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Le Loup réac et le Chien woke

Parodie de la fable «Le Loup et le Chien», de Jean de la Fontaine, inspirée également d’Esope et Phèdre.


Un Loup n’avait que les os et la peau,

Tant les Chiens faisaient bonne garde.

Le réac rencontre un Woke aussi puissant que beau,

Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.

L’attaquer, le mettre en quartiers,

Sire Loup l’eût fait volontiers ;

Mais il fallait livrer bataille,

Et le Mâtin était de taille

A se défendre hardiment.

Le Loup donc l’aborde humblement,

Entre en propos, et lui fait compliment

Sur son entregent, qu’il admire.

« Il ne tiendra qu’à vous beau sire,

D’être aussi bon que moi, lui repartit le Chien.

Quittez le droit, vous ferez bien :

Vos réacs y sont misérables,

Cancres, haires, et pauvres diables,

Dont la condition est le républicain.

Car quoi ? rien d’assuré : point de saines pensées :

Tout à la pointe du passé.

Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin ».

Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?

– Presque rien, dit le Woke, chasser les malfaisants, 

Dominants, mâles, et blancs ;

Flatter les sans-logis, à Rousseau complaire :

Moyennant quoi votre salaire

Sera force reliefs, couscous au réveillon :

Pas de poulet ! Tofu sans graillon !

Sans parler de mainte caresse ».

Le Loup déjà se forge une félicité

Qui le fait pleurer de tendresse.

Chemin faisant, il vit le col du Woke pelé.

« Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.

– Mais encor ? – Les idées dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause.

– Attaché ? dit le Loup : vous ne pensez donc pas

Ce que voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?

– Il importe si bien, que de tous vos appas

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor ».

Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

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Gérard Collomb aurait dû parler plus tôt !

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Le 11 novembre dernier, Gérard Collomb s’est exprimé sur Twitter sur l’accueil de l’ocean Viking et a avoué qu’en 2018, il y avait déjà de gros problèmes migratoires. Jusqu’alors, Gérard Collomb s’était tu pour ne pas mettre en péril la réélection d’Emmanuel Macron.


Gérard Collomb n’oublie rien et a le ressentiment durable.

L’un des tout premiers soutiens d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2017, devenu par la suite son ministre de l’Intérieur, a mal vécu que sa complicité politique et amicale avec le président se soit interrompue en 2018 selon des modalités et avec une façade qui longtemps servirent de leurre.

Gérard Collomb, en effet, avait invoqué son besoin de revenir à Lyon pour une campagne des municipales qui exigeait sa présence dans les meilleurs délais ; mais non sans avoir, au préalable, jeté un pavé dans la mare avec sa crainte que dans les banlieues, on ne soit bientôt plus «côte à côte mais face à face».

Malgré paraît-il les efforts de Brigitte Macron, le fil était rompu. Sans véritable hostilité ni contradiction mais avec une réserve et un quant-à-soi de la part de Gérard Collomb qui en disaient long.

La bombe a éclaté ce 11 novembre quand l’ancien ministre a considéré que «l’accueil en France de l’Ocean Viking marque un tournant dans la politique d’immigration en France» et a déclaré que «lorsqu’en 2018 avait été envisagée la création d’un hotspot à Toulon, je m’y étais opposé de toutes mes forces et avais démissionné» (actu.fr).

Explicitant ce tweet, Gérard Collomb souligne que «les problèmes migratoires étaient déjà extrêmement importants en 2018. La Commission européenne avait lancé l’idée de centres contrôlés pour accueillir les migrants ; peu après, les chefs d’Etat réunis spécialement sur ce sujet, reprennent ce projet, Emmanuel Macron s’y montrant l’un des plus favorables». Pour ces centres en question, les trois pays prévus – Tunisie, Maroc et Albanie – refusent une quelconque implication. Mais Emmanuel Macron, lui, «propose alors d’ouvrir un tel centre soit à Toulon soit à Marseille et il demande au préfet de l’époque d’y travailler. Ministre de l’Intérieur, je suis à fond contre ce projet car toutes mes équipes me démontrent que compte tenu des législations françaises et européennes, si l’on accueille des migrants dans ce type de centre, on ne pourra pas les faire repartir».

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Le ministre de l’Intérieur assiste à Marseille, le 1er octobre 2018, à une cérémonie en hommage aux deux jeunes filles tuées gare Saint-Charles par un Tunisien en situation irrégulière et qui aurait dû être expulsé. Demeurant hostile à un tel centre malgré l’insistance du président, et pour ne pas être responsable de telles tragédies, il démissionne de sa charge le 3 octobre.

De ces révélations tardives de Gérard Collomb, que faut-il tirer ?

– D’abord, que le terrorisme se nourrit et se nourrira de cette mansuétude, de l’incurie de notre pays pour sa sauvegarde.

– Ensuite, que la situation en 2022 est pire. Plus préoccupante qu’en 2018 et pourtant d’une certaine manière Emmanuel Macron, certes poussé par une Italie pourtant stigmatisée, a mis en oeuvre partiellement ce qu’il avait validé il y a quatre ans. Sa décision d’aujourd’hui face à l’Ocean Viking va évidemment engendrer des conséquences dévastatrices sur le plan de l’immigration.

– Par ailleurs, qu’Emmanuel Macron ne sait décidément pas maîtriser le langage régalien et qu’il éprouve d’extrêmes difficultés, face à la dureté du réel, à sortir des voeux pieux et d’un humanisme qui se rengorge à proportion de son impuissance.

– Enfin, et c’est pire, que le cynisme et la faiblesse se conjuguent pour avoir des effets catastrophiques. On cherche à séduire la droite par des apparences de fermeté, on a eu l’Aquarius, on donne des gages pour la rigueur, on concède un peu à l’autorité de l’Etat mais, dès qu’un écueil se présente, qu’un arbitrage de responsabilité est à effectuer, le choix est accompli mais pour le pire. Et on fait avaler à Gérald Darmanin une couleuvre dont il se serait bien passé !

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Ces voltes, ce processus qui sans conviction cherche à gagner l’adversaire à sa cause, cette volonté qui d’un jour à l’autre se délite, ne serait-ce pas le macronisme, tellement soucieux d’adapter ses embardées aux fluctuations du monde qu’il relève plus d’un bateau à la dérive que d’un navire gouverné ?

On ne saurait trop féliciter Gérard Collomb pour cette confession dont on devine la sincérité – il a toujours été un socialiste pragmatique et ferme – même si elle est inspirée par un zeste d’aigreur. Emmanuel Macron n’a pas de chance avec ses anciens ministres : Gérard Collomb, Agnès Buzyn… Là où je ne rejoins pas le premier, c’est dans l’explication qu’il donne pour justifier la lenteur de sa réaction. Il prétend que s’il avait parlé plus tôt, il aurait gravement nui à Emmanuel Macron et qu’il l’aurait fait perdre en 2022.

Il me semble que sur ce plan Gérard Collomb surestime son coup de théâtre. Il a certes ouvert les yeux de tous ceux qui prennent Emmanuel Macron au mot au lieu de le juger aux actes mais Marine Le Pen ne l’aurait pas emporté tout de même en 2022.

Dans tous les cas, il aurait dû parler plus tôt. Ce n’est pas bien de laisser une démocratie sur sa faim !

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Il n’y a pas que l’Ukraine dans la vie

Et si la défaite de Bolsonaro et la demi-victoire des Démocrates indiquaient un changement d’époque bien plus important ?


Bon, une hirondelle ne fait pas le printemps, d’autant plus que nous sommes en novembre, mais deux choses ont de quoi nous réjouir dans l’actualité internationale. Bien sûr, en la matière, l’info est entièrement centrée sur la guerre en Ukraine. On a même l’impression en zappant, que LCI,  par exemple, ne parle que de ça tout le temps. J’évite d’ailleurs de trop écouter parce ce qu’ils finiraient par me convaincre de ne plus être d’accord avec eux.

Oui, Poutine est l’agresseur, oui l’Ukraine est la victime, ça ne fait aucun doute, mais ils vont finir par fatiguer les gens d’autant plus que toutes les informations et tous les commentaires – en général donnés par des militaires à la retraite ou des experts d’instituts géopolitiques dont on n’avait jamais entendu parler jusque-là – se révèlent forcément pro-ukrainiens et sans la moindre nuance ou la moindre contradiction.

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Avec la libération de Kherson, ce n’est pas compliqué, on a l’impression que les chars ukrainiens fournis par l’OTAN sont à dix kilomètres de Moscou. Aux Russes, le monopole des atrocités, de la désorganisation, de l’effondrement toujours imminent mais aux Ukrainiens celui de l’humanisme, du courage, des victoires qui s’enchainent et une manière de tuer son prochain infiniment plus propre que le Russe qui en met toujours partout.

Un « bourrage de crâne », comme on disait en 1914 quand on racontait que les balles allemandes, toutes de mauvaise fabrication, trouaient le corps du soldat français sans jamais toucher d’organes vitaux. Ça reste un bourrage de crâne même pour la bonne cause.

Non, ce qui m’a réjoui, ces dernières semaines, c’est la courte victoire de Lula au Brésil ainsi que la reconnaissance sans trop de difficultés par Bolsonaro de sa défaite. Et puis, juste après, la non-victoire des Républicains trumpisés et un président démocrate qu’on dit sénile qui sauve son Sénat, exploit réussi seulement par Roosevelt, Clinton et Bush fils. En tirer des conclusions durables serait une erreur, ces sociétés demeurent polarisées. Seulement, ceux qui veulent transformer un affrontement politique dans une démocratie en guerre culturelle et civilisationnelle en sont pour leurs frais.

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Contre Bolsonaro et son évangélisme fanatique, son autoritarisme d’ex-galonné à l’anticommunisme vintage et son écocide décomplexé de l’Amazonie, son ultralibéralisme féroce, il n’y a pas eu le « communiste » Lula mais une espèce d’union sacrée autour du candidat de gauche comme le montrent les ralliements au second tour en sa faveur de la part de partis de droite ou libéraux.

Et contre Trump instrumentalisant les théories du complot, pratiquant le négationnisme électoral, hystérisant les pulsions xénophobes et faisant régresser les USA façon La Servante écarlate et La case de l’Oncle Tom, les électeurs américains – et les électrices, concernées au premier chef par la fin de l’arrêté Roe-vs-Wade – ont préféré une vision plus calme, oui tout simplement plus calme, de leur pays.

Les peuples finissent peut-être par comprendre que « l’insécurité culturelle », « le grand remplacement », bref toutes ces marottes mortifères tellement à la mode, sont l’ultime ruse du capitalisme pour masquer un déclassement social sans précédent lié à une répartition toujours plus inégalitaire de la richesse et un effondrement écologique imminent.

Et que, dans un tel contexte, baisser les impôts des riches pour qu’ils puissent rouler en Hummer tout en interdisant à leur fille d’avorter, ce n’est pas franchement un projet de société bien exaltant.

Un jeune militant RN meurt d’un cancer: un assistant parlementaire de LFI crache sur sa tombe

Allan Brunon, militant La France insoumise, s’est laissé aller à un commentaire infâme sur Twitter – se moquant du respect et de la décence – au sujet du jeune Kevin Cormillot, militant Rassemblement National, décédé prématurément.


