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Le paradoxe Charlie Kirk

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L’assassinat de Charlie Kirk dépasse sa personne: en le tuant pour avoir osé parler et contredire, c’est le dialogue démocratique lui-même qu’on a visé, faisant de ce polémiste droitier un martyr du débat malgré lui.


Charlie Kirk, martyr du dialogue ?

On assassine parfois des hommes pour ce qu’ils incarnent plus que pour ce qu’ils disent. Charlie Kirk n’était pas un prophète, ni un saint, mais il portait sur la scène publique un geste devenu insupportable : celui de parler encore, de répondre, de contredire, de tenir debout dans le tumulte. Il n’a pas été tué pour une idée, mais pour un acte : celui d’ouvrir la bouche et d’accepter que d’autres la lui ferment par la parole plutôt que par la violence.

C’est là que réside la dimension tragique de son meurtre : il ne s’agit pas seulement d’une disparition individuelle, mais d’un signe funeste. On n’a pas seulement abattu un homme ; on a voulu supprimer le dialogue lui-même. Le sang de Kirk a coulé comme un encrier renversé sur la table de la démocratie : une tentative de noyer la parole dans la terreur.

Introduction : l’aveu nécessaire

Cet assassinat m’oblige à un aveu que je n’aurais pas pensé formuler. Mon « coming out » politique est né de cette évidence : nous ne vivons plus dans un monde où le dialogue est présupposé ; nous vivons dans un monde où le dialogue est devenu une faute. Toute ma vie, j’ai parié sur la force civilisatrice de la confrontation maîtrisée, sur la capacité des ennemis à se parler. Mais il faut désormais reconnaître que ce pari se heurte à une vérité crue : il existe des forces qui ne cherchent pas à discuter, mais à abolir la possibilité même de discuter.

C’est pourquoi je ne change pas de camp, mais de stratégie. Je reste fidèle à l’idéal démocratique, mais j’ai compris que, pour sauver le dialogue, il faut combattre ceux qui l’assassinent. Comme Kirk, nous devons accepter que notre fidélité à la parole nous expose au glaive.

Les fondations : là où le dialogue devient chair

J’ai vu au Rwanda des survivants parler à des génocidaires. J’ai vu des Israéliens clandestins s’asseoir avec des Palestiniens qui risquaient leur vie en osant leur répondre. J’ai vu des ennemis, les yeux rouges de haine, découvrir soudain, en se parlant, qu’ils avaient en commun une même peur, une même perte, un même deuil.

A lire aussi, Ivan Rioufol: Les charlatans de la morale signent l’échec de la gauche

Ces instants disent l’essence du dialogue : non pas l’accord, mais la reconnaissance mutuelle dans la douleur. C’est ce que j’ai toujours appelé la « thérapie du conflit ». Mais j’ai aussi vu ces expériences menacées, interdites par les groupes armés qui considèrent la parole comme une trahison. Ce que Kirk a subi sur une scène américaine, d’autres l’ont vécu dans les ruelles de Ramallah ou de Kigali : la menace de mort pour avoir osé normaliser l’ennemi par la discussion.

Les nouveaux totalitarismes : la guerre contre la parole

L’époque a basculé. Le totalitarisme n’est plus seulement un régime : c’est une dynamique planétaire qui vise à abolir l’espace commun. L’islamisme radical en est la forme la plus redoutable : il promet la pureté et la vérité révélée, il désigne ses victimes expiatoires — le Juif, l’Occidental, l’apostat. Comme le nazisme jadis, il n’accepte pas la contradiction : il n’a d’autre horizon que l’élimination.

Croire encore que le dialogue suffit, c’est répéter l’illusion de 1940 : on ne réconciliait pas les nazis et les Juifs autour d’une table, il a fallu d’abord vaincre le nazisme. Ce n’est qu’après la défaite qu’un dialogue a pu renaître sur les ruines. De même aujourd’hui : avant d’abattre la logique totalitaire, le dialogue est réduit au silence par la peur. La balle qui a tué Kirk nous le rappelle : la parole est désormais une cible.

L’aveu politique : nommer l’ennemi

C’est ici que mon aveu prend toute sa portée. Les seules forces qui osent nommer ce danger, ce sont celles qu’on range, commodément, sous l’étiquette d’« extrême-droite ». Trump, Orban, Zemmour, Farage : tous diabolisés, accusés d’incarner les heures les plus sombres, mais tous refusant le mensonge rassurant qui nie le danger.

Je n’idéalise pas ces hommes ; ils sont traversés de contradictions. Mais eux seuls posent la question vitale : la démocratie peut-elle survivre à des ennemis qui nient le dialogue ? Et eux seuls affirment que le réalisme n’est pas un crime. Pendant ce temps, les « modérés » s’abandonnent à la douceur suicidaire que Tocqueville redoutait.

Kirk, en osant parler dans ce climat, a incarné ce paradoxe : c’est le camp qui se croit progressiste qui tue la parole, et c’est le camp honni qui la défend, maladroitement mais résolument.

L’homme contre l’idéologie

Et pourtant, je sais qu’il reste toujours des failles dans la muraille. J’ai rencontré des anciens tueurs capables de tendresse, des musulmans rigoristes d’une hospitalité bouleversante. L’homme n’est jamais totalement perdu ; c’est l’idéologie qui le déforme.

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Arendt l’avait compris : ce sont des hommes ordinaires qui deviennent les rouages du totalitarisme. Charlie Kirk n’a pas été abattu par un démon, mais par un homme que l’idéologie avait transformé en instrument. C’est pourquoi il faut distinguer l’individu, toujours sauvé par un geste possible, et la logique qui l’enferme. Mais pour briser cette logique, il faut d’abord la nommer et l’affronter.

Conclusion : Kirk, témoin d’un paradoxe

Deux tâches s’imposent à nous :

1. Créer partout des lieux où le conflit peut être assumé sans devenir meurtre, où la haine peut être transformée en parole.

2. Refuser l’angélisme, et combattre ceux qui veulent abolir la pluralité et transformer le conflit en guerre totale.

Car le conflit est la respiration même de la démocratie. Mais lorsque le conflit est interdit, la démocratie s’asphyxie. Tocqueville l’avait annoncé : les sociétés démocratiques peuvent mourir de leur douceur.

Charlie Kirk est mort de cette douceur devenue aveugle, de cette complaisance qui préfère la censure au risque de l’affrontement. Sa mort fait de lui, malgré lui, un martyr du dialogue. Non pas parce qu’il portait la vérité absolue, mais parce qu’il incarnait le geste essentiel : parler, risquer sa voix, croire encore que la dispute vaut mieux que le silence des tombeaux.

C’est à nous, désormais, de comprendre sa leçon : le dialogue n’est pas un acquis paisible, c’est un combat. Un combat à mener avec des mots quand on le peut, avec des armes quand on n’a plus le choix. Dialoguer partout où c’est possible, combattre partout où c’est nécessaire : voilà l’unique fidélité qui nous reste envers ceux qui, comme Charlie Kirk, sont tombés pour avoir parlé.

Fast-fashion: des fake news pour justifier un projet de loi controversé?

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Pour justifier l’adoption d’une loi anti-fast fashion largement édulcorée, plusieurs ministres, aujourd’hui démissionnaires, avancent des chiffres extravagants afin de culpabiliser les clients des plateformes chinoises comme Shein et Temu. Une stratégie de diversion grossière et hasardeuse.


Six fois plus vite : à l’ère de la post-vérité, c’est la vitesse à laquelle une fake news se propage par rapport à une information vérifiée. L’étude sur laquelle est fondée cette affirmation ayant été menée par le très prestigieux MIT en 2018, et mondialement relayée depuis, on aurait pu attendre du gouvernement et des journalistes français qu’ils fassent preuve de la plus élémentaire prudence avant de relayer certains chiffres pour le moins fantaisistes.

Une stratégie de diversion pour faire oublier une loi vidée de sa substance ?

Le 30 août dernier, Véronique Louwagie, ministre démissionnaire déléguée au Commerce et à l’Artisanat, affirmait ainsi dans les pages du Nouvel Obs que « certains sites asiatiques d’e-commerce » – Shein et Temu, pour ne pas les nommer – seraient responsables de l’arrivée de « 600 avions provenant chaque jour de Chine vers l’Europe ». 600 avions, pleins à craquer d’habits bon marché, saturant l’espace aérien, vraiment ?

« D’où parles-tu, camarade ? », demandaient fort à propos nos soixante-huitards dans les amphis du Quartier latin sentant bon la marijuana et la lessive en retard. Si l’hygiène personnelle de Véronique Louwagie n’est pas en doute, nous ne savons que trop bien d’où la ministre parle dans les colonnes de l’organe officiel de la gauche caviar : de la position, qu’on lui concédera inconfortable, de celle dont la proposition de loi anti-fast fashion a été vidée de sa substance, et qui rêve de se maintenir en poste après la chute du gouvernement Bayrou.

Quand un avion vole dans le ciel, la ministre en voit trente

Sauvées par le gong – ou un habile travail de lobbying ? –, nos marques « européennes » comme Kiabi, Decathlon ou Zara. Et qu’importe si celles-ci faisaient, bien avant les plateformes chinoises, fabriquer l’essentiel de leurs produits dans de douteuses conditions en Asie. Ne reste plus qu’à taper sur leurs concurrentes asiatiques. Quitte à forcer le trait.

Ainsi du chiffre, pour le moins incongru, de 600 avions avancé par Véronique Louwagie. Une estimation trente fois supérieure à celle réalisée en 2023 par l’ONG suisse Public Eye, selon laquelle « chaque jour, l’équivalent de vingt avions remplis d’articles de fast-fashion serait transporté à travers l’Union européenne » (UE). Les chiffres avancés par la ministre démissionnaire ne sont pas davantage alignés avec ceux de la société de conseil en logistique aérienne Cargo Facts Consulting, qui estime quant à elle que Shein et Temu expédient conjointement l’équivalent de 108 Boeing 777 – mais dans le monde entier, et non vers la seule UE.

A lire aussi: Quand l’hypocrisie et la moraline façonnent la mode vestimentaire

Loin donc, très loin même, des 600 avions de Véronique Louwagie. Pas de quoi défriser notre gouvernement cependant, qui a d’autres chiffres dans son chapeau. Ainsi de celui brandi par la collègue de Mme Louwagie chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, elle aussi démissionnaire : selon elle, 94 % des produits de Shein et Temu seraient « jugés non conformes, et parmi eux 66 % (…) considérés comme dangereux ». « Jugés » par qui, « considérés » par quelle instance, on ne saura pas. On est prié de croire qu’une pandémie d’accidents aussi gravissimes que silencieux se déroule sous nos yeux sans que personne ne s’en rende compte.

Le mépris social derrière la croisade écolo

D’autres chiffres, incontestables ceux-là, pourraient pourtant être avancés. Si c’est bien l’écologie qui guide, comme elles le prétendent, nos deux ministres démissionnaires en croisade contre Shein et Temu, pourquoi ne pas communiquer sur ceux des propres services du gouvernement, selon lesquels le fret aérien ne représente que 3,8% des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur aérien ? Sachant que le secteur aérien représente, dans son ensemble, 2% des émissions mondiales de GES, le secteur du fret par avion ne pèse donc que… 0,076% des émissions de GES.

C’est sans doute déjà trop, répondront les plus verts des écolos ; sûrement. Mais cela justifie-t-il de sonner la charge contre les seules plateformes chinoises de fast-fashion ? A moins que ne se cache derrière ce suspect empressement gouvernemental une raison moins avouable – en deux mots : le mépris social. Car qui achète des tops à 2 euros ou des robes à 7 euros ? Les jeunes et les catégories populaires, à qui Shein et Temu offrent ce que le gouvernement leur refuse obstinément : « le droit », comme l’écrivait très justement en mai dernier Zohra Bitan dans les pages du Point, « de se sentir beaux, dignes, regardés ».

Culpabilisation écologique et grogne sociale : l’étincelle ?

En somme, nous disent en cœur Véronique Louwagie et Amélie de Montchalin, non seulement les pauvres s’habillent mal, mais ils ont le culot de s’habiller non-éthique, non-local, non-écolo. C’est de leur faute, encore et toujours de leur faute, si des centaines, des milliers, et pourquoi pas des millions, d’avions dégueulant de vêtements à bas prix polluent notre atmosphère ; et surtout pas celle des footballeurs et stars de téléréalité qui sillonnent le ciel en jets privés. Alors que le climat social est explosif, nos deux ministres voudraient craquer une allumette au-dessus du brasier social qu’elles ne s’y prendraient pas autrement. Chapeau – et au-revoir ? – les artistes.

