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Querelle de Brest sur Octobre Rouge ?

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Il y a quelques mois déjà, nous avions attiré votre attention sur les malheurs d’un sous-marin nucléaire britannique, flambant neuf, qui était venu s’échouer sans trop qu’on sache comment au large de l’île de Skye, en Ecosse.

Il avait ensuite subi d’importantes avaries lors des manœuvres pour le sortir de là. Le commandant avait été aimablement remercié par sa hiérarchie qui lui avait indiqué qu’un poste de bureau à l’Amirauté serait sans doute plus adapté à son profil de carrière. Nous avions, à l’époque, souligné la ressemblance des mésaventures du sous-marin « Astute » (Astuce…) avec le film A la poursuite d’octobre rouge. Eh bien, ça continue pour le meilleur et pour le pire. Une information tout de même légèrement inquiétante, quand bien même on voudrait en ces temps fukushimesques garder un flegme british, vient de tomber. Il y a eu une fusillade à bord du sous-marin en question, qui a fait un mort et un blessé grave.

La seule chose que l’on sait, c’est qu’il ne s’agit pas d’une attaque terroriste. Et quelle que soit la version officielle que nous servira l’Amirauté de Sa Gracieuse Majesté, moi, je suis certain qu’il s’agit en vérité d’une histoire d’amour entre deux beaux sous-mariniers qui aurait mal tourné.

Se tirer dessus à coup de flingue près d’un moteur à propulsion nucléaire, surtout quand on sait que l’amour est aveugle, c’est un rien angoissant, non ?

Les surprises de la discrimination à l’embauche

photo : les Experts

Sous nos cieux vastes et cléments, il est un préjugé bien établi selon lequel les préjugés, c’est mal. Si ces fameux préjugés venaient à disparaitre tout à coup, les neuf dixièmes de la production littéraire, cinématographique et même blogosphérique françaises disparaîtraient avec eux. Qu’aurions-nous à dire si nous n’avions une doxa à laquelle nous opposer ? Des clichés à pourfendre ? Ainsi, tous les causeurs savent que tous les Français sont bourrés de préjugés à l’encontre de, au choix, le libéralisme, le communisme, le souverainisme, Israël, le catholicisme : chacun choisira. Mais plus largement, il faut bien constater qu’en France les pourfendeurs de clichés compulsifs se sont créés un adversaire sur mesure, le bon Français un peu lourdaud, le fantasmatique franchouillard à béret qui, phobique de naissance, ne redoute rien tant que cet « étrange étranger », selon la sempiternelle expression consacrée, cet Autre (toujours avec un grand A) face auquel, selon cette autre sempiternelle expression consacrée, « on se pose en s’opposant ». Sans grand Autre à quoi s’opposer, il n’y aurait nulle identité nationale, que nos esprits libres unanimes considèrent comme une fiction commode visant à donner une substance purement ressentimentale au vivre-ensemble hexagonal malmené par la mondialisation.

Ah, la France ! Ce beau pays où chacun est convaincu que son voisin est xénophobe mais que lui-même ne l’est pas. Le xénophobe, c’est toujours l’autre. Quand je dis l’autre pour le coup, c’est avec un tout petit a, celui qu’on affuble d’un bob Ricard, le beauf qui est décidément toujours de souche, notre prochain quoi, notre insupportablement proche prochain. Celui que les Evangiles nous intiment d’aimer comme soi-même, et ça n’est pas drôle tous les jours.

Ainsi, une étude très sérieuse, réalisée en grande pompe par une flopée de centres de recherche de premier plan, vient de prouver ce qu’on lui demandait de prouver. En France, les employeurs reçoivent en entretien puis embauchent de préférence leurs semblables : les hommes des hommes, les vieux des vieux, et les femmes des femmes. A l’inverse, en « anonymisant » les CV (c’est-à-dire en omettant le nom, l’âge, le sexe et l’adresse des candidats) on constate que les recruteurs hommes reçoivent plus facilement en entretien (puis embauchent en plus grand nombre) des femmes que lorsque le CV est nominatif, de même que les vieux des jeunes, ou les femmes des hommes… Voici une belle preuve toute scientifique, magnifiquement irréfutable, car fondée sur de multiples « protocoles expérimentaux» et d’innombrables « sous-échantillons d’analyse», de la grande et atavique alterophobie franchouillarde.

Mais voilà que soudain un grain de sable enraye la belle mécanique de la machine à pourfendre les préjugés alterophobes. Pour ce qui concerne les étrangers, c’est-à-dire ceux qui sont affublés d’un patronyme « à consonance africaine ou musulmane » et qui vivent, selon l’impayable jargon en vigueur dans cette étude, en « Zone Urbaine Sensible (ZUS) ou dans une ville en Contrat Urbain de Cohésion Social (CUCS) », patatras, l’étude en question nous révèle un « résultat inattendu ». Les noms à consonance africaine ou musulmane ne constituent pas un facteur de discrimination négative mais au contraire un « signal correctif favorable », ce qui ne signifie rien de moins que dans l’esprit des recruteurs, la consonance étrangère de ces noms favorise l’obtention d’un entretien, et même l’embauche. Et on peut aisément conclure de cela qu’à l’inverse, un nom à consonance française constitue un facteur négativement discriminant pour les employeurs, même si l’étude se garde bien de le faire.

De façon aussi significative que comique, le site internet du magazine Capital qui reprend cette information en conclut que le CV anonyme « favorise les discriminations ». Pour discriminer quelque chose, ne faut-il pas se baser sur les informations que l’on nous donne ? Comment discriminer dans le noir ? Les recruteurs « discriminent » quand ils se fondent sur le nom à consonance étrangère et musulmane d’un candidat pour le choisir plutôt qu’un autre. Le CV anonyme ne peut donc « favoriser les discriminations » puisqu’il limite l’accès aux informations qui permettent justement de discriminer dans un sens ou dans un autre. Il ne peut, à la rigueur, que favoriser la discrimination sur d’autres critères que le nom à consonance étrangère et l’origine géographique, critères (tels que l’orthographe ou les trous dans le CV par exemple) qui prendraient alors une importance plus grande. Mais l’idée selon laquelle les étrangers sont nécessairement et toujours victimes de discrimination est tellement ancrée dans la tête de nos concitoyens que l’on emploie dorénavant ce mot dans un sens autre que ce qu’il veut dire. Toute décision qui va à l’encontre des intérêts des minorités ontologiquement discriminées est considérée comme (illégitimement) discriminante. Ce qui, dans le contexte de cette étude, n’a tout simplement pas de sens.

Mais quelle est donc la cause la plus plausible, selon les auteurs de l’étude, de ce « résultat inattendu » ? Je la cite in extenso. « L’effet d’effacer le bloc d’état-civil dans un CV ne peut se penser indépendamment du contenu du reste du CV. Une hypothèse possible est alors que l’effacement du bloc d’état-civil ait eu des conséquences différentes sur les candidats potentiellement discriminés et sur les autres, parce que leurs CV étaient au départ différents. Prenons un exemple : supposons un candidat potentiellement discriminé dont l’expérience sur le marché du travail soit faible ; le recruteur peut être amené à réinterpréter ce signal au départ négatif en lisant le bloc état-civil et en notant que si ce candidat a peu été en emploi, ce n’est pas dû à sa moindre productivité, mais à un moins bon accès au marché du travail. Autre exemple : une présentation maladroite ou des fautes d’orthographe pourraient être aussi relativisées par le fait qu’il ne s’agit pas de la langue maternelle du candidat. Sur la base de ces deux exemples, on voit que si les CV des candidats potentiellement discriminés comportent des signaux défavorables, il est possible qu’enlever le signal du prénom ou du lieu de résidence puisse, paradoxalement, desservir le candidat et non le servir. »

Ce que ne semble pas voir les auteurs de l’étude, c’est à quel point la notion de candidat « potentiellement discriminé » devient cocasse dans ce contexte. C’est ce statut qui favorise la discrimination spontanément positive en faveur du candidat, et en défaveur du candidat non « potentiellement discriminé ». Pour bénéficier d’une discrimination positive, il faudrait être considéré (à tort, l’étude le prouve) par les recruteurs comme la victime habituelle d’une discrimination négative sur la base de la consonance de son nom ou sur celle de son origine géographique. Ce sont ceux qui ne bénéficient pas de ce statut qui sont tout simplement discriminé : les Français dont le nom n’est pas « à consonance africaine ou musulmane » et qui n’habitent pas dans les ZUS et dans les CUCS : les Français que l’on a pris l’habitude d’appeler « de souche ». A défaut d’être « potentiellement discriminés », ils le sont réellement.