Il s’appelait Kevin Cormillot et militait au Rassemblement National. Il est mort récemment d’un cancer à l’âge de 26 ans. Marine Le Pen a présenté ses condoléances à sa famille et rappelé sa gentillesse sans égale. Allan Brunon, militant La France insoumise, ancien candidat pour la NUPES aux élections législatives dans l’Isère (éliminé dès le premier tour), assistant parlementaire du député La France insoumise du Rhône Gabriel Amard, a de son côté twitté : « Il retrouvera en enfer ses idoles. Les Léon Gaultier, les Pierre Bousquet et les autres Waffen-SS, fondateurs du FN ». Après avoir lamentablement tenté de se justifier en revenant sur l’affaire de Fournas et sur « l’esprit du FN, parti fondé sur les prémices du nazisme », ce triste individu a finalement supprimé son odieux message. Il n’empêche, les vapeurs méphitiques de cette saleté continuent de nous agacer désagréablement les narines.

Ce tweet abject n’a suscité aucune réaction des responsables politiques hormis ceux du Rassemblement National. Personne du côté de la NUPES, ni Insoumis, ni socialiste, ni écologiste, pour dénoncer ce propos ignominieux. La presse dominante, manipulatrice et moralisatrice quand il s’agit de défendre un député de La France insoumise soi-disant visé par un propos raciste, n’a pas cru bon d’évoquer ce tweet écœurant. Comme l’écrit Gilles-William Goldnadel dans Valeurs actuelles : « Les autorités d’occultation veillent avec vigilance ». L’avocat et chroniqueur sur CNews a d’ailleurs été parmi les premiers à réagir. Il annonce qu’il ne lâchera ni La France insoumise ni le dénommé Allan Brunon et persistera à dénoncer la bêtise, la méchanceté et la dangerosité de l’extrême-gauche en même temps qu’il révélera la duplicité et la manipulation des médias dits de référence. Permettez, cher Maître, que je me joigne à vous.

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Alexis Corbière demandant aux journalistes désireux d’en savoir plus sur l’affaire Taha Bouhafs de « rentrer à la niche » ; Danièle Obono intimant l’ordre à ses adversaires politiques de « manger leurs morts » ; Raquel Garrido reprochant à Stanislas Rigault de « sucer la bite à son chef » ; Jean-Luc Mélenchon rendant un émouvant et tonitruant hommage à Fidel Castro sans cesser de brailler qu’en France « la police tue » et d’avouer qu’il ne pourrait pas survivre dans un endroit où il n’y aurait que « des blonds avec des yeux bleus » ; Danielle Simonnet et Danièle Obono recevant avec les honneurs l’ex-chef du Labour, Jeremy Corbyn, fortement suspecté d’antisémitisme au sein même de son parti ; Danièle Obono pointant la couleur de peau du Premier ministre Jean Castex ; l’ancien dealer Louis Boyard regrettant d’avoir vécu en Vendée parce que « en Vendée, ça peut paraître triste, mais il n’y a que des personnes blanches » ; etc. Ce ne sont là que quelques exemples des extravagances acrimonieuses, vulgaires ou racistes des représentants de La France insoumise. L’indignation de la presse bien-pensante étant à géométrie variable, ces extravagances n’ont suscité aucune réaction dans les salles de rédaction. L’audiovisuel public, trop occupé à mentir sur l’affaire de Fournas, a ignoré le tweet d’Allan Brunon. Quant aux journaux comme Le Monde, Libération ou L’Obs, ils nous ont habitués à des temps de réaction variant selon le sujet d’actualité : d’une rapidité surprenante quand il s’agit de reprendre les mensonges de La France insoumise à propos de la « polémique » de Fournas et, au contraire, d’une incroyable lenteur quand il faut informer sur les viols et agressions sexuelles des migrants à Cologne en 2016, sur le harcèlement vécu par Mila ou sur la mort de la petite Lola. Ces organes de presse se seraient volontiers abstenus d’aborder ces « faits divers » et ne l’ont fait, a minima il est vrai, que contraints et forcés par la pression des réseaux sociaux et la pugnacité de quelques personnes. Dans le cas du tweet d’Allan Brunon, le silence a été total. Pas une seule ligne, pas un seul mot sur cette cochonnerie. Imaginons un instant telle ou telle personnalité du Rassemblement National écrivant une saloperie comparable à celle d’Allan Brunon après le décès d’un jeune militant de La France insoumise…

Sans les responsables du Rassemblement National, sans Valeurs actuelles, sans Éric Naulleau, Stanislas Rigault, Gilles-William Goldnadel et quelques autres rares courageux, personne n’aurait été au courant de la saleté malodorante déposée sur Twitter par Allan Brunon. Ne nous leurrons pas, les « autorités d’occultation » mettent tout en œuvre pour que l’information reste confidentielle. Ils y parviendront très facilement. Les représentants du parti mélenchoniste sont, à l’image de leur leader, hargneux, menteurs, haineux, prêts à toutes les bassesses pour détruire un adversaire politique, capables du pire – mais les médias leur mangent dans la main. Il n’y a là rien de nouveau, l’extrême-gauche – que les médias complaisants n’appellent jamais ainsi – bénéficie en France d’un traitement de faveur. Son histoire sanguinaire, ses références révolutionnaires et catastrophiques, ses appels à la violence, ses accointances avec certains régimes dictatoriaux et son islamo-gauchisme décomplexé ne dérangent absolument pas l’intelligentsia médiatique qui préfère continuer de raconter la fable d’un parti d’extrême-droite « nazi » et antisémite plutôt que de voir le véritable danger représenté par l’extrême-gauche française. Les journalistes de type france-intérien reprenant à leur compte la propagande immigrationniste de Jean-Luc Mélenchon, les voilà prêts à accepter l’inacceptable ou, pour le moins, à ne pas relever le caractère boueux de certains propos tenus par les plus éminents militants de La France insoumise. Quand ils ne mentent pas éhontément, ces journalistes transforment la réalité. Rien ne doit venir ternir le tableau idyllique d’une France multiculturaliste et multiethnique qu’à l’instar des militants et responsables de La France insoumise ils appellent de leurs vœux.

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La famille et les amis de ce jeune homme mort à l’âge de 26 ans, en plus de la douleur due à cette disparition, ont eu à subir les propos ignobles d’un répugnant personnage qui se dit « militant des luttes antifascistes » et qui est, en vérité, le plus fasciste des fascistes, fasciste de ce nouveau fascisme d’extrême-gauche qui, aveuglé par son idéologie totalitaire, ne sait que détruire et insulter, cracher sur la France et les Français. Destinons à Allan Brunon, ce fasciste qui s’ignore, la réponse que fit Paolo Pier Pasolini à Sarino, un étudiant de gauche qui lui reprochait d’être «un réactionnaire et un conservateur» : « Toi, tu es de gauche, d’extrême-gauche, plus à gauche entre tous, et pourtant tu es fasciste : tu es fasciste parce que tu es bête, autoritaire, incapable d’observer la réalité, esclave de quelques principes qui te semblent si inébranlablement justes qu’ils sont devenus une foi – horrible chose, lorsqu’elle ne s’accompagne pas de la charité : autrement dit, d’un rapport concret, vivant et réaliste avec l’histoire ».[1]

Kevin Cormillot était un de ces jeunes Français patriotes que les fascistes d’extrême-gauche haïssent au point d’ignorer la plus élémentaire décence devant la mort prématurée de l’un d’entre eux. Le moins que nous puissions faire pour honorer la mémoire de Kevin est de continuer de combattre les sinistres représentants de La France insoumise et de dénoncer les médias dominants qui leur servent la soupe – travail titanesque tant l’emprise de ces derniers semble irrémédiablement enkystée dans la société française. Qu’importe, nous ne manquerons pas à notre parole. « Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! Non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! » [2]


[1] Pier Paolo Pasolini, Le chaos, Éditions R&N.

[2] Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte V, scène VI.

Promo sur les dividendes !

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Pour résoudre le problème du pouvoir d’achat, l’Etat a eu l’idée aberrante, mais très démagogique, de demander aux entrepreneurs de faire de leurs salariés de «faux actionnaires» qui toucheraient des dividendes. Une fois de plus, les PME et les multinationales du CAC40 sont placées inintelligemment sur un pied d’égalité.


Après avoir été conspués pendant des années, voilà que les dividendes deviennent le mot magique pour le gouvernement, sous le regard un peu stupéfait des syndicats et du patronat ! Tout cela est lié aux dits « super profits » qui concernent environ 10 multinationales mais qui ont mis la bave aux lèvres aux tenants de la répartition avant tout.

Un peu de pédagogie basique : les entreprises pour exister ont besoin d’argent, c’est cet argent que leur fournissent les actionnaires. Ces actionnaires : vous et moi aussi bien que les fonds de pension, ont acheté des actions en bourse, ils ont investi pour faire fructifier les sommes petites ou grandes qu’ils ont placées et attendent un rendement. Évidemment les rendements dépendent des résultats de l’entreprise et les dividendes ont pour objet de rémunérer l’argent investi ainsi que le risque de perdre sa mise en cas de difficultés. Il est utile de le rappeler.

Il est légitime lorsque l’entreprise est très profitable que les salariés en profitent aussi, mais c’est un raisonnement normal que tiennent déjà les chefs d’entreprise ! D’où la participation, l’intéressement, les primes, les bonus…

L’État qui veut résoudre la problématique du pouvoir d’achat grâce aux entreprises (par ailleurs tellement ponctionnées qu’elles n’arrivent pas à augmenter les salaires) a eu l’idée démagogique et facile de demander aux entrepreneurs de faire de leurs salariés de « faux actionnaires » qui toucheraient des dividendes. Il se trouve que le président de la République, qui a lui-même lancé cette idée généreuse puisée dans les fondements enfouis du communisme a dû oublier les principes qui ont fondé le capitalisme. En l’occurrence un dividende est la récompense de l’argent qui a été investi en actions.

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Alors, oui bien sûr, chaque entrepreneur est libre et on peut même l’y encourager, de vendre à ses salariés des actions de l’entreprise ; il peut vendre ces actions au prix qu’il veut et qui peut être très faible, les donner pourquoi pas ? Mais il apparaît absolument nécessaire que les salariés aient pris un risque, même minime, en investissant dans leur entreprise, donc en achetant ces actions personnellement. C’est la base de la pédagogie économique et l’implication des employés ; leur travail n’est pas, contrairement à ce que disent certains, déjà un investissement puisque le travail est rémunéré par un salaire et récompensé par des primes en cas de bons résultats. Par ailleurs, pour les sociétés non cotées c’est une usine à gaz, il va falloir d’abord calculer le prix d’une action puis gérer : et les années de vaches maigres ? Cela diminuera la rémunération des salariés ? Les dividendes seront versés chaque année sur la base du bénéfice ? Mais les provisions ? Sur quelles bases ? Bon courage !

En outre, vendre des actions de son entreprise pour un patron de PME est très impactant, il se dépossède de son capital… et qui rachètera les actions quand le salarié quitte l’entreprise ? Le patron encore ? A quel prix ? Arrêtons de faire semblant de généraliser ce qui concerne majoritairement le SBF 120, le CAC 40 ou es très grandes entreprises… En outre, si l’État s’en mêle par un texte ou une « incitation », ce n’est pas le même registre. Nous n’avons pas besoin de l’État pour rétribuer et intéresser nos salariés à la bonne marche de l’entreprise, en revanche nous avons besoin d’une rentabilité meilleure, de moins de contrôles… et de moins d’idées « géniales » pour pouvoir les augmenter, ce qui est de l’intérêt de tous ! Au fait « charité bien ordonnée commence par soi-même », la Fonction Publique malgré ses avantages, mécontente tous les salariés de l’État qui vont de grève en grève, et c’est nous tous qui payons les dividendes de cette mauvaise gestion !

