En ce mois d’août, le président du Vénézuela Hugo Chavez (gauche bolivarienne) a pris une mesure originale. Il a envoyé l’armée occuper les usines de café, aux mains de monopoles privés qui fixaient les prix abusivement. Quelques jours après avoir refusé de renouveler la concession de plusieurs chaînes privées qui appelaient ouvertement à son renversement ou à son assassinat, il semble que le courageux colonel engage son pays sur une voie originale, celle d’une sortie en douceur de la dictature capitaliste assistée par la télévision, de type ouest européen (Italie, France, etc.). De plus, contrairement à Obama, en difficulté sur son projet de sécurité sociale, ou à Arnold Schwarzenegger, acteur de série B et gouverneur de Californie (cumul traditionnel chez les Républicains) obligé de sabrer dans les dépenses sociales et éducatives pour boucler son budget grevé par des spéculateurs boursiers qu’il a fallu renflouer à coups de milliards de dollars, cette décision du président Chavez pourrait bien lui permettre, à lui et au peuple vénézuélien, de sauver le petit noir.
Sous le soleil des topiques

Nous vivons des temps inédits. A preuve : les marronniers ne sont plus ce qu’ils étaient. Même les télés ne peuvent plus se contenter d’alimenter un JT uniquement à coup de pizzas avariées et de Médor abandonnés. Et l’ensemble des médias, où plutôt ce qu’il en reste pour cause de congés payés, se voit contraint de renouveler son offre d’été, faute de pouvoir s’en tenir aux « unes » traditionnelles dont ils faisaient leurs délices les saisons passées – on a presque envie de dire : les siècles passés. C’en est donc fini du monopole des couv’ racoleuses sur le sexe et, heu… le sexe.
Quoi de neuf, donc ? Si la saison est loin d’être forclose, quelques grandes tendances se dessinent déjà.
[access capability= »lire_inedits »]Tout d’abord, les classiques revisités :
La crise (ci-devant des subprimes). Elle fait encore parler d’elle. Comme en 2008, on nous raconte ça et là les aventures d’une famille qui a choisi le camping à Quiberon plutôt que la demi-pension aux Flots bleus. Mais comme ladite crise touche aussi l’hôtellerie de luxe qui, nous dit-on, brade ses chambres sur le Net, certains petits malins titrent sur le phénomène inverse. On attend, avant fin août, le premier reportage sur le Plaza Athénée envahi par les Rmistes. A prévoir aussi, au rayon crise, des articles sur les estivants qui, sur la route des plages ou du Futuroscope, font un détour pour emmener les gamins voir les bonbonnes de gaz à New Fabris ou JLG.
Les incendies de forêts. Pour cause de temps de merde généralisé (quid du réchauffement climatique, au fait ?), on a scandaleusement failli en être privé. Heureusement, un brave sous-off de la Légion a rectifié le tir…
Ensuite, les nouveaux épisodes de feuilletons d’avant les vacances :
La grippe A (ex-porcine, ex-mexicaine, ex-H1N1). Elle est en train de devenir la grippe tout court. Accompagnée, toutefois, d’une épidémie de schizophrénie dans la profession. « C’est très très grave », nous serine-t-on, juste avant de nous expliquer le contraire : en cas de fièvre et de douleurs persistantes, foutez la paix au SAMU et allez voir votre docteur (souvent appelé médecin « généraliste » dans les gazettes et « référent » dans le journal du soir). De toute façon, on n’attend rien de monstrueux avant l’automne et, si vous voulez mon avis, des vacanciers qui, en juillet, s’inquiètent de la grippe à la rentrée, ça vaut pas plus cher que ces étudiants qui, dans les manifs, disent être préoccupés par le montant ou l’âge de leur retraite : qu’ils crèvent !
Le Parti socialiste. La déculottée des élections européennes ayant eu le mauvais goût de tomber au mois de juin, normal que les collatéraux débordent sur l’été. Au moins, avec sa correspondance-surprise avec Manuel Valls, Martine Aubry réussit-elle à faire parler de sa personne, ce qui est une sorte de petit exploit, comme en réalisent les baroudeurs tricolores sur les étapes de transition du Tour. Mais il ne suffit pas de montrer le maillot, encore faut-il garder des forces pour la fin de l’étape, et on ne vous parle même pas de victoire finale sur les Champs-Elysées.
Enfin, il y a les vrais thèmes innovants :
La Lune. De France Cul à Gala, impossible d’échapper au quarantenaire des exploits d’Armstrong et d’Aldrin. On pourra (souvenez-vous de mai 68 la saison passée) s’étonner de cette nouvelle lubie de fêter les 40 bougies d’un événement avec le lustre d’un cinquantenaire voire d’un centenaire. Après tout, il aurait été plus logique de garder tous ces flonflons pour 2019. L’allongement de la durée de vie étant ce qu’il est, il y a fort à parier que les protagonistes seront toujours là : tout comme la Lune, d’ailleurs.
