Lors des évènements houleux de la soirée d’hier autour du Palais de Justice de Paris, notre chroniqueuse a été particulièrement choquée par une image.


Hier à Paris, malgré l’ombre du Covid-19 qui plane encore et l’interdiction de la préfecture, s’est tenue devant le tribunal de Paris, une manifestation de soutien pour Adama Traore, mort lors d’une interpellation à Beaumont-sur-Oise le 24 juillet 2016. Depuis, ses soutiens n’ont eu de cesse de faire passer sa mort pour une bavure policière, sa sœur Assa Traore, la Angela Davis du Val d’Oise, en tête.

Mais en ce 2 juin 2020, quatre ans après, ressuscitée par l’assassinat de Georges Floyd par un policier à Minneapolis le 25 mai dernier, cette affaire prend une dimension nouvelle. L’intention est claire : faire d’Adama le Georges Floyd français.

Les discours séditieux relayés par les médias progressistes

Cette manifestation, largement médiatisée, a réuni 20 000 participants, parmi lesquels des personnalités médiatiques issues de la diversité dont la désormais incontournable Camélia Jordana, Leïla Bekhti ou Aïssa Maïga. Celle-ci s’est d’ailleurs fendue d’un discours belliqueux où elle appelle les membres de sa communauté à « ne pas laisser la France tranquille ». Discours relayé par les medias progressistes, béats d’admiration. Pour le reste ce fut la routine : échauffourées et  lacrimos, – aux cris de « tout le monde déteste la police ».

https://twitter.com/SICPCommissaire/status/1268000651201691648

Cependant nous avons atteint le point culminant de cette manifestation dans un petit incident filmé dans une vidéo qui a circulé ce matin sur les réseaux sociaux : des manifestants, bloqués par un cordon de policiers scandent « Vendu ! » à l’un d’entre eux. Ce policier est noir.

Le regard à la fois triste et apeuré de cet homme m’a bouleversée et mon sang n’a fait qu’un tour.

Ceux qui se sont livrés à ce lynchage verbal sont des décérébrés (je pense que c’est vraiment le mot qui convient), et ils sont assurément plus racistes que Trump, puisque tout le monde nous dit que Trump est raciste ce dont je ne suis finalement pas sûre. En effet, ils assignent ceux qu’ils appellent les « racisés » à résidence, il faut qu’ils correspondent aux clichés bien pratiques de dealers d’herbe, de sans-papiers où d’agitateurs comme Assa Traoré ou Rokhaya Diallo.

En cela ils sont plus racistes que Zemmour, puisqu’il parait qu’il est raciste, ce dont je ne suis finalement pas sûre.

Genou à terre

Mutins de Panurge selon l’expression consacrée, incapables de penser autre chose que la soupe post marxiste et tiédasse que nous servent les media progressistes, à base d’antiracisme dévoyé et de féminisme infantilisant.

Ce phénomène a été très bien analysé par Samuel Fitoussi, rédacteur de l’excellent site La gazette de l’étudiant : « Le plus inquiétant, c’est que ces mécanismes de conformisme sont les mêmes quelle que soit la cause. Qu’il s’agisse d’ordonner à nos amis de rester chez eux, de s’émouvoir face aux feux de forêts en Australie ou de soutenir la liberté d’expression, les phénomènes de mode ébranlent notre esprit critique. Mais c’est une constante dans l’Histoire, les mouvements les plus totalitaires et les plus violents se sont toujours abrités derrière de belles idées ».

L’enfer qui nous attend probablement est pavé de bonnes intentions. Pour le moment, devant le regard triste de ce policier, j’ai envie moi aussi de mettre un genou à terre.

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Sophie Bachat
est enseignante.
Lire la suite