Ici Londres. Les Anglais parlent aux Français…


Ce samedi, à Londres, ce sont au moins cent-cinquante mille personnes qui se sont rassemblées, qui se sont unies pour manifester leur opposition à la politique migratoire de leurs gouvernements successifs. Saura-t-on entendre ici le message envoyé de là-bas ? À quand chez nous semblable démonstration d’unité et de force ?

Déferlante humaine

La mobilisation a d’abord surpris par son ampleur. Fédérer autant de personnes osant braver les insultes, les accusations de dérives fascisantes, de compromission avec le pire du pire de la xénophobie et du racisme en dit long sur le degré d’exaspération où sont arrivées ces populations.

Seconde surprise : contrairement à ce à quoi nous pouvons assister chez nous, en France, lors de manifestations comme celle du 10 de ce mois, là-bas, de l’autre côté de la Manche, il n’est pas permis d’hésiter une seule seconde. C’est bien en Angleterre que nous nous trouvons et ce sont bien des Britanniques qui font entendre leur voix. On s’en rend compte immédiatement au vu des drapeaux flottant au vent. De l’Union Jack à perte de vue… Alors que chez nous, n’est-ce pas, un observateur plus ou moins pressé pourrait se méprendre et croire que les images transmises lui viennent de certaines douces contrées d’outre Méditerranée.

Déferlante humaine donc dans les rues de la capitale de Sa Majesté. Et, ici, dans nos journaux et médias, autre profusion, celle du label extrême droite méticuleusement, consciencieusement accolé à l’événement. Histoire qu’on ne se méprenne pas, qu’on sache bien que cette foule brandissant son drapeau ne saurait être que quelque chose comme la lie du genre humain.

La palme dans ce registre revient probablement au quotidien Ouest-France dans sa livraison de ce lundi : « Avec sa manifestation géante à Londres, l’extrême droite britannique impose son récit anti-migrants » titre le journal.

On peut difficilement faire plus et mieux dans l’expression journalistique du mépris des peuples. Ainsi, selon ce titre, les dizaines de milliers de manifestants, venus de tout le pays, ne seraient au fond qu’un conglomérat de minus habens, de connards profonds, d’attardés mentaux à qui une improbable engeance diabolico-fasciste d’extrême droite aurait réussi à imposer – non pas la prise de conscience d’une réalité vécue et objectivement observable – mais un récit. Une fiction, une fable, un délire.

Philippe de Villiers à la manœuvre de ce côté de la Manche

De plus, il ne semble pas que le mot « migrants » dans anti-migrants ait été choisi par hasard. Il s’agit probablement de laisser entendre que la protestation, le combat de ces gens est dirigé non pas contre un fait de société, l’immigration, mais contre des êtres humains, contre l’infortuné migrant de chair et d’os. Cela présente l’insigne avantage, dans la vision du politiquement correct, de transformer une expression collective d’exaspération en un abject soulèvement de haine. Beau boulot…

Par chance, nous avons quand même droit dans ce titre à un accent de vérité. À contre-cœur sans doute, la manifestation y est qualifiée de géante. Ce qu’elle a été.

D’où cette question : à partir de quel seuil de mobilisation populaire ce que clame une foule unie, rassemblée, solidaire, mérite d’être qualifié de vox populi ? On aimerait avoir quelques précisions là-dessus.

Or, en fait, la meilleure façon de liquider la question – en même temps que le problème, peut-être bien – serait d’appeler les populations à exprimer leur opinion par référendum. Ce que propose ces jours-ci, chez nous, une pétition initiée notamment par Philippe de Villiers. Avec quelque succès, croit-on savoir, encore que les médias de référence se fassent des plus discrets sur ce point…

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Violences urbaines: le mensonge systémique

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Depuis trente ans, la France vit sous un double mensonge: celui des mots et celui de la facture. Les mots, soigneusement choisis, servent à masquer la réalité des violences. La facture, elle, est toujours présentée au contribuable français, sommé de réparer les dégâts, de financer la paix sociale, et, plus récemment, de payer même pour sa propre criminalisation lorsqu’il ose nommer ce qu’il voit.


Sur les réseaux sociaux, deux slogans très populaires à droite résument cette impasse depuis quelques jours : « Tout le monde sait », quand les élites parlent de « jeunes » ou de « déséquilibrés ». « C’est Nicolas qui paye », quand le contribuable règle la note de ce déni collectif.

La fabrique du « jeune »

En 1997, un rapport des Renseignements Généraux recense 724 meneurs de violences urbaines.
Officiellement, 406 sont « Français ». Mais seuls 48 portent un prénom et un nom de consonance européenne. La grande majorité est issue de l’immigration récente.
Plutôt que de parler d’assimilation, on gomme les origines et on invente un mot magique : « les jeunes ».
D’un coup, tout se confond : le délinquant devient adolescent ordinaire, l’émeute se réduit à un « malaise social ».
Face à ce tour de passe-passe, la réaction populaire est immédiate :
Tout le monde sait.

Les quartiers à l’épreuve des faits

Cette surreprésentation ne date pas d’hier. Entre 1991 et 2000, Lucienne Bui-Trong, spécialiste des violences urbaines au ministère de l’Intérieur, a étudié en détail les « quartiers difficiles ».
Ses constats sont implacables.
En 1993, sur 244 quartiers très difficiles analysés :
• Trois seulement abritaient moins de 10 % d’étrangers,
• 42 en comptaient entre 10 et 15 %,
• 62 en comptaient entre 16 et 25 %,
• et 137 dépassaient 26 %.
À l’inverse, beaucoup de quartiers défavorisés de la « France profonde », marqués par un chômage massif et des conditions de vie plus dramatiques qu’en banlieue parisienne ou lyonnaise, mais sans forte présence étrangère, ne présentent aucune violence urbaine. Même la petite délinquance y est faible.
Dans le Pas-de-Calais, 18 quartiers pourtant classés DSQ (Développement social des quartiers) ne connaissent aucun phénomène d’émeutes.
La différence saute aux yeux : la pauvreté seule n’explique rien.
La jeunesse française de souche est bien présente dans certains phénomènes de bandes, mais reste très nettement minoritaire (5 à 10 %), et surtout cantonnée au hooliganisme dans les stades, pas aux violences de quartier.

A lire ensuite, Elisabeth Lévy: Ces meutes qui ont pourri l’été

La réalité confirmée par la clinique

Quinze ans plus tard, la clinique pédopsychiatrique vient confirmer ce que les chiffres de police laissaient deviner.
En 2012, Maurice Berger, pédopsychiatre reconnu, observe que près de 60 % des enfants pris en charge dans son unité d’hospitalisation à temps complet pour comportements extrêmement violents sont d’origine maghrébine.
Dans un Centre Éducatif Renforcé avec lequel il collabore, dirigé par un Franco-Maghrébin, la proportion atteint même 88 %.
Et ce n’était pas une découverte isolée. Dès 2001, Patrick Huerre, autre pédopsychiatre, avait étudié 52 jeunes reçus en expertise pour viol ou agression sexuelle en réunion : plus de la moitié étaient d’origine maghrébine, la plupart nés en France.
Ces constats, répétés et convergents, dessinent une même constante.
Mais le discours officiel continue de s’abriter derrière l’euphémisme.

Kevin, Matteo et les supporters anglais

En 2023, après la mort de Nahel, la France connaît une vague d’émeutes d’une ampleur inédite. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, insiste alors sur la présence de « Kevin » et de « Matteo » parmi les interpellés. Message implicite : la violence serait universelle, elle n’aurait pas d’origine particulière. Un an plus tôt, il avait déjà usé de la même méthode lors du chaos du Stade de France : il accusa les supporters anglais d’avoir provoqué les incidents.
Les images et témoignages ont vite démontré le contraire. Plus tard, M. Darmanin dut admettre son erreur, provoquant une crise diplomatique avec le Royaume-Uni.
Toujours la même logique : désigner des coupables neutres, effacer la question de l’origine, maintenir la fiction républicaine.
Mais face aux vidéos, aux récits, aux réalités vécues, la réaction reste la même :
Tout le monde sait.

Les politiques de l’aveuglement

Pendant ce temps, les gouvernements multiplient les dispositifs : ZEP, emplois-jeunes, politique de la ville. Des milliards d’euros sont investis pour acheter la paix sociale. Mais les causes culturelles ne sont jamais nommées. Résultat : les symptômes s’aggravent. Les émeutes reviennent, plus violentes, plus destructrices.
Ce ne sont pas les émeutiers qui payent. Ni leurs familles. Ni leurs quartiers. C’est toujours le contribuable.

Du tribalisme au double pouvoir : imam et caïd

Dans ce terreau prospère une logique importée : le tribalisme, où prévaut la loi du clan. De là naissent deux dynamiques complémentaires :
• l’islam politique, qui transforme le clan en communauté religieuse,
• les narco-caïds, qui assoient leur pouvoir sur cette base familiale et communautaire.
Le caïd n’est pas seulement un trafiquant. Il agit comme le chef d’un réseau social parallèle : il finance des commerces communautaires, prête de l’argent, offre des fournitures scolaires, installe l’été de grandes piscines pour les enfants. Il apparaît comme un « grand frère » protecteur, mais en réalité il achète loyautés et dettes, verrouille le quartier par la peur.
Face à lui, l’imam militant prêche la rigueur religieuse, recrée la communauté autour de la mosquée. Rivaux en apparence, ils se rejoignent souvent : l’un blanchit son image en finançant, l’autre ferme les yeux sur le trafic. Et l’État ? Absent. Ou présent seulement pour arroser d’argent les associations, rénover les barres d’immeubles, fermer les yeux sur l’islamisme et sur les trafics.
Encore une fois :
C’est Nicolas qui paye.

A lire aussi, Pierre Vermeren: Paumé comme un jeune en France

Le tapis rouge de la faiblesse républicaine

Le pouvoir républicain croit incarner la tolérance et la pédagogie. Mais pour ceux qui viennent de sociétés marquées par le rapport de force, cette douceur n’est pas perçue comme de la générosité : elle est perçue comme de la faiblesse. Là où seule la fermeté impose le respect, la République déroule un tapis rouge victimaire : subventions, excuses, compassion. Là où il faudrait une réponse judiciaire et pénale claire, elle oppose le laxisme.
Résultat : loin d’apaiser, ce climat incite les islamistes et les caïds à aller toujours plus loin.

La boucle est bouclée : médias, justice, politiques

Mais le système ne se contente pas d’acheter la paix sociale. Il criminalise ceux qui osent parler. Les médias publics — France Télévisions, France Inter, Arte — traquent la parole jugée « déviante ». Les associations antiracistes, subventionnées, se portent partie civile. Et la 17ᵉ chambre correctionnelle condamne le citoyen qui n’a fait que dire ce que tout le monde voit. Pendant ce temps, les caïds et les islamistes prospèrent. Ils sont présentés comme des victimes, par une partie de la justice, par certains médias, et même par des politiques. De la France Insoumise à une partie de la Macronie, le récit est identique : le délinquant serait avant tout la victime d’une France raciste et coloniale.
Tout fonctionne à l’envers : Les violents deviennent victimes. Les victimes deviennent coupables. Et c’est encore Nicolas qui paie.

Conclusion : la double formule populaire

Le système tourne en boucle sur lui-même : L’État masque. Les médias relaient. Les associations dénoncent. La justice condamne. Les politiques excusent. Et Nicolas paie — pour tout. Tout le monde sait. C’est toujours Nicolas qui paye.

Du grand « Art »

Plus de trente ans après son dévoilement, la pièce de Yasmina Reza fait un triomphe en ce moment au Théâtre Montparnasse (depuis le 27 août) avec un trio d’acteurs convaincants et désenchantés, lui apportant une nouvelle once d’humanité…


« Art » est un œuf. Rond. Plein. Blanc en apparence, zébré d’un jaune amer et d’une grisaille granuleuse. Au dialogue coruscant. À la mécanique pernicieuse qui s’infiltre et qui jubile. Derviche tourneur des planches. Mais surtout, une déclaration d’amour au plaisir du jeu. Peut-être n’avions-nous pas vu, il y a 31 ans, en 1994, ce plaisir méchant et gamin des réparties, ce chahut de cour de récréation ? Nous avions à cette époque sentencieuse disserté sur les vertus de la vérité, sur la ligne de flottaison d’une amitié qui vacille au fil des années, sur les caractères enchâssés, sur l’incommunicabilité entre l’être profond et son entourage le plus proche. Nous étions sérieux et bavards, en ce temps-là. Plus élitistes qu’instinctifs. Nous croyions alors aux idées générales. La distribution étincelante, Pierre Vaneck, Pierre Arditi et Fabrice Luchini, presque trop sophistiquée, à l’efficacité éprouvée, nous avait laissé, en mémoire, une impression de brio. Une guerre des égos. Une cavalcade où chaque acteur pouvait tirer sur la corde de son talent sans se faire prier, ruer dans les strapontins avec rage. Quelle fantasia ! Ces trois-là mettaient le paquet. Ils ne connaissaient pas la demi-mesure et ne ménagèrent pas leur peine. « Art » fut leur meilleure carte de visite en cette fin de siècle.