Voilà, si l’on doit en croire cette étude, le peuple français, qui se fantasme xénophobe, est de fait xénophile, au moins pour ce qui concerne l’accès emploi. Ce qui n’est pas, dans le contexte actuel, un point de détail.

Au fait, qui se propose pour saisir la Halde ?

Lisbonne vs Bruxelles, José vs José

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Les serial killer des agences de notation viennent donc de faire leur troisième victime officielle. Après la Grèce et l’Irlande, c’est au Portugal de subir le martyre au carré de la nouvelle logique de paupérisation programmée des peuples européens. On procède en deux temps : d’abord on menace un pays donné, en raison de sa dette, de dégrader sa note. Le pays, en général totalement soumis comme ce fut le cas du Portugal de José Socrates, lance un plan de rigueur sans précédent pour éviter la sanction. Le plan de rigueur réduit à néant le pouvoir d’achat et hypothèque toute reprise de l’économie. Les agences de notation, des médecins de Molière en pire, s’inquiètent que le malade qu’ils ont pourtant forcé à se purger ait l’air si anémique et en rajoute une louche. Résultat, le Portugal est obligé de mettre un genou à terre et d’aller quémander l’aide de Bruxelles pour faire face aux échéances.

L’ironie veut que ce soit à un Portugais, José Manuel Barroso, président de la commission européenne et ancien maoïste qui célèbre aujourd’hui le grand bond en arrière quarante ans après s’être extasié sur le grand bond en avant, que José Socrates se trouve obligé de demander de l’aide qui sera bien entendue conditionnée à une rigueur encore plus rigoureuse. On peut espérer que le Portugal va se souvenir qu’en 1974, un certain 25 avril, il avait, en 24 heures, renversé en douceur une dictature. Cela va faire dans quelques jours trente sept ans. Et si l’on en croit les mobilisations sociales qui s’annoncent du côté de Lisbonne, il est bien connu que l’on n’est pas sérieux quand on a trente sept ans.

Il faut délégiférer !

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Dans son rapport annuel 2010, le Médiateur de la République dresse un portrait particulièrement dur de l’état de nos lois et des relations qu’entretiennent nos concitoyens avec elles. L’empilement législatif a atteint un tel degré que ni les Français, ni leurs administrations ne connaissent les lois qui sont supposées les gouverner. Nouveaux textes, circulaires, décrets, jurisprudence, arrêtés qui contredisent la loi : notre système juridique est devenu à ce point opaque et instable que l’application des lois en devient aléatoire – entre excès de zèle, excès de lenteur, application mécanique et déshumanisée des procédures quand les décisions prises par l’administration ne sont tout simplement pas en contradiction avec les textes en vigueur. Ce système qui était supposé nous protéger en couvrant nos vies privées d’un étroit maillage de réglementations fait désormais régner en France ce que le médiateur lui-même qualifie d’« insécurité juridique ».

Dans une perspective évolutionnaire, les règlementations en social-démocratie ont ceci de commun avec les bactéries qu’elles ont tendance à se multiplier de façon exponentielle. Cela procède – il me semble – de trois caractéristiques intrinsèques : comment elles naissent, comment elles se reproduisent et enfin, comment elles ne meurent pas.

Nos lois naissent dans l’émotion. Mais à la différence des êtres humains, chez qui la naissance précède l’émotion, les règlementations tendent à voir le jour après qu’un évènement à forte teneur émotionnelle – et idéalement riche en controverses – ait défrayé la chronique. Le devoir de l’Etat étant de nous protéger de tout y compris de nous-mêmes ; l’homo politicus ne peut concevoir son utilité sociale sans promptement faire voter une loi pour nous prouver à quel point notre sort lui importe. L’inflation législative trouve ainsi sa source dans la volonté du pouvoir politique d’apporter des réponses de circonstance à chaque cas particuliers. Peu importe que cette loi soit utile, peu importe qu’elle rentre en conflit avec des dispositifs déjà existants, peu importe qu’elle n’apporte aucune véritable solution à supposer qu’il y ait eut un problème et enfin, peu importe qu’elle finisse elle-même par poser plus de problèmes qu’elle n’apporte de solutions. On serait en droit, dans un monde rationnel, d’attendre de nos gouvernants qu’ils évaluent calmement les coûts et les bénéfices de chaque texte avant qu’il n’entre vigueur[1. C’est d’ailleurs dans cet esprit que la révision de la Constitution de 2008 prévoyait des études d’impact pour évaluer les effets pervers des réformes] ; vous savez aussi bien que moi qu’il n’en est rien : on légifère dans l’urgence, dans le feu de l’action pour adopter une posture de l’homme politique concerné.

Les lois ont également cette étonnante faculté que de pouvoir se reproduire entre-elles mais aussi par parthénogénèse. Adoptées dans l’urgence et sans aucune considération pour le cadre juridique existant ni pour les détails de mise en œuvre pratique, elles créent de nouveaux problèmes inattendus qui, plutôt que de susciter leur suppression pure et simple, sont à leur tour traités par de nouvelles lois et autres amendements. C’est ainsi que les règlements se superposent les uns aux autres, que les décrets viennent contredire les lois, qu’à peine adoptées les législations sont déjà obsolètes et remplacées par une nombreuse descendance qui cherche non seulement à apporter une solution au problème identifié à l’origine mais aussi aux nombreuses conséquences indésirables des règlementations qui ont précédé. D’inextricable, le système devient instable et même l’administration qui est en charge d’appliquer la loi finit par s’y perdre.

Enfin les lois ne meurent pas parce qu’elles n’ont pas de prédateur naturel. Une fois mise en place, il devient extrêmement difficile de supprimer une loi. Même si elle est notoirement inefficace ou nocive, même si elle coûte une fortune et que son bien utilité est pour le moins douteuse ; on préfèrera toujours l’amender – et de préférence à la marge – plutôt que de la supprimer tout simplement. Pour la même raison qui pousse nos politiques à faire voter des lois, les supprimer leur est insupportable : comment justifier auprès de son électorat la suppression d’une loi visant à promouvoir l’investissement locatif à coup d’avantages fiscaux quand tant de gens ont du mal à se loger et tant d’autres peinent à défiscaliser leurs revenus ? Défaire des lois inutiles et même nuisibles demande non seulement un minimum de communion avec les difficultés quotidiennes de ceux d’entre nous qui ne sont ni hauts fonctionnaires ni avocats mais aussi du courage. L’homme politique moderne ayant une fâcheuse tendance à appartenir à l’une des deux catégories citées ci-dessus et manquant singulièrement de courage ; les lois ne meurent pas et prolifèrent.

« Plus il y a d’interdits écrivait Lao Tseu, plus le peuple s’appauvrit[2. Dao De Jing (57)]». Les seuls bénéficiaires de ce maquis normatif sont ceux qui ont les moyens de s’offrir les services d’un cabinet spécialisé – ou plus directement du législateur. La loi qui devait nous protéger est devenu une arme à l’usage des procéduriers et un fardeau pour le reste d’entre nous. Des petites et moyennes entreprises aux départements de recherche de nos universités cette en passant par nos administrations, cette règlementation tentaculaire coûte, freine, bloque et ne règle plus grand chose. Ce qu’il nous faudrait maintenant, c’est arriver à « délégiférer ».

