« Rumeur », « paranoïa », « hystérie ». « La théorie du genre n’existe pas », c’est Vincent Peillon qui le dit. Fermez le ban ! La guerre du genre n’a pas eu lieu, sinon dans quelques cerveaux fascistoïdes. Il est vrai qu’entre les affabulations des uns et les dénégations des autres, je me suis demandé si je n’avais pas aussi pris des vagins pour des lanternes et, finalement, exagéré une initiative gouvernementale somme toute bien raisonnable. N’en déplaise à Vincent Peillon, la théorie du genre existe bel et bien. Mais ce qui est à l’œuvre, c’est plutôt l’idéologie du genre que l’on définira comme la promotion délibérée de l’indifférenciation sexuelle – toute différence sexuelle étant considérée comme une discrimination socialement organisée. Depuis l’arrivée de Najat Vallaud-Belkacem au ministère des Droits des femmes, cette idéologie a gagné les plus hautes sphères. Les revendications du lobby LGBT et de syndicats d’enseignants – notamment le très avant-gardiste SNUIPP- FSU, majoritaire, dont les rapports fournissent la majorité des « livres recommandés » qui ont hystérisé le débat – sont devenues l’objet d’une planification d’État.

On ne s’attardera pas sur le premier front, qui n’est peut-être pas le plus dangereux mais assurément le plus énervant : celui du langage, qu’il faut expurger de ses structures sexistes, reliquats fascistes de l’hétéro-patriarcat. La novlangue bêtasse des combattant(e)s de la grammaire est désormais omniprésente dans les documents officiels : « Restez informé-e ! » lit-on par exemple sur le site de la ministre, qui cautionne ainsi la défiguration de notre langue.

*Photo: BERNARD BISSON/JDD/SIPA.00678350_000018.

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