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Maurice Radio Libre: « En France, on a permis aux délinquants de faire ce qu’ils veulent »

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« Allo, qui va là, j’te prie ? » Dans les années 1990, l’animateur de radio Maurice a tenu des multitudes d’adolescents éveillés tard le soir sur Skyrock. Émettant désormais depuis l’autre bord de l’Atlantique, « le sorcier des ondes » n’a rien perdu de sa liberté de ton. Entretien avec une légende bien vivante.


Alexis Brunet. Bonjour Maurice, vous vivez entre La Nouvelle-Orléans et Madagascar. Est-ce que la France vous manque?

Maurice. La France n’a pas beaucoup de raisons de me manquer (Rires). C’est un pays qui est devenu violent, dans lequel on voit des scènes qu’on voyait avant dans les infos, qui se déroulaient à 3000 ou 4000 kilomètres et qui maintenant se déroulent en France: décapitation d’un professeur, mitraillages, on voit des choses effrayantes.

Il y a vingt ans, vous parliez déjà de violence dans vos émissions, vous aviez des mots assez durs sur les banlieues notamment…

Assez durs je ne sais pas. En tous cas, ce sont des réactions face à des choses qui existent vraiment, qui sont des choses qui existent indiscutablement. Ce que je disais il y a 20, 30 ans, c’est que ceux qui avaient abîmé l’endroit dans lequel ils vivaient étaient des gens qui y vivaient, pas des gens venus de l’extérieur pour dégrader des immeubles ou enlever l’herbe autour des immeubles.

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Vous parlez de réaction. En 2016, dans un article intitulé Maurice, le caïd de la libre antenne qui a mal vieilli, le magazine Télérama a écrit: « Maurice pousse des beuglantes légèrement réac’ ». Êtes vous réactionnaire Maurice?

Je ne pense pas, mais je pense que chaque pays correspond à une définition, à une certaine ambiance, à certaines caractéristiques. Quand ces caractéristiques disparaissent, ça me paraît légitime de réagir. Effectivement, il y a des gens qui voient les choses différemment de moi, et qui vont considérer que les transformations de la culture du pays sont positives. Pour certains, il serait bon de faire de notre pays un pays qui ne correspond à aucune définition. Pourtant, moi si je suis à Madagascar en ce moment, c’est bien parce que j’ai envie d’être à Madagascar, où il y a des règles et une façon de vivre. Quand je suis aux États-Unis, c’est pareil. Pour certains en France, il faudrait qu’il n’y ait pas de façon de vivre particulière, qu’on vive en France comme on peut vivre ailleurs, que ce soit juste une sorte de kaléidoscope des cultures de partout? Peu importe que ceux qui ne sont pas d’accord avec moi me considèrent comme un pauvre mec ou un mec qui vieillit mal (Rires).

Vous vivez pourtant aux États-Unis une bonne partie de l’année, un pays multiculturel. Le multiculturalisme n’est-il pas quelque-chose qui vous plaît?

Les États-Unis ne sont pas un pays multiculturel, ce n’est pas vrai. Même les Noirs américains qui disent Black Lives Matter ou autre, se considèrent comme des Américains et vivent à l’américaine. Ils ne vivent pas comme on vit en Afghanistan, en Norvège ou je ne sais où. Ils vivent comme on vit aux États-Unis, et ceci est valable pour tous les gens, quelle que soit leur couleur.

Revenons aux banlieues. Dans un entretien réalisé en 2017, l’écrivain Michel Houellebecq a dit: « à la fin des années 1990, l’animateur de radio le plus populaire en France chez les jeunes, Maurice, faisait assez souvent des émissions sur le problème des banlieues […] on se rend compte qu’il pouvait tenir une heure sur les banlieues sans qu’une seule fois apparaisse le nom islam. Je suis revenu en 2010, et on ne parlait plus que de ça ». A votre avis, qu’est-ce qui a changé?

Ce qui a changé, c’est l’arrivée de ce que j’appelle l’islam prétexte. L’islam existait déjà en France. Il y a longtemps qu’il y avait des musulmans dans le pays, qui pratiquaient leur religion normalement, comme on pratique une religion j’imagine, car je ne suis pas intéressé par le sujet. Aujourd’hui on parle de l’islam car on a créé un islam voyant, un islam prétexte, un islam de revendication dans ce pays qui est un pays catholique.

Certains disent pourtant que la laïcité a permis de rompre avec les racines catholiques que vous évoquez…

Non. La laïcité s’exprime dans l’organisation de la société mais la France reste un pays catholique, c’est un pays dont l’Histoire vient du catholicisme, l’organisation française est quand même appuyée sur le catholicisme; avec la laïcité qui permet à la société française de fonctionner en dehors des dogmes religieux.

La prison et la police ne font plus peur qu’aux gens normaux. Pour tous les délinquants, ça fait partie de l’ordre des choses que de se battre avec la police, d’attaquer les pompiers, les médecins etc…

Une partie des musulmans en France trouve que l’on parle trop de l’islam en mal, ils se sentent pointés du doigt. Vous qui parlez à beaucoup de personnes dans le cadre de votre émission et notamment à certains d’entre-eux, comprenez-vous qu’ils estiment ne pas avoir à se justifier pour les attentats commis en leur nom?

Les musulmans normaux, je vais les appeler comme ça (rires), ce ne sont pas eux qui commettent des attentats. Comme beaucoup de gens, j’aimerais que ceux-là proclament leur séparation d’avec ceux qui commettent des attentats atroces dans notre pays. Mais je comprends en même temps que dans la mesure où ils estiment que ceux qui font ces attentats ne sont pas des musulmans mais des meurtriers, qu’ils n’aient pas de raisons de venir dire qu’ils ne sont pas d’accords avec des meurtriers. La plupart des terroristes ont des casiers judiciaires chargés, beaucoup ont fait de la prison, dont ils n’auraient jamais dû sortir.

On en vient donc au laxisme. Il y a vingt ans, vous disiez en substance que la France était trop laxiste et que les Français n’en pouvaient plus. Aujourd’hui, trouvez-vous que la situation a empiré?

On a un problème. Tout le monde veut plus de prisons en France, mais quand on vous dit qu’il y a une prison qui va se construire à côté de chez vous, on fait du tapage parce qu’on n’en veut pas à côté de chez soi, ça c’est la première chose. La deuxième chose, c’est qu’on a créé des règlements qui font que les gens n’ont pas peur d’aller en prison. La prison et la police ne font plus peur qu’aux gens normaux. Pour tous les délinquants, ça fait partie de l’ordre des choses que de se battre avec la police, d’attaquer les pompiers, les médecins etc. L’impunité dans le pays fait que ceux qui ont peur de la prison, ce sont seulement ceux qui sont en règle. En France, on a permis aux délinquants de faire ce qu’ils veulent. Beaucoup sont mineurs car quand vous êtes mineur vous ne risquez rien. Il faudrait une justice qui fasse réellement peur et qui mette réellement les gens en prison.

Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a parlé d’ensauvagement de la société et semble avoir pris le problème de l’insécurité au sérieux. Pensez-vous qu’il aille dans ce sens?

Le problème c’est qu’on est dans une société très bavarde. On parle, on bavasse mais maintenant, on en est au-delà des discours. Il faudrait enfin faire quelque-chose mais on n’arrive pas à interdire aux gens de casser l’espace public quand il y a des manifestations car aujourd’hui, si un policier poursuit celui qui vous a volé votre sac et que ce dernier tombe et se casse la jambe, on met le policier en prison ! C’est très joli de dire que l’on va donner plus d’argent aux policiers parce qu’ils font un travail harassant, mais encore faut-il leur permettre de faire leur boulot. Actuellement les policiers ne peuvent pas travailler. Tant qu’il en sera ainsi, et que la justice remettra dans le circuit des gens dont plus personne ne veut, pas même leurs parents, ça continuera. Sarkozy aussi a dit vouloir changer cela mais on n’a rien vu. Pendant ce temps-là, le degré de violence et d’ensauvagement de la société continue à grimper. On est dans une société de palabres où on se donne l’impression que quand on a parlé de quelque-chose, c’est comme si on l’avait réglé. Ce problème d’insécurité est d’ailleurs né avec François Mitterrand dans les années 1980, c’est lui qui a mis le pays à sac.

Le comité « Justice pour Adama » estime que la police en France est aussi violente que la police des États-Unis. Qu’en pensez-vous?

Ils ne connaissent pas la police des États-Unis, pour la plupart. Ensuite, si vous allez dans une manifestation vous battre avec des policiers, vous êtes prêt à recevoir des coups. Et si un policier vous met une tarte avec un bâton c’est sûr que vous aurez mal (Rires). Ceux qui parlent de violence sont ceux qui vont se battre avec la police, les autres non. La plupart des vidéos que l’on voit au sujet des violences policières sont des rixes provoquées par des gens qui ont envie d’en découdre avec la police. J’imagine que vos parents n’ont jamais eu à se battre avec des policiers n’est-ce pas?

Mes parents sont blancs. Le comité « Justice pour Adama » dit que la police est raciste en France justement…

Ce comité défend principalement des gens qui sont dans le circuit de la bagarre avec la police. Les gens normaux ne parlent pas de violences policières. Ceux qui parlent de violences policières, ce sont uniquement les délinquants et les gilets jaunes. Pourtant, il y a beaucoup de gens qui ont déjà été arrêtés par les flics sur l’autoroute ou à qui on a demandé de se mettre sur le côté. Ceux-là, ils ne disent pas que la police est violente. Si vous cherchez la confrontation, alors là vous risquez la violence policière. Madame Traoré vient nous expliquer qu’elle défend les Noirs, elle ne défend pas les Noirs, elle défend les délinquants. Les autres Noirs ne lui demandent rien, ils n’ont pas envie qu’on les mélange avec les membres de sa famille, qui ont eu beaucoup d’histoires avec la police et avec la justice.

Les gilets jaunes, comme les voyous en survêtements, sont des entraves à la vie des autres, ils emmerdent les autres

Pensez-vous toujours que les associations comme SOS racisme ne servent à rien, comme vous l’avez dit à une militante dans votre émission il y a quelques années?

Elles ne servent tellement à rien qu’on en est là aujourd’hui. Le Français n’est pas raciste. En revanche, le système de distribution dans les grandes entreprises a pris beaucoup de temps avant de prendre en compte les gens basanés pour accéder aux postes clés. Ceci est en train de changer aujourd’hui. Mais encore une fois, le racisme au quotidien en France existe généralement quand les gens sont des délinquants. Je ne pense pas que Yannick Noah ait souffert de racisme en France, je dis cela même si ce n’est pas mon sportif préféré (Rires). Moi je n’ai jamais souffert de racisme en France, je gagne ma vie normalement et quand un policier me demande de m’arrêter, je m’arrête.

Beaucoup de voix se sont indignées de la répression policière envers les gilets jaunes, qui aurait été forte, contrairement à celle envers les sauvageons de banlieue. Qu’en pensez-vous?

Les gilets jaunes sont des gens qui ont entravé la liberté des autres. Si vous avez décidé avec certains collègues de vous mettre à un rond-point et d’empêcher les gens de circuler, vous entrez dans une violence qui ressemble à celle des voyous dont on a parlé. C’est la loi du plus fort, c’est ceux qui sont les plus nombreux qui prennent la décision d’entraver la liberté des autres. Les gars en survêtement qui sont au pied d’un immeuble et qui décident d’empêcher les filles de se mettre en jupe sont respectés parce qu’ils sont nombreux et qu’ils font peur. Le mec qui est au rond-point avec ses collègues agit de la même manière. Les gilets jaunes, comme les voyous en survêtements, sont des entraves à la vie des autres, ils emmerdent les autres.

Comprenez-vous les revendications qu’ont eu les gilets jaunes au début de leur mouvement?

Ce sont des gens qui sont mécontents de leur sort et qui considèrent qu’ils n’ont pas de responsabilité dans ce qui leur arrive. Ils estiment que c’est la société ou ceux qui gagnent plus d’argent et payent plus d’impôts qu’eux qui doivent leur créer une vie meilleure. Moi je pense qu’on est tous allés à l’école de la République. Il y a ceux qui ont embrayé la première et il y a ceux qui ne l’ont pas fait. Si des gens sont restés sur le parking, ce n’est pas de la faute de ceux qui ont avancé. Est-ce à ceux qui ont réussi de porter ceux qui ne réussissent pas? On le fait déjà un peu mais on ne peut pas demander des augmentations de salaire ou je ne sais quoi simplement parce qu’on aimerait gagner au Loto et qu’on n’a pas gagné.

Les gilets jaunes devraient aller voir les gens qui sont vraiment dans la misère. Les gilets jaunes ont tous un abonnement de téléphone portable, ils ont tous internet à la maison, ils ont tous la télévision, du chauffage ou des vacances. Effectivement ils aimeraient mieux, ce que je comprends, mais ils ne veulent pas que ce soit eux qui s’engagent à avoir mieux, ils aimeraient que ce soit les autres qui le fassent à leur place. Pourquoi ceux qui ont bien travaillé à l’école, qui ont mieux réussi et qui payent plus d’impôts devraient porter ceux qui ont moins réussi? J’ajoute que les gilets jaunes sont des gens très riches pour beaucoup d’autres gens sur la planète. Des gilets jaunes qui débarqueraient à Madagascar pourraient y vivre dans l’opulence.

À lire aussi, Didier Desrimais : Des journalistes de Télérama passent au crible CNews, la «Fox News française», selon eux

Justement, après les attentats de Charlie-Hebdo et de l’Hyper Cacher, vous avez déploré sur votre antenne que la France importe des conflits extérieurs, notamment le conflit israélo-palestinien. À votre avis, pourquoi a-t-on tant besoin en France de se prendre pour le centre du monde?

Parce qu’on a grandi avec cette idée, en s’imaginant par exemple que des Guatémaltèques se levaient le matin en se demandant ce que pensaient les Français, en s’imaginant que les Américains étaient dans une rivalité avec nous, ce qui n’est pas vrai. Ceux qui importent des conflits extérieurs chez nous sont en général des gens qui ne comprennent pas ces conflits. De France, on ne peut pas comprendre le conflit israélo-palestinien. Il faut avoir grandi, avoir vécu à cet endroit-là pour être capable de saisir ce qui se passe réellement, tout en sachant que sur le terrain, beaucoup de gens en Israël comme en Palestine n’en peuvent plus de ce conflit.

Vous n’êtes pas d’accord? Parlez-en à Maurice sur Maurice Radio Libre

Avant que le sang ne sèche

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Deux femmes et un homme égorgés à Nice : combien de Samuel Paty faudra-t-il encore? Il y a des loups près de nous. Et les loups tuent.


Ça s’est passé hier matin à Nice dans la basilique Notre-Dame. Le choix du lieu n’est pas indifférent car une église offense la vue des islamistes. Un individu armé d’un couteau a égorgé deux femmes et un homme.

L’assassin blessé par balle a été neutralisé par la police. « La piste terroriste est envisagée » nous apprennent les autorités. Parce qu’il y aurait d’autres pistes ? Un différend familial peut-être ? Une querelle de voisinage ? Une beuverie qui aurait mal tourné ?

Comme à l’habitude on se mobilise au sommet de l’État. Darmanin a convoqué une cellule de crise. Castex a interrompu ses travaux pour la rejoindre. Macron se rend sur place.

La routine quoi. Comme les têtes tranchées des malheureuses et du malheureux. Les prochaines décapitations prévisibles figureront certainement dans la rubrique des chiens écrasés…

Jean-Luc Mélenchon a des idées très précises sur la question. Ce grand visionnaire a déclaré la veille de l’attentat barbare de Nice, que la plupart des agressions terroristes étaient « le fait de l’extrême droite ».