Quand Besson se thaï

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photo : Angeli

Un jour, il faudra créer une association de celles et ceux à qui l’envie d’écrire un premier roman est venue en lisant Lettre à un ami perdu de Patrick Besson. On a dit Patrick, n’est-ce pas ? N’allez pas confondre avec Philippe, l’écrivain gay, gentil et nul. Patrick Besson, lui, n’est jamais meilleur que dans le conte cruel, autobiographique et mélancolique comme ce Come Baby qui s’inscrit dans la lignée de textes courts et ciselés, un rien modianesques, à la manière de 28, boulevard Aristide Briand ou de Tour Jade.[access capability= »lire_inedits »]

Au début de Come Baby, on croit avoir affaire à deux narrateurs. Un premier qui dit « je ». Il est écrivain. Il retrouve une maitresse récente, journaliste people. Et puis un second qui dit « il » et qui arrive à Bangkok. Il est aussi écrivain. Les deux sont évidemment Patrick Besson. Come baby est monté comme un film de Chris Marker, le magnifique Sans soleil par exemple. Le voyage en Thaïlande, on le comprend peu à peu, s’est déroulé légèrement avant la rencontre avec l’ancienne maîtresse.
Façon subtile de jouer avec le temps et la schizophrénie, l’ubiquité et la durée. On croit lire un roman léger, désinvolte, dans la tradition si française des néo-hussards dont Besson fut un des plus brillants éléments et l’on se retrouve dans une asymétrie légèrement angoissante, à se demander à quel moment de son existence un homme déjà bien entré dans la cinquantaine et qui a toujours l’impression d’avoir dix sept ans (âge auquel Besson a publié son premier roman) peut enfin se décider à coïncider avec lui-même, sans pour autant mourir. Parce que mourir, c’est coïncider avec soi-même une fois pour toutes. Besson l’a bien compris, dont la dernière phrase est « Ce récit serait alors le premier écrit d’un mort. » On a le droit de citer la dernière phrase d’un roman de Besson parce qu’elle n’est pas meilleure que les autres qui sont toutes excellentes.

Ce qui est vraiment aimable, chez lui, c’est cette façon de tenir la note d’un bout à l’autre. Comme Modiano, encore, tiens. Quoique Besson ait une façon bien à lui de tirer la langue française vers sa pente naturelle à la maxime ou à l’aphorisme. C’est son côté La Rochefoucauld qui copinerait avec des prostituées thaï sur fond de décalage horaire ou qui aurait du mal à éviter la rencontre entre sa femme et sa maitresse alors que le soleil inonde la place de la Concorde. Les touristes sexuels ? « Vieux enfants venus chercher des baisers de leur mère qui pourrait être leur fille ». La fin d’un dîner au Grand Vefour, quand ne restent plus que quelques convives ? « Ce qu’il y a de bien, dans les catastrophes et les exodes, c’est qu’on ne se sépare pas. La vie tout seul, à deux ou en famille : ces bagnes. Il faudrait vivre à cinquante, cent, mille. On aurait toujours quelqu’un à qui se confier, avec qui raconter des blagues. »

En même temps, Patrick Besson sait bien que l’écrivain est le dernier vrai solitaire sur cette planète. C’est son malheur et sa gloire mais ça permet de passer des mains d’une masseuse diplômée à celles d’une jeune femme de bonne famille sans transition. Il y pire, comme destin.[/access]

Come Baby

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Leroy maudit chez les Cosaques !

Jeudi soir, Jérôme Leroy répondait à l’invitation du Cercle Cosaque, le cabaret littéraire animé par Romaric Sangars et Olivier Maulin pour une causerie autour de l’Apocalypse. Après Fukushima, l’occasion était trop belle de décrire le déclin de la civilisation techno-occidentale. Triste époque que cette ère d’interrègne où la marchandise et la rentabilité ont tout colonisé. Pour ce cœur rouge à la gueule de droite, le spectacle d’une belle femme déjeunant debout, c’est déjà une petite explosion nucléaire.

Leroy a toujours pensé que l’humanité courrait à sa perte. Armés d’un grand sens du tragique, les personnages de ses romans regrettent de voir le monde sombrer en plein naufrage alors qu’ils auraient pu le sauver. Voici probablement le drame de Jérôme qui situe rétrospectivement l’Apocalypse à la fin des Trente Glorieuses, lorsque le compromis gaullo-communiste se noya dans les grandes eaux du marché mondial. Comme le beuglait Delerm, les filles d’après 1973 illustrent cet arraisonnement du corps et de l’amour aux bas instincts de la logique marchande. Leurs petites sœurs votent PS ou Europe Ecologie. Elles jouent dans cette fameuse fange libérale-libertaire qui fait la part belle aux avancées sociétales en se foutant comme d’une guigne des vaincus de la lutte des classes.

Comme le reconnut volontiers Jérôme, sa défense de l’hypothèse communiste s’accommode fort bien d’un retour à l’ethos de l’honneur qu’on attache habituellement à la droite réactionnaire. Il faut dire qu’entre les Hussards, les citations de Bernanos, l’amour du bon vin artisanal et l’éloge des nations, Pierre Laurent n’y retrouverait pas tous ses petits. Pis, Jérôme Leroy se définit comme un « communiste barrésien » (sic !) viscéralement attaché à la terre et aux morts, assumant l’histoire de France comme un bloc, avec sa mythologie héroïque qui va de la Commune au Conseil National de la Résistance

Le dernier compagnon de route valable du PCF décrivit avec émotion la rupture avec le Monde d’avant, celui où la Semaine de la Haine, la police de la pensée et le télécran-rebaptisé facebook depuis- appartenaient aux seuls romans d’anticipation. Rien d’étonnant à ce que l’aréopage hétéroclite de spectateurs (dont quelques causeurs patentés, tels Bruno Maillé et Jacques de Guillebon) opinât massivement du chef, réalisant le vieux rêve de l’union sacrée anticapitaliste. Réactionnaires de tous les pays, unissez-vous !

En guise de dessert, Leroy convoqua Pasolini pour mieux nous rappeler l’ineptie des utopies de déracinement qui font table rase du passé, autant dire de l’homme. Son communisme réac cherche le bonheur et les plaisirs collectifs là où l’hédonisme contemporain voit le salut dans l’égoïsme consumériste de l’individu monadique.

En marge de la manifestation, une marginale testa la capacité d’endurance de Leroy en aboyant aussi fort que son chien. Tout y était : les cent millions de morts du socialisme réel mis sur son dos de misérable écrivain, l’anathème suprême de sale vermine communiste, et, last but not least, une très provocante tentative de réhabilitation du nazisme.
Eprouvé mais jamais éploré par ces interventions intempestives, Jérôme finit par trinquer avec son bourreau du soir. En cette pré-Apocalypse, Leroy est décidément maudit !

« L’islam est venu pour dominer le monde, y compris la France »

photo : The Art of Veiling

Pas d’humour, pas de commentaires, rien que le texte intégral de l’appel officiel à la manifestation de ce samedi, contre la loi sur la burqa, place de la Nation à 14h, tel qu’il a été publié sur le site des organisateurs, le groupe Jamat Tawhid et repris sur de nombreux sites islamistes français tels Forsane. Les rédacteurs étant probablement anglophones, on ne s’arrêtera pas aux fautes d’orthographe, de grammaire ou de syntaxe, l’essentiel est ailleurs.

Communiqué De Presse

Allah (swt) nous dit « N’obéissez pas à l’ordre des outranciers qui sèment le désordre sur la terre et n’améliorent rien ». [Ar-Room:41]. Ce que nous voyons avec l’interdiction du niqab c’est simplement une continuation de guerre contre l’Islam. Le sang de la haine circule toujours dans les veines du croisade. Même après que ces mécréants interdiront le niqab dans les jours à venir, ils ne seront pas satisfait et voudraient que les musulmans deviennent comme eux. Allah (swt) dit « Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur religion… » [Baqara:120].
Ô les Muslumans en France, reveillez vous de cette oppression. Combien de temps vous allez vous soumettre sous cette domination mécréants. Alors que Sarkosy veut que nos soeurs musulmanes soient tout nues comme sa femme qui se prostitue ouvertement sur le magazine Playboy.

Le Niqab c’est le symbol de la soumission et de l’obeissance à Allah(swt). Votre allegeance n’est pas vers la loi de l’homme mais plutôt vers Allah(swt). Si vous choissez de garder la bouche bée, eh bien attendez-vous au diable.

Chère frères et soeurs Musulmans soyez brave et ferme pour defier l’interdiction du Niqab le 9 Avril. L’islam et venue pour dominer le monde y compris La France. N’oublier pas que nous apartenons à l’ummah du Prophet Mohammad (pssl). Notre guidance c’est le Shariah et non pas la constitution de La France. Alors nos soeurs Muslumanes venez en foule et portez votre Niqab le 9 avril Insha Allah.

