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Les fourberies de Panot

La mauvaise révolte

Les fourberies de Panot
La députée d'extrème gauche Mathilde Panot, Assemblée nationale, 18 juillet 2022 © NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Les indignations surjouées, et rustaudes, de la chef des « Insoumis », à l’Assemblée nationale, desservent la cause populaire. Leur répétition agace déjà une majorité de citoyens qui s’inquiètent de ce monde d’après Macron que nous préparent les ultra-progressistes.


Dans La Ferme des animaux de George Orwell, une révolte secoue la ferme de M. Jones. Les animaux, épuisés par les conditions indignes de leur existence, reprennent leur liberté et décident de s’auto-organiser. Mais après la mort de Sage l’Ancien, vieux verrat, qui suscita la fronde et l’anima des principes du socialisme originel, une bande de cochons s’empare du pouvoir, et la révolution originelle se transforme en nouveau joug. Les insoumis d’hier sont devenus ceux qui soumettent. Les asservis sont devenus les maîtres.

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Mathilde Panot est l’un de ces cochons ou de ces porcelets, progéniture du petit tribun Mélenchon, qui pense pouvoir enseigner la théorie de l’inégalité et de l’injustice. Présidente de la nouvelle nébuleuse Nupes à l’Assemblée nationale, elle ne cesse de remuer son groin et d’agiter sa queue fièrement à chacune de ses formules moralisantes. «  Oligarchie ! », « Plus d’égalité ! », « Honte aux pauvres ! », « la transition écologique doit avoir lieu ! », «  Plus de pouvoir d’achat ! ».

La palme d’or de la morale

Mais phrase profonde, verglas pour la sotte, avait mis en garde le grand philosophe Nietzsche. Derrière ses grands mots qui nécessitent de grands hommes et de profondes pensées, Mathilde Panot est « plate, fanfaronne, jactancieuse, prétentieuse, grossière dans l’attaque, d’une sensibilité hystérique ; pathétique et vulgaire dans un salmigondis des plus comiques ; préoccupée d’un seul sujet, mais passant toujours à côté du sujet. » (Marx).

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Mathilde Panot est la représentante en chef de la morale critique ou de la critique moralisante. Il ne s’agit certainement pas pour elle de donner les moyens à son peuple, une capacité de changement profond, ni même une quelconque liberté nouvelle, mais de se servir de ce peuple fictif pour asseoir une idéologie « écolo-friendly » et technophile, teintée d’un féminisme revanchard et liberticide qui est le pur produit même de l’organisation sociale du capitalisme vert contemporain, mutation contemporaine du nouveau mode de vie qui arrive. Mathilde Panot n’est pas une insoumise mais une soumise qui s’ignore et qui soumet les problématiques populaires à ses desiderata idéologiques.

L’autre ruissellement

Mathilde Panot voudrait repeindre les tours de la Défense avec un pinceau vert sans jamais toucher aux racines du problème actuel. Elle parle du capitalisme et du monde de l’argent comme tous les « buveurs de jus de fruits » ou les « porteurs de sandales » (Orwell) parce qu’elle n’a qu’un seul désir qui l’anime: la grande morale ! Voilà son vrai peuple ! Et elle est prête à tout pour faire de sa grande morale, le parti de l’avenir. Une morale décharnée ; une morale de la courte vue ; une « forme rustaude d’indignation » (Marx) qui trahira les idées de son peuple pour faire advenir la forme idéologique de son existence : un monde cosmopolite, technophile, sans lien, sans racine, sans relation à autrui, par des liens motivés non par les attaches affectives, ni communautaires, ni même les liens réels, mais par une économie du partage où tous les dons sont monnayés ; où les combats de la cause animale sont un paravent du combat puritain contre la chair et la sexualité ; où tous les arguments de la transition écologique sont un moyen pour asseoir un monde dans lequel la violence nécessaire n’existera plus ; ou le simple accord transhumaniste subsistera au nom de la grande morale ! Ou de la grande justice morale ! Ou les problèmes structurels et mortels du capitalisme se transforment en une lutte pour le bien ou le mal, le bien s’incarnant dans les petites gens et les immigrés et le mal dans les riches, les salauds de notre époque ! L’argent est moralisé ! L’argent doit être redistribué reprenant ainsi la logique sociale-démocratique de la théorie fumeuse du ruissellement ! Ce qui ruisselle chez Panot, c’est seulement la grande justice morale, manifestation flagrante de son impuissance intellectuelle et sensible.

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Mathilde Panot est comme le mouvement marchand de notre époque. La valeur circule et ne s’y perd jamais, se servant de l’énergie vitale et du bon sens de certains – les gilets jaunes – pour les arrimer à sa plus-value idéologique mortifère qui n’est que le monde de l’après Macron. Le « peuple » qu’elle scande n’est qu’un prétexte ! Elle ne connaît pas le peuple ; elle parade avec ses caravanes populaires, croyant réaliser un acte bienfaiteur, redescendant comme elle le croit dans la « vie réelle ». Mais Mathilde Panot n’est pas dans la vie concrète, elle ne connaît rien de la radicalité nécessaire aux mots qu’elle emploie. Elle est ce petit cochon bourgeois qui patauge dans l’auge de la Nupes avec un grobianisme lamentable qui finira, comme toujours, par détourner le bon sens populaire des questionnements réels afin d’en faire un produit au service de son idéologie bourgeoise et progressiste. Mathilde Panot est un cochon libéral 2.0 qui s’ignore !

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