La fin du topless. Ça, c’est du lourd, notamment dans les hebdos féminins qui n’en finissent pas d’épiloguer sur le hara-kiri du monokini. Chacun y va de son analyse, toujours pour expliquer que le féminisme est entré dans les mœurs, qu’on n’a plus besoin de le revendiquer et encore moins de l’exposer. Mais beaucoup vont plus loin, théorisant, comme nos consœurs d’Elle, sur cet acquis fantastique qu’est la « nouvelle pudeur ». Dans tous les journaux, les témoignages sont légion, toujours à base de nanas de 20 ans qui t’expliquent que, quand même, le regard des garçons, c’est gênant. Toutes choses qui m’amènent à me demander si ce sujet-là est finalement si neuf que ça, ou s’il ne s’agit que de la suite logique des âneries du printemps sur la nécessité de ne pas stigmatiser celles qui ont choisi de porter la burqa…
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Les problèmes de cœur du président
Comment n’y a-t-il pas pensé plus tôt ? Il a suffi de quelques heures d’hospitalisation, suite au malaise vagal consécutif à un footing trop poussé, pour que la popularité présidentielle, en berne depuis des lustres, hisse à nouveau les couleurs.
Chez Sarkozy, tout est politique, même le corps du président, même les défaillances du corps du président. Selon un sondage CSA pour VSD, publié mercredi, le passage au Val-de-Grâce a opéré des miracles : 53 % des Français jugent désormais que Nicolas Sarkozy est un “bon président”, soit 12 % de plus que dans le précédent sondage, 63 % le jugent “sympathique” (+ 15 % !), 50 % “proche des gens” (+ 14 %) et, sans surprise, 90 % d’observateurs avisés l’estiment “dynamique” (+ 5 % tout de même, on se demande sur quelle planète lointaine vivent les 10 % qui, apparemment, le jugent lymphatique).
On savait déjà qu’on pouvait gagner une élection grâce à un cancer de la prostate habilement géré, mais c’était tout de même cher payer. Mais + 12 % d’opinions favorables pour le prix d’un malaise vagal, c’est bradé !
La démocratie, c’est simple comme un électrocardiogramme. Quand on pense qu’il n’y pas si longtemps encore, quand on n’avait pas encore compris que la politique n’a plus rien de politique, certains s’échinaient, dans d’obscurs cabinets, à élaborer pendant des mois des catalogues de propositions incompréhensibles pour attirer un chaland électoral qui s’en contrefichait – car il ne pense qu’à une chose, le brave électeur : élire son prochain, son frère, celui qui lui ressemblera le plus, qui sera le plus proche de lui – tout proche. Ce n’est plus un système politique, c’est de la calinothérapie.
On imagine que suite au succès inattendu de ce coup de com impromptu, la cellule idoine de l’Elysée a déjà concocté un programme aux petits soins pour convaincre les 50 % qui persistent stupidement à ne pas trouver notre hyperprésident “proche des gens” : une extinction de voix de Carla à la veille d’un concert ? ça pourrait passer inaperçu. Plutôt une bonne petite crise conjugale à l’automne, suivie d’une réconciliation express à Venise, avec échanges de papouilles sur une gondole (un dîner aux chandelles à l’Hippopotamus a été un moment évoqué, mais il ne faut pas trop en faire non plus). Pour les fêtes, on pourrait prévoir une jolie crise de foie carabinée – question proximité avec le Français moyen, y’ pas mieux, coco. Au printemps 2010, un accident de plongeoir dans la piscine du cap Nègre, programmé au bon moment, devrait constituer un coup de pouce décisif pour les régionales.
Et après ? Après… qu’est-ce qui pourrait encore rendre le Président plus “proche des gens” ? A part un licenciement sec suite à une délocalisation du pouvoir politique à Bruxelles, je ne vois pas. Après ça, Nicolas Sarkozy pourrait – enfin ! – connaître une popularité triomphale à la Chirac, qui en ce moment multiplie les bains de foule, en toute proximité, à Saint-Tropez, qui abrite temporairement ses vacances perpétuelles. C’est tout le mal que l’on souhaite à notre vénéré président.
Mort d’un soudard grec
Nicolas Makazeros est mort à 90 ans, le 4 août. Il faisait partie de la junte militaire, les fameux « colonels » qui installèrent le 21 avril 1967, avec l’aide logistique de la CIA, une dictature qui devait durer sept ans. La gauche était alors, bien entendu, sur le point de remporter les élections. Incompétents, incultes et brutaux, les colonels grecs interdirent notamment l’étude de Platon et de Socrate pour homosexualité.