Nous n’avions vu que le ping-pong verbal presque trop aristocratique pour être vrai, la joute assurément destructrice, moins la misère de l’Homme, moins les silences, moins les fêlures. Nous étions fascinés par leurs accélérations, leur éclat et leur virtuosité, moins par la détresse de leurs personnages. En 2025, le texte de Yasmina Reza est toujours-là. Le même séquençage cabot et diabolique. Le texte n’a pas bougé. Perfide, implacable, gorgé de railleries et de pauses ridicules, on le savoure, on le roule dans nos bouches, on lui reconnaît sa force anticipatrice. Car Yasmine Reza avait tout lu et vu de nos débords contemporains. Elle aura été notre sismographe et notre vulcanologue. « Art » annonçait les chaos mentaux à venir. Les réactions et les illuminations. Dans ces années molles où la mondialisation heureuse devait régler tous nos problèmes, la pièce fracturait nos mensonges. C’est pourquoi elle fut jouée et traduite dans le monde entier. Elle demeure une borne du théâtre français. Constamment mise en scène, elle a accompagné les interrogations du public. Elle fut notre miroir à peine déformé des trente dernières années. Avec « Art », on fait le point avec soi-même, avec sa fatuité et ses illusions perdues. L’annonce d’une nouvelle distribution a rempli le Théâtre Montparnasse dès l’été. Rarement, on a vu un tel attroupement joyeux, rue de la Gaîté, une telle envie de théâtre « populaire », de sortir un samedi soir et d’oublier nos lamentations permanentes. « Art » est un classique comme « Le Corniaud ».

On croit en avoir fait le tour, et la pièce nous cueille par ses strates empilées, son écho intérieur, sa musique brisée. Le tableau n’a pas bougé, il est presque blanc. Serge (Olivier Broche), dermatologue accompli, en est toujours l’heureux propriétaire. Marc (François Morel), l’ingénieur aéronautique au dogmatisme incorrect, n’admet toujours pas cet achat inconsidéré et Yvan (Olivier Saladin), homme lige du textile passé à la papeterie, est l’élément neutre, « fluide », souffre-douleur et donc central de cette algarade amicale. Le public se lève à la fin de bon cœur pour applaudir à tout rompre. Ce soir-là, Bruno Lochet et Philippe Duquesne, les vieux camarades du petit écran, les inséparables de Jérôme Deschamps, n’ont pas raté la prestation de leurs trois copains. Il faut avouer que ces trois-là ont du mordant et du métier. Morel excelle dans la misanthropie, lui qui joue souvent les bonnes pâtes, il a la brutalité du rôle, son absolutisme délirant. Broche est royal en marquis pédant et raisonneur. Tandis que les deux amis s’affrontent, se mesurent, se repoussent, Saladin lunaire, tendre, remporte le morceau par son numéro à la Bourvil. Le vilain petit canard a toujours les faveurs de la majorité. Ces trois-là, vu le succès des premières représentations, vont jouer longtemps. Tant mieux, l’hiver sera plus doux.

Qatar-Bahreïn, derby… parisien

Alors que les Qataris ont investi des fortunes dans le PSG depuis 2010, le Paris FC est sponsorisé par le Bahreïn. Les deux équipes s’affronteront en Ligue 1 début janvier.


« Derby », anglicisme pour un match de foot qui oppose deux clubs d’une même ville. À Paris, telle confrontation remonte au siècle dernier avec un PSG-Racing disputé le 25 février 1990. Depuis, que dalle, le PSG étant la seule équipe de la capitale à évoluer en Ligue 1, l’élite française… La nouvelle saison (qui a débuté le 15 août) va pourtant ressusciter le passé : le Paris FC ayant accédé à l’élite, il y aura derby (avec un match aller programmé le 4 janvier) !

Mais sous le pont Mirabeau la Seine a beaucoup coulé, et si Paris fluctuat nec mergitur, c’est dans le Golfe persique. Si un spectateur de février 1990 avait été plongé dans le coma, il serait surpris aujourd’hui de se réveiller au pays des mille et une nuits…

A lire aussi, du même auteur: Qui veut sa piqûre?

En 1990, le Racing s’appelait Matra-Racing, référence à son propriétaire, le capitaine d’industrie Jean-Luc Lagardère ; et le PSG, dirigé par le publicitaire Francis Borelli, qui succédait à son ami le couturier Daniel Hechter, était soutenu par RTL.

35 ans plus tard, le PSG appartient au Qatar et si le Paris FC a été récemment racheté par le groupe Arnault, son sponsor principal demeure le… Bahreïn, État insulaire qui fait face au Qatar, géographiquement et diplomatiquement, car dans le Golfe on se jalouse beaucoup. Les joueurs du PSG portent ainsi un maillot « Qatar Airways » et ceux du Paris FC, un maillot « Bahrain Victorious ». Seul point commun, les deux clubs arborent un écusson avec la tour Eiffel, à ne pas confondre avec un minaret.

Depuis une vingtaine d’années, ces pays investissent dans le sport pour donner une image moderne et dynamique de l’islam mais développée, la photo est souvent voilée. À Paris, on retrouve donc l’émir Al Thani, boss du PSG, avec pour lui donner la réplique le roi Al Khalifa, parrain du Paris FC, les deux ayant choisi la Ville lumière pour briller. Ils songent même à racheter le stade de la porte de Saint-Cloud (propriété de la mairie) qui deviendrait ainsi le Parc des princes arabes…

L’élitisme républicain bien et mal compris

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La réforme Affelnet, qui a injecté quelques centaines d’élèves méritants issus de classes et de lycées non privilégiés dans le haut du panier scolaire parisien, n’est décidément pas passée. Ses contempteurs, usent de n’importe quel prétexte pour la discréditer — et réserver aux classes bourgeoises résidant dans les beaux quartiers de la capitale les places qui leur sont dues par droit de naissance. Notre chroniqueur s’en amuse et s’en attriste à la fois.


Un illustrissimo fachino, comme on disait à l’époque de Mazarin, un certain Jean-Yves Chevalier, prof de maths à la retraite, vient de bondir, dans les colonnes de Marianne, sur les derniers résultats du Concours général pour fustiger à nouveau le système Affelnet, selon lui responsable de la dégringolade du lycée Henri-IV.

Jean-Yves Chevalier, au tableau !

C’est un multi-récidiviste : comme disait Audiard, non seulement ça ose tout, mais ça persévère.

Evaluons le scandâââle : cette année le lycée favori des bobos du Ve arrondissement n’a eu aucun reçu au Concours général. Preuve, selon ce Monsieur Chevalier, de l’effet pervers de la réforme Affelnet, qui a modulé le vieux privilège de ce lycée consistant à choisir ses élèves à l’entrée en Seconde, en lui imposant quelques élèves venus d’ailleurs — comprenez : de lycées périphériques où les parents ne sont décidément pas des CSP++. Tout le monde sait que les pauvres, ça pue. Et c’est nul.

Quelques poignées de banlieusards suffisent-elles à faire vaciller l’empire de l’élitisme républicain ?

Permettez-moi de rappeler ce que j’écrivais il y a deux ans au tout début de L’Ecole à deux vitesses :

« Si vous pensez que les riches sont plus intelligents que les pauvres, ce livre n’est pas pour vous.
« Si vous croyez que le fait d’être logé dans un appartement à 13 000 € le m2 conforte votre intellect, ce livre n’est pas pour vous non plus — ni pour l’agent immobilier qui vous a vendu votre trois-pièces surpayé sous prétexte que vous aviez l’eau sur l’évier et Henri-IV sous vos fenêtres.
« Si vous pensez sérieusement que quelques « fils et filles de » pourris-gâtés, scolarisés dans telle ou telle école privée à la réputation surfaite, suffiront pour sauver la France de la décadence dans un premier temps, et de l’asservissement bientôt, en laissant dans le fossé 90% du potentiel intellectuel du pays, ce livre n’est vraiment pas pour vous.
« Et si vous estimez que votre progéniture a hérité de vos capacités, et que le fait qu’elle soit insupportable en classe et récolte des notes exécrables est la preuve qu’elle dispose d’un Haut Potentiel Intellectuel, passez votre chemin. Ou offrez-vous, sur la pile à côté, l’intégrale des œuvres de Philippe Meirieu. »

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Qu’un mathématicien s’appuie sur les chiffres du Concours général (créé sous l’Ancien Régime, il concerne chaque année quelques poignées d’élèves sur 20 000 candidats pour toute la France) est confondant. Comme ce concours est accessible aux élèves de Première et de Terminale, ce sont 450 lauréats (en comptant les prix et les accessits) sur 1,4 million d’élèves qui seront reçus par le président de la République — apte, comme chacun sait, à distinguer l’excellence.

N’importe qui — sauf les matheux, apparemment — comprendra qu’un tel échantillon n’est en rien représentatif de l’excellence scolaire. Une si faible « cohorte », pour parler comme les statisticiens, qui n’a d’autre unité que de sortir globalement de la cuisse de Jupiter, n’a aucune représentativité.

Parce que l’excellence n’est pas dans cet osmazôme scolaire (l’osmazôme, pour ceux qui ne s’intéressent pas à la cuisine, est le nom donné par le chimiste Louis-Jacques Thénard, au XIXe siècle, à l’extrait ultime de viande, ce concentré sublime dont un Allemand tirera le bouillon Liebig). L’élitisme républicain consiste à donner à tous la même formation initiale (en Primaire), puis à décanter lentement, par un système de filières et de sélection, les meilleurs élèves, en poussant chacun au plus haut de ses capacités. Quelles qu’elles soient, et pas forcément dans les disciplines classiques.

C’est ce mécanisme vertueux que le collège unique du duo infernal Haby / Giscard a mis à mal. La gauche, qui à l’époque avait encore le souci de l’école, s’y était fermement opposée. Aujourd’hui, elle hurle si l’on parle de reconstituer des classes de niveau — autre preuve du fait qu’elle a viré de 180° sur toutes les questions souveraines. Afin d’accueillir au plus mal des dizaines de milliers d’enfants étrangers baragouinant un français approximatif, elle a sacrifié nos propres enfants. On veillera à ne pas le lui pardonner.

Tartuffes

D’autant que ces grandes intelligences n’oublient pas leurs enfants, et à force de dérogations et d’arguments péremptoires (« Moi, c’est pas pareil »), ou tout simplement parce qu’ils sont de gauche mais logent dans des quartiers et des villes de riches, les inscrivent dans les « bons » lycées. Privés ou publics, leur sens de la laïcité, déjà très menacé par leurs partis-pris idéologiques, s’effrite complètement devant leurs intérêts familiaux bien compris. Demandez à tous les gens de gauche, surtout ceux qui sont des institutionnels du boboïsme, dans quel établissement ils ont inscrit leur progéniture. Raphaël Glucksmann, par exemple, est passé du collège-lycée Lamartine, dans le IXe, aux prépas du lycée Henri-IV. Et non, il n’est pas allé s’encanailler à Paul-Valéry…

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C’est ainsi qu’un fils à papa (André Glucksmann, « nouveau philosophe, sort du prestigieux lycée du Parc à Lyon) devient une grande conscience de gauche.

L’élitisme républicain, n’en déplaise à ces tartuffes, consiste à aller chercher dans toutes les strates de la société toutes les intelligences en devenir. J’ai expliqué cent fois qu’il faudrait opérer des détections précoces et au besoin instruire ces enfants loin de leurs familles, dans des internats d’excellence dont la multiplication est une nécessité. Mais en 2012, l’équipe de François Hollande (pur produit, ma chère, du pensionnat privé Jean-Baptiste de la Salle à Rouen, puis du lycée Pasteur à Neuilly) n’a eu d’autre urgence que d’annihiler les établissements que les équipes de Xavier Darcos et Luc Chatel avaient mis en place : là aussi, il est significatif que ce soient des ministres de droite qui aient conçu la nécessité de restaurer l’élitisme républicain, pendant que la gauche se vautrait dans l’universalisme de la racaille et l’intersectionnalité des luttes.

