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Dieudonné dans Causeur, une erreur?

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Alain Finkielkraut. Sur la couverture du dernier numéro de Causeur figure un double portrait de Dieudonné hilare, que surplombe ce titre : « drôle de rire ». À l’intérieur, on trouve un entretien exclusif que vous avez fait avec l’homme de la « quenelle » et de « Shoananas ». Cette couverture et cet entretien ont provoqué beaucoup de réactions indignées. Prenant acte de cette émotion, qui n’était pas toujours mal intentionnée, je vais vous poser quelques questions de journaliste. Quelle était votre intention en allant interroger Dieudonné avec Gil Mihaely ?

Elisabeth Lévy. Tout d’abord, il y a un principe qui vaut pour la justice comme pour le journaliste : quand on attaque quelqu’un, on lui donne la possibilité de répondre. Et j’avoue avoir du mal à comprendre qu’on nous le reproche. S’agissant du journalisme, ce principe peut souffrir des exceptions : si nous avions pensé donner du crédit à Dieudonné en l’interrogeant, nous aurions renoncé. Ceci étant, vous avez parlé de l’émotion – un peu surjouée à mon avis – suscitée par cet entretien. Admettons, mais notre premier devoir, c’est de comprendre, pas de nous laisser aller au confort de nos émotions. Toutes proportions gardées, que fait Claude Lanzmann quand il va interroger des nazis ou des tortionnaires polonais ? Il veut comprendre et nous faire comprendre. À l’inverse, on applique à Dieudonné la tactique qui a si bien réussi avec Jean-Marie Le Pen : on trépigne, on s’indigne, on s’émotionne et on ne cherche pas à comprendre. Moi, je veux comprendre. Et je veux parler aux spectateurs de Dieudonné. [access capability= »lire_inedits »]

Mais qu’y a-t-il à comprendre : Qu’il est antisémite ? Admettez que ce n’est pas un scoop !

Vous le saviez déjà, sans doute, et moi aussi. Mais tout d’abord, dans la Bible, il est indiqué que Dieu est descendu sur terre pour aller voir ce qui se passait à Sodome et Gomorrhe. Or, Dieu n’a pas besoin d’aller sur le terrain pour savoir ce qui se passe. Cela signifie qu’accuser est une chose tellement grave qu’il faut se faire une opinion par soi-même. Voilà pourquoi le Talmud enseigne que, dans un procès, on ne doit pas tenir compte d’un témoignage de deuxième main. Par ailleurs, il suffit de connaître des adolescents pour savoir que la jeunesse est massivement acquise à Dieudonné : « Mais non, il n’est pas antisémite, c’est de l’humour, du trash, il rigole de tout ! », disent ses défenseurs. Eh bien, la preuve est faite. Dieudonné parle au premier degré. Il ne pourra plus se réfugier derrière un prétendu humour, et ses admirateurs non plus.

En effet, à ceux qui disent que la séquence Dieudonné étant close, ce n’était pas la peine de la rouvrir pour faire un scoop, je réponds avec vous que le phénomène est d’une ampleur extraordinaire, notamment dans une jeunesse qui ne jure que par la liberté d’expression et qui sanctionne maintenant Manuel Valls. Je suis effarée par cette inconscience face à un phénomène que je crois assez profond et que la stratégie de Manuel Valls – qu’on l’approuve ou pas – n’a nullement enrayé. Ce n’est pas parce que Dieudonné n’apparaît pas à la télévision et qu’on ne l’interroge pas dans Le Monde qu’il a disparu ! Une partie de la population et, je le répète, de la jeunesse, est embarquée dans une sorte de sécession culturelle. Elle se défie de ce qu’elle appelle les « médias officiels ». Et que nous disent ces jeunes qui ne sont pas des marginaux ou des radicaux ? Que tout le monde tape sur Dieudonné et que personne n’a eu l’honnêteté de lui donner la parole. Eh bien, je pense que notre travail est plus utile, pour les déciller, que tous les sermons du monde.

Venons-en au contenu de l’entretien : Quand il vous dit qu’« Israël est le seul pays du monde où il y a des bus pour les noirs et pour les blancs », vous vous contentez de répondre : « On ne sait pas d’où vous tenez cette histoire d’autobus. »

Je suis flattée que cet entretien ait été lu avec un soin de talmudiste. Mais je vous rappelle que l’objectif n’était pas de montrer à quel point nous étions, nous, indignés par ses propos, mais de lui faire exposer clairement et calmement ce qu’il pense. Cela dit, je vais vous rassurer : durant la conversation, notre réaction a été bien plus vigoureuse !

Je trouve encore plus embêtant le passage où il est question de la « quenelle ». Là, on a l’impression qu’il vous balade. Vous lui demandez : « N’est-ce pas un salut nazi inversé ? » Et il répond : « C’est une calomnie inventée par Alain Jakubowicz. »

Mais enfin, c’était une interview, pas un dialogue ! Ce que nous lui avons répondu n’a en réalité aucune importance. Il faut prendre cet entretien pour ce qu’il est : un document édifiant, qui étaye l’analyse du phénomène à laquelle nous avons consacré 30 pages ! Que nos détracteurs ne se sont pas donné la peine de lire…[/access]

Comme un dimanche d’élection…

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municipales fn dimanche

Je fais le matamore révolutionnaire, comme ça, avec des rêves de Grand Soir et de prise du palais Brongniart[1. Oui, je sais, il n’y a plus de traders à pendre mais une révolution sans symbole c’est aussi déprimant qu’une jolie fille mal habillée.] mais en fait j’adore les élections. J’adore leurs rituels désuets qui n’ont pas bougé, ou presque, depuis les débuts de la Troisième République, si on excepte la période de Vichy où l’opposition, pour des raisons de prudence, a préféré s’exprimer depuis Londres avec un micro ou depuis les maquis avec une Sten. Par exemple, voter se fait encore avec des bulletins idoines, après avoir reçu dans votre boite aux lettres de multiples tracts et des professions de foi. Inutile de dire que ce doit être aujourd’hui, mais pour combien de temps encore, le dernier geste d’importance de notre vie que l’on n’accomplisse pas à l’aide de l’informatique, devant un écran glacé.

Les dimanches d’élections, les villes et les villages sont plus jolis parce qu’on y voit des gens. Et pas seulement le matin au marché ou à la messe, mais également l’après-midi quand ils se rendent en famille à leur bureau de vote, marchant au soleil dans une indolence postprandiale et néanmoins civique. D’ailleurs, les gens le dimanche eux aussi sont plus jolis, tout simplement parce qu’ils ne travaillent pas[2. Heureusement que la gauche est au pouvoir pour empêcher le travail le dimanche. Non, je plaisante…]. Il faut savoir en effet que le travail ne rend pas libre, il rend laid. La preuve, les gens dans les magazines péauple[3. Pronciation attestée par le ministre du redressement linguistique Arnaud Montebourg.] sont beaux parce qu’ils passent leur temps sur des plages de rêve à faire semblant d’être surpris par les paparazzi tandis que les travailleurs sont toujours fatigués et de mauvaise humeur justement parce qu’ils travaillent – ou sont complètement désespérés parce qu’ils ne travaillent plus pour des raisons indépendantes de leur volonté.

Et parmi les élections, les élections municipales sont les plus plaisantes parce que ce sont les plus intimes. Tout le monde connaît à peu près tout le monde dans une élection municipale, même dans les grandes villes. La preuve, il y a plus de 900 000 candidats, un électeur sur 49. Ce serait bien le diable s’il n’y en avait pas au moins un dans votre entourage. C’est d’autant plus dommage que certaines communes aient un mal fou à en trouver des candidats et que certains partis ont pris sur leur liste des centenaires, des malades d’Alzheimer et même, comme le FN à Enghien-les-Bains, une candidate morte. En même temps, les deux échelons fondateurs de la République, auxquels les Français sont les plus attachés, la commune et le département, sont comme par hasard ceux que l’on voudrait dissoudre dans des intercommunalités anonymes et des grandes régions taillées sur mesure pour complaire à Bruxelles.
Si votre civisme vous pousse à être président de bureau de vote ou assesseur, là aussi le charme opère. Vous connaitrez le plaisir de retourner à l’école et vous serez installés au milieu des dessins d’enfants et des frises chronologiques de l’histoire de France. Il y a plus pénible comme décor. Vous pourrez aussi vous apercevoir que vous avez grandi quand, pris par un besoin pressant, vous irez aux toilettes. Les urinoirs pour les Cours Préparatoires demandent une certaine souplesse, c’est certain.

Vous vous interrogerez sur le vote des gens qui passent devant vous en tendant l’enveloppe bleu gauloise, vous vous livrerez à un exercice qui oscille entre la sociologie sauvage et le délit de bonne ou sale gueule. Cette quadra élégante, à la blondeur patricienne, qui ressemble vaguement à Monica Vitti, vous adoreriez qu’elle vote Front de Gauche mais vous penchez plutôt pour l’UMP. Ce papa bouclé, l’air à la fois concerné et absent, qui porte son bébé sur le ventre, ça sent EELV. Et le jeune homme aux lunettes en écaille, avec un blazer bleu marine sur une chemise sans cravate, vous parieriez pour un membre des MJS.
Plus mélancolique, vous vous apercevrez des absences comme celle de ce vieux monsieur avec un béret qui vous avait confié, il y a déjà un bon paquet d’années, qu’il avait pour la première fois voté en 36, pour le Front Populaire. Et pour chasser le blues, vous vous lèverez pour aller écrire à la craie sur le tableau derrière vous le pourcentage de votants dans votre bureau à midi. En priant pour que l’abstention, cette maladie vénérienne de la démocratie, ne soit pas trop élevée.

Le soir, avec des copains, vous irez à votre mairie assister à la proclamation des résultats en direct. Puis ce sera la soirée électorale, devant la télé, avec des bières et des pizzas, comme pour un match de foot. Votre géographie intime se superposera à celle des experts électoraux. Vous vous demanderez si Cabestany près de Perpignan ou Drap près de Nice, deux villes où l’on vous avait invité si gentiment pour des rencontres autour du polar, seront toujours des îlots rouges dans des départements très droitiers, vous vous demanderez encore si les listes autogestionnaires d’une dizaine de communes du plateau des Millevaches, dont Tarnac, vont faire de jolis scores. Vous vous demanderez enfin si Brive ne passera pas à droite ou Hénin-Beaumont, à vingt kilomètres de chez vous à l’extrême droite.

Mais là, l’intime rejoindra le national, ce qui est peut-être, au fond, une définition possible de la démocratie.

 

*Photo : AP21210985_000001.

Paris aux Parisiens : la campagne néo-maurrassienne d’Anne Hidalgo

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De passage dans le Marais hier soir (ne me demandez pas ce que j’y faisais, je vous en pose, moi, des questions ?!), je tombe sur un meeting d’Anne Hidalgo rue des Blancs-Manteaux. Reconnaissons-le sans ambages, l’équipe de la candidate à la mairie de Paris n’avait pas lésiné sur les moyens : affiches photoshopées, tracts en tout genre , et même pin’s du PRG à l’effigie du fusilleur de grévistes Clemenceau.

Entré à pas de loup, je reconnais l’habituelle sociologie des réunions socialistes parisiennes où l’apparatchik à duffle-coat dispute la vedette aux sexagénaires grisonnants en doudoune Moncler. Pour la diversité sociale et ethnique, on repassera. D’ailleurs, la campagne des socialistes parisiens se résume à un argument massue : chassez cette parachutée que je ne saurais voir. « Nathalie Kosciuszko-Morizet de Longjumeau, comme l’appelle mon ami Ian Brossat », ose lancer à la tribune une Hidalgo transfigurée par ses chances de victoire. Eh oui, Brossat, l’élu communiste – rallié aux sociaux-libéraux au grand dam des ses partenaires mélenchonistes – a beau être de tous les combats sociétalistes, notamment en faveur des sans-papiers, il fustige l’Etrangère. Et Hidalgo, de toutes les croisades anti-collabos depuis sa fameuse sortie sur le Front national, d’achever le travail de sape : NKM et ses colistiers ne connaîtraient pas la géographie profonde des arrondissements parisiens, condition sine qua non pour briguer les vingt mairies et l’Hôtel de Ville.

En 2001, l’attaque avait porté à plein contre le Vosgien Philippe Séguin, qui avait égaré son gaullisme social dans les brumes de la Chiraquie. Mêmes causes, mêmes conséquences, doit-on penser du côté du staff Hidalgo qui, dès qu’elle peut, en remet une couche sur le thème « Paris aux Parisiens». À la décharge de l’impétrante socialiste, admettons que NKM a joué avec les investitures comme une gribouille, coincée entre les aspirations bobos de la majorité des Parisiens et la base conservatrice de l’Ouest parisien, qui abrite les bastions de l’UMP-75.

N’empêche, à force de souligner l’enracinement charnel de leurs candidats comme unique argument de campagne, Hidalgo et ses féaux me donnent des envies de pied-de-nez. De grâce, ne me transformez pas en antifa qui vote à droite !