Artilleur, Nicolas Makazeros se montra particulièrement féroce lors de la répression d’une grève étudiante de l’école polytechnique d’Athènes en 1973. Avec ses comparses, il fut lui-même renversé par le chef de la sécurité Ioanidis, tout aussi nullissime que ses prédécesseurs puisqu’il fut incapable de résister à l’invasion turque de Chypre qu’il avait lui-même provoquée, ce qui fit s’effondrer la dictature.
Condamné à mort pour haute trahison, Makazeros vit sa peine commuée en détention à perpétuité, sans doute parce que la sagesse antique, contrairement à la justice américaine, interdit la mise à mort d’attardés mentaux.
Libéré, Makazeros passa la fin de sa vie à tripoter un komboloï et à jouer au jacquet, avec le regard vide si caractéristique des brutes galonnées.
En revanche, l’écrivain Manolis Glezos, membre du Parti communiste, qui décrocha le 30 mai 1941, alors qu’il avait à peine vingt ans, le drapeau nazi qui flottait sur l’Acropole, se porte toujours à merveille et continue de recevoir aimablement ses admirateurs dans son île natale de Naxos. Il doit être content, le vieux camarade et je lui dis à bientôt.
Smoking, no smoking
N’est pas Bernard Madoff qui veut. Certains banquiers n’ont pas la chance d’écoper de 160 années de prison et doivent s’isoler sur des îles désertes pour conquérir un peu de solitude. C’est le cas de Geoff Spice. Ce banquier londonien de 56 ans fume trente cigarettes par jour et a décidé d’arrêter. Plutôt que de se faire poser un patch, d’essayer l’hypnose, l’acupuncture, l’homéopathie ou les champignons hallucinogènes (une assiette et t’as plus envie de fumer), Geoff a décidé de passer tout le mois d’août sur une île déserte des Hébrides extérieures, au nord-ouest de l’Ecosse. Dépourvue d’électricité, d’eau courante et d’habitants, l’île de Sgarabhaigh ne compte qu’un petit troupeau de moutons. Elle compte désormais un banquier non-fumeur : c’est foutu !
Causeur en août, inédits partout

Comme la rédaction de Causeur ne prend pas de vacances, le mensuel d’août 2009 vient de paraître. Au sommaire de ce numéro au titre vagal de « Y’a comme un malaise », près de 2/3 de textes inédits ! N’hésitez plus à vous abonner ou à offrir un abonnement à vos amis. C’est simple comme un clic et c’est la meilleure façon de nous soutenir.
Les inédits du mois d’août
Malaise d’État, Elisabeth Lévy
Aidez la SPA, Babouse
Je pense, donc je twitte, François Miclo
L’art d’être grand-père, Raùl Cazals
Sous le soleil des topiques, Marc Cohen
Été meurtrier, gouvernement complice, Luc Rosenzweig
Légitime décence, Cyril Bennasar
Halte au régime présidentiel, Luc Rosenzweig
Ne demandez plus la lune, Gil Mihaely
Les dégonflés, Aimée Joubert
Le garçon from Ipanema, Jean-François Baum
Avignon, le off du Off, Philippe Cohen
Cet été, fuyons le moderne, Bruno Maillé
Du côté de chez Capone, Jérôme Leroy
Gary soit qui mal y pense, Jérôme Leroy
Le bio, c’est logique…
« Léchage, lâchage, lynchage » : aucune mode n’échappe au cycle de Jean-François Kahn – qui décrit ainsi le traitement des hommes politiques par les médias. C’est ainsi que le « bio » qui triomphait sur toutes les « unes » il y a peu est aujourd’hui victime d’une suspicion généralisée. Trop cher, pas si bio que ça, et même pas bon : bouffer vert, ce n’est plus tendance du tout les amis.
Tombés du haut de leur statut de pionniers du monde « durable » et post-industriel, les consommateurs « bio » sont aujourd’hui traités de dupes, de gogos pour charlatans. Les nigauds, l’argent qu’ils dépensent ne leur permet même pas de se payer une santé. Une équipe de chercheurs britanniques observe que les bienfaits nutritifs des aliments produits par l’agriculture biologique restent marginaux au regard de l’écart de prix qui est lui considérable.
Le bio, c’est cher, la ménagère en sait quelque chose. Mais après tout, le prix payé par le consommateur ne saurait être l’unique critère de la sélection darwinienne des inventions humaines. De plus, tout prix repose sur un malentendu. Comme nos médias se sont employés à le démontrer, un kilo de tomates cultivées avec engrais et pesticides revient moitié moins cher qu’un kilo de tomates « bio ». Peut-être, cependant, le véritable prix à payer est-il bien plus élevé seulement, il doit être imputé à d’autres acteurs en différé. Le prix de la tomate devrait inclure le coût engendré par la multiplication des cancers et déformations génétiques constatée des années plus tard, très loin de la serre parce que la nappe phréatique a été polluée par des engrais et pesticides.