L’assassin a crié à plusieurs reprises « Allah Akbar » mais c’était sans doute pour donner le change. On va certainement apprendre que le tueur de Nice est un identitaire au crâne rasé du nom de Michel. Quand on voit ce qui s’est passé à Nice on a envie de hurler. Quand on entend Mélenchon on a envie de vomir.

Que veulent les terroristes? Nous soumettre!

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Par la violence mais aussi l’influence médiatique, politique, financière, le jihad judiciaire, l’entrisme dans les institutions et la banalisation de leurs exigences, nos ennemis entendent nous imposer l’islam comme référence culturelle et source normative suprêmes.


J’ai rédigé ce texte avant le tragique attentat qui vient de frapper Notre-Dame-de-Nice, et sur lequel je ne me prononcerais pas avant d’en savoir plus, si ce n’est pour exprimer bien évidemment toute ma compassion aux victimes et à leurs proches.

Je gage cependant que les prochains jours ne feront – hélas – que confirmer ce que j’écris ci-après.

Depuis qu’un fou d’Allah a assassiné Samuel Paty, condamné pour blasphème par l’islam théocratique, on voit fleurir les commentaires de certains « spécialistes du terrorisme » et autres « politologues » ou « sociologues » qui étalent plus que jamais leur médiocrité.

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Je vous résume leurs propos en les reformulant : « les terroristes veulent nous diviser, nous devons rester unis en refusant toute stigmatisation, ne désignons donc surtout pas à la colère du peuple l’idéologie qui nous tue » (n’est-ce pas Cédric Mas ?)

Pire : « la publication des caricatures est une agression intolérable envers les pauvres musulmans victimes d’oppression, pour mettre fin à la violence arrêtons de vexer ceux qui ne supportent pas que l’on critique leur religion », autrement dit « pour qu’il n’y ait plus d’attentats, donnons aux terroristes ce qu’ils veulent » (n’est-ce pas, François Burgat ?)

Voilà très exactement le raisonnement qui dans d’autres situations conduit à dire que les femmes violées sont responsables sous prétexte qu’elles étaient « provocantes » : « arrêtez de stigmatiser les violeurs, ce n’est pas leur faute s’ils ne savent pas contrôler leurs pulsions, il suffit que les femmes cessent d’être provocantes ». Discours abjects de collabos.

Face à ces absurdités, il faut rétablir quelques vérités simples

Le terrorisme n’est pas un ennemi, c’est un mode d’action de l’ennemi, comme les embuscades ou les manœuvres d’encerclement. On ne combat pas le terrorisme, tout comme on ne combat pas les embuscades ou les manœuvres d’encerclement : on combat un ennemi qui les utilise.

Quel est l’ennemi ? Les adeptes de l’islam théocratique totalitaire, communément appelés islamistes. Il y a entre eux des divisions, des oppositions, des rivalités, mais si elles ont un intérêt tactique dans la mesure où nous pouvons les exploiter, elles ne changent pas l’essentiel. Bien sûr, tous les terroristes pris individuellement n’ont pas conscience des grandes options stratégiques, de même que chaque soldat d’une armée de volontaires n’a pas forcément conscience de la manoeuvre d’ensemble. Il en est néanmoins un agent.

Nos ennemis réfléchissent, et le terrorisme n’est pas leur seul mode d’action. On connaît la triade hard power, soft power, gold power : nos ennemis la connaissent aussi, et en usent volontiers. Terrorisme donc, mais aussi influence médiatique, politique, financière, jihad judiciaire, entrisme dans les institutions, banalisation progressive de leurs symboles et de leurs exigences, pouvoir des urnes s’ils sont assez nombreux, etc.

Que veut l’ennemi, que veulent les islamistes ? L’islamisation. L’islam imposé à tous comme référence culturelle et source normative suprêmes.

Certains répètent en boucle que nos ennemis voudraient nous diviser, et que la soi-disant « montée aux extrêmes » servirait leurs projets en semant les germes d’une guerre civile. C’est faux. Les islamistes ne veulent pas la guerre civile, ils veulent l’islamisation. Si la guerre civile leur permet de l’obtenir, ainsi soit-il – encore qu’il ne soit absolument pas sûr qu’ils soient si nombreux qu’on le craint à avoir le courage du passage à l’acte, lorsqu’en face d’eux ils n’auront plus des civils apeurés mais le 1er RPIMa ou la Légion Etrangère.

Le véritable but des islamistes n’est pas la guerre

La division et la guerre ne sont pas le but des islamistes : ce sont des moyens, des chemins possibles pour atteindre leur but. Si nous cédons avant même de combattre, si nous accédons aux revendications de nos ennemis pour éviter la guerre, ils auront gagné. Si par peur de la « montée aux extrêmes » nous cherchons à étouffer toute combattivité – à la fois verbale et physique – chez ceux qui veulent défendre la France, la République, la liberté, seuls les islamistes et leurs soutiens resteront combattifs, et ils gagneront. Lisez Ibn Khaldoun, lisez David Galula, lisez Mao.

Rappelons en outre que dans le monde musulman, sauf exception, n’est jugé respectable que celui qui se fait respecter. Dès lors, jamais nos valeurs ne seront prises au sérieux si nous ne montrons pas que nous sommes prêts à nous battre pour les défendre. Seule une fermeté implacable ne reculant pas devant l’emploi de la force, nous permettra d’être respectés, et peut-être ensuite, mais seulement ensuite, d’engager un dialogue.

Nos ennemis, eux, maîtrisent parfaitement la technique bien connue du « gentil flic, méchant flic ». Pendant que l’un, ostensiblement sauvage et agressif, hurle et menace, l’autre vous dit : « aidez-moi à le calmer ! Donner-moi quelque chose pour m’aider à le calmer ! » Ainsi, après chaque attentat c’est le même scénario : il faudrait donner des gages à la communauté musulmane pour lui prouver qu’on ne la stigmatise pas, pour « éviter qu’elle se radicalise », pour « lutter contre la montée aux extrêmes », ou que sais-je. Assez ! N’est-ce pas au contraire la communauté musulmane qui devrait enfin donner des gages au reste de la nation ?

Et la sortie du président du CFCM, Mohammed Moussaoui, déclarant qu’il faudrait renoncer à notre liberté d’expression pour pouvoir fraterniser avec les musulmans, illustre à merveille ce que je dénonce ici : pour calmer les terroristes, renoncez de votre plein gré à ce dont ils veulent vous priver par la force. Odieuse soumission, et ne doutons pas un instant que si nous cédons ce ne sera pas interprété comme un geste de paix mais comme une preuve de faiblesse, et ils exigeront toujours plus.

« Cépaçalislam » ?

Les islamistes veulent notamment instaurer un délit de blasphème. Pourquoi ? Par arrogance, par susceptibilité infantile, mais pas seulement. C’est la première étape vers le contrôle des esprits, l’interdiction de toute critique de leur idéologie, la censure, le contrôle de l’écrit, de la parole puis de la pensée, puisqu’il est impossible de penser convenablement ce que l’on ne peut exprimer, ce dont on ne peut débattre.

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Tout ce que François Burgat et ses pareils ont à dire, c’est que si nous avions renoncé à publier et à montrer les caricatures du prophète de l’islam, Samuel Paty serait encore en vie. Certes. Esprit de Munich : si nous cédons aux exigences du Führer, personne ne mourra à la guerre puisqu’il n’y aura pas de guerre. Nous marcherons tous au pas de l’oie, mais qu’importe ?

Sans doute faut-il ici cesser de parler d’islamisme et désigner clairement l’islam, puisque ce projet de censure mondiale est ouvertement porté par l’université Al Azhar, qui n’est certes pas une autorité stricto sensu mais tout de même une référence majeure pour l’islam sunnite.

Alors dites-moi, Al Azhar, c’est l’islam ou « cépaçalislam » ?

Je stigmatise ? Mais dans ce cas c’est la réalité qui est stigmatisante ! Car il faut le dire et le redire : en France, toutes les religions sont critiquées, moquées, caricaturées, mais une seule tue pour ça ! Une seule tente d’imposer ses caprices pour qu’ils deviennent loi ! Ne réduisons pas les musulmans à l’islam, beaucoup de musulmans valent mieux que leur religion, mais osons dire qu’il y a bel et bien un énorme problème dans et avec l’islam.

Si votre objectif est la paix à tout prix, la solution est simple : interdisez toute critique de l’islam et faites-en la religion d’État. Islam signifie à la fois « paix » et « soumission » : la paix obtenue par la soumission. Encore que. Il y en aura toujours qui trouveront qu’un Etat musulman n’est jamais assez musulman : on parle trop peu des attentats commis au nom d’Allah qui ensanglantent presque quotidiennement le monde musulman. Qu’en disent nos analystes bien-pensants ? Est-ce parce que les pays où l’islam est religion d’Etat seraient islamophobes ? Ou parce que la tentation de surenchère permanente et pathologique est consubstantielle à cette idéologie ?

Il ne faut pas s’y tromper : pour prendre des références historiques connues, nous ne sommes pas en 1913, nous sommes en 1938. Il ne s’agit pas pour nous d’éviter une guerre fratricide absurde, mais de tenir tête à un totalitarisme qui ne s’arrêtera que si on l’arrête par la force.

Vague d’attaques contre la France


La menace terroriste est au plus haut. Les islamistes et les fanatiques entendent faire plier la France sur le droit de blasphémer.


Trois personnes tuées à Nice après l’attaque d’une basilique, assaillant menaçant abattu à Avignon, individu interpellé à Lyon muni d’un long couteau et attaque contre le consulat de France en Arabie saoudite. Retour sur les attentats islamistes qui ont touché la France aujourd’hui.

Nice : trois morts après une attaque au couteau à la Basilique Notre-Dame

Vers 9 heures ce jeudi 29 octobre, à la Basilique Notre-Dame de Nice, un assaillant a tué trois personnes et fait plusieurs blessés. Une femme a été égorgée, comme le professeur Samuel Paty, à l’intérieur de l’Église où est morte une autre victime. La dernière est décédée dans un bar à proximité, après avoir fui. L’auteur de l’attaque a été interpellé et le parquet antiterroriste a ouvert une enquête pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroristes criminelle ». Christian Estrosi, le maire de Nice, assure avoir entendu l’assaillant dire « Allah Akbar », « alors qu’il était médicalisé sur place ». Emmanuel Macron s’est rendu sur le site de l’attaque. 

Avignon : un homme abattu par la police après une attaque à l’arme de poing

Peu de temps après l’attentat à Nice, la peur s’est emparée des habitants d’Avignon. 

Un homme menaçait des personnes dans la rue avec une arme de poing. Il a été signalé vers 10 heures par un passant qui a contacté la police. Lors de l’intervention des policiers, « l’homme a foncé sur eux avec son arme et a été tué par les forces de l’ordre », a expliqué le porte-parole de la police d’Avignon à la presse. Il n’y a fort heureusement pas eu de blessés. Dans un premier temps, Europe 1 affirmait que l’homme muni de son arme aurait également crié « Allah Akbar ». Mais l’information a ensuite été démentie. Selon le procureur « on a plus affaire au geste d’un déséquilibré ». 

Lyon : un individu armé d’un long couteau interpellé

Un individu armé d’un couteau doté d’une lame de 30 centimètres a été interpellé, selon le journal régional Le Progrès. D’après le quotidien, le suspect serait d’origine afghane, et est actuellement entendu en garde à vue. Le maire du 2ème arrondissement de Lyon, Pierre Olivier a confirmé l’information sur Twitter : « Un homme vient d’être interpellé par la police nationale à Perrache armé d’un long couteau. »

Arabie Saoudite: attaque au couteau contre le consulat de France

Le consulat de France à Djeddah a fait l’objet d’une attaque, rapporte la diplomatie française. Un vigile a été visé. Blessé, il a été transféré à l’hôpital, mais ses jours ne sont pas en danger selon l’ambassade de France en Arabie Saoudite. D’après Libération, une note du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin datant du 25 octobre, révélait qu’ « un communiqué de l’agence Thabat proche de l’organisation terroriste Al-Qaeda » incitait à la pratique d’un « jihad individuel » à l’encontre « des cibles liées aux Français, comme les ambassades ou les lieux de villégiature ».

Face à la multiplication de ces attaques, dont tout laisse à penser qu’ils sont une réponse au courage français de ne pas renoncer à la liberté d’expression et au droit de caricaturer ce que l’on veut dans notre pays, Jean Castex a déclaré le niveau « urgence attentat » sur l’ensemble du territoire avec un plan Vigipirate renforcé. Entre reconfinement et menace terroriste, la fin d’année s’annonce difficile pour les Français.

Cryogéniser la vie n’est pas assurer la santé!

 


Reconfinement. Emmanuel Macron dit vouloir faire passer la santé des Français avant toute chose. Or, la santé n’est pas l’absence de maladie mais la puissance d’un individu de pouvoir tomber malade et de s’en relever…


La suppression des libertés individuelles doit être toujours équilibrée et justifiée par la finalité qu’elle poursuit, caractéristique de l’État de droit. Le nouveau confinement qui s’annonce est justifié par les autorités par l’urgence sanitaire. Autrement dit : conserver le maximum de citoyens en bonne santé, c’est-à-dire exempt d’une infection au Covid-19.

Le Covid ne tue pas aléatoirement, mais précisément : les personnes âgées et des adultes déjà malades

Pourtant, la santé n’est pas l’absence de maladie mais la puissance d’un individu de pouvoir tomber malade et de s’en relever. Canguilhem, dans Le normal et le pathologique, inverse notre manière habituelle de concevoir la santé comme une « normalité » de la vie du corps. Nous pensons souvent qu’on est en bonne santé si l’on n’a ni fièvre, ni douleur, ni problème particulier. Or, Canguilhem affirme que la santé n’est pas réductible à n’être que le contraire de la maladie. Sinon, nous pourrions décrire comme étant en bonne santé le maladif, le chétif, l’individu vulnérable physiquement, même s’il n’est pas atteint d’une pathologie précise. Il est en réalité en sursis : la maladie n’est pas un évènement pour son organisme mais presque un état latent. Il est pour ainsi dire diminué, « rétréci » écrit Canguilhem. Nous voyons donc bien que la santé ne peut être décrite comme une simple conservation, une préservation d’un ordre immuable : cela ne se rencontre d’ailleurs jamais dans les individus vivants. C’est la différence que l’on pourrait ainsi noter entre l’objet, dont les possibilités d’état sont restreintes – il peut être cassé ou en bon état – et l’organisme qui est croissance perpétuelle, progrès, obstacle surmonté. Dans une conception de la vie que l’on pourrait qualifier de nietzschéenne, Canguilhem rappelle le phénomène qu’est le vivant comme ce qui établit en permanence de nouvelles normes. On pourrait l’illustrer de manière très concrète ainsi : une fois un virus surmonté, le corps n’est plus le même car il s’est immunisé contre ce dernier. Il est fondamentalement différent dans son ordre interne lequel est renforcé, mais aussi dans son rapport au vivant hors de lui. Les maladies infantiles n’inquiètent jamais pour cette raison : l’enfant a en lui toute la force vitale et les ressources d’un organisme sain pour surmonter des virus qui emporteraient en quelques heures une personne âgée ou adulte plus fragile. La robustesse de l’enfant n’est pas un statut quo, mais la capacité de tout traverser. Si la santé est donc un certain bon ordre du corps, ce n’est pas un ordre immuable que la maladie viendrait amoindrir, affaiblir, perturber. C’est plutôt un ordre que la maladie vient perturber parce qu’il doit être repensé et renforcé. L’homme en bonne santé est celui qui peut risquer de tomber malade, car précisément son organisme a la latitude de se renforcer grâce à la maladie.  

Le Covid ne tue pas aléatoirement

La santé est donc un état actuel du corps qui décrit sa capacité de surmonter la maladie plutôt qu’elle n’en serait le contraire. Elle ne peut être une justification ultime des décisions politiques.