Ce n’est pas parce que Henri-IV, l’année dernière, n’a pas eu d’élèves primés, et que Stanislas a caracolé en tête des résultats au Concours général, qu’un système scolaire s’effondre. C’est parce que des enseignants, paupérisés mais obnubilés par la volonté de servir leurs maîtres de grande bourgeoisie, ont négligé des enfants qui pouvaient emprunter l’escalier scolaire pour sortir de leur condition. Et écrivent au besoin des insanités sur la chance que l’on a donnée à ces va-nu-pieds et qu’ils n’ont pas voulu exploiter.

Les charlatans de la morale signent l’échec de la gauche

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« La Grande-Bretagne s’est enfin réveillée. Le patriotisme et les frontières sont l’avenir » a déclaré le militant controversé Tommy Robinson, lors du raz de marée nationaliste de Londres samedi dernier. Alors que les spéculations sur le profil du suspect du meurtre de Charlie Kirk vont bon train en Amérique, sa veuve a déclaré « Vous n’avez aucune idée du feu que vous avez allumé ». Partout en Occident, les auto-proclamés humanistes et antiracistes perdent du terrain.


Tyler Robinson, suspecté du meurtre de l’influenceur Charlie Kirk. DR.

Panique à gauche ! Les rappels à l’ordre des « humanistes » et des « antiracistes » n’intimident plus. La nazification des nationaux connait son effet boomerang. Derrière les postures progressistes, apparaissent les débordements de haines, d’intolérances. Les « antifas » sont les fascistes. C’est un antifasciste revendiqué, qui vivait en couple avec un transsexuel, qui a tué par balle l’Américain Charlie Kirk, 31 ans, le 10 septembre. L’influenceur conservateur et soutien de Donald Trump débattait devant 3000 personnes sur le campus universitaire de l’Utah. Présenté en France, par les médias de gauche et les dénonciateurs sur X, comme « influenceur conspi d’extrême droite », Kirk avait construit sa renommée sur le dialogue avec ses contradicteurs. « Prove me wrong » (« Prouvez-moi que j’ai tort ») était son slogan. Mais le système a décrété la victime indéfendable. Au parlement européen, la minute de silence n’a été respectée ni par la gauche ni par le centre. Pour la bien-pensance mondialiste, Kirk aurait récolté ce qu’il avait semé, en défendant son pays et la liberté de débattre. Après son assassinat, Le Monde a titré : « Les trumpistes crient vengeance ». En réalité, Kirk était non-violent. En revanche, en février 2017, l’animateur Laurent Ruquier avait appelé à « abattre » Trump, ce « gros blanc ». En janvier 2025, l’acteur Jacques Weber, parlant du même Trump, justifiait de « supprimer littéralement » l’ « ordure absolue ». Le 10 septembre, l’extrême gauche a montré son basculement totalitaire en faisant de « Bloquons tout ! » une démonstration de violences sous drapeaux palestiniens.

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Le monde des faux gentils, dénoncé par votre serviteur il y a 20 ans[1], s’effondre. Les corruptions morales du camp du Bien s’étalent, y compris à travers le militantisme de l’audiovisuel public confirmé par l’affaire Legrand-Cohen. Les accusations en « racisme », « populisme », « xénophobie », « islamophobie » n’ont servi, depuis 40 ans, qu’à interdire la critique de l’immigration de masse et de l’islam colonisateur. Les antiracistes, bouleversés en 2020 par la mort de George Floyd, Noir étouffé par un policier blanc, n’ont toujours rien dit de l’insoutenable meurtre, filmé, de la jeune Ukrainienne Iryna Zarutska, égorgée dans un tramway en Caroline du nord (États-Unis) par un Afro-américain qui a proclamé : « J’ai eu la fille blanche ! ». Ce crime, commis le 22 août, n’a été révélé que le 7 septembre.

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Les faux humanistes défendent un monde qu’ils ont rendu invivable. Hier, à Londres, des centaines de milliers de personnes ont répondu à l’appel du pestiféré Tommy Robinson. Leur mot d’ordre : « Retrouver notre pays ». La pétition de Philippe de Villiers, lancée le 6 septembre pour réclamer un référendum sur l’immigration, a déjà récolté près de 850.000 signatures. Les mobilisations de Florian Philippot (Les Patriotes) mobilisent à chaque fois un noyau dur de résistants. La colère se libère. Elle ne se laissera plus calomnier par les charlatans du moralisme.


[1] La république des faux gentils, Editions du Rocher, 2004

Trois filles se lâchent


Le romancier Julien Aime (né en 1983, il est notamment l’auteur de Les chats ont neuf vies, moi j’en aurai deux, et d’autres livres qui ont connu un vif succès) ne manque pas d’aplomb : dans son dernier roman, Le jeu du bonheur a commencé comme ça, il se met dans la peau de trois femmes. Et pas n’importe quelles femmes : de beaux tempéraments, de sacrées espiègles, indépendantes, libres et audacieuses. Elles se prénomment Sarah, Marie et Karine. Pour fêter le divorce de la première, les deux autres l’entraînent au Pays basque, à Bayonne, au même endroit où, vingt ans plus tôt, elles ont arrosé leur baccalauréat. Tout ça pourrait sembler banal, sauf que nos trois filles décident de s’adonner à un jeu : ne rien retenir, ne dire aux gens que la vérité, rien que la vérité, même si celle-ci peut blesser. En un mot : elles seront elles-mêmes quoi qu’il en coûtera. « Ça passe ou ça casse… » Elles ne réfrèneront rien, aucune idée, aucune pulsion, aucun désir. Elles diront ce qu’elles pensent à leur mari, leur amant, leurs voisins, leur famille, leur patron… Ça va chauffer !

« Pas un utérus sur pattes ! »

Et nos trois adolescentes-quadragénaires font ce qu’elles ont prévu. Ce n’est pas triste. Ainsi, elles appliquent cette citation de Gisèle Halimi: « Soyez égoïstes ! Ce mot vous surprend ? Tant pis. Les femmes ont trop souvent le sentiment que leur bien-être doit passer après celui des autres, les parents, les enfants, les compagnons. Pensez enfin à vous. Devenez prioritaires. »

Elles se révoltent, luttent contre le patriarcat et ses conséquences. Karine fait référence à une autre citation de Gisèle Halimi : « Un homme se définit, existe, se réalise par son travail, par sa création, par l’insertion qu’il a dans le monde social. Une femme, elle, ne se définit que par l’homme qu’elle a épousé et les enfants qu’elle a eus. » Ce à quoi, elle répond : « Je ne suis pas un utérus sur pattes. Je tiens trop à mes grasses mat’ le week-end. Et je veux pouvoir sortir, voyager quand je veux, sur un coup de tête, quand ça me chante. »

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Sarah ne se remet pas de la rupture avec son mari Alexandre. D’autant que son fils Gabriel, cinq ans, ressemble à son père comme deux larmes de fiel : « Je ne suis pas une mère, je suis une photocopieuse. J’ai enfanté la copie conforme d’un enfoiré de première. L’enfer ! »

Marie, la narratrice, en a assez d’être la bonniche du foyer ; elle le fait savoir à Guillaume, son époux qui ne comprend pas, s’étonne. Dans son emploi, il en va de même. Son patron, Philippe, ne cesse de l’humilier, de la charger de tâches insurmontables. Elle l’interpelle quand celui-ci s’est trompé au cours d’une importante réunion où se trouvent des décideurs tout aussi importants. D’abord, il nie. Puis finit par reconnaître son erreur. Marie a rompu le silence ; elle a refusé d’être une potiche. Une belle victoire ! Le féminisme concret comme on l’aime.

Ce livre, très ancré dans la société actuelle, fait sourire, fait rire, mais il fait surtout réfléchir. En cela, il est réussi.

Le jeu du bonheur a commencé comme ça, Julien Aime ; Eyrolles ; 390 pages.

Un peu de politique politicienne, s’il vous plaît…

Composition du nouveau gouvernement. Notre chroniqueur s’inquiète de l’éventuelle reconduite de M. Barrot aux Affaires étrangères.


Il y a tellement de spécialistes de la politique profonde, de politologues distingués et compétents, de pronostiqueurs infaillibles jusqu’au prochain démenti, que je n’ai aucun scrupule à me livrer à une analyse de bas niveau : espérer un changement dans la composition du gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Je devine déjà les reproches qui me seront faits. Celui, d’abord, de privilégier une personnalisation vulgaire au détriment d’une politique de fond. Ma naïveté sera moquée : s’imaginer qu’avoir des ministres compétents et courageux est utile, et que rien ne sert d’élaborer un excellent projet si ceux chargés de le mettre en œuvre ne sont pas à la hauteur !

Mon inquiétude a surgi le 14 septembre en lisant La Tribune Dimanche, qui laissait entendre que, si Bruno Retailleau et Gérald Darmanin seraient reconduits pour le meilleur — une annonce qui, si elle devait être démentie, reviendrait à décourager le citoyen privé d’un exceptionnel duo régalien, seule véritable embellie de ces derniers mois -, Jean-Noël Barrot, notre ministre des Affaires étrangères, lui, le serait également, mais pour le pire.

La personnalité très estimable de ce dernier, dont j’ai bien connu le père, n’est pas en cause. On peut avoir, sur le plan humain, d’indéniables qualités mais n’être absolument pas fait pour une fonction à la fois prestigieuse et redoutable, même si le président de la République donne toujours le « la » en la matière. Qu’on le veuille ou non, ce ministre n’a cessé d’incarner une image dégradante de la faiblesse et du déclin de la France, à cause de propos semblant toujours en décalage avec les réalités internationales et d’une action apparemment frileuse là où le pays attendrait de la résolution, des gestes forts, en tout cas un vigoureux soutien aux collègues ministres usant d’une volonté de résistance plus affirmée.

Jean-Noël Barrot est le parfait exemple, si j’ose dire, de la caricature du monde diplomatique plus soucieux de litotes et de mesure que d’énergie pour défendre la cause nationale. Les rapports avec l’Algérie, notamment au sujet du sort tragique de Boualem Sansal, constituent l’exemple calamiteux de cette dénaturation de la diplomatie en soumission.

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Il serait contre-productif, dans la crise profonde et inédite que subit la France, de ne pas modifier radicalement la composition du gouvernement : certains ministres n’ont jamais franchi le mur du son et d’autres ont démérité.

Je suis prêt à accueillir l’ironie avec laquelle on traitera mes propositions. Il convient évidemment de remplacer Élisabeth Borne : nous avons eu, durant six mois, un ministre de l’Éducation nationale qui avait fait bouger les lignes, pas seulement avec la suppression de l’abaya. Pourquoi ne pas laisser Gabriel Attal compléter et achever ce travail ?

À la Défense, un Républicain de haut niveau, Jean-Louis Thiériot, serait irréprochable. À la Santé, ce n’est pas parce que Philippe Juvin serait évidemment le meilleur à ce poste qu’il faudrait s’en priver !

Il serait pertinent de remettre au côté de Bruno Retailleau « un ministre du quotidien » : c’était une initiative intelligente. Il y a le global, le structurel, la politique d’ensemble mais aussi l’immédiateté et les mille soucis, traumatismes et offenses engendrés par une insécurité qui empoisonne des existences n’aspirant qu’à la tranquillité, désireuses de la protection de leurs personnes et de leurs biens.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu est attendu avec impatience : s’il y a un lieu où la radicalité est possible, c’est bien celui-là.

Être ministre ne peut pas être la seule activité vous laissant à l’abri de tout, bon ou mauvais.

Et, coup de chance, on a enfin trouvé ce qui a longtemps manqué : une porte-parole exemplaire pour le fond comme pour la forme, Sophie Primas.

Quel bonheur d’être Premier ministre, pour consacrer les meilleurs et exclure les pires !

Le paradoxe Charlie Kirk

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Mémorial pour Charlie Kirk devant "Turning Point USA", Phoenix, Arizona, 11 septembre 2025 © Gage Skidmore/ZUMA/SIPA

L’assassinat de Charlie Kirk dépasse sa personne: en le tuant pour avoir osé parler et contredire, c’est le dialogue démocratique lui-même qu’on a visé, faisant de ce polémiste droitier un martyr du débat malgré lui.


Charlie Kirk, martyr du dialogue ?