Ingeborg Bachmann, inassignable

Thomas Bernhard (dont le ressassement ne me passionne pas) qualifiait Ingeborg Bachmann (qui me concerne) de «poétesse la plus intelligente et la plus importante que l’Autriche ait produite au cours du XXème siècle». On a vérifié. On entérine.


                                                                             « C’est grâce à toi, Ingeborg, grâce à toi. Un mot de toi – et je peux vivre » (Paul Celan)

Quitte-t-on jamais Ingeborg Bachmann, une fois qu’on l’a rencontrée (« lue », si vous préférez) ? Non. On ne quitte pas Ingeborg Bachmann. Et elle non plus. Je veux dire : elle non plus ne nous quitte pas. Elle devient une présence, une façon d’être au monde, jamais loin, présente en conscience : on sait qu’elle a existé, on sait que « cela » se tente, quitte à se… brûler. On sait que « c’est » possible. Dangereux – mais possible. Sa tentative devient alors une tentation. Une direction. Une voie. Combien sont-ils (elles) à avoir réussi cela : incarner un chemin, l’inventer (sens strict) ? On n’oublie jamais Ingeborg Bachmann (1926-1973).

Elle fut une des femmes écrivains les plus intenses et ardentes du XXème siècle. Sa fin tragique, brûlée vive (accidentellement ? probable, jamais tranché) dans son appartement de Rome, est connue. Son sens du Péché et du Mal, la violence de ses héroïnes, l’ont conduite à reconnaître en Dostoïevski, son maître. Sa quête de vérité dans l’art (« rude maîtresse ») la fait parente d’écrivains aussi intransigeants que Virginia Woolf, Emily Dickinson, Clarice Lispector ou Sylvia Plath – chacune requise par un sentiment d’absolu qui corrode toute réalité. Son amour pour Paul Celan, son âme-sœur dont la rencontre (Vienne, 1948) fut un destin (« fatum » – qui donne « fatal »), dit assez les débats qui l’agitent au mitan du siècle, en Autriche où elle est née, et en Allemagne.

A Berlin en particulier, où elle passera nombre d’années avant de s’exiler. Tantôt à Paris, où elle retrouvera parfois Celan. Tantôt, souvent, longtemps, en Italie (de 1953 à 1957, puis à nouveau à Rome, de 1965 à 1973), où après avoir – presque – cessé d’écrire de la poésie (en 1956, après la publication de Le Temps différé et Invocation de la Grande Ourse) et imposé sa voix sensuelle, cérébrale, lyrique, elle fomentera ses chefs d’œuvre : La Trentième année (nouvelles, 1961), Malina, son seul roman achevé (1971), histoire d’amour dingue (« Espérons que ce sera un livre qui finit bien. / Espérons-le ») et Trois sentiers sur le lac (1972), cinq histoires de femmes (et d’exil) à Vienne : « un des grands recueils narratifs » du XXème siècle, écrivait Pietro Citati (on confirme, si l’on ose).

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Pas d’espoir de salut chez Bachmann – n’était, peut-être, à l’extrême fin de sa vie, dans le dernier récit de Trois sentiers : là, elle esquisse une réconciliation avec l’Autriche maternelle et avec la figure paternelle (traumatisme, son père fut « exclu du corps enseignant pour son appartenance au parti nazi pendant la guerre »). Mais alors il est bien tard, et la fin est proche. A propos de Celan (1920-1970, suicide), elle écrira : « Ma vie est finie, car il s’est noyé dans le fleuve au cours du transport, celui qui était ma vie. Je l’ai aimé plus que ma vie ».

La biographie que lui consacre Hans Holler est la première dont nous disposions. Elle a le mérite de donner un aperçu assez complet de la vie et de l’œuvre de Bachmann. Elle revient, par exemple, longuement, sur le mariage (jusqu’en 1962) de Bachmann avec l’écrivain suisse Max Frischque Celan n’aimait pas, à cause d’un soupçon d’antisémitisme irrédentiste entre autres. Sur les rapports de Bachmann, Paul Celan et Ilse Aichenger avec le Groupe 47, pépinière de nouveaux écrivains de langue allemande qui allaient, bon gré mal gré, affronter les problèmes de l’après-guerre, du nazisme et de la subséquente « souillure » de la langue allemande. Holler analyse aussi le malaise (existentiel) qu’y éprouva en mai 1952, lors d’une séance de lecture de ses poèmes devenue fameuse, Paul Celan – qui ne devait plus y revenir. Et s’attarde sur d’autres figures, moins connues en France (Hans Weigel) mais fondamentales dans la vie de la littérature après-guerre en Allemagne.

De ces enjeux, cette intertextualité, ces dialogues d’œuvre à œuvre (avec Frisch, Celan, Brecht, Weigel, Christa Wolf, e.a.) Holler dit tout. Il n’oublie pas de souligner combien les soubassements de l’œuvre sont philosophiques. Docteur en philosophie en 1950 (« La réception critique de la philosophie existentielle de Martin Heidegger »), Bachmann a écrit des études sur Musil et sur Wittgenstein (le fameux « Les frontières de mon langage sont les frontières de mon monde » du Tractacus devient, dans La Trentième année, « Pas de monde nouveau sans langage nouveau »). Mais sa profession de foi, nodale dans l’évolution de sa poétique, est : « L’expérience comme seule maître ». En vertu de laquelle, comme Celan, elle ne pourra jamais faire abstraction de la corruption politique de Heidegger.

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Coda : Cécile Ladjali, dans Ordalie (Actes Sud-Babel), a tenté de restituer, sur un plan romanesque, la fécondité de la rencontre (et l’histoire) de « Paul et Ingeborg » : « Leur histoire d’amour accompagnera l’œuvre de Bachmann jusqu’à sa mort ». Tentative incarnée (habitée), sensible, poétique : réussite.

Précisons que, comme presque toujours, le talent des « commentateurs-exégètes » d’une œuvre géniale est contaminé par le génie de l’œuvre commentée (citons, pour Bachmann, Françoise Rétif, Bertrand Badiou, Barbara Wiedemann, Philippe Jaccottet, traducteur de Malina en 1973, etc.). Oui, contaminée : si l’on veut éviter le génie, il faut s’en prémunir. Le contraire est possible : le fréquenter. Et s’en trouver presque grandi… qui sait ? L’espoir…

Autre précision : est-il nécessaire d’écrire deux fois Malina ? Non : Malina suffit à justifier, en partie, la vie de Bachmann, et elle savait cela. Il n’y a pas eu de « deuxième roman ». Il y eut d’autres écrits – mais pas d’autre roman, qui répète(rait) le premier. Bachmann avait une conscience précise de l’économie de son écriture, et de son oeuvre. J’y pensais en considérant la pléthore de publications, souvent passionnantes, de la rentrée (littéraire). Et d’autre part, quelques-uns de ces romans qui paraissent tous les 2-3 ans, sans nécessité intime sinon celle de « paraître » – aux deux sens de « publier » et de « presque être ». Si certains écrivains pensaient plus souvent à Malina ou à Gatsby, peut-être écriraient-ils moins, peut-être seraient-ils plus nécessaires (je mets de côté Balzac, Aragon, et quelques autres – leur génie polymorphe a ses propres lois). Écrire LE livre, plutôt que DES livres. Voilà à quoi je pense quand je pense à Bachmann et à Malina. Bachmann savait. Son intensité vient aussi de cela – qu’elle sait, éprouve. Non, Ingeborg ne sera pas à la prochaine rentrée : elle n’est jamais partie. Pas de rentrée pour Ingeborg.

Ultime précision : « écrivain », « écrivaine » – le deuxième m’est moins naturel, d’où… mon choix, personnel donc.

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Le Mélenchon nouveau est réinventé

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Un Mélenchon aux mille visages et mille pensées, qui oriente la bonne parole vers son combat du jour.


Sous les pavés, Mélenchon à la page

Dans un entretien paru dans la Revue des Deux Mondes, Mélenchon a fait preuve d’érudition historique sur la Révolution de 1789, pour mieux réécrire le présent.

Thuriféraire de lui-même, l’homme dont le cœur balance entre Castro et Chavez se déclare opposé à la violence : « l’expérience que nous avons, y compris dans ce siècle, y compris dans les cinquante dernières années, dont je suis un des protagonistes, c’est que la violence dite révolutionnaire appelle la violence du pouvoir et aboutit seulement à des vagues de répression contre-révolutionnaires ».

Cela ressemble comme deux gouttes de fiel à un raisonnement de la famille Padamalgam après un attentat islamiste. Mais la différence est fondamentale : les ratonnades espérées par les islamistes qui psalmodient cette chanson n’ont jamais eu lieu, la contre-violence, si. Jusqu’à la fin du XXe siècle.

En France, aujourd’hui, c’est plutôt une valse à quatre temps : guet-apens violent – réaction ambiguë de la maréchaussée – victimisation – repentance. On laisse le soin au lecteur d’attribuer à chaque acte le casting des protagonistes.

Mélenchon ne sait plus à quelle provocation se vouer

Dans le même entretien, le Bolivaruchon se déclare prêt à participer, le cas échéant, à une nouvelle marche contre l’islamophobie. Lors de la précédente, en 2019, il avait entendu chanter la Marseillaise, mais pas scander « Mort aux Juifs ! »

Cette surdité sélective se double d’un strabisme divergent : depuis 2003, dans notre pays, 14 Juifs ont été tués, parce que juifs, par des musulmans[1], mais ce sont les musulmans qu’il veut défendre et les Juifs dont il veut protéger la République : la « génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du CRIF : c’est non ! »

A lire aussi: Les fréquentations racistes de Carlos Martens Bilongo

Les chiffres indiquent que 523 actes antisémites ont eu lieu en 2021, contre 617 en 2019 et 171 actes islamophobes contre 129 en 2019. 523 sur moins d’un demi-million de personnes, 171 sur 6 millions.

Quelle conclusion en tire l’Insoumis soumis au vote des islamistes ? Que « ceux qui sont hostiles à cette manifestation donnent un signe. […] Ils se disent : oui on a le droit de tirer sur des musulmans à la sortie des mosquées».

Un conte de fées défait par les faits

Heureusement, la catastrophe planifiée par les beaufs qui ne votent pas La France insoumise ne s’est jamais produite. Mais on sent bien que cela relancerait la machine à padamalgamer et que Ibn Mélenchon en sortirait renforcé à l’insu de son plein gré.

Officiellement, il se contente de jouer les Cassandre et d’inventer une confusion, chez les méchants, entre le droit de critiquer une religion et celui d’insulter les musulmans. C’est pour défendre ces insultés potentiels qu’il se drape dans la vraie laïcité.

« J’en ferais autant pour les Juifs ou n’importe quelle autre religion », ose celui qui, en 2014, félicitait les jeunes attaquants des synagogues parisiennes pour manifester leur soutien à Gaza : « une jeunesse ayant su se mobiliser dans la discipline et incarner dignement les valeurs de la République […]. La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du pays ».

Quant au voile, qui vaut à des centaines de jeunes Iraniennes de périr torturées en prison, Mélenchon, côté cour des miracles, s’occupe « de la loi. Et il ne peut pas être question d’interdire de se mettre un foulard sur la tête ». D’autant qu’il ne remet pas en cause la loi qui « interdit que les signes religieux soient présents à l’école. Les mineurs doivent être à l’abri des pressions politiques, religieuses à l’école. Point final ».