Des contraintes ahurissantes pèsent sur les individus sans distinction dans cette crise « sanitaire ». Mais la santé de qui s’agit-il de « préserver » ? Si en mars, sans connaissances réelles de cette maladie, nous pouvions craindre une hécatombe digne de la grippe espagnole avec laquelle le Covid avait alors été comparé, il en est désormais tout autrement. Le Covid n’est pas non plus la peste bubonique, terrassant tous les individus sur son passage. Nous avons désormais des statistiques solides et éprouvées, du recul et des connaissances sur les victimes du Covid. Le Covid ne tue pas aléatoirement, mais précisément : les personnes âgées et des adultes déjà malades. Des individus qui n’ont déjà plus de santé, nous dit Canguilhem : ils ne peuvent plus risquer de rencontrer ce virus, leur corps n’ayant plus l’aptitude d’instaurer un nouveau système de norme pour s’en relever. Aucune mesure politique prise ne peut restaurer la santé ainsi comprise. Être confiné n’est pas rester en bonne santé, mais chercher à conserver une norme vitale précaire, quitte à cryogéniser le corps social. Le coût politique, économique, social du confinement n’est-il alors pas infiniment trop élevé pour le bénéfice qu’il envisage ? De plus, le choix n’est pas binaire : il ne s’agit pas de choisir entre la survie économique des bien portants et quelques années de vie supplémentaires pour des personnes déjà amoindries, mais de restaurer une authentique responsabilité individuelle. Autrement dit, laisser les individus prendre les risques et les précautions qui les concernent, en assumant que le service public hospitalier n’est pas sans limites.

Une jeunesse sacrifiée?

Car il n’y a pas que la vulnérabilité biologique. Comme le fait remarquer avec beaucoup de justesse Comte-Sponville dans une interview radiophonique récente sur Europe 1, il y a la vulnérabilité sociale, économique, qui est le propre de la jeunesse de 2020. Des jeunes gens sans bac ni examens réels, dont les diplômes seront donc sévèrement dévalués. Qui vivent des conditions d’études bien souvent difficiles ; dans des logements souvent exigus parfois vétustes, suivant leurs cours à distance – quand leur fac ou leur école est équipée suffisamment en termes numériques –  sans accès aux bibliothèques universitaires, sans certitude sur la tenue de leurs examens et encore moins sur leur valeur dans le futur. Que dire, également, des diplômés de juin 2020 sans espoir de trouver leur premier emploi dans la situation actuelle ? Une seule certitude leur est permise : la crise sera forte, et ce sera eux qui en feront les frais alors même que les principaux bénéfices de ces exigences sanitaires ne les concernent pas. Voilà des fragilités que le politique aurait le pouvoir d’amoindrir, alors qu’il est impuissant, de fait, face à ce qui régit le vivant. Il ne suffit pas au président de reconnaître qu’avoir 20 ans est difficile actuellement pour s’arroger le droit de demander à cette jeunesse tous les sacrifices. La crise économique sans précédent qui s’annonce créé des fragilités économiques et sociales évitables au profit de la conservation d’une fragilité biologique actuelle indépassable. 

Il n’y a pas de justice face au virus, certes, et on ne peut juger de la valeur d’une vie. La justice n’est pas qu’une norme idéale : elle doit être l’étalon permettant de mesurer et d’équilibrer les décisions politique au niveau général, en visant non l’égalité mais l’équité. En l’occurrence, n’est-il pas profondément injuste d’aggraver considérablement la situation économique et sociale du pays au profit de personnes qui n’auront pas à le relever ? 

Le normal et le pathologique

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Musulmans français, encore un (gros) effort vers l’assimilation!


Le double discours des représentants du culte musulman trahit une réticence à l’assimilation


Vingt-quatre heures après avoir tenu des propos intolérables sur la liberté d’expression, Mohammed Moussaoui évoque une « maladresse ».

Pourtant, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a eu de longues minutes pour préciser sa pensée et l’étayer ; il ne s’agit donc pas exactement d’un « dérapage ». Ses déclarations sont dans la continuité du discours toléré par la France de la part de ses instances musulmanes, depuis plus de vingt ans.

L’intégrisme n’a absolument pas fléchi devant la mansuétude politique et ses accommodements lâches

« Il ne faudrait pas laisser s’installer l’idée que les musulmans de France sont provoqués par ce type de caricatures ». C’est en ces mots que le président du CFCM (Conseil français du culte musulman), haut représentant reçu lundi à l’Élysée par Emmanuel Macron et interlocuteur privilégié de l’État, analyse la montée des tensions entre la France et une partie du monde musulman. Mohammed Moussaoui en rajoute une couche ; par une pirouette douteuse, il explique que la censure doit s’exercer auprès des dessinateurs et autres blasphémateurs car, sinon, les caricatures pourraient être exploitées par les terroristes. Traduction : il ne faut pas froisser les ennemis de la République.

L’universitaire, par ailleurs décoré de la médaille de chevalier de l’ordre national du Mérite sous la mandature de François Hollande, enfonce le clou en estimant que « pour préserver l’ordre public, parfois on est obligés de renoncer à certains droits », avant de se lancer dans une comparaison hallucinante avec le Covid, qui « nous impose à tous des mesures de protection pour se protéger mutuellement ». Invoquant le « devoir de fraternité », il appelle à de la « pédagogie » des deux côtés, comme si les Français devaient prendre en compte la susceptibilité de ceux qu’ils caricaturent : irrésistible marche vers un affaiblissement – synonyme à terme de disparition – du droit au blasphème.

Marchandages et sempiternelles plaintes

Comment accueillir les regrets de Mohammed Moussaoui et admettre leur sincérité, quand l’association qu’il préside n’en est pas à son coup d’essai ? Au moment de l’affaire Mila, alors que la jeune femme croulait sous les menaces de mort, le délégué du CFCM Abdallah Zekri arguait qu’elle l’avait « cherché » et devait assumer. Quelques années avant l’attentat de Charlie Hebdo, Mohammed Moussaoui avait réagi, au nom des musulmans de France, à des caricatures publiées dans le journal satirique : « Il s’agit bien d’une intrusion agressive et gratuite dans les tréfonds de leurs sentiments religieux. Il s’agit d’une provocation ».

A lire aussi: La laïcité ne peut être aimée, si l’on n’a pas rendu aimable le pays qui l’a inventée

En remontant le temps, on observe qu’apparaissait déjà au moment de l’établissement d’un islam de France – ou plutôt durant sa genèse – une opposition à certains principes de notre société. En 1999, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur et désireux de structurer la deuxième religion du pays, soumit aux organisations islamiques un texte qui ne pouvait « faire l’objet d’une négociation ». Pourtant, les pouvoirs publics, à la demande de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) ont à l’époque amendé le texte.

Alors que le droit musulman prévoit la peine de mort pour l’apostasie –  châtiment présent dans la charia et les hadîths –, on peut lire sur ce rapport du Sénat que « ce texte est accepté mais au prix d’un compromis sur son contenu. La mention du droit de changer de religion est notamment retirée à la demande de l’UOIF ». La pusillanimité ne date donc pas d’hier.

L’islam politique ne sera jamais rassasié de nos compromissions

Il est totalement mensonger et malhonnête d’invoquer la liberté de croyance quand il n’y a rien de spirituel dans la démarche d’un islam politique. Ces revendications ne relèvent pas tant d’une sensibilité religieuse, que d’une orthopraxie dont une partie de nos compatriotes musulmans refusent de se distancer, faisant sans cesse référence dans leurs doléances aux textes et paroles de leur livre. La défaillance de la France dans l’application du principe de laïcité est actée à partir du moment où elle ne met pas les musulmans face à leurs responsabilités. Dans l’état actuel des choses, la voix des musulmans est inaudible, discordante, contradictoire. Leurs réponses quant à la compatibilité de l’islam avec les valeurs républicaines mettent chaque jour en lumière un schisme irréconciliable entre deux franges impossibles à quantifier – et parfois même à distinguer – : les musulmans de France, intégrés, républicains, et les adeptes d’un islam rigoriste.

L’expérience et le discernement nous indiquent que l’islam politique – qui est en soit un radicalisme – ne sera jamais rassasié de nos compromissions. Demain, nous ferons face à de nouvelles exigences, jérémiades et intimidations. L’intégrisme n’a absolument pas fléchi devant la mansuétude politique et ses accommodements lâches : il en est au contraire sorti renforcé, et nous menace aujourd’hui plus que jamais. Jean-Paul Sartre disait détester les victimes « quand elles respectent leur bourreau », et les islamistes partagent avec certitude ce sentiment. Les bougies, marches blanches, appels à ne pas stigmatiser et cœurs en papier mâché doivent urgemment faire place à l’élaboration d’un nouvel arsenal juridique, ferme et parfaitement applicable, afin de passer à l’offensive contre les ennemis de la France – seule issue pour que la peur change de camp.

Roule, Britannia!


Le journal de l’ouvreuse


Un petit tour à Londres où le virus n’a rien pu contre les indestructibles « Concerts Promenade » (because le public peut rester debout) aussi appelés « Proms ». Festival produit par la BBC, qui dure deux mois et culmine chaque mi-septembre dans une orgie de tubes patriotiques, folkloriques ou classiques avec stars, foule et Union Jack en délire : « The last night of the Proms ».

Les "Proms" au Royal Albert Hall à Londres © CARL COURT / AFP
Les « Proms » au Royal Albert Hall à Londres © CARL COURT / AFP

Traditionnellement au programme de la dernière night : l’hymne officieux des Grands-Bretons, Rule, Britannia. Plusieurs fois menacé pour bellicisme, Rule, Britannia a encore perdu des points depuis le Brexit. Mais il tenait bon, et tous les étés finissaient au Royal Albert Hall sur l’air de « Règne, Britannia, règne sur les flots ». Quand mi-juillet trois indignés lancent une pétition. « Les paroles écrites en 1740 l’ont été pour un public différent du nôtre. De la même manière que nous réformons les statues et les monuments, nous devons réformer notre musique. Cet air est offensant. Nous vivons dans un monde multiculturel où les Vies Noires Importent, et ce message doit être aussi entendu en musique. » Black Lives Matter : merci aux gentils organisateurs d’interdire le méchant chant.

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Everybody s’en cogne et une semaine plus tard la pétition n’a pas recueilli 200 signatures. Mais la BBC annonce que, pour ne pas insulter la mémoire de George Floyd, la « Last night » omettra Britannia. Le concert 2020 sera « un évènement inclusif et poignant ».

Boris Johnson monte au front

Indigné par la victoire des indignés, le camp adverse prend les armes. Le député Michael Fabricant trouve que « l’histoire de la Grande-Bretagne n’est pas si mauvaise, nous avons aboli l’esclavage en 1807 ». Et le prime Boris Johnson in person monte au front : « Je pense que ce pays traverse un orage national à propos de certaines choses, ces choses justement que d’autres à travers le monde aiment le plus chez nous. Ils aiment nos traditions et notre histoire avec toutes ses imperfections. Quelle folie de la censurer ! » Notre rôle ici-bas ? « Écrire le présent et non réécrire le passé. »

Réécrire, le verbe est mou. Rule, Britannia n’a carrément aucun rapport avec la Guyane ou le Nigéria. C’est une ode pour temps de guerre tirée d’un petit opéra composé en 1740 par un nommé Thomas Arne sur les paroles du poète écossais James Thomson. La pièce met en scène le roi anglo-saxon Alfred le Grand, vainqueur des Vikings en 878. Et il n’y est question d’esclavage que pour en dire le plus grand mal : « Britons never, never, never shall be slaves », les Britanniques ne seront jamais, jamais, jamais esclaves, et tant pis si leurs voisins « tombent aux mains des tyrans ». « Grand Dieu ! par des mains enchaînées / Nos fronts sous le joug se ploieraient, / De vils despotes deviendraient / Les maîtres de nos destinées ? », exactement pareil, et ça, c’est dans La Marseillaise. Rien à signaler, tous les pays ont leur péan.

Comme de nos jours le ridicule tue, la BBC a fait marche arrière. Au mois d’août, elle proposait que la dernière nuit des Proms garde son hymne, mais en version instrumentale, sans les paroles. Et finalement, le 12 septembre, un chœur distance-barriérisé dans un Royal Albert Hall vidé de son public, mais télédiffusé, a bien (et même très bien) chanté Rule, Britannia comme d’habitude. Sous la direction de l’Ukrainienne Dalia Stasevska. Blanche, la pauvre. Mais femme, c’est déjà ça.

Nice: Christian Estrosi dit que “tout doit être fait pour anéantir l’islamo-fascisme”

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Suite à l’attaque islamiste et la mort de trois personnes dans la Basilique Notre-Dame-de-Nice, après des mots de compassion et de tristesse, Christian Estrosi a appelé à sortir des « lois de paix » pour vaincre le terrorisme. Il rencontrera Emmanuel Macron dans la journée.


Nice, ville martyre

“Une fois de plus c’est la barbarie islamiste qui frappe” a déploré Christian Estrosi aujourd’hui après l’assassinat de trois personnes dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption située en plein centre-ville de Nice. Un nouvel événement dramatique pour la ville, quatre ans après l’attentat au camion-bélier sur la promenade des Anglais qui avait fait 86 morts.

A lire ensuite: Que veulent les terroristes? Nous soumettre!

Le maire LR a d’abord eu des mots de compassion à l’égard des proches et des familles des victimes, ainsi que pour la communauté paroissiale de la basilique Notre-Dame de Nice. Lucide, il a déclaré : « Nous sommes en train de payer un tribut beaucoup trop lourd en étant une fois de plus victimes de l’islamo-fascisme. » C’est l’expression qu’il a choisi d’utiliser pour décrire le terrorisme islamique. Pour le maire niçois il n’y a pas un instant eu de doutes sur les motivations de l’attaque. Il assure avoir lui-même entendu l’assaillant répéter « Allah Akbar », « alors qu’il était médicalisé sur place ». Il a d’ores et déjà demandé que « toutes les églises soient mises sous surveillance ou fermées, ainsi que tous les autres lieux de culte de la ville ».

S’exonérer des lois de paix

L’ancien pilote de moto ne s’est pas contenté de nommer le problème et de rendre hommage aux victimes, aux policiers et aux personnels soignants. Il a tenu un discours énergique pour lutter contre l’islamisme.  Pour y parvenir, Christian Estrosi a appellé devant la presse la France à « s’exonérer des lois de la paix pour anéantir définitivement l’islamo-fascisme de notre territoire ». Le président Emmanuel Macron va se rendre à Nice et le rencontrera aujourd’hui. Les deux hommes parleront certainement du plan pour mettre un terme à ses attentats sanglants. 

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Comme l’a rappelé l’abbé Grosjean sur Twitter après l’attaque : « Les fleurs et les bougies ne suffiront pas. » L’islamisme ne nous laisse aucun répit, reste à espérer que le gouvernement accélère son action pour l’arrêter.

Birmanie: retour à la dictature?

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Prenant prétexte de l’épidémie de Covid, qui touche très peu le pays, le gouvernement birman organise couvre-feu, fermetures des frontières et contrôles renforcés des territoires. Après cinq années d’ouverture relative, le pays connaît un raidissement politique qui ouvre la voie à un retour d’une dictature forte.


Après seulement cinq années d’ouverture, la Birmanie se referme à nouveau

Depuis le 31 mars 2020, les frontières terrestres internationales sont fermées, ne laissant transiter que les marchandises, légalement ou de manière interlope. Le trafic de drogue, dont la Birmanie est un grand producteur mondial (opium, héroïne et méthamphétamines) semble avoir même augmenté d’après les observateurs locaux. Les aéroports internationaux sont quasiment à l’arrêt, n’autorisant les entrées dans le pays seulement au compte goûte et sur autorisation exceptionnelle. Les trajets internes entre les villes et les régions ou États birmans sont aussi très restreints, soumis à autorisation spéciale et mesures de quarantaine.