Plus élevé, le prix du « bio » présente, du point de vue purement économique, au moins deux avantages : il est définitif et il est payé par celui-même qui en profite directement. Pas de coûts cachés, point d’ardoises laissées à la collectivité pour 2030. En revanche, la somme payée par le consommateur pour les produits de l’agriculture conventionnelle n’est autre chose que le premier versement d’une facture qui reste ouverte, le prix définitif étant impossible à calculer.
Le problème, c’est qu’on n’a pas très envie de défendre les membres de la secte « bio » qui croient qu’on « est ce qu’on mange », beurk. Après tout, ils se contentent de faire prévaloir un égoïsme (« ma santé d’abord ») sur un autre (« mon porte-monnaie d’abord »). N’oublions pas que la « révolution verte » d’hier, avec son appareillage de produits chimiques et ses méthodes industrialisées, a été inspirée par d’aussi bons sentiments que la contre-révolution verte actuelle. Il fallait nourrir les gens, un ventre plein étant la première condition de la longévité. En quelques décennies, le « vert » a donc changé de camp sans perdre sa qualité intrinsèque. Il est le Bien. D’où la vague confusion qui s’instaure, dans les esprits, entre « bio », « vert » et « équitable ».
Bref, la question n’est pas « bio » ou pas « bio », mais de rendre notre système de production et de consommation moins dévastateur pour l’environnement sans passer par la case « catastrophe sociale et politique », résultat inéluctable de la « décroissance » et autres utopies où tout est pris en compte, tout est prévu – sauf la réalité. Il faut s’interroger sur les vertus globales du « bio » pour la santé de l’environnement plutôt que sur ses effets heureux sur le métabolisme des membres de la secte.
On peut, par exemple, se demander si l’instauration d’une norme « bio » ne jouera pas comme une barrière douanière empêchant les pays sous-développés d’exporter leurs produits vers l’Europe. Les belles âmes qui pensent que ce qui est « bio » est bon pour tous doivent savoir que ce n’est pas demain que l’Afrique ou l’Amérique latine consentiront à voir le rendement de leurs agricultures chuter de 30 % voire plus. Bref, celui qui ne consomme que des fruits et légumes cultivés à 20 kilomètres de chez lui risque de se retrouver un jour en délicatesse dans une rue étroite de l’une de nos grandes villes avec le fils d’un agriculteur ruiné d’un pays du tiers monde. Si les chercheurs britanniques ont effectivement démontré quelque chose, c’est surtout que, hors de toute pensée politique et sociale, le « bio » n’est pas seulement dénué de sens mais carrément dangereux.
Le Japon, pas le jupon !
Elle est nippone et elle a 25 ans. Elle s’appelle Emiri Miyasaka. Son rêve : devenir miss Univers. Rien de plus normal pour cette beauté de l’Empire du Soleil Levant, si ce n’était la polémique que la jeune fille soulève au Japon depuis plus d’une semaine. A-t-elle posé nue dans la version tokyoïte de Playboy ? Non. Est-elle un sumo qu’une cure d’amaigrissement et quelques retouches chirurgicales auraient transformé en Asiatique affriolante ? Vous n’y êtes pas du tout. La gourgandine a eu l’indécence de porter, pour le défilé, un kimono un peu très court, qui laissait entrevoir son slip et ses porte-jarretelles roses. Emiri est priée d’aller se faire rallonger ce kimono dessiné par une Française, Inès Ligron, qui entraine les candidates nippones au titre de miss Univers depuis dix ans. Haïku, d’accord. Raduku, pas encore.
Peste à Buda
Cela s’est passé en Hongrie dans la nuit de dimanche à lundi : une femme Rom de 45 ans, veuve, mère de famille nombreuse, a été froidement abattue dans son sommeil et sa fille (13 ans) gravement blessée. Un fait divers pas si anodin : cela fait la onzième agression de ce type en un an et la sixième victime, dont un enfant de cinq ans. Réaction de la population ? Néant, ou presque. A titre de comparaison, l’année dernière, lorsqu’un sportif s’est fait poignarder par un Rom lors d’une rixe dans une boîte de nuit, nous avions eu droit dans tout le pays à des retraites aux flambeaux suivies pas des milliers de personnes en pleurs… Les agresseurs, en fuite, avaient été immédiatement arrêtés. Lorsque nous avons manifesté à la suite du dernier crime anti-Rom, nous étions à Budapest à peine 300 énergumènes sur une ville de deux millions d’habitants… Depuis un an que se répètent ces tirs sur des Roms (toujours selon le même schéma : chez eux, à l’aube, surpris dans leur sommeil, soit chassés du lit par jet de cocktails molotov puis abattus dans leur fuite, soit, comme le dernier cas, avec entrée par effraction dans le jardin et tir par la fenêtre), les agresseurs courent toujours. Une précision : dans tous les cas, les victimes étaient des citoyens rangés, sans problème, occupant un emploi.