Point final, sauf pour le voile, qui n’entre pas dans cette catégorie. La preuve : il, lui-même, personnellement, il a « des copines très pratiquantes qui n’ont pas de foulard sur la tête ».

Si Mélenchon n’était pas une bande de front républicain à lui tout seul, mais un clientéliste dont les convictions suivent la tendance des suffrages, cela se saurait !

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[1] Liste des Juifs tués par des musulmans en France de 2003 à 2022 :

  • Sébastien Selam, tué le 20 novembre 2003 à Paris par Adel Amastaibou.
  • Ilan Halimi kidnappé à Paris et torturé pendant 3 semaines en février 2006 par le Gang des Barbares mené par Youssouf Fofana.
  • Arieh (3 ans) et Gabriel (5 ans) Sandler, Myriam Monsenego (8 ans), Jonathan Sandler assassinés le 19 mars 2012 à Toulouse par Mohammed Merah.
  • Hyper Casher, 9 janvier 2015 : Yohan Cohen (20 ans), Philippe Braham (45 ans), François-Michel Saada (64 ans), Yoav Hattab (21 ans), assassinés par Amedy Coulibaly.
  • Sarah Halimi, 65 ans, tuée le 4 avril 2017 par Kobili Traoré.
  • Mireille Knoll, 85 ans, tuée le 23 mars 2018 par Yacine Mihoub.
  • Jérémy Cohen, handicapé 31 ans, lynché par des racailles, 16 février 2022 à Bobigny, achevé par un tram.
  • René Hadjadj, 89 ans, défenestré par Rachid Khechiche le 19 mai 2022 à Lyon.

Baby sitting à Téhéran

Juste une nuit, d’Ali Asgari, le parcours d’une étudiante iranienne et de son bébé – une fille.


Il y a des films qui tombent à pic. A l’heure où l’insane république des mollahs bat de l’aile, Juste une nuit prend le pouls, sans fioritures, de l’état de décomposition de cette société iranienne en ébullition. On y suit, l’espace d’une nuit, à Téhéran, le parcours du combattant d’une jeune étudiante. Elle a eu un bébé – une fille. Ses parents n’en savent rien. Car l’enfant est née hors mariage, d’une liaison avec un garçon dont Fereshteh (c’est son prénom) est maintenant séparée. Quand ceux-ci annoncent leur venue depuis la province, il faut à Fereshteh vider en vitesse l’appartement de tous les indices compromettants, et surtout dénicher la planque où dissimuler l’enfant du péché. Une voisine ? Elle se défausse sur l’étroitesse de l’appartement. Une autre, sur la permission à obtenir de son mari au préalable. Etc., etc. Pour Fereshteh et l’amie de confiance qui l’accompagne, c’est le compte à rebours – les parents sont en route. En dernier recours, elles sollicitent l’ex-amant et géniteur du bébé, lequel, passée la litanie des reproches (« pourquoi tu n’as pas voulu avorter ? »… ), enfourche son scooter, le trio dans son dos, en quête d’une solution de repli. Une aide-soignante de la maternité finira par accepter cet encombrant colis, mais Fereshteh se heurte bientôt au chef de clinique, mandarin ventripotent prêt à transiger avec la loi islamique mais… contre gentillesses :  les filles de se carapater, le bébé dans les bras.  

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Sans aucune musique hors cette bande-son qui restitue la rumeur de la ville, Juste une nuit, deuxième long-métrage d’Ali Asgari, est ce qu’on appelle un film urbain. D’une sobriété absolue, scénaristiquement très « construit » comme l’est souvent, pour le meilleur, l’actuel cinéma iranien, le film esquive intelligemment l’écueil du « film féministe » qu’on ne laissait pas de redouter. Montrant fort bien de quelle façon à la fois implacable et sournoise chacun, les femmes tout autant que les hommes, se voit pris dans l’étau du mensonge, de la veulerie généralisée où s’étale la tartufferie du régime islamiste, prenant tout un chacun en otage du système. Et l’on voit comment il faut s’en débrouiller, à ses risques et périls, dans un vertige de compromissions insensées avec les bonnes mœurs. Plus que nulle part ailleurs, en Iran, le ver est dans le fruit. Fort heureusement, le fruit est mûr pour chuter au sol. A preuve, Juste une nuit a franchi sans ambages le mur de la censure. C’en est même étonnant.   

Juste une nuit. Film de Ali Asgari. Avec Sadaf Asgari, Ghazal Shojaei. Iran, France, 2021, couleur. Durée : 1h25.  En salles le 16 novembre.

Toute honte bue…

A cause d’une circulaire interministérielle du 31 mai 2021, plusieurs procédures sont et seront classées sans suite pour réduire le nombre de procédures non-traitées dans les commissariats de police et de gendarmerie.


Selon le JDD, une circulaire interministérielle du 31 mai 2021 (Justice et Intérieur) a demandé aux procureurs de baisser le nombre de procédures bloquées dans les commissariats et les gendarmeries (CNews)

Et cela avec des classements sans suite, par pure opportunité quantitative, de procédures où aucune enquête n’aura été menée.

Difficile à croire de prime abord, tant cette manière ostentatoire d’afficher son incurie et son impuissance est dévastatrice pour la Justice à laquelle on fait jouer un rôle indigne d’elle. Dévastatrice aussi pour les services de police et de gendarmerie accusés d’être totalement dépassés par la masse de ce qu’ils auraient à traiter.

Pourtant Me Caty Richard a révélé que l’une de ses clientes avait porté plainte en 2018 pour abus de faiblesse et que cette affaire venait d’être classée sans suite au motif surprenant suivant : «Vu la dépêche interministérielle en date du 31 mai 2021 visant à apurer les stocks de procédures non traitées dans les services de police et de gendarmerie»…

A lire aussi: Moi, c’est de l’Assemblée nationale dont j’ai honte!

La démonstration est faite qu’à côté des motifs de classement légitimes, il y a dorénavant une entreprise validée de déni et d’effacement qui va léser un nombre considérable de plaignants et aggraver l’image négative des Parquets soumis à cette scandaleuse injonction. Qu’on ait même osé la formuler et l’écrire est hallucinant.

Comme si, toute honte bue, on ne se préoccupait plus de donner au moins le change et de tenter de faire bonne figure. L’institution judiciaire est nue, le rapport entre elle et les services d’enquête totalement perverti.

Pour le ministère de l’Intérieur, Frédéric Veaux est à la manoeuvre. Lui qui s’est déjà mobilisé dernièrement avec un projet nuisible pour l’autonomie et l’efficacité de la police judiciaire (voir mon billet du 11 octobre, «La police à VEAUX-l’eau…»).

Comment le lien de confiance entre la justice et des citoyens déjà trop naturellement persuadés du pire pourrait-il bénéficier d’une embellie avec de telles aberrantes instructions, qui visent à rien de moins qu’à travestir la réalité et à créer des injustices et des ressentiments ?

Je me souviens qu’au Parquet général de Paris, quand Pierre Truche son chef avait invité les Parquets du ressort à demander le retour des dossiers d’instruction anciens pour voir s’ils ne pouvaient pas être réglés en l’état, l’initiative avait été saluée et les résultats probants. L’efficacité, dans beaucoup de cas, avait permis de corriger le risque d’une stagnation. Cette circulaire interministérielle du 31 mai 2021, au contraire, est un mauvais coup porté à la vérité et à la démocratie.

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Les fréquentations racistes de Carlos Martens Bilongo

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Carlos Martens Bilongo, nouvelle idole de l’extrême gauche victimaire, navigue dans des eaux bien troubles. Ses accointances avec des figures anti-juives et partisanes de l’islam radical ont été dévoilées ces derniers jours.


L’Assemblée nationale choisit bien mal ses martyrs. Elle a, sur la base d’une émotion créée par un mensonge, exclu temporairement le député Rassemblement National, Grégoire de Fournas. Celui-ci s’était exclamé « Qu’ils retournent en Afrique », alors que le député La France insoumise Carlos Bilongo évoquait l’accueil de bateaux chargés de migrants illégaux. Avant que le verbatim retranscrit par les huissiers ne confirme cette version, toute la classe politique a prétexté entendre « Retourne en Afrique ».

Grégoire de Fournas a dès lors été cloué au pilori, et Bilongo béatifié. En termes d’antiracisme, ce dernier n’est pourtant rien d’autre qu’un tartuffe. En sus d’être un martyr de pacotille, il se révèle être un vrai sympathisant de l’islamisme et du palestinisme radical.

A lire aussi: L’Assemblée nationale est un repère de cryptoracistes!

Il a notamment affiché son soutien au terroriste franco-palestinien Salah Hamouri, condamné pour tentative de meurtre sur l’ancien grand rabbin d’Israël. Ce prisonnier est membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), groupe terroriste classé sur la liste noire de l’Union européenne.

Liaison avec  l’organisateur d’une manifestation antisémite

Mais ce n’est pas tout. François Puponni, ancien maire de Sarcelles a exhumé une vidéo dans laquelle on voit le député La France insoumise en compagnie de son ami Nabil Koskossy. Celui-ci organisa en juillet 2014 une manifestation pro-palestienienne illégale à Sarcelles qui dégénéra en émeutes antijuives. Une synagogue avait été attaquée, des pharmacies juives et une épicerie casher brûlées. Une relation plus qu’honorable !

Proximité avec le réseau islamiste turque Mili Gorus

En octobre dernier, l’élu du Val d’Oise a participé au marché de bienfaisance de la Confédération islamique de Milî Görüs de Sarcelles. Cette mouvance islamique turque adhère « à une vision suprémaciste-conquérante anti-occidentale inspirée des Frères musulmans et des grandes confréries islamistes turques nostalgiques du Califat ottoman », selon le géopolitologue Alexandre Del Valle.  Dans son manifeste publié en 1969, elle appelle à rejeter catégoriquement les valeurs laïques «occidentales» et à s’opposer à toutes les idées économiques et politiques «infidèles».

Son ADN idéologique étant radical, elle a bien sûr refusé de signer la Charte des principes de l’Islam de France. Son site web propose les livres d’auteurs tels que Hassan al Banna, le créateur des Frères musulmans, ou encore Youssef Al Qardaoui, auteur de fatwas condamnant à mort apostats, blasphémateurs, juifs et homosexuels… Quant au quotidien turc Mili Gazette, média casi officiel de Mili Gorus, il prône par l’intermédiaire de son rédacteur en chef, le djihad.

Au lieu de tirer à balles perdues sur le racisme fictif de Grégoire de Fournas, l’Assemblée nationale devrait plutôt s’inquiéter de l’entourage rigoriste de Carlos Bilongo !

Le Loup réac et le Chien woke

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Jean de La Fontaine (1621-1695) / PHOTO: ABECASIS/SIPA / 00575743_000031

Parodie de la fable «Le Loup et le Chien», de Jean de la Fontaine, inspirée également d’Esope et Phèdre.


Un Loup n’avait que les os et la peau,

Tant les Chiens faisaient bonne garde.

Le réac rencontre un Woke aussi puissant que beau,

Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.

L’attaquer, le mettre en quartiers,

Sire Loup l’eût fait volontiers ;

Mais il fallait livrer bataille,

Et le Mâtin était de taille

A se défendre hardiment.

Le Loup donc l’aborde humblement,

Entre en propos, et lui fait compliment

Sur son entregent, qu’il admire.