Ces mesures drastiques sont catastrophiques pour une grande partie de la population. De nombreuses usines de textile fabriquant des vêtements pour de grandes marques occidentales ont fermé mettant à la rue des dizaines de milliers d’ouvriers. Privées de revenu des femmes se tournent vers la prostitution pour survivre et nourrir leur famille. Des cas de suicides ont aussi été révélés, souvent des pères de famille sans argent et désespérés. Dans les campagnes, n’ayant pas le droit de circuler pour aller sur les marchés, des agriculteurs voient leurs récoltes de fruits et légumes pourrir sur place. Des restrictions aux répercussions dramatiques dans un pays ou plus d’un tiers de la population vit avec moins d’un euro par jour.

Les groupes armés en Birmanie

Une population civile de plus en plus touchée par les conflits armés

Ce n’est pas le coronavirus qui tue, la Birmanie ayant un taux extrêmement faible de personnes infectées et hospitalisées (comme la majorité des pays d’Asie du Sud-Est). En revanche les opérations militaires de la Tadmadaw (l’Armée birmane) ont pris une ampleur et une violence qu’on ne connaissait plus depuis 2012, date des accords bilatéraux de cessez-le-feu avec plusieurs groupes armés.

Ce sont principalement dans les États d’Arakan, Nord Shan et Nord Karen où les troupes birmanes ont intensifié leur pression. Le plus gros des opérations a lieu en Arakan où l’Armée birmane poursuit son operation clearance (opération d’évacuation) selon les termes officiels du gouvernement. Démarrés à l’encontre de la minorité musulmane Rohingya en 2016, les efforts de la Tadmadaw se concentrent depuis deux ans sur l’ethnie bouddhiste arakanaise et son groupe armé l’Arakan Army (AA). Après de multiples revers face à cette armée de guérilla comptant des milliers d’hommes bien équipés et encadrés, les militaires birmans ont entrepris une véritable politique de la terre brûlée visant les populations civiles, bombardant et incendiant méthodiquement, en représailles, les villages se trouvant dans les zones rebelles.

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En octobre 2020, face aux effectifs importants de l’armée birmane dans la région, ainsi qu’à l’ampleur des combats, le gouvernement du Bangladesh voisin a ordonné la mobilisation de troupes, notamment de l’artillerie, pour sécuriser sa frontière.

Les villageois fuyant les combats se comptent par milliers, pris au piège dans une région à feu et à sang que le gouvernement a entièrement verrouillée pour cause de « risques sanitaires liés au Covid-19 ». Ces mesures sanitaires ont fini de couper l’Arakan du reste du monde, le gouvernement ayant déjà supprimé les connexions internet de plusieurs districts et complètement bridé le réseau dans le reste de l’État, rendant toute communication vers l’extérieur très difficile.

Les déclarations de l’OMS sur l’épidémie de Covid-19 sont donc tombées à pic, une grande partie des représentants étrangers des ONG, les diplomates, et les journalistes internationaux n’ayant plus accès au territoire birman, le pouvoir central a en quelque sorte les mains libres pour poursuivre sa politique de contrôle à l’égard des territoires ethniques sans risque d’ingérence occidentale dans ses conflits intranationaux.

À l’opposé de l’Arakan et du Bangladesh, à proximité de la frontière chinoise dans le Nord Shan, ce sont aussi plusieurs milliers de civils qui ont dû fuir les affrontements entre militaires birmans et l’un des principaux groupes armés du Shan (la RCSS-SSA[tooltips content= »Restoration Council of Shan State – Shan State Army ; cet important groupe armé contrôle majoritairement les territoires de l’Est du Shan proche de la frontière thaïlandaise. Il est l’héritier de la Mong Taï Army de Khun Sa, célèbre « Roi de l’Opium » du le Triangle d’Or de 1964 à 1996, date de sa reddition au pouvoir birman. »](1)[/tooltips]) depuis le mois de septembre. L’emploi d’hélicoptères effectuant des frappes sur les zones habitées indique le haut niveau d’intensité des combats dans cette région montagneuse stratégique traversée par la principale route reliant la Birmanie à la Chine.

L’agence birmane des Nations-Unies a publié un rapport alarmant indiquant que plus d’une centaine d’enfants ont été tués ou mutilés dans les combats menés par l’Armée birmane lors des trois premiers mois de l’année 2020. Les Nations-Unies ont aussi dénoncé l’utilisation des civils, en particulier des enfants, par l’Armée birmane dans ses opérations militaires, comme porteurs ou boucliers humains.

Les blessés par mines antipersonnel sont aussi nombreux et réguliers dans la population civile, le gouvernement birman étant l’unique gouvernement au monde qui produit et utilise ces engins explosifs sur son territoire[tooltips content= »En juillet 2020, en l’espace d’une dizaine de jours, 4 enfants sont tués et 13 autres mutilés par des engins explosifs dans les différentes régions en guerre. En 2019, pour la deuxième année consécutive, ICBL (International Campain to Ban Landmines) a établi le fait que la Birmanie est le seul pays au monde dont le gouvernement poursuit l’implantation de mines sur son territoire. »](2)[/tooltips].

L’émergence des partis ethniques, un danger pour le pouvoir central

En août 2020, dans l’État Karen, près de trois mille villageois se réunissaient afin de protester « contre l’occupation de leurs territoires par l’armée birmane, les exécutions de civils, les viols, la destruction de l’identité des peuples autochtones et de leurs territoires sauvages ». Ainsi, loin de parvenir à une unité de la population, l’alliance au pouvoir du parti démocratique d’Aung San Suu Kii et des militaires birmans a poussé les minorités ethniques à se regrouper autour de partis politiques représentants leurs identités respectives centrées sur leurs petits états nationaux (Karenni, Karen, Shan, Kachin, Arakan, Chin et Mon). Ces partis politiques se sont rapidement fait remarquer, palliant leurs faibles moyens financiers par un gros soutien populaire d’un électorat déçu par les échecs du parti démocrate.

Face à ces menaces électorales identitaires, le gouvernement a interdit de vote plusieurs régions en conflit. Ainsi, sont privés de scrutin la quasi-totalité de l’Arakan, le Nord Karen, Nord Shan ainsi qu’une grande partie du Kachin. Globalement toutes les zones connaissant des combats intenses et réguliers ainsi que les territoires indépendants contrôlés par les narcotrafiquants Wa et Kokang (USWA et MNDAA) dans l’Est du Shan.

A lire ensuite, Reportage: Lesbos: abus d’hospitalité

Privant de vote ces régions fortement hostiles au pouvoir central, le gouvernement s’assure de garder le pouvoir entre les mains du parti démocrate et leurs alliés de circonstance : les militaires. Ces derniers obtiennent d’office 25% des sièges parlementaires, et gardent le contrôle des ministères stratégiques (entre autres ceux de la défense et des frontières) selon la constitution de 2008 qu’ils ont eux-mêmes mis en place.

En rouge les régions où les scrutins électoraux ne sont plus assurés.

La République de l’Union du Myanmar fait l’unité contre elle

Les cinq années de gouvernance démocrate s’achèvent dans une crise économique terrible, on estime qu’un tiers de la population est retombée dans la pauvreté.

Concernant les conflits armés, le gouvernement s’est décrédibilisé, incapable de…

>>> Lire la fin de cette analyse géopolitique de la Birmanie de 2020 sur le site de la revue Conflits <<<

Philip Mansel, le biographe anglais de Louis XIV

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Philip Mansel revient sur le règne passionnant de Louis XIV. Dans Roi du monde, il dresse un portrait aussi novateur que singulier du Roi-Soleil. Lucien Rabouille l’a lu pour nous.


Le titre de Roi du monde n’échut pas à Louis XIV mais à la dernière biographie qui lui est consacrée. En lisant son auteur, Philip Mansel, on comprend que les ambitions du Roi ont été plus éclatantes que ses réussites. Sévère par son antiphrase, l’auteur l’est aussi dans ses jugements. Louis XIV aspira bien à la monarchie universelle. L’ambition du grand Roy excéda cependant l’étendue de son génie –  in fine celle de son empire.

Mansel est Anglais. Ajoutons qu’il est talentueux et caustique. Fidélité oblige, ses reproches convoquent parfois l’affectif. En protestant, il pleure l’édit de Nantes et la « tolérance » accordée aux huguenots français. Hypnotisé par Versailles, temple perpétuel à la gloire de son fondateur, il raconte avec délice l’art subtil de mener les hommes et observe leurs extravagances ; parfois leur écart au sens commun.

L’Anglais et le Roy

Déjà auteur d’une belle biographie du Prince de Ligne, on remarque avec bonheur qu’il n’a rien perdu de son style : classique et sérieux, il fourmille d’anecdotes et participe de la beauté du règne. La somme est ample, délayée comme une fine causerie aristocratique, tout anglaise dans ses rituels d’expression, son ironie et sa retenue. L’examen minutieux d’instants anodins, humains et royaux, dépaysera  certains lecteurs français ; habitués au mépris dans lequel le genre biographique a longtemps été tenu par notre Université. Comme pour les démentir, ces qualités  tiennent le texte éloigné de l’admiration béate ou de la critique tendancieuse. Et l’intelligence du propos lui autorise in fine l’ambivalence : admirable dans ses goûts et certains de ses choix, Louis XIV le fut aussi – et paradoxalement – dans ses erreurs et sa démesure. Le ton est étranger, comme son auteur, et même distancié alors que le dossier biographique est en France passionnel : avec F.Bluche faisant l’avocat passionné de la défense, D.Dessert le procureur sourcilleux et J.C Petitfils l’arbitre raisonné avec un opus admirable mais néanmoins admiratif.

A lire aussi, du même auteur: J’ai un trou dans mon Panthéon

Pour éclairer ce phénomène, Mansel ne néglige ni l’intime ni la psychologie. On voit alors qu’une époque n’en fait pas une autre ; et l’élan vital de la couronne comme de la France louis-quarzienne surprennent. Enfant, son appétit vorace avait épuisé pas moins de huit nourrices. Chasseur et viandard, le roi est espiègle. Il « danse les folies d’Espagne jusqu’à l’épuisement ». Il travaille beaucoup, survit à la pression du pouvoir ou à une santé que dégrade l’infection des eaux stagnantes de Versailles ; plus tard remuées par le faste et les jets.

Si Versailles m’était compté…

Le château coûta et compta beaucoup. Peine perdue que le sage Colbert plaide « à maintes reprises auprès de lui, généralement en vain, pour qu’il fonde ses dépenses sur ses recettes plutôt que sur ses désirs. » Sur trois chapitres, l’auteur en détaille le faste sans en négliger l’utilité. Délaissant sa légende noire – la fameuse cage dorée d’une aristocratie « domestiquée » – Mansel en fait un instrument de prestige. Géopolitique d’abord, il jette un regard de diplomate assez neuf sur le joyau du patrimoine. Versailles fut « un hub » : ambassades du monde entier, merveilles d’Asie, du Maroc, des milliers de lettres qui partent et y arrivent chaque jour…

Dernière chance de renouvellement pour l’historiographie, l’approche internationale de Mansel est aussi une mode éditoriale vulgarisée par Patrick Boucheron. Pour y souscrire, l’auteur insiste sur l’étrange folie des grandeurs géopolitique qui saisit le Roy à partir de la décennie 1680. Malgré Colbert, malgré le bon sens, malgré les échecs et surtout aux frais de la princesse le Roi tente d’étendre son influence au Siam, en Asie, reçoit aussi des Marocains, s’implante en Amérique, se lie au grand Perse et surtout l’Empereur Ottoman avec lequel il défie Vienne et les Habsbourg. Les manœuvres échouent et lui aliènent même l’opinion catholique européenne qui ne s’amuse pas comme Molière avec Monsieur Jourdain de ses turqueries contre l’Autriche.

Il y eut bien des succès comme l’extension au nord et à l’est de frontières que nous avons faites naturelles car elles furent bien défendues (merci Vauban) ; mais ceux-là furent aussitôt suivis (et gâchés) par d’étranges offensives de mégalomanie.

Louis XIV. Wikipedia.
Louis XIV. Wikipedia.

Les turqueries du grand Roy  

Fidèle et tenace, sans doute aveugle, la France s’isolait de ses alliés alors qu’il soutenait tous les canards boiteux d’Europe : la Bavière, la Suède ou la couronne des Stuarts en exil alors que Mazarin et Richelieu avaient construit un système d’alliance redoutable. Artiste, Louis avait beaucoup sacrifié de sa popularité au caprice. Il fallait que l’honneur fut sauf et la geste emphatique : « pour Louis XIV comme pour nombre de ses contemporains, la guerre n’avait peut-être pas d’autre objet qu’elle-même. » Et notre Roy d’ajouter : « la gloire n’est pas une maîtresse qu’on puisse négliger. »

De manière dramatique « il  pâtit de son goût pour les apparences ». A Bruxelles, il ordonne « un beau feu » et la ville brûle. Le dégât du Palatinat sidère toute l’Europe. Laquelle se ligue pour empêcher Philippe V, son petit-fils, de monter sur le trône d’Espagne pendant la guerre qui devait décider de sa succession. Le continent semble triompher, alors que l’Etat manque de faire faillite, la France d’être envahie sans parler de la famine qui ampute son peuple amputé de deux millions d’âmes. Le tout pour une politique familiale assez éloignée des intérêts de la France, plus encore de l’esprit du temps. Dans le même temps, l’affrontement révèle les fragilités de l’État louis quatorzien incapable de mobiliser la richesse du pays quand l’Angleterre admit avec le parlement ses élites au cœur du pouvoir pour leur faire accepter l’effort de guerre. Au terme du règne, cette dernière comme l’Autriche sont installées dans un jeu européen que la France ne domine plus.

D’où vient alors que son nom inspire encore la gloire ? Pour répondre, Mansel change habilement d’échelle. Délaissant le macrocosme mondial, il revient au microcosme versaillais. Au plus près du Roi, il note qu’il fut jusqu’au bout admiré et craint. L’autorité qu’il inspirait ne fut pas seulement politique. Elle devient avec Mansel intime – presque secrète. Ce fut pour Louis une hygiène de vie. A tout moment, sa majesté l’exprime dans son portrait, son goût, son genre de vie, ses manières, son habitude ou même ses hochements de tête… Il dort peu, ne s’écoute jamais. Il sait aussi paraître. Même quand il est fiévreux, on remarque son énergie et sa force héroïque. Il voit aussi du pays, visite Nantes, Toulon, Dunkerque ou Saint-Jean-de-Luz. Tant de force impressionne et aussi séduit : « Sa chaleur, son charme, ses joies de vivre, que Saint Simon qualifiait de majesté et de grâce incomparables, renforçaient les pouvoirs sur lesquels la monarchie étaient assis ».

En 1709, au pire moment de la guerre et de l’hiver, Louis s’adresse à la nation. Le ton est pénitentiel, presque repentant. Les mots sonnent juste. La France se retrouve elle-même, écoute le Roy à son crépuscule et tend l’effort de guerre. Une paix honteuse est finalement évitée. Face à l’Europe coalisée, on salue le rebelle. On admire l’artiste. Et on s’incline aussi devant son biographe.

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Maurice Radio Libre: « En France, on a permis aux délinquants de faire ce qu’ils veulent »

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Maurice Champvert D.R.

« Allo, qui va là, j’te prie ? » Dans les années 1990, l’animateur de radio Maurice a tenu des multitudes d’adolescents éveillés tard le soir sur Skyrock. Émettant désormais depuis l’autre bord de l’Atlantique, « le sorcier des ondes » n’a rien perdu de sa liberté de ton. Entretien avec une légende bien vivante.


Alexis Brunet. Bonjour Maurice, vous vivez entre La Nouvelle-Orléans et Madagascar. Est-ce que la France vous manque?