Un café, un poutche et l’addition
En ce mois d’août, le président du Vénézuela Hugo Chavez (gauche bolivarienne) a pris une mesure originale. Il a envoyé l’armée occuper les usines de café, aux mains de monopoles privés qui fixaient les prix abusivement. Quelques jours après avoir refusé de renouveler la concession de plusieurs chaînes privées qui appelaient ouvertement à son renversement ou à son assassinat, il semble que le courageux colonel engage son pays sur une voie originale, celle d’une sortie en douceur de la dictature capitaliste assistée par la télévision, de type ouest européen (Italie, France, etc.). De plus, contrairement à Obama, en difficulté sur son projet de sécurité sociale, ou à Arnold Schwarzenegger, acteur de série B et gouverneur de Californie (cumul traditionnel chez les Républicains) obligé de sabrer dans les dépenses sociales et éducatives pour boucler son budget grevé par des spéculateurs boursiers qu’il a fallu renflouer à coups de milliards de dollars, cette décision du président Chavez pourrait bien lui permettre, à lui et au peuple vénézuélien, de sauver le petit noir.
Sous le soleil des topiques

Nous vivons des temps inédits. A preuve : les marronniers ne sont plus ce qu’ils étaient. Même les télés ne peuvent plus se contenter d’alimenter un JT uniquement à coup de pizzas avariées et de Médor abandonnés. Et l’ensemble des médias, où plutôt ce qu’il en reste pour cause de congés payés, se voit contraint de renouveler son offre d’été, faute de pouvoir s’en tenir aux « unes » traditionnelles dont ils faisaient leurs délices les saisons passées – on a presque envie de dire : les siècles passés. C’en est donc fini du monopole des couv’ racoleuses sur le sexe et, heu… le sexe.
Quoi de neuf, donc ? Si la saison est loin d’être forclose, quelques grandes tendances se dessinent déjà.
[access capability= »lire_inedits »]Tout d’abord, les classiques revisités :
La crise (ci-devant des subprimes). Elle fait encore parler d’elle. Comme en 2008, on nous raconte ça et là les aventures d’une famille qui a choisi le camping à Quiberon plutôt que la demi-pension aux Flots bleus. Mais comme ladite crise touche aussi l’hôtellerie de luxe qui, nous dit-on, brade ses chambres sur le Net, certains petits malins titrent sur le phénomène inverse. On attend, avant fin août, le premier reportage sur le Plaza Athénée envahi par les Rmistes. A prévoir aussi, au rayon crise, des articles sur les estivants qui, sur la route des plages ou du Futuroscope, font un détour pour emmener les gamins voir les bonbonnes de gaz à New Fabris ou JLG.
Les incendies de forêts. Pour cause de temps de merde généralisé (quid du réchauffement climatique, au fait ?), on a scandaleusement failli en être privé. Heureusement, un brave sous-off de la Légion a rectifié le tir…
Ensuite, les nouveaux épisodes de feuilletons d’avant les vacances :
La grippe A (ex-porcine, ex-mexicaine, ex-H1N1). Elle est en train de devenir la grippe tout court. Accompagnée, toutefois, d’une épidémie de schizophrénie dans la profession. « C’est très très grave », nous serine-t-on, juste avant de nous expliquer le contraire : en cas de fièvre et de douleurs persistantes, foutez la paix au SAMU et allez voir votre docteur (souvent appelé médecin « généraliste » dans les gazettes et « référent » dans le journal du soir). De toute façon, on n’attend rien de monstrueux avant l’automne et, si vous voulez mon avis, des vacanciers qui, en juillet, s’inquiètent de la grippe à la rentrée, ça vaut pas plus cher que ces étudiants qui, dans les manifs, disent être préoccupés par le montant ou l’âge de leur retraite : qu’ils crèvent !
Le Parti socialiste. La déculottée des élections européennes ayant eu le mauvais goût de tomber au mois de juin, normal que les collatéraux débordent sur l’été. Au moins, avec sa correspondance-surprise avec Manuel Valls, Martine Aubry réussit-elle à faire parler de sa personne, ce qui est une sorte de petit exploit, comme en réalisent les baroudeurs tricolores sur les étapes de transition du Tour. Mais il ne suffit pas de montrer le maillot, encore faut-il garder des forces pour la fin de l’étape, et on ne vous parle même pas de victoire finale sur les Champs-Elysées.
Enfin, il y a les vrais thèmes innovants :
La Lune. De France Cul à Gala, impossible d’échapper au quarantenaire des exploits d’Armstrong et d’Aldrin. On pourra (souvenez-vous de mai 68 la saison passée) s’étonner de cette nouvelle lubie de fêter les 40 bougies d’un événement avec le lustre d’un cinquantenaire voire d’un centenaire. Après tout, il aurait été plus logique de garder tous ces flonflons pour 2019. L’allongement de la durée de vie étant ce qu’il est, il y a fort à parier que les protagonistes seront toujours là : tout comme la Lune, d’ailleurs.