On assassine parfois des hommes pour ce qu’ils incarnent plus que pour ce qu’ils disent. Charlie Kirk n’était pas un prophète, ni un saint, mais il portait sur la scène publique un geste devenu insupportable : celui de parler encore, de répondre, de contredire, de tenir debout dans le tumulte. Il n’a pas été tué pour une idée, mais pour un acte : celui d’ouvrir la bouche et d’accepter que d’autres la lui ferment par la parole plutôt que par la violence.

C’est là que réside la dimension tragique de son meurtre : il ne s’agit pas seulement d’une disparition individuelle, mais d’un signe funeste. On n’a pas seulement abattu un homme ; on a voulu supprimer le dialogue lui-même. Le sang de Kirk a coulé comme un encrier renversé sur la table de la démocratie : une tentative de noyer la parole dans la terreur.

Introduction : l’aveu nécessaire

Cet assassinat m’oblige à un aveu que je n’aurais pas pensé formuler. Mon « coming out » politique est né de cette évidence : nous ne vivons plus dans un monde où le dialogue est présupposé ; nous vivons dans un monde où le dialogue est devenu une faute. Toute ma vie, j’ai parié sur la force civilisatrice de la confrontation maîtrisée, sur la capacité des ennemis à se parler. Mais il faut désormais reconnaître que ce pari se heurte à une vérité crue : il existe des forces qui ne cherchent pas à discuter, mais à abolir la possibilité même de discuter.

C’est pourquoi je ne change pas de camp, mais de stratégie. Je reste fidèle à l’idéal démocratique, mais j’ai compris que, pour sauver le dialogue, il faut combattre ceux qui l’assassinent. Comme Kirk, nous devons accepter que notre fidélité à la parole nous expose au glaive.

Les fondations : là où le dialogue devient chair

J’ai vu au Rwanda des survivants parler à des génocidaires. J’ai vu des Israéliens clandestins s’asseoir avec des Palestiniens qui risquaient leur vie en osant leur répondre. J’ai vu des ennemis, les yeux rouges de haine, découvrir soudain, en se parlant, qu’ils avaient en commun une même peur, une même perte, un même deuil.

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Ces instants disent l’essence du dialogue : non pas l’accord, mais la reconnaissance mutuelle dans la douleur. C’est ce que j’ai toujours appelé la « thérapie du conflit ». Mais j’ai aussi vu ces expériences menacées, interdites par les groupes armés qui considèrent la parole comme une trahison. Ce que Kirk a subi sur une scène américaine, d’autres l’ont vécu dans les ruelles de Ramallah ou de Kigali : la menace de mort pour avoir osé normaliser l’ennemi par la discussion.

Les nouveaux totalitarismes : la guerre contre la parole

L’époque a basculé. Le totalitarisme n’est plus seulement un régime : c’est une dynamique planétaire qui vise à abolir l’espace commun. L’islamisme radical en est la forme la plus redoutable : il promet la pureté et la vérité révélée, il désigne ses victimes expiatoires — le Juif, l’Occidental, l’apostat. Comme le nazisme jadis, il n’accepte pas la contradiction : il n’a d’autre horizon que l’élimination.

Croire encore que le dialogue suffit, c’est répéter l’illusion de 1940 : on ne réconciliait pas les nazis et les Juifs autour d’une table, il a fallu d’abord vaincre le nazisme. Ce n’est qu’après la défaite qu’un dialogue a pu renaître sur les ruines. De même aujourd’hui : avant d’abattre la logique totalitaire, le dialogue est réduit au silence par la peur. La balle qui a tué Kirk nous le rappelle : la parole est désormais une cible.

L’aveu politique : nommer l’ennemi

C’est ici que mon aveu prend toute sa portée. Les seules forces qui osent nommer ce danger, ce sont celles qu’on range, commodément, sous l’étiquette d’« extrême-droite ». Trump, Orban, Zemmour, Farage : tous diabolisés, accusés d’incarner les heures les plus sombres, mais tous refusant le mensonge rassurant qui nie le danger.

Je n’idéalise pas ces hommes ; ils sont traversés de contradictions. Mais eux seuls posent la question vitale : la démocratie peut-elle survivre à des ennemis qui nient le dialogue ? Et eux seuls affirment que le réalisme n’est pas un crime. Pendant ce temps, les « modérés » s’abandonnent à la douceur suicidaire que Tocqueville redoutait.

Kirk, en osant parler dans ce climat, a incarné ce paradoxe : c’est le camp qui se croit progressiste qui tue la parole, et c’est le camp honni qui la défend, maladroitement mais résolument.

L’homme contre l’idéologie

Et pourtant, je sais qu’il reste toujours des failles dans la muraille. J’ai rencontré des anciens tueurs capables de tendresse, des musulmans rigoristes d’une hospitalité bouleversante. L’homme n’est jamais totalement perdu ; c’est l’idéologie qui le déforme.

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Arendt l’avait compris : ce sont des hommes ordinaires qui deviennent les rouages du totalitarisme. Charlie Kirk n’a pas été abattu par un démon, mais par un homme que l’idéologie avait transformé en instrument. C’est pourquoi il faut distinguer l’individu, toujours sauvé par un geste possible, et la logique qui l’enferme. Mais pour briser cette logique, il faut d’abord la nommer et l’affronter.

Conclusion : Kirk, témoin d’un paradoxe

Deux tâches s’imposent à nous :

1. Créer partout des lieux où le conflit peut être assumé sans devenir meurtre, où la haine peut être transformée en parole.

2. Refuser l’angélisme, et combattre ceux qui veulent abolir la pluralité et transformer le conflit en guerre totale.

Car le conflit est la respiration même de la démocratie. Mais lorsque le conflit est interdit, la démocratie s’asphyxie. Tocqueville l’avait annoncé : les sociétés démocratiques peuvent mourir de leur douceur.

Charlie Kirk est mort de cette douceur devenue aveugle, de cette complaisance qui préfère la censure au risque de l’affrontement. Sa mort fait de lui, malgré lui, un martyr du dialogue. Non pas parce qu’il portait la vérité absolue, mais parce qu’il incarnait le geste essentiel : parler, risquer sa voix, croire encore que la dispute vaut mieux que le silence des tombeaux.

C’est à nous, désormais, de comprendre sa leçon : le dialogue n’est pas un acquis paisible, c’est un combat. Un combat à mener avec des mots quand on le peut, avec des armes quand on n’a plus le choix. Dialoguer partout où c’est possible, combattre partout où c’est nécessaire : voilà l’unique fidélité qui nous reste envers ceux qui, comme Charlie Kirk, sont tombés pour avoir parlé.

Fast-fashion: des fake news pour justifier un projet de loi controversé?

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© Thomas Trutschel/DPA/SIPA

Pour justifier l’adoption d’une loi anti-fast fashion largement édulcorée, plusieurs ministres, aujourd’hui démissionnaires, avancent des chiffres extravagants afin de culpabiliser les clients des plateformes chinoises comme Shein et Temu. Une stratégie de diversion grossière et hasardeuse.


Six fois plus vite : à l’ère de la post-vérité, c’est la vitesse à laquelle une fake news se propage par rapport à une information vérifiée. L’étude sur laquelle est fondée cette affirmation ayant été menée par le très prestigieux MIT en 2018, et mondialement relayée depuis, on aurait pu attendre du gouvernement et des journalistes français qu’ils fassent preuve de la plus élémentaire prudence avant de relayer certains chiffres pour le moins fantaisistes.

Une stratégie de diversion pour faire oublier une loi vidée de sa substance ?

Le 30 août dernier, Véronique Louwagie, ministre démissionnaire déléguée au Commerce et à l’Artisanat, affirmait ainsi dans les pages du Nouvel Obs que « certains sites asiatiques d’e-commerce » – Shein et Temu, pour ne pas les nommer – seraient responsables de l’arrivée de « 600 avions provenant chaque jour de Chine vers l’Europe ». 600 avions, pleins à craquer d’habits bon marché, saturant l’espace aérien, vraiment ?

« D’où parles-tu, camarade ? », demandaient fort à propos nos soixante-huitards dans les amphis du Quartier latin sentant bon la marijuana et la lessive en retard. Si l’hygiène personnelle de Véronique Louwagie n’est pas en doute, nous ne savons que trop bien d’où la ministre parle dans les colonnes de l’organe officiel de la gauche caviar : de la position, qu’on lui concédera inconfortable, de celle dont la proposition de loi anti-fast fashion a été vidée de sa substance, et qui rêve de se maintenir en poste après la chute du gouvernement Bayrou.

Quand un avion vole dans le ciel, la ministre en voit trente

Sauvées par le gong – ou un habile travail de lobbying ? –, nos marques « européennes » comme Kiabi, Decathlon ou Zara. Et qu’importe si celles-ci faisaient, bien avant les plateformes chinoises, fabriquer l’essentiel de leurs produits dans de douteuses conditions en Asie. Ne reste plus qu’à taper sur leurs concurrentes asiatiques. Quitte à forcer le trait.

Ainsi du chiffre, pour le moins incongru, de 600 avions avancé par Véronique Louwagie. Une estimation trente fois supérieure à celle réalisée en 2023 par l’ONG suisse Public Eye, selon laquelle « chaque jour, l’équivalent de vingt avions remplis d’articles de fast-fashion serait transporté à travers l’Union européenne » (UE). Les chiffres avancés par la ministre démissionnaire ne sont pas davantage alignés avec ceux de la société de conseil en logistique aérienne Cargo Facts Consulting, qui estime quant à elle que Shein et Temu expédient conjointement l’équivalent de 108 Boeing 777 – mais dans le monde entier, et non vers la seule UE.

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Loin donc, très loin même, des 600 avions de Véronique Louwagie. Pas de quoi défriser notre gouvernement cependant, qui a d’autres chiffres dans son chapeau. Ainsi de celui brandi par la collègue de Mme Louwagie chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, elle aussi démissionnaire : selon elle, 94 % des produits de Shein et Temu seraient « jugés non conformes, et parmi eux 66 % (…) considérés comme dangereux ». « Jugés » par qui, « considérés » par quelle instance, on ne saura pas. On est prié de croire qu’une pandémie d’accidents aussi gravissimes que silencieux se déroule sous nos yeux sans que personne ne s’en rende compte.

Le mépris social derrière la croisade écolo

D’autres chiffres, incontestables ceux-là, pourraient pourtant être avancés. Si c’est bien l’écologie qui guide, comme elles le prétendent, nos deux ministres démissionnaires en croisade contre Shein et Temu, pourquoi ne pas communiquer sur ceux des propres services du gouvernement, selon lesquels le fret aérien ne représente que 3,8% des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur aérien ? Sachant que le secteur aérien représente, dans son ensemble, 2% des émissions mondiales de GES, le secteur du fret par avion ne pèse donc que… 0,076% des émissions de GES.

C’est sans doute déjà trop, répondront les plus verts des écolos ; sûrement. Mais cela justifie-t-il de sonner la charge contre les seules plateformes chinoises de fast-fashion ? A moins que ne se cache derrière ce suspect empressement gouvernemental une raison moins avouable – en deux mots : le mépris social. Car qui achète des tops à 2 euros ou des robes à 7 euros ? Les jeunes et les catégories populaires, à qui Shein et Temu offrent ce que le gouvernement leur refuse obstinément : « le droit », comme l’écrivait très justement en mai dernier Zohra Bitan dans les pages du Point, « de se sentir beaux, dignes, regardés ».

Culpabilisation écologique et grogne sociale : l’étincelle ?

En somme, nous disent en cœur Véronique Louwagie et Amélie de Montchalin, non seulement les pauvres s’habillent mal, mais ils ont le culot de s’habiller non-éthique, non-local, non-écolo. C’est de leur faute, encore et toujours de leur faute, si des centaines, des milliers, et pourquoi pas des millions, d’avions dégueulant de vêtements à bas prix polluent notre atmosphère ; et surtout pas celle des footballeurs et stars de téléréalité qui sillonnent le ciel en jets privés. Alors que le climat social est explosif, nos deux ministres voudraient craquer une allumette au-dessus du brasier social qu’elles ne s’y prendraient pas autrement. Chapeau – et au-revoir ? – les artistes.

Ici Londres. Les Anglais parlent aux Français…

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© Aldo Ciarrocchi/Solent Ne/SIPA

Ce samedi, à Londres, ce sont au moins cent-cinquante mille personnes qui se sont rassemblées, qui se sont unies pour manifester leur opposition à la politique migratoire de leurs gouvernements successifs. Saura-t-on entendre ici le message envoyé de là-bas ? À quand chez nous semblable démonstration d’unité et de force ?

