Christine Lagarde : et si c’était elle ?
Lisnard se la joue playboy en mode Obama : torse d’ado fluet moulé à souhait sous une impeccable chemise blanche ajustée façon « double peau », aux lèvres le sourire d’une pub Colgate triple effet, le tout couronné d’une coiffure brillantinée de frais. Ne manquent que le tapis rouge, les marches et les starlettes d’ornement de la Croisette les soirs de festival. Son monde, en fait.
Retailleau ne parvient pas à dépasser l’image du bon garçon bien sage et raisonnable s’en revenant du catéchisme paroissial chez les bons pères vendéens. Convertir l’eau bénite en vitriol électoral n’est pas une mince affaire. La transmutation relèverait plutôt du miracle, en l’occurrence.
Philippe, l’homme du Havre, dont la campagne ces jours-ci vire à la marée descendante, se trouve donc en passe de devoir se faire des cheveux — ce qui, pour lui et au moins à titre personnel, paraîtrait assez réjouissant. Il n’est pas impossible qu’en filoutant encore un peu plus du côté du programme RN, il puisse parvenir à faire illusion. Étant homme d’illusions, il se retrouverait ainsi dans sa zone de confort.
Attal, le bon élève qui, quoi qu’il fasse, aura toujours l’air de devoir réintégrer avant dix-neuf heures le nid douillet de Saint-Stanislas — là où se concoctent les petits marquis d’aujourd’hui, fierté de nos salons et ministères. Gamin bien lisse au récitatif de robot made in China, probablement au hasard d’une perm’ de sortie, il se sera avisé qu’il existait en France des bistrots avec, au comptoir, des coups à boire et le monde à refaire. On attend qu’il ait satisfait au rite initiatique de la première cuite, passage obligé de la puberté à l’âge adulte, pour qu’on puisse commencer à le prendre au sérieux.
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Voilà qu’on nous annonce le plongeon dans ce grand bain de Madame Lagarde, qui fut en son jeune temps une pratiquante émérite de la natation synchronisée. La désynchronisation en mode bordel du groupe central l’inspirerait, apparemment. L’éventualité enthousiasme Bruno Le Maire, dont on aura garde d’oublier que les enthousiasmes et les choix se paient généralement en dizaines de milliards envolés aux quatre vents.
Il y a aussi Xavier Bertrand qui aimerait bien être de la fête. Pathétique. On serait tenté de lui faire la courte échelle pour le grandir un peu et lui permettre d’atteindre la sonnette de la porte d’accès à ce grand bal d’Halloween. Un bal où chacun se pare d’un masque destiné à faire oublier que, à quelque titre que ce soit, il a été l’un des acteurs du vaste et effrayant naufrage dans lequel sombre le pays — et dont, toute honte bue, il prétend aujourd’hui être en mesure de le sauver.
Peut-être à ce bal d’Halloween notera-t-on la présence et la participation exceptionnelles et ô combien gratifiantes de MM. Raffarin et Larcher, le premier déguisé en gyrophare hurlant, le second en homme-sandwich pour le programme minceur « Comme J’aime ». Il n’est pas interdit de rêver. Ni de se rouler par terre de rire devant de tels numéros de pitres.
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