La fin du topless. Ça, c’est du lourd, notamment dans les hebdos féminins qui n’en finissent pas d’épiloguer sur le hara-kiri du monokini. Chacun y va de son analyse, toujours pour expliquer que le féminisme est entré dans les mœurs, qu’on n’a plus besoin de le revendiquer et encore moins de l’exposer. Mais beaucoup vont plus loin, théorisant, comme nos consœurs d’Elle, sur cet acquis fantastique qu’est la « nouvelle pudeur ». Dans tous les journaux, les témoignages sont légion, toujours à base de nanas de 20 ans qui t’expliquent que, quand même, le regard des garçons, c’est gênant. Toutes choses qui m’amènent à me demander si ce sujet-là est finalement si neuf que ça, ou s’il ne s’agit que de la suite logique des âneries du printemps sur la nécessité de ne pas stigmatiser celles qui ont choisi de porter la burqa…
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Les problèmes de cœur du président
Comment n’y a-t-il pas pensé plus tôt ? Il a suffi de quelques heures d’hospitalisation, suite au malaise vagal consécutif à un footing trop poussé, pour que la popularité présidentielle, en berne depuis des lustres, hisse à nouveau les couleurs.
Chez Sarkozy, tout est politique, même le corps du président, même les défaillances du corps du président. Selon un sondage CSA pour VSD, publié mercredi, le passage au Val-de-Grâce a opéré des miracles : 53 % des Français jugent désormais que Nicolas Sarkozy est un “bon président”, soit 12 % de plus que dans le précédent sondage, 63 % le jugent “sympathique” (+ 15 % !), 50 % “proche des gens” (+ 14 %) et, sans surprise, 90 % d’observateurs avisés l’estiment “dynamique” (+ 5 % tout de même, on se demande sur quelle planète lointaine vivent les 10 % qui, apparemment, le jugent lymphatique).
On savait déjà qu’on pouvait gagner une élection grâce à un cancer de la prostate habilement géré, mais c’était tout de même cher payer. Mais + 12 % d’opinions favorables pour le prix d’un malaise vagal, c’est bradé !
La démocratie, c’est simple comme un électrocardiogramme. Quand on pense qu’il n’y pas si longtemps encore, quand on n’avait pas encore compris que la politique n’a plus rien de politique, certains s’échinaient, dans d’obscurs cabinets, à élaborer pendant des mois des catalogues de propositions incompréhensibles pour attirer un chaland électoral qui s’en contrefichait – car il ne pense qu’à une chose, le brave électeur : élire son prochain, son frère, celui qui lui ressemblera le plus, qui sera le plus proche de lui – tout proche. Ce n’est plus un système politique, c’est de la calinothérapie.
On imagine que suite au succès inattendu de ce coup de com impromptu, la cellule idoine de l’Elysée a déjà concocté un programme aux petits soins pour convaincre les 50 % qui persistent stupidement à ne pas trouver notre hyperprésident “proche des gens” : une extinction de voix de Carla à la veille d’un concert ? ça pourrait passer inaperçu. Plutôt une bonne petite crise conjugale à l’automne, suivie d’une réconciliation express à Venise, avec échanges de papouilles sur une gondole (un dîner aux chandelles à l’Hippopotamus a été un moment évoqué, mais il ne faut pas trop en faire non plus). Pour les fêtes, on pourrait prévoir une jolie crise de foie carabinée – question proximité avec le Français moyen, y’ pas mieux, coco. Au printemps 2010, un accident de plongeoir dans la piscine du cap Nègre, programmé au bon moment, devrait constituer un coup de pouce décisif pour les régionales.
Et après ? Après… qu’est-ce qui pourrait encore rendre le Président plus “proche des gens” ? A part un licenciement sec suite à une délocalisation du pouvoir politique à Bruxelles, je ne vois pas. Après ça, Nicolas Sarkozy pourrait – enfin ! – connaître une popularité triomphale à la Chirac, qui en ce moment multiplie les bains de foule, en toute proximité, à Saint-Tropez, qui abrite temporairement ses vacances perpétuelles. C’est tout le mal que l’on souhaite à notre vénéré président.
Mort d’un soudard grec
Nicolas Makazeros est mort à 90 ans, le 4 août. Il faisait partie de la junte militaire, les fameux « colonels » qui installèrent le 21 avril 1967, avec l’aide logistique de la CIA, une dictature qui devait durer sept ans. La gauche était alors, bien entendu, sur le point de remporter les élections. Incompétents, incultes et brutaux, les colonels grecs interdirent notamment l’étude de Platon et de Socrate pour homosexualité.