Les tripes de Dieudonné

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humoriste polemique antisemite antisionniste affaire valls

Dieudonné est en couverture de Causeur. Je ne fais pas partie de la « meute », et suis sensible aux arguments développés par Élisabeth Lévy dans « L’Esprit de l’escalier ». Je considère néanmoins que cette couverture était une erreur. Pour trois raisons : C’est maladroit, c’est trop tard, et ça relance la polémique. Élisabeth Lévy est dans sa logique, que l’on peut comprendre. Elle est contre l’interdiction d’un spectacle, dit-elle, et elle n’est pas la seule. Claude Lanzmann, Robert Badinter, Alain Bauer, Pierre-Olivier Lesur, entre autres, ont la même position. D’ailleurs, les uns et les autres ont, dans le même temps, rendu hommage à Manuel Valls qui a eu le courage de donner un coup d’arrêt à une nébuleuse qui se propageait dangereusement et subrepticement. Car les menaces de troubles à l’ordre public étaient réelles. Fallait-il laisser s’installer ces troubles ? Je ne le crois pas. Pourquoi, alors, surexposer en couverture, après la bataille, un polémiste dont tout le monde avait désormais compris qu’il était un provocateur ? Sans dire, comme certains, qu’il y avait là une provocation de la part d’Élisabeth Lévy, je pense que c’était pour le moins inutile. Je fais partie de ceux qui ont apprécié le face-à-face organisé par notre consœur lors des dernières élections européennes[1. Que mon ami Shlomo Malka me permette de préciser que je n’avais pas organisé un face-à-face : j’avais été invitée par le site fluctuat.net à débattre avec Dieudonné au moment où il présentait sa liste « antisioniste » aux élections européennes.  Par ailleurs, je n’ai jamais dit que j’étais contre l’interdiction du spectacle, je reste partagée sur ce point.]. C’était direct, efficace, et bien mené. Cette fois-ci, pardon de le dire crûment, l’entretien était un peu raté.[access capability= »lire_inedits »]

À quoi bon demander pour la énième fois à son interlocuteur s’il est antisémite ou antisioniste ? On aurait aimé des questions plus factuelles : Pourquoi veut-il libérer Fofana ? Pourquoi juge-t-il qu’il n’y a aucune différence entre les juifs et les nazis ? Pourquoi ne paye-t-il pas ses dettes ? Pourquoi organise-t-il son insolvabilité ? Ces questions n’ont pas été posées. Ou en tout cas  il n’y a pas répondu. Il fut un temps, qui n’est pas très éloigné, où Dieudonné avait son rond de serviette dans pas mal d’émissions. On a cessé de l’inviter quand on s’est rendu compte qu’il ne faisait plus profession d’humoriste mais de ricaneur perpétuel et de tribun populiste, qu’il se lançait désormais dans des campagnes électorales, faisait des voyages en Iran, invitait des négationnistes à ses spectacles et promettait la chambre à gaz à des journalistes du service public. C’était il n’y a pas si longtemps. La mode pourrait revenir très vite, après tout.

L’intention d’Élisabeth Lévy n’est pas en cause. Elle affirme vouloir faire la démonstration, à l’usage d’un public qui ne voit dans ces spectacles que la dimension « J’emmerde le système », que, lorsqu’il intervient au premier degré, sans mise en scène, il est pitoyable. Dont acte. C’est vrai qu’il se dégage de cette interview une insondable bêtise.  Reste aussi que, désormais, c’est devenu tendance, on affiche des « unes » avec des titres alléchants du genre : « Dans la tête de Mohamed Merah », « Dans l’intimité de Heinrich Himmler », et maintenant : « Dans les tripes de Dieudonné »… On parle de la « banalité du mal ». Le mal n’est pas banal, en l’occurrence : il est affligeant d’imbécillité abyssale.

Et plus affligeant encore, le devoir de rire qu’on vous impose. À défaut de quoi, vous passez facilement pour un type bégueule, un affreux rabat-joie, un vilain sioniste qui ne comprend rien à l’humour, qui supporte qu’on se moque de tout le monde sauf de lui, qui n’accepte pas la dérision, etc. Ritournelle connue et reprise désormais à l’envie, jusque et y compris par notre consœur qui multiplie les circonvolutions pour échapper au reproche. Reproche absurde et procès stupide ! Si les juifs n’avaient pas d’humour, ça se saurait ![/access]

*Photo:Hannah

Arabe et Israélien, et fier de l’être

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israel palestine arabe

« Si vous regardez la TV palestinienne, télévision financée par L’Union Européenne, pas plus que 12 minutes, vous prenez un couteau et vous allez tuer des Juifs ! » Ainsi parlait Khaled Abou Toameh lors d’une réunion organisée par l’Institut américain Gatestone[1. Non partisan et sans but lucratif, l’institut Gatestone se définit comme un lieu de réflexion consacré à la politique internationale et à l’éducation du public à propos des sujets que les médias ne présentent pas ou mal : les institutions de la démocratie et de la primauté du droit, les droits de l’homme et la liberté.], jeudi dernier au Sénat. Khaled Abou Toameh, documentariste, journaliste au Jerusalem Post, après avoir officié au Wall Sreet Journal et au Sunday Times de Londres, est Arabe Israélien et vit à Jérusalem.

Pour ce quinquagénaire élégant, à l’humour féroce, les Etats-Unis et l’Europe ont la tête dans le sable et ne cessent de commettre des erreurs. La plus flagrante est de n’avoir jamais demandé de contreparties pour les sommes d’argent considérables versées aux dirigeants palestiniens. Tout d’abord, en les obligeant à faire cesser cette propagande meurtrière contre les Juifs, à l’école ou à la télévision. Ensuite, en exigeant des comptes, tout simplement. Cette négligence coupable remonte au temps d’Arafat dont personne ne peut nier aujourd’hui qu’il fut, avec l’aide de sa femme, un escroc. Khaled Abou Toameh a travaillé pour lui pendant sept ans, il le connaissait bien et découvrir sa malhonnêteté ne fut pas un choc. Mais le chef de l’OLP était un prix Nobel ! « Comment douter de sa droiture ? », ironise le journaliste.

Le peuple palestinien n’a goûté aucun fruit de cette abondance financière. C’est une des raisons pour lesquelles il s’est détourné du processus de paix. Mieux valait écouter les sirènes du Hamas, qui comme la petite bête est monté, monté en éjectant un à un les gens de l’OLP, jusqu’à gagner les élections. Les USA et l’UE n’en ont pas moins continué leurs erreurs.  Laisser croire que le chemin vers la paix est une histoire d’implantations et de check points est faux. Ils refusent d’entendre que c’est l’existence même de l’Etat d’Israel qui est en jeu chez les dirigeants palestiniens et dans la majorité du monde arabe. « Je ne peux pas aller à Ramallah et organiser une réunion pour la paix », avoue Khaled Abou Toameh.

Le peuple est shooté à la haine du juif. Le juif c’est le diable. Les médias arabes et étrangers enfoncent le clou : si je propose un sujet sur les exactions du Hamas, ça n’intéresse personne, contrairement au moindre méfait de la part d’Israël.  Comment croire à une paix future si on ne prépare pas les populations à cette paix ? Mais laquelle? Quid du processus? Le processus actuel est tronqué. Les mêmes fautes du passé recommencent. Mahmoud Abbas, comme Arafat en 2000, prétend vouloir faire la paix mais en être empêché. Comme s’il pouvait parler au nom des Palestiniens ! Il n’en a pas la légitimité. S’il signe avec les Israéliens, il ne pourra même pas mettre les pieds à Gaza, tant il est pris pour un modéré. Il a les pieds et mains liés et  joue de sa faiblesse, surtout quand il rencontre Obama. Khaled Abou Toameh est inquiet : Si les Etats-Unis forcent Israël à lâcher des concessions, ces bouts de terre reviendront directement au Hamas. Aujourd’hui, le vrai problème ce n’est pas Mahmoud Abbas, mais c’est qu’aucun leader arabe n’a de mandat pour négocier avec Israël. Khaled Abou Toameh se dit en faveur de deux Etats, même s’il pense que ça ne peut pas marcher. Avec un humour déconcertant il ajoute : en fait, les deux Etats, on les a : Gaza et la Cisjordanie. D’un côté, une situation impensable gérée par un islamisme radical, qui menace gravement le Sinaï et l’Egypte. De l’autre un mini Etat OLP financé par l’UE et les USA où l’OLP reste au pouvoir tant que la présence israélienne demeure. Même si l’OLP est obligée de tenir un discours contre les Juifs, ils savent que c’est eux qui parviennent encore à séparer Gaza et la Cisjordanie qui se font la guerre.

Quand Toameh parle de la démocratie en Israël, il raille les discours sur le soi-disant Apartheid dont on accuse l’Etat hébreu : « L’Apartheid existe bien, mais elle est dans les pays Arabes. Qui voudrait quitter Israël pour aller vivre dans ces pays ? Personne. »

À écouter ce journaliste arabe israélien, on se demande combien ils sont comme lui à ne pas réussir à se faire entendre. Ne crient-ils pas assez fort ? Ou bien les idéologues antisionistes/antisémites choisissent-ils de rester sourds ?

L’homme parcourt le monde : Des campus universitaires américains, aux médias français, il constate une haine grandissante. « Aussi, nous ne devrons pas être surpris que la prochaine génération de djihadistes soit issue non de la bande de Gaza, des montagnes ou des mosquées du Pakistan et de l’Afghanistan, mais de ces campus universitaires américains », prévient-il.

« Un homme, ça s’autorise », aurait aussi pu dire Camus. C’est ce que fait Khaled Abou Toameh avec un courage remarquable.

*Photo : YAGHOBZADEH RAFAEL/SIPA. 00646820_000005

Municipales : y’en a marre !

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Ah, ça y est ! Les affiches électorales sont partout : voici venu le temps des graffitis spirituels ou orduriers, des fausses moustaches, des cornes ajoutées ça et là sur le front des candidats ; et ce qui élève l’homme bien haut dans le règne animal… la guerre nocturne des militants qui arrachent les affiches ennemies, dans l’espoir vibrant d’un grand soir – ou d’un petit matin municipal. Soyons forts.

Amour. C’est important l’amour. C’est si important que Flaubert et Julio Iglesias en ont mis plein leurs chansons. Dans le choc électoral titanesque qui oppose Nathalie Kosciusko-Morizet à Anne Hidalgo, à Paris, la question de l’amour est venue pimenter le débat. Lors d’un grand meeting de soutien à la candidate socialiste l’actuel édile Delanoë a cru bon de déclarer : « Avec Anne Hidalgo, Paris restera la capitale de l’amour »… Entendez en creux, bien entendu, qu’avec la candidate Ump le capitale deviendrait la capitale de la haine. Causeur peut vous dévoiler les projets secrets de NKM : construire une usine AZF sur le Champ de Mars, non, plutôt une centrale nucléaire, transformer les Pierrots-de-la-Nuit© en milice armée et interdire les baisers amoureux sur les bancs publics. Dur.

Chanson (1).  En France, tout commence toujours et se finit par une chanson. Cela s’est encore confirmé à l’occasion de la campagne de l’inamovible Patrick Balkany à Levallois-Perret. Ce colossal monument de délicatesse – qui est devenu la risée de la France entière il y a quelques semaines en confisquant (sans penser à l’éteindre…) la caméra d’une journaliste de BFM TV – a inspiré à ses supporters une insupportable chanson de campagne dithyrambique et involontairement bouffonne, dont la musique est reprise d’une chanson de Jean-Jacques Goldman. Le calvaire dure près de six minutes. Le texte dit « Une histoire qui recommence, un sourire quand on y pense. On est là tous ensemble, tous à la permanence, pour une nouvelle échéance » (rires enregistrés) « Levallois, c’est ta vision, une vie de passion et d’ambition »… Objectivement il est impossible de supporter plus d’une minute de cette soupe. Jean-Jacques Goldman s’est lui-même ému de cette récupération sauvage de l’une de ses chansons en « hymne » à la gloire de Balkany. Il a exigé le retrait de la chanson des différentes plateformes vidéo. Quel dommage…

Chanson (2). Comme l’a dit un célèbre philosophe d’opérette connu sous le nom de Luis Mariano dans une célèbre chanson : « La Belle de Cadix a des yeux de velours / La Belle de Cadix vous invite à l’amour ». Pour montrer qu’elle n’a rien d’une sinistre quinquagénaire, ancienne inspectrice du travail, la candidate socialiste de Cadix en fait des tonnes dans la presse… Ainsi, récemment, répondant à la question angoissée d’un lecteur du Parisien qui souhaitait savoir si la candidate socialiste aimait faire la fête, Anne Hidalgo a claironné : « Je suis andalouse, et les Andalouses ne sont pas ennuyeuses ! ». C’est toi qui le dis ! C’est surtout la fête des stéréotypes… Dans un clip de campagne en sa faveur l’indispensable comédien Charles Berling explique pourquoi il soutient la Belle de Cadix : « parce qu’elle est jolie ». Ouf, heureusement que le bellâtre ne s’est pas intéressé à son programme…

Déprime. Je connais peu de sujets qui dépriment autant les journalistes de la presse régionale que l’ouverture de la chasse et la campagne pour les élections municipales. En quoi consiste un article de presse sur les municipales ? En général il s’agit d’un papier qui évoque une liste (qui s’appellera toujours de la même manière, du genre… « Oser Boussac » ou « Vivre ensemble à Villefranche-sur-Mer »), et qui est accompagné d’une photo de groupe terriblement glamour (-> voir aussi l’entrée Police de la mode). Dans ce type d’articles il faut évidemment évoquer le programme de cette liste (qui consiste en général à améliorer la voierie et développer le rayonnement culturel de la commune en donnant une dynamique nouvelle à la Fête annuelle du pâté aux pommes de terre). S’il s’agit de la liste du maire sortant il faut faire en sorte que l’édile se félicite du travail accompli, et s’engage à poursuivre dans cette voie. S’il s’agit d’une liste d’opposition, il convient d’inclure dans l’article quelques vacheries sur l’équipe sortante (qui « n’a pas été à la hauteur des enjeux » par exemple, ou encore « qui n’a pas géré les comptes en bon père de famille »). Non, je vous assure, les journalistes de la presse régionale commencent à en avoir marre…

Élitisme. La campagne des élections municipales permet – à l’instar de certaines émissions de téléréalité – à des stars un peu décaties de revenir sur le devant de la scène. Starlettes oubliées, miss météo, animateurs ringards… Signalons d’abord que Cindy l’ex-candidate particulièrement bien pulmonée de « Secret Story » est en quatrième position sur une liste divers-droite à Villeneuve-le-Roi (Val de Marne). Celle qui est aussi passée par les émissions littéraires « Carré Vip » et « Les Anges de la Téléréalité » explique au Parisien : « Je n’ai pas du tout envie de continuer en politique, seulement que là où je vis il fasse meilleur-vivre (sic) ». Comprenne qui pourra.