« Il ne tiendra qu’à vous beau sire,

D’être aussi bon que moi, lui repartit le Chien.

Quittez le droit, vous ferez bien :

Vos réacs y sont misérables,

Cancres, haires, et pauvres diables,

Dont la condition est le républicain.

Car quoi ? rien d’assuré : point de saines pensées :

Tout à la pointe du passé.

Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin ».

Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?

– Presque rien, dit le Woke, chasser les malfaisants, 

Dominants, mâles, et blancs ;

Flatter les sans-logis, à Rousseau complaire :

Moyennant quoi votre salaire

Sera force reliefs, couscous au réveillon :

Pas de poulet ! Tofu sans graillon !

Sans parler de mainte caresse ».

Le Loup déjà se forge une félicité

Qui le fait pleurer de tendresse.

Chemin faisant, il vit le col du Woke pelé.

« Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.

– Mais encor ? – Les idées dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause.

– Attaché ? dit le Loup : vous ne pensez donc pas

Ce que voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?

– Il importe si bien, que de tous vos appas

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor ».

Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

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Gérard Collomb aurait dû parler plus tôt !

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Gérard Collomb, le 29/06/2020 / PHOTO: KONRAD K./SIPA / 00969764_000001

Le 11 novembre dernier, Gérard Collomb s’est exprimé sur Twitter sur l’accueil de l’ocean Viking et a avoué qu’en 2018, il y avait déjà de gros problèmes migratoires. Jusqu’alors, Gérard Collomb s’était tu pour ne pas mettre en péril la réélection d’Emmanuel Macron.


Gérard Collomb n’oublie rien et a le ressentiment durable.

L’un des tout premiers soutiens d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2017, devenu par la suite son ministre de l’Intérieur, a mal vécu que sa complicité politique et amicale avec le président se soit interrompue en 2018 selon des modalités et avec une façade qui longtemps servirent de leurre.

Gérard Collomb, en effet, avait invoqué son besoin de revenir à Lyon pour une campagne des municipales qui exigeait sa présence dans les meilleurs délais ; mais non sans avoir, au préalable, jeté un pavé dans la mare avec sa crainte que dans les banlieues, on ne soit bientôt plus «côte à côte mais face à face».

Malgré paraît-il les efforts de Brigitte Macron, le fil était rompu. Sans véritable hostilité ni contradiction mais avec une réserve et un quant-à-soi de la part de Gérard Collomb qui en disaient long.

La bombe a éclaté ce 11 novembre quand l’ancien ministre a considéré que «l’accueil en France de l’Ocean Viking marque un tournant dans la politique d’immigration en France» et a déclaré que «lorsqu’en 2018 avait été envisagée la création d’un hotspot à Toulon, je m’y étais opposé de toutes mes forces et avais démissionné» (actu.fr).

Explicitant ce tweet, Gérard Collomb souligne que «les problèmes migratoires étaient déjà extrêmement importants en 2018. La Commission européenne avait lancé l’idée de centres contrôlés pour accueillir les migrants ; peu après, les chefs d’Etat réunis spécialement sur ce sujet, reprennent ce projet, Emmanuel Macron s’y montrant l’un des plus favorables». Pour ces centres en question, les trois pays prévus – Tunisie, Maroc et Albanie – refusent une quelconque implication. Mais Emmanuel Macron, lui, «propose alors d’ouvrir un tel centre soit à Toulon soit à Marseille et il demande au préfet de l’époque d’y travailler. Ministre de l’Intérieur, je suis à fond contre ce projet car toutes mes équipes me démontrent que compte tenu des législations françaises et européennes, si l’on accueille des migrants dans ce type de centre, on ne pourra pas les faire repartir».

A lire aussi: Démographie: entre immigration massive et politique nataliste, il faut choisir

Le ministre de l’Intérieur assiste à Marseille, le 1er octobre 2018, à une cérémonie en hommage aux deux jeunes filles tuées gare Saint-Charles par un Tunisien en situation irrégulière et qui aurait dû être expulsé. Demeurant hostile à un tel centre malgré l’insistance du président, et pour ne pas être responsable de telles tragédies, il démissionne de sa charge le 3 octobre.

De ces révélations tardives de Gérard Collomb, que faut-il tirer ?

– D’abord, que le terrorisme se nourrit et se nourrira de cette mansuétude, de l’incurie de notre pays pour sa sauvegarde.

– Ensuite, que la situation en 2022 est pire. Plus préoccupante qu’en 2018 et pourtant d’une certaine manière Emmanuel Macron, certes poussé par une Italie pourtant stigmatisée, a mis en oeuvre partiellement ce qu’il avait validé il y a quatre ans. Sa décision d’aujourd’hui face à l’Ocean Viking va évidemment engendrer des conséquences dévastatrices sur le plan de l’immigration.

– Par ailleurs, qu’Emmanuel Macron ne sait décidément pas maîtriser le langage régalien et qu’il éprouve d’extrêmes difficultés, face à la dureté du réel, à sortir des voeux pieux et d’un humanisme qui se rengorge à proportion de son impuissance.

– Enfin, et c’est pire, que le cynisme et la faiblesse se conjuguent pour avoir des effets catastrophiques. On cherche à séduire la droite par des apparences de fermeté, on a eu l’Aquarius, on donne des gages pour la rigueur, on concède un peu à l’autorité de l’Etat mais, dès qu’un écueil se présente, qu’un arbitrage de responsabilité est à effectuer, le choix est accompli mais pour le pire. Et on fait avaler à Gérald Darmanin une couleuvre dont il se serait bien passé !

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Ces voltes, ce processus qui sans conviction cherche à gagner l’adversaire à sa cause, cette volonté qui d’un jour à l’autre se délite, ne serait-ce pas le macronisme, tellement soucieux d’adapter ses embardées aux fluctuations du monde qu’il relève plus d’un bateau à la dérive que d’un navire gouverné ?

On ne saurait trop féliciter Gérard Collomb pour cette confession dont on devine la sincérité – il a toujours été un socialiste pragmatique et ferme – même si elle est inspirée par un zeste d’aigreur. Emmanuel Macron n’a pas de chance avec ses anciens ministres : Gérard Collomb, Agnès Buzyn… Là où je ne rejoins pas le premier, c’est dans l’explication qu’il donne pour justifier la lenteur de sa réaction. Il prétend que s’il avait parlé plus tôt, il aurait gravement nui à Emmanuel Macron et qu’il l’aurait fait perdre en 2022.

Il me semble que sur ce plan Gérard Collomb surestime son coup de théâtre. Il a certes ouvert les yeux de tous ceux qui prennent Emmanuel Macron au mot au lieu de le juger aux actes mais Marine Le Pen ne l’aurait pas emporté tout de même en 2022.

Dans tous les cas, il aurait dû parler plus tôt. Ce n’est pas bien de laisser une démocratie sur sa faim !

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Il n’y a pas que l’Ukraine dans la vie

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Le président élu brésilien, Lula, lors d'une réunion avec des militants jeunes au COP 27 à Charm el-Cheikh en Egypte, le 17 novembre 2022 Peter Dejong/AP/SIPA AP22741547_000016

Et si la défaite de Bolsonaro et la demi-victoire des Démocrates indiquaient un changement d’époque bien plus important ?


Bon, une hirondelle ne fait pas le printemps, d’autant plus que nous sommes en novembre, mais deux choses ont de quoi nous réjouir dans l’actualité internationale. Bien sûr, en la matière, l’info est entièrement centrée sur la guerre en Ukraine. On a même l’impression en zappant, que LCI,  par exemple, ne parle que de ça tout le temps. J’évite d’ailleurs de trop écouter parce ce qu’ils finiraient par me convaincre de ne plus être d’accord avec eux.

Oui, Poutine est l’agresseur, oui l’Ukraine est la victime, ça ne fait aucun doute, mais ils vont finir par fatiguer les gens d’autant plus que toutes les informations et tous les commentaires – en général donnés par des militaires à la retraite ou des experts d’instituts géopolitiques dont on n’avait jamais entendu parler jusque-là – se révèlent forcément pro-ukrainiens et sans la moindre nuance ou la moindre contradiction.

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Avec la libération de Kherson, ce n’est pas compliqué, on a l’impression que les chars ukrainiens fournis par l’OTAN sont à dix kilomètres de Moscou. Aux Russes, le monopole des atrocités, de la désorganisation, de l’effondrement toujours imminent mais aux Ukrainiens celui de l’humanisme, du courage, des victoires qui s’enchainent et une manière de tuer son prochain infiniment plus propre que le Russe qui en met toujours partout.

Un « bourrage de crâne », comme on disait en 1914 quand on racontait que les balles allemandes, toutes de mauvaise fabrication, trouaient le corps du soldat français sans jamais toucher d’organes vitaux. Ça reste un bourrage de crâne même pour la bonne cause.

Non, ce qui m’a réjoui, ces dernières semaines, c’est la courte victoire de Lula au Brésil ainsi que la reconnaissance sans trop de difficultés par Bolsonaro de sa défaite. Et puis, juste après, la non-victoire des Républicains trumpisés et un président démocrate qu’on dit sénile qui sauve son Sénat, exploit réussi seulement par Roosevelt, Clinton et Bush fils. En tirer des conclusions durables serait une erreur, ces sociétés demeurent polarisées. Seulement, ceux qui veulent transformer un affrontement politique dans une démocratie en guerre culturelle et civilisationnelle en sont pour leurs frais.

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Contre Bolsonaro et son évangélisme fanatique, son autoritarisme d’ex-galonné à l’anticommunisme vintage et son écocide décomplexé de l’Amazonie, son ultralibéralisme féroce, il n’y a pas eu le « communiste » Lula mais une espèce d’union sacrée autour du candidat de gauche comme le montrent les ralliements au second tour en sa faveur de la part de partis de droite ou libéraux.

Et contre Trump instrumentalisant les théories du complot, pratiquant le négationnisme électoral, hystérisant les pulsions xénophobes et faisant régresser les USA façon La Servante écarlate et La case de l’Oncle Tom, les électeurs américains – et les électrices, concernées au premier chef par la fin de l’arrêté Roe-vs-Wade – ont préféré une vision plus calme, oui tout simplement plus calme, de leur pays.

Les peuples finissent peut-être par comprendre que « l’insécurité culturelle », « le grand remplacement », bref toutes ces marottes mortifères tellement à la mode, sont l’ultime ruse du capitalisme pour masquer un déclassement social sans précédent lié à une répartition toujours plus inégalitaire de la richesse et un effondrement écologique imminent.

Et que, dans un tel contexte, baisser les impôts des riches pour qu’ils puissent rouler en Hummer tout en interdisant à leur fille d’avorter, ce n’est pas franchement un projet de société bien exaltant.

Un jeune militant RN meurt d’un cancer: un assistant parlementaire de LFI crache sur sa tombe

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Me Gilles-William Goldnadel défendant la mémoire du jeune Kevin Cormillot sur le plateau de CNews. / Capture d'écran YouTube d'une vidéo de la chaîne Gilles-William Goldnadel officiel, du 12/11/2022

Allan Brunon, militant La France insoumise, s’est laissé aller à un commentaire infâme sur Twitter – se moquant du respect et de la décence – au sujet du jeune Kevin Cormillot, militant Rassemblement National, décédé prématurément.