Artilleur, Nicolas Makazeros se montra particulièrement féroce lors de la répression d’une grève étudiante de l’école polytechnique d’Athènes en 1973. Avec ses comparses, il fut lui-même renversé par le chef de la sécurité Ioanidis, tout aussi nullissime que ses prédécesseurs puisqu’il fut incapable de résister à l’invasion turque de Chypre qu’il avait lui-même provoquée, ce qui fit s’effondrer la dictature.
Condamné à mort pour haute trahison, Makazeros vit sa peine commuée en détention à perpétuité, sans doute parce que la sagesse antique, contrairement à la justice américaine, interdit la mise à mort d’attardés mentaux.
Libéré, Makazeros passa la fin de sa vie à tripoter un komboloï et à jouer au jacquet, avec le regard vide si caractéristique des brutes galonnées.
En revanche, l’écrivain Manolis Glezos, membre du Parti communiste, qui décrocha le 30 mai 1941, alors qu’il avait à peine vingt ans, le drapeau nazi qui flottait sur l’Acropole, se porte toujours à merveille et continue de recevoir aimablement ses admirateurs dans son île natale de Naxos. Il doit être content, le vieux camarade et je lui dis à bientôt.
Smoking, no smoking
N’est pas Bernard Madoff qui veut. Certains banquiers n’ont pas la chance d’écoper de 160 années de prison et doivent s’isoler sur des îles désertes pour conquérir un peu de solitude. C’est le cas de Geoff Spice. Ce banquier londonien de 56 ans fume trente cigarettes par jour et a décidé d’arrêter. Plutôt que de se faire poser un patch, d’essayer l’hypnose, l’acupuncture, l’homéopathie ou les champignons hallucinogènes (une assiette et t’as plus envie de fumer), Geoff a décidé de passer tout le mois d’août sur une île déserte des Hébrides extérieures, au nord-ouest de l’Ecosse. Dépourvue d’électricité, d’eau courante et d’habitants, l’île de Sgarabhaigh ne compte qu’un petit troupeau de moutons. Elle compte désormais un banquier non-fumeur : c’est foutu !
Causeur en août, inédits partout

Comme la rédaction de Causeur ne prend pas de vacances, le mensuel d’août 2009 vient de paraître. Au sommaire de ce numéro au titre vagal de « Y’a comme un malaise », près de 2/3 de textes inédits ! N’hésitez plus à vous abonner ou à offrir un abonnement à vos amis. C’est simple comme un clic et c’est la meilleure façon de nous soutenir.
Les inédits du mois d’août
Malaise d’État, Elisabeth Lévy
Aidez la SPA, Babouse
Je pense, donc je twitte, François Miclo
L’art d’être grand-père, Raùl Cazals
Sous le soleil des topiques, Marc Cohen
Été meurtrier, gouvernement complice, Luc Rosenzweig
Légitime décence, Cyril Bennasar
Halte au régime présidentiel, Luc Rosenzweig
Ne demandez plus la lune, Gil Mihaely
Les dégonflés, Aimée Joubert
Le garçon from Ipanema, Jean-François Baum
Avignon, le off du Off, Philippe Cohen
Cet été, fuyons le moderne, Bruno Maillé
Du côté de chez Capone, Jérôme Leroy
Gary soit qui mal y pense, Jérôme Leroy
Le bio, c’est logique…
« Léchage, lâchage, lynchage » : aucune mode n’échappe au cycle de Jean-François Kahn – qui décrit ainsi le traitement des hommes politiques par les médias. C’est ainsi que le « bio » qui triomphait sur toutes les « unes » il y a peu est aujourd’hui victime d’une suspicion généralisée. Trop cher, pas si bio que ça, et même pas bon : bouffer vert, ce n’est plus tendance du tout les amis.
Tombés du haut de leur statut de pionniers du monde « durable » et post-industriel, les consommateurs « bio » sont aujourd’hui traités de dupes, de gogos pour charlatans. Les nigauds, l’argent qu’ils dépensent ne leur permet même pas de se payer une santé. Une équipe de chercheurs britanniques observe que les bienfaits nutritifs des aliments produits par l’agriculture biologique restent marginaux au regard de l’écart de prix qui est lui considérable.
Le bio, c’est cher, la ménagère en sait quelque chose. Mais après tout, le prix payé par le consommateur ne saurait être l’unique critère de la sélection darwinienne des inventions humaines. De plus, tout prix repose sur un malentendu. Comme nos médias se sont employés à le démontrer, un kilo de tomates cultivées avec engrais et pesticides revient moitié moins cher qu’un kilo de tomates « bio ». Peut-être, cependant, le véritable prix à payer est-il bien plus élevé seulement, il doit être imputé à d’autres acteurs en différé. Le prix de la tomate devrait inclure le coût engendré par la multiplication des cancers et déformations génétiques constatée des années plus tard, très loin de la serre parce que la nappe phréatique a été polluée par des engrais et pesticides.
