La délinquance itinérante est une menace criminelle qui perdure depuis de trop longues années. Elle passe sous les radars, notamment médiatiques en raison de signaux faibles et malgré un préjudice conséquent pour les citoyens.


Le 27 février 2020, quatre hommes issus de la communauté des gens du voyage ont été interpellés en flagrant délit de cambriolage. Ces derniers sont suspectés d’avoir commis 97 cambriolages en moins d’un mois, pour un préjudice évalué à 135 000 euros (1). Cet exemple fait partie des innombrables faits divers similaires, dont la matrice commune est ce que l’on nomme la délinquance itinérante.

Si cette criminalité est peu évoquée dans les médias (hors presse quotidienne régionale), il s’avère pour autant que « le premier adversaire du gendarme dans sa zone de compétence est malheureusement bien souvent le délinquant itinérant »(2). Il revient à l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) de combattre cette menace criminelle qui sévit en permanence sur tout le territoire métropolitain.

Quels sont les acteurs de la délinquance itinérante ?

On entend, en premier lieu, par délinquance itinérante, les malfaiteurs issus de la communauté des « gens du voyage ». L’Office central de lutte contre la délinquance itinérante a d’ailleurs constaté que ces malfaiteurs – sédentarisés ou non – se sont spécialisés dans certains domaines de criminalité spécifiques.

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Il y a les voleurs de fret par arraisonnement du véhicule ou vol du véhicule dans l’entrepôt (les « freteux »), les casseurs de coffres, les arracheurs de distributeurs de billets (DAB), les cambrioleurs, les « saucissonneurs » (qui ficellent les victimes avant de les dévaliser), les voleurs par ruse ou usage de fausse qualité (ou « ruseurs »), ou encore les escrocs aux faux jades, faux ivoires, faux tapis… (appelés quant à eux « jadistes ») (3).

Pour exemple, les casses se sont multipliés à l’automne 2003. Une cinquantaine de magasins de téléphone, de parfumeries et de bureaux de tabac ont été cambriolés de nuit. Il a fallu neuf mois d’enquête, et la création de la cellule « Carpates 12 » en mai 2004, pour que les gendarmes arrêtent une trentaine de suspects à Paris et sa banlieue. Ces casseurs opéraient par équipes de trois ou quatre, et faisaient des trajets de nuit entre la région parisienne et les lieux des casses, situés à plus de 500 kilomètres (4).

Seconde illustration, cette fois-ci dans le sud-est de la France en 2010. Une trentaine d’individus ont été interpellés par la Gendarmerie. Ils étaient directement liés à un vaste trafic de métaux volés aux chantiers de BTP, à la SNCF ou aux déchetteries. Les diverses enquêtes ont pu démontrer que 3 400 tonnes de métaux ont été revendues pour un total de 700 000€. En plus du vol, du travail dissimulé et des fraudes aux prestations sociales ont aussi été mis au jour (5).

Dans tous les cas, on peut retrouver un point commun à toutes ces équipes : professionnalisme, audace et détermination, solidarité et secret.

Gens du voyage de chez nous et… malfaiteurs venus de l’Est

En second lieu, la délinquance itinérante concerne aussi les malfaiteurs issus des pays d’Europe de l’Est. Le plus grand nombre de ces malfaiteurs provient de Roumanie. Cette criminalité s’explique par une facilité de…

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