Lagaf’, l’animateur de télévision boum-boum-tsoin-tsoin connu par son immortelle chanson La zoubida, est quant à lui candidat à Cavalaire dans le Var. Il figure sur la liste de  Philippe Leonelli, sous la bannière «Vivre Ensemble». L’arrêt d’une compétition de scooter des mers aurait motivé son revirement. Ca fait peu.

L’alsacienne Delphine Wespiser, miss France 2012, a accepté de figurer sur la liste du maire sortant de son village natal Magstatt-le-Bas, Lucien Bronner. Faisons le pari que sa beauté  rougeoyante attirera les foules de villageois aux séances du ConSous le soleilseil Municipal. Mais voilà une candidature qui n’est pas sans rappeler celle – de sinistre mémoire – d’Elodie Gossuin, Miss France 2001, qui défend toujours les couleurs de la droite en Picardie. Madame de Fontenay va finir par manger son chapeau.

Il faut ajouter à cela l’ancien footeux David Ginola qui s’est lancé dans la bataille des municipales en se présentant dans la ville balnéaire de Sainte-Maxime (Var) ; et Pape Diouf – ancien patron de l’Olympique de Marseille – que l’on retrouve à la tête d’une liste à Marseille. J’ajoute la très crispante Adeline Blondieau, ex-de Johnny Hallyday qui a connu son heure de gloire dans la série , durant les heures les plus sombres de la télévision française. Elle figure sur la liste UMP à Colombes (Hauts-de-Seine).

On voit bien, par là, que c’est vraiment l’élection de tous les dangers…

Frites. La frite ne vient pas d’un arbre à frites, comme le pensent une majorité d’enfants citadins décérébrés, mais de la pomme de terre. Selon les historiens français son origine est française. Selon les historiens belges son origine est belge. On la désigne de différentes manières en fonction de la taille du bâtonnet : « bûches » : section carrée de 2 cm ; « Pont-neuf » : section carrée de 1 cm ; « allumettes » : section de 0,5 cm, etc, etc. En général les frites vivent en bancs serrés à côté des moules ou du poulet. C’est pour ces différentes raisons que la candidate de la liste Parti de gauche-MRC à la mairie du XIVe arrondissement de Paris, Leila Chaibi, a choisi de faire sa campagne dans une… baraque à frites. L’AFP est allée constater les dégâts : « A l’heure de la sortie des collèges, de nombreux adolescents se pressent autour du camion, les doigts pleins de mayonnaise. Les frites sont distribuées les mercredi, samedi et dimanche. ‘Passez le tract à vos parents’, leur conseille Leila Chaibi » Devant le succès de cette opération de nombreux autres candidats du Parti de Gauche voudraient aussi se lancer dans la frite. Pour l’heure Leila Chaibi refuse de louer ou prêter son camion à frites. Nous avions la Gauche caviar, la Droite tête de veau… il faudra faire avec l’extrême gauche friture.
Kafka. J’ai appris – dans un passionnant papier du Figaro – que certaines communes du nord-est de la France, totalement rasée durant la première guerre mondiale, sans habitants ni bâtiments, avaient toujours des maires. Exemple avec le maire du « village détruit de Fleury-devant-Douaumont ». Il n’aura pas à affronter les électeurs pour être reconduit. Il est l’édile d’un village mort. Jean-Pierre Laparra explique que sa réélection dépend du Préfet : « Pour être reconduit dans nos fonctions, nous devons justifier de l’activités, des travaux effectués sur notre commune et de l’utilisation du budget ». Il y a cinq « maires » de ce type en France. Une façon de se souvenir des victimes de la grande guerre. À la fois beau et totalement kafkaïen. Les activités humaines sont fascinantes…

Moto. Parfois la pression sur un édile est trop forte, et – allant contre sa nature profonde de prédateur assoiffé de pouvoir – il décide de ne pas se représenter devant les électeurs. Oui, cela arrive, certains maires préfèrent jeter l’éponge, raccrocher les gants, limiter la casse. Un exemple nous est fourni dans une fascinante commune de Seine Saint Denis peuplée de bobos, de retraités de l’éducation nationale et de quelques prolétaires quand même : Montreuil. L’écologiste Dominique Voynet – après un mandat à la tête de la mairie – a décidé de prendre du temps pour elle. Dans un portrait que lui consacré le quotidien Ouest-France (elle s’est achetée une maison sur l’île de Groix « en cachette de son compagnon »), elle déclare : « je vais passer mon permis moto », pour « fumer le bitume ». Pas très écolo. L’étape suivante ? Le démon de midi ? La France a peur.

Police (de la mode). La commune de Brie, en Charente, a cette particularité d’être pleine de maisons, de rues et d’habitants. Une église et un monument aux morts sont aussi à signaler. Les élections municipales ont donné lieu, dans ce gros bourg, a un psychodrame d’ampleur internationale… La préfecture a demandé que la photo de groupe de la liste « Vivre ensemble à Brie » – destinée à figurer sur la profession de foi – soit refaite au motif que les couleurs des vêtements de trois colistières rappelleraient trop un symbole républicain, le drapeau tricolore. Après un long temps d’observation on entraperçoit en effet une petite dame avec un pull rouge, à côté d’une autre dame en pull bleue, à côté elle-même d’une colistière vêtue d’un imperméable blanc. La photo, publiée par Sud-Ouest, n’a rien de scandaleux. Elle est plutôt très ennuyeuse, comme la plupart des photos électorales… En réponse aux injonctions préfectorales la petite équipe s’est adonnée aux joies de Photoshop…  Le bleu est devenu mauve et le rouge prune. « La prochaine fois, on posera nu et on en profitera pour éditer un calendrier », menace Michel Buisson – tête de liste – dans les colonnes de Sud-Ouest. Dans les mêmes pages un colistier ironise : « Je ne crois pas que cette photo puisse mettre la démocratie en péril, d’autant qu’il n’y a qu’une seule liste déclarée à Brie »… Cela fait plaisir que l’argent public soit ainsi dilapidé dans cette nouvelle tâche régalienne en diable… la police de la mode !

Retour (éternel). J’allais en paix. Je ne faisais de mal à personne. Pour être précis je sortais – rieur et débonnaire comme toujours – d’un disquaire avec quelques vinyles rares de François de Roubaix sous le bras quand soudain je suis tombé nez à nez avec l’affiche de campagne d’un certain… « Dominique Tibéri » dans le V ème arrondissement. Les traits de l’individu me rappelaient quelqu’un, et son patronyme me disait quelque chose. Mais quoi ?! Qui ?! On dirait un peu le fils de l’actuel maire du Vème, Jean Tibéri… Non, quand même pas… ? Si ? Sortez les électeurs morts !

Star of the stars. (*Quizz*) Qui a déclaré en meeting ?

« Etre maire de Paris, c’est aimer les concierges et les stars, parce que les concierges sont les stars de notre quotidien ! »

a)      Linda de Suza

b)      Anne Hidalgo

c)      Jean Tibéri

d)     Dominique Tibéri

e)      Kamoulox

Zut. Avez-vous bien vérifié ? N’êtes-vous pas sur une liste du Front national sans le savoir ?! Ca arrive plus souvent qu’on ne le croit… A force de devoir virer les candidats néonazis, ayant posé devant la croix gammée, ou fans de Mein Kampf ils se retrouvent à devoir présenter régulièrement aux municipales des analphabètes, des Alzheimer, des vieillards affectés de toutes sortes de maux, des simplets, des idiots du village, d’anciens communistes, des jeunes désorientés… Ou tout simplement des gens qui n’ont rien demandé. Le phénomène devient récurrent. Méfiez-vous. Avez-vous bien vérifié ?

*Photo : MATHIEU PATTIER/SIPA. 00678936_000003.

Candeloro et Monfort : un mauvais procès

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candeloro monfort sotchi sexisme

« Ah la la la la, je crois qu’il a pris le ballon dans les bijoux de famille, mon cher Jean-Michel ». « Ouh, oui, Thierry, nous ne voudrions pas être à sa place ». « Aaaah, il se relève, plus de peur que de mal, on peut rassurer son épouse ».

On ne sait si cet échange, cent fois renouvelé par les célèbres Thierry Roland et Jean-Michel Larqué ferait aujourd’hui l’objet d’une mise en garde du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. C’est vrai, quoi, laisser croire qu’une épouse serait fortement inquiète de l’état des organes reproducteurs de son mari, n’est-ce pas sexiste ? Réduire un être humain masculin à sa seule fonction reproductrice, c’est faire preuve d’une misandrie évidente.

Pourquoi cette interrogation ? Parce que le CSA vient d’adresser une ferme mise en garde à France Télévisions pour des propos tenus par Nelson Monfort et Philippe Candeloro qui commentaient les compétitions de patinage artistique des Jeux Olympiques de Sotchi. Le CSA estime « que les propos tenus par ces commentateurs, par leur teneur et leur caractère graveleux portant en particulier sur l’aspect physique de sportives, étaient extrêmement déplacés et que certains d’entre eux étaient même de nature à refléter des préjugés sexistes. ». Que certains commentaires de la part du sémillant Candeloro puissent être estimés graveleux, nous n’en disconviendrons pas. Evoquer ainsi le postérieur et la poitrine de ces dames a davantage sa place aux « Grosses Têtes » de RTL que dans le commentaire sportif. Naguère, alors que Philippe Candeloro ne commentait pas à ses côtés, Monfort savait très bien parler de la plastique avantageuse des patineuses sans forcément tomber dans le graveleux. Mais en quoi évoquer le physique des sportives -dans une compétition où la grâce et l’élégance entrent évidemment en ligne de compte dans le vote des juges- serait « de nature à refléter des préjugés sexistes » ? C’est là que nous rentrons de plain-pied dans ce foutu XXIe siècle où même le Président des Etats-Unis est sommé de s’excuser pour avoir complimenté une dame sur son allure avantageuse. Aujourd’hui, il est donc devenu suspect de dire à une femme -ou d’une femme- qu’elle est désirable. Au pire, cela peut être considéré comme du harcèlement sexuel, au mieux pour de la misogynie et du sexisme. Comme si complimenter ainsi une dame induirait forcément qu’on la réduit aux atouts de ses atours, oubliant qu’elle est aussi un être doté d’un cerveau potentiellement aussi rempli que le nôtre…

On me rétorquera que ce genre de commentaires est réservé aux femmes. Mon œil ! Il suffit de rappeler ce qu’on dit d’Obama, « vachement bien gaulé », les sondages sur les ministres masculins que les françaises aimeraient avoir dans leur lit, ou encore le sort réservé à Laurent Delahousse, journaliste réduit à sa plastique avantageuse aussi bien sur Twitter que dans les sketches de Nicolas Canteloup. Le procès en sexisme intenté à Candeloro et Monfort est donc totalement infondé. La seule chose qu’on puisse leur reprocher, en tant que commentateurs sur les chaînes du service public, serait de manquer de subtilité. Au passage, s’il n’y a plus de blagues lourdaudes, comment les dames apprécieront les évocations subtiles et poétiques ? En tout cas, s’il veut chasser le lourdingue, le CSA va avoir du boulot, et pas seulement dans le commentaire sportif. Avec une échelle des peines cohérente, Jean-Marie Bigard devrait être déféré d’urgence au Tribunal Pénal International pour avoir commis le célèbre « lâcher de salopes ».

Cette mise en garde du CSA est un des symptômes d’un monde médiatique où il est devenu un sport national de demander la tête d’un confrère. En plus de voir du sexisme là où il n’y a que blague potache ou lourdaude, certains petits procureurs au petit pied, souvent aigris, se sont fait une spécialité d’en appeler chaque jour ou presque au CSA, une fois contre Taddéï, une autre contre les réacs censés surpeupler l’espace médiatique, traquant ici et là le « dérapage ». On a beaucoup de mal à s’y habituer mais c’est bel et bien dans ce monde que nous vivons aujourd’hui.

*Photo : REVELLI-BEAUMONT/SIPA. 00671757_000039.

Ukraine : ce qu’on vous cache à la télé, c’est chez Olivier Berruyer

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Les amateurs de bonnes choses savaient déjà que l’économiste Olivier Berruyer s’était fait une spécialité de la déconstruction des euromythes du moment. Son site les-crises.fr est un enchantement permanent pour internaute critique, nous déconseillons donc formellement sa fréquentation à Jean Quatremer, Laurence Parisot ou Pascal Lamy.

Le truc de Berruyer, ou disons-le plus clairement, le truc qu’il a et que je n’ai pas, c’est qu’il est une sorte de dinamitero archiviste. Là où j’ai trop souvent tendance à vouloir régler le débat à la kalach argumentaire, Berruyer, lui, sort son petit sourire, ses fiches, et ses photos. Une méthode redoutable qu’il a décidé de ne plus appliquer seulement aux questions stricto sensu économiques, mais aussi à la grande question du moment : l’Ukraine.

Voilà ce que ça donnait par exemple lundi dernier sur la chaîne économique BFM-Business dans le débat matinal animé par Nicolas Doze, qu’on félicitera chaudement au passage, car il est un ultralibéral conséquent : il invite régulièrement des experts avec lesquels il est en ultra-désaccord.