Maurice. La France n’a pas beaucoup de raisons de me manquer (Rires). C’est un pays qui est devenu violent, dans lequel on voit des scènes qu’on voyait avant dans les infos, qui se déroulaient à 3000 ou 4000 kilomètres et qui maintenant se déroulent en France: décapitation d’un professeur, mitraillages, on voit des choses effrayantes.

Il y a vingt ans, vous parliez déjà de violence dans vos émissions, vous aviez des mots assez durs sur les banlieues notamment…

Assez durs je ne sais pas. En tous cas, ce sont des réactions face à des choses qui existent vraiment, qui sont des choses qui existent indiscutablement. Ce que je disais il y a 20, 30 ans, c’est que ceux qui avaient abîmé l’endroit dans lequel ils vivaient étaient des gens qui y vivaient, pas des gens venus de l’extérieur pour dégrader des immeubles ou enlever l’herbe autour des immeubles.

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Vous parlez de réaction. En 2016, dans un article intitulé Maurice, le caïd de la libre antenne qui a mal vieilli, le magazine Télérama a écrit: « Maurice pousse des beuglantes légèrement réac’ ». Êtes vous réactionnaire Maurice?

Je ne pense pas, mais je pense que chaque pays correspond à une définition, à une certaine ambiance, à certaines caractéristiques. Quand ces caractéristiques disparaissent, ça me paraît légitime de réagir. Effectivement, il y a des gens qui voient les choses différemment de moi, et qui vont considérer que les transformations de la culture du pays sont positives. Pour certains, il serait bon de faire de notre pays un pays qui ne correspond à aucune définition. Pourtant, moi si je suis à Madagascar en ce moment, c’est bien parce que j’ai envie d’être à Madagascar, où il y a des règles et une façon de vivre. Quand je suis aux États-Unis, c’est pareil. Pour certains en France, il faudrait qu’il n’y ait pas de façon de vivre particulière, qu’on vive en France comme on peut vivre ailleurs, que ce soit juste une sorte de kaléidoscope des cultures de partout? Peu importe que ceux qui ne sont pas d’accord avec moi me considèrent comme un pauvre mec ou un mec qui vieillit mal (Rires).

Vous vivez pourtant aux États-Unis une bonne partie de l’année, un pays multiculturel. Le multiculturalisme n’est-il pas quelque-chose qui vous plaît?

Les États-Unis ne sont pas un pays multiculturel, ce n’est pas vrai. Même les Noirs américains qui disent Black Lives Matter ou autre, se considèrent comme des Américains et vivent à l’américaine. Ils ne vivent pas comme on vit en Afghanistan, en Norvège ou je ne sais où. Ils vivent comme on vit aux États-Unis, et ceci est valable pour tous les gens, quelle que soit leur couleur.

Revenons aux banlieues. Dans un entretien réalisé en 2017, l’écrivain Michel Houellebecq a dit: « à la fin des années 1990, l’animateur de radio le plus populaire en France chez les jeunes, Maurice, faisait assez souvent des émissions sur le problème des banlieues […] on se rend compte qu’il pouvait tenir une heure sur les banlieues sans qu’une seule fois apparaisse le nom islam. Je suis revenu en 2010, et on ne parlait plus que de ça ». A votre avis, qu’est-ce qui a changé?

Ce qui a changé, c’est l’arrivée de ce que j’appelle l’islam prétexte. L’islam existait déjà en France. Il y a longtemps qu’il y avait des musulmans dans le pays, qui pratiquaient leur religion normalement, comme on pratique une religion j’imagine, car je ne suis pas intéressé par le sujet. Aujourd’hui on parle de l’islam car on a créé un islam voyant, un islam prétexte, un islam de revendication dans ce pays qui est un pays catholique.

Certains disent pourtant que la laïcité a permis de rompre avec les racines catholiques que vous évoquez…

Non. La laïcité s’exprime dans l’organisation de la société mais la France reste un pays catholique, c’est un pays dont l’Histoire vient du catholicisme, l’organisation française est quand même appuyée sur le catholicisme; avec la laïcité qui permet à la société française de fonctionner en dehors des dogmes religieux.

La prison et la police ne font plus peur qu’aux gens normaux. Pour tous les délinquants, ça fait partie de l’ordre des choses que de se battre avec la police, d’attaquer les pompiers, les médecins etc…

Une partie des musulmans en France trouve que l’on parle trop de l’islam en mal, ils se sentent pointés du doigt. Vous qui parlez à beaucoup de personnes dans le cadre de votre émission et notamment à certains d’entre-eux, comprenez-vous qu’ils estiment ne pas avoir à se justifier pour les attentats commis en leur nom?

Les musulmans normaux, je vais les appeler comme ça (rires), ce ne sont pas eux qui commettent des attentats. Comme beaucoup de gens, j’aimerais que ceux-là proclament leur séparation d’avec ceux qui commettent des attentats atroces dans notre pays. Mais je comprends en même temps que dans la mesure où ils estiment que ceux qui font ces attentats ne sont pas des musulmans mais des meurtriers, qu’ils n’aient pas de raisons de venir dire qu’ils ne sont pas d’accords avec des meurtriers. La plupart des terroristes ont des casiers judiciaires chargés, beaucoup ont fait de la prison, dont ils n’auraient jamais dû sortir.

On en vient donc au laxisme. Il y a vingt ans, vous disiez en substance que la France était trop laxiste et que les Français n’en pouvaient plus. Aujourd’hui, trouvez-vous que la situation a empiré?

On a un problème. Tout le monde veut plus de prisons en France, mais quand on vous dit qu’il y a une prison qui va se construire à côté de chez vous, on fait du tapage parce qu’on n’en veut pas à côté de chez soi, ça c’est la première chose. La deuxième chose, c’est qu’on a créé des règlements qui font que les gens n’ont pas peur d’aller en prison. La prison et la police ne font plus peur qu’aux gens normaux. Pour tous les délinquants, ça fait partie de l’ordre des choses que de se battre avec la police, d’attaquer les pompiers, les médecins etc. L’impunité dans le pays fait que ceux qui ont peur de la prison, ce sont seulement ceux qui sont en règle. En France, on a permis aux délinquants de faire ce qu’ils veulent. Beaucoup sont mineurs car quand vous êtes mineur vous ne risquez rien. Il faudrait une justice qui fasse réellement peur et qui mette réellement les gens en prison.

Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a parlé d’ensauvagement de la société et semble avoir pris le problème de l’insécurité au sérieux. Pensez-vous qu’il aille dans ce sens?

Le problème c’est qu’on est dans une société très bavarde. On parle, on bavasse mais maintenant, on en est au-delà des discours. Il faudrait enfin faire quelque-chose mais on n’arrive pas à interdire aux gens de casser l’espace public quand il y a des manifestations car aujourd’hui, si un policier poursuit celui qui vous a volé votre sac et que ce dernier tombe et se casse la jambe, on met le policier en prison ! C’est très joli de dire que l’on va donner plus d’argent aux policiers parce qu’ils font un travail harassant, mais encore faut-il leur permettre de faire leur boulot. Actuellement les policiers ne peuvent pas travailler. Tant qu’il en sera ainsi, et que la justice remettra dans le circuit des gens dont plus personne ne veut, pas même leurs parents, ça continuera. Sarkozy aussi a dit vouloir changer cela mais on n’a rien vu. Pendant ce temps-là, le degré de violence et d’ensauvagement de la société continue à grimper. On est dans une société de palabres où on se donne l’impression que quand on a parlé de quelque-chose, c’est comme si on l’avait réglé. Ce problème d’insécurité est d’ailleurs né avec François Mitterrand dans les années 1980, c’est lui qui a mis le pays à sac.

Le comité « Justice pour Adama » estime que la police en France est aussi violente que la police des États-Unis. Qu’en pensez-vous?

Ils ne connaissent pas la police des États-Unis, pour la plupart. Ensuite, si vous allez dans une manifestation vous battre avec des policiers, vous êtes prêt à recevoir des coups. Et si un policier vous met une tarte avec un bâton c’est sûr que vous aurez mal (Rires). Ceux qui parlent de violence sont ceux qui vont se battre avec la police, les autres non. La plupart des vidéos que l’on voit au sujet des violences policières sont des rixes provoquées par des gens qui ont envie d’en découdre avec la police. J’imagine que vos parents n’ont jamais eu à se battre avec des policiers n’est-ce pas?

Mes parents sont blancs. Le comité « Justice pour Adama » dit que la police est raciste en France justement…

Ce comité défend principalement des gens qui sont dans le circuit de la bagarre avec la police. Les gens normaux ne parlent pas de violences policières. Ceux qui parlent de violences policières, ce sont uniquement les délinquants et les gilets jaunes. Pourtant, il y a beaucoup de gens qui ont déjà été arrêtés par les flics sur l’autoroute ou à qui on a demandé de se mettre sur le côté. Ceux-là, ils ne disent pas que la police est violente. Si vous cherchez la confrontation, alors là vous risquez la violence policière. Madame Traoré vient nous expliquer qu’elle défend les Noirs, elle ne défend pas les Noirs, elle défend les délinquants. Les autres Noirs ne lui demandent rien, ils n’ont pas envie qu’on les mélange avec les membres de sa famille, qui ont eu beaucoup d’histoires avec la police et avec la justice.

Les gilets jaunes, comme les voyous en survêtements, sont des entraves à la vie des autres, ils emmerdent les autres

Pensez-vous toujours que les associations comme SOS racisme ne servent à rien, comme vous l’avez dit à une militante dans votre émission il y a quelques années?

Elles ne servent tellement à rien qu’on en est là aujourd’hui. Le Français n’est pas raciste. En revanche, le système de distribution dans les grandes entreprises a pris beaucoup de temps avant de prendre en compte les gens basanés pour accéder aux postes clés. Ceci est en train de changer aujourd’hui. Mais encore une fois, le racisme au quotidien en France existe généralement quand les gens sont des délinquants. Je ne pense pas que Yannick Noah ait souffert de racisme en France, je dis cela même si ce n’est pas mon sportif préféré (Rires). Moi je n’ai jamais souffert de racisme en France, je gagne ma vie normalement et quand un policier me demande de m’arrêter, je m’arrête.

Beaucoup de voix se sont indignées de la répression policière envers les gilets jaunes, qui aurait été forte, contrairement à celle envers les sauvageons de banlieue. Qu’en pensez-vous?

Les gilets jaunes sont des gens qui ont entravé la liberté des autres. Si vous avez décidé avec certains collègues de vous mettre à un rond-point et d’empêcher les gens de circuler, vous entrez dans une violence qui ressemble à celle des voyous dont on a parlé. C’est la loi du plus fort, c’est ceux qui sont les plus nombreux qui prennent la décision d’entraver la liberté des autres. Les gars en survêtement qui sont au pied d’un immeuble et qui décident d’empêcher les filles de se mettre en jupe sont respectés parce qu’ils sont nombreux et qu’ils font peur. Le mec qui est au rond-point avec ses collègues agit de la même manière. Les gilets jaunes, comme les voyous en survêtements, sont des entraves à la vie des autres, ils emmerdent les autres.

Comprenez-vous les revendications qu’ont eu les gilets jaunes au début de leur mouvement?

Ce sont des gens qui sont mécontents de leur sort et qui considèrent qu’ils n’ont pas de responsabilité dans ce qui leur arrive. Ils estiment que c’est la société ou ceux qui gagnent plus d’argent et payent plus d’impôts qu’eux qui doivent leur créer une vie meilleure. Moi je pense qu’on est tous allés à l’école de la République. Il y a ceux qui ont embrayé la première et il y a ceux qui ne l’ont pas fait. Si des gens sont restés sur le parking, ce n’est pas de la faute de ceux qui ont avancé. Est-ce à ceux qui ont réussi de porter ceux qui ne réussissent pas? On le fait déjà un peu mais on ne peut pas demander des augmentations de salaire ou je ne sais quoi simplement parce qu’on aimerait gagner au Loto et qu’on n’a pas gagné.

Les gilets jaunes devraient aller voir les gens qui sont vraiment dans la misère. Les gilets jaunes ont tous un abonnement de téléphone portable, ils ont tous internet à la maison, ils ont tous la télévision, du chauffage ou des vacances. Effectivement ils aimeraient mieux, ce que je comprends, mais ils ne veulent pas que ce soit eux qui s’engagent à avoir mieux, ils aimeraient que ce soit les autres qui le fassent à leur place. Pourquoi ceux qui ont bien travaillé à l’école, qui ont mieux réussi et qui payent plus d’impôts devraient porter ceux qui ont moins réussi? J’ajoute que les gilets jaunes sont des gens très riches pour beaucoup d’autres gens sur la planète. Des gilets jaunes qui débarqueraient à Madagascar pourraient y vivre dans l’opulence.

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Justement, après les attentats de Charlie-Hebdo et de l’Hyper Cacher, vous avez déploré sur votre antenne que la France importe des conflits extérieurs, notamment le conflit israélo-palestinien. À votre avis, pourquoi a-t-on tant besoin en France de se prendre pour le centre du monde?

Parce qu’on a grandi avec cette idée, en s’imaginant par exemple que des Guatémaltèques se levaient le matin en se demandant ce que pensaient les Français, en s’imaginant que les Américains étaient dans une rivalité avec nous, ce qui n’est pas vrai. Ceux qui importent des conflits extérieurs chez nous sont en général des gens qui ne comprennent pas ces conflits. De France, on ne peut pas comprendre le conflit israélo-palestinien. Il faut avoir grandi, avoir vécu à cet endroit-là pour être capable de saisir ce qui se passe réellement, tout en sachant que sur le terrain, beaucoup de gens en Israël comme en Palestine n’en peuvent plus de ce conflit.

Vous n’êtes pas d’accord? Parlez-en à Maurice sur Maurice Radio Libre

Avant que le sang ne sèche

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Nice, le 29 octobre 2020 © LAURENT VU/SIPA Numéro de reportage: 00988176_000001

 


Deux femmes et un homme égorgés à Nice : combien de Samuel Paty faudra-t-il encore? Il y a des loups près de nous. Et les loups tuent.


Ça s’est passé hier matin à Nice dans la basilique Notre-Dame. Le choix du lieu n’est pas indifférent car une église offense la vue des islamistes. Un individu armé d’un couteau a égorgé deux femmes et un homme.

L’assassin blessé par balle a été neutralisé par la police. « La piste terroriste est envisagée » nous apprennent les autorités. Parce qu’il y aurait d’autres pistes ? Un différend familial peut-être ? Une querelle de voisinage ? Une beuverie qui aurait mal tourné ?

Comme à l’habitude on se mobilise au sommet de l’État. Darmanin a convoqué une cellule de crise. Castex a interrompu ses travaux pour la rejoindre. Macron se rend sur place.

La routine quoi. Comme les têtes tranchées des malheureuses et du malheureux. Les prochaines décapitations prévisibles figureront certainement dans la rubrique des chiens écrasés…

Jean-Luc Mélenchon a des idées très précises sur la question. Ce grand visionnaire a déclaré la veille de l’attentat barbare de Nice, que la plupart des agressions terroristes étaient « le fait de l’extrême droite ».

L’assassin a crié à plusieurs reprises « Allah Akbar » mais c’était sans doute pour donner le change. On va certainement apprendre que le tueur de Nice est un identitaire au crâne rasé du nom de Michel. Quand on voit ce qui s’est passé à Nice on a envie de hurler. Quand on entend Mélenchon on a envie de vomir.

Que veulent les terroristes? Nous soumettre!

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La basilique Notre Dame de Nice où a eu lieu une attaque terroriste ce jeudi 29 octobre.©SYSPEO/SIPA Numéro de reportage : 00950048_000036

Par la violence mais aussi l’influence médiatique, politique, financière, le jihad judiciaire, l’entrisme dans les institutions et la banalisation de leurs exigences, nos ennemis entendent nous imposer l’islam comme référence culturelle et source normative suprêmes.