NDLR : L’expression « swt » est l’abréviation de Subhanahu Wa Ta’ala » (سبحانه وتعالى‎) et qui signifie «que Son nom soit exalté», est placée par les musulmans observants après toute citation du nom d’Allah. De même l’expression « pssl » placée rituellement après le nom de Mahomet signifie « Paix et Salut Soient sur Lui »

NKM ne manque pas d’air!

photo : veni markovski

Le saviez-vous ? En ce moment se tiennent les Etats généraux de la qualité de l’air, un des produits dérivés du Grenelle de l’environnement. Ils auraient fort bien pu passer inaperçus si la ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, n’y avait d’ores et déjà annoncé une mesure spectaculaire pour faire baisser la pollution en ville: 10 millions de véhicules, – deux roues, utilitaires, camions et voitures – immatriculés avant 1997 seront interdits de centre-ville dans huit agglomérations, entre 2012 et 2015. Et il ne s’agit pas d’une mesure incitative, comme souvent jusque là en matière de qualité de l’air : à Paris, Saint-Denis, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Nice, Aix-en-Provence et Bordeaux, ces véhicules seront purement et simplement interdits de voie publique sous peine d’amende.

La mesure est déjà pratiquée dans certaines villes de Suède ou d’Allemagne, avec succès explique le ministère. Avec un tel argument, qui oserait protester ? D’ailleurs, on ne proteste pas : il ne fait pas bon douter par chez nous du principe de précaution.

L’éradication de ces véhicules peu citoyens devrait, nous dit-on, faire baisser le nombre de particules qui empoisonnent l’air et provoquent de l’asthme, des troubles cardiaques et entraînent une surmortalité chez les personnes les plus fragiles. Honnêtement qui peut s’opposer à cela ?

Et bien moi, par exemple. Parce qu’en pratique, ce n’est rien d’autre qu’une mesure discriminatoire. J’imagine, peut-être bêtement, que ce sont souvent les ménages les plus modestes, ou les jeunes qui débutent dans la vie active qui conduisent les voitures les plus anciennes ou les mobs les plus décaties. Au pilori ! Haro aussi sur l’épicier du coin qui livre dans un estafette hors d’âge. Je croyais -peut-être bêtement, me répéterai-je- que le contrôle technique de plus en plus contraignant auquel sont soumis les véhicules garantissait que leur niveau de pollution était acceptable. Moyennant quoi, cette mesure de santé publique, annoncée ainsi, passe pour un emmerdement de plus, voire une humiliation pour ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, ou même, quel scandale !, pour aller au resto ou au cinéma le vendredi soir.

C’est la manière la plus efficace de rendre l’écologie de bon sens impopulaire. Et de donner l’impression, une fois de plus, d’un deux poids, deux mesures. Et je me mets à la place du conducteur de Clio millésimée qui aura sans doute des pensées terribles, quand il croisera en ville un énorme 4X4 flambant neuf -avec ses vitres teintées noir foncé et son pare-buffle écrase-piétons- qui, lui, pourra continuer à polluer tranquillement…

On a beaucoup moqué, et à juste titre l’ex-maire ex-gauchiste de Londres, Ken Livingstone, quand il a exigé qu’on achète une vignette pour pouvoir circuler en centre-ville. On l’a accusé de vouloir rétablir l’octroi, et de s’abriter derrière des arguments sanitaires pour empêcher de facto les pauvres de venir gâcher le paysage des vieux banquiers et des jeunes traders. Et bien chez nous, ce sera encore mieux : pour rouler dans un rayon de quatre kilomètres autour de Notre-Dame, de la place des Quinconces ou du cours Mirabeau, ce n’est pas une vignette qu’il faudra acheter, mais une voiture neuve…

L’attaque des grenouilles tueuses de Caracas

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Non content d’être un affreux tyran socialiste, le président Hugo Chavez prépare en secret des armes de destruction massive. S’il n’a pas encore été prouvé que le fou furieux sanguinaire qui opprime, élection gagnée après élection gagnée, son pauvre peuple est en train de préparer un programme nucléaire, il n’en est pas de même dans le domaine de l’arment chimique. Bien sûr, pour ne pas affoler une opinion mondiale déjà suffisamment traumatisée par le Japon, la Libye et la Côte d’Ivoire, l’information n’a pas été donnée directement mais seulement entre les lignes par une publication étasunienne très sérieuse, Proceedings of the National Academy of Sciences : les grenouilles toxiques d’Amérique Latine, que les Indiens utilisaient pour empoisonner leurs flèches ont muté de manière inquiétante pour une raison mystérieuse.

Non seulement, elles sont beaucoup plus jolies que les autres avec leur peau multicolore mais en plus elles sont devenues bien plus résistantes que leurs congénères non toxiques. Certes, les scientifiques sont en mesure de décrire le phénomène, à partir d’un échantillon de 50 espèces différentes dont la plupart sont originaires, comme par hasard, du Venezuela : « Elles sont davantage en mesure d’extraire l’oxygène à chaque respiration et de le transporter vers leurs muscles, tout comme les athlètes bien entraînés. »

En revanche, ils ne peuvent ou ne veulent en expliquer l’origine. Il faudrait pour cela montrer du doigt les laboratoires secrets de Chavez à Caracas. Et envoyer au plus vite une mission d’inspection de l’ONU pour forcer le Caligula des tropiques à en finir avec ses terrifiants batraciens.

Notre pain quotidien (11)

Sarkozy : le Napoléon de Spielberg ? La newsletter du Film Français réservée aux abonnés (« 24 images par seconde ») rapporte que – d’après le Daily Variety – Steven Spielberg serait sur le point de reprendre le grand projet de film sur Napoléon que Stanley Kubrick avait développé (sans pouvoir le mener à bien) au début des années 70. Le cinéaste, qui avait déjà réalisé « A.I. » en 2001 d’après un projet de Kubrick, aurait à nouveau obtenu l’accord et la confiance des héritiers de l’auteur de Lolita, pour poursuivre et parachever son œuvre. Plus intriguant, le Variety rapporte ces propos de Spielberg : « Reste la question du casting. Stan envisageait Jack Nicholson pour interpréter Napoléon. C’était comme toujours très brillant. Mon ami Tom Cruise m’a suggéré une idée : Nicolas Sarkozy, qu’il connait bien, et qui est chef de l’état français, présente beaucoup de ressemblances avec l’Empereur. Il est petit, nerveux, expressif et ressemble à Astérix sans moustache. En plus, d’après le Los Angeles Times, il aura pas mal de temps libre à partir de 2012. Je l’invite à passer un casting avec moi. (…) Tom m’a dit également que la jolie femme du petit français, qui est une ancienne hôtesse de l’air je crois, a été figurante chez Woody Allen : elle pourrait très bien participer à mon projet ». Les Cahiers du cinéma précisent que le tournage pourrait débuter en 2013, et que Joséphine – l’épouse de Napoléon – pourrait être incarnée par l’actrice Scarlett Johansson.

Une wikipizz’ familiale, supplément pepperoni, avec un maxi-Coca ! Qu’on se le dise dans les chaumières « Speed Rabbit Pizza soutient Wikileaks » ! La Tribune.fr nous apprend ainsi que : « Speed Rabbit Pizza a décidé d’afficher le logo WikiLeaks sur la première page de son site Internet. L’enseigne met également en place un concours qui encourage les internautes à envoyer leurs recettes de pizza les plus créatives. La recette la plus originale servira de base pour la création d’une pizza Wikipizz… » Voilà qui donne faim ! Julian Assange aurait-il finalement réussi son coup ?

Pétard mouillé. Le quotidien régional Var Matin nous apprend qu’: « Un étrange paquet, dont dépassait une pointe en fer, a suscité un grand remue-ménage, mercredi, dans le centre de tri postal du Vaucluse » Le colis était destiné à un certain « Monsieur Nicolas Sarkozy » résidant à Paris, boulevard Saint-honoré. « Le dangereux paquet – révèle Var Matin – ne contenait en fait qu’une brochette de figues sèches, des gousses d’ail, un pot de confiture… » Enfer et damnation… « Ils ont envoyé les ambulances, les voitures de police, des démineurs de Marseille, et même une cellule chimique – raconte Thierry Gras, délégué CGT PTT du Vaucluse. Ils ont même barré la route d’accès à la plateforme. Il y avait des bouchons jusqu’au camping de Cavaillon ! » Peuchère ! D’après la police, l’expéditrice de ce colis loufoque serait une « déséquilibrée » farfelue… « Selon nos informations – dit le journal – le colis contenait aussi une petite médaille porte-bonheur, ainsi qu’une invitation à l’adresse du Président, afin qu’il vienne assister à la messe à Nice. » Le plan orsec aurait au passage – selon des sources proches du dossier – pris l’eau…

Querelle de Brest sur Octobre Rouge ?

