Juin

J’ai de la chance. Il y a les élections législatives. Je ne vais pas éprouver de baby blues. Cette manière de flou, de baisse de tension, de mélancolie qui suit la fin d’un roman. Baby blues aggravé par le fait d’avoir quitté une ville où l’on était bien, où, l’air de rien, on s’était fait des amis.

Heureusement, je prends la campagne en route. Ne pas négliger, dans le militantisme politique, ce côté « divertissement pascalien ». Tracter, faire les cages d’escalier, se réunir, coller, tout ça, ça occupe l’âme. On n’a pas la tête aux bêtises.

Ma circonscription est ingagnable, même en cas de vague rose. Elle recouvre un petit bout de Lille et de Tourcoing, mais surtout les banlieues chic de Marcq-en-Baroeul, Mouvaux, Bondues.

On a deux objectifs : empêcher le candidat de droite de passer dès le premier tour et surtout, pour le FDG, dépasser les 5 %, histoire d’être remboursé des frais de campagne. Les deux objectifs sont remplis. Il y aura un second tour et la candidate du FDG fait 5,16 %. Tout le bonheur d’une soirée peut tenir à ça : 0,16 %.

Juillet-août

La situation de la Grèce, après six ans d’austérité, de récession et de manifestations, paraît n’avoir pas changé. Pour la résumer en un mot, la Grèce est bleue. Et ça fait pas loin de trois mille ans.

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