Déferlante humaine

La mobilisation a d’abord surpris par son ampleur. Fédérer autant de personnes osant braver les insultes, les accusations de dérives fascisantes, de compromission avec le pire du pire de la xénophobie et du racisme en dit long sur le degré d’exaspération où sont arrivées ces populations.

Seconde surprise : contrairement à ce à quoi nous pouvons assister chez nous, en France, lors de manifestations comme celle du 10 de ce mois, là-bas, de l’autre côté de la Manche, il n’est pas permis d’hésiter une seule seconde. C’est bien en Angleterre que nous nous trouvons et ce sont bien des Britanniques qui font entendre leur voix. On s’en rend compte immédiatement au vu des drapeaux flottant au vent. De l’Union Jack à perte de vue… Alors que chez nous, n’est-ce pas, un observateur plus ou moins pressé pourrait se méprendre et croire que les images transmises lui viennent de certaines douces contrées d’outre Méditerranée.

Déferlante humaine donc dans les rues de la capitale de Sa Majesté. Et, ici, dans nos journaux et médias, autre profusion, celle du label extrême droite méticuleusement, consciencieusement accolé à l’événement. Histoire qu’on ne se méprenne pas, qu’on sache bien que cette foule brandissant son drapeau ne saurait être que quelque chose comme la lie du genre humain.

La palme dans ce registre revient probablement au quotidien Ouest-France dans sa livraison de ce lundi : « Avec sa manifestation géante à Londres, l’extrême droite britannique impose son récit anti-migrants » titre le journal.

On peut difficilement faire plus et mieux dans l’expression journalistique du mépris des peuples. Ainsi, selon ce titre, les dizaines de milliers de manifestants, venus de tout le pays, ne seraient au fond qu’un conglomérat de minus habens, de connards profonds, d’attardés mentaux à qui une improbable engeance diabolico-fasciste d’extrême droite aurait réussi à imposer – non pas la prise de conscience d’une réalité vécue et objectivement observable – mais un récit. Une fiction, une fable, un délire.

Philippe de Villiers à la manœuvre de ce côté de la Manche

De plus, il ne semble pas que le mot « migrants » dans anti-migrants ait été choisi par hasard. Il s’agit probablement de laisser entendre que la protestation, le combat de ces gens est dirigé non pas contre un fait de société, l’immigration, mais contre des êtres humains, contre l’infortuné migrant de chair et d’os. Cela présente l’insigne avantage, dans la vision du politiquement correct, de transformer une expression collective d’exaspération en un abject soulèvement de haine. Beau boulot…

Par chance, nous avons quand même droit dans ce titre à un accent de vérité. À contre-cœur sans doute, la manifestation y est qualifiée de géante. Ce qu’elle a été.

D’où cette question : à partir de quel seuil de mobilisation populaire ce que clame une foule unie, rassemblée, solidaire, mérite d’être qualifié de vox populi ? On aimerait avoir quelques précisions là-dessus.

Or, en fait, la meilleure façon de liquider la question – en même temps que le problème, peut-être bien – serait d’appeler les populations à exprimer leur opinion par référendum. Ce que propose ces jours-ci, chez nous, une pétition initiée notamment par Philippe de Villiers. Avec quelque succès, croit-on savoir, encore que les médias de référence se fassent des plus discrets sur ce point…

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Violences urbaines: le mensonge systémique

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Marseille, mars 2025 © Frederic MUNSCH/SIPA

Depuis trente ans, la France vit sous un double mensonge: celui des mots et celui de la facture. Les mots, soigneusement choisis, servent à masquer la réalité des violences. La facture, elle, est toujours présentée au contribuable français, sommé de réparer les dégâts, de financer la paix sociale, et, plus récemment, de payer même pour sa propre criminalisation lorsqu’il ose nommer ce qu’il voit.


Sur les réseaux sociaux, deux slogans très populaires à droite résument cette impasse depuis quelques jours : « Tout le monde sait », quand les élites parlent de « jeunes » ou de « déséquilibrés ». « C’est Nicolas qui paye », quand le contribuable règle la note de ce déni collectif.

La fabrique du « jeune »

En 1997, un rapport des Renseignements Généraux recense 724 meneurs de violences urbaines.
Officiellement, 406 sont « Français ». Mais seuls 48 portent un prénom et un nom de consonance européenne. La grande majorité est issue de l’immigration récente.
Plutôt que de parler d’assimilation, on gomme les origines et on invente un mot magique : « les jeunes ».
D’un coup, tout se confond : le délinquant devient adolescent ordinaire, l’émeute se réduit à un « malaise social ».
Face à ce tour de passe-passe, la réaction populaire est immédiate :
Tout le monde sait.

Les quartiers à l’épreuve des faits

Cette surreprésentation ne date pas d’hier. Entre 1991 et 2000, Lucienne Bui-Trong, spécialiste des violences urbaines au ministère de l’Intérieur, a étudié en détail les « quartiers difficiles ».
Ses constats sont implacables.
En 1993, sur 244 quartiers très difficiles analysés :
• Trois seulement abritaient moins de 10 % d’étrangers,
• 42 en comptaient entre 10 et 15 %,
• 62 en comptaient entre 16 et 25 %,
• et 137 dépassaient 26 %.
À l’inverse, beaucoup de quartiers défavorisés de la « France profonde », marqués par un chômage massif et des conditions de vie plus dramatiques qu’en banlieue parisienne ou lyonnaise, mais sans forte présence étrangère, ne présentent aucune violence urbaine. Même la petite délinquance y est faible.
Dans le Pas-de-Calais, 18 quartiers pourtant classés DSQ (Développement social des quartiers) ne connaissent aucun phénomène d’émeutes.
La différence saute aux yeux : la pauvreté seule n’explique rien.
La jeunesse française de souche est bien présente dans certains phénomènes de bandes, mais reste très nettement minoritaire (5 à 10 %), et surtout cantonnée au hooliganisme dans les stades, pas aux violences de quartier.

A lire ensuite, Elisabeth Lévy: Ces meutes qui ont pourri l’été

La réalité confirmée par la clinique

Quinze ans plus tard, la clinique pédopsychiatrique vient confirmer ce que les chiffres de police laissaient deviner.
En 2012, Maurice Berger, pédopsychiatre reconnu, observe que près de 60 % des enfants pris en charge dans son unité d’hospitalisation à temps complet pour comportements extrêmement violents sont d’origine maghrébine.
Dans un Centre Éducatif Renforcé avec lequel il collabore, dirigé par un Franco-Maghrébin, la proportion atteint même 88 %.
Et ce n’était pas une découverte isolée. Dès 2001, Patrick Huerre, autre pédopsychiatre, avait étudié 52 jeunes reçus en expertise pour viol ou agression sexuelle en réunion : plus de la moitié étaient d’origine maghrébine, la plupart nés en France.
Ces constats, répétés et convergents, dessinent une même constante.
Mais le discours officiel continue de s’abriter derrière l’euphémisme.

Kevin, Matteo et les supporters anglais

En 2023, après la mort de Nahel, la France connaît une vague d’émeutes d’une ampleur inédite. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, insiste alors sur la présence de « Kevin » et de « Matteo » parmi les interpellés. Message implicite : la violence serait universelle, elle n’aurait pas d’origine particulière. Un an plus tôt, il avait déjà usé de la même méthode lors du chaos du Stade de France : il accusa les supporters anglais d’avoir provoqué les incidents.
Les images et témoignages ont vite démontré le contraire. Plus tard, M. Darmanin dut admettre son erreur, provoquant une crise diplomatique avec le Royaume-Uni.
Toujours la même logique : désigner des coupables neutres, effacer la question de l’origine, maintenir la fiction républicaine.
Mais face aux vidéos, aux récits, aux réalités vécues, la réaction reste la même :
Tout le monde sait.

Les politiques de l’aveuglement

Pendant ce temps, les gouvernements multiplient les dispositifs : ZEP, emplois-jeunes, politique de la ville. Des milliards d’euros sont investis pour acheter la paix sociale. Mais les causes culturelles ne sont jamais nommées. Résultat : les symptômes s’aggravent. Les émeutes reviennent, plus violentes, plus destructrices.
Ce ne sont pas les émeutiers qui payent. Ni leurs familles. Ni leurs quartiers. C’est toujours le contribuable.

Du tribalisme au double pouvoir : imam et caïd

Dans ce terreau prospère une logique importée : le tribalisme, où prévaut la loi du clan. De là naissent deux dynamiques complémentaires :
• l’islam politique, qui transforme le clan en communauté religieuse,
• les narco-caïds, qui assoient leur pouvoir sur cette base familiale et communautaire.
Le caïd n’est pas seulement un trafiquant. Il agit comme le chef d’un réseau social parallèle : il finance des commerces communautaires, prête de l’argent, offre des fournitures scolaires, installe l’été de grandes piscines pour les enfants. Il apparaît comme un « grand frère » protecteur, mais en réalité il achète loyautés et dettes, verrouille le quartier par la peur.
Face à lui, l’imam militant prêche la rigueur religieuse, recrée la communauté autour de la mosquée. Rivaux en apparence, ils se rejoignent souvent : l’un blanchit son image en finançant, l’autre ferme les yeux sur le trafic. Et l’État ? Absent. Ou présent seulement pour arroser d’argent les associations, rénover les barres d’immeubles, fermer les yeux sur l’islamisme et sur les trafics.
Encore une fois :
C’est Nicolas qui paye.

A lire aussi, Pierre Vermeren: Paumé comme un jeune en France

Le tapis rouge de la faiblesse républicaine

Le pouvoir républicain croit incarner la tolérance et la pédagogie. Mais pour ceux qui viennent de sociétés marquées par le rapport de force, cette douceur n’est pas perçue comme de la générosité : elle est perçue comme de la faiblesse. Là où seule la fermeté impose le respect, la République déroule un tapis rouge victimaire : subventions, excuses, compassion. Là où il faudrait une réponse judiciaire et pénale claire, elle oppose le laxisme.
Résultat : loin d’apaiser, ce climat incite les islamistes et les caïds à aller toujours plus loin.

La boucle est bouclée : médias, justice, politiques

Mais le système ne se contente pas d’acheter la paix sociale. Il criminalise ceux qui osent parler. Les médias publics — France Télévisions, France Inter, Arte — traquent la parole jugée « déviante ». Les associations antiracistes, subventionnées, se portent partie civile. Et la 17ᵉ chambre correctionnelle condamne le citoyen qui n’a fait que dire ce que tout le monde voit. Pendant ce temps, les caïds et les islamistes prospèrent. Ils sont présentés comme des victimes, par une partie de la justice, par certains médias, et même par des politiques. De la France Insoumise à une partie de la Macronie, le récit est identique : le délinquant serait avant tout la victime d’une France raciste et coloniale.
Tout fonctionne à l’envers : Les violents deviennent victimes. Les victimes deviennent coupables. Et c’est encore Nicolas qui paie.

Conclusion : la double formule populaire

Le système tourne en boucle sur lui-même : L’État masque. Les médias relaient. Les associations dénoncent. La justice condamne. Les politiques excusent. Et Nicolas paie — pour tout. Tout le monde sait. C’est toujours Nicolas qui paye.

Du grand « Art »

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De gauche à droite, François Morel, Olivier Saladin et Olivier Broche © M. Toussaint

Plus de trente ans après son dévoilement, la pièce de Yasmina Reza fait un triomphe en ce moment au Théâtre Montparnasse (depuis le 27 août) avec un trio d’acteurs convaincants et désenchantés, lui apportant une nouvelle once d’humanité…


« Art » est un œuf. Rond. Plein. Blanc en apparence, zébré d’un jaune amer et d’une grisaille granuleuse. Au dialogue coruscant. À la mécanique pernicieuse qui s’infiltre et qui jubile. Derviche tourneur des planches. Mais surtout, une déclaration d’amour au plaisir du jeu. Peut-être n’avions-nous pas vu, il y a 31 ans, en 1994, ce plaisir méchant et gamin des réparties, ce chahut de cour de récréation ? Nous avions à cette époque sentencieuse disserté sur les vertus de la vérité, sur la ligne de flottaison d’une amitié qui vacille au fil des années, sur les caractères enchâssés, sur l’incommunicabilité entre l’être profond et son entourage le plus proche. Nous étions sérieux et bavards, en ce temps-là. Plus élitistes qu’instinctifs. Nous croyions alors aux idées générales. La distribution étincelante, Pierre Vaneck, Pierre Arditi et Fabrice Luchini, presque trop sophistiquée, à l’efficacité éprouvée, nous avait laissé, en mémoire, une impression de brio. Une guerre des égos. Une cavalcade où chaque acteur pouvait tirer sur la corde de son talent sans se faire prier, ruer dans les strapontins avec rage. Quelle fantasia ! Ces trois-là mettaient le paquet. Ils ne connaissaient pas la demi-mesure et ne ménagèrent pas leur peine. « Art » fut leur meilleure carte de visite en cette fin de siècle.