Il s’appelait Kevin Cormillot et militait au Rassemblement National. Il est mort récemment d’un cancer à l’âge de 26 ans. Marine Le Pen a présenté ses condoléances à sa famille et rappelé sa gentillesse sans égale. Allan Brunon, militant La France insoumise, ancien candidat pour la NUPES aux élections législatives dans l’Isère (éliminé dès le premier tour), assistant parlementaire du député La France insoumise du Rhône Gabriel Amard, a de son côté twitté : « Il retrouvera en enfer ses idoles. Les Léon Gaultier, les Pierre Bousquet et les autres Waffen-SS, fondateurs du FN ». Après avoir lamentablement tenté de se justifier en revenant sur l’affaire de Fournas et sur « l’esprit du FN, parti fondé sur les prémices du nazisme », ce triste individu a finalement supprimé son odieux message. Il n’empêche, les vapeurs méphitiques de cette saleté continuent de nous agacer désagréablement les narines.

Ce tweet abject n’a suscité aucune réaction des responsables politiques hormis ceux du Rassemblement National. Personne du côté de la NUPES, ni Insoumis, ni socialiste, ni écologiste, pour dénoncer ce propos ignominieux. La presse dominante, manipulatrice et moralisatrice quand il s’agit de défendre un député de La France insoumise soi-disant visé par un propos raciste, n’a pas cru bon d’évoquer ce tweet écœurant. Comme l’écrit Gilles-William Goldnadel dans Valeurs actuelles : « Les autorités d’occultation veillent avec vigilance ». L’avocat et chroniqueur sur CNews a d’ailleurs été parmi les premiers à réagir. Il annonce qu’il ne lâchera ni La France insoumise ni le dénommé Allan Brunon et persistera à dénoncer la bêtise, la méchanceté et la dangerosité de l’extrême-gauche en même temps qu’il révélera la duplicité et la manipulation des médias dits de référence. Permettez, cher Maître, que je me joigne à vous.

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Alexis Corbière demandant aux journalistes désireux d’en savoir plus sur l’affaire Taha Bouhafs de « rentrer à la niche » ; Danièle Obono intimant l’ordre à ses adversaires politiques de « manger leurs morts » ; Raquel Garrido reprochant à Stanislas Rigault de « sucer la bite à son chef » ; Jean-Luc Mélenchon rendant un émouvant et tonitruant hommage à Fidel Castro sans cesser de brailler qu’en France « la police tue » et d’avouer qu’il ne pourrait pas survivre dans un endroit où il n’y aurait que « des blonds avec des yeux bleus » ; Danielle Simonnet et Danièle Obono recevant avec les honneurs l’ex-chef du Labour, Jeremy Corbyn, fortement suspecté d’antisémitisme au sein même de son parti ; Danièle Obono pointant la couleur de peau du Premier ministre Jean Castex ; l’ancien dealer Louis Boyard regrettant d’avoir vécu en Vendée parce que « en Vendée, ça peut paraître triste, mais il n’y a que des personnes blanches » ; etc. Ce ne sont là que quelques exemples des extravagances acrimonieuses, vulgaires ou racistes des représentants de La France insoumise. L’indignation de la presse bien-pensante étant à géométrie variable, ces extravagances n’ont suscité aucune réaction dans les salles de rédaction. L’audiovisuel public, trop occupé à mentir sur l’affaire de Fournas, a ignoré le tweet d’Allan Brunon. Quant aux journaux comme Le Monde, Libération ou L’Obs, ils nous ont habitués à des temps de réaction variant selon le sujet d’actualité : d’une rapidité surprenante quand il s’agit de reprendre les mensonges de La France insoumise à propos de la « polémique » de Fournas et, au contraire, d’une incroyable lenteur quand il faut informer sur les viols et agressions sexuelles des migrants à Cologne en 2016, sur le harcèlement vécu par Mila ou sur la mort de la petite Lola. Ces organes de presse se seraient volontiers abstenus d’aborder ces « faits divers » et ne l’ont fait, a minima il est vrai, que contraints et forcés par la pression des réseaux sociaux et la pugnacité de quelques personnes. Dans le cas du tweet d’Allan Brunon, le silence a été total. Pas une seule ligne, pas un seul mot sur cette cochonnerie. Imaginons un instant telle ou telle personnalité du Rassemblement National écrivant une saloperie comparable à celle d’Allan Brunon après le décès d’un jeune militant de La France insoumise…

Sans les responsables du Rassemblement National, sans Valeurs actuelles, sans Éric Naulleau, Stanislas Rigault, Gilles-William Goldnadel et quelques autres rares courageux, personne n’aurait été au courant de la saleté malodorante déposée sur Twitter par Allan Brunon. Ne nous leurrons pas, les « autorités d’occultation » mettent tout en œuvre pour que l’information reste confidentielle. Ils y parviendront très facilement. Les représentants du parti mélenchoniste sont, à l’image de leur leader, hargneux, menteurs, haineux, prêts à toutes les bassesses pour détruire un adversaire politique, capables du pire – mais les médias leur mangent dans la main. Il n’y a là rien de nouveau, l’extrême-gauche – que les médias complaisants n’appellent jamais ainsi – bénéficie en France d’un traitement de faveur. Son histoire sanguinaire, ses références révolutionnaires et catastrophiques, ses appels à la violence, ses accointances avec certains régimes dictatoriaux et son islamo-gauchisme décomplexé ne dérangent absolument pas l’intelligentsia médiatique qui préfère continuer de raconter la fable d’un parti d’extrême-droite « nazi » et antisémite plutôt que de voir le véritable danger représenté par l’extrême-gauche française. Les journalistes de type france-intérien reprenant à leur compte la propagande immigrationniste de Jean-Luc Mélenchon, les voilà prêts à accepter l’inacceptable ou, pour le moins, à ne pas relever le caractère boueux de certains propos tenus par les plus éminents militants de La France insoumise. Quand ils ne mentent pas éhontément, ces journalistes transforment la réalité. Rien ne doit venir ternir le tableau idyllique d’une France multiculturaliste et multiethnique qu’à l’instar des militants et responsables de La France insoumise ils appellent de leurs vœux.

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La famille et les amis de ce jeune homme mort à l’âge de 26 ans, en plus de la douleur due à cette disparition, ont eu à subir les propos ignobles d’un répugnant personnage qui se dit « militant des luttes antifascistes » et qui est, en vérité, le plus fasciste des fascistes, fasciste de ce nouveau fascisme d’extrême-gauche qui, aveuglé par son idéologie totalitaire, ne sait que détruire et insulter, cracher sur la France et les Français. Destinons à Allan Brunon, ce fasciste qui s’ignore, la réponse que fit Paolo Pier Pasolini à Sarino, un étudiant de gauche qui lui reprochait d’être «un réactionnaire et un conservateur» : « Toi, tu es de gauche, d’extrême-gauche, plus à gauche entre tous, et pourtant tu es fasciste : tu es fasciste parce que tu es bête, autoritaire, incapable d’observer la réalité, esclave de quelques principes qui te semblent si inébranlablement justes qu’ils sont devenus une foi – horrible chose, lorsqu’elle ne s’accompagne pas de la charité : autrement dit, d’un rapport concret, vivant et réaliste avec l’histoire ».[1]

Kevin Cormillot était un de ces jeunes Français patriotes que les fascistes d’extrême-gauche haïssent au point d’ignorer la plus élémentaire décence devant la mort prématurée de l’un d’entre eux. Le moins que nous puissions faire pour honorer la mémoire de Kevin est de continuer de combattre les sinistres représentants de La France insoumise et de dénoncer les médias dominants qui leur servent la soupe – travail titanesque tant l’emprise de ces derniers semble irrémédiablement enkystée dans la société française. Qu’importe, nous ne manquerons pas à notre parole. « Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! Non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! » [2]


[1] Pier Paolo Pasolini, Le chaos, Éditions R&N.

[2] Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte V, scène VI.

Promo sur les dividendes !

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Sophie de Menthon, le 17/10/2013/ PHOTO: REVELLI-BEAUMONT/SIPA/SIPA / 00667589_000015

Pour résoudre le problème du pouvoir d’achat, l’Etat a eu l’idée aberrante, mais très démagogique, de demander aux entrepreneurs de faire de leurs salariés de «faux actionnaires» qui toucheraient des dividendes. Une fois de plus, les PME et les multinationales du CAC40 sont placées inintelligemment sur un pied d’égalité.


Après avoir été conspués pendant des années, voilà que les dividendes deviennent le mot magique pour le gouvernement, sous le regard un peu stupéfait des syndicats et du patronat ! Tout cela est lié aux dits « super profits » qui concernent environ 10 multinationales mais qui ont mis la bave aux lèvres aux tenants de la répartition avant tout.

Un peu de pédagogie basique : les entreprises pour exister ont besoin d’argent, c’est cet argent que leur fournissent les actionnaires. Ces actionnaires : vous et moi aussi bien que les fonds de pension, ont acheté des actions en bourse, ils ont investi pour faire fructifier les sommes petites ou grandes qu’ils ont placées et attendent un rendement. Évidemment les rendements dépendent des résultats de l’entreprise et les dividendes ont pour objet de rémunérer l’argent investi ainsi que le risque de perdre sa mise en cas de difficultés. Il est utile de le rappeler.

Il est légitime lorsque l’entreprise est très profitable que les salariés en profitent aussi, mais c’est un raisonnement normal que tiennent déjà les chefs d’entreprise ! D’où la participation, l’intéressement, les primes, les bonus…

L’État qui veut résoudre la problématique du pouvoir d’achat grâce aux entreprises (par ailleurs tellement ponctionnées qu’elles n’arrivent pas à augmenter les salaires) a eu l’idée démagogique et facile de demander aux entrepreneurs de faire de leurs salariés de « faux actionnaires » qui toucheraient des dividendes. Il se trouve que le président de la République, qui a lui-même lancé cette idée généreuse puisée dans les fondements enfouis du communisme a dû oublier les principes qui ont fondé le capitalisme. En l’occurrence un dividende est la récompense de l’argent qui a été investi en actions.

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Alors, oui bien sûr, chaque entrepreneur est libre et on peut même l’y encourager, de vendre à ses salariés des actions de l’entreprise ; il peut vendre ces actions au prix qu’il veut et qui peut être très faible, les donner pourquoi pas ? Mais il apparaît absolument nécessaire que les salariés aient pris un risque, même minime, en investissant dans leur entreprise, donc en achetant ces actions personnellement. C’est la base de la pédagogie économique et l’implication des employés ; leur travail n’est pas, contrairement à ce que disent certains, déjà un investissement puisque le travail est rémunéré par un salaire et récompensé par des primes en cas de bons résultats. Par ailleurs, pour les sociétés non cotées c’est une usine à gaz, il va falloir d’abord calculer le prix d’une action puis gérer : et les années de vaches maigres ? Cela diminuera la rémunération des salariés ? Les dividendes seront versés chaque année sur la base du bénéfice ? Mais les provisions ? Sur quelles bases ? Bon courage !

En outre, vendre des actions de son entreprise pour un patron de PME est très impactant, il se dépossède de son capital… et qui rachètera les actions quand le salarié quitte l’entreprise ? Le patron encore ? A quel prix ? Arrêtons de faire semblant de généraliser ce qui concerne majoritairement le SBF 120, le CAC 40 ou es très grandes entreprises… En outre, si l’État s’en mêle par un texte ou une « incitation », ce n’est pas le même registre. Nous n’avons pas besoin de l’État pour rétribuer et intéresser nos salariés à la bonne marche de l’entreprise, en revanche nous avons besoin d’une rentabilité meilleure, de moins de contrôles… et de moins d’idées « géniales » pour pouvoir les augmenter, ce qui est de l’intérêt de tous ! Au fait « charité bien ordonnée commence par soi-même », la Fonction Publique malgré ses avantages, mécontente tous les salariés de l’État qui vont de grève en grève, et c’est nous tous qui payons les dividendes de cette mauvaise gestion !