J’ai rédigé ce texte avant le tragique attentat qui vient de frapper Notre-Dame-de-Nice, et sur lequel je ne me prononcerais pas avant d’en savoir plus, si ce n’est pour exprimer bien évidemment toute ma compassion aux victimes et à leurs proches.

Je gage cependant que les prochains jours ne feront – hélas – que confirmer ce que j’écris ci-après.

Depuis qu’un fou d’Allah a assassiné Samuel Paty, condamné pour blasphème par l’islam théocratique, on voit fleurir les commentaires de certains « spécialistes du terrorisme » et autres « politologues » ou « sociologues » qui étalent plus que jamais leur médiocrité.

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Je vous résume leurs propos en les reformulant : « les terroristes veulent nous diviser, nous devons rester unis en refusant toute stigmatisation, ne désignons donc surtout pas à la colère du peuple l’idéologie qui nous tue » (n’est-ce pas Cédric Mas ?)

Pire : « la publication des caricatures est une agression intolérable envers les pauvres musulmans victimes d’oppression, pour mettre fin à la violence arrêtons de vexer ceux qui ne supportent pas que l’on critique leur religion », autrement dit « pour qu’il n’y ait plus d’attentats, donnons aux terroristes ce qu’ils veulent » (n’est-ce pas, François Burgat ?)

Voilà très exactement le raisonnement qui dans d’autres situations conduit à dire que les femmes violées sont responsables sous prétexte qu’elles étaient « provocantes » : « arrêtez de stigmatiser les violeurs, ce n’est pas leur faute s’ils ne savent pas contrôler leurs pulsions, il suffit que les femmes cessent d’être provocantes ». Discours abjects de collabos.

Face à ces absurdités, il faut rétablir quelques vérités simples

Le terrorisme n’est pas un ennemi, c’est un mode d’action de l’ennemi, comme les embuscades ou les manœuvres d’encerclement. On ne combat pas le terrorisme, tout comme on ne combat pas les embuscades ou les manœuvres d’encerclement : on combat un ennemi qui les utilise.

Quel est l’ennemi ? Les adeptes de l’islam théocratique totalitaire, communément appelés islamistes. Il y a entre eux des divisions, des oppositions, des rivalités, mais si elles ont un intérêt tactique dans la mesure où nous pouvons les exploiter, elles ne changent pas l’essentiel. Bien sûr, tous les terroristes pris individuellement n’ont pas conscience des grandes options stratégiques, de même que chaque soldat d’une armée de volontaires n’a pas forcément conscience de la manoeuvre d’ensemble. Il en est néanmoins un agent.

Nos ennemis réfléchissent, et le terrorisme n’est pas leur seul mode d’action. On connaît la triade hard power, soft power, gold power : nos ennemis la connaissent aussi, et en usent volontiers. Terrorisme donc, mais aussi influence médiatique, politique, financière, jihad judiciaire, entrisme dans les institutions, banalisation progressive de leurs symboles et de leurs exigences, pouvoir des urnes s’ils sont assez nombreux, etc.

Que veut l’ennemi, que veulent les islamistes ? L’islamisation. L’islam imposé à tous comme référence culturelle et source normative suprêmes.

Certains répètent en boucle que nos ennemis voudraient nous diviser, et que la soi-disant « montée aux extrêmes » servirait leurs projets en semant les germes d’une guerre civile. C’est faux. Les islamistes ne veulent pas la guerre civile, ils veulent l’islamisation. Si la guerre civile leur permet de l’obtenir, ainsi soit-il – encore qu’il ne soit absolument pas sûr qu’ils soient si nombreux qu’on le craint à avoir le courage du passage à l’acte, lorsqu’en face d’eux ils n’auront plus des civils apeurés mais le 1er RPIMa ou la Légion Etrangère.

Le véritable but des islamistes n’est pas la guerre

La division et la guerre ne sont pas le but des islamistes : ce sont des moyens, des chemins possibles pour atteindre leur but. Si nous cédons avant même de combattre, si nous accédons aux revendications de nos ennemis pour éviter la guerre, ils auront gagné. Si par peur de la « montée aux extrêmes » nous cherchons à étouffer toute combattivité – à la fois verbale et physique – chez ceux qui veulent défendre la France, la République, la liberté, seuls les islamistes et leurs soutiens resteront combattifs, et ils gagneront. Lisez Ibn Khaldoun, lisez David Galula, lisez Mao.

Rappelons en outre que dans le monde musulman, sauf exception, n’est jugé respectable que celui qui se fait respecter. Dès lors, jamais nos valeurs ne seront prises au sérieux si nous ne montrons pas que nous sommes prêts à nous battre pour les défendre. Seule une fermeté implacable ne reculant pas devant l’emploi de la force, nous permettra d’être respectés, et peut-être ensuite, mais seulement ensuite, d’engager un dialogue.

Nos ennemis, eux, maîtrisent parfaitement la technique bien connue du « gentil flic, méchant flic ». Pendant que l’un, ostensiblement sauvage et agressif, hurle et menace, l’autre vous dit : « aidez-moi à le calmer ! Donner-moi quelque chose pour m’aider à le calmer ! » Ainsi, après chaque attentat c’est le même scénario : il faudrait donner des gages à la communauté musulmane pour lui prouver qu’on ne la stigmatise pas, pour « éviter qu’elle se radicalise », pour « lutter contre la montée aux extrêmes », ou que sais-je. Assez ! N’est-ce pas au contraire la communauté musulmane qui devrait enfin donner des gages au reste de la nation ?

Et la sortie du président du CFCM, Mohammed Moussaoui, déclarant qu’il faudrait renoncer à notre liberté d’expression pour pouvoir fraterniser avec les musulmans, illustre à merveille ce que je dénonce ici : pour calmer les terroristes, renoncez de votre plein gré à ce dont ils veulent vous priver par la force. Odieuse soumission, et ne doutons pas un instant que si nous cédons ce ne sera pas interprété comme un geste de paix mais comme une preuve de faiblesse, et ils exigeront toujours plus.

« Cépaçalislam » ?

Les islamistes veulent notamment instaurer un délit de blasphème. Pourquoi ? Par arrogance, par susceptibilité infantile, mais pas seulement. C’est la première étape vers le contrôle des esprits, l’interdiction de toute critique de leur idéologie, la censure, le contrôle de l’écrit, de la parole puis de la pensée, puisqu’il est impossible de penser convenablement ce que l’on ne peut exprimer, ce dont on ne peut débattre.

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Tout ce que François Burgat et ses pareils ont à dire, c’est que si nous avions renoncé à publier et à montrer les caricatures du prophète de l’islam, Samuel Paty serait encore en vie. Certes. Esprit de Munich : si nous cédons aux exigences du Führer, personne ne mourra à la guerre puisqu’il n’y aura pas de guerre. Nous marcherons tous au pas de l’oie, mais qu’importe ?

Sans doute faut-il ici cesser de parler d’islamisme et désigner clairement l’islam, puisque ce projet de censure mondiale est ouvertement porté par l’université Al Azhar, qui n’est certes pas une autorité stricto sensu mais tout de même une référence majeure pour l’islam sunnite.

Alors dites-moi, Al Azhar, c’est l’islam ou « cépaçalislam » ?

Je stigmatise ? Mais dans ce cas c’est la réalité qui est stigmatisante ! Car il faut le dire et le redire : en France, toutes les religions sont critiquées, moquées, caricaturées, mais une seule tue pour ça ! Une seule tente d’imposer ses caprices pour qu’ils deviennent loi ! Ne réduisons pas les musulmans à l’islam, beaucoup de musulmans valent mieux que leur religion, mais osons dire qu’il y a bel et bien un énorme problème dans et avec l’islam.

Si votre objectif est la paix à tout prix, la solution est simple : interdisez toute critique de l’islam et faites-en la religion d’État. Islam signifie à la fois « paix » et « soumission » : la paix obtenue par la soumission. Encore que. Il y en aura toujours qui trouveront qu’un Etat musulman n’est jamais assez musulman : on parle trop peu des attentats commis au nom d’Allah qui ensanglantent presque quotidiennement le monde musulman. Qu’en disent nos analystes bien-pensants ? Est-ce parce que les pays où l’islam est religion d’Etat seraient islamophobes ? Ou parce que la tentation de surenchère permanente et pathologique est consubstantielle à cette idéologie ?

Il ne faut pas s’y tromper : pour prendre des références historiques connues, nous ne sommes pas en 1913, nous sommes en 1938. Il ne s’agit pas pour nous d’éviter une guerre fratricide absurde, mais de tenir tête à un totalitarisme qui ne s’arrêtera que si on l’arrête par la force.

Vague d’attaques contre la France

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Le président Macron sur les lieux de l'attentat de Nice le 29 octobre 2020. Trois personnes y sont décédées © Eric Gaillard/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22507811_000022.

La menace terroriste est au plus haut. Les islamistes et les fanatiques entendent faire plier la France sur le droit de blasphémer.


Trois personnes tuées à Nice après l’attaque d’une basilique, assaillant menaçant abattu à Avignon, individu interpellé à Lyon muni d’un long couteau et attaque contre le consulat de France en Arabie saoudite. Retour sur les attentats islamistes qui ont touché la France aujourd’hui.

Nice : trois morts après une attaque au couteau à la Basilique Notre-Dame

Vers 9 heures ce jeudi 29 octobre, à la Basilique Notre-Dame de Nice, un assaillant a tué trois personnes et fait plusieurs blessés. Une femme a été égorgée, comme le professeur Samuel Paty, à l’intérieur de l’Église où est morte une autre victime. La dernière est décédée dans un bar à proximité, après avoir fui. L’auteur de l’attaque a été interpellé et le parquet antiterroriste a ouvert une enquête pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroristes criminelle ». Christian Estrosi, le maire de Nice, assure avoir entendu l’assaillant dire « Allah Akbar », « alors qu’il était médicalisé sur place ». Emmanuel Macron s’est rendu sur le site de l’attaque. 

Avignon : un homme abattu par la police après une attaque à l’arme de poing

Peu de temps après l’attentat à Nice, la peur s’est emparée des habitants d’Avignon. 

Un homme menaçait des personnes dans la rue avec une arme de poing. Il a été signalé vers 10 heures par un passant qui a contacté la police. Lors de l’intervention des policiers, « l’homme a foncé sur eux avec son arme et a été tué par les forces de l’ordre », a expliqué le porte-parole de la police d’Avignon à la presse. Il n’y a fort heureusement pas eu de blessés. Dans un premier temps, Europe 1 affirmait que l’homme muni de son arme aurait également crié « Allah Akbar ». Mais l’information a ensuite été démentie. Selon le procureur « on a plus affaire au geste d’un déséquilibré ». 

Lyon : un individu armé d’un long couteau interpellé

Un individu armé d’un couteau doté d’une lame de 30 centimètres a été interpellé, selon le journal régional Le Progrès. D’après le quotidien, le suspect serait d’origine afghane, et est actuellement entendu en garde à vue. Le maire du 2ème arrondissement de Lyon, Pierre Olivier a confirmé l’information sur Twitter : « Un homme vient d’être interpellé par la police nationale à Perrache armé d’un long couteau. »

Arabie Saoudite: attaque au couteau contre le consulat de France

Le consulat de France à Djeddah a fait l’objet d’une attaque, rapporte la diplomatie française. Un vigile a été visé. Blessé, il a été transféré à l’hôpital, mais ses jours ne sont pas en danger selon l’ambassade de France en Arabie Saoudite. D’après Libération, une note du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin datant du 25 octobre, révélait qu’ « un communiqué de l’agence Thabat proche de l’organisation terroriste Al-Qaeda » incitait à la pratique d’un « jihad individuel » à l’encontre « des cibles liées aux Français, comme les ambassades ou les lieux de villégiature ».

Face à la multiplication de ces attaques, dont tout laisse à penser qu’ils sont une réponse au courage français de ne pas renoncer à la liberté d’expression et au droit de caricaturer ce que l’on veut dans notre pays, Jean Castex a déclaré le niveau « urgence attentat » sur l’ensemble du territoire avec un plan Vigipirate renforcé. Entre reconfinement et menace terroriste, la fin d’année s’annonce difficile pour les Français.

Cryogéniser la vie n’est pas assurer la santé!

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Le 28 octobre 2020 à la télévision, le président Macron a demandé aux Français de rester chez eux «a minima jusqu'au 1er décembre» pour faire face à la seconde vague de l'épidémie. © Thibault Camus/AP/SIPA Numéro de reportage : AP22507372_000006.

 


Reconfinement. Emmanuel Macron dit vouloir faire passer la santé des Français avant toute chose. Or, la santé n’est pas l’absence de maladie mais la puissance d’un individu de pouvoir tomber malade et de s’en relever…


La suppression des libertés individuelles doit être toujours équilibrée et justifiée par la finalité qu’elle poursuit, caractéristique de l’État de droit. Le nouveau confinement qui s’annonce est justifié par les autorités par l’urgence sanitaire. Autrement dit : conserver le maximum de citoyens en bonne santé, c’est-à-dire exempt d’une infection au Covid-19.

Le Covid ne tue pas aléatoirement, mais précisément : les personnes âgées et des adultes déjà malades

Pourtant, la santé n’est pas l’absence de maladie mais la puissance d’un individu de pouvoir tomber malade et de s’en relever. Canguilhem, dans Le normal et le pathologique, inverse notre manière habituelle de concevoir la santé comme une « normalité » de la vie du corps. Nous pensons souvent qu’on est en bonne santé si l’on n’a ni fièvre, ni douleur, ni problème particulier. Or, Canguilhem affirme que la santé n’est pas réductible à n’être que le contraire de la maladie. Sinon, nous pourrions décrire comme étant en bonne santé le maladif, le chétif, l’individu vulnérable physiquement, même s’il n’est pas atteint d’une pathologie précise. Il est en réalité en sursis : la maladie n’est pas un évènement pour son organisme mais presque un état latent. Il est pour ainsi dire diminué, « rétréci » écrit Canguilhem. Nous voyons donc bien que la santé ne peut être décrite comme une simple conservation, une préservation d’un ordre immuable : cela ne se rencontre d’ailleurs jamais dans les individus vivants. C’est la différence que l’on pourrait ainsi noter entre l’objet, dont les possibilités d’état sont restreintes – il peut être cassé ou en bon état – et l’organisme qui est croissance perpétuelle, progrès, obstacle surmonté. Dans une conception de la vie que l’on pourrait qualifier de nietzschéenne, Canguilhem rappelle le phénomène qu’est le vivant comme ce qui établit en permanence de nouvelles normes. On pourrait l’illustrer de manière très concrète ainsi : une fois un virus surmonté, le corps n’est plus le même car il s’est immunisé contre ce dernier. Il est fondamentalement différent dans son ordre interne lequel est renforcé, mais aussi dans son rapport au vivant hors de lui. Les maladies infantiles n’inquiètent jamais pour cette raison : l’enfant a en lui toute la force vitale et les ressources d’un organisme sain pour surmonter des virus qui emporteraient en quelques heures une personne âgée ou adulte plus fragile. La robustesse de l’enfant n’est pas un statut quo, mais la capacité de tout traverser. Si la santé est donc un certain bon ordre du corps, ce n’est pas un ordre immuable que la maladie viendrait amoindrir, affaiblir, perturber. C’est plutôt un ordre que la maladie vient perturber parce qu’il doit être repensé et renforcé. L’homme en bonne santé est celui qui peut risquer de tomber malade, car précisément son organisme a la latitude de se renforcer grâce à la maladie.  

Le Covid ne tue pas aléatoirement

La santé est donc un état actuel du corps qui décrit sa capacité de surmonter la maladie plutôt qu’elle n’en serait le contraire. Elle ne peut être une justification ultime des décisions politiques.

