Bien qu’annoncé par Emmanuel Macron le 2 octobre, le développement de l’apprentissage de l’arabe à l’école ne figure pas dans le projet de loi confortant les principes républicains. Écrivain et bilingue, le poète tunisien le regrette, car la langue arabe pourrait être, selon lui, un puissant antidote à l’islam des ignorants.


Par-delà la barbarie et la colère vindicative qu’elle provoque, par-delà le « patois des propagandes », nous autres, musulmans laïques – cela existe et résiste en terre arabe –, avons écouté et lu, attentivement, le discours sur le séparatisme prononcé le 2 octobre aux Mureaux par le président Macron. Nous nous en sommes réjouis d’autant que, depuis quelques décennies, la France nous avait semblé cesser d’être le solide contrefort sur lequel les gens de notre espèce s’appuyaient.

Le président Emmanuel Macron aux Mureaux (78), le 2 octobre 2020 © Eric TSCHAEN/POOL/SIPA Numéro de reportage : 00984097_000011.
Le président Emmanuel Macron aux Mureaux (78), le 2 octobre 2020 © Eric TSCHAEN/POOL/SIPA Numéro de reportage : 00984097_000011.

Depuis 1980, année de disgrâce s’il en fut, nous avons vu, à notre grand désarroi, la France de Mitterrand s’aligner sur l’Amérique de Carter et de Reagan, qui manipulait l’islamisme sunnite, borné et bagarreur, en vue de faire de l’Afghanistan le Vietnam de l’URSS. Dans ce pays malheureux où la religion fait l’intérim de la patrie, ces moudjahidines en furie ont été lancés moins contre l’assaillant que contre l’athée marxiste. C’est à eux que le premier volet de la série Rambo a été dédié. Chouchoutés, partout en Occident, ils seront comparés par Ronald Reagan aux « Pères fondateurs ». Leurs enfants détruiront le World Trade Center et traqueront les athées, les laïques et les blasphémateurs à Paris, à Nice, à Lyon, mais aussi à Alger, Tunis, Bagdad et Damas.

A lire aussi: L’assimilation n’est pas une question en noir et blanc

Depuis l’affaire des « foulards de Creil », nous autres, citoyens du bassin occidental de la Mare Nostrum, nous nous sommes directement sentis concernés. Aussi, dès que Jacques Chirac a constitué la commission Stasi, j’ai participé à Marseille à un colloque organisé par le forum Femmes Méditerranée. Je m’y suis évertué à démontrer que cet accoutrement mésopotamien, vieux de plus de quatre mille ans avait été charrié par un monothéisme plagiaire[1]. Par une exégèse biaisée, les islamistes en ont fait un signe d’appartenance et de ralliement, une imposture.

La grande palabre française accoucha, en 2004, d’une petite loi sur l’interdiction des signes religieux ostensibles à l’école, ce qui n’empêcha guère les Frères musulmans de redoubler de prosélytisme en faveur du port du foulard. De jeunes Maghrébines, instruments de leur propre aliénation, manifestèrent en brandissant des banderoles libellées « Touche pas à ma pudeur » ou, à l’occasion d’un 14 février, « Vive la Saint-VOILENTIN ». Interviewée, une manifestante déclara : « Quand je fais ma prière, c’est comme quelqu’un qui prend sa dose. L’islam est mon shoot ! » Le bon vieux Marx ne croyait pas si bien dire.

La complicité d’une bonne partie de l’intelligentsia européenne leur est acquise. En Belgique, pays largement « salafisé », l’écrivain François Ost, dans une piè

Article réservé aux abonnés

60 % de l’article reste à lire…

Pour poursuivre la lecture de cet article Abonnez-vous dès maintenant.

ABONNEMENT 100% NUMERIQUE
  • Tout Causeur.fr en illimité
  • Le magazine disponible la veille de la sortie kiosque
  • Tous les anciens numéros
3 €80par mois
Février 2021 – Causeur #87

Article extrait du Magazine Causeur

Lire la suite