un vrai, avec des muscles, des poils, une grosse mâchoire et des épaules larges comme un porte-avions. Ce modèle, c’est celui des deux décennies passées ! » a-t-elle d’abord pesté. Rappelant qu’il y a eu aussi le modèle grec avec un tout petit pénis ou le modèle Louis XIV avec talons et perruque, elle a ensuite présenté son collègue, le journaliste Paul Gasnier, aux « traits fins comme de la porcelaine », puis a révélé que le cuisinier de l’émission, Juan, n’avait pas de poils sur le pubis.

A lire aussi, de Martin Pimentel: La droite et France Inter: syndrome de Stockholm?

Enfin, la militante de la fluidité des genres a conclu : « L’homme générique n’existe pas, cela n’a en réalité rien à voir avec la féminité, c’est une variation génétique standard. » Elle en veut pour preuves le jeune acteur Timothée Chalamet ou le chanteur à robes Harry Styles : ne bouleversent-ils pas les codes ? En nous vantant ses hommes déconstruits, Maïa Mazaurette est une effrayante Ménie Grégoire post-Metoo. Reste à savoir quand la nouvelle révolution sexuelle accouchera de la Terreur.