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Le dieu du « contre-génocide »

Un dieu Aztèque fait son retour aux États-Unis

Le dieu du « contre-génocide »
Photo : D.R.

En Californie, les élèves étudient l’histoire du dieu mexicain Tezcatlipoca. Dans les programmes scolaires, on leur apprend que leur pays est un État génocidaire… En revanche, ils ne savent pas forcément que ce dieu était aussi la divinité du cannibalisme!


Oublié des mémoires depuis la chute de l’empire aztèque, le dieu Tezcatlipoca vient de se refaire une virginité inattendue. Le California Department of Education a décidé de réhabiliter cette divinité mexicaine à travers un programme controversé d’études
indigènes. Mis à la disposition des écoles californiennes et de leurs 6 millions d’élèves, ce programme « modèle » puise ses préceptes dans un livre intitulé Rethinking Ethnic Studies (« Repenser les études ethniques »), écrit par un spécialiste – en réalité un militant – de la pédagogie antiraciste, R. Tolteka Cuauhtin.

Or, cet ouvrage promeut une « décolonisation » de la société américaine, décrite comme un État génocidaire auquel il faut riposter par ce que Cuauhtin appelle un « contregénocide ». Selon lui, ce terme désigne simplement la réhabilitation des cultures indigènes, comme celle des Aztèques. Pourtant, l’usage le plus courant du mot, dont l’exploitation ici sert à propager la notion même de « génocide », évoque un génocide effectué en représailles pour un autre, comme au Rwanda. Fait surprenant, son manuel d’études ethniques n’évoque pas l’antisémitisme et mentionne à peine l’Holocauste. La publication sur les réseaux sociaux de vidéos montrant des classes d’élèves en train de chanter les louanges de Tezcatlipoca a suscité une polémique relayée par Fox News. Ces chants, composés par Cuauhtin, sont destinés à transformer les enfants en « combattants de la justice sociale ».

Ce sont surtout de mauvaises poésies dans le genre slam, sans prosodie aucune, émaillées de termes progressistes rébarbatifs. La divinité, qui est invoquée sur un air de lampions, est censée incarner une forme d’introspection nécessaire pour devenir un « guerrier de l’amour ». Plutôt le dieu de la providence, Tezcatlipoca était associé au cannibalisme pratiqué par les Aztèques. Pas selon Cuauhtin, pour qui le cannibalisme indigène est encore un mensonge inventé par les Blancs colonialistes.

Mai 2021 – Causeur #90

Article extrait du Magazine Causeur


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Journaliste , conférencier et historien.

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