Nous n’avions vu que le ping-pong verbal presque trop aristocratique pour être vrai, la joute assurément destructrice, moins la misère de l’Homme, moins les silences, moins les fêlures. Nous étions fascinés par leurs accélérations, leur éclat et leur virtuosité, moins par la détresse de leurs personnages. En 2025, le texte de Yasmina Reza est toujours-là. Le même séquençage cabot et diabolique. Le texte n’a pas bougé. Perfide, implacable, gorgé de railleries et de pauses ridicules, on le savoure, on le roule dans nos bouches, on lui reconnaît sa force anticipatrice. Car Yasmine Reza avait tout lu et vu de nos débords contemporains. Elle aura été notre sismographe et notre vulcanologue. « Art » annonçait les chaos mentaux à venir. Les réactions et les illuminations. Dans ces années molles où la mondialisation heureuse devait régler tous nos problèmes, la pièce fracturait nos mensonges. C’est pourquoi elle fut jouée et traduite dans le monde entier. Elle demeure une borne du théâtre français. Constamment mise en scène, elle a accompagné les interrogations du public. Elle fut notre miroir à peine déformé des trente dernières années. Avec « Art », on fait le point avec soi-même, avec sa fatuité et ses illusions perdues. L’annonce d’une nouvelle distribution a rempli le Théâtre Montparnasse dès l’été. Rarement, on a vu un tel attroupement joyeux, rue de la Gaîté, une telle envie de théâtre « populaire », de sortir un samedi soir et d’oublier nos lamentations permanentes. « Art » est un classique comme « Le Corniaud ».

On croit en avoir fait le tour, et la pièce nous cueille par ses strates empilées, son écho intérieur, sa musique brisée. Le tableau n’a pas bougé, il est presque blanc. Serge (Olivier Broche), dermatologue accompli, en est toujours l’heureux propriétaire. Marc (François Morel), l’ingénieur aéronautique au dogmatisme incorrect, n’admet toujours pas cet achat inconsidéré et Yvan (Olivier Saladin), homme lige du textile passé à la papeterie, est l’élément neutre, « fluide », souffre-douleur et donc central de cette algarade amicale. Le public se lève à la fin de bon cœur pour applaudir à tout rompre. Ce soir-là, Bruno Lochet et Philippe Duquesne, les vieux camarades du petit écran, les inséparables de Jérôme Deschamps, n’ont pas raté la prestation de leurs trois copains. Il faut avouer que ces trois-là ont du mordant et du métier. Morel excelle dans la misanthropie, lui qui joue souvent les bonnes pâtes, il a la brutalité du rôle, son absolutisme délirant. Broche est royal en marquis pédant et raisonneur. Tandis que les deux amis s’affrontent, se mesurent, se repoussent, Saladin lunaire, tendre, remporte le morceau par son numéro à la Bourvil. Le vilain petit canard a toujours les faveurs de la majorité. Ces trois-là, vu le succès des premières représentations, vont jouer longtemps. Tant mieux, l’hiver sera plus doux.

Qatar-Bahreïn, derby… parisien

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DR.

Alors que les Qataris ont investi des fortunes dans le PSG depuis 2010, le Paris FC est sponsorisé par le Bahreïn. Les deux équipes s’affronteront en Ligue 1 début janvier.


« Derby », anglicisme pour un match de foot qui oppose deux clubs d’une même ville. À Paris, telle confrontation remonte au siècle dernier avec un PSG-Racing disputé le 25 février 1990. Depuis, que dalle, le PSG étant la seule équipe de la capitale à évoluer en Ligue 1, l’élite française… La nouvelle saison (qui a débuté le 15 août) va pourtant ressusciter le passé : le Paris FC ayant accédé à l’élite, il y aura derby (avec un match aller programmé le 4 janvier) !

Mais sous le pont Mirabeau la Seine a beaucoup coulé, et si Paris fluctuat nec mergitur, c’est dans le Golfe persique. Si un spectateur de février 1990 avait été plongé dans le coma, il serait surpris aujourd’hui de se réveiller au pays des mille et une nuits…

A lire aussi, du même auteur: Qui veut sa piqûre?

En 1990, le Racing s’appelait Matra-Racing, référence à son propriétaire, le capitaine d’industrie Jean-Luc Lagardère ; et le PSG, dirigé par le publicitaire Francis Borelli, qui succédait à son ami le couturier Daniel Hechter, était soutenu par RTL.

35 ans plus tard, le PSG appartient au Qatar et si le Paris FC a été récemment racheté par le groupe Arnault, son sponsor principal demeure le… Bahreïn, État insulaire qui fait face au Qatar, géographiquement et diplomatiquement, car dans le Golfe on se jalouse beaucoup. Les joueurs du PSG portent ainsi un maillot « Qatar Airways » et ceux du Paris FC, un maillot « Bahrain Victorious ». Seul point commun, les deux clubs arborent un écusson avec la tour Eiffel, à ne pas confondre avec un minaret.

Depuis une vingtaine d’années, ces pays investissent dans le sport pour donner une image moderne et dynamique de l’islam mais développée, la photo est souvent voilée. À Paris, on retrouve donc l’émir Al Thani, boss du PSG, avec pour lui donner la réplique le roi Al Khalifa, parrain du Paris FC, les deux ayant choisi la Ville lumière pour briller. Ils songent même à racheter le stade de la porte de Saint-Cloud (propriété de la mairie) qui deviendrait ainsi le Parc des princes arabes…

L’élitisme républicain bien et mal compris

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Le lycée Henri-IV à Paris, 2007 © POUZET/SIPA

La réforme Affelnet, qui a injecté quelques centaines d’élèves méritants issus de classes et de lycées non privilégiés dans le haut du panier scolaire parisien, n’est décidément pas passée. Ses contempteurs, usent de n’importe quel prétexte pour la discréditer — et réserver aux classes bourgeoises résidant dans les beaux quartiers de la capitale les places qui leur sont dues par droit de naissance. Notre chroniqueur s’en amuse et s’en attriste à la fois.


Un illustrissimo fachino, comme on disait à l’époque de Mazarin, un certain Jean-Yves Chevalier, prof de maths à la retraite, vient de bondir, dans les colonnes de Marianne, sur les derniers résultats du Concours général pour fustiger à nouveau le système Affelnet, selon lui responsable de la dégringolade du lycée Henri-IV.

Jean-Yves Chevalier, au tableau !

C’est un multi-récidiviste : comme disait Audiard, non seulement ça ose tout, mais ça persévère.

Evaluons le scandâââle : cette année le lycée favori des bobos du Ve arrondissement n’a eu aucun reçu au Concours général. Preuve, selon ce Monsieur Chevalier, de l’effet pervers de la réforme Affelnet, qui a modulé le vieux privilège de ce lycée consistant à choisir ses élèves à l’entrée en Seconde, en lui imposant quelques élèves venus d’ailleurs — comprenez : de lycées périphériques où les parents ne sont décidément pas des CSP++. Tout le monde sait que les pauvres, ça pue. Et c’est nul.

Quelques poignées de banlieusards suffisent-elles à faire vaciller l’empire de l’élitisme républicain ?

Permettez-moi de rappeler ce que j’écrivais il y a deux ans au tout début de L’Ecole à deux vitesses :

« Si vous pensez que les riches sont plus intelligents que les pauvres, ce livre n’est pas pour vous.
« Si vous croyez que le fait d’être logé dans un appartement à 13 000 € le m2 conforte votre intellect, ce livre n’est pas pour vous non plus — ni pour l’agent immobilier qui vous a vendu votre trois-pièces surpayé sous prétexte que vous aviez l’eau sur l’évier et Henri-IV sous vos fenêtres.
« Si vous pensez sérieusement que quelques « fils et filles de » pourris-gâtés, scolarisés dans telle ou telle école privée à la réputation surfaite, suffiront pour sauver la France de la décadence dans un premier temps, et de l’asservissement bientôt, en laissant dans le fossé 90% du potentiel intellectuel du pays, ce livre n’est vraiment pas pour vous.
« Et si vous estimez que votre progéniture a hérité de vos capacités, et que le fait qu’elle soit insupportable en classe et récolte des notes exécrables est la preuve qu’elle dispose d’un Haut Potentiel Intellectuel, passez votre chemin. Ou offrez-vous, sur la pile à côté, l’intégrale des œuvres de Philippe Meirieu. »

A lire aussi: Non, il n’y a pas trop de restaurants en France, il y a simplement trop de mauvais restaurants!

Qu’un mathématicien s’appuie sur les chiffres du Concours général (créé sous l’Ancien Régime, il concerne chaque année quelques poignées d’élèves sur 20 000 candidats pour toute la France) est confondant. Comme ce concours est accessible aux élèves de Première et de Terminale, ce sont 450 lauréats (en comptant les prix et les accessits) sur 1,4 million d’élèves qui seront reçus par le président de la République — apte, comme chacun sait, à distinguer l’excellence.

N’importe qui — sauf les matheux, apparemment — comprendra qu’un tel échantillon n’est en rien représentatif de l’excellence scolaire. Une si faible « cohorte », pour parler comme les statisticiens, qui n’a d’autre unité que de sortir globalement de la cuisse de Jupiter, n’a aucune représentativité.

Parce que l’excellence n’est pas dans cet osmazôme scolaire (l’osmazôme, pour ceux qui ne s’intéressent pas à la cuisine, est le nom donné par le chimiste Louis-Jacques Thénard, au XIXe siècle, à l’extrait ultime de viande, ce concentré sublime dont un Allemand tirera le bouillon Liebig). L’élitisme républicain consiste à donner à tous la même formation initiale (en Primaire), puis à décanter lentement, par un système de filières et de sélection, les meilleurs élèves, en poussant chacun au plus haut de ses capacités. Quelles qu’elles soient, et pas forcément dans les disciplines classiques.

C’est ce mécanisme vertueux que le collège unique du duo infernal Haby / Giscard a mis à mal. La gauche, qui à l’époque avait encore le souci de l’école, s’y était fermement opposée. Aujourd’hui, elle hurle si l’on parle de reconstituer des classes de niveau — autre preuve du fait qu’elle a viré de 180° sur toutes les questions souveraines. Afin d’accueillir au plus mal des dizaines de milliers d’enfants étrangers baragouinant un français approximatif, elle a sacrifié nos propres enfants. On veillera à ne pas le lui pardonner.

Tartuffes

D’autant que ces grandes intelligences n’oublient pas leurs enfants, et à force de dérogations et d’arguments péremptoires (« Moi, c’est pas pareil »), ou tout simplement parce qu’ils sont de gauche mais logent dans des quartiers et des villes de riches, les inscrivent dans les « bons » lycées. Privés ou publics, leur sens de la laïcité, déjà très menacé par leurs partis-pris idéologiques, s’effrite complètement devant leurs intérêts familiaux bien compris. Demandez à tous les gens de gauche, surtout ceux qui sont des institutionnels du boboïsme, dans quel établissement ils ont inscrit leur progéniture. Raphaël Glucksmann, par exemple, est passé du collège-lycée Lamartine, dans le IXe, aux prépas du lycée Henri-IV. Et non, il n’est pas allé s’encanailler à Paul-Valéry…

A lire aussi: Cette gauche qui s’entend sur France inter

C’est ainsi qu’un fils à papa (André Glucksmann, « nouveau philosophe, sort du prestigieux lycée du Parc à Lyon) devient une grande conscience de gauche.

L’élitisme républicain, n’en déplaise à ces tartuffes, consiste à aller chercher dans toutes les strates de la société toutes les intelligences en devenir. J’ai expliqué cent fois qu’il faudrait opérer des détections précoces et au besoin instruire ces enfants loin de leurs familles, dans des internats d’excellence dont la multiplication est une nécessité. Mais en 2012, l’équipe de François Hollande (pur produit, ma chère, du pensionnat privé Jean-Baptiste de la Salle à Rouen, puis du lycée Pasteur à Neuilly) n’a eu d’autre urgence que d’annihiler les établissements que les équipes de Xavier Darcos et Luc Chatel avaient mis en place : là aussi, il est significatif que ce soient des ministres de droite qui aient conçu la nécessité de restaurer l’élitisme républicain, pendant que la gauche se vautrait dans l’universalisme de la racaille et l’intersectionnalité des luttes.