Des photos comme celles du leader de Svoboda, on en trouve des dizaines sur le site, à la rubrique Ukraine : on a oublié de vous montrer…

ashton svoboda ukraine

Outre ces bien belles photos, on trouvera des dizaines de docs dont on ne sait si on doit les juger accablants ou amusants, à l’instar de cette résolution adoptée à Strasbourg le 13 décembre 2012 où le Parlement Européen «s’inquiète de la montée du sentiment nationaliste en Ukraine, qui s’est traduit par le soutien apporté au parti « Svoboda », lequel se trouve ainsi être l’un des deux nouveaux partis à faire son entrée à la Verkhovna Rada (NB : le Parlement ukrainien) ; rappelle que les opinions racistes, antisémites et xénophobes sont contraires aux valeurs et principes fondamentaux de l’Union européenne et, par conséquent, invite les partis démocratiques siégeant à la Verkhovna Rada à ne pas s’associer avec ce parti, ni à approuver ou former de coalition avec ce dernier. »

Documenté, qu’on vous dit…

ABCD de l’égalité : La France va-t-elle changer de genre ?

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« Rumeur », « paranoïa », « hystérie ». « La théorie du genre n’existe pas », c’est Vincent Peillon qui le dit. Fermez le ban ! La guerre du genre n’a pas eu lieu, sinon dans quelques cerveaux fascistoïdes. Il est vrai qu’entre les affabulations des uns et les dénégations des autres, je me suis demandé si je n’avais pas aussi pris des vagins pour des lanternes et, finalement, exagéré une initiative gouvernementale somme toute bien raisonnable. N’en déplaise à Vincent Peillon, la théorie du genre existe bel et bien. Mais ce qui est à l’œuvre, c’est plutôt l’idéologie du genre que l’on définira comme la promotion délibérée de l’indifférenciation sexuelle – toute différence sexuelle étant considérée comme une discrimination socialement organisée. Depuis l’arrivée de Najat Vallaud-Belkacem au ministère des Droits des femmes, cette idéologie a gagné les plus hautes sphères. Les revendications du lobby LGBT et de syndicats d’enseignants – notamment le très avant-gardiste SNUIPP- FSU, majoritaire, dont les rapports fournissent la majorité des « livres recommandés » qui ont hystérisé le débat – sont devenues l’objet d’une planification d’État.

On ne s’attardera pas sur le premier front, qui n’est peut-être pas le plus dangereux mais assurément le plus énervant : celui du langage, qu’il faut expurger de ses structures sexistes, reliquats fascistes de l’hétéro-patriarcat. La novlangue bêtasse des combattant(e)s de la grammaire est désormais omniprésente dans les documents officiels : « Restez informé-e ! » lit-on par exemple sur le site de la ministre, qui cautionne ainsi la défiguration de notre langue.[access capability= »lire_inedits »]

Mais l’enjeu de la mère de toutes les batailles, ce sont les jeunes cerveaux. La stratégie a été énoncée par le ministre lui-même : « Le gouvernement s’est engagé à “s’appuyer sur la jeunesse, pour changer les mentalités”, notamment par le biais d’une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles », écrivait-il en janvier 2013 dans une lettre aux rectrices-et-recteurs (on appréciera les guillemets). En mai 2013, cette feuille de route est développée dans un « Programme d’actions gouvernementales contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ». Pour changer la société, il faut changer les enfants.

Cependant, on ne renonce pas complètement à rééduquer les parents. En janvier 2014, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective publie à son tour un rapport inti- tulé « lutter contre les stéréotypes de genre » (qui deviendra « lutter contre les stéréotypes garçons-filles » après la polémique), où le mot « genre » est utilisé à pas moins de 300 reprises. Il préconise notamment le « rééquilibrage du partage du care (sic) entre hommes et femmes dans la sphère familiale » et la « montée en mixité des métiers de la petite enfance ». Traduction : promouvoir les nounous barbues et les papas-pampers pour lutter efficacement contre les inégalités hommes-femmes, oups, pardon, « femmes-hommes », selon la terminologie officielle.

Quant aux fameux ABCD de l’égalité, ils sont lancés officiellement fin janvier 2014, même si l’« expérimentation » avait commencé à la rentrée dans 600 classes réparties dans 10 académies. Sur le site du Centre national de documentation pédagogique, on peut avoir accès aux délicieux outils pédagogiques mis à disposition des enseignants, censés « donner tous les moyens de déconstruire, par le savoir, les préjugés qui s’opposent à l’égalité véritable ». On y trouve, pêle-mêle : une fiche technique redéfinissant les règles du gendarme et du voleur dans le sens d’une égalité réelle avec interdiction d’éliminer les perdants, la description de la « danse scolaire du Petit Chaperon Rouge » où il faut inciter les filles à se déguiser en loups et les garçons en chaperons, la déconstruction du stéréotype de la princesse dans les contes de fées, et la présentation du malheureux Louis XIV en drag-queen puisqu’il portait des talons et des rubans. Sans oublier cette tautologie érigée en règle de vie pour les adolescents : « Soyez comme vous êtes ». Dans le néomonde, l’école n’est même plus vouée à l’apprentissage de l’autre (ne parlons pas de transmission du savoir), mais doit être un terrain d’épanouissement illimité du moi, le lieu de l’être, dans toutes ses formes également encouragées.

On ne sait plus si on doit rire ou pleurer face à l’intrusion de la bêtise pédago-bureaucratique dans les jeux d’enfants. Certes, il n’y a rien de « totalitaire » à apprendre aux petites filles qu’elles ne devraient pas avoir pour seul rêve de devenir princesses, et aux petits garçons que jouer au foot ne fait pas de vous un homme. À ce titre, les pancartes de la Manif pour tous du 2 février qui affichaient une petite princesse et un petit Zorro sous le titre « Touche pas à mes stéréotypes ! » sont aussi niaises que contre-productives. Il est aussi idiot de se glorifier des stéréotypes que dangereux de vouloir les abolir, ceux-ci existant pour être dépassés, contredits, subvertis. La planification rationnelle et méthodique, par le haut, de leur destruction n’en est pas moins inquiétante.

En réalité, dans cette affaire, tout le monde prend l’insignifiant pour le signifié ou, à l’inverse, le significatif pour le dérisoire.

Il est vrai que l’on ignore combien de professeurs utilisent des ouvrages et autre matériels pédagogiques qui ne figurent pas dans les programmes officiels mais dans des recommandations formulées par les syndicats ou des associations plus ou moins mandatées par l’État – dans quelles conditions, on aimerait le savoir.

Difficile aussi, de connaître l’impact réel du lobbying intense de ces associations, impact qui dépend du niveau de militantisme des enseignants. Or, à l’évidence, beaucoup suivent. Un professeur de biologie, catholique esseulé au milieu de ses collègues soixante-huitards, me confie « le pire, c’est que ça marche ! Pour la première fois cette année en cours de bio sur la reproduction, alors que je parlais des effets de la puberté sur l’attirance pour le sexe opposé, un élève m’a demandé : « pourquoi “sexe opposé” ? »

On ne dira pas que la bataille du genre a été menée intelligemment. À cet égard l’intervention de Jean-François Copé sur le livre Tous à Poil – ainsi érigé en pain au chocolat du genre – a été franchement grand-guignolesque. De peur d’être frappé de l’anathème « homophobe », le président de l’UMP s’est bien gardé de s’en prendre aux nombreux livres faisant la promotion de l’homoparentalité (Tango a deux papas) ou de l’indifférenciation (Papa porte une robe), pour dénoncer un livre, certes désolant, mais jusque-là confidentiel, qui met en évidence l’altérité irréductible de l’entre-jambes. Résultat : Tous à Poil a trouvé la place qu’il mérite dans le top 3 d’Amazon, entre Cinquante nuances de Grey et La femme parfaite est une connasse, deux chefs-d’œuvre de vulgarité.

N’empêche, en mêlant de pures inventions à des fragments de vérité, les opposants ont remporté une victoire sémantique et idéologique : sémantique, en imposant le terme dans le débat, idéologique en obligeant Peillon et Vallaud-Belkacem à cacher leurs intentions véritables. L’embarras a changé de camp. Il ne reste plus que quelques féministes agitées pour défendre fièrement la cause : « Il y a une bataille culturelle, idéologique, philosophique à mener sur l’égalité de genre. C’est normal que ça résiste, on est en train de changer la société ! », a ainsi avoué candidement Caroline de Haas, ancienne présidente de Osez le féminisme, alors que les ministres suaient sang et eau, de démentis en reniements, pour noyer le poisson.

Cette opposition souvent caricaturale a même réussi à faire reculer nos gouvernants, comme en témoigne une micro-anecdote concernant la ligne Azur. Ce site internet intégralement financé par l’État et autorisé à communiquer dans les collèges et lycées se présente comme « un dispositif de soutien et d’information pour toute personne qui se pose des questions sur son orientation sexuelle et/ ou son identité de genre ». Sa méthode pour lutter contre l’homo-lesbo-bi-trans-phobie, c’est la « sensibilisation aux questions de genre ». On y trouve, entre autres merveilles, un ABCD allant d’« Androgyne » à « Sexe social » en passant par « Pansexualité », et des affiches représentant une roulette sous le slogan « Homo-bi-hétéro : qui suis-je ? » suggérant que l’orientation sexuelle est aussi aléatoire que le casino. Rassurez-vous, on ne sait pas qui est vainqueur(e), sans préciser bien sûr qui gagne.

En pleine polémique, et alors que le site avait été attaqué à plusieurs reprises suite aux déclarations de Zemmour[1. Qui s’était indigné de l’existence du site sur I-télé.], un changement microscopique mais significatif y est intervenu. Au chapitre « identité de genre » définie comme « le sentiment d’être homme ou femme », on pouvait lire cette phrase : « Pour certains, le sexe biologique coïncide avec ce ressenti. » Désormais, il est affirmé que « très souvent, le sexe biologique coïncide avec ce ressenti. » Deux mots qui résument la défaite idéologique, certes mineure mais tout de même, des promoteurs de l’indifférenciation. Certes, il n’est pas question de reconnaître la différence sexuelle comme une norme, mais on admet qu’elle correspond à la façon dont la majorité des gens se définit (qu’ils soient homos ou hétéros). Que Béatrice Bourges, Civitas et Farida Belghoul se le tiennent pour dit, on ne reviendra pas à l’idée que le sexe biologique coïncide « toujours » avec le « ressenti ». Mais « très souvent », c’est déjà une victoire du bon sens.[/access]

*Photo: BERNARD BISSON/JDD/SIPA.00678350_000018.

Chasse au sexisme à la télé : Il va y avoir du sport…

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Daniel Bilalian est un chic type. Dans « On refait le Monde », l’émission de RTL où nous nous croisons régulièrement, le chef du service des sports de France 2 appartient à la catégorie « bons camarades ». Il a dû subir pas mal de pressions pour désavouer Nelson Montfort et Philippe Candeloro, pointés du doigt pour leurs commentaires jugés sexistes lors des JO d’hiver de Sotchi. Bilalian a tenu bon, à la grande fureur du CSA qui s’est fendu lundi d’une mise en garde à la chaîne publique. Une mise en garde, les dirigeants de France 2 doivent trembler, à peu près autant qu’un ado à qui un juge inflige un rappel à la loi parce qu’il s’est fait pincer à voler un DVD ou fumer un joint. Le mal-nommé gendarme du PAF est colère : il estime que « les propos tenus par ces commentateurs, par leur teneur et leur caractère graveleux portant en particulier sur l’aspect physique de sportives, étaient extrêmement déplacés et que certains d’entre eux étaient même de nature à refléter des préjugés sexistes ». Et pour faire bonne mesure, le CSA « regrette vivement que la direction responsable des sports s’en soit tenue à une attitude de dénégation ». On admettra que les commentaires de Candeloro n’étaient pas des plus distingués. Sa fameuse sortie sur l’anaconda qui serait bien allé embêter une Cléopâtre canadienne était même un brin salon du camion. Mais enfin, il n’y a pas eu mort d’homme, ni de femme, et à l’évidence, un peu de grivoiserie n’a pas nui à l’audience, comme l’a laissé entendre Bilalian en assurant qu’il conservait toute sa confiance à son chroniqueur.

En tout cas, en couvrant ses subordonnés, Bilalian se comporte en chef. Pas comme une certaine Christiane Taubira qui prétend nous faire avaler – et qui y parvient avec un certain nombre de confrères d’ailleurs – que sa directrice de cabinet ne l’avait pas informée des écoutes de Sarkozy pendant 12 jours. La bonne blague. Mais je m’égare.
En revanche Bilalian charrie grave quand, pour dédouaner ses commentateurs, il attaque l’émission de M6 les Reines du shopping. Invité de la Médiasphère, émission médias de LCI, il a fait cette sortie : « Quand je vois une émission sur le shopping où on voit des jeunes femmes qui ont l’air d’avoir un pois chiche à la place du cerveau, en train de déambuler dans les rues, je pense que c’est largement aussi sexiste qu’une réflexion comme celle de Candeloro. Même plus.»

Non, cher Daniel Bilalian, des filles s’adonnant avec gourmandise à la fièvre acheteuse, ce n’est pas une représentation sexiste, c’est la réalité comme on l’aime. Eh oui, d’après un sondage de mon cru, 93 % des femmes peuvent avoir des gros cerveaux, diriger des entreprises, faire voler des avions et trembler des hommes, elles sont prêtes à se damner pour une fanfreluche ou des jolis souliers. Mais que Bilalian se rassure, nous ne sommes pas plus dupes de notre frénésie que Candeloro de ses blagues de macho. Nous avons conquis le droit de jouer avec les stéréotypes : nul ne s’offusque de voir un homme parler chiffons ou une femme hurler devant un match de foot en buvant une bière, tant mieux. Alors que Daniel Bilalian nous laisse jouer aux filles en faisant les magasins avec nos copines et qu’il s’occupe des fesses de Candeloro[1. Bien entendu, si le CSA ne m’engueule pas pour cette chute violemment sexiste, cela prouvera son propre sexisme].

Dieudonné dans Causeur, une erreur?