Ingeborg Bachmann, inassignable

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Ingeborg Bachmann. / Capture d'écran d'une vidéo YouTube de la chaine Rien ne veut rien dire, du 18/02/2017

Thomas Bernhard (dont le ressassement ne me passionne pas) qualifiait Ingeborg Bachmann (qui me concerne) de «poétesse la plus intelligente et la plus importante que l’Autriche ait produite au cours du XXème siècle». On a vérifié. On entérine.


                                                                             « C’est grâce à toi, Ingeborg, grâce à toi. Un mot de toi – et je peux vivre » (Paul Celan)

Quitte-t-on jamais Ingeborg Bachmann, une fois qu’on l’a rencontrée (« lue », si vous préférez) ? Non. On ne quitte pas Ingeborg Bachmann. Et elle non plus. Je veux dire : elle non plus ne nous quitte pas. Elle devient une présence, une façon d’être au monde, jamais loin, présente en conscience : on sait qu’elle a existé, on sait que « cela » se tente, quitte à se… brûler. On sait que « c’est » possible. Dangereux – mais possible. Sa tentative devient alors une tentation. Une direction. Une voie. Combien sont-ils (elles) à avoir réussi cela : incarner un chemin, l’inventer (sens strict) ? On n’oublie jamais Ingeborg Bachmann (1926-1973).

Elle fut une des femmes écrivains les plus intenses et ardentes du XXème siècle. Sa fin tragique, brûlée vive (accidentellement ? probable, jamais tranché) dans son appartement de Rome, est connue. Son sens du Péché et du Mal, la violence de ses héroïnes, l’ont conduite à reconnaître en Dostoïevski, son maître. Sa quête de vérité dans l’art (« rude maîtresse ») la fait parente d’écrivains aussi intransigeants que Virginia Woolf, Emily Dickinson, Clarice Lispector ou Sylvia Plath – chacune requise par un sentiment d’absolu qui corrode toute réalité. Son amour pour Paul Celan, son âme-sœur dont la rencontre (Vienne, 1948) fut un destin (« fatum » – qui donne « fatal »), dit assez les débats qui l’agitent au mitan du siècle, en Autriche où elle est née, et en Allemagne.

A Berlin en particulier, où elle passera nombre d’années avant de s’exiler. Tantôt à Paris, où elle retrouvera parfois Celan. Tantôt, souvent, longtemps, en Italie (de 1953 à 1957, puis à nouveau à Rome, de 1965 à 1973), où après avoir – presque – cessé d’écrire de la poésie (en 1956, après la publication de Le Temps différé et Invocation de la Grande Ourse) et imposé sa voix sensuelle, cérébrale, lyrique, elle fomentera ses chefs d’œuvre : La Trentième année (nouvelles, 1961), Malina, son seul roman achevé (1971), histoire d’amour dingue (« Espérons que ce sera un livre qui finit bien. / Espérons-le ») et Trois sentiers sur le lac (1972), cinq histoires de femmes (et d’exil) à Vienne : « un des grands recueils narratifs » du XXème siècle, écrivait Pietro Citati (on confirme, si l’on ose).

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Pas d’espoir de salut chez Bachmann – n’était, peut-être, à l’extrême fin de sa vie, dans le dernier récit de Trois sentiers : là, elle esquisse une réconciliation avec l’Autriche maternelle et avec la figure paternelle (traumatisme, son père fut « exclu du corps enseignant pour son appartenance au parti nazi pendant la guerre »). Mais alors il est bien tard, et la fin est proche. A propos de Celan (1920-1970, suicide), elle écrira : « Ma vie est finie, car il s’est noyé dans le fleuve au cours du transport, celui qui était ma vie. Je l’ai aimé plus que ma vie ».

La biographie que lui consacre Hans Holler est la première dont nous disposions. Elle a le mérite de donner un aperçu assez complet de la vie et de l’œuvre de Bachmann. Elle revient, par exemple, longuement, sur le mariage (jusqu’en 1962) de Bachmann avec l’écrivain suisse Max Frischque Celan n’aimait pas, à cause d’un soupçon d’antisémitisme irrédentiste entre autres. Sur les rapports de Bachmann, Paul Celan et Ilse Aichenger avec le Groupe 47, pépinière de nouveaux écrivains de langue allemande qui allaient, bon gré mal gré, affronter les problèmes de l’après-guerre, du nazisme et de la subséquente « souillure » de la langue allemande. Holler analyse aussi le malaise (existentiel) qu’y éprouva en mai 1952, lors d’une séance de lecture de ses poèmes devenue fameuse, Paul Celan – qui ne devait plus y revenir. Et s’attarde sur d’autres figures, moins connues en France (Hans Weigel) mais fondamentales dans la vie de la littérature après-guerre en Allemagne.

De ces enjeux, cette intertextualité, ces dialogues d’œuvre à œuvre (avec Frisch, Celan, Brecht, Weigel, Christa Wolf, e.a.) Holler dit tout. Il n’oublie pas de souligner combien les soubassements de l’œuvre sont philosophiques. Docteur en philosophie en 1950 (« La réception critique de la philosophie existentielle de Martin Heidegger »), Bachmann a écrit des études sur Musil et sur Wittgenstein (le fameux « Les frontières de mon langage sont les frontières de mon monde » du Tractacus devient, dans La Trentième année, « Pas de monde nouveau sans langage nouveau »). Mais sa profession de foi, nodale dans l’évolution de sa poétique, est : « L’expérience comme seule maître ». En vertu de laquelle, comme Celan, elle ne pourra jamais faire abstraction de la corruption politique de Heidegger.

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Coda : Cécile Ladjali, dans Ordalie (Actes Sud-Babel), a tenté de restituer, sur un plan romanesque, la fécondité de la rencontre (et l’histoire) de « Paul et Ingeborg » : « Leur histoire d’amour accompagnera l’œuvre de Bachmann jusqu’à sa mort ». Tentative incarnée (habitée), sensible, poétique : réussite.

Précisons que, comme presque toujours, le talent des « commentateurs-exégètes » d’une œuvre géniale est contaminé par le génie de l’œuvre commentée (citons, pour Bachmann, Françoise Rétif, Bertrand Badiou, Barbara Wiedemann, Philippe Jaccottet, traducteur de Malina en 1973, etc.). Oui, contaminée : si l’on veut éviter le génie, il faut s’en prémunir. Le contraire est possible : le fréquenter. Et s’en trouver presque grandi… qui sait ? L’espoir…

Autre précision : est-il nécessaire d’écrire deux fois Malina ? Non : Malina suffit à justifier, en partie, la vie de Bachmann, et elle savait cela. Il n’y a pas eu de « deuxième roman ». Il y eut d’autres écrits – mais pas d’autre roman, qui répète(rait) le premier. Bachmann avait une conscience précise de l’économie de son écriture, et de son oeuvre. J’y pensais en considérant la pléthore de publications, souvent passionnantes, de la rentrée (littéraire). Et d’autre part, quelques-uns de ces romans qui paraissent tous les 2-3 ans, sans nécessité intime sinon celle de « paraître » – aux deux sens de « publier » et de « presque être ». Si certains écrivains pensaient plus souvent à Malina ou à Gatsby, peut-être écriraient-ils moins, peut-être seraient-ils plus nécessaires (je mets de côté Balzac, Aragon, et quelques autres – leur génie polymorphe a ses propres lois). Écrire LE livre, plutôt que DES livres. Voilà à quoi je pense quand je pense à Bachmann et à Malina. Bachmann savait. Son intensité vient aussi de cela – qu’elle sait, éprouve. Non, Ingeborg ne sera pas à la prochaine rentrée : elle n’est jamais partie. Pas de rentrée pour Ingeborg.

Ultime précision : « écrivain », « écrivaine » – le deuxième m’est moins naturel, d’où… mon choix, personnel donc.

Toute personne qui tombe a des ailes: Poèmes 1942-1967

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Le Mélenchon nouveau est réinventé

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Jean Luc Mélenchon, le 13/11/2022 / PHOTO: SEVGI/SIPA / 01094148_000013

Un Mélenchon aux mille visages et mille pensées, qui oriente la bonne parole vers son combat du jour.


Sous les pavés, Mélenchon à la page

Dans un entretien paru dans la Revue des Deux Mondes, Mélenchon a fait preuve d’érudition historique sur la Révolution de 1789, pour mieux réécrire le présent.

Thuriféraire de lui-même, l’homme dont le cœur balance entre Castro et Chavez se déclare opposé à la violence : « l’expérience que nous avons, y compris dans ce siècle, y compris dans les cinquante dernières années, dont je suis un des protagonistes, c’est que la violence dite révolutionnaire appelle la violence du pouvoir et aboutit seulement à des vagues de répression contre-révolutionnaires ».

Cela ressemble comme deux gouttes de fiel à un raisonnement de la famille Padamalgam après un attentat islamiste. Mais la différence est fondamentale : les ratonnades espérées par les islamistes qui psalmodient cette chanson n’ont jamais eu lieu, la contre-violence, si. Jusqu’à la fin du XXe siècle.

En France, aujourd’hui, c’est plutôt une valse à quatre temps : guet-apens violent – réaction ambiguë de la maréchaussée – victimisation – repentance. On laisse le soin au lecteur d’attribuer à chaque acte le casting des protagonistes.

Mélenchon ne sait plus à quelle provocation se vouer

Dans le même entretien, le Bolivaruchon se déclare prêt à participer, le cas échéant, à une nouvelle marche contre l’islamophobie. Lors de la précédente, en 2019, il avait entendu chanter la Marseillaise, mais pas scander « Mort aux Juifs ! »

Cette surdité sélective se double d’un strabisme divergent : depuis 2003, dans notre pays, 14 Juifs ont été tués, parce que juifs, par des musulmans[1], mais ce sont les musulmans qu’il veut défendre et les Juifs dont il veut protéger la République : la « génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du CRIF : c’est non ! »

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Les chiffres indiquent que 523 actes antisémites ont eu lieu en 2021, contre 617 en 2019 et 171 actes islamophobes contre 129 en 2019. 523 sur moins d’un demi-million de personnes, 171 sur 6 millions.

Quelle conclusion en tire l’Insoumis soumis au vote des islamistes ? Que « ceux qui sont hostiles à cette manifestation donnent un signe. […] Ils se disent : oui on a le droit de tirer sur des musulmans à la sortie des mosquées».

Un conte de fées défait par les faits

Heureusement, la catastrophe planifiée par les beaufs qui ne votent pas La France insoumise ne s’est jamais produite. Mais on sent bien que cela relancerait la machine à padamalgamer et que Ibn Mélenchon en sortirait renforcé à l’insu de son plein gré.

Officiellement, il se contente de jouer les Cassandre et d’inventer une confusion, chez les méchants, entre le droit de critiquer une religion et celui d’insulter les musulmans. C’est pour défendre ces insultés potentiels qu’il se drape dans la vraie laïcité.

« J’en ferais autant pour les Juifs ou n’importe quelle autre religion », ose celui qui, en 2014, félicitait les jeunes attaquants des synagogues parisiennes pour manifester leur soutien à Gaza : « une jeunesse ayant su se mobiliser dans la discipline et incarner dignement les valeurs de la République […]. La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du pays ».