Des contraintes ahurissantes pèsent sur les individus sans distinction dans cette crise « sanitaire ». Mais la santé de qui s’agit-il de « préserver » ? Si en mars, sans connaissances réelles de cette maladie, nous pouvions craindre une hécatombe digne de la grippe espagnole avec laquelle le Covid avait alors été comparé, il en est désormais tout autrement. Le Covid n’est pas non plus la peste bubonique, terrassant tous les individus sur son passage. Nous avons désormais des statistiques solides et éprouvées, du recul et des connaissances sur les victimes du Covid. Le Covid ne tue pas aléatoirement, mais précisément : les personnes âgées et des adultes déjà malades. Des individus qui n’ont déjà plus de santé, nous dit Canguilhem : ils ne peuvent plus risquer de rencontrer ce virus, leur corps n’ayant plus l’aptitude d’instaurer un nouveau système de norme pour s’en relever. Aucune mesure politique prise ne peut restaurer la santé ainsi comprise. Être confiné n’est pas rester en bonne santé, mais chercher à conserver une norme vitale précaire, quitte à cryogéniser le corps social. Le coût politique, économique, social du confinement n’est-il alors pas infiniment trop élevé pour le bénéfice qu’il envisage ? De plus, le choix n’est pas binaire : il ne s’agit pas de choisir entre la survie économique des bien portants et quelques années de vie supplémentaires pour des personnes déjà amoindries, mais de restaurer une authentique responsabilité individuelle. Autrement dit, laisser les individus prendre les risques et les précautions qui les concernent, en assumant que le service public hospitalier n’est pas sans limites.

Une jeunesse sacrifiée?

Car il n’y a pas que la vulnérabilité biologique. Comme le fait remarquer avec beaucoup de justesse Comte-Sponville dans une interview radiophonique récente sur Europe 1, il y a la vulnérabilité sociale, économique, qui est le propre de la jeunesse de 2020. Des jeunes gens sans bac ni examens réels, dont les diplômes seront donc sévèrement dévalués. Qui vivent des conditions d’études bien souvent difficiles ; dans des logements souvent exigus parfois vétustes, suivant leurs cours à distance – quand leur fac ou leur école est équipée suffisamment en termes numériques –  sans accès aux bibliothèques universitaires, sans certitude sur la tenue de leurs examens et encore moins sur leur valeur dans le futur. Que dire, également, des diplômés de juin 2020 sans espoir de trouver leur premier emploi dans la situation actuelle ? Une seule certitude leur est permise : la crise sera forte, et ce sera eux qui en feront les frais alors même que les principaux bénéfices de ces exigences sanitaires ne les concernent pas. Voilà des fragilités que le politique aurait le pouvoir d’amoindrir, alors qu’il est impuissant, de fait, face à ce qui régit le vivant. Il ne suffit pas au président de reconnaître qu’avoir 20 ans est difficile actuellement pour s’arroger le droit de demander à cette jeunesse tous les sacrifices. La crise économique sans précédent qui s’annonce créé des fragilités économiques et sociales évitables au profit de la conservation d’une fragilité biologique actuelle indépassable. 

Il n’y a pas de justice face au virus, certes, et on ne peut juger de la valeur d’une vie. La justice n’est pas qu’une norme idéale : elle doit être l’étalon permettant de mesurer et d’équilibrer les décisions politique au niveau général, en visant non l’égalité mais l’équité. En l’occurrence, n’est-il pas profondément injuste d’aggraver considérablement la situation économique et sociale du pays au profit de personnes qui n’auront pas à le relever ? 

Le normal et le pathologique

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Musulmans français, encore un (gros) effort vers l’assimilation!

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Mohamed Moussaoui © KENZO TRIBOUILLARD / AFP.

Le double discours des représentants du culte musulman trahit une réticence à l’assimilation


Vingt-quatre heures après avoir tenu des propos intolérables sur la liberté d’expression, Mohammed Moussaoui évoque une « maladresse ».

Pourtant, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a eu de longues minutes pour préciser sa pensée et l’étayer ; il ne s’agit donc pas exactement d’un « dérapage ». Ses déclarations sont dans la continuité du discours toléré par la France de la part de ses instances musulmanes, depuis plus de vingt ans.

L’intégrisme n’a absolument pas fléchi devant la mansuétude politique et ses accommodements lâches

« Il ne faudrait pas laisser s’installer l’idée que les musulmans de France sont provoqués par ce type de caricatures ». C’est en ces mots que le président du CFCM (Conseil français du culte musulman), haut représentant reçu lundi à l’Élysée par Emmanuel Macron et interlocuteur privilégié de l’État, analyse la montée des tensions entre la France et une partie du monde musulman. Mohammed Moussaoui en rajoute une couche ; par une pirouette douteuse, il explique que la censure doit s’exercer auprès des dessinateurs et autres blasphémateurs car, sinon, les caricatures pourraient être exploitées par les terroristes. Traduction : il ne faut pas froisser les ennemis de la République.

L’universitaire, par ailleurs décoré de la médaille de chevalier de l’ordre national du Mérite sous la mandature de François Hollande, enfonce le clou en estimant que « pour préserver l’ordre public, parfois on est obligés de renoncer à certains droits », avant de se lancer dans une comparaison hallucinante avec le Covid, qui « nous impose à tous des mesures de protection pour se protéger mutuellement ». Invoquant le « devoir de fraternité », il appelle à de la « pédagogie » des deux côtés, comme si les Français devaient prendre en compte la susceptibilité de ceux qu’ils caricaturent : irrésistible marche vers un affaiblissement – synonyme à terme de disparition – du droit au blasphème.

Marchandages et sempiternelles plaintes

Comment accueillir les regrets de Mohammed Moussaoui et admettre leur sincérité, quand l’association qu’il préside n’en est pas à son coup d’essai ? Au moment de l’affaire Mila, alors que la jeune femme croulait sous les menaces de mort, le délégué du CFCM Abdallah Zekri arguait qu’elle l’avait « cherché » et devait assumer. Quelques années avant l’attentat de Charlie Hebdo, Mohammed Moussaoui avait réagi, au nom des musulmans de France, à des caricatures publiées dans le journal satirique : « Il s’agit bien d’une intrusion agressive et gratuite dans les tréfonds de leurs sentiments religieux. Il s’agit d’une provocation ».

A lire aussi: La laïcité ne peut être aimée, si l’on n’a pas rendu aimable le pays qui l’a inventée

En remontant le temps, on observe qu’apparaissait déjà au moment de l’établissement d’un islam de France – ou plutôt durant sa genèse – une opposition à certains principes de notre société. En 1999, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’Intérieur et désireux de structurer la deuxième religion du pays, soumit aux organisations islamiques un texte qui ne pouvait « faire l’objet d’une négociation ». Pourtant, les pouvoirs publics, à la demande de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) ont à l’époque amendé le texte.

Alors que le droit musulman prévoit la peine de mort pour l’apostasie –  châtiment présent dans la charia et les hadîths –, on peut lire sur ce rapport du Sénat que « ce texte est accepté mais au prix d’un compromis sur son contenu. La mention du droit de changer de religion est notamment retirée à la demande de l’UOIF ». La pusillanimité ne date donc pas d’hier.

L’islam politique ne sera jamais rassasié de nos compromissions

Il est totalement mensonger et malhonnête d’invoquer la liberté de croyance quand il n’y a rien de spirituel dans la démarche d’un islam politique. Ces revendications ne relèvent pas tant d’une sensibilité religieuse, que d’une orthopraxie dont une partie de nos compatriotes musulmans refusent de se distancer, faisant sans cesse référence dans leurs doléances aux textes et paroles de leur livre. La défaillance de la France dans l’application du principe de laïcité est actée à partir du moment où elle ne met pas les musulmans face à leurs responsabilités. Dans l’état actuel des choses, la voix des musulmans est inaudible, discordante, contradictoire. Leurs réponses quant à la compatibilité de l’islam avec les valeurs républicaines mettent chaque jour en lumière un schisme irréconciliable entre deux franges impossibles à quantifier – et parfois même à distinguer – : les musulmans de France, intégrés, républicains, et les adeptes d’un islam rigoriste.

L’expérience et le discernement nous indiquent que l’islam politique – qui est en soit un radicalisme – ne sera jamais rassasié de nos compromissions. Demain, nous ferons face à de nouvelles exigences, jérémiades et intimidations. L’intégrisme n’a absolument pas fléchi devant la mansuétude politique et ses accommodements lâches : il en est au contraire sorti renforcé, et nous menace aujourd’hui plus que jamais. Jean-Paul Sartre disait détester les victimes « quand elles respectent leur bourreau », et les islamistes partagent avec certitude ce sentiment. Les bougies, marches blanches, appels à ne pas stigmatiser et cœurs en papier mâché doivent urgemment faire place à l’élaboration d’un nouvel arsenal juridique, ferme et parfaitement applicable, afin de passer à l’offensive contre les ennemis de la France – seule issue pour que la peur change de camp.

Roule, Britannia!

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Image d’illustration des "Concerts Promenade". © Soleil

Le journal de l’ouvreuse


Un petit tour à Londres où le virus n’a rien pu contre les indestructibles « Concerts Promenade » (because le public peut rester debout) aussi appelés « Proms ». Festival produit par la BBC, qui dure deux mois et culmine chaque mi-septembre dans une orgie de tubes patriotiques, folkloriques ou classiques avec stars, foule et Union Jack en délire : « The last night of the Proms ».

Les "Proms" au Royal Albert Hall à Londres © CARL COURT / AFP
Les « Proms » au Royal Albert Hall à Londres © CARL COURT / AFP

Traditionnellement au programme de la dernière night : l’hymne officieux des Grands-Bretons, Rule, Britannia. Plusieurs fois menacé pour bellicisme, Rule, Britannia a encore perdu des points depuis le Brexit. Mais il tenait bon, et tous les étés finissaient au Royal Albert Hall sur l’air de « Règne, Britannia, règne sur les flots ». Quand mi-juillet trois indignés lancent une pétition. « Les paroles écrites en 1740 l’ont été pour un public différent du nôtre. De la même manière que nous réformons les statues et les monuments, nous devons réformer notre musique. Cet air est offensant. Nous vivons dans un monde multiculturel où les Vies Noires Importent, et ce message doit être aussi entendu en musique. » Black Lives Matter : merci aux gentils organisateurs d’interdire le méchant chant.

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Everybody s’en cogne et une semaine plus tard la pétition n’a pas recueilli 200 signatures. Mais la BBC annonce que, pour ne pas insulter la mémoire de George Floyd, la « Last night » omettra Britannia. Le concert 2020 sera « un évènement inclusif et poignant ».

Boris Johnson monte au front

Indigné par la victoire des indignés, le camp adverse prend les armes. Le député Michael Fabricant trouve que « l’histoire de la Grande-Bretagne n’est pas si mauvaise, nous avons aboli l’esclavage en 1807 ». Et le prime Boris Johnson in person monte au front : « Je pense que ce pays traverse un orage national à propos de certaines choses, ces choses justement que d’autres à travers le monde aiment le plus chez nous. Ils aiment nos traditions et notre histoire avec toutes ses imperfections. Quelle folie de la censurer ! » Notre rôle ici-bas ? « Écrire le présent et non réécrire le passé. »

Réécrire, le verbe est mou. Rule, Britannia n’a carrément aucun rapport avec la Guyane ou le Nigéria. C’est une ode pour temps de guerre tirée d’un petit opéra composé en 1740 par un nommé Thomas Arne sur les paroles du poète écossais James Thomson. La pièce met en scène le roi anglo-saxon Alfred le Grand, vainqueur des Vikings en 878. Et il n’y est question d’esclavage que pour en dire le plus grand mal : « Britons never, never, never shall be slaves », les Britanniques ne seront jamais, jamais, jamais esclaves, et tant pis si leurs voisins « tombent aux mains des tyrans ». « Grand Dieu ! par des mains enchaînées / Nos fronts sous le joug se ploieraient, / De vils despotes deviendraient / Les maîtres de nos destinées ? », exactement pareil, et ça, c’est dans La Marseillaise. Rien à signaler, tous les pays ont leur péan.

Comme de nos jours le ridicule tue, la BBC a fait marche arrière. Au mois d’août, elle proposait que la dernière nuit des Proms garde son hymne, mais en version instrumentale, sans les paroles. Et finalement, le 12 septembre, un chœur distance-barriérisé dans un Royal Albert Hall vidé de son public, mais télédiffusé, a bien (et même très bien) chanté Rule, Britannia comme d’habitude. Sous la direction de l’Ukrainienne Dalia Stasevska. Blanche, la pauvre. Mais femme, c’est déjà ça.

Nice: Christian Estrosi dit que “tout doit être fait pour anéantir l’islamo-fascisme”

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Christian Estrosi entouré de sa police municipale, le 29 octobre 2020 à Nice. Source: Twitter de Christian Estrosi.

Suite à l’attaque islamiste et la mort de trois personnes dans la Basilique Notre-Dame-de-Nice, après des mots de compassion et de tristesse, Christian Estrosi a appelé à sortir des « lois de paix » pour vaincre le terrorisme. Il rencontrera Emmanuel Macron dans la journée.


Nice, ville martyre

“Une fois de plus c’est la barbarie islamiste qui frappe” a déploré Christian Estrosi aujourd’hui après l’assassinat de trois personnes dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption située en plein centre-ville de Nice. Un nouvel événement dramatique pour la ville, quatre ans après l’attentat au camion-bélier sur la promenade des Anglais qui avait fait 86 morts.

A lire ensuite: Que veulent les terroristes? Nous soumettre!

Le maire LR a d’abord eu des mots de compassion à l’égard des proches et des familles des victimes, ainsi que pour la communauté paroissiale de la basilique Notre-Dame de Nice. Lucide, il a déclaré : « Nous sommes en train de payer un tribut beaucoup trop lourd en étant une fois de plus victimes de l’islamo-fascisme. » C’est l’expression qu’il a choisi d’utiliser pour décrire le terrorisme islamique. Pour le maire niçois il n’y a pas un instant eu de doutes sur les motivations de l’attaque. Il assure avoir lui-même entendu l’assaillant répéter « Allah Akbar », « alors qu’il était médicalisé sur place ». Il a d’ores et déjà demandé que « toutes les églises soient mises sous surveillance ou fermées, ainsi que tous les autres lieux de culte de la ville ».

S’exonérer des lois de paix

L’ancien pilote de moto ne s’est pas contenté de nommer le problème et de rendre hommage aux victimes, aux policiers et aux personnels soignants. Il a tenu un discours énergique pour lutter contre l’islamisme.  Pour y parvenir, Christian Estrosi a appellé devant la presse la France à « s’exonérer des lois de la paix pour anéantir définitivement l’islamo-fascisme de notre territoire ». Le président Emmanuel Macron va se rendre à Nice et le rencontrera aujourd’hui. Les deux hommes parleront certainement du plan pour mettre un terme à ses attentats sanglants. 

A lire aussi: La légèreté criminelle du progressisme

Comme l’a rappelé l’abbé Grosjean sur Twitter après l’attaque : « Les fleurs et les bougies ne suffiront pas. » L’islamisme ne nous laisse aucun répit, reste à espérer que le gouvernement accélère son action pour l’arrêter.

Birmanie: retour à la dictature?

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La communauté Rakhine du Bangladesh a organisé une manifestation à Dhaka, contre les meurtres, les viols, les incendies criminels et autres crimes contre l'humanité dans l'Arakan du Myanmar (c) Sipa Shutterstock40797604_000007 / Revue Conflits.

Prenant prétexte de l’épidémie de Covid, qui touche très peu le pays, le gouvernement birman organise couvre-feu, fermetures des frontières et contrôles renforcés des territoires. Après cinq années d’ouverture relative, le pays connaît un raidissement politique qui ouvre la voie à un retour d’une dictature forte.