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causeur dieudonne finkielkraut

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Alain Finkielkraut. Sur la couverture du dernier numéro de Causeur figure un double portrait de Dieudonné hilare, que surplombe ce titre : « drôle de rire ». À l’intérieur, on trouve un entretien exclusif que vous avez fait avec l’homme de la « quenelle » et de « Shoananas ». Cette couverture et cet entretien ont provoqué beaucoup de réactions indignées. Prenant acte de cette émotion, qui n’était pas toujours mal intentionnée, je vais vous poser quelques questions de journaliste. Quelle était votre intention en allant interroger Dieudonné avec Gil Mihaely ?

Elisabeth Lévy. Tout d’abord, il y a un principe qui vaut pour la justice comme pour le journaliste : quand on attaque quelqu’un, on lui donne la possibilité de répondre. Et j’avoue avoir du mal à comprendre qu’on nous le reproche. S’agissant du journalisme, ce principe peut souffrir des exceptions : si nous avions pensé donner du crédit à Dieudonné en l’interrogeant, nous aurions renoncé. Ceci étant, vous avez parlé de l’émotion – un peu surjouée à mon avis – suscitée par cet entretien. Admettons, mais notre premier devoir, c’est de comprendre, pas de nous laisser aller au confort de nos émotions. Toutes proportions gardées, que fait Claude Lanzmann quand il va interroger des nazis ou des tortionnaires polonais ? Il veut comprendre et nous faire comprendre. À l’inverse, on applique à Dieudonné la tactique qui a si bien réussi avec Jean-Marie Le Pen : on trépigne, on s’indigne, on s’émotionne et on ne cherche pas à comprendre. Moi, je veux comprendre. Et je veux parler aux spectateurs de Dieudonné. [access capability= »lire_inedits »]

Mais qu’y a-t-il à comprendre : Qu’il est antisémite ? Admettez que ce n’est pas un scoop !

Vous le saviez déjà, sans doute, et moi aussi. Mais tout d’abord, dans la Bible, il est indiqué que Dieu est descendu sur terre pour aller voir ce qui se passait à Sodome et Gomorrhe. Or, Dieu n’a pas besoin d’aller sur le terrain pour savoir ce qui se passe. Cela signifie qu’accuser est une chose tellement grave qu’il faut se faire une opinion par soi-même. Voilà pourquoi le Talmud enseigne que, dans un procès, on ne doit pas tenir compte d’un témoignage de deuxième main. Par ailleurs, il suffit de connaître des adolescents pour savoir que la jeunesse est massivement acquise à Dieudonné : « Mais non, il n’est pas antisémite, c’est de l’humour, du trash, il rigole de tout ! », disent ses défenseurs. Eh bien, la preuve est faite. Dieudonné parle au premier degré. Il ne pourra plus se réfugier derrière un prétendu humour, et ses admirateurs non plus.

En effet, à ceux qui disent que la séquence Dieudonné étant close, ce n’était pas la peine de la rouvrir pour faire un scoop, je réponds avec vous que le phénomène est d’une ampleur extraordinaire, notamment dans une jeunesse qui ne jure que par la liberté d’expression et qui sanctionne maintenant Manuel Valls. Je suis effarée par cette inconscience face à un phénomène que je crois assez profond et que la stratégie de Manuel Valls – qu’on l’approuve ou pas – n’a nullement enrayé. Ce n’est pas parce que Dieudonné n’apparaît pas à la télévision et qu’on ne l’interroge pas dans Le Monde qu’il a disparu ! Une partie de la population et, je le répète, de la jeunesse, est embarquée dans une sorte de sécession culturelle. Elle se défie de ce qu’elle appelle les « médias officiels ». Et que nous disent ces jeunes qui ne sont pas des marginaux ou des radicaux ? Que tout le monde tape sur Dieudonné et que personne n’a eu l’honnêteté de lui donner la parole. Eh bien, je pense que notre travail est plus utile, pour les déciller, que tous les sermons du monde.

Venons-en au contenu de l’entretien : Quand il vous dit qu’« Israël est le seul pays du monde où il y a des bus pour les noirs et pour les blancs », vous vous contentez de répondre : « On ne sait pas d’où vous tenez cette histoire d’autobus. »

Je suis flattée que cet entretien ait été lu avec un soin de talmudiste. Mais je vous rappelle que l’objectif n’était pas de montrer à quel point nous étions, nous, indignés par ses propos, mais de lui faire exposer clairement et calmement ce qu’il pense. Cela dit, je vais vous rassurer : durant la conversation, notre réaction a été bien plus vigoureuse !

Je trouve encore plus embêtant le passage où il est question de la « quenelle ». Là, on a l’impression qu’il vous balade. Vous lui demandez : « N’est-ce pas un salut nazi inversé ? » Et il répond : « C’est une calomnie inventée par Alain Jakubowicz. »

Mais enfin, c’était une interview, pas un dialogue ! Ce que nous lui avons répondu n’a en réalité aucune importance. Il faut prendre cet entretien pour ce qu’il est : un document édifiant, qui étaye l’analyse du phénomène à laquelle nous avons consacré 30 pages ! Que nos détracteurs ne se sont pas donné la peine de lire…[/access]

Comme un dimanche d’élection…

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municipales fn dimanche

municipales fn dimanche

Je fais le matamore révolutionnaire, comme ça, avec des rêves de Grand Soir et de prise du palais Brongniart[1. Oui, je sais, il n’y a plus de traders à pendre mais une révolution sans symbole c’est aussi déprimant qu’une jolie fille mal habillée.] mais en fait j’adore les élections. J’adore leurs rituels désuets qui n’ont pas bougé, ou presque, depuis les débuts de la Troisième République, si on excepte la période de Vichy où l’opposition, pour des raisons de prudence, a préféré s’exprimer depuis Londres avec un micro ou depuis les maquis avec une Sten. Par exemple, voter se fait encore avec des bulletins idoines, après avoir reçu dans votre boite aux lettres de multiples tracts et des professions de foi. Inutile de dire que ce doit être aujourd’hui, mais pour combien de temps encore, le dernier geste d’importance de notre vie que l’on n’accomplisse pas à l’aide de l’informatique, devant un écran glacé.

Les dimanches d’élections, les villes et les villages sont plus jolis parce qu’on y voit des gens. Et pas seulement le matin au marché ou à la messe, mais également l’après-midi quand ils se rendent en famille à leur bureau de vote, marchant au soleil dans une indolence postprandiale et néanmoins civique. D’ailleurs, les gens le dimanche eux aussi sont plus jolis, tout simplement parce qu’ils ne travaillent pas[2. Heureusement que la gauche est au pouvoir pour empêcher le travail le dimanche. Non, je plaisante…]. Il faut savoir en effet que le travail ne rend pas libre, il rend laid. La preuve, les gens dans les magazines péauple[3. Pronciation attestée par le ministre du redressement linguistique Arnaud Montebourg.] sont beaux parce qu’ils passent leur temps sur des plages de rêve à faire semblant d’être surpris par les paparazzi tandis que les travailleurs sont toujours fatigués et de mauvaise humeur justement parce qu’ils travaillent – ou sont complètement désespérés parce qu’ils ne travaillent plus pour des raisons indépendantes de leur volonté.

Et parmi les élections, les élections municipales sont les plus plaisantes parce que ce sont les plus intimes. Tout le monde connaît à peu près tout le monde dans une élection municipale, même dans les grandes villes. La preuve, il y a plus de 900 000 candidats, un électeur sur 49. Ce serait bien le diable s’il n’y en avait pas au moins un dans votre entourage. C’est d’autant plus dommage que certaines communes aient un mal fou à en trouver des candidats et que certains partis ont pris sur leur liste des centenaires, des malades d’Alzheimer et même, comme le FN à Enghien-les-Bains, une candidate morte. En même temps, les deux échelons fondateurs de la République, auxquels les Français sont les plus attachés, la commune et le département, sont comme par hasard ceux que l’on voudrait dissoudre dans des intercommunalités anonymes et des grandes régions taillées sur mesure pour complaire à Bruxelles.
Si votre civisme vous pousse à être président de bureau de vote ou assesseur, là aussi le charme opère. Vous connaitrez le plaisir de retourner à l’école et vous serez installés au milieu des dessins d’enfants et des frises chronologiques de l’histoire de France. Il y a plus pénible comme décor. Vous pourrez aussi vous apercevoir que vous avez grandi quand, pris par un besoin pressant, vous irez aux toilettes. Les urinoirs pour les Cours Préparatoires demandent une certaine souplesse, c’est certain.

Vous vous interrogerez sur le vote des gens qui passent devant vous en tendant l’enveloppe bleu gauloise, vous vous livrerez à un exercice qui oscille entre la sociologie sauvage et le délit de bonne ou sale gueule. Cette quadra élégante, à la blondeur patricienne, qui ressemble vaguement à Monica Vitti, vous adoreriez qu’elle vote Front de Gauche mais vous penchez plutôt pour l’UMP. Ce papa bouclé, l’air à la fois concerné et absent, qui porte son bébé sur le ventre, ça sent EELV. Et le jeune homme aux lunettes en écaille, avec un blazer bleu marine sur une chemise sans cravate, vous parieriez pour un membre des MJS.
Plus mélancolique, vous vous apercevrez des absences comme celle de ce vieux monsieur avec un béret qui vous avait confié, il y a déjà un bon paquet d’années, qu’il avait pour la première fois voté en 36, pour le Front Populaire. Et pour chasser le blues, vous vous lèverez pour aller écrire à la craie sur le tableau derrière vous le pourcentage de votants dans votre bureau à midi. En priant pour que l’abstention, cette maladie vénérienne de la démocratie, ne soit pas trop élevée.

Le soir, avec des copains, vous irez à votre mairie assister à la proclamation des résultats en direct. Puis ce sera la soirée électorale, devant la télé, avec des bières et des pizzas, comme pour un match de foot. Votre géographie intime se superposera à celle des experts électoraux. Vous vous demanderez si Cabestany près de Perpignan ou Drap près de Nice, deux villes où l’on vous avait invité si gentiment pour des rencontres autour du polar, seront toujours des îlots rouges dans des départements très droitiers, vous vous demanderez encore si les listes autogestionnaires d’une dizaine de communes du plateau des Millevaches, dont Tarnac, vont faire de jolis scores. Vous vous demanderez enfin si Brive ne passera pas à droite ou Hénin-Beaumont, à vingt kilomètres de chez vous à l’extrême droite.

Mais là, l’intime rejoindra le national, ce qui est peut-être, au fond, une définition possible de la démocratie.

 

*Photo : AP21210985_000001.

Paris aux Parisiens : la campagne néo-maurrassienne d’Anne Hidalgo

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De passage dans le Marais hier soir (ne me demandez pas ce que j’y faisais, je vous en pose, moi, des questions ?!), je tombe sur un meeting d’Anne Hidalgo rue des Blancs-Manteaux. Reconnaissons-le sans ambages, l’équipe de la candidate à la mairie de Paris n’avait pas lésiné sur les moyens : affiches photoshopées, tracts en tout genre , et même pin’s du PRG à l’effigie du fusilleur de grévistes Clemenceau.

Entré à pas de loup, je reconnais l’habituelle sociologie des réunions socialistes parisiennes où l’apparatchik à duffle-coat dispute la vedette aux sexagénaires grisonnants en doudoune Moncler. Pour la diversité sociale et ethnique, on repassera. D’ailleurs, la campagne des socialistes parisiens se résume à un argument massue : chassez cette parachutée que je ne saurais voir. « Nathalie Kosciuszko-Morizet de Longjumeau, comme l’appelle mon ami Ian Brossat », ose lancer à la tribune une Hidalgo transfigurée par ses chances de victoire. Eh oui, Brossat, l’élu communiste – rallié aux sociaux-libéraux au grand dam des ses partenaires mélenchonistes – a beau être de tous les combats sociétalistes, notamment en faveur des sans-papiers, il fustige l’Etrangère. Et Hidalgo, de toutes les croisades anti-collabos depuis sa fameuse sortie sur le Front national, d’achever le travail de sape : NKM et ses colistiers ne connaîtraient pas la géographie profonde des arrondissements parisiens, condition sine qua non pour briguer les vingt mairies et l’Hôtel de Ville.

En 2001, l’attaque avait porté à plein contre le Vosgien Philippe Séguin, qui avait égaré son gaullisme social dans les brumes de la Chiraquie. Mêmes causes, mêmes conséquences, doit-on penser du côté du staff Hidalgo qui, dès qu’elle peut, en remet une couche sur le thème « Paris aux Parisiens». À la décharge de l’impétrante socialiste, admettons que NKM a joué avec les investitures comme une gribouille, coincée entre les aspirations bobos de la majorité des Parisiens et la base conservatrice de l’Ouest parisien, qui abrite les bastions de l’UMP-75.

N’empêche, à force de souligner l’enracinement charnel de leurs candidats comme unique argument de campagne, Hidalgo et ses féaux me donnent des envies de pied-de-nez. De grâce, ne me transformez pas en antifa qui vote à droite !