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Il y a quelques mois déjà, nous avions attiré votre attention sur les malheurs d’un sous-marin nucléaire britannique, flambant neuf, qui était venu s’échouer sans trop qu’on sache comment au large de l’île de Skye, en Ecosse.

Il avait ensuite subi d’importantes avaries lors des manœuvres pour le sortir de là. Le commandant avait été aimablement remercié par sa hiérarchie qui lui avait indiqué qu’un poste de bureau à l’Amirauté serait sans doute plus adapté à son profil de carrière. Nous avions, à l’époque, souligné la ressemblance des mésaventures du sous-marin « Astute » (Astuce…) avec le film A la poursuite d’octobre rouge. Eh bien, ça continue pour le meilleur et pour le pire. Une information tout de même légèrement inquiétante, quand bien même on voudrait en ces temps fukushimesques garder un flegme british, vient de tomber. Il y a eu une fusillade à bord du sous-marin en question, qui a fait un mort et un blessé grave.

La seule chose que l’on sait, c’est qu’il ne s’agit pas d’une attaque terroriste. Et quelle que soit la version officielle que nous servira l’Amirauté de Sa Gracieuse Majesté, moi, je suis certain qu’il s’agit en vérité d’une histoire d’amour entre deux beaux sous-mariniers qui aurait mal tourné.

Se tirer dessus à coup de flingue près d’un moteur à propulsion nucléaire, surtout quand on sait que l’amour est aveugle, c’est un rien angoissant, non ?

Les surprises de la discrimination à l’embauche

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photo : les Experts

Sous nos cieux vastes et cléments, il est un préjugé bien établi selon lequel les préjugés, c’est mal. Si ces fameux préjugés venaient à disparaitre tout à coup, les neuf dixièmes de la production littéraire, cinématographique et même blogosphérique françaises disparaîtraient avec eux. Qu’aurions-nous à dire si nous n’avions une doxa à laquelle nous opposer ? Des clichés à pourfendre ? Ainsi, tous les causeurs savent que tous les Français sont bourrés de préjugés à l’encontre de, au choix, le libéralisme, le communisme, le souverainisme, Israël, le catholicisme : chacun choisira. Mais plus largement, il faut bien constater qu’en France les pourfendeurs de clichés compulsifs se sont créés un adversaire sur mesure, le bon Français un peu lourdaud, le fantasmatique franchouillard à béret qui, phobique de naissance, ne redoute rien tant que cet « étrange étranger », selon la sempiternelle expression consacrée, cet Autre (toujours avec un grand A) face auquel, selon cette autre sempiternelle expression consacrée, « on se pose en s’opposant ». Sans grand Autre à quoi s’opposer, il n’y aurait nulle identité nationale, que nos esprits libres unanimes considèrent comme une fiction commode visant à donner une substance purement ressentimentale au vivre-ensemble hexagonal malmené par la mondialisation.

Ah, la France ! Ce beau pays où chacun est convaincu que son voisin est xénophobe mais que lui-même ne l’est pas. Le xénophobe, c’est toujours l’autre. Quand je dis l’autre pour le coup, c’est avec un tout petit a, celui qu’on affuble d’un bob Ricard, le beauf qui est décidément toujours de souche, notre prochain quoi, notre insupportablement proche prochain. Celui que les Evangiles nous intiment d’aimer comme soi-même, et ça n’est pas drôle tous les jours.

Ainsi, une étude très sérieuse, réalisée en grande pompe par une flopée de centres de recherche de premier plan, vient de prouver ce qu’on lui demandait de prouver. En France, les employeurs reçoivent en entretien puis embauchent de préférence leurs semblables : les hommes des hommes, les vieux des vieux, et les femmes des femmes. A l’inverse, en « anonymisant » les CV (c’est-à-dire en omettant le nom, l’âge, le sexe et l’adresse des candidats) on constate que les recruteurs hommes reçoivent plus facilement en entretien (puis embauchent en plus grand nombre) des femmes que lorsque le CV est nominatif, de même que les vieux des jeunes, ou les femmes des hommes… Voici une belle preuve toute scientifique, magnifiquement irréfutable, car fondée sur de multiples « protocoles expérimentaux» et d’innombrables « sous-échantillons d’analyse», de la grande et atavique alterophobie franchouillarde.

Mais voilà que soudain un grain de sable enraye la belle mécanique de la machine à pourfendre les préjugés alterophobes. Pour ce qui concerne les étrangers, c’est-à-dire ceux qui sont affublés d’un patronyme « à consonance africaine ou musulmane » et qui vivent, selon l’impayable jargon en vigueur dans cette étude, en « Zone Urbaine Sensible (ZUS) ou dans une ville en Contrat Urbain de Cohésion Social (CUCS) », patatras, l’étude en question nous révèle un « résultat inattendu ». Les noms à consonance africaine ou musulmane ne constituent pas un facteur de discrimination négative mais au contraire un « signal correctif favorable », ce qui ne signifie rien de moins que dans l’esprit des recruteurs, la consonance étrangère de ces noms favorise l’obtention d’un entretien, et même l’embauche. Et on peut aisément conclure de cela qu’à l’inverse, un nom à consonance française constitue un facteur négativement discriminant pour les employeurs, même si l’étude se garde bien de le faire.

De façon aussi significative que comique, le site internet du magazine Capital qui reprend cette information en conclut que le CV anonyme « favorise les discriminations ». Pour discriminer quelque chose, ne faut-il pas se baser sur les informations que l’on nous donne ? Comment discriminer dans le noir ? Les recruteurs « discriminent » quand ils se fondent sur le nom à consonance étrangère et musulmane d’un candidat pour le choisir plutôt qu’un autre. Le CV anonyme ne peut donc « favoriser les discriminations » puisqu’il limite l’accès aux informations qui permettent justement de discriminer dans un sens ou dans un autre. Il ne peut, à la rigueur, que favoriser la discrimination sur d’autres critères que le nom à consonance étrangère et l’origine géographique, critères (tels que l’orthographe ou les trous dans le CV par exemple) qui prendraient alors une importance plus grande. Mais l’idée selon laquelle les étrangers sont nécessairement et toujours victimes de discrimination est tellement ancrée dans la tête de nos concitoyens que l’on emploie dorénavant ce mot dans un sens autre que ce qu’il veut dire. Toute décision qui va à l’encontre des intérêts des minorités ontologiquement discriminées est considérée comme (illégitimement) discriminante. Ce qui, dans le contexte de cette étude, n’a tout simplement pas de sens.

Mais quelle est donc la cause la plus plausible, selon les auteurs de l’étude, de ce « résultat inattendu » ? Je la cite in extenso. « L’effet d’effacer le bloc d’état-civil dans un CV ne peut se penser indépendamment du contenu du reste du CV. Une hypothèse possible est alors que l’effacement du bloc d’état-civil ait eu des conséquences différentes sur les candidats potentiellement discriminés et sur les autres, parce que leurs CV étaient au départ différents. Prenons un exemple : supposons un candidat potentiellement discriminé dont l’expérience sur le marché du travail soit faible ; le recruteur peut être amené à réinterpréter ce signal au départ négatif en lisant le bloc état-civil et en notant que si ce candidat a peu été en emploi, ce n’est pas dû à sa moindre productivité, mais à un moins bon accès au marché du travail. Autre exemple : une présentation maladroite ou des fautes d’orthographe pourraient être aussi relativisées par le fait qu’il ne s’agit pas de la langue maternelle du candidat. Sur la base de ces deux exemples, on voit que si les CV des candidats potentiellement discriminés comportent des signaux défavorables, il est possible qu’enlever le signal du prénom ou du lieu de résidence puisse, paradoxalement, desservir le candidat et non le servir. »

Ce que ne semble pas voir les auteurs de l’étude, c’est à quel point la notion de candidat « potentiellement discriminé » devient cocasse dans ce contexte. C’est ce statut qui favorise la discrimination spontanément positive en faveur du candidat, et en défaveur du candidat non « potentiellement discriminé ». Pour bénéficier d’une discrimination positive, il faudrait être considéré (à tort, l’étude le prouve) par les recruteurs comme la victime habituelle d’une discrimination négative sur la base de la consonance de son nom ou sur celle de son origine géographique. Ce sont ceux qui ne bénéficient pas de ce statut qui sont tout simplement discriminé : les Français dont le nom n’est pas « à consonance africaine ou musulmane » et qui n’habitent pas dans les ZUS et dans les CUCS : les Français que l’on a pris l’habitude d’appeler « de souche ». A défaut d’être « potentiellement discriminés », ils le sont réellement.