Ce n’est pas parce que Henri-IV, l’année dernière, n’a pas eu d’élèves primés, et que Stanislas a caracolé en tête des résultats au Concours général, qu’un système scolaire s’effondre. C’est parce que des enseignants, paupérisés mais obnubilés par la volonté de servir leurs maîtres de grande bourgeoisie, ont négligé des enfants qui pouvaient emprunter l’escalier scolaire pour sortir de leur condition. Et écrivent au besoin des insanités sur la chance que l’on a donnée à ces va-nu-pieds et qu’ils n’ont pas voulu exploiter.

Les charlatans de la morale signent l’échec de la gauche

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Londres, 13 septembre 2025 © Vuk Valcic/ZUMA/SIPA

« La Grande-Bretagne s’est enfin réveillée. Le patriotisme et les frontières sont l’avenir » a déclaré le militant controversé Tommy Robinson, lors du raz de marée nationaliste de Londres samedi dernier. Alors que les spéculations sur le profil du suspect du meurtre de Charlie Kirk vont bon train en Amérique, sa veuve a déclaré « Vous n’avez aucune idée du feu que vous avez allumé ». Partout en Occident, les auto-proclamés humanistes et antiracistes perdent du terrain.


Tyler Robinson, suspecté du meurtre de l’influenceur Charlie Kirk. DR.

Panique à gauche ! Les rappels à l’ordre des « humanistes » et des « antiracistes » n’intimident plus. La nazification des nationaux connait son effet boomerang. Derrière les postures progressistes, apparaissent les débordements de haines, d’intolérances. Les « antifas » sont les fascistes. C’est un antifasciste revendiqué, qui vivait en couple avec un transsexuel, qui a tué par balle l’Américain Charlie Kirk, 31 ans, le 10 septembre. L’influenceur conservateur et soutien de Donald Trump débattait devant 3000 personnes sur le campus universitaire de l’Utah. Présenté en France, par les médias de gauche et les dénonciateurs sur X, comme « influenceur conspi d’extrême droite », Kirk avait construit sa renommée sur le dialogue avec ses contradicteurs. « Prove me wrong » (« Prouvez-moi que j’ai tort ») était son slogan. Mais le système a décrété la victime indéfendable. Au parlement européen, la minute de silence n’a été respectée ni par la gauche ni par le centre. Pour la bien-pensance mondialiste, Kirk aurait récolté ce qu’il avait semé, en défendant son pays et la liberté de débattre. Après son assassinat, Le Monde a titré : « Les trumpistes crient vengeance ». En réalité, Kirk était non-violent. En revanche, en février 2017, l’animateur Laurent Ruquier avait appelé à « abattre » Trump, ce « gros blanc ». En janvier 2025, l’acteur Jacques Weber, parlant du même Trump, justifiait de « supprimer littéralement » l’ « ordure absolue ». Le 10 septembre, l’extrême gauche a montré son basculement totalitaire en faisant de « Bloquons tout ! » une démonstration de violences sous drapeaux palestiniens.

A lire aussi, Gil Mihaely: De l’émeute à la meute

Le monde des faux gentils, dénoncé par votre serviteur il y a 20 ans[1], s’effondre. Les corruptions morales du camp du Bien s’étalent, y compris à travers le militantisme de l’audiovisuel public confirmé par l’affaire Legrand-Cohen. Les accusations en « racisme », « populisme », « xénophobie », « islamophobie » n’ont servi, depuis 40 ans, qu’à interdire la critique de l’immigration de masse et de l’islam colonisateur. Les antiracistes, bouleversés en 2020 par la mort de George Floyd, Noir étouffé par un policier blanc, n’ont toujours rien dit de l’insoutenable meurtre, filmé, de la jeune Ukrainienne Iryna Zarutska, égorgée dans un tramway en Caroline du nord (États-Unis) par un Afro-américain qui a proclamé : « J’ai eu la fille blanche ! ». Ce crime, commis le 22 août, n’a été révélé que le 7 septembre.

A lire aussi, Nicolas Conquer: Assassinat de Charlie Kirk, le point de bascule

Les faux humanistes défendent un monde qu’ils ont rendu invivable. Hier, à Londres, des centaines de milliers de personnes ont répondu à l’appel du pestiféré Tommy Robinson. Leur mot d’ordre : « Retrouver notre pays ». La pétition de Philippe de Villiers, lancée le 6 septembre pour réclamer un référendum sur l’immigration, a déjà récolté près de 850.000 signatures. Les mobilisations de Florian Philippot (Les Patriotes) mobilisent à chaque fois un noyau dur de résistants. La colère se libère. Elle ne se laissera plus calomnier par les charlatans du moralisme.


[1] La république des faux gentils, Editions du Rocher, 2004

Trois filles se lâchent

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Le romancier Julien Aime photographié en 2025. DR.

Le romancier Julien Aime (né en 1983, il est notamment l’auteur de Les chats ont neuf vies, moi j’en aurai deux, et d’autres livres qui ont connu un vif succès) ne manque pas d’aplomb : dans son dernier roman, Le jeu du bonheur a commencé comme ça, il se met dans la peau de trois femmes. Et pas n’importe quelles femmes : de beaux tempéraments, de sacrées espiègles, indépendantes, libres et audacieuses. Elles se prénomment Sarah, Marie et Karine. Pour fêter le divorce de la première, les deux autres l’entraînent au Pays basque, à Bayonne, au même endroit où, vingt ans plus tôt, elles ont arrosé leur baccalauréat. Tout ça pourrait sembler banal, sauf que nos trois filles décident de s’adonner à un jeu : ne rien retenir, ne dire aux gens que la vérité, rien que la vérité, même si celle-ci peut blesser. En un mot : elles seront elles-mêmes quoi qu’il en coûtera. « Ça passe ou ça casse… » Elles ne réfrèneront rien, aucune idée, aucune pulsion, aucun désir. Elles diront ce qu’elles pensent à leur mari, leur amant, leurs voisins, leur famille, leur patron… Ça va chauffer !

« Pas un utérus sur pattes ! »

Et nos trois adolescentes-quadragénaires font ce qu’elles ont prévu. Ce n’est pas triste. Ainsi, elles appliquent cette citation de Gisèle Halimi: « Soyez égoïstes ! Ce mot vous surprend ? Tant pis. Les femmes ont trop souvent le sentiment que leur bien-être doit passer après celui des autres, les parents, les enfants, les compagnons. Pensez enfin à vous. Devenez prioritaires. »

Elles se révoltent, luttent contre le patriarcat et ses conséquences. Karine fait référence à une autre citation de Gisèle Halimi : « Un homme se définit, existe, se réalise par son travail, par sa création, par l’insertion qu’il a dans le monde social. Une femme, elle, ne se définit que par l’homme qu’elle a épousé et les enfants qu’elle a eus. » Ce à quoi, elle répond : « Je ne suis pas un utérus sur pattes. Je tiens trop à mes grasses mat’ le week-end. Et je veux pouvoir sortir, voyager quand je veux, sur un coup de tête, quand ça me chante. »

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Sarah ne se remet pas de la rupture avec son mari Alexandre. D’autant que son fils Gabriel, cinq ans, ressemble à son père comme deux larmes de fiel : « Je ne suis pas une mère, je suis une photocopieuse. J’ai enfanté la copie conforme d’un enfoiré de première. L’enfer ! »

Marie, la narratrice, en a assez d’être la bonniche du foyer ; elle le fait savoir à Guillaume, son époux qui ne comprend pas, s’étonne. Dans son emploi, il en va de même. Son patron, Philippe, ne cesse de l’humilier, de la charger de tâches insurmontables. Elle l’interpelle quand celui-ci s’est trompé au cours d’une importante réunion où se trouvent des décideurs tout aussi importants. D’abord, il nie. Puis finit par reconnaître son erreur. Marie a rompu le silence ; elle a refusé d’être une potiche. Une belle victoire ! Le féminisme concret comme on l’aime.

Ce livre, très ancré dans la société actuelle, fait sourire, fait rire, mais il fait surtout réfléchir. En cela, il est réussi.

Le jeu du bonheur a commencé comme ça, Julien Aime ; Eyrolles ; 390 pages.

Un peu de politique politicienne, s’il vous plaît…

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Sébastien Lecornu et Jean-Noël Barrot, 12 juin 2025 © Gabrielle CEZARD/SIPA

Composition du nouveau gouvernement. Notre chroniqueur s’inquiète de l’éventuelle reconduite de M. Barrot aux Affaires étrangères.


Il y a tellement de spécialistes de la politique profonde, de politologues distingués et compétents, de pronostiqueurs infaillibles jusqu’au prochain démenti, que je n’ai aucun scrupule à me livrer à une analyse de bas niveau : espérer un changement dans la composition du gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Je devine déjà les reproches qui me seront faits. Celui, d’abord, de privilégier une personnalisation vulgaire au détriment d’une politique de fond. Ma naïveté sera moquée : s’imaginer qu’avoir des ministres compétents et courageux est utile, et que rien ne sert d’élaborer un excellent projet si ceux chargés de le mettre en œuvre ne sont pas à la hauteur !

Mon inquiétude a surgi le 14 septembre en lisant La Tribune Dimanche, qui laissait entendre que, si Bruno Retailleau et Gérald Darmanin seraient reconduits pour le meilleur — une annonce qui, si elle devait être démentie, reviendrait à décourager le citoyen privé d’un exceptionnel duo régalien, seule véritable embellie de ces derniers mois -, Jean-Noël Barrot, notre ministre des Affaires étrangères, lui, le serait également, mais pour le pire.

La personnalité très estimable de ce dernier, dont j’ai bien connu le père, n’est pas en cause. On peut avoir, sur le plan humain, d’indéniables qualités mais n’être absolument pas fait pour une fonction à la fois prestigieuse et redoutable, même si le président de la République donne toujours le « la » en la matière. Qu’on le veuille ou non, ce ministre n’a cessé d’incarner une image dégradante de la faiblesse et du déclin de la France, à cause de propos semblant toujours en décalage avec les réalités internationales et d’une action apparemment frileuse là où le pays attendrait de la résolution, des gestes forts, en tout cas un vigoureux soutien aux collègues ministres usant d’une volonté de résistance plus affirmée.

Jean-Noël Barrot est le parfait exemple, si j’ose dire, de la caricature du monde diplomatique plus soucieux de litotes et de mesure que d’énergie pour défendre la cause nationale. Les rapports avec l’Algérie, notamment au sujet du sort tragique de Boualem Sansal, constituent l’exemple calamiteux de cette dénaturation de la diplomatie en soumission.

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Il serait contre-productif, dans la crise profonde et inédite que subit la France, de ne pas modifier radicalement la composition du gouvernement : certains ministres n’ont jamais franchi le mur du son et d’autres ont démérité.

Je suis prêt à accueillir l’ironie avec laquelle on traitera mes propositions. Il convient évidemment de remplacer Élisabeth Borne : nous avons eu, durant six mois, un ministre de l’Éducation nationale qui avait fait bouger les lignes, pas seulement avec la suppression de l’abaya. Pourquoi ne pas laisser Gabriel Attal compléter et achever ce travail ?

À la Défense, un Républicain de haut niveau, Jean-Louis Thiériot, serait irréprochable. À la Santé, ce n’est pas parce que Philippe Juvin serait évidemment le meilleur à ce poste qu’il faudrait s’en priver !

Il serait pertinent de remettre au côté de Bruno Retailleau « un ministre du quotidien » : c’était une initiative intelligente. Il y a le global, le structurel, la politique d’ensemble mais aussi l’immédiateté et les mille soucis, traumatismes et offenses engendrés par une insécurité qui empoisonne des existences n’aspirant qu’à la tranquillité, désireuses de la protection de leurs personnes et de leurs biens.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu est attendu avec impatience : s’il y a un lieu où la radicalité est possible, c’est bien celui-là.

Être ministre ne peut pas être la seule activité vous laissant à l’abri de tout, bon ou mauvais.

Et, coup de chance, on a enfin trouvé ce qui a longtemps manqué : une porte-parole exemplaire pour le fond comme pour la forme, Sophie Primas.

Quel bonheur d’être Premier ministre, pour consacrer les meilleurs et exclure les pires !