Les tripes de Dieudonné

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humoriste polemique antisemite antisionniste affaire valls

humoriste polemique antisemite antisionniste affaire valls

Dieudonné est en couverture de Causeur. Je ne fais pas partie de la « meute », et suis sensible aux arguments développés par Élisabeth Lévy dans « L’Esprit de l’escalier ». Je considère néanmoins que cette couverture était une erreur. Pour trois raisons : C’est maladroit, c’est trop tard, et ça relance la polémique. Élisabeth Lévy est dans sa logique, que l’on peut comprendre. Elle est contre l’interdiction d’un spectacle, dit-elle, et elle n’est pas la seule. Claude Lanzmann, Robert Badinter, Alain Bauer, Pierre-Olivier Lesur, entre autres, ont la même position. D’ailleurs, les uns et les autres ont, dans le même temps, rendu hommage à Manuel Valls qui a eu le courage de donner un coup d’arrêt à une nébuleuse qui se propageait dangereusement et subrepticement. Car les menaces de troubles à l’ordre public étaient réelles. Fallait-il laisser s’installer ces troubles ? Je ne le crois pas. Pourquoi, alors, surexposer en couverture, après la bataille, un polémiste dont tout le monde avait désormais compris qu’il était un provocateur ? Sans dire, comme certains, qu’il y avait là une provocation de la part d’Élisabeth Lévy, je pense que c’était pour le moins inutile. Je fais partie de ceux qui ont apprécié le face-à-face organisé par notre consœur lors des dernières élections européennes[1. Que mon ami Shlomo Malka me permette de préciser que je n’avais pas organisé un face-à-face : j’avais été invitée par le site fluctuat.net à débattre avec Dieudonné au moment où il présentait sa liste « antisioniste » aux élections européennes.  Par ailleurs, je n’ai jamais dit que j’étais contre l’interdiction du spectacle, je reste partagée sur ce point.]. C’était direct, efficace, et bien mené. Cette fois-ci, pardon de le dire crûment, l’entretien était un peu raté.[access capability= »lire_inedits »]

À quoi bon demander pour la énième fois à son interlocuteur s’il est antisémite ou antisioniste ? On aurait aimé des questions plus factuelles : Pourquoi veut-il libérer Fofana ? Pourquoi juge-t-il qu’il n’y a aucune différence entre les juifs et les nazis ? Pourquoi ne paye-t-il pas ses dettes ? Pourquoi organise-t-il son insolvabilité ? Ces questions n’ont pas été posées. Ou en tout cas  il n’y a pas répondu. Il fut un temps, qui n’est pas très éloigné, où Dieudonné avait son rond de serviette dans pas mal d’émissions. On a cessé de l’inviter quand on s’est rendu compte qu’il ne faisait plus profession d’humoriste mais de ricaneur perpétuel et de tribun populiste, qu’il se lançait désormais dans des campagnes électorales, faisait des voyages en Iran, invitait des négationnistes à ses spectacles et promettait la chambre à gaz à des journalistes du service public. C’était il n’y a pas si longtemps. La mode pourrait revenir très vite, après tout.

L’intention d’Élisabeth Lévy n’est pas en cause. Elle affirme vouloir faire la démonstration, à l’usage d’un public qui ne voit dans ces spectacles que la dimension « J’emmerde le système », que, lorsqu’il intervient au premier degré, sans mise en scène, il est pitoyable. Dont acte. C’est vrai qu’il se dégage de cette interview une insondable bêtise.  Reste aussi que, désormais, c’est devenu tendance, on affiche des « unes » avec des titres alléchants du genre : « Dans la tête de Mohamed Merah », « Dans l’intimité de Heinrich Himmler », et maintenant : « Dans les tripes de Dieudonné »… On parle de la « banalité du mal ». Le mal n’est pas banal, en l’occurrence : il est affligeant d’imbécillité abyssale.

Et plus affligeant encore, le devoir de rire qu’on vous impose. À défaut de quoi, vous passez facilement pour un type bégueule, un affreux rabat-joie, un vilain sioniste qui ne comprend rien à l’humour, qui supporte qu’on se moque de tout le monde sauf de lui, qui n’accepte pas la dérision, etc. Ritournelle connue et reprise désormais à l’envie, jusque et y compris par notre consœur qui multiplie les circonvolutions pour échapper au reproche. Reproche absurde et procès stupide ! Si les juifs n’avaient pas d’humour, ça se saurait ![/access]

*Photo:Hannah

Arabe et Israélien, et fier de l’être

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israel palestine arabe

israel palestine arabe

« Si vous regardez la TV palestinienne, télévision financée par L’Union Européenne, pas plus que 12 minutes, vous prenez un couteau et vous allez tuer des Juifs ! » Ainsi parlait Khaled Abou Toameh lors d’une réunion organisée par l’Institut américain Gatestone[1. Non partisan et sans but lucratif, l’institut Gatestone se définit comme un lieu de réflexion consacré à la politique internationale et à l’éducation du public à propos des sujets que les médias ne présentent pas ou mal : les institutions de la démocratie et de la primauté du droit, les droits de l’homme et la liberté.], jeudi dernier au Sénat. Khaled Abou Toameh, documentariste, journaliste au Jerusalem Post, après avoir officié au Wall Sreet Journal et au Sunday Times de Londres, est Arabe Israélien et vit à Jérusalem.

Pour ce quinquagénaire élégant, à l’humour féroce, les Etats-Unis et l’Europe ont la tête dans le sable et ne cessent de commettre des erreurs. La plus flagrante est de n’avoir jamais demandé de contreparties pour les sommes d’argent considérables versées aux dirigeants palestiniens. Tout d’abord, en les obligeant à faire cesser cette propagande meurtrière contre les Juifs, à l’école ou à la télévision. Ensuite, en exigeant des comptes, tout simplement. Cette négligence coupable remonte au temps d’Arafat dont personne ne peut nier aujourd’hui qu’il fut, avec l’aide de sa femme, un escroc. Khaled Abou Toameh a travaillé pour lui pendant sept ans, il le connaissait bien et découvrir sa malhonnêteté ne fut pas un choc. Mais le chef de l’OLP était un prix Nobel ! « Comment douter de sa droiture ? », ironise le journaliste.

Le peuple palestinien n’a goûté aucun fruit de cette abondance financière. C’est une des raisons pour lesquelles il s’est détourné du processus de paix. Mieux valait écouter les sirènes du Hamas, qui comme la petite bête est monté, monté en éjectant un à un les gens de l’OLP, jusqu’à gagner les élections. Les USA et l’UE n’en ont pas moins continué leurs erreurs.  Laisser croire que le chemin vers la paix est une histoire d’implantations et de check points est faux. Ils refusent d’entendre que c’est l’existence même de l’Etat d’Israel qui est en jeu chez les dirigeants palestiniens et dans la majorité du monde arabe. « Je ne peux pas aller à Ramallah et organiser une réunion pour la paix », avoue Khaled Abou Toameh.

Le peuple est shooté à la haine du juif. Le juif c’est le diable. Les médias arabes et étrangers enfoncent le clou : si je propose un sujet sur les exactions du Hamas, ça n’intéresse personne, contrairement au moindre méfait de la part d’Israël.  Comment croire à une paix future si on ne prépare pas les populations à cette paix ? Mais laquelle? Quid du processus? Le processus actuel est tronqué. Les mêmes fautes du passé recommencent. Mahmoud Abbas, comme Arafat en 2000, prétend vouloir faire la paix mais en être empêché. Comme s’il pouvait parler au nom des Palestiniens ! Il n’en a pas la légitimité. S’il signe avec les Israéliens, il ne pourra même pas mettre les pieds à Gaza, tant il est pris pour un modéré. Il a les pieds et mains liés et  joue de sa faiblesse, surtout quand il rencontre Obama. Khaled Abou Toameh est inquiet : Si les Etats-Unis forcent Israël à lâcher des concessions, ces bouts de terre reviendront directement au Hamas. Aujourd’hui, le vrai problème ce n’est pas Mahmoud Abbas, mais c’est qu’aucun leader arabe n’a de mandat pour négocier avec Israël. Khaled Abou Toameh se dit en faveur de deux Etats, même s’il pense que ça ne peut pas marcher. Avec un humour déconcertant il ajoute : en fait, les deux Etats, on les a : Gaza et la Cisjordanie. D’un côté, une situation impensable gérée par un islamisme radical, qui menace gravement le Sinaï et l’Egypte. De l’autre un mini Etat OLP financé par l’UE et les USA où l’OLP reste au pouvoir tant que la présence israélienne demeure. Même si l’OLP est obligée de tenir un discours contre les Juifs, ils savent que c’est eux qui parviennent encore à séparer Gaza et la Cisjordanie qui se font la guerre.

Quand Toameh parle de la démocratie en Israël, il raille les discours sur le soi-disant Apartheid dont on accuse l’Etat hébreu : « L’Apartheid existe bien, mais elle est dans les pays Arabes. Qui voudrait quitter Israël pour aller vivre dans ces pays ? Personne. »

À écouter ce journaliste arabe israélien, on se demande combien ils sont comme lui à ne pas réussir à se faire entendre. Ne crient-ils pas assez fort ? Ou bien les idéologues antisionistes/antisémites choisissent-ils de rester sourds ?

L’homme parcourt le monde : Des campus universitaires américains, aux médias français, il constate une haine grandissante. « Aussi, nous ne devrons pas être surpris que la prochaine génération de djihadistes soit issue non de la bande de Gaza, des montagnes ou des mosquées du Pakistan et de l’Afghanistan, mais de ces campus universitaires américains », prévient-il.

« Un homme, ça s’autorise », aurait aussi pu dire Camus. C’est ce que fait Khaled Abou Toameh avec un courage remarquable.

*Photo : YAGHOBZADEH RAFAEL/SIPA. 00646820_000005

Municipales : y’en a marre !

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balkany municipales fn

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Ah, ça y est ! Les affiches électorales sont partout : voici venu le temps des graffitis spirituels ou orduriers, des fausses moustaches, des cornes ajoutées ça et là sur le front des candidats ; et ce qui élève l’homme bien haut dans le règne animal… la guerre nocturne des militants qui arrachent les affiches ennemies, dans l’espoir vibrant d’un grand soir – ou d’un petit matin municipal. Soyons forts.

Amour. C’est important l’amour. C’est si important que Flaubert et Julio Iglesias en ont mis plein leurs chansons. Dans le choc électoral titanesque qui oppose Nathalie Kosciusko-Morizet à Anne Hidalgo, à Paris, la question de l’amour est venue pimenter le débat. Lors d’un grand meeting de soutien à la candidate socialiste l’actuel édile Delanoë a cru bon de déclarer : « Avec Anne Hidalgo, Paris restera la capitale de l’amour »… Entendez en creux, bien entendu, qu’avec la candidate Ump le capitale deviendrait la capitale de la haine. Causeur peut vous dévoiler les projets secrets de NKM : construire une usine AZF sur le Champ de Mars, non, plutôt une centrale nucléaire, transformer les Pierrots-de-la-Nuit© en milice armée et interdire les baisers amoureux sur les bancs publics. Dur.

Chanson (1).  En France, tout commence toujours et se finit par une chanson. Cela s’est encore confirmé à l’occasion de la campagne de l’inamovible Patrick Balkany à Levallois-Perret. Ce colossal monument de délicatesse – qui est devenu la risée de la France entière il y a quelques semaines en confisquant (sans penser à l’éteindre…) la caméra d’une journaliste de BFM TV – a inspiré à ses supporters une insupportable chanson de campagne dithyrambique et involontairement bouffonne, dont la musique est reprise d’une chanson de Jean-Jacques Goldman. Le calvaire dure près de six minutes. Le texte dit « Une histoire qui recommence, un sourire quand on y pense. On est là tous ensemble, tous à la permanence, pour une nouvelle échéance » (rires enregistrés) « Levallois, c’est ta vision, une vie de passion et d’ambition »… Objectivement il est impossible de supporter plus d’une minute de cette soupe. Jean-Jacques Goldman s’est lui-même ému de cette récupération sauvage de l’une de ses chansons en « hymne » à la gloire de Balkany. Il a exigé le retrait de la chanson des différentes plateformes vidéo. Quel dommage…

Chanson (2). Comme l’a dit un célèbre philosophe d’opérette connu sous le nom de Luis Mariano dans une célèbre chanson : « La Belle de Cadix a des yeux de velours / La Belle de Cadix vous invite à l’amour ». Pour montrer qu’elle n’a rien d’une sinistre quinquagénaire, ancienne inspectrice du travail, la candidate socialiste de Cadix en fait des tonnes dans la presse… Ainsi, récemment, répondant à la question angoissée d’un lecteur du Parisien qui souhaitait savoir si la candidate socialiste aimait faire la fête, Anne Hidalgo a claironné : « Je suis andalouse, et les Andalouses ne sont pas ennuyeuses ! ». C’est toi qui le dis ! C’est surtout la fête des stéréotypes… Dans un clip de campagne en sa faveur l’indispensable comédien Charles Berling explique pourquoi il soutient la Belle de Cadix : « parce qu’elle est jolie ». Ouf, heureusement que le bellâtre ne s’est pas intéressé à son programme…

Déprime. Je connais peu de sujets qui dépriment autant les journalistes de la presse régionale que l’ouverture de la chasse et la campagne pour les élections municipales. En quoi consiste un article de presse sur les municipales ? En général il s’agit d’un papier qui évoque une liste (qui s’appellera toujours de la même manière, du genre… « Oser Boussac » ou « Vivre ensemble à Villefranche-sur-Mer »), et qui est accompagné d’une photo de groupe terriblement glamour (-> voir aussi l’entrée Police de la mode). Dans ce type d’articles il faut évidemment évoquer le programme de cette liste (qui consiste en général à améliorer la voierie et développer le rayonnement culturel de la commune en donnant une dynamique nouvelle à la Fête annuelle du pâté aux pommes de terre). S’il s’agit de la liste du maire sortant il faut faire en sorte que l’édile se félicite du travail accompli, et s’engage à poursuivre dans cette voie. S’il s’agit d’une liste d’opposition, il convient d’inclure dans l’article quelques vacheries sur l’équipe sortante (qui « n’a pas été à la hauteur des enjeux » par exemple, ou encore « qui n’a pas géré les comptes en bon père de famille »). Non, je vous assure, les journalistes de la presse régionale commencent à en avoir marre…

Élitisme. La campagne des élections municipales permet – à l’instar de certaines émissions de téléréalité – à des stars un peu décaties de revenir sur le devant de la scène. Starlettes oubliées, miss météo, animateurs ringards… Signalons d’abord que Cindy l’ex-candidate particulièrement bien pulmonée de « Secret Story » est en quatrième position sur une liste divers-droite à Villeneuve-le-Roi (Val de Marne). Celle qui est aussi passée par les émissions littéraires « Carré Vip » et « Les Anges de la Téléréalité » explique au Parisien : « Je n’ai pas du tout envie de continuer en politique, seulement que là où je vis il fasse meilleur-vivre (sic) ». Comprenne qui pourra.