Quant au voile, qui vaut à des centaines de jeunes Iraniennes de périr torturées en prison, Mélenchon, côté cour des miracles, s’occupe « de la loi. Et il ne peut pas être question d’interdire de se mettre un foulard sur la tête ». D’autant qu’il ne remet pas en cause la loi qui « interdit que les signes religieux soient présents à l’école. Les mineurs doivent être à l’abri des pressions politiques, religieuses à l’école. Point final ».

Point final, sauf pour le voile, qui n’entre pas dans cette catégorie. La preuve : il, lui-même, personnellement, il a « des copines très pratiquantes qui n’ont pas de foulard sur la tête ».

Si Mélenchon n’était pas une bande de front républicain à lui tout seul, mais un clientéliste dont les convictions suivent la tendance des suffrages, cela se saurait !

Zohra Bitan Une Grande Gueule made in France

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[1] Liste des Juifs tués par des musulmans en France de 2003 à 2022 :

  • Sébastien Selam, tué le 20 novembre 2003 à Paris par Adel Amastaibou.
  • Ilan Halimi kidnappé à Paris et torturé pendant 3 semaines en février 2006 par le Gang des Barbares mené par Youssouf Fofana.
  • Arieh (3 ans) et Gabriel (5 ans) Sandler, Myriam Monsenego (8 ans), Jonathan Sandler assassinés le 19 mars 2012 à Toulouse par Mohammed Merah.
  • Hyper Casher, 9 janvier 2015 : Yohan Cohen (20 ans), Philippe Braham (45 ans), François-Michel Saada (64 ans), Yoav Hattab (21 ans), assassinés par Amedy Coulibaly.
  • Sarah Halimi, 65 ans, tuée le 4 avril 2017 par Kobili Traoré.
  • Mireille Knoll, 85 ans, tuée le 23 mars 2018 par Yacine Mihoub.
  • Jérémy Cohen, handicapé 31 ans, lynché par des racailles, 16 février 2022 à Bobigny, achevé par un tram.
  • René Hadjadj, 89 ans, défenestré par Rachid Khechiche le 19 mai 2022 à Lyon.

Baby sitting à Téhéran

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Affiche du film

Juste une nuit, d’Ali Asgari, le parcours d’une étudiante iranienne et de son bébé – une fille.


Il y a des films qui tombent à pic. A l’heure où l’insane république des mollahs bat de l’aile, Juste une nuit prend le pouls, sans fioritures, de l’état de décomposition de cette société iranienne en ébullition. On y suit, l’espace d’une nuit, à Téhéran, le parcours du combattant d’une jeune étudiante. Elle a eu un bébé – une fille. Ses parents n’en savent rien. Car l’enfant est née hors mariage, d’une liaison avec un garçon dont Fereshteh (c’est son prénom) est maintenant séparée. Quand ceux-ci annoncent leur venue depuis la province, il faut à Fereshteh vider en vitesse l’appartement de tous les indices compromettants, et surtout dénicher la planque où dissimuler l’enfant du péché. Une voisine ? Elle se défausse sur l’étroitesse de l’appartement. Une autre, sur la permission à obtenir de son mari au préalable. Etc., etc. Pour Fereshteh et l’amie de confiance qui l’accompagne, c’est le compte à rebours – les parents sont en route. En dernier recours, elles sollicitent l’ex-amant et géniteur du bébé, lequel, passée la litanie des reproches (« pourquoi tu n’as pas voulu avorter ? »… ), enfourche son scooter, le trio dans son dos, en quête d’une solution de repli. Une aide-soignante de la maternité finira par accepter cet encombrant colis, mais Fereshteh se heurte bientôt au chef de clinique, mandarin ventripotent prêt à transiger avec la loi islamique mais… contre gentillesses :  les filles de se carapater, le bébé dans les bras.  

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Sans aucune musique hors cette bande-son qui restitue la rumeur de la ville, Juste une nuit, deuxième long-métrage d’Ali Asgari, est ce qu’on appelle un film urbain. D’une sobriété absolue, scénaristiquement très « construit » comme l’est souvent, pour le meilleur, l’actuel cinéma iranien, le film esquive intelligemment l’écueil du « film féministe » qu’on ne laissait pas de redouter. Montrant fort bien de quelle façon à la fois implacable et sournoise chacun, les femmes tout autant que les hommes, se voit pris dans l’étau du mensonge, de la veulerie généralisée où s’étale la tartufferie du régime islamiste, prenant tout un chacun en otage du système. Et l’on voit comment il faut s’en débrouiller, à ses risques et périls, dans un vertige de compromissions insensées avec les bonnes mœurs. Plus que nulle part ailleurs, en Iran, le ver est dans le fruit. Fort heureusement, le fruit est mûr pour chuter au sol. A preuve, Juste une nuit a franchi sans ambages le mur de la censure. C’en est même étonnant.   

Juste une nuit. Film de Ali Asgari. Avec Sadaf Asgari, Ghazal Shojaei. Iran, France, 2021, couleur. Durée : 1h25.  En salles le 16 novembre.

Toute honte bue…

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Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur dans un commissariat de Fort-de-France, le 02/10/22 / PHOTO: GILLES MOREL/SIMAX/SIPA / 01089974_000009

A cause d’une circulaire interministérielle du 31 mai 2021, plusieurs procédures sont et seront classées sans suite pour réduire le nombre de procédures non-traitées dans les commissariats de police et de gendarmerie.


Selon le JDD, une circulaire interministérielle du 31 mai 2021 (Justice et Intérieur) a demandé aux procureurs de baisser le nombre de procédures bloquées dans les commissariats et les gendarmeries (CNews)

Et cela avec des classements sans suite, par pure opportunité quantitative, de procédures où aucune enquête n’aura été menée.

Difficile à croire de prime abord, tant cette manière ostentatoire d’afficher son incurie et son impuissance est dévastatrice pour la Justice à laquelle on fait jouer un rôle indigne d’elle. Dévastatrice aussi pour les services de police et de gendarmerie accusés d’être totalement dépassés par la masse de ce qu’ils auraient à traiter.

Pourtant Me Caty Richard a révélé que l’une de ses clientes avait porté plainte en 2018 pour abus de faiblesse et que cette affaire venait d’être classée sans suite au motif surprenant suivant : «Vu la dépêche interministérielle en date du 31 mai 2021 visant à apurer les stocks de procédures non traitées dans les services de police et de gendarmerie»…

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La démonstration est faite qu’à côté des motifs de classement légitimes, il y a dorénavant une entreprise validée de déni et d’effacement qui va léser un nombre considérable de plaignants et aggraver l’image négative des Parquets soumis à cette scandaleuse injonction. Qu’on ait même osé la formuler et l’écrire est hallucinant.

Comme si, toute honte bue, on ne se préoccupait plus de donner au moins le change et de tenter de faire bonne figure. L’institution judiciaire est nue, le rapport entre elle et les services d’enquête totalement perverti.

Pour le ministère de l’Intérieur, Frédéric Veaux est à la manoeuvre. Lui qui s’est déjà mobilisé dernièrement avec un projet nuisible pour l’autonomie et l’efficacité de la police judiciaire (voir mon billet du 11 octobre, «La police à VEAUX-l’eau…»).

Comment le lien de confiance entre la justice et des citoyens déjà trop naturellement persuadés du pire pourrait-il bénéficier d’une embellie avec de telles aberrantes instructions, qui visent à rien de moins qu’à travestir la réalité et à créer des injustices et des ressentiments ?

Je me souviens qu’au Parquet général de Paris, quand Pierre Truche son chef avait invité les Parquets du ressort à demander le retour des dossiers d’instruction anciens pour voir s’ils ne pouvaient pas être réglés en l’état, l’initiative avait été saluée et les résultats probants. L’efficacité, dans beaucoup de cas, avait permis de corriger le risque d’une stagnation. Cette circulaire interministérielle du 31 mai 2021, au contraire, est un mauvais coup porté à la vérité et à la démocratie.

Contre la justice laxiste

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Les fréquentations racistes de Carlos Martens Bilongo

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Carlos Martens Bilongo, le 13/11/22 lors d'une manifestation à Paris contre le racisme de l'association SOS racisme

Carlos Martens Bilongo, nouvelle idole de l’extrême gauche victimaire, navigue dans des eaux bien troubles. Ses accointances avec des figures anti-juives et partisanes de l’islam radical ont été dévoilées ces derniers jours.


L’Assemblée nationale choisit bien mal ses martyrs. Elle a, sur la base d’une émotion créée par un mensonge, exclu temporairement le député Rassemblement National, Grégoire de Fournas. Celui-ci s’était exclamé « Qu’ils retournent en Afrique », alors que le député La France insoumise Carlos Bilongo évoquait l’accueil de bateaux chargés de migrants illégaux. Avant que le verbatim retranscrit par les huissiers ne confirme cette version, toute la classe politique a prétexté entendre « Retourne en Afrique ».

Grégoire de Fournas a dès lors été cloué au pilori, et Bilongo béatifié. En termes d’antiracisme, ce dernier n’est pourtant rien d’autre qu’un tartuffe. En sus d’être un martyr de pacotille, il se révèle être un vrai sympathisant de l’islamisme et du palestinisme radical.

A lire aussi: L’Assemblée nationale est un repère de cryptoracistes!

Il a notamment affiché son soutien au terroriste franco-palestinien Salah Hamouri, condamné pour tentative de meurtre sur l’ancien grand rabbin d’Israël. Ce prisonnier est membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), groupe terroriste classé sur la liste noire de l’Union européenne.

Liaison avec  l’organisateur d’une manifestation antisémite

Mais ce n’est pas tout. François Puponni, ancien maire de Sarcelles a exhumé une vidéo dans laquelle on voit le député La France insoumise en compagnie de son ami Nabil Koskossy. Celui-ci organisa en juillet 2014 une manifestation pro-palestienienne illégale à Sarcelles qui dégénéra en émeutes antijuives. Une synagogue avait été attaquée, des pharmacies juives et une épicerie casher brûlées. Une relation plus qu’honorable !

Proximité avec le réseau islamiste turque Mili Gorus

En octobre dernier, l’élu du Val d’Oise a participé au marché de bienfaisance de la Confédération islamique de Milî Görüs de Sarcelles. Cette mouvance islamique turque adhère « à une vision suprémaciste-conquérante anti-occidentale inspirée des Frères musulmans et des grandes confréries islamistes turques nostalgiques du Califat ottoman », selon le géopolitologue Alexandre Del Valle.  Dans son manifeste publié en 1969, elle appelle à rejeter catégoriquement les valeurs laïques «occidentales» et à s’opposer à toutes les idées économiques et politiques «infidèles».

Son ADN idéologique étant radical, elle a bien sûr refusé de signer la Charte des principes de l’Islam de France. Son site web propose les livres d’auteurs tels que Hassan al Banna, le créateur des Frères musulmans, ou encore Youssef Al Qardaoui, auteur de fatwas condamnant à mort apostats, blasphémateurs, juifs et homosexuels… Quant au quotidien turc Mili Gazette, média casi officiel de Mili Gorus, il prône par l’intermédiaire de son rédacteur en chef, le djihad.

Au lieu de tirer à balles perdues sur le racisme fictif de Grégoire de Fournas, l’Assemblée nationale devrait plutôt s’inquiéter de l’entourage rigoriste de Carlos Bilongo !