Plus élevé, le prix du « bio » présente, du point de vue purement économique, au moins deux avantages : il est définitif et il est payé par celui-même qui en profite directement. Pas de coûts cachés, point d’ardoises laissées à la collectivité pour 2030. En revanche, la somme payée par le consommateur pour les produits de l’agriculture conventionnelle n’est autre chose que le premier versement d’une facture qui reste ouverte, le prix définitif étant impossible à calculer.
Le problème, c’est qu’on n’a pas très envie de défendre les membres de la secte « bio » qui croient qu’on « est ce qu’on mange », beurk. Après tout, ils se contentent de faire prévaloir un égoïsme (« ma santé d’abord ») sur un autre (« mon porte-monnaie d’abord »). N’oublions pas que la « révolution verte » d’hier, avec son appareillage de produits chimiques et ses méthodes industrialisées, a été inspirée par d’aussi bons sentiments que la contre-révolution verte actuelle. Il fallait nourrir les gens, un ventre plein étant la première condition de la longévité. En quelques décennies, le « vert » a donc changé de camp sans perdre sa qualité intrinsèque. Il est le Bien. D’où la vague confusion qui s’instaure, dans les esprits, entre « bio », « vert » et « équitable ».
Bref, la question n’est pas « bio » ou pas « bio », mais de rendre notre système de production et de consommation moins dévastateur pour l’environnement sans passer par la case « catastrophe sociale et politique », résultat inéluctable de la « décroissance » et autres utopies où tout est pris en compte, tout est prévu – sauf la réalité. Il faut s’interroger sur les vertus globales du « bio » pour la santé de l’environnement plutôt que sur ses effets heureux sur le métabolisme des membres de la secte.
On peut, par exemple, se demander si l’instauration d’une norme « bio » ne jouera pas comme une barrière douanière empêchant les pays sous-développés d’exporter leurs produits vers l’Europe. Les belles âmes qui pensent que ce qui est « bio » est bon pour tous doivent savoir que ce n’est pas demain que l’Afrique ou l’Amérique latine consentiront à voir le rendement de leurs agricultures chuter de 30 % voire plus. Bref, celui qui ne consomme que des fruits et légumes cultivés à 20 kilomètres de chez lui risque de se retrouver un jour en délicatesse dans une rue étroite de l’une de nos grandes villes avec le fils d’un agriculteur ruiné d’un pays du tiers monde. Si les chercheurs britanniques ont effectivement démontré quelque chose, c’est surtout que, hors de toute pensée politique et sociale, le « bio » n’est pas seulement dénué de sens mais carrément dangereux.
Le Japon, pas le jupon !
Elle est nippone et elle a 25 ans. Elle s’appelle Emiri Miyasaka. Son rêve : devenir miss Univers. Rien de plus normal pour cette beauté de l’Empire du Soleil Levant, si ce n’était la polémique que la jeune fille soulève au Japon depuis plus d’une semaine. A-t-elle posé nue dans la version tokyoïte de Playboy ? Non. Est-elle un sumo qu’une cure d’amaigrissement et quelques retouches chirurgicales auraient transformé en Asiatique affriolante ? Vous n’y êtes pas du tout. La gourgandine a eu l’indécence de porter, pour le défilé, un kimono un peu très court, qui laissait entrevoir son slip et ses porte-jarretelles roses. Emiri est priée d’aller se faire rallonger ce kimono dessiné par une Française, Inès Ligron, qui entraine les candidates nippones au titre de miss Univers depuis dix ans. Haïku, d’accord. Raduku, pas encore.
Peste à Buda
Cela s’est passé en Hongrie dans la nuit de dimanche à lundi : une femme Rom de 45 ans, veuve, mère de famille nombreuse, a été froidement abattue dans son sommeil et sa fille (13 ans) gravement blessée. Un fait divers pas si anodin : cela fait la onzième agression de ce type en un an et la sixième victime, dont un enfant de cinq ans. Réaction de la population ? Néant, ou presque. A titre de comparaison, l’année dernière, lorsqu’un sportif s’est fait poignarder par un Rom lors d’une rixe dans une boîte de nuit, nous avions eu droit dans tout le pays à des retraites aux flambeaux suivies pas des milliers de personnes en pleurs… Les agresseurs, en fuite, avaient été immédiatement arrêtés. Lorsque nous avons manifesté à la suite du dernier crime anti-Rom, nous étions à Budapest à peine 300 énergumènes sur une ville de deux millions d’habitants… Depuis un an que se répètent ces tirs sur des Roms (toujours selon le même schéma : chez eux, à l’aube, surpris dans leur sommeil, soit chassés du lit par jet de cocktails molotov puis abattus dans leur fuite, soit, comme le dernier cas, avec entrée par effraction dans le jardin et tir par la fenêtre), les agresseurs courent toujours. Une précision : dans tous les cas, les victimes étaient des citoyens rangés, sans problème, occupant un emploi.