Lagaf’, l’animateur de télévision boum-boum-tsoin-tsoin connu par son immortelle chanson La zoubida, est quant à lui candidat à Cavalaire dans le Var. Il figure sur la liste de  Philippe Leonelli, sous la bannière «Vivre Ensemble». L’arrêt d’une compétition de scooter des mers aurait motivé son revirement. Ca fait peu.

L’alsacienne Delphine Wespiser, miss France 2012, a accepté de figurer sur la liste du maire sortant de son village natal Magstatt-le-Bas, Lucien Bronner. Faisons le pari que sa beauté  rougeoyante attirera les foules de villageois aux séances du ConSous le soleilseil Municipal. Mais voilà une candidature qui n’est pas sans rappeler celle – de sinistre mémoire – d’Elodie Gossuin, Miss France 2001, qui défend toujours les couleurs de la droite en Picardie. Madame de Fontenay va finir par manger son chapeau.

Il faut ajouter à cela l’ancien footeux David Ginola qui s’est lancé dans la bataille des municipales en se présentant dans la ville balnéaire de Sainte-Maxime (Var) ; et Pape Diouf – ancien patron de l’Olympique de Marseille – que l’on retrouve à la tête d’une liste à Marseille. J’ajoute la très crispante Adeline Blondieau, ex-de Johnny Hallyday qui a connu son heure de gloire dans la série , durant les heures les plus sombres de la télévision française. Elle figure sur la liste UMP à Colombes (Hauts-de-Seine).

On voit bien, par là, que c’est vraiment l’élection de tous les dangers…

Frites. La frite ne vient pas d’un arbre à frites, comme le pensent une majorité d’enfants citadins décérébrés, mais de la pomme de terre. Selon les historiens français son origine est française. Selon les historiens belges son origine est belge. On la désigne de différentes manières en fonction de la taille du bâtonnet : « bûches » : section carrée de 2 cm ; « Pont-neuf » : section carrée de 1 cm ; « allumettes » : section de 0,5 cm, etc, etc. En général les frites vivent en bancs serrés à côté des moules ou du poulet. C’est pour ces différentes raisons que la candidate de la liste Parti de gauche-MRC à la mairie du XIVe arrondissement de Paris, Leila Chaibi, a choisi de faire sa campagne dans une… baraque à frites. L’AFP est allée constater les dégâts : « A l’heure de la sortie des collèges, de nombreux adolescents se pressent autour du camion, les doigts pleins de mayonnaise. Les frites sont distribuées les mercredi, samedi et dimanche. ‘Passez le tract à vos parents’, leur conseille Leila Chaibi » Devant le succès de cette opération de nombreux autres candidats du Parti de Gauche voudraient aussi se lancer dans la frite. Pour l’heure Leila Chaibi refuse de louer ou prêter son camion à frites. Nous avions la Gauche caviar, la Droite tête de veau… il faudra faire avec l’extrême gauche friture.
Kafka. J’ai appris – dans un passionnant papier du Figaro – que certaines communes du nord-est de la France, totalement rasée durant la première guerre mondiale, sans habitants ni bâtiments, avaient toujours des maires. Exemple avec le maire du « village détruit de Fleury-devant-Douaumont ». Il n’aura pas à affronter les électeurs pour être reconduit. Il est l’édile d’un village mort. Jean-Pierre Laparra explique que sa réélection dépend du Préfet : « Pour être reconduit dans nos fonctions, nous devons justifier de l’activités, des travaux effectués sur notre commune et de l’utilisation du budget ». Il y a cinq « maires » de ce type en France. Une façon de se souvenir des victimes de la grande guerre. À la fois beau et totalement kafkaïen. Les activités humaines sont fascinantes…

Moto. Parfois la pression sur un édile est trop forte, et – allant contre sa nature profonde de prédateur assoiffé de pouvoir – il décide de ne pas se représenter devant les électeurs. Oui, cela arrive, certains maires préfèrent jeter l’éponge, raccrocher les gants, limiter la casse. Un exemple nous est fourni dans une fascinante commune de Seine Saint Denis peuplée de bobos, de retraités de l’éducation nationale et de quelques prolétaires quand même : Montreuil. L’écologiste Dominique Voynet – après un mandat à la tête de la mairie – a décidé de prendre du temps pour elle. Dans un portrait que lui consacré le quotidien Ouest-France (elle s’est achetée une maison sur l’île de Groix « en cachette de son compagnon »), elle déclare : « je vais passer mon permis moto », pour « fumer le bitume ». Pas très écolo. L’étape suivante ? Le démon de midi ? La France a peur.

Police (de la mode). La commune de Brie, en Charente, a cette particularité d’être pleine de maisons, de rues et d’habitants. Une église et un monument aux morts sont aussi à signaler. Les élections municipales ont donné lieu, dans ce gros bourg, a un psychodrame d’ampleur internationale… La préfecture a demandé que la photo de groupe de la liste « Vivre ensemble à Brie » – destinée à figurer sur la profession de foi – soit refaite au motif que les couleurs des vêtements de trois colistières rappelleraient trop un symbole républicain, le drapeau tricolore. Après un long temps d’observation on entraperçoit en effet une petite dame avec un pull rouge, à côté d’une autre dame en pull bleue, à côté elle-même d’une colistière vêtue d’un imperméable blanc. La photo, publiée par Sud-Ouest, n’a rien de scandaleux. Elle est plutôt très ennuyeuse, comme la plupart des photos électorales… En réponse aux injonctions préfectorales la petite équipe s’est adonnée aux joies de Photoshop…  Le bleu est devenu mauve et le rouge prune. « La prochaine fois, on posera nu et on en profitera pour éditer un calendrier », menace Michel Buisson – tête de liste – dans les colonnes de Sud-Ouest. Dans les mêmes pages un colistier ironise : « Je ne crois pas que cette photo puisse mettre la démocratie en péril, d’autant qu’il n’y a qu’une seule liste déclarée à Brie »… Cela fait plaisir que l’argent public soit ainsi dilapidé dans cette nouvelle tâche régalienne en diable… la police de la mode !

Retour (éternel). J’allais en paix. Je ne faisais de mal à personne. Pour être précis je sortais – rieur et débonnaire comme toujours – d’un disquaire avec quelques vinyles rares de François de Roubaix sous le bras quand soudain je suis tombé nez à nez avec l’affiche de campagne d’un certain… « Dominique Tibéri » dans le V ème arrondissement. Les traits de l’individu me rappelaient quelqu’un, et son patronyme me disait quelque chose. Mais quoi ?! Qui ?! On dirait un peu le fils de l’actuel maire du Vème, Jean Tibéri… Non, quand même pas… ? Si ? Sortez les électeurs morts !

Star of the stars. (*Quizz*) Qui a déclaré en meeting ?

« Etre maire de Paris, c’est aimer les concierges et les stars, parce que les concierges sont les stars de notre quotidien ! »

a)      Linda de Suza

b)      Anne Hidalgo

c)      Jean Tibéri

d)     Dominique Tibéri

e)      Kamoulox

Zut. Avez-vous bien vérifié ? N’êtes-vous pas sur une liste du Front national sans le savoir ?! Ca arrive plus souvent qu’on ne le croit… A force de devoir virer les candidats néonazis, ayant posé devant la croix gammée, ou fans de Mein Kampf ils se retrouvent à devoir présenter régulièrement aux municipales des analphabètes, des Alzheimer, des vieillards affectés de toutes sortes de maux, des simplets, des idiots du village, d’anciens communistes, des jeunes désorientés… Ou tout simplement des gens qui n’ont rien demandé. Le phénomène devient récurrent. Méfiez-vous. Avez-vous bien vérifié ?

*Photo : MATHIEU PATTIER/SIPA. 00678936_000003.

Candeloro et Monfort : un mauvais procès

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candeloro monfort sotchi sexisme

candeloro monfort sotchi sexisme

« Ah la la la la, je crois qu’il a pris le ballon dans les bijoux de famille, mon cher Jean-Michel ». « Ouh, oui, Thierry, nous ne voudrions pas être à sa place ». « Aaaah, il se relève, plus de peur que de mal, on peut rassurer son épouse ».

On ne sait si cet échange, cent fois renouvelé par les célèbres Thierry Roland et Jean-Michel Larqué ferait aujourd’hui l’objet d’une mise en garde du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. C’est vrai, quoi, laisser croire qu’une épouse serait fortement inquiète de l’état des organes reproducteurs de son mari, n’est-ce pas sexiste ? Réduire un être humain masculin à sa seule fonction reproductrice, c’est faire preuve d’une misandrie évidente.

Pourquoi cette interrogation ? Parce que le CSA vient d’adresser une ferme mise en garde à France Télévisions pour des propos tenus par Nelson Monfort et Philippe Candeloro qui commentaient les compétitions de patinage artistique des Jeux Olympiques de Sotchi. Le CSA estime « que les propos tenus par ces commentateurs, par leur teneur et leur caractère graveleux portant en particulier sur l’aspect physique de sportives, étaient extrêmement déplacés et que certains d’entre eux étaient même de nature à refléter des préjugés sexistes. ». Que certains commentaires de la part du sémillant Candeloro puissent être estimés graveleux, nous n’en disconviendrons pas. Evoquer ainsi le postérieur et la poitrine de ces dames a davantage sa place aux « Grosses Têtes » de RTL que dans le commentaire sportif. Naguère, alors que Philippe Candeloro ne commentait pas à ses côtés, Monfort savait très bien parler de la plastique avantageuse des patineuses sans forcément tomber dans le graveleux. Mais en quoi évoquer le physique des sportives -dans une compétition où la grâce et l’élégance entrent évidemment en ligne de compte dans le vote des juges- serait « de nature à refléter des préjugés sexistes » ? C’est là que nous rentrons de plain-pied dans ce foutu XXIe siècle où même le Président des Etats-Unis est sommé de s’excuser pour avoir complimenté une dame sur son allure avantageuse. Aujourd’hui, il est donc devenu suspect de dire à une femme -ou d’une femme- qu’elle est désirable. Au pire, cela peut être considéré comme du harcèlement sexuel, au mieux pour de la misogynie et du sexisme. Comme si complimenter ainsi une dame induirait forcément qu’on la réduit aux atouts de ses atours, oubliant qu’elle est aussi un être doté d’un cerveau potentiellement aussi rempli que le nôtre…

On me rétorquera que ce genre de commentaires est réservé aux femmes. Mon œil ! Il suffit de rappeler ce qu’on dit d’Obama, « vachement bien gaulé », les sondages sur les ministres masculins que les françaises aimeraient avoir dans leur lit, ou encore le sort réservé à Laurent Delahousse, journaliste réduit à sa plastique avantageuse aussi bien sur Twitter que dans les sketches de Nicolas Canteloup. Le procès en sexisme intenté à Candeloro et Monfort est donc totalement infondé. La seule chose qu’on puisse leur reprocher, en tant que commentateurs sur les chaînes du service public, serait de manquer de subtilité. Au passage, s’il n’y a plus de blagues lourdaudes, comment les dames apprécieront les évocations subtiles et poétiques ? En tout cas, s’il veut chasser le lourdingue, le CSA va avoir du boulot, et pas seulement dans le commentaire sportif. Avec une échelle des peines cohérente, Jean-Marie Bigard devrait être déféré d’urgence au Tribunal Pénal International pour avoir commis le célèbre « lâcher de salopes ».

Cette mise en garde du CSA est un des symptômes d’un monde médiatique où il est devenu un sport national de demander la tête d’un confrère. En plus de voir du sexisme là où il n’y a que blague potache ou lourdaude, certains petits procureurs au petit pied, souvent aigris, se sont fait une spécialité d’en appeler chaque jour ou presque au CSA, une fois contre Taddéï, une autre contre les réacs censés surpeupler l’espace médiatique, traquant ici et là le « dérapage ». On a beaucoup de mal à s’y habituer mais c’est bel et bien dans ce monde que nous vivons aujourd’hui.

*Photo : REVELLI-BEAUMONT/SIPA. 00671757_000039.

Ukraine : ce qu’on vous cache à la télé, c’est chez Olivier Berruyer

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ashton svoboda ukraine

Les amateurs de bonnes choses savaient déjà que l’économiste Olivier Berruyer s’était fait une spécialité de la déconstruction des euromythes du moment. Son site les-crises.fr est un enchantement permanent pour internaute critique, nous déconseillons donc formellement sa fréquentation à Jean Quatremer, Laurence Parisot ou Pascal Lamy.

Le truc de Berruyer, ou disons-le plus clairement, le truc qu’il a et que je n’ai pas, c’est qu’il est une sorte de dinamitero archiviste. Là où j’ai trop souvent tendance à vouloir régler le débat à la kalach argumentaire, Berruyer, lui, sort son petit sourire, ses fiches, et ses photos. Une méthode redoutable qu’il a décidé de ne plus appliquer seulement aux questions stricto sensu économiques, mais aussi à la grande question du moment : l’Ukraine.

Voilà ce que ça donnait par exemple lundi dernier sur la chaîne économique BFM-Business dans le débat matinal animé par Nicolas Doze, qu’on félicitera chaudement au passage, car il est un ultralibéral conséquent : il invite régulièrement des experts avec lesquels il est en ultra-désaccord.