Voilà, si l’on doit en croire cette étude, le peuple français, qui se fantasme xénophobe, est de fait xénophile, au moins pour ce qui concerne l’accès emploi. Ce qui n’est pas, dans le contexte actuel, un point de détail.

Au fait, qui se propose pour saisir la Halde ?

Lisbonne vs Bruxelles, José vs José

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Les serial killer des agences de notation viennent donc de faire leur troisième victime officielle. Après la Grèce et l’Irlande, c’est au Portugal de subir le martyre au carré de la nouvelle logique de paupérisation programmée des peuples européens. On procède en deux temps : d’abord on menace un pays donné, en raison de sa dette, de dégrader sa note. Le pays, en général totalement soumis comme ce fut le cas du Portugal de José Socrates, lance un plan de rigueur sans précédent pour éviter la sanction. Le plan de rigueur réduit à néant le pouvoir d’achat et hypothèque toute reprise de l’économie. Les agences de notation, des médecins de Molière en pire, s’inquiètent que le malade qu’ils ont pourtant forcé à se purger ait l’air si anémique et en rajoute une louche. Résultat, le Portugal est obligé de mettre un genou à terre et d’aller quémander l’aide de Bruxelles pour faire face aux échéances.

L’ironie veut que ce soit à un Portugais, José Manuel Barroso, président de la commission européenne et ancien maoïste qui célèbre aujourd’hui le grand bond en arrière quarante ans après s’être extasié sur le grand bond en avant, que José Socrates se trouve obligé de demander de l’aide qui sera bien entendue conditionnée à une rigueur encore plus rigoureuse. On peut espérer que le Portugal va se souvenir qu’en 1974, un certain 25 avril, il avait, en 24 heures, renversé en douceur une dictature. Cela va faire dans quelques jours trente sept ans. Et si l’on en croit les mobilisations sociales qui s’annoncent du côté de Lisbonne, il est bien connu que l’on n’est pas sérieux quand on a trente sept ans.

Il faut délégiférer !

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Dans son rapport annuel 2010, le Médiateur de la République dresse un portrait particulièrement dur de l’état de nos lois et des relations qu’entretiennent nos concitoyens avec elles. L’empilement législatif a atteint un tel degré que ni les Français, ni leurs administrations ne connaissent les lois qui sont supposées les gouverner. Nouveaux textes, circulaires, décrets, jurisprudence, arrêtés qui contredisent la loi : notre système juridique est devenu à ce point opaque et instable que l’application des lois en devient aléatoire – entre excès de zèle, excès de lenteur, application mécanique et déshumanisée des procédures quand les décisions prises par l’administration ne sont tout simplement pas en contradiction avec les textes en vigueur. Ce système qui était supposé nous protéger en couvrant nos vies privées d’un étroit maillage de réglementations fait désormais régner en France ce que le médiateur lui-même qualifie d’« insécurité juridique ».

Dans une perspective évolutionnaire, les règlementations en social-démocratie ont ceci de commun avec les bactéries qu’elles ont tendance à se multiplier de façon exponentielle. Cela procède – il me semble – de trois caractéristiques intrinsèques : comment elles naissent, comment elles se reproduisent et enfin, comment elles ne meurent pas.

Nos lois naissent dans l’émotion. Mais à la différence des êtres humains, chez qui la naissance précède l’émotion, les règlementations tendent à voir le jour après qu’un évènement à forte teneur émotionnelle – et idéalement riche en controverses – ait défrayé la chronique. Le devoir de l’Etat étant de nous protéger de tout y compris de nous-mêmes ; l’homo politicus ne peut concevoir son utilité sociale sans promptement faire voter une loi pour nous prouver à quel point notre sort lui importe. L’inflation législative trouve ainsi sa source dans la volonté du pouvoir politique d’apporter des réponses de circonstance à chaque cas particuliers. Peu importe que cette loi soit utile, peu importe qu’elle rentre en conflit avec des dispositifs déjà existants, peu importe qu’elle n’apporte aucune véritable solution à supposer qu’il y ait eut un problème et enfin, peu importe qu’elle finisse elle-même par poser plus de problèmes qu’elle n’apporte de solutions. On serait en droit, dans un monde rationnel, d’attendre de nos gouvernants qu’ils évaluent calmement les coûts et les bénéfices de chaque texte avant qu’il n’entre vigueur[1. C’est d’ailleurs dans cet esprit que la révision de la Constitution de 2008 prévoyait des études d’impact pour évaluer les effets pervers des réformes] ; vous savez aussi bien que moi qu’il n’en est rien : on légifère dans l’urgence, dans le feu de l’action pour adopter une posture de l’homme politique concerné.

Les lois ont également cette étonnante faculté que de pouvoir se reproduire entre-elles mais aussi par parthénogénèse. Adoptées dans l’urgence et sans aucune considération pour le cadre juridique existant ni pour les détails de mise en œuvre pratique, elles créent de nouveaux problèmes inattendus qui, plutôt que de susciter leur suppression pure et simple, sont à leur tour traités par de nouvelles lois et autres amendements. C’est ainsi que les règlements se superposent les uns aux autres, que les décrets viennent contredire les lois, qu’à peine adoptées les législations sont déjà obsolètes et remplacées par une nombreuse descendance qui cherche non seulement à apporter une solution au problème identifié à l’origine mais aussi aux nombreuses conséquences indésirables des règlementations qui ont précédé. D’inextricable, le système devient instable et même l’administration qui est en charge d’appliquer la loi finit par s’y perdre.

Enfin les lois ne meurent pas parce qu’elles n’ont pas de prédateur naturel. Une fois mise en place, il devient extrêmement difficile de supprimer une loi. Même si elle est notoirement inefficace ou nocive, même si elle coûte une fortune et que son bien utilité est pour le moins douteuse ; on préfèrera toujours l’amender – et de préférence à la marge – plutôt que de la supprimer tout simplement. Pour la même raison qui pousse nos politiques à faire voter des lois, les supprimer leur est insupportable : comment justifier auprès de son électorat la suppression d’une loi visant à promouvoir l’investissement locatif à coup d’avantages fiscaux quand tant de gens ont du mal à se loger et tant d’autres peinent à défiscaliser leurs revenus ? Défaire des lois inutiles et même nuisibles demande non seulement un minimum de communion avec les difficultés quotidiennes de ceux d’entre nous qui ne sont ni hauts fonctionnaires ni avocats mais aussi du courage. L’homme politique moderne ayant une fâcheuse tendance à appartenir à l’une des deux catégories citées ci-dessus et manquant singulièrement de courage ; les lois ne meurent pas et prolifèrent.

« Plus il y a d’interdits écrivait Lao Tseu, plus le peuple s’appauvrit[2. Dao De Jing (57)]». Les seuls bénéficiaires de ce maquis normatif sont ceux qui ont les moyens de s’offrir les services d’un cabinet spécialisé – ou plus directement du législateur. La loi qui devait nous protéger est devenu une arme à l’usage des procéduriers et un fardeau pour le reste d’entre nous. Des petites et moyennes entreprises aux départements de recherche de nos universités cette en passant par nos administrations, cette règlementation tentaculaire coûte, freine, bloque et ne règle plus grand chose. Ce qu’il nous faudrait maintenant, c’est arriver à « délégiférer ».

