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Dimanche, c’est à droite, toute!

Paris le vaut bien


Dimanche, c’est à droite, toute!
Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, sur le plateau de BFMTV, 18 mars 2026 © Stephane Lemouton/SIPA

Les trois candidats en lice pour la mairie de Paris ont débattu ensemble hier soir. Si Rachida Dati s’est montrée moins convaincante qu’espéré, elle a en revanche martelé un message clair : M. Grégoire et la municipalité sortante, en raison de leur défaillance dans la gestion des ressources humaines de l’encadrement périscolaire — défaillance ayant conduit à des abus sexuels sur des jeunes enfants — auraient dû être disqualifiés d’emblée dans un pays normal.


Le débat ne fut pas toujours aisé à suivre. Certaines réponses ne furent pas assez précises. Mais tout le monde convint que la dame en rose l’avait emporté haut la main dans le débat triangulaire opposant, hier 18 mars, sur BFMTV, les trois candidats à la mairie de Paris. Morceau de choix ! La dame en rose n’avait rien à perdre et tout à gagner. Aussi donna-t-elle des coups à son camarade de gauche, très à la peine, et marqua une complicité sur certains points avec Dati. Le champion de la gauche encaissa les coups venus de sa droite et ne trouva, à sa gauche, que des parades maladroites, comme tenter de faire monter les enchères lepéniste, homophobe, ou encore lancer une attaque personnelle à Dati. Quant à Rachida Dati, si elle n’a pas renversé la table et paru moins combative que d’habitude, pour ne pas paraître le bulldozer qu’elle est souvent, afin de ne pas effrayer ses électeurs, elle se montra volontaire, professionnelle, convaincue et rassurante. Mais il est regrettable de s’être défendue de recevoir les voix de Sarah Knafo avec qui elle dit avoir des points communs comme dix pour cent des Parisiens. N’aurait-elle pas, personnellement, avantage à rejeter ce prêt-à-porter de la pensée qui voit du fascisme partout, pour revenir au style haute couture auquel elle nous avait, jadis, habitués ?

Grégoire veut faire de Paris un HLM géant

Le programme des candidats est suffisamment connu pour qu’on y insiste ici. Suffit de dire que la gauche, toute la gauche, reste la gauche, en tout et pour tout. Aucune régulation annoncée du flux de migrants, 60.000 logements sociaux en plus, toujours plus de vélos. Qui croit encore en eux – les politiques ? Même Grégoire était à la peine faute de feu sacré : il est vrai que dix années passées avec Madame Hidalgo fatiguent son homme. Dati, elle, fut simple, nette et sobre sur les dossiers chauds de la capitale: immigration, sécurité et propreté de la ville, rétablissement de la circulation, rue de Rivoli, paquet mis sur les commerces de proximité, qualité de l’enseignement, réduction des dépenses. Certes, le soleil de Knafo manquait mais ce n’est peut-être qu’une éclipse momentanée. Dati fut surtout très ferme sur deux points : le dossier des migrants, les réfugiés de Barbès et du pont Jean-Jaurès, dénonçant avec force le déni de la gauche sur le sujet. Elle le fut aussi sur les dossiers scandaleux des abus sexuels sur les enfants dans le périscolaire, qui remontent à 2015 et que la gauche a négligés ! Problème systémique mis à jour voire réseau criminel ? Nouvelle affaire Bétharram ? Où scolariser son enfant en toute sécurité ? Telle est désormais la grande préoccupation des parents, dans notre capitale. Quel pavé dans les bottes de la gauche que ces scandales !

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Gagner le débat n’est pas gagner les élections. L’enjeu est historique. Il ne s’agit pas d’avoir des états d’âme, des valses hésitation, des pas de deux et trois ratés, des entrechats compliqués, des arrière-pensées, des pudeurs de violette ni de gazelle, des hauts-le cœur d’indignation, des reflux de moralité, des aigreurs, des seins qu’on ne saurait voir, des plus jamais ça qui tournent en eau de boudin et en alliances honteuses. Pas de lézard ! Dimanche, c’est à droite, toute ! Pareille opportunité ne se représentera plus de si tôt !

Union des droites contre RATP du vélo, choisis ton Paris !

Le problème est simple. Veut-on que Paris reste à gauche ou passe à droite ? Si c’est le cas, à droite, toute ! La vie politique ce n’est pas un coup d’éclat ni un coup de cœur. C’est un choix intelligent. Grégoire, « un maire fier et fiable » comme il se définit lui-même ? Allons donc ! Va-t-on rempiler dans des rues sans commerces, avec des mulots dans les jardins publics, avec une immigration incontrôlée, une enfance en insécurité, une dette exponentielle ? Des rues coupe-gorges ? Du trafic de drogue en bas de chez soi ? Pourquoi pas dans la cour de votre immeuble ?

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Le plat ne repassera pas deux fois. Dimanche, il faut voter, et bien. L’union des droites s’impose sans discussion aucune. Finie la guerre des chefs ! Finies les vieilles lunes : c’est Chikirou qui l’a dit ! Grégoire a tenté, en vain, de ramener l’ombre maléfique des années sombres de la France. Lui aussi, il faut qu’il prenne un bain de jouvence ! Mais le pompon revient à Chikirou et « sa politique du vélo » — mon ordinateur avait écrit « voile », j’ai dû corriger. Avez-vous remarqué, a dit la dame en rose, « la forte demande en vélos » de la capitale ? Non, j’avoue ne pas avoir vu « cette forte demande » autour de moi. Je pensais justement qu’on allait voir la fin des forêts de guidons qui défigurent nos rues, avec ces cyclistes casqués, branchés qui pédalent, pédalent, brûlent les feux rouges, fauchent les piétons sur les trottoirs et font des bras d’honneur à tous/ t/e/s. Eh bien, je me trompais ! La dame LFI – et avec elle la gauche écolo branchée de notre capitale qui broute la sarriette qu’elle fait pousser sur son balcon – propose une régie nouvelle du vélo ! Un service public du vélo ! Une école d’apprentissage du vélo ! Des cours de vélo ! Une clinique du vélo ! En un mot comme en dix, une démocratisation du vélo ! Vélos de tous les pays, unissez-vous !

Alors, dimanche, c’est à droite, toute !



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Marie-Hélène Verdier est agrégée de Lettres classiques et a enseigné au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Poète, écrivain et chroniqueuse, elle est l'auteur de l'essai "La guerre au français" publié au Cerf.

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