Sous la pression de l’antiracisme 2.0 et de la « pensée » décoloniale, on va finir par se poser la question…


En France, Noirs et Blancs forment-ils un seul peuple, uni par sa culture, uni par une commune volonté d’enracinement, plus forte encore que les seules racines ? Jusqu’ici je pensais que oui, et j’étendais naturellement cette conviction à toutes les nuances de l’épiderme, de la pâleur nordique au hâle méditerranéen en passant par les carnations orientales. Je croyais naïvement que tout citoyen français était Français.

Le peuple n’est-il pas souverain, comme le proclame notre constitution ? N’est-ce pas en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes que nous décidons collectivement de notre destin, et que parmi les décisions que nous prenons il y a eu, par exemple, celle d’avoir Jean-Baptiste Belley comme député, et celle d’avoir Gaston Monnerville comme président du Sénat ? Un peuple souverain ne saurait être gouverné par des étrangers : Noirs, mais surtout citoyens français, élus français, tous deux étaient bien évidemment tout simplement français.

Qui n’est pas coupable n’est pas français, hé!

Depuis quelques jours, il est manifeste que beaucoup sont loin de partager cette conviction. Nous sommes assourdis par des discours exigeant un traitement différencié selon la couleur de peau, par des histoires de culpabilité liée au taux de mélanine. Peu importe que ces discours soient tenus par des Noirs accusateurs ou des Blancs repentants, ils n’ont de sens que s’il existe en France, un peuple Noir distinct du peuple Blanc.

Admettons que la France soit coupable – pour sa participation à la traite négrière, pour la colonisation, que sais-je. Alors il est impossible d’être français sans porter une part de cette culpabilité. En d’autres termes, ne pas être coupable c’est ne pas être français. Ou si seuls certains sont coupables, il faut individualiser cette culpabilité : la faute n’est plus celle de la France, mais de certains Français. Et dès lors, il faut se rappeler que certains Noirs ont été esclavagistes, et que beaucoup de Blancs ne l’ont pas été.

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Affirmant la culpabilité collective de la France tout en refusant de la faire leur, les « décoloniaux » refusent de faire partie du peuple français. Ils se comportent comme un peuple à part, un peuple vivant en France mais distinct du peuple français. Or, seul ce dernier détient ici la souveraineté. Selon leur propre vision, les « décoloniaux » ne peuvent pas prétendre bénéficier des privilèges qui en découlent. De quel droit, s’ils se désolidarisent du reste de la communauté nationale, voteraient-ils pour décider de l’avenir d’un peuple qui n’est pas le leur ? De quel droit bénéficieraient-ils de la solidarité qui unit ses membres ? De la fraternité inscrite dans sa devise ?

L’ambiguë Assa Traoré

Quand des Corses, des Basques, des Bretons se considèrent comme appartenant à des peuples distincts du peuple français, ils demandent l’indépendance. Ils portent le projet de former un peuple qui s’assume sur ses terres historiques. Capable de dire « vous » aux Français, en sachant que cette exclusion volontaire leur donnerait une liberté nouvelle, mais aussi la responsabilité de se prendre en main sans en appeler à l’entraide d’une communauté nationale dont ils ne feraient plus partie. Ils ne veulent plus que la France décide pour eux, mais ils ne demandent pas en même temps à décider pour la France. Et c’est aussi le cas de beaucoup d’indépendantistes Outre-Mer : quoi que l’on pense de leurs revendications, elles ont le mérite d’une certaine cohérence.

Rien de tout ceci avec les « décoloniaux » et autres soi-disant « antiracistes ». Leur nouvelle icône, Assa Traoré, l’illustre bien. Elle veut bénéficier de tous les avantages liés à la citoyenneté française, mais se flatte d’avoir été reçue par le président du Mali alors même qu’elle se permet de mettre des conditi

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