Quand Besson se thaï

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photo : Angeli
photo : Angeli

Un jour, il faudra créer une association de celles et ceux à qui l’envie d’écrire un premier roman est venue en lisant Lettre à un ami perdu de Patrick Besson. On a dit Patrick, n’est-ce pas ? N’allez pas confondre avec Philippe, l’écrivain gay, gentil et nul. Patrick Besson, lui, n’est jamais meilleur que dans le conte cruel, autobiographique et mélancolique comme ce Come Baby qui s’inscrit dans la lignée de textes courts et ciselés, un rien modianesques, à la manière de 28, boulevard Aristide Briand ou de Tour Jade.[access capability= »lire_inedits »]

Au début de Come Baby, on croit avoir affaire à deux narrateurs. Un premier qui dit « je ». Il est écrivain. Il retrouve une maitresse récente, journaliste people. Et puis un second qui dit « il » et qui arrive à Bangkok. Il est aussi écrivain. Les deux sont évidemment Patrick Besson. Come baby est monté comme un film de Chris Marker, le magnifique Sans soleil par exemple. Le voyage en Thaïlande, on le comprend peu à peu, s’est déroulé légèrement avant la rencontre avec l’ancienne maîtresse.
Façon subtile de jouer avec le temps et la schizophrénie, l’ubiquité et la durée. On croit lire un roman léger, désinvolte, dans la tradition si française des néo-hussards dont Besson fut un des plus brillants éléments et l’on se retrouve dans une asymétrie légèrement angoissante, à se demander à quel moment de son existence un homme déjà bien entré dans la cinquantaine et qui a toujours l’impression d’avoir dix sept ans (âge auquel Besson a publié son premier roman) peut enfin se décider à coïncider avec lui-même, sans pour autant mourir. Parce que mourir, c’est coïncider avec soi-même une fois pour toutes. Besson l’a bien compris, dont la dernière phrase est « Ce récit serait alors le premier écrit d’un mort. » On a le droit de citer la dernière phrase d’un roman de Besson parce qu’elle n’est pas meilleure que les autres qui sont toutes excellentes.

Ce qui est vraiment aimable, chez lui, c’est cette façon de tenir la note d’un bout à l’autre. Comme Modiano, encore, tiens. Quoique Besson ait une façon bien à lui de tirer la langue française vers sa pente naturelle à la maxime ou à l’aphorisme. C’est son côté La Rochefoucauld qui copinerait avec des prostituées thaï sur fond de décalage horaire ou qui aurait du mal à éviter la rencontre entre sa femme et sa maitresse alors que le soleil inonde la place de la Concorde. Les touristes sexuels ? « Vieux enfants venus chercher des baisers de leur mère qui pourrait être leur fille ». La fin d’un dîner au Grand Vefour, quand ne restent plus que quelques convives ? « Ce qu’il y a de bien, dans les catastrophes et les exodes, c’est qu’on ne se sépare pas. La vie tout seul, à deux ou en famille : ces bagnes. Il faudrait vivre à cinquante, cent, mille. On aurait toujours quelqu’un à qui se confier, avec qui raconter des blagues. »

En même temps, Patrick Besson sait bien que l’écrivain est le dernier vrai solitaire sur cette planète. C’est son malheur et sa gloire mais ça permet de passer des mains d’une masseuse diplômée à celles d’une jeune femme de bonne famille sans transition. Il y pire, comme destin.[/access]

Come Baby

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Leroy maudit chez les Cosaques !

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Jeudi soir, Jérôme Leroy répondait à l’invitation du Cercle Cosaque, le cabaret littéraire animé par Romaric Sangars et Olivier Maulin pour une causerie autour de l’Apocalypse. Après Fukushima, l’occasion était trop belle de décrire le déclin de la civilisation techno-occidentale. Triste époque que cette ère d’interrègne où la marchandise et la rentabilité ont tout colonisé. Pour ce cœur rouge à la gueule de droite, le spectacle d’une belle femme déjeunant debout, c’est déjà une petite explosion nucléaire.

Leroy a toujours pensé que l’humanité courrait à sa perte. Armés d’un grand sens du tragique, les personnages de ses romans regrettent de voir le monde sombrer en plein naufrage alors qu’ils auraient pu le sauver. Voici probablement le drame de Jérôme qui situe rétrospectivement l’Apocalypse à la fin des Trente Glorieuses, lorsque le compromis gaullo-communiste se noya dans les grandes eaux du marché mondial. Comme le beuglait Delerm, les filles d’après 1973 illustrent cet arraisonnement du corps et de l’amour aux bas instincts de la logique marchande. Leurs petites sœurs votent PS ou Europe Ecologie. Elles jouent dans cette fameuse fange libérale-libertaire qui fait la part belle aux avancées sociétales en se foutant comme d’une guigne des vaincus de la lutte des classes.

Comme le reconnut volontiers Jérôme, sa défense de l’hypothèse communiste s’accommode fort bien d’un retour à l’ethos de l’honneur qu’on attache habituellement à la droite réactionnaire. Il faut dire qu’entre les Hussards, les citations de Bernanos, l’amour du bon vin artisanal et l’éloge des nations, Pierre Laurent n’y retrouverait pas tous ses petits. Pis, Jérôme Leroy se définit comme un « communiste barrésien » (sic !) viscéralement attaché à la terre et aux morts, assumant l’histoire de France comme un bloc, avec sa mythologie héroïque qui va de la Commune au Conseil National de la Résistance

Le dernier compagnon de route valable du PCF décrivit avec émotion la rupture avec le Monde d’avant, celui où la Semaine de la Haine, la police de la pensée et le télécran-rebaptisé facebook depuis- appartenaient aux seuls romans d’anticipation. Rien d’étonnant à ce que l’aréopage hétéroclite de spectateurs (dont quelques causeurs patentés, tels Bruno Maillé et Jacques de Guillebon) opinât massivement du chef, réalisant le vieux rêve de l’union sacrée anticapitaliste. Réactionnaires de tous les pays, unissez-vous !

En guise de dessert, Leroy convoqua Pasolini pour mieux nous rappeler l’ineptie des utopies de déracinement qui font table rase du passé, autant dire de l’homme. Son communisme réac cherche le bonheur et les plaisirs collectifs là où l’hédonisme contemporain voit le salut dans l’égoïsme consumériste de l’individu monadique.

En marge de la manifestation, une marginale testa la capacité d’endurance de Leroy en aboyant aussi fort que son chien. Tout y était : les cent millions de morts du socialisme réel mis sur son dos de misérable écrivain, l’anathème suprême de sale vermine communiste, et, last but not least, une très provocante tentative de réhabilitation du nazisme.
Eprouvé mais jamais éploré par ces interventions intempestives, Jérôme finit par trinquer avec son bourreau du soir. En cette pré-Apocalypse, Leroy est décidément maudit !

« L’islam est venu pour dominer le monde, y compris la France »

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photo : The Art of Veiling

Pas d’humour, pas de commentaires, rien que le texte intégral de l’appel officiel à la manifestation de ce samedi, contre la loi sur la burqa, place de la Nation à 14h, tel qu’il a été publié sur le site des organisateurs, le groupe Jamat Tawhid et repris sur de nombreux sites islamistes français tels Forsane. Les rédacteurs étant probablement anglophones, on ne s’arrêtera pas aux fautes d’orthographe, de grammaire ou de syntaxe, l’essentiel est ailleurs.

Communiqué De Presse

Allah (swt) nous dit « N’obéissez pas à l’ordre des outranciers qui sèment le désordre sur la terre et n’améliorent rien ». [Ar-Room:41]. Ce que nous voyons avec l’interdiction du niqab c’est simplement une continuation de guerre contre l’Islam. Le sang de la haine circule toujours dans les veines du croisade. Même après que ces mécréants interdiront le niqab dans les jours à venir, ils ne seront pas satisfait et voudraient que les musulmans deviennent comme eux. Allah (swt) dit « Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu’à ce que tu suives leur religion… » [Baqara:120].
Ô les Muslumans en France, reveillez vous de cette oppression. Combien de temps vous allez vous soumettre sous cette domination mécréants. Alors que Sarkosy veut que nos soeurs musulmanes soient tout nues comme sa femme qui se prostitue ouvertement sur le magazine Playboy.

Le Niqab c’est le symbol de la soumission et de l’obeissance à Allah(swt). Votre allegeance n’est pas vers la loi de l’homme mais plutôt vers Allah(swt). Si vous choissez de garder la bouche bée, eh bien attendez-vous au diable.

Chère frères et soeurs Musulmans soyez brave et ferme pour defier l’interdiction du Niqab le 9 Avril. L’islam et venue pour dominer le monde y compris La France. N’oublier pas que nous apartenons à l’ummah du Prophet Mohammad (pssl). Notre guidance c’est le Shariah et non pas la constitution de La France. Alors nos soeurs Muslumanes venez en foule et portez votre Niqab le 9 avril Insha Allah.

NDLR : L’expression « swt » est l’abréviation de Subhanahu Wa Ta’ala » (سبحانه وتعالى‎) et qui signifie «que Son nom soit exalté», est placée par les musulmans observants après toute citation du nom d’Allah. De même l’expression « pssl » placée rituellement après le nom de Mahomet signifie « Paix et Salut Soient sur Lui »

NKM ne manque pas d’air!