Des photos comme celles du leader de Svoboda, on en trouve des dizaines sur le site, à la rubrique Ukraine : on a oublié de vous montrer…

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Outre ces bien belles photos, on trouvera des dizaines de docs dont on ne sait si on doit les juger accablants ou amusants, à l’instar de cette résolution adoptée à Strasbourg le 13 décembre 2012 où le Parlement Européen «s’inquiète de la montée du sentiment nationaliste en Ukraine, qui s’est traduit par le soutien apporté au parti « Svoboda », lequel se trouve ainsi être l’un des deux nouveaux partis à faire son entrée à la Verkhovna Rada (NB : le Parlement ukrainien) ; rappelle que les opinions racistes, antisémites et xénophobes sont contraires aux valeurs et principes fondamentaux de l’Union européenne et, par conséquent, invite les partis démocratiques siégeant à la Verkhovna Rada à ne pas s’associer avec ce parti, ni à approuver ou former de coalition avec ce dernier. »

Documenté, qu’on vous dit…

ABCD de l’égalité : La France va-t-elle changer de genre ?

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najat-vallaud-belkacem

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« Rumeur », « paranoïa », « hystérie ». « La théorie du genre n’existe pas », c’est Vincent Peillon qui le dit. Fermez le ban ! La guerre du genre n’a pas eu lieu, sinon dans quelques cerveaux fascistoïdes. Il est vrai qu’entre les affabulations des uns et les dénégations des autres, je me suis demandé si je n’avais pas aussi pris des vagins pour des lanternes et, finalement, exagéré une initiative gouvernementale somme toute bien raisonnable. N’en déplaise à Vincent Peillon, la théorie du genre existe bel et bien. Mais ce qui est à l’œuvre, c’est plutôt l’idéologie du genre que l’on définira comme la promotion délibérée de l’indifférenciation sexuelle – toute différence sexuelle étant considérée comme une discrimination socialement organisée. Depuis l’arrivée de Najat Vallaud-Belkacem au ministère des Droits des femmes, cette idéologie a gagné les plus hautes sphères. Les revendications du lobby LGBT et de syndicats d’enseignants – notamment le très avant-gardiste SNUIPP- FSU, majoritaire, dont les rapports fournissent la majorité des « livres recommandés » qui ont hystérisé le débat – sont devenues l’objet d’une planification d’État.

On ne s’attardera pas sur le premier front, qui n’est peut-être pas le plus dangereux mais assurément le plus énervant : celui du langage, qu’il faut expurger de ses structures sexistes, reliquats fascistes de l’hétéro-patriarcat. La novlangue bêtasse des combattant(e)s de la grammaire est désormais omniprésente dans les documents officiels : « Restez informé-e ! » lit-on par exemple sur le site de la ministre, qui cautionne ainsi la défiguration de notre langue.[access capability= »lire_inedits »]

Mais l’enjeu de la mère de toutes les batailles, ce sont les jeunes cerveaux. La stratégie a été énoncée par le ministre lui-même : « Le gouvernement s’est engagé à “s’appuyer sur la jeunesse, pour changer les mentalités”, notamment par le biais d’une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles », écrivait-il en janvier 2013 dans une lettre aux rectrices-et-recteurs (on appréciera les guillemets). En mai 2013, cette feuille de route est développée dans un « Programme d’actions gouvernementales contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ». Pour changer la société, il faut changer les enfants.

Cependant, on ne renonce pas complètement à rééduquer les parents. En janvier 2014, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective publie à son tour un rapport inti- tulé « lutter contre les stéréotypes de genre » (qui deviendra « lutter contre les stéréotypes garçons-filles » après la polémique), où le mot « genre » est utilisé à pas moins de 300 reprises. Il préconise notamment le « rééquilibrage du partage du care (sic) entre hommes et femmes dans la sphère familiale » et la « montée en mixité des métiers de la petite enfance ». Traduction : promouvoir les nounous barbues et les papas-pampers pour lutter efficacement contre les inégalités hommes-femmes, oups, pardon, « femmes-hommes », selon la terminologie officielle.

Quant aux fameux ABCD de l’égalité, ils sont lancés officiellement fin janvier 2014, même si l’« expérimentation » avait commencé à la rentrée dans 600 classes réparties dans 10 académies. Sur le site du Centre national de documentation pédagogique, on peut avoir accès aux délicieux outils pédagogiques mis à disposition des enseignants, censés « donner tous les moyens de déconstruire, par le savoir, les préjugés qui s’opposent à l’égalité véritable ». On y trouve, pêle-mêle : une fiche technique redéfinissant les règles du gendarme et du voleur dans le sens d’une égalité réelle avec interdiction d’éliminer les perdants, la description de la « danse scolaire du Petit Chaperon Rouge » où il faut inciter les filles à se déguiser en loups et les garçons en chaperons, la déconstruction du stéréotype de la princesse dans les contes de fées, et la présentation du malheureux Louis XIV en drag-queen puisqu’il portait des talons et des rubans. Sans oublier cette tautologie érigée en règle de vie pour les adolescents : « Soyez comme vous êtes ». Dans le néomonde, l’école n’est même plus vouée à l’apprentissage de l’autre (ne parlons pas de transmission du savoir), mais doit être un terrain d’épanouissement illimité du moi, le lieu de l’être, dans toutes ses formes également encouragées.

On ne sait plus si on doit rire ou pleurer face à l’intrusion de la bêtise pédago-bureaucratique dans les jeux d’enfants. Certes, il n’y a rien de « totalitaire » à apprendre aux petites filles qu’elles ne devraient pas avoir pour seul rêve de devenir princesses, et aux petits garçons que jouer au foot ne fait pas de vous un homme. À ce titre, les pancartes de la Manif pour tous du 2 février qui affichaient une petite princesse et un petit Zorro sous le titre « Touche pas à mes stéréotypes ! » sont aussi niaises que contre-productives. Il est aussi idiot de se glorifier des stéréotypes que dangereux de vouloir les abolir, ceux-ci existant pour être dépassés, contredits, subvertis. La planification rationnelle et méthodique, par le haut, de leur destruction n’en est pas moins inquiétante.

En réalité, dans cette affaire, tout le monde prend l’insignifiant pour le signifié ou, à l’inverse, le significatif pour le dérisoire.

Il est vrai que l’on ignore combien de professeurs utilisent des ouvrages et autre matériels pédagogiques qui ne figurent pas dans les programmes officiels mais dans des recommandations formulées par les syndicats ou des associations plus ou moins mandatées par l’État – dans quelles conditions, on aimerait le savoir.

Difficile aussi, de connaître l’impact réel du lobbying intense de ces associations, impact qui dépend du niveau de militantisme des enseignants. Or, à l’évidence, beaucoup suivent. Un professeur de biologie, catholique esseulé au milieu de ses collègues soixante-huitards, me confie « le pire, c’est que ça marche ! Pour la première fois cette année en cours de bio sur la reproduction, alors que je parlais des effets de la puberté sur l’attirance pour le sexe opposé, un élève m’a demandé : « pourquoi “sexe opposé” ? »

On ne dira pas que la bataille du genre a été menée intelligemment. À cet égard l’intervention de Jean-François Copé sur le livre Tous à Poil – ainsi érigé en pain au chocolat du genre – a été franchement grand-guignolesque. De peur d’être frappé de l’anathème « homophobe », le président de l’UMP s’est bien gardé de s’en prendre aux nombreux livres faisant la promotion de l’homoparentalité (Tango a deux papas) ou de l’indifférenciation (Papa porte une robe), pour dénoncer un livre, certes désolant, mais jusque-là confidentiel, qui met en évidence l’altérité irréductible de l’entre-jambes. Résultat : Tous à Poil a trouvé la place qu’il mérite dans le top 3 d’Amazon, entre Cinquante nuances de Grey et La femme parfaite est une connasse, deux chefs-d’œuvre de vulgarité.

N’empêche, en mêlant de pures inventions à des fragments de vérité, les opposants ont remporté une victoire sémantique et idéologique : sémantique, en imposant le terme dans le débat, idéologique en obligeant Peillon et Vallaud-Belkacem à cacher leurs intentions véritables. L’embarras a changé de camp. Il ne reste plus que quelques féministes agitées pour défendre fièrement la cause : « Il y a une bataille culturelle, idéologique, philosophique à mener sur l’égalité de genre. C’est normal que ça résiste, on est en train de changer la société ! », a ainsi avoué candidement Caroline de Haas, ancienne présidente de Osez le féminisme, alors que les ministres suaient sang et eau, de démentis en reniements, pour noyer le poisson.

Cette opposition souvent caricaturale a même réussi à faire reculer nos gouvernants, comme en témoigne une micro-anecdote concernant la ligne Azur. Ce site internet intégralement financé par l’État et autorisé à communiquer dans les collèges et lycées se présente comme « un dispositif de soutien et d’information pour toute personne qui se pose des questions sur son orientation sexuelle et/ ou son identité de genre ». Sa méthode pour lutter contre l’homo-lesbo-bi-trans-phobie, c’est la « sensibilisation aux questions de genre ». On y trouve, entre autres merveilles, un ABCD allant d’« Androgyne » à « Sexe social » en passant par « Pansexualité », et des affiches représentant une roulette sous le slogan « Homo-bi-hétéro : qui suis-je ? » suggérant que l’orientation sexuelle est aussi aléatoire que le casino. Rassurez-vous, on ne sait pas qui est vainqueur(e), sans préciser bien sûr qui gagne.

En pleine polémique, et alors que le site avait été attaqué à plusieurs reprises suite aux déclarations de Zemmour[1. Qui s’était indigné de l’existence du site sur I-télé.], un changement microscopique mais significatif y est intervenu. Au chapitre « identité de genre » définie comme « le sentiment d’être homme ou femme », on pouvait lire cette phrase : « Pour certains, le sexe biologique coïncide avec ce ressenti. » Désormais, il est affirmé que « très souvent, le sexe biologique coïncide avec ce ressenti. » Deux mots qui résument la défaite idéologique, certes mineure mais tout de même, des promoteurs de l’indifférenciation. Certes, il n’est pas question de reconnaître la différence sexuelle comme une norme, mais on admet qu’elle correspond à la façon dont la majorité des gens se définit (qu’ils soient homos ou hétéros). Que Béatrice Bourges, Civitas et Farida Belghoul se le tiennent pour dit, on ne reviendra pas à l’idée que le sexe biologique coïncide « toujours » avec le « ressenti ». Mais « très souvent », c’est déjà une victoire du bon sens.[/access]

*Photo: BERNARD BISSON/JDD/SIPA.00678350_000018.

Chasse au sexisme à la télé : Il va y avoir du sport…

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monfort candeloro csa sexisme

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Daniel Bilalian est un chic type. Dans « On refait le Monde », l’émission de RTL où nous nous croisons régulièrement, le chef du service des sports de France 2 appartient à la catégorie « bons camarades ». Il a dû subir pas mal de pressions pour désavouer Nelson Montfort et Philippe Candeloro, pointés du doigt pour leurs commentaires jugés sexistes lors des JO d’hiver de Sotchi. Bilalian a tenu bon, à la grande fureur du CSA qui s’est fendu lundi d’une mise en garde à la chaîne publique. Une mise en garde, les dirigeants de France 2 doivent trembler, à peu près autant qu’un ado à qui un juge inflige un rappel à la loi parce qu’il s’est fait pincer à voler un DVD ou fumer un joint. Le mal-nommé gendarme du PAF est colère : il estime que « les propos tenus par ces commentateurs, par leur teneur et leur caractère graveleux portant en particulier sur l’aspect physique de sportives, étaient extrêmement déplacés et que certains d’entre eux étaient même de nature à refléter des préjugés sexistes ». Et pour faire bonne mesure, le CSA « regrette vivement que la direction responsable des sports s’en soit tenue à une attitude de dénégation ». On admettra que les commentaires de Candeloro n’étaient pas des plus distingués. Sa fameuse sortie sur l’anaconda qui serait bien allé embêter une Cléopâtre canadienne était même un brin salon du camion. Mais enfin, il n’y a pas eu mort d’homme, ni de femme, et à l’évidence, un peu de grivoiserie n’a pas nui à l’audience, comme l’a laissé entendre Bilalian en assurant qu’il conservait toute sa confiance à son chroniqueur.

En tout cas, en couvrant ses subordonnés, Bilalian se comporte en chef. Pas comme une certaine Christiane Taubira qui prétend nous faire avaler – et qui y parvient avec un certain nombre de confrères d’ailleurs – que sa directrice de cabinet ne l’avait pas informée des écoutes de Sarkozy pendant 12 jours. La bonne blague. Mais je m’égare.
En revanche Bilalian charrie grave quand, pour dédouaner ses commentateurs, il attaque l’émission de M6 les Reines du shopping. Invité de la Médiasphère, émission médias de LCI, il a fait cette sortie : « Quand je vois une émission sur le shopping où on voit des jeunes femmes qui ont l’air d’avoir un pois chiche à la place du cerveau, en train de déambuler dans les rues, je pense que c’est largement aussi sexiste qu’une réflexion comme celle de Candeloro. Même plus.»

Non, cher Daniel Bilalian, des filles s’adonnant avec gourmandise à la fièvre acheteuse, ce n’est pas une représentation sexiste, c’est la réalité comme on l’aime. Eh oui, d’après un sondage de mon cru, 93 % des femmes peuvent avoir des gros cerveaux, diriger des entreprises, faire voler des avions et trembler des hommes, elles sont prêtes à se damner pour une fanfreluche ou des jolis souliers. Mais que Bilalian se rassure, nous ne sommes pas plus dupes de notre frénésie que Candeloro de ses blagues de macho. Nous avons conquis le droit de jouer avec les stéréotypes : nul ne s’offusque de voir un homme parler chiffons ou une femme hurler devant un match de foot en buvant une bière, tant mieux. Alors que Daniel Bilalian nous laisse jouer aux filles en faisant les magasins avec nos copines et qu’il s’occupe des fesses de Candeloro[1. Bien entendu, si le CSA ne m’engueule pas pour cette chute violemment sexiste, cela prouvera son propre sexisme].