Après Sylviane Agacinski à Bordeaux, des menaces ont amené la Sorbonne à annuler une intervention de Mohamed Sifaoui sur le thème de la « prévention du radicalisme et la détection des signaux faibles ». Après les associations LGBT, la liberté de pensée serait-elle menacée dans nos universités par des associations islamistes et les syndicats d’extrême-gauche?


La Sorbonne est le miroir de l’identité et de la grandeur françaises. Une identité que pourrait résumer ainsi Michel Onfray : la liberté rabelaisienne, l’esprit critique voltairien, le raisonnement cartésien.

L’Université est un lieu de formation et non de formatage, appartenant à la Nation, financée par les contribuables, héritière d’une pensée libre 

Les débats autour de l’islamisme cristallisent les divisions et les affrontements dans notre pays. Entre l’analyse théologique ou politique des ressorts de l’islam et les préjugés simplificateurs, le débat peine à s’instaurer hors de la haine. L’Université, à commencer par la Sorbonne, est le cadre naturel, presque premier, d’une dispute intellectuelle animée par la conscience que « les mots sont des pistolets chargés », selon la formule de Brice Parain.

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Malheureusement, la Sorbonne a choisi la voie de la soumission, comme vient de le révéler le journaliste franco-algérien Mohamed Sifaoui. Sous la pression conjuguée d’associations islamistes et de syndicats d’extrême-gauche, unis dans un véritable projet séparatiste, l’université a décidé de suspendre le module « Prévention de la radicalisation : compréhension d’un phénomène et détection des signaux faibles », dans lequel Sifaoui devait animer un séminaire. Raison invoquée ? « Une offensive islamophobe ! » assène-t-on du côté du « Poing Levé », une association étudiante communiste. Selon celle-ci, la formation servirait de « fondement à la stigmatisation et à la répression des populations musulmanes » ! Une fois de plus, les ayatollahs des théories « décolonialistes » ont eu gain de cause …

C’est un tournant historique et dramatique pour les universités françaises. Hier, on se contentait d’y enseigner le « politiquement correct », la vulgate libertaire héritée de Mai 68, portée par la cohorte gauchiste des combattants de Saint-Germain-des-Prés. Aujourd’hui, c’est plus grave, car ce sont des théories « décolonialistes », exprimées avec une violence verbale et physique extrême qui s’imposent à l’Université. Totalitaire, parce qu’elle ne reconnait pas de critère de vérité qui lui soit extérieur, cette pensée abjecte et incohérente racialise les individus au nom de l’antiracisme. Ses promoteurs rangent sans nuance aucune la population musulmane française dans le camp des opprimés. Dévorés par la culpabilité d’être issus d’un peuple qui colonisa, à vrai dire comme tous les autres d’Europe, d’Afrique ou d’Asie, ils cultivent la haine de l’identité française. Evidemment, pour eux, le sujet de la radicalisation est tabou comme l’était celui des crimes du communisme quand il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. Que craignaient-ils de ce simple module proposé à la Sorbonne ? Que l’on mette en exergue les crimes de l’islamisme ? Que des intellectuels musulmans s’expriment de manière républicaine ?

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En provoquant la suspension de ce séminaire, les racialistes sont devenus les collabos des islamistes.

L’Université est un lieu de formation et non de formatage, appartenant à la Nation, financée par les contribuables, héritière d’une pensée libre. J’appelle solennellement le Président de l’université, Georges Haddad, à revenir sur sa décision de suspension et à choisir la fidélité à l’esprit de liberté qui n’aurait jamais dû quitter la plus prestigieuse université française dans le monde.

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