Après seulement cinq années d’ouverture, la Birmanie se referme à nouveau

Depuis le 31 mars 2020, les frontières terrestres internationales sont fermées, ne laissant transiter que les marchandises, légalement ou de manière interlope. Le trafic de drogue, dont la Birmanie est un grand producteur mondial (opium, héroïne et méthamphétamines) semble avoir même augmenté d’après les observateurs locaux. Les aéroports internationaux sont quasiment à l’arrêt, n’autorisant les entrées dans le pays seulement au compte goûte et sur autorisation exceptionnelle. Les trajets internes entre les villes et les régions ou États birmans sont aussi très restreints, soumis à autorisation spéciale et mesures de quarantaine.

Ces mesures drastiques sont catastrophiques pour une grande partie de la population. De nombreuses usines de textile fabriquant des vêtements pour de grandes marques occidentales ont fermé mettant à la rue des dizaines de milliers d’ouvriers. Privées de revenu des femmes se tournent vers la prostitution pour survivre et nourrir leur famille. Des cas de suicides ont aussi été révélés, souvent des pères de famille sans argent et désespérés. Dans les campagnes, n’ayant pas le droit de circuler pour aller sur les marchés, des agriculteurs voient leurs récoltes de fruits et légumes pourrir sur place. Des restrictions aux répercussions dramatiques dans un pays ou plus d’un tiers de la population vit avec moins d’un euro par jour.

Les groupes armés en Birmanie

Une population civile de plus en plus touchée par les conflits armés

Ce n’est pas le coronavirus qui tue, la Birmanie ayant un taux extrêmement faible de personnes infectées et hospitalisées (comme la majorité des pays d’Asie du Sud-Est). En revanche les opérations militaires de la Tadmadaw (l’Armée birmane) ont pris une ampleur et une violence qu’on ne connaissait plus depuis 2012, date des accords bilatéraux de cessez-le-feu avec plusieurs groupes armés.

Ce sont principalement dans les États d’Arakan, Nord Shan et Nord Karen où les troupes birmanes ont intensifié leur pression. Le plus gros des opérations a lieu en Arakan où l’Armée birmane poursuit son operation clearance (opération d’évacuation) selon les termes officiels du gouvernement. Démarrés à l’encontre de la minorité musulmane Rohingya en 2016, les efforts de la Tadmadaw se concentrent depuis deux ans sur l’ethnie bouddhiste arakanaise et son groupe armé l’Arakan Army (AA). Après de multiples revers face à cette armée de guérilla comptant des milliers d’hommes bien équipés et encadrés, les militaires birmans ont entrepris une véritable politique de la terre brûlée visant les populations civiles, bombardant et incendiant méthodiquement, en représailles, les villages se trouvant dans les zones rebelles.

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En octobre 2020, face aux effectifs importants de l’armée birmane dans la région, ainsi qu’à l’ampleur des combats, le gouvernement du Bangladesh voisin a ordonné la mobilisation de troupes, notamment de l’artillerie, pour sécuriser sa frontière.

Les villageois fuyant les combats se comptent par milliers, pris au piège dans une région à feu et à sang que le gouvernement a entièrement verrouillée pour cause de « risques sanitaires liés au Covid-19 ». Ces mesures sanitaires ont fini de couper l’Arakan du reste du monde, le gouvernement ayant déjà supprimé les connexions internet de plusieurs districts et complètement bridé le réseau dans le reste de l’État, rendant toute communication vers l’extérieur très difficile.

Les déclarations de l’OMS sur l’épidémie de Covid-19 sont donc tombées à pic, une grande partie des représentants étrangers des ONG, les diplomates, et les journalistes internationaux n’ayant plus accès au territoire birman, le pouvoir central a en quelque sorte les mains libres pour poursuivre sa politique de contrôle à l’égard des territoires ethniques sans risque d’ingérence occidentale dans ses conflits intranationaux.

À l’opposé de l’Arakan et du Bangladesh, à proximité de la frontière chinoise dans le Nord Shan, ce sont aussi plusieurs milliers de civils qui ont dû fuir les affrontements entre militaires birmans et l’un des principaux groupes armés du Shan (la RCSS-SSA[tooltips content= »Restoration Council of Shan State – Shan State Army ; cet important groupe armé contrôle majoritairement les territoires de l’Est du Shan proche de la frontière thaïlandaise. Il est l’héritier de la Mong Taï Army de Khun Sa, célèbre « Roi de l’Opium » du le Triangle d’Or de 1964 à 1996, date de sa reddition au pouvoir birman. »](1)[/tooltips]) depuis le mois de septembre. L’emploi d’hélicoptères effectuant des frappes sur les zones habitées indique le haut niveau d’intensité des combats dans cette région montagneuse stratégique traversée par la principale route reliant la Birmanie à la Chine.

L’agence birmane des Nations-Unies a publié un rapport alarmant indiquant que plus d’une centaine d’enfants ont été tués ou mutilés dans les combats menés par l’Armée birmane lors des trois premiers mois de l’année 2020. Les Nations-Unies ont aussi dénoncé l’utilisation des civils, en particulier des enfants, par l’Armée birmane dans ses opérations militaires, comme porteurs ou boucliers humains.

Les blessés par mines antipersonnel sont aussi nombreux et réguliers dans la population civile, le gouvernement birman étant l’unique gouvernement au monde qui produit et utilise ces engins explosifs sur son territoire[tooltips content= »En juillet 2020, en l’espace d’une dizaine de jours, 4 enfants sont tués et 13 autres mutilés par des engins explosifs dans les différentes régions en guerre. En 2019, pour la deuxième année consécutive, ICBL (International Campain to Ban Landmines) a établi le fait que la Birmanie est le seul pays au monde dont le gouvernement poursuit l’implantation de mines sur son territoire. »](2)[/tooltips].

L’émergence des partis ethniques, un danger pour le pouvoir central

En août 2020, dans l’État Karen, près de trois mille villageois se réunissaient afin de protester « contre l’occupation de leurs territoires par l’armée birmane, les exécutions de civils, les viols, la destruction de l’identité des peuples autochtones et de leurs territoires sauvages ». Ainsi, loin de parvenir à une unité de la population, l’alliance au pouvoir du parti démocratique d’Aung San Suu Kii et des militaires birmans a poussé les minorités ethniques à se regrouper autour de partis politiques représentants leurs identités respectives centrées sur leurs petits états nationaux (Karenni, Karen, Shan, Kachin, Arakan, Chin et Mon). Ces partis politiques se sont rapidement fait remarquer, palliant leurs faibles moyens financiers par un gros soutien populaire d’un électorat déçu par les échecs du parti démocrate.

Face à ces menaces électorales identitaires, le gouvernement a interdit de vote plusieurs régions en conflit. Ainsi, sont privés de scrutin la quasi-totalité de l’Arakan, le Nord Karen, Nord Shan ainsi qu’une grande partie du Kachin. Globalement toutes les zones connaissant des combats intenses et réguliers ainsi que les territoires indépendants contrôlés par les narcotrafiquants Wa et Kokang (USWA et MNDAA) dans l’Est du Shan.

A lire ensuite, Reportage: Lesbos: abus d’hospitalité

Privant de vote ces régions fortement hostiles au pouvoir central, le gouvernement s’assure de garder le pouvoir entre les mains du parti démocrate et leurs alliés de circonstance : les militaires. Ces derniers obtiennent d’office 25% des sièges parlementaires, et gardent le contrôle des ministères stratégiques (entre autres ceux de la défense et des frontières) selon la constitution de 2008 qu’ils ont eux-mêmes mis en place.

En rouge les régions où les scrutins électoraux ne sont plus assurés.

La République de l’Union du Myanmar fait l’unité contre elle

Les cinq années de gouvernance démocrate s’achèvent dans une crise économique terrible, on estime qu’un tiers de la population est retombée dans la pauvreté.

Concernant les conflits armés, le gouvernement s’est décrédibilisé, incapable de…

>>> Lire la fin de cette analyse géopolitique de la Birmanie de 2020 sur le site de la revue Conflits <<<

Philip Mansel, le biographe anglais de Louis XIV

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L'historien Philip Mansel © Hannah ASSOULINE

Philip Mansel revient sur le règne passionnant de Louis XIV. Dans Roi du monde, il dresse un portrait aussi novateur que singulier du Roi-Soleil. Lucien Rabouille l’a lu pour nous.


Le titre de Roi du monde n’échut pas à Louis XIV mais à la dernière biographie qui lui est consacrée. En lisant son auteur, Philip Mansel, on comprend que les ambitions du Roi ont été plus éclatantes que ses réussites. Sévère par son antiphrase, l’auteur l’est aussi dans ses jugements. Louis XIV aspira bien à la monarchie universelle. L’ambition du grand Roy excéda cependant l’étendue de son génie –  in fine celle de son empire.

Mansel est Anglais. Ajoutons qu’il est talentueux et caustique. Fidélité oblige, ses reproches convoquent parfois l’affectif. En protestant, il pleure l’édit de Nantes et la « tolérance » accordée aux huguenots français. Hypnotisé par Versailles, temple perpétuel à la gloire de son fondateur, il raconte avec délice l’art subtil de mener les hommes et observe leurs extravagances ; parfois leur écart au sens commun.

L’Anglais et le Roy

Déjà auteur d’une belle biographie du Prince de Ligne, on remarque avec bonheur qu’il n’a rien perdu de son style : classique et sérieux, il fourmille d’anecdotes et participe de la beauté du règne. La somme est ample, délayée comme une fine causerie aristocratique, tout anglaise dans ses rituels d’expression, son ironie et sa retenue. L’examen minutieux d’instants anodins, humains et royaux, dépaysera  certains lecteurs français ; habitués au mépris dans lequel le genre biographique a longtemps été tenu par notre Université. Comme pour les démentir, ces qualités  tiennent le texte éloigné de l’admiration béate ou de la critique tendancieuse. Et l’intelligence du propos lui autorise in fine l’ambivalence : admirable dans ses goûts et certains de ses choix, Louis XIV le fut aussi – et paradoxalement – dans ses erreurs et sa démesure. Le ton est étranger, comme son auteur, et même distancié alors que le dossier biographique est en France passionnel : avec F.Bluche faisant l’avocat passionné de la défense, D.Dessert le procureur sourcilleux et J.C Petitfils l’arbitre raisonné avec un opus admirable mais néanmoins admiratif.

A lire aussi, du même auteur: J’ai un trou dans mon Panthéon

Pour éclairer ce phénomène, Mansel ne néglige ni l’intime ni la psychologie. On voit alors qu’une époque n’en fait pas une autre ; et l’élan vital de la couronne comme de la France louis-quarzienne surprennent. Enfant, son appétit vorace avait épuisé pas moins de huit nourrices. Chasseur et viandard, le roi est espiègle. Il « danse les folies d’Espagne jusqu’à l’épuisement ». Il travaille beaucoup, survit à la pression du pouvoir ou à une santé que dégrade l’infection des eaux stagnantes de Versailles ; plus tard remuées par le faste et les jets.

Si Versailles m’était compté…

Le château coûta et compta beaucoup. Peine perdue que le sage Colbert plaide « à maintes reprises auprès de lui, généralement en vain, pour qu’il fonde ses dépenses sur ses recettes plutôt que sur ses désirs. » Sur trois chapitres, l’auteur en détaille le faste sans en négliger l’utilité. Délaissant sa légende noire – la fameuse cage dorée d’une aristocratie « domestiquée » – Mansel en fait un instrument de prestige. Géopolitique d’abord, il jette un regard de diplomate assez neuf sur le joyau du patrimoine. Versailles fut « un hub » : ambassades du monde entier, merveilles d’Asie, du Maroc, des milliers de lettres qui partent et y arrivent chaque jour…

Dernière chance de renouvellement pour l’historiographie, l’approche internationale de Mansel est aussi une mode éditoriale vulgarisée par Patrick Boucheron. Pour y souscrire, l’auteur insiste sur l’étrange folie des grandeurs géopolitique qui saisit le Roy à partir de la décennie 1680. Malgré Colbert, malgré le bon sens, malgré les échecs et surtout aux frais de la princesse le Roi tente d’étendre son influence au Siam, en Asie, reçoit aussi des Marocains, s’implante en Amérique, se lie au grand Perse et surtout l’Empereur Ottoman avec lequel il défie Vienne et les Habsbourg. Les manœuvres échouent et lui aliènent même l’opinion catholique européenne qui ne s’amuse pas comme Molière avec Monsieur Jourdain de ses turqueries contre l’Autriche.

Il y eut bien des succès comme l’extension au nord et à l’est de frontières que nous avons faites naturelles car elles furent bien défendues (merci Vauban) ; mais ceux-là furent aussitôt suivis (et gâchés) par d’étranges offensives de mégalomanie.

Louis XIV. Wikipedia.
Louis XIV. Wikipedia.

Les turqueries du grand Roy  

Fidèle et tenace, sans doute aveugle, la France s’isolait de ses alliés alors qu’il soutenait tous les canards boiteux d’Europe : la Bavière, la Suède ou la couronne des Stuarts en exil alors que Mazarin et Richelieu avaient construit un système d’alliance redoutable. Artiste, Louis avait beaucoup sacrifié de sa popularité au caprice. Il fallait que l’honneur fut sauf et la geste emphatique : « pour Louis XIV comme pour nombre de ses contemporains, la guerre n’avait peut-être pas d’autre objet qu’elle-même. » Et notre Roy d’ajouter : « la gloire n’est pas une maîtresse qu’on puisse négliger. »

De manière dramatique « il  pâtit de son goût pour les apparences ». A Bruxelles, il ordonne « un beau feu » et la ville brûle. Le dégât du Palatinat sidère toute l’Europe. Laquelle se ligue pour empêcher Philippe V, son petit-fils, de monter sur le trône d’Espagne pendant la guerre qui devait décider de sa succession. Le continent semble triompher, alors que l’Etat manque de faire faillite, la France d’être envahie sans parler de la famine qui ampute son peuple amputé de deux millions d’âmes. Le tout pour une politique familiale assez éloignée des intérêts de la France, plus encore de l’esprit du temps. Dans le même temps, l’affrontement révèle les fragilités de l’État louis quatorzien incapable de mobiliser la richesse du pays quand l’Angleterre admit avec le parlement ses élites au cœur du pouvoir pour leur faire accepter l’effort de guerre. Au terme du règne, cette dernière comme l’Autriche sont installées dans un jeu européen que la France ne domine plus.

D’où vient alors que son nom inspire encore la gloire ? Pour répondre, Mansel change habilement d’échelle. Délaissant le macrocosme mondial, il revient au microcosme versaillais. Au plus près du Roi, il note qu’il fut jusqu’au bout admiré et craint. L’autorité qu’il inspirait ne fut pas seulement politique. Elle devient avec Mansel intime – presque secrète. Ce fut pour Louis une hygiène de vie. A tout moment, sa majesté l’exprime dans son portrait, son goût, son genre de vie, ses manières, son habitude ou même ses hochements de tête… Il dort peu, ne s’écoute jamais. Il sait aussi paraître. Même quand il est fiévreux, on remarque son énergie et sa force héroïque. Il voit aussi du pays, visite Nantes, Toulon, Dunkerque ou Saint-Jean-de-Luz. Tant de force impressionne et aussi séduit : « Sa chaleur, son charme, ses joies de vivre, que Saint Simon qualifiait de majesté et de grâce incomparables, renforçaient les pouvoirs sur lesquels la monarchie étaient assis ».

En 1709, au pire moment de la guerre et de l’hiver, Louis s’adresse à la nation. Le ton est pénitentiel, presque repentant. Les mots sonnent juste. La France se retrouve elle-même, écoute le Roy à son crépuscule et tend l’effort de guerre. Une paix honteuse est finalement évitée. Face à l’Europe coalisée, on salue le rebelle. On admire l’artiste. Et on s’incline aussi devant son biographe.

Louis XIV: Roi du monde

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