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photo : veni markovski

Le saviez-vous ? En ce moment se tiennent les Etats généraux de la qualité de l’air, un des produits dérivés du Grenelle de l’environnement. Ils auraient fort bien pu passer inaperçus si la ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, n’y avait d’ores et déjà annoncé une mesure spectaculaire pour faire baisser la pollution en ville: 10 millions de véhicules, – deux roues, utilitaires, camions et voitures – immatriculés avant 1997 seront interdits de centre-ville dans huit agglomérations, entre 2012 et 2015. Et il ne s’agit pas d’une mesure incitative, comme souvent jusque là en matière de qualité de l’air : à Paris, Saint-Denis, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Nice, Aix-en-Provence et Bordeaux, ces véhicules seront purement et simplement interdits de voie publique sous peine d’amende.

La mesure est déjà pratiquée dans certaines villes de Suède ou d’Allemagne, avec succès explique le ministère. Avec un tel argument, qui oserait protester ? D’ailleurs, on ne proteste pas : il ne fait pas bon douter par chez nous du principe de précaution.

L’éradication de ces véhicules peu citoyens devrait, nous dit-on, faire baisser le nombre de particules qui empoisonnent l’air et provoquent de l’asthme, des troubles cardiaques et entraînent une surmortalité chez les personnes les plus fragiles. Honnêtement qui peut s’opposer à cela ?

Et bien moi, par exemple. Parce qu’en pratique, ce n’est rien d’autre qu’une mesure discriminatoire. J’imagine, peut-être bêtement, que ce sont souvent les ménages les plus modestes, ou les jeunes qui débutent dans la vie active qui conduisent les voitures les plus anciennes ou les mobs les plus décaties. Au pilori ! Haro aussi sur l’épicier du coin qui livre dans un estafette hors d’âge. Je croyais -peut-être bêtement, me répéterai-je- que le contrôle technique de plus en plus contraignant auquel sont soumis les véhicules garantissait que leur niveau de pollution était acceptable. Moyennant quoi, cette mesure de santé publique, annoncée ainsi, passe pour un emmerdement de plus, voire une humiliation pour ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, ou même, quel scandale !, pour aller au resto ou au cinéma le vendredi soir.

C’est la manière la plus efficace de rendre l’écologie de bon sens impopulaire. Et de donner l’impression, une fois de plus, d’un deux poids, deux mesures. Et je me mets à la place du conducteur de Clio millésimée qui aura sans doute des pensées terribles, quand il croisera en ville un énorme 4X4 flambant neuf -avec ses vitres teintées noir foncé et son pare-buffle écrase-piétons- qui, lui, pourra continuer à polluer tranquillement…

On a beaucoup moqué, et à juste titre l’ex-maire ex-gauchiste de Londres, Ken Livingstone, quand il a exigé qu’on achète une vignette pour pouvoir circuler en centre-ville. On l’a accusé de vouloir rétablir l’octroi, et de s’abriter derrière des arguments sanitaires pour empêcher de facto les pauvres de venir gâcher le paysage des vieux banquiers et des jeunes traders. Et bien chez nous, ce sera encore mieux : pour rouler dans un rayon de quatre kilomètres autour de Notre-Dame, de la place des Quinconces ou du cours Mirabeau, ce n’est pas une vignette qu’il faudra acheter, mais une voiture neuve…

L’attaque des grenouilles tueuses de Caracas

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Non content d’être un affreux tyran socialiste, le président Hugo Chavez prépare en secret des armes de destruction massive. S’il n’a pas encore été prouvé que le fou furieux sanguinaire qui opprime, élection gagnée après élection gagnée, son pauvre peuple est en train de préparer un programme nucléaire, il n’en est pas de même dans le domaine de l’arment chimique. Bien sûr, pour ne pas affoler une opinion mondiale déjà suffisamment traumatisée par le Japon, la Libye et la Côte d’Ivoire, l’information n’a pas été donnée directement mais seulement entre les lignes par une publication étasunienne très sérieuse, Proceedings of the National Academy of Sciences : les grenouilles toxiques d’Amérique Latine, que les Indiens utilisaient pour empoisonner leurs flèches ont muté de manière inquiétante pour une raison mystérieuse.

Non seulement, elles sont beaucoup plus jolies que les autres avec leur peau multicolore mais en plus elles sont devenues bien plus résistantes que leurs congénères non toxiques. Certes, les scientifiques sont en mesure de décrire le phénomène, à partir d’un échantillon de 50 espèces différentes dont la plupart sont originaires, comme par hasard, du Venezuela : « Elles sont davantage en mesure d’extraire l’oxygène à chaque respiration et de le transporter vers leurs muscles, tout comme les athlètes bien entraînés. »

En revanche, ils ne peuvent ou ne veulent en expliquer l’origine. Il faudrait pour cela montrer du doigt les laboratoires secrets de Chavez à Caracas. Et envoyer au plus vite une mission d’inspection de l’ONU pour forcer le Caligula des tropiques à en finir avec ses terrifiants batraciens.

Notre pain quotidien (11)

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Sarkozy : le Napoléon de Spielberg ? La newsletter du Film Français réservée aux abonnés (« 24 images par seconde ») rapporte que – d’après le Daily Variety – Steven Spielberg serait sur le point de reprendre le grand projet de film sur Napoléon que Stanley Kubrick avait développé (sans pouvoir le mener à bien) au début des années 70. Le cinéaste, qui avait déjà réalisé « A.I. » en 2001 d’après un projet de Kubrick, aurait à nouveau obtenu l’accord et la confiance des héritiers de l’auteur de Lolita, pour poursuivre et parachever son œuvre. Plus intriguant, le Variety rapporte ces propos de Spielberg : « Reste la question du casting. Stan envisageait Jack Nicholson pour interpréter Napoléon. C’était comme toujours très brillant. Mon ami Tom Cruise m’a suggéré une idée : Nicolas Sarkozy, qu’il connait bien, et qui est chef de l’état français, présente beaucoup de ressemblances avec l’Empereur. Il est petit, nerveux, expressif et ressemble à Astérix sans moustache. En plus, d’après le Los Angeles Times, il aura pas mal de temps libre à partir de 2012. Je l’invite à passer un casting avec moi. (…) Tom m’a dit également que la jolie femme du petit français, qui est une ancienne hôtesse de l’air je crois, a été figurante chez Woody Allen : elle pourrait très bien participer à mon projet ». Les Cahiers du cinéma précisent que le tournage pourrait débuter en 2013, et que Joséphine – l’épouse de Napoléon – pourrait être incarnée par l’actrice Scarlett Johansson.

Une wikipizz’ familiale, supplément pepperoni, avec un maxi-Coca ! Qu’on se le dise dans les chaumières « Speed Rabbit Pizza soutient Wikileaks » ! La Tribune.fr nous apprend ainsi que : « Speed Rabbit Pizza a décidé d’afficher le logo WikiLeaks sur la première page de son site Internet. L’enseigne met également en place un concours qui encourage les internautes à envoyer leurs recettes de pizza les plus créatives. La recette la plus originale servira de base pour la création d’une pizza Wikipizz… » Voilà qui donne faim ! Julian Assange aurait-il finalement réussi son coup ?

Pétard mouillé. Le quotidien régional Var Matin nous apprend qu’: « Un étrange paquet, dont dépassait une pointe en fer, a suscité un grand remue-ménage, mercredi, dans le centre de tri postal du Vaucluse » Le colis était destiné à un certain « Monsieur Nicolas Sarkozy » résidant à Paris, boulevard Saint-honoré. « Le dangereux paquet – révèle Var Matin – ne contenait en fait qu’une brochette de figues sèches, des gousses d’ail, un pot de confiture… » Enfer et damnation… « Ils ont envoyé les ambulances, les voitures de police, des démineurs de Marseille, et même une cellule chimique – raconte Thierry Gras, délégué CGT PTT du Vaucluse. Ils ont même barré la route d’accès à la plateforme. Il y avait des bouchons jusqu’au camping de Cavaillon ! » Peuchère ! D’après la police, l’expéditrice de ce colis loufoque serait une « déséquilibrée » farfelue… « Selon nos informations – dit le journal – le colis contenait aussi une petite médaille porte-bonheur, ainsi qu’une invitation à l’adresse du Président, afin qu’il vienne assister à la messe à Nice. » Le plan orsec aurait au passage – selon des sources proches du